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France Inter Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale.
Nous voici donc dans le grand entretien avec un ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires étrangères et peut-être futur candidat à l'élection présidentielle. Et puis avec vous aussi, chers auditeurs, vos questions sont toujours les bienvenus au 01 45 24 7000 ou sur l'appli Radio France. Bonjour Dominique de Villepin. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter alors que le monde entier a les yeux tournés vers les États-Unis. Etats-Unis pour les élections de mi-mandat. Aujourd'hui, Trump va-t-il payer ses errements politiques dans les urnes ? Avec quelles conséquences pour nous, Européens, et pour la stabilité mondiale ? On va aussi parler avec vous de la situation en France, crise lycéenne, sociale, budgétaire. Quelles seraient vos solutions pour en sortir, si tant est que vous soyez encore prêt à être candidat ? Mais d'abord, Dominique de Villepin, les mi-terms aux Etats-Unis, avec à la clé la possible bascule du Congrès du côté démocrate. qui se joue aujourd'hui aux États-Unis ? Est-ce que c'est seulement le sort de Donald Trump ou est-ce que c'est bien plus large que ça ?
C'est bien sûr un référendum pour ou contre Donald Trump, et c'est ce qui émeut particulièrement aujourd'hui la classe politique américaine et le peuple américain. Mais c'est aussi au-delà, et peut-être d'abord en ce qui nous concerne, un référendum sur la démocratie. Et on voit que ces élections se situent dans un continuum. Nous avons eu les élections au Brésil, nous avons eu récemment les élections en Israël. nous aurons les élections en Espagne et après les élections en France. Et la démocratie, elle est mal en point dans le monde. On voit qu'il y a un combat très organisé, très structuré entre ceux qui préconisent la loi du plus fort et ceux qui, au contraire, croient à la force du droit. Et il est important de prendre la mesure de cet enjeu si on ne veut pas. que le monde bascule vers l'illibéralisme. La démocratie illibérale, c'est la capacité à écraser les contre-pouvoirs. C'est ce que tous les jours Donald Trump fait aux États-Unis. Et donc, le pouvoir judiciaire, le pouvoir des médias, tous ces contre-pouvoirs sont aujourd'hui en jeu. Et ce qui est vrai aux États-Unis est vrai aussi en Europe et en particulier en France.
Pour dire les choses, Dominique de Villepin, ce risque d'aller vers l'illibéralisme, c'est l'inquiétude. que peut-être vous partagez, que Donald Trump ne reconnaisse pas le résultat des élections si d'aventure il perdait ce scrutin. Est-ce que ça c'est une inquiétude ? Est-ce que c'est un
scénario plausible selon vous ? C'est d'autant plus plausible que vous n'avez jamais entendu Donald Trump envisager un échec à cette élection comme à aucune élection. Il a dit
« si les résultats sont honnêtes, je serais prêt à accepter une défaite ». Oui, honnête, mais
il a dit le mot, le mot pivot. Par définition, s'il perdait, c'est que ses élections seraient malhonnêtes. Donc je crois qu'il n'y a… à peu près aucune chance pour que Donald Trump accepte le moindre échec et qu'il se mobilise un peu partout dans les États-Unis. Et on le voit, le processus de collecte des résultats est un processus très long aux États-Unis, c'est plusieurs semaines. Donc il peut y avoir de nombreux incidents jusqu'à la Cour suprême. Et on sait que la Cour suprême, c'est aujourd'hui six juges conservateurs contre trois libéraux. Donc une très grande incertitude sur le fonctionnement de cette... démocratie américaine. Jusqu'à maintenant, la constitution américaine, elle a tenu. Mais combien de temps ? Et les questions qu'on se pose sur les États-Unis, eh bien il faudra se les poser en France. On voit la multiplication des attaques sur nos institutions, sur notre état de droit et pas seulement de la part… On n
'entend pas Dominique de Villepin, Marine Le Pen ou Jordan Bardella menacer de ne pas reconnaître des élections si elles leur étaient défavorables.
