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L'invité d'Amélie Carroir a écrit un livre. Les grands enjeux de l'économie dans notre quotidien chez Erol, peut-être du coup sera-t-il candidat à une élection présidentielle ? C'est Michel-Edouard Leclerc qui est là, vous pouvez scanner le QR code pour lui poser vos questions. Bonjour Amélie.
Bonjour, ça s'appelle mettre les pieds dans le plat, comme ça c'est fait. Bonjour Michel-Edouard Leclerc. Bonjour Amélