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parle vite déjà. Mesdames et Messieurs les députés, je suis ravi de pouvoir répondre à cette convocation dans votre commission d'enquête consacrée à la gestion de la journée du 17 octobre. Cette commission est l'occasion pour moi de prendre le temps de livrer mon analyse. des bottes d'ébordement, constater ce jour-là, et de le faire, évidemment, comme je viens de le faire, sous prestation de serment, donc guidé par le seul souci de la vérité, à l'exception de toute autre considération, et bien sûr, dans la plus grande transparence. J'aurai un propos luminaire, M. le Président, puis je rentrerai ensuite un peu plus dans le détail sur l'appréciation que l'on peut porter sur... Le travail qui avait été effectué en amont par les services de renseignement sur ce qui s'est passé ce jour-là très concrètement sur le terrain, partout sur le territoire national. Et j'en terminerai avec ce qui a été fait depuis pour éviter que ce qui s'est produit le 17 octobre se produise à nouveau en termes d'émeutes, de pillages et de personnes blessées. Évidemment, je commence par avoir une pensée pour les forces de sécurité intérieure. dont plus de 1100 ont été blessés ce jour-là. J'accueille donc cette commission d'enquête d'autant plus favorablement que je n'ai jamais eu et je n'ai aucune difficulté à prendre mes responsabilités. Je n'ai d'ailleurs aucune difficulté à rendre des comptes. Je l'ai prouvé plusieurs fois dans mon passé de haut fonctionnaire où j'ai répondu très ouvertement devant le Parlement, y compris déjà d'ailleurs sur la gestion d'événements d'ordre public, au point d'ailleurs d'avoir au moins une fois évité mon autorité de tutelle d'être elle-même auditionnée. Au cas d'espèce, je n'ai pas non plus hésité évidemment à prendre mes responsabilités en proposant ma démission au chef de l'Etat dès le lendemain du 17 octobre. Je crois que c'est assez rare pour être souligné, notamment à la suite d'un bilan d'ordre public, autrement dit pour un enjeu de gestion opérationnelle. C'est ma conception des choses, je le répète d'ailleurs au chef opérationnel placé sous le monde d'autorité, je suis leur chef et je suis le seul responsable et je me réjouis de le prouver à nouveau aujourd'hui devant vous. Je me tiens donc prêt à répondre en toute transparence à vos questions, mais veux m'en tenir pour ce court propos liminaire à des réflexions générales et d'analyse personnelle plutôt qu'à des chiffres, même si je compléterai, j'insiste encore, je compléterai ensuite mon propos d'une analyse opérationnelle un peu plus détaillée. Je le redis, le bilan de la journée du 17 octobre est un échec. à partir du moment où la sécurité de bâtiments publics, de commerces, n'a pu être assurée et que dans le même temps, les forces de sécurité intérieure ont été confrontées à une violence inouïe. Mais soyons clairs, l'échec constaté ne présume pas en soi une faute des services de l'État. Pour prendre un parallèle, un attentat est toujours un échec. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il était nécessairement imputable à un manquement des services de renseignement. Il y a des passages à l'acte violent qui sont objectivement indétectables ou qui le sont très difficilement. De même, il y a des comportements sédicieux, sporadiques et spontanés de voie publique qui ne peuvent être précisément anticipés, au moins dans leur niveau de violence et de détermination. Je reviendrai précisément sur les caractéristiques de ce qu'a été le défaut d'anticipation de ce 17 octobre. Je reviendrai dans quelques instants. Les services de renseignement ont été pointés du doigt pour avoir sous-estimé le nombre de personnes attendues sur cette journée de mobilisation. Ça fait partie des questions que vous me posez d'ailleurs, monsieur le Président. C'est sans doute vrai, mais cette sous-estimation, c'est très loin d'être le nœud du problème. On ne peut pas résumer tout cela à un simple sujet de chiffres. prévisionnel plus proche de la réalité n'aurait pas permis en soi d'éviter les débordements constatés. En réalité, un nombre important de paramètres sont également à prendre en compte et j'aurai l'occasion d'y revenir. Voilà pourquoi d'ailleurs j'ai pu répondre au Sénat, à l'occasion d'une des nombreuses questions d'actualité au gouvernement qui m'ont été posées sur le dimensionnement du