On les entend d'ores et déjà préconiser des changements institutionnels qui ne sont pas conformes à la Constitution et qui sont même anti-constitutionnels. Et on voit qu'ils n'accepteront pas aisément la parole par exemple du Conseil constitutionnel. Donc oui, l'état de droit aujourd'hui, il est mis en cause par un certain nombre de candidats à l'élection présidentielle.
Alors on va venir à la France dans quelques instants, mais d'abord pour terminer sur les Etats-Unis. Les démocrates qui ont donc des chances... de remporter la chambre des représentants, peut-être le Sénat c'est moins sûr. Ce qui a été frappant dans leur campagne cette fois-ci, c'est qu'ils se sont concentrés sur les thèmes du pouvoir d'achat, sur le coût de la vie, l'économie, plus sur les sujets de société. Est-ce que ça c'est une piste ou une leçon à retenir quand on veut lutter contre les populistes ?
c'est surtout une leçon de l'échec de la dernière présidentielle. Kamala Harris avait cédé à la tentation du parti démocrate du débat sur l'ensemble des sujets sociétaux et les accusations de wokisme l'avaient fait chuter en de nombreux états américains. Donc il tire les leçons. Ça ne vaut pas forcément pour d'autres élections. Donc
ça ne vaut pas puisque précisément vous faisiez le parallèle dans le... Le combat contre ceux qui, selon vous, menacent l'état de droit, ça, ce n'est pas une leçon que vous tirez aussi pour la façon de lutter contre les populismes également en Europe ? Je
crois qu'en Europe, la situation est extraordinairement différente et que ceux qui voudraient fermer les yeux sur la situation de la société française seraient particulièrement mal inspirés. Parce qu'on voit bien que cette société française, elle souffre. Elle est en souffrance, à commencer par la question lycéenne. Il y a une question sociale, il y a des questions sociétales qui ne peuvent pas être contournées. Et qui ont souvent des racines économiques également.
Un mot, Dominique de Villepin, avant de revenir en France, sur les conséquences internationales de ce qui va avoir lieu aujourd'hui aux Etats-Unis. Pierre Aski en parlait il y a un instant, cette menace de reprendre des bombardements massifs sur l'Iran. Est-ce qu'il faut s'attendre à un président américain qui voudra, au fond, compenser son impuissance domestique par un activisme forcené à l'international ?
Je ne suis pas sûr que la question se pose pour Donald Trump en termes de compensation. Il continuera à être ce qu'il est, c'est-à-dire à souffler le chaud et le froid. Il a certainement le souhait de terminer l'œuvre engagée dans le Golfe. Et pour terminer l'œuvre engagée, il a indiqué qu'il lui restait, et ça prendra une dizaine de minutes, deux, trois cibles, et en particulier pour liquider le programme nucléaire iranien. Terminer le travail, je crois que ça fait partie du programme de Donald Trump. Pouvoir se concentrer sur la question russe et le règlement de la question ukrainienne a son avantage. On voit bien l'envie, l'appétit qu'il a pour développer ses relations économiques entre les États-Unis et la Russie. Je pense que ce sera un élément très fort de la politique étrangère. Il
faut s'inquiéter de ces deux dernières années de politique étrangère de
Donald Trump. Oui, parce qu'on voit que les tentations de Donald Trump, les envies de Donald Trump, contrarient très profondément la vision que nous avons de l'ordre international, et en particulier de l'exigence de justice. Et il ne prend... absolument pas en compte ni le droit international, ni cette exigence de justice dans ce qui est indispensable pour reconstruire le Moyen-Orient et dans ce qui est indispensable pour régler le conflit entre la Russie et l'Ukraine. Et ce souci en permanence d'appliquer la loi du plus fort, elle est très profondément déstabilisatrice et c'est pour cela que notre vigilance doit être très grande. Nous, Européens, nous avons non seulement la nécessité d'élever la voix, mais d'élever notre capacité à faire des propositions. C'est vrai pour le Golfe et c'est vrai aussi pour ce qui concerne l'Ukraine. S'il
y a des frappes en Iran, Dominique de Villepin, est-ce que vous avez le sentiment que les pays européens ont la moindre façon de s'y opposer, de protester, à part de faire des communiqués de presse rageurs pour considérer qu'effectivement le droit international n'a pas été respecté ?
