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Benjamin Glaze. Soyez libre avec vous Elisabeth Lévy à 8h10 sur Sud Radio. Bonjour Elisabeth. Bonjour
Benjamin, bonjour à tous.
Je voulais revenir sur cette information des syndicats de profs qui dénoncent la commémoration du 11 novembre à l'école.
Eh oui, les syndicats de profs, ça osent tout. Non content d'encourager leurs élèves dans leurs pires illusions pendant les manifestations, ils refusent que ceux-ci rendent hommage à ceux qui sont morts pour eux quand ils seraient, selon l'avis général, urgents de restaurer le sens de l'appartenance nationale. Alors pourtant... Edouard Geffet avait pris mille précautions pour ne pas froisser les allergiques aux tricolores. Sa circulaire du 2 juillet demande à tous les établissements primaires et secondaires de France d'organiser autour du 11 novembre, avant ou après, un hommage annuel à tous les morts pour la France. Alors attention, il ne s'agit pas de célébrer la guerre, mais la paix conquise, la liberté préservée et la résilience d'un peuple. avec une Marseillaise à la fin. Vous savez, Benjamin, la Marseillaise, ce chant qu'on a le droit d'entonner dans les stades, le seul domaine où le patriotisme n'est pas suspect. Le braillomètre avec cette histoire de commémoration se dégêne. Refusons l'embrigadement, déclare le SNES-FSU. C'est dur à prononcer ça. Le SNES-FSU qui appelle carrément au boycott. L'école ne doit pas être l'antichambre de la guerre. Renché rissue d'éducation. FSU, SNUIP. fustige un catechisme militaro-patriotique, et même dans la foulée, il y a le conseil municipal de Saint-Jean-de-Boiseau, près de Nantes, qui demande l'abrogation de la circulaire, parce que cultiver le patriotisme, dit une élue, c'est un glissement dangereux. Bon, sur le fond, on ne peut pas
interdire non plus aux profs d'avoir une
opinion ? Vous avez raison, la gauche d'ailleurs, la gauche autrefois patriote, a répudié la nation tenue désormais pour l'antichambre du fascisme. C'est son droit. Mais les profs, c'est tout de même autre chose. Ils ont le droit d'avoir des opinions et de les garder pour eux. Sinon, demain, ils refuseront de parler de Napoléon ou de Louis XIV. C'est fasciste. Et même de Léon Blum qui décida que le 11 novembre, oui, en 1936, serait la fête de la paix internationale et de la défense nationale. Leur boulot, le boulot des profs, c'est d'introduire les élèves dans un monde qui les a précédés, de leur apprendre la gratitude pour les grands auteurs et pour tous ceux qui ont sacrifié leur vie. Bref, leur enseigner qu'il y a quelque chose de plus grand qu'eux qui vaut qu'on se batte pour lui. L'école, c'est aussi le premier lieu d'assimilation, celui où les enfants peuvent s'approprier une histoire qui n'est pas celle de leurs parents. C'est d'ailleurs ce que disait Edouard Jeffrey dans sa circulaire. Quel que soit le parcours singulier de chacun, la France émancipe parce qu'elle donne en partage un héritage collectif auquel chacun de ses enfants peut prétendre. Peu importe que nos ancêtres fussent ou non gaulois, le 11 novembre, les poilus, les monuments aux morts, c'est notre histoire, c'est notre mémoire partagée à tous, Benjamin. Alors bien sûr, on ne peut pas obliger des profs à aimer l'histoire de France, mais ils doivent la transmettre. Sinon, ils peuvent aussi changer de métier.
Le message est clair, il est envoyé, Elisabeth Lévy. Merci, on se retrouve tout à l'heure, Elisabeth. À 9h, on aura l'occasion d'y revenir, d'ailleurs, sur ce sujet, si ça vous dit, avec Eric Revelle. Et vous, au 0826 300 300 sur ces syndicats de profs, qui dénoncent la commémoration du 11 novembre à l'école.
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