dispositif du 17 octobre, en l'occurrence le Delta. ne se jouait pas tant dans la prévision du nombre de participants attendus que dans l'intensité des violences de ce jour-là. C'est aussi pourquoi un dispositif policier plus étoffé en volume d'effectifs déployés n'aurait sans doute pas permis à lui seul d'empêcher les incidents constatés, notamment les exactions commises avant même le lancement des cortèges, ni les très nombreux pillages commis simultanément en divers points du territoire. De la même manière, ce n'est pas l'augmentation du volume d'effectifs déployés le 24 octobre par rapport au samedi précédent qui a permis à lui seul de garder la maîtrise des événements lors de cet acte 2. C'est bien davantage une combinaison de décisions opérationnelles et administratives, et j'en identifie quatre. D'abord un meilleur prépositionnement des forces de l'ordre qui a permis de mieux encadrer les cortèges. Ensuite, les nombreux contrôles de flux et fouilles effectuées sur réquisition des procureurs pour saisir le matériel interdit, y compris parfois en profondeur. La panoplie des mesures administratives déployées en amont par les préfets, interdiction partielle de manifestation, jamais totale, négociation des parcours en dehors des centres-villes qui ont assurément permis de limiter la casse au sens premier du terme. Et puis surtout, la mouvance a pu être cantonnée au sein des cortèges et ne s'est pas éclatée, comme elle l'a fait le 17 octobre, ce qui avait provoqué une dispersion du dispositif policier dans certaines villes et qui m'avait conduit à reconnaître que nous avions perdu le contrôle à certains endroits. Le 24 octobre, les exactions observées en marge des cortèges, belles et bien présentes et nombreuses, ont ainsi répondu à un schéma plus habituel et classique. Ceci étant désormais exposé, la question toujours facile à poser à postériori restera pourquoi ne pas avoir mis en place dès le 17 octobre ce qui a été prévu le samedi 24. Par exemple, pourquoi ne pas avoir mobilisé... Plus de forces de l'ordre dès le 17 octobre. J'assume de ne pas avoir rappelé sur leur congé des effectifs de police et de gendarmerie qui se trouvaient à ce moment-là déjà très éprouvés par de longues et intenses semaines de mobilisation sur le mouvement des lycéens durant lequel ils ont été d'ailleurs largement scrutés et la proportionnalité de leur réponse mise en cause. Le repos physiologique de nos forces de sécurité intérieure est une des garanties nécessaires, d'une part à leur intégrité physique, bien sûr, et d'autre part à la maîtrise de leurs gestes. Je tiens à préciser dès maintenant, et on y reviendra évidemment, vous aurez de nombreuses questions là-dessus, que l'ensemble des unités de force mobile disponibles ce jour-là ont été affectées à l'événement. Modulo 5 unités de force mobile, sur un total de 75, qui ont couvert d'autres événements. Autre question qui peut se poser, pourquoi ne pas avoir envisagé dès le 17 octobre les mesures de police administrative déployées le 24 ? parce que les limites qu'elles posent à la liberté de manifestation ne pouvaient s'envisager, se défendre et être soutenus et motivés, y compris devant un juge administratif, qu'à la lumière des troubles à leur public effectivement observés la semaine précédente. Dans un état de droit, on ne peut porter atteinte à des libertés publiques que de manière strictement étayée, et bien sûr il faut s'en féliciter. Je ne peux que conclure ce court propos introductif. Sans exprimer, une gratitude très appuyée à nos policiers et nos gendarmes qui ont essuyé des violences d'une intensité inouïe durant ce week-end du 17 octobre et qui comptent de nombreux blessés dans leur rang. Vous me permettez d'avoir un mot d'analyse personnelle en tant qu'ancien patron du renseignement pour les services de renseignement dont la responsabilité a été recherchée dans l'anticipation de cette crise. Je ne serais trop rappelé d'ailleurs que le maillage territorial des renseignements déterminant dans l'anticipation de ce type de mouvement a aussi pâti dans des tricotages à partir des années 2008 avec le démantèlement préjudiciable des RG que nous avons réparé significativement depuis 2017. Enfin, je souhaite vivement que cette commission d'enquête sur les incidents du 17 octobre, à laquelle je réponds volontiers, devant laquelle encore une fois je prends toute ma