Et c'est là où il faut que la diplomatie reprenne tout son sens, c'est-à-dire la capacité pour les Européens à mobiliser les États de la région. Les États de la région ne sont pas sans capacité de pression sur Donald Trump, ce que pense l'Arabie Saoudite. ce que pensent les États du Golfe. Ce n'est pas déjà fait, ça ? Eh bien, c'est sans doute pas fait suffisamment et arrivé à des propositions. Vous savez, la diplomatie, c'est d'être capable d'accoucher de quelque chose. Mais est-ce qu'on est encore dans un monde
où la diplomatie est à la moindre prise ?
Mais bien sûr que oui. La diplomatie, elle est absente parce qu'on a préféré les armes. Et si les Européens avaient été à la hauteur de leur mission, ils auraient anticipé cette situation et conclu à la nécessité de mettre sur la table des propositions. Il n'y a pas de plan de paix, que je sache, ukraino-européen. Il n'y a pas un plan de paix des Européens pour la stabilisation du Golfe en liaison avec les États arabes. Si l'ensemble des États de cette région avaient proposé un plan de paix et un plan de stabilisation avec les pays d'Union Européenne, plus la Chine, plus l'Inde, plus le Brésil, je pense qu'on pèserait bien davantage. Donc oui, la diplomatie, elle a baissé les bras, mais il n'est pas interdit de penser qu'on pourrait faire autrement. Donc cette logique...
Vous réussiriez, si vous étiez aux affaires, à faire différemment si Donald Trump demain décide... de refrapper massivement l'Iran, vous auriez la capacité de faire en sorte qu'il hésite à le faire ?
J'aurais la capacité d'engager un combat. Le choix que l'on a à la tête d'une diplomatie, c'est d'engager un combat.
Mais à vous écouter, on a le sentiment que tout le monde a baissé les armes et que personne ne mène ce combat-là. Ce n'est pas tout à fait l'écho ou la musique que l'on entend en termes de relations internationales.
Mais parce que vous n'écoutez peut-être pas aux bonnes sources. Peut-être vous-même n'entendez pas ce qu'ils font. Mais tout le monde s'accorde pour dire que la diplomatie européenne aujourd'hui a un encephalogramme à peu près plat. Alors elle est divisée cette Europe et c'est là où il faut être capable de constituer sans doute un pôle actif. Et c'est pour ça que je préconise un conseil de sécurité européen qui soit capable de défendre la souveraineté et les intérêts de l'Europe. Ne l'oubliez pas, l'Europe, elle a parié. sur l'idée qu'il valait mieux essayer de garder de bonnes relations avec Donald Trump en espérant qu'on aurait des retombées positives sur l'Ukraine. Ce pari, il a échoué. Et donc à un moment donné, et limite terme, c'est une bonne occasion, il faut faire un trait, faire l'addition et constater que ce qu'on a fait jusqu'à maintenant n'est sans doute pas la bonne solution. On a vu que McCartney était capable de dessiner une autre stratégie. Donc vous voyez bien, pour ceux qui s'intéressent à la diplomatie, il y a une alternative et ce qui est vrai en matière internationale, est vrai en matière nationale.
Alors, précisément, il faut qu'on s'intéresse à ce qui se passe en France, à ces multiples crises que nous traversons, à commencer par la mobilisation des lycéens qui était en baisse hier. Est-ce que vous dites, comme le gouvernement, Ça suffit maintenant, il est temps de reprendre le chemin des classes et des cours.
