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Je souhaite vous présenter les orientations et les moyens que le gouvernement entend consacrer à l'agriculture en 2027 et en répondant à vos questions, dresser devant vous le bilan de l'année écoulée. Ce budget, je ne saurais vous le présenter sans le replacer dans le contexte qu'il a vu naître. Car 2026 aura soumis nos agriculteurs à l'épreuve successive de l'eau, de son absence puis du feu. Pour beaucoup d'entre eux, elle restera comme la plus rude de leur vie professionnelle. L'eau d'abord. En février, les Tempêtes Nils, Soriana et Pénereau se sont abattues en quelques jours sur l'ouest et le sud-ouest. Puis l'eau a manqué. C'est en effet installer une sécheresse historique sur la quasi-totalité du territoire, plaçant plus de 60 départements en situation de crise. Les prairies ont grillé, les rendements se sont effondrés et nombre d'éleveurs ont dû entamer dès l'été les stocks de fourrage qu'ils réservaient à l'hiver. Vous connaissez les chiffres des pertes de récolte, je ne les énumère pas. Le feu enfin. Près de 98 000 hectares ont brûlé cet été. Forêt emportant parfois des terres agricoles, 5 fois la moyenne des 20 dernières années, un niveau inédit depuis 1976. Des Landes au Var, de la Gironde jusqu'à la forêt de Fontainebleau. Les flammes ont emporté des récoltes sur pied, des vignes, des bâtiments et du matériel. Dans plusieurs régions, ce sont plus d'une centaine d'exploitations qui ont été touchées. Je veux saluer devant vous ces agriculteurs qui, partout, ont sorti leur tracteur pour ouvrir des coupes-feu aux côtés des sapeurs-pourpiers sans compter leurs heures. Nous le savions déjà, ces crises ne sont plus des accidents. C'est bien pour cela que nous accompagnons l'adaptation de l'agriculture au changement climatique depuis des années. Mais cet été appelle une accélération du mouvement. Et c'est cette conviction qui a guidé l'action du gouvernement tout au long de l'été. Dès les premiers signes de la crise, je me suis rendue sur le terrain, au contact des agriculteurs et de leurs représentants, tandis que les préfets mesuraient les pertes au plus près des territoires. Et malgré la contrainte budgétaire que chacun connaît, nous avons construit dans un délai record un plan d'une ampleur inédite 1,3 milliard d'euros. Il poursuit un double objectif, soutenir immédiatement les exploitations les plus fragilisées et préserver leur capacité à produire demain. Il est en effet impérieux pour ne pas subir une baisse structurelle du PIB agricole que les agriculteurs sèment à nouveau cet automne. Le plan comporte donc notamment un fonds d'urgence placé entre les mains des préfets qui permet l'achat de semis, du fourrage, des engrais, etc. J'ai demandé que le maximum soit payé avant décembre. A l'heure où je vous parle, plus de la moitié des dossiers déposés sont déjà instruits et 41 millions d'euros sont déjà arrivés sur les comptes bancaires des agriculteurs. Il s'ajoute aux 83 millions d'euros déjà payés pour l'aide cardurant. Ça, c'était pour l'urgence. En parallèle, et comme depuis le premier jour, nous conduisons l'adaptation de l'agriculture au nouveau climat. Derrière ces mots, il y a une réalité, celle d'investir, de protéger les fermes et de renouveler les générations. C'est le sens du budget pour 2027. Une précision d'emblée sur son périmètre. J'ai tout à fait conscience que vous n'avez pas encore sous les yeux la copie finale du budget agricole, puisque le plan de relance annoncé par le Premier ministre et moi-même passera par voie d'amendement. J'ai été parlementaire et je comprends cette demande de clarté. Mais il y a une explication dont il faut tenir compte. Avoir le plan de relance dans le PLF initial impliquait qu'il soit ficelé dès le 20 septembre dernier. Or, nous étions encore en pleine sécheresse à gérer le plan d'urgence d'un milliard trois. C'était par conséquent impossible de l'y intégrer car sa conception n'était pas terminée et nous étions encore en train d'échanger sur son contenu avec le monde agricole. Je pourrais toutefois le présenter très prochainement au Sénat. Dans l'ensemble, ce plan de relance vise à s'assurer que l'été prochain ne ressemble en rien à celui que nous avons vécu. Pour cela, il s'attachera à sécuriser notre production agricole, à l'adapter au climat nouveau et à renforcer la transmission des fermes aux jeunes. Cela passera à la fois par un guichet d'aide aux équipements de protection, par le financement des projets d'avenir agricole, par la garantie des prêts permettant d'investir pour le futur. Je précise qu'une petite partie des mesures a été adoptée à l'Assemblée nationale il y a quelques jours. Le pacte de transmission ainsi que le renforcement des stocks de fourrage, vous aurez bientôt à vous prononcer dessus. Sans prendre en compte le plan de relance agricole donc, le PLF pour 2027 prévoit pour le ministère de l'Agriculture un budget de plus de 6 milliards d'euros, dont près de 4 milliards pour la mission agriculture et alimentation. Les 2 milliards restants viennent de l'enseignement agricole qui sont portés par les missions interministérielles, enseignement scolaire et recherche et enseignement supérieur. Comme vous le savez, il faut ajouter 9,4 milliards d'euros de PAC et près de 9 milliards d'exonérations fiscales et sociales pour un total de 25 milliards consacrés à l'agriculture en France. Les moyens de ce budget répondent à trois priorités. Sécuriser notre capacité de production, renforcer la résistance économique des exploitations et consolider les fondations de notre agriculture pour les années à venir. Sécuriser notre capacité de production d'abord, cela commence par l'eau. Cet été l'a montré. Là où elle venait à manquer, c'est l'exploitation toute entière qui vacillait, les cultures comme les troupeaux. C'est pourquoi le fonds hydraulique est porté à 60 millions d'euros en 2027. C'est un outil très utile, plébiscité pour sa souplesse, et qui a déjà permis en deux ans de sortir de terre une quarantaine de projets. Le triplement de son montant de 20 à 60 millions devait être exceptionnel, mais je suis parvenu à sécuriser ce montant pour la suite. Afin de faire évoluer nos systèmes de production, au plus près des réalités agronomiques de chaque territoire, nous préservons également les 40 millions d'euros de la planification écologique qui permettront de poursuivre le plan protéines, d'adapter l'agriculture méditerranéenne et de soutenir la rénovation des vergers. Je sais que le montant total a diminué depuis 2024, mais je voudrais rappeler que les montants impressionnants du début visaient à engager des projets, et c'est ce que nous avons fait. Une partie des paiements a déjà eu lieu, et désormais nous prévoyons les crédits pour achever le règlement des dossiers. Renforcer la résistance des exploitations ensuite. Nous maintenons donc un effort important en faveur de la gestion des risques. Le FN de gestion des risques en agriculture bénéficiera de 156 millions d'euros de crédit budgétaire. Avec les financements européens et la taxe affectée, ce sont près de 600 millions d'euros qui seront consacrés à l'assurance récolte.
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