responsabilité, n'occulte évidemment pas celle de la mouvance d'ultra-gauche et d'extrême-gauche radicale, qui par ses nombreux appels documentés à faire dégénérer la mobilisation du 17 octobre, détient la responsabilité première et principale des violences observées, et dont le ministre de l'Intérieur que je suis est aujourd'hui pourtant le premier à répondre devant vous en grande responsabilité. Je vais, si vous le permettez, M. le Président, rentrer un peu plus dans le détail sur trois points précis. Tout d'abord, concernant le travail des services de renseignement. Un certain nombre de notes ont été produites. Je crois que les rapporteurs ont demandé la communication de certaines d'entre elles. Certaines le seront, d'autres sont classifiées. Nous verrons comment il peut être procédé. Mais un certain nombre de notes sont classifiées, d'autres ne le sont pas. Elles sont en diffusion restreinte, et notamment celles qui ont été produites par les services de renseignement dits généralistes. Je veux d'abord, donc premier point, quel était le renseignement qui était en ma possession, dont j'avais connaissance, pour préparer cette journée du 17 octobre. Deuxième point, ce que j'ai fait, les conclusions que j'en ai tirées, et troisièmement, les enseignements qu'on a retirés de tout ça, et que nous avons appliqués, mis en œuvre dès le 24 octobre et dès le 31 octobre, et qu'on va poursuivre à mettre le 5 novembre, ce sera exactement le même dispositif. D'abord, sur les services de renseignement, je vais vous dire que, dès le départ, Et ça a été écrit et ça a été porté à ma connaissance comme cela. Je cite un certain nombre de morceaux choisis, évidemment dans la limite du respect du secret de la Défense nationale. Et vous aurez ces notes, messieurs les rapporteurs, je ne m'y opposerai évidemment pas. Que dès le départ, le potentiel insurrectionnel du mouvement, avec la participation de l'ultra-gauche, et un nombre de manifestants potentiellement importants et relativement désorganisés, sans direction claire, qui rappelle d'ailleurs le début du mouvement des Gilets jaunes, dès le départ, cet élément est pointé. De même, il apparaît dans les nombreuses publications de la mouvance de l'ultra-gauche. Je pourrai d'ailleurs la définir, M. le Président, plus tard dans les questions, ce qu'on appelle exactement l'ultra-gauche, l'extrême gauche radicale. Je rentrerai bien volontiers dans le détail. Donc la mouvance de l'ultra-gauche prévoyait de se glisser dans ce mouvement pour fédérer autour d'elle et transformer en émeute, et progressivement l'émeute, en insurrection. Par ailleurs, des appels suffisamment apolitiques ont rendu possible la possibilité d'agréger aussi des sensibilités différentes. Étaient affichés également, et me sont remontés, des messages qui en appelaient très clairement à la recherche d'une convergence des luttes. J'y reviendrai par ailleurs quand j'évoquerai la possibilité d'une participation également de l'ultra-droite qui n'était pas méconnue non plus, donc en provocation des cortèges de l'ultra-gauche dans cette journée, dans les journées qui ont suivi. Évidemment, cette journée du 17 octobre a pris dans les jours qui précédaient une ampleur encore plus importante, puisqu'un certain nombre d'organisations politiques, de syndicats, ont appelé très clairement à manifester ce jour-là. Ce qui a renforcé l'idée, évidemment, qu'il pourrait y avoir une participation importante. Sur les réseaux sociaux, enfin, enfin, non pas enfin, je n'en ai pas terminé, mais les services de renseignement détectent sur les réseaux sociaux, en source ouverte, un imaginaire révolutionnaire assez clair, entretenu et amplifié par l'intelligence artificielle. Il est établi la présence certaine et offensive de l'ultra-gauche, et ce, dans de nombreuses villes. Ce sont évidemment pointées Paris, Nantes, Rennes, Marseille, Toulouse, Lille, Montpellier, Grenoble et bien d'autres. avec sur les comptes, d'ailleurs en source ouverte, de sites de l'ultra-gauche, des recommandations tactiques, précises, pour défier les forces de l'ordre. L'hypothèse de décradation de commerce et de bâtiments publics en cas de masse critique est également évoquée, très clairement. La constitution de Black Bloc, pour exacerber les tensions avec les forces de l'ordre, dans une logique émeutière, laissant présager des actions offensives potentiellement