Oui, mais dire ça suffit, ça ne permet pas de faire rentrer le dentifrice dans le tube. Une fois qu'il est sorti, nous connaissons tous la loi. Et vous
en savez quelque chose. C
'est très difficile, oui, dans un contexte qui n'avait absolument rien à voir. Je vous rappelle que c'était contre une loi que l'on manifestait. Là, c'est quelque chose de beaucoup plus complexe et de sans doute beaucoup plus profond. Donc ça n'a rien à voir. Donc aujourd'hui, il faut être capable de mettre en place une perspective. Pour les six mois qui viennent, ne l'oublions pas, il y a des élections présidentielles qui aujourd'hui télescopent un malaise social extrêmement profond dans notre pays avec une addition des colères. Mais ça, ça n'a
pas été fait, la mise en perspective dans les six mois à venir pour les lycéens ?
Moi j'ai proposé des états généraux de la République, j'ai proposé une plateforme anti-crise, je n'ai
pas vu... Pardon, moi je n'entends pas de lycéens demander des états généraux de la République. Ils demandent très concrètement 10 milliards d'euros de décision tout de suite, davantage sur le bâtisse scolaire, sur les professeurs.
Le pouvoir, il a une responsabilité particulière. Il n'est pas interdit que le pouvoir ait de l'imagination. Et être capable de reprendre un certain nombre de colères et de les traiter politiquement, c'est la responsabilité du politique. Mais la question concrète que vous avez
posée Dominique de Villepin, c'est est-ce que vous considérez que maintenant il faut que les blocus cessent et que les lycéens reprennent les cours ?
Mais je souhaite bien évidemment que les cours reprennent. Je pense que les longues semaines qui ont été passées se font au détriment de la scolarité. de tous les élèves de notre pays et que l'intérêt collectif, c'est que cela reprenne. L'intérêt aussi du gouvernement, c'est... d'entendre mieux, d'écouter mieux et d'être capable, jour après jour, d'apporter des réponses. On voit, par exemple, pour un certain nombre de situations dans les bâtiments scolaires, que les réponses tardent à venir. Un plan État-région pourrait être assez rapidement mis en œuvre. C'est ce qui a été
annoncé, 4 milliards d'euros de préalisation par les régions. On a eu les
vacances et je n'ai pas vu bricoler beaucoup, en tout cas dans un certain nombre de lycées qui sont des lycées où la situation est inacceptable. Donc, ça implique de mettre maintenant les mains à la tâche, d'avoir un calendrier. et d'être au charbon pour faire en sorte d'améliorer les choses.
A cette crise lycéenne s'ajoute une crise sociale, avec une grande mobilisation à venir jeudi, à l'appel de l'intersyndicale. Vous avez la CGT qui notamment appelle à une grève généralisée. Est-ce que vous serez dans la rue pour manifester ?
Non, je ne serai pas dans la rue, parce que ça ne fait pas partie des modes d'action qui sont les miens. Je pense que je suis plus utile à réfléchir, proposer, agir.
Vous entendez parmi les sujets de discussion qu'il y a, notamment entre les organisations syndicales et le gouvernement, sur la question du pouvoir d'achat, il y a la question du SMIC. Avec des partis de gauche qui, pour certains, demandent l'augmentation du SMIC à 1 700 euros net, le gouvernement qui réfléchit. Il y a un coup de pouce qui serait accéléré, mais sans atteindre ces niveaux-là. Dominique de Villepin, président, et on verra dans un instant si c'est toujours d'actualité, le SMIC serait à combien
Alors, donner un coup de pouce au SMIC, c'est nécessaire compte tenu de l'inflation, mais ce n'est certainement pas la solution à tout. Donc 1 700 euros net, c'est illusoire. Je pense que c'est illusoire dans un contexte de croissance nul. Et c'est surtout le risque de voir tous les autres salaires mis en difficulté. C'est la fameuse trappe à bas salaires. Donc la solution, c'est la croissance. Se battre pour la croissance. On voit bien que depuis 20 ans, c'est 0,5%. point de croissance que nous avons eu dans notre pays, là où il faudrait 1%, 1,5% pour que la situation française s'améliore. Donc il faut remettre les choses dans l'ordre, remettre à plat notre système financier, ça veut dire ouvrir le capot et regarder dans le moteur. C'est pour cela que je propose la mise à plat des niches fiscales et sociales, ce qui nous permettra de dégager un certain nombre de moyens, qui permettra de répondre à la nécessité de combler les déficits. C'est une première exigence. Et puis il faut... également sur l'ensemble des chapitres qui touchent le pouvoir de vivre de nos compatriotes, qu'il s'agisse de l'énergie. On a des moyens de raccorder la facture au prix de production. Eh bien, faisons en sorte de faire baisser cette facture. Le gouvernement a décidé de donner un coup de pouce avec la libération d'une partie des stocks stratégiques, 10 millions de barils. C'est un premier pas, mais on voit bien que ce n'est pas suffisant. L'incertitude qui règne dans le goff continuera de peser. Et puis, il y a un effort à faire, bien sûr, dans le domaine. du logement, dans le domaine de l'alimentation sur l'ensemble de ces sujets qui... intéressent au premier chef les Français.
