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Nous ne voulons pas d'un texte qui cache un projet de destruction de la société. Une simple loi ordinaire ne peut pas tout détricoter, elle ne peut pas abolir la nature. Un homme ne sera jamais une mère comme un autre. Une femme ne sera jamais un père comme une autre.
13 ans plus tard, des dizaines de milliers de couples de même sexe sont mariés en France. Est-ce que ces 85 000 mariages homosexuels ont détruit la société comme vous le craignez à l'époque ?
ma crainte qui pourrait peut-être se réaliser quand on voit par exemple la progression de la gestation, la GPA, la gestation pour autrui. Mais là, c'est pas la GPA. Non, je suis d'accord, mais... On parlait du mariage pour tous. C'est vrai, sauf que dans les lois sociétales, elles ont quelque chose de commun. La loi a été adoptée, je connais des gens qui se sont mariés depuis, ça ne me pose pas de problème, si j'ose dire. Et je ne reviendrai pas d'ailleurs, je l'ai dit, je ferai un moratoire, c'est-à-dire que je ne reviendrai pas sur toutes les lois sociétales qui ont été votées. Quand on retrace un peu votre
parcours, ces 20 dernières années, on réalise qu'en fait vous vous opposez à beaucoup d'avancées sociétales. Vous êtes conservateur, vous le dites vous-même. Le mariage pour tous, l'inscription de l'IVG dans la Constitution, l'aide à mourir pour les personnes atteintes de maladies incurables, que vous qualifiez encore récemment de loi d'abandon. Est-ce que ce n'est pas le lot finalement des conservateurs, à un moment donné, de s'opposer presque par nature au progrès sociétal et 15 ans après de dire « ah oui, finalement, ça s'est bien passé ».
Non, non, non. D'abord, ce que je veux vous dire, c'est que quand on a une conviction, on l'exprime. Et on sait que ce n'est pas populaire. Ce n'est pas pour ne rien bouger. Simplement, l'homme, la femme, il y a des fondamentaux et il y a des ruptures anthropologiques. Et je pense qu'il peut y avoir des travers, il peut y avoir un certain nombre de dérapages et de dérives. Mais il y a deux écueils. Et je me situe justement au milieu de ces deux écueils. L'écueil c'est le passéisme, c'est la tréac par exemple, c'est-à-dire avant c'était forcément mieux. Et puis il y a l'autre écueil c'est d'être progressiste en disant demain ça sera forcément mieux qu'aujourd'hui. L'un et l'autre sont stupides. Donc avant c'était pas mieux ? Non mais il y a des choses, ce que je veux moi c'est garder ce qui marche, ce qui fonctionne, conserver ce qui vaut et réformer ce qu'il faut.
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