violentes, est également évoquée. Le risque de pillage également par des militants radicalisés mais également par des jeunes délinquants est également évoqué en cas de dégradation de la physionomie. J'y reviendrai parce que c'est très important. Le risque annoncé d'action coup de poing le matin du 17 octobre est annoncé également par les services de renseignement, notamment à Paris. Et puis il y a des appels assez explicites à des cortèges sauvages. à des cortèges sauvages, et notamment dirigés vers les lieux de pouvoir. Ce sont des informations qui sont remontées par les services de renseignement. Et puis également la présence, au-delà des mouvances d'ultra-gauche et d'extrême-gauche radical, de ce qu'on appelle les militants contestataires sociétés violents qui sont nés avec le mouvement des Gilets jaunes et qu'on retrouve assez régulièrement dans les cortèges qui dégénèrent. En conclusion de ce premier point, ce que je veux dire, M. le Président, c'est que les SR ont alerté sur l'ensemble de ces risques qui se sont avérés. exact le 17 octobre, même si les alertes sont remontées, j'insiste, dans la dernière semaine, avec une concentration importante sur cette journée du 17 octobre. On pouvait lire dans la littérature des mouvances qu'elles entendaient faire du 17 octobre un grand rendez-vous de colère pour, je vois les guillemets, renverser le système et donc... on pouvait s'attendre évidemment à des risques de troubles à l'ordre public extrêmement forts, des troubles à l'ordre public importants. Voilà ce que disaient les services de renseignement. Je tiens à préciser également, puisque je sais que cette question suscite un certain nombre d'interrogations sur certains bancs politiques, et j'y ai répondu, je comprends évidemment ces interrogations. Les services de renseignement avaient également détecté la possibilité que des militants de la mouvance d'ultra-droite viennent au contact des cortèges pour provoquer des militants d'ultra-gauche. Cette menace avait été... évidemment détectée dès le 17, même si elle ne s'est pas produite le 17 octobre. Celle-là, pour le coup, on a pu le constater dans une quinzaine de villes. En revanche, le 24 octobre. Voilà pour ce qui est de l'action des services de... Ce qui m'avait été indiqué par les services de renseignement. Alors, il y a plusieurs notes, messieurs les rapporteurs, plusieurs notes qui ont été produites, mais il y en a chaque service. m'a produit essentiellement la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, la Direction Nationale du Renseignement Territorial et la Direction du Renseignement de la Préfecture de Police. Mon produit, les 15 et 16 octobre, enfin à la fin du processus, j'ai été nourri d'informations avec l'ensemble de mon cabinet, l'ensemble des responsables nationaux du ministère de l'Intérieur. Nous avons été nourris de ces notes jusqu'au jour précédent. Évidemment, je tiens ces notes à votre disposition. Dans ce contexte, j'ai adressé, j'ai réuni évidemment au ministère les directeurs généraux, le préfet de police, nous avons tenu des réunions de préparation qui m'ont conduit. Donc réunion avec les directeurs généraux, réunion avec les préfets de zone en visio, qui m'ont conduit à adresser un télex le 16 octobre 2026, mais qui précédait en fait des instructions qui avaient été données aux préfets de zone précédemment. J'ai adressé un télex, comme je le fais à chaque fois, au-delà des instructions orales que je passe dans le cadre des réunions, dans lesquelles je demandais de procéder le matin du 17. s'il devait y avoir des blocages dans le cadre de ce mouvement. Et il y en a eu, moins qu'attendu, mais il y a eu un certain nombre de blocages, notamment à Paris, qui ont été parfaitement gérés, mais je reviendrai. Et surtout, je demandais aux préfets, donc à l'ensemble des préfets, d'encadrer évidemment les cortèges. pour le cortège déclaré, dans le principe de la désescalade, là encore on y reviendra, sans être forcément très apparent, mais en revanche d'intervenir systématiquement s'il devait y avoir des violences. Intervention systématique en cas d'atteinte contre les personnes et les biens. Et puis, évidemment, j'attirais l'attention... des préfets, qui eux aussi sont destinataires évidemment de ces informations de renseignement, j'attirais leur attention sur la vigilance toute particulière qu'il convenait d'avoir