Dominique De Villepin, pour parler de votre cas personnel, pourquoi est-ce que vous n'avez toujours pas annoncé votre candidature officielle à la présidence de la République ?
Parce que ce n'est pas le moment. Je ne pense pas qu'au milieu d'une situation de colère générale dans notre pays, ajouter une candidature apporte quelque chose. Mais je vous rassure, soyez patient.
Il y a une autre hypothèse, Dominique De Villepin, dans les sondages et dans les récents, vous êtes testé entre... Dans les hypothèses, les moins favorables 1%, les plus favorables 3%, est-ce que ce n'est pas simplement que vous constatez que votre campagne ne prend pas et que vous n'êtes pas audible ? Et c'est peut-être pour ça que vous hésitez à vous déclarer candidat à l'élection présidentielle ? C'est tout
simplement parce que je ne suis pas encore candidat. Le jour où je suis candidat, les choses changeront peut-être. Ah bon ?
Vous pensez que vous passerez de 1 à 3 à tout de suite 10 par le simple fait de vous déclarer candidat ?
Nous le verrons bien. Ma conviction, c'est qu'aujourd'hui... Nous avons deux extrêmes extrêmement forts dans le jeu politique français qui écrasent l'ensemble du débat. Et pour parler des autres candidats, ceux qui sont sur l'espace du bloc central, nous voyons bien qu'ils ne cessent de descendre. Donc dans ce contexte, il faut bien des voies alternatives.
Vous dites quand je serai candidat les autres candidats. Donc en fait, on est bien d'accord ce matin que c'est simplement une question de timing. Il n'y a aucune espèce de doute sur le fait que vous serez candidat à l'élection présidentielle. Il
n'y en a pas en ce qui me
concerne.
Alors si jamais vous ne l'étiez pas, Valentin a une question pour vous aux standards de France Inter. Bonjour, bienvenue Valentin.
Bonjour, merci pour la qualité de vos émissions. Bonjour M. De Villepay, j'ai une question justement sur votre candidature, à qui personnage je tiens à préciser que je soutiens. Je me pose la question sur les alliances possibles, compte tenu justement des attraits, des rapprochements que vous avez. On pense notamment à M. Ruffin, où vous étiez, selon l'expression, reniflé lors du débat de libération. Les rapprochements que vous pourriez faire, pourquoi pas, avec le bloc centriste, notamment Gabriel Attal ou Marine Tondelier. Pourquoi pas voir cette démarche d'alliance ? Voilà ma question aujourd'hui.
Merci Valentin. Merci.
Les grandes figures aujourd'hui du bloc central sont des figures qui sont liées au macronisme. Ce sont les héritiers du macronisme. Je n'ai donc pas de lien. Aucun, avec ses représentants. Et c'est une toute autre politique que je veux défendre, une autre conception de la politique, une autre conception aussi de la République. Je crois que donc, dans ce contexte, il n'y a pas d'alliance, ni avec Edouard Philippe, ni avec Gabriel Attal. De qui est-ce que vous vous sentez le plus
proche aujourd'hui, dans l'offre politique et dans l'offre des candidatures ?