sur d'éventuels pillages, alors qu'on appelle, c'est pas toujours très élégant, mais on appelle ça les pillages d'opportunités, j'attirais l'attention sur la possibilité qu'on puisse avoir des pilleurs et des casseurs qui puissent être présents. Donc ça c'est l'instruction que j'ai adressée le 16 octobre. Et puis on a déployé un dispositif policier partout sur le territoire national, à partir de la demande des forces mobiles qui m'ont été adressées par les préfets. Et je le redis, à peu près l'intégralité des forces mobiles qui étaient disponibles ce jour-là ont été déployées sur le mouvement, sur l'encadrement de cette séquence du 17 octobre. Une précision d'ailleurs, parce que j'ai pu lire ici dans la presse, ici ou là, que nous n'avions pas donné au préfet le nombre de forces qu'il souhaitait. On a un disponible de 75 forces mobiles ce jour-là. Les demandes des préfets sont toujours plus élevées. C'est une loi des reins, c'est toujours comme ça. Pour vous donner un exemple, le 24 octobre, j'avais près de 200 demandes de forces mobiles des préfets pour un disponible de 110. C'est toujours comme ça et on fait au plus juste. C'est une responsabilité que je prends comme ministre de l'Intérieur dans la répartition des forces mobiles. en veillant à l'équilibre entre les territoires d'une part, mais surtout en veillant à couvrir l'ensemble des RICS. Deuxième point, que s'est-il passé ce jour-là ? Ce qui s'est passé ce jour-là, c'est qu'évidemment l'ensemble des risques qui étaient attendus se sont avérés, avec quand même un certain nombre de particularités sur lesquelles je veux insister. Vous parlez trop longtemps, je répondrai bien volontiers à vos questions. Mais ce qui s'est passé ce jour-là, c'est plusieurs choses d'abord. C'est qu'on a constaté... que la mouvance d'ultra-gauche, l'extrême-gauche, qui généralement intègre les cortèges, les fait dégénérer, va au contact, provoque les forces de l'ordre, commence à attaquer des vitrines pour que les forces de l'ordre interviennent. On a constaté qu'elle est intervenue de manière parfois autonome, mais en tout cas de manière très anticipée par rapport à l'habitude. Très anticipée. Ça a été notamment le cas à Marseille, où des cortèges ont commencé très tôt le matin, des cortèges de militants d'ultra-gauche, d'extrême-gauche. Puis ça a été le cas aussi à Paris, au début de la manifestation sur la place de la République, là encore on y reviendra, je ne doute pas que vous aurez énormément de questions sur ces sujets, où des militants d'ultra-gauche et d'extrême-gauche radicalisés ont fait immédiatement dégénérer la marche. Il y a eu des affrontements immédiats qui se sont d'abord... déroulé à la périphérie de la République, puis se sont déplacés progressivement sur la République. Donc on a eu un phénomène qui était assez nouveau. On s'attendait évidemment à la mobilisation, et je l'ai dit, de la mouvance ultra-gauche et l'extrême-gauche radicale, mais elle s'est mobilisée de façon tout à fait inhabituelle, dans le but évidemment de perturber le dispositif policier de manière extrêmement claire et précise. De la même façon. On a eu, dans pas mal de villes, à gérer la mise en place de cortèges sauvages. Ça a été notamment le cas à Paris, mais pas qu'à Paris, où on a pu assister à des cortèges qui souhaitaient se diriger sur les lieux de pouvoir. Il y en a eu plusieurs qui pouvaient réunir, donc plusieurs au même moment, qui pouvaient réunir de 200 à, jusqu'à l'un d'entre eux a réuni 2000 personnes. Le préfet de police, quand il sera auditionné devant vous, reviendra sur la présentation détaillée de cette séquence, mais c'est assez inédit. Une manifestation déclarée qui s'est tenue à Paris, une mouvance ultra-gauche, extrême-gauche qui fait dégénérer les choses, et qui, par exemple, à Paris, va rester sur la place de la République tout l'après-midi. Et puis des cortèges sauvages. Donc on voit qu'on a tous ces risques qui avaient été identifiés, mais qui vont finalement intervenir de manière simultanée et sur des endroits parfois... distincts. Et ça s'est produit, j'insiste, dans de nombreuses villes de France, dont Paris, Marseille, mais pas que. Un mot également pour dire sur ce qui s'est passé ce jour-là. C'est qu'assez rapidement, assez rapidement, Compte tenu de la dégradation de la physionomie, on a vu apparaître des délinquants, pilleurs, casseurs, qui sont intervenus en plusieurs endroits des centres-villes, en plusieurs endroits des centres-villes, en ordre dispersé, et qui ont contribué à rendre plus délicat, plus difficile le travail des forces de sécurité intérieure. Et ces arrivées de jeunes pilleurs, de jeunes casseurs se sont produites à partir du début de l'après-midi jusqu'en fin de journée, observant comme ils le faisaient la dégradation de la situation sur le terrain. Et donc en opportunité, ils sont évidemment venus casser, piller et profiter de cette situation, ce qui crée une difficulté supplémentaire ce jour-là. Donc j'y reviendrai également, je ne doute pas que vous aurez énormément de questions. Donc sur le... Le rôle des réseaux sociaux était extrêmement important sur la séquence. La mouvance, comme les jeunes casseurs-pilleurs, se coordonnant beaucoup sur les réseaux sociaux, s'informant d'abord de la situation sur les réseaux sociaux, se donnant rendez-vous sur les réseaux sociaux et se coordonnant très clairement dans leurs actions délinquantes au travers de l'utilisation des réseaux sociaux. Ce qui a surpris ce jour-là, et j'assume ce mot, d'un manque d'anticipation. Un manque d'anticipation qui est d'abord le mien. C'est de ne pas avoir vu que tous ces phénomènes qui avaient été prévus par les services de renseignement allaient se produire simultanément de manière à faire éclater le dispositif policier. Simultané. Je le redis, l'arrivée d'une mobilisation d'une mouvance extrême-gauche-ultra-gauche radicale dans des conditions qui ne sont pas les conditions habituelles, l'arrivée de pilleurs casseurs et puis des cortèses chauvages. Et surtout, dans une volumétrie, et je ne parle pas du volume des manifestants attendus, je fais clairement la part des choses entre les manifestations qui se sont déroulées ce jour-là, qui ont été protégées par les forces de l'ordre et qui ont pu, pour la plupart d'entre elles, aller à leur terme, et évidemment ceux qui ont voulu faire dégénérer les cortèges et les casseurs et les pires. Je fais clairement la distinction. Je fais clairement la distinction. Et je l'ai toujours faite, monsieur le député. Toujours. La volumétrie des personnes qui voulaient faire dégénérer les choses était plus importante que ce à quoi nous nous attendions. Je ne parle pas, encore une fois, je le redis à dessein, de l'augmentation. On avait prévu à peu près 300 000 personnes entre l'ADRPP et le renseignement territorial. On est arrivé à 560 000, finalement. Donc c'était... Un peu moins du double, mais ce n'était pas le problème. Le problème, c'était ces individus qui étaient malveillants, animés de très mauvaises intentions, pilleurs, casseurs, la mouvance, qui étaient beaucoup plus nombreuses. Le préfet de police a donné un chiffre. Il a donné le chiffre de 10 000 casseurs à un moment donné dans Paris, mais pas au même endroit. Pas au même endroit, bien évidemment. Ils se sont répartis sur de nombreux secteurs. Je reprends d'ailleurs l'exemple à l'essai de Paris. Encore une fois, le préfet de police, il reviendra. Moi, je suis ministre de l'Intérieur, je donne des instructions. Tout s'effectue dans le cadre des instructions que je donne. Mais ensuite, la mise en œuvre opérationnelle est faite par les préfets. Et c'est eux qui peuvent mieux rendre compte, plus techniquement, précisément, de ce que je viens de dire, de ce que je viens d'expliquer. Mais le préfet de police vous expliquera qu'à Paris, par exemple, au même moment, il y a quatre... Moi, j'ai été pendant six ans à la préfecture de police. Six ans. Deux ans et demi, numéro deux, et plus de trois ans, numéro un. Préfet de police. Oui, monsieur le député, mais oui, six ans. On s'est souvent rencontrés, d'ailleurs. Et pendant ces six ans, moi, j'ai jamais connu quatre événements de cette ampleur au même moment. Vous aviez un cortège encadré de 110 000 personnes, qui a cheminé de la République à la place Clichy. Vous aviez des militants radicalisés. qui étaient quand même plusieurs centaines, voire plusieurs milliers sur la place de la République, qui sont restés tout l'après-midi sur site. Et donc qui ont fixé le dispositif policier à cet endroit. Vous aviez par ailleurs des cortèges sauvages qui n'avaient qu'une intention, c'était de converger sur les lieux de pouvoir, c'est de se rendre à la Concorde, c'est d'aller vers l'Elysée, clairement, et qui ont