Aujourd'hui, ce que je veux défendre, c'est une certaine idée de la souveraineté, une certaine idée de la politique étrangère de la France, une certaine idée de la République et... Et cela passe par la reconstruction d'un État fort dans notre pays. Pardon, mais Dominique de Villepin, la phrase que vous venez de prononcer là, je pense qu'il y a à
peu près 90% des candidats à l'élection présidentielle qui pourraient y souscrire simplement. Et je prolonge la question de notre auditeur. On vous a vu parfois parler comme la France insoumise. On vous a vu, vous, je cite, renifler effectivement avec François Ruffin. Ce n'est pas nous qui utilisons ce mot, c'est bien vous deux. Vous comprenez qu'on est un peu de mal à vous suivre ? C'est quoi peut-être l'hypothèse ? C'est celle d'être Premier ministre de Jean-Luc Mélenchon si d'aventure vous n'êtes pas candidat à l'élection présidentielle ?
Monsieur Duhamel. La politique que je veux mener, elle n'a rien à voir avec celle de Jean-Luc Mélenchon et elle est au contraire soucieuse de reconstruire. Une France, un État, qui soit faite d'équilibre et de mesure. Donc ne caricaturez pas la pensée et l'idée qui est la mienne. Je veux bien croire que je prends mon temps pour définir un calendrier. Vous pouvez, dans cet entre-temps, exprimer toutes sortes... A dire qu'en l'État, ça ne ressemble qu
'à une candidature de témoignage, Dominique de Villepin. C'est votre interprétation. C'est l'interprétation des sondages.
Oui. Et à tout le moins, vous constaterez qu'aujourd'hui, il n'y a pas de figure qui ressorte du jeu politique. Donc entre ceux qui descendent et ceux qui n'ont pas commencé à monter, on peut imaginer qu'il y a un certain espace. Donc une fois de plus, monsieur Duhamel, ne spéculez pas, ça n'est pas aujourd'hui passionnant. Et soyez patients.
Un dernier mot, Dominique de Villepin. Chez nos confrères de Radio Nova, vous avez décrit par le menu vos goûts musicaux. J'en cite quelques-uns. Théodora, Chey, Damso, Morikanté. Vous avez fait l'éloge de la chanson « Congolise sous BBL » de Théodora, que nos auditeurs connaissent peut-être, sûrement même. Est-ce que c'est ce qu'il vous reste pour essayer de parler aux électeurs les plus jeunes ? Est-ce que là aussi, peut-être, c'est un levier de croissance que vous cherchez pour progresser dans les sondages ?
Vous avez des expressions qui traduisent une forme de mépris, monsieur Duhamel. Quel mépris ? Le ricanement, c'est un mépris. La dérision, c'est un mépris. Le fait de citer une chanson qui exprime une époque, c'est... Toujours pour un responsable politique, la traduction de quelqu'un qui cherche à comprendre. Vous voyez, on a un gouvernement qui n'écoute pas la rue, qui n'écoute pas les lycéens. Moi, je ne prétends pas... Donc Théodora et Convoly
sous BBL, ce n'est pas une construction de communication, c'est une chanson que vous aimez sincèrement. Est-ce que vous
voyez dans ce que je suis et dans ce que j'ai été depuis un certain nombre de décennies la moindre posture ? Est-ce que j'ai une raison d'essayer d'être quelque chose d'autre que ce que je suis ?
politiques font parfois mine d'apprécier certaines chansons, certains films pour plaire à leurs électeurs. Ce n'est pas votre cas.
Mais dans quel but ? Dans quel but ? Il y a une société française qui est en ébullition. Il y a une société française qui aujourd'hui a des goûts, des inquiétudes. Et la musique traduit cela. La passion de la culture, ce n'est pas quelque chose que j'ai découvert hier. Et c'est au contraire quelque chose qui nourrit et qui développe et aiguise le regard qui est le mien sur la France. Et on a besoin aujourd'hui de comprendre les mouvements de la société française.
Merci Dominique de Villepin d'être venu au micro de France Inter ce matin. La revue de presse à suivre.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.