été pris en compte par les effectifs de police à plusieurs reprises, qui ont été évidemment empêchés de cheminer. Et puis vous avez ensuite, dans le milieu d'après-midi jusqu'en soirée, l'arrivée de Casseurs-Pilleurs. Ça fait quatre événements. Quatre événements extrêmement importants, extrêmement difficiles à gérer, qui se sont produits au même moment. Et ça a été le cas dans un certain nombre de nombreuses villes. Je pense à ce qui s'est passé à Marseille, où on a vu des jeunes descendre et puis éclater le dispositif policier, attaquer la ville en de nombreux endroits. Il a fallu donc éclater le dispositif. Et ça s'est produit, je le redis, en de nombreux endroits. Et ça, c'est totalement inédit. Et évidemment que cette situation aurait dû être anticipée, et je vous le redis, mais je souhaitais devant la commission d'enquête définir ce qu'on appelle le défaut d'anticipation. C'était ça. Ce qui s'est passé depuis, avec des commerces pillés, je pense que vous obtiendrez le détail, le volume précis de commerces pillés qui a été recensé de manière exhaustive par le ministère de l'économie et des finances, en lien notamment avec la direction générale des entreprises, avec des commerces dégradés, des commerces pillés, l'attaque de bâtiments publics, ce qui est toujours, d'ailleurs, quand vous avez des attaques de bâtiments publics, c'est signé, c'est toujours la mouvance de l'outre-gauche, l'extrême-gauche radicale. C'est signé, je parle aussi d'expérience, les attaques de préfecture, sous-préfecture, l'incendie de la mairie de Limoges, évidemment, avec là encore à Limoges des groupes qui essaient de disperser les forces de l'ordre, qui partent sur l'autoroute, puis qui reviennent en centre-ville, qui vont essayer de piller des commerces dans le centre-ville, qui reviennent sur la mairie et qui donc sont très mobiles. Le défaut d'anticipation, il était important pour moi comme ministre de l'Intérieur, en responsabilité de le qualifier, de dire exactement ce dont il s'agissait. On n'est pas sur de la volumétrie, sauf si l'on parle des casseurs de la mobilisation de la mouvance, qui a été forte, et ça a été surtout la simultanéité d'événements au même moment. Et ça, de mon point de vue, c'était... Et je parle comme ministre de l'Intérieur et comme aux fonctionnaires qui ont une vingtaine d'années d'expérience sur ces sujets. Et le défaut d'anticipation, il est là. Et c'est à ça, évidemment, que nous avons souhaité remédier sous l'autorité du président de la République, du Premier ministre, évidemment. Plusieurs réunions se sont tenues. Et nous avons remédié à cela d'une façon très simple. Très simple, c'est facile à dire évidemment ex poste, comme toujours, mais je le dis ex poste, et en tout cas le 24 et le 31, cela a fonctionné, malgré la présence de la mouvance d'ultra-gauche, d'extrême-gauche, malgré les appels qui ont été faits sur les réseaux sociaux, et je vous rappelle que ceux du 31 octobre étaient d'une violence inouïe, appelant à la révolution, à l'insurrection, à profiter de la nuit d'Halloween pour disperser les forces de l'ordre, à allonger la journée en partant du matin jusqu 'à la nuit. Ces actions qui nous étaient remontées par les services de renseignement, elles ont vraiment eu lieu le 24 T31. Il ne faut pas croire que l'ordre a été rétabli de manière simple et facile par les forces de sécurité intérieure. Elles ont été cette fois-ci anticipées et le dispositif a été conçu de manière totalement différente par rapport au 17. D'abord, il y a eu une augmentation des effectifs qui a été prévue. Effectivement, j'ai procédé à des rappels sur congé. J'ai procédé au rappel sur congé. J'en remercie encore les forces de sécurité intérieure qui ont répondu présentes. Pour la plupart d'entre eux, d'ailleurs, de manière volontaire, je tiens à le signaler, qu'il s'agisse des compagnies républicaines de sécurité, des escadrons de gendarmerie mobile, dont certains qui étaient en partance pour l'outre-mer, qui ont accepté de retravailler ce week-end, les forces locales de police de gendarmerie qui ont accepté de se mobiliser ce week-end. Donc il y a eu une augmentation de la volumité. des effectifs qui nous a permis de concevoir le dispositif de manière totalement différente en jouant beaucoup sur le prépositionnement des forces, en se prépositionnant, en augmentant les contrôles. en augmentant significativement les contrôles qui ont été effectués dans la profondeur, ce qu'on appelle dans la profondeur c'est sur les axes routiers, d'une part c'est dans les gares, c'est à l'arrivée dans les centres-villes, contrôle sous l'autorité des procureurs de la République, avec des fouilles, des palpations, et ce qui nous a permis d'appréhender énormément de matériel et d'armes par destination. Le 24 et le 31 également, également, et d'éviter. que des jeunes casseurs ou pilleurs puissent venir vers les centres-villes. Donc ce dispositif les en a dissuadés et empêchés quand ça a été leur intention. prépositionnement des forces, beaucoup plus de mobilité, d'être capable d'aller, et j'emploie le mot, je pourrais m'en expliquer, impacter les groupes à risque. Impacter, ça veut dire les disperser ou les interpeller, je n'y voyais pas, les groupes à risque. Et donc, évidemment, par ailleurs, je l'ai dit dans mon propos liminaire, on a eu ces mesures de police administrative qui ont été prises et qui ont fait en sorte que les manifestations ne se déroulent pas dans les centres-villes, mais à la périphérie des centres-villes. Vous noterez d'ailleurs que les juridictions administratives... dans la plupart des cas, valider cette façon de faire. Voilà ce que je voulais vous dire en propos liminaire sur cette journée du 17 octobre et ce nouveau dispositif que nous avons mis en place. Je voulais quand même ajouter sur la... Sur le dispositif que nous avons... Excusez-moi, je cherche mes notes de renseignement. Je voulais dire un mot sur le dispositif tel qu'il est conçu depuis. Pardonnez-moi, Monsieur le Président, je récupère ma note. Sur le dispositif qu'on a mis en place depuis, je le détaille un tout petit peu plus avant de répondre aux questions. Donc ça a été les contrôles de flux en amont. Un autre prépositionnement des forces, une implication également de la gendarmerie nationale en zone police pour venir renforcer et soutenir leurs camarades de la police nationale, notamment dans la protection des centres commerciaux, puisque nous avions des appels à attaquer les centres commerciaux, le 24, je veux le rappeler, à la périphérie des villes, et que les gendarmes ont tenu ces centres. On a beaucoup joué également sur le dispositif de moyens spéciaux, notamment les matériels, les blindés Centaure, qui ont tous été mobilisés, les 25 qui sont à notre disposition. les 15 engins lanceurs d'eau, ce qui n'était pas le cas le 17. Beaucoup étaient mobilisés le 17, mais pas tous. Et nous avons mis en place également un dispositif de judiciarisation pour pouvoir répondre plus rapidement aux dommages. Enfin, et je tiens à le dire, nous avons également mis en place, actionné et renforcé la plateforme Pharos pour qu'elle puisse... Il y a une cellule qui est en veille permanente, qui détecte les appels qui sont des appels insurrectionnels sur les réseaux sociaux, de manière, dans le cadre légal, à demander aux plateformes de les retirer, de manière à demander qu'on retire ces contenus. Et cette action a été particulièrement efficace également, puisqu'on a retiré énormément de contenus. Voilà, monsieur le Président, ce que je voulais dire. J'ai fait cette présentation en honnêteté, en transparence. En résumé, les services de renseignement avaient identifié les risques auxquels nous avons été confrontés. Il y a eu un manque d'anticipation dans le fait que ces risques sont survenus en même temps. Ce sont en partie entraînés les uns les autres. S'il n'y avait pas eu de dégradation de la situation dans la gestion de la mouvance ultra-gauche qui a perturbé le dispositif policier parce qu'elle est venue plus nombreuse, parce qu'elle a... tactiquées de manière différente à ce qu'elles faisaient d'habitude, s'il n'y avait pas eu cette dégradation de la situation, les casseurs pillants ne seraient pas venus. Le 24 et le 31, personne n'est descendu dans les centres-villes pour casser piller. Soit ils en ont été empêchés parce que le dispositif était prépositionné, soit ils en ont été dissuadés parce qu'ils avaient connaissance de ce dispositif robuste qui avait été mis en place. Voilà, monsieur le Président, ce que je voulais dire. Le 24 et le 31, les choses ont été tenues et on entend évidemment reconduire ce dispositif dans les jours qui viennent, à commencer par le jeudi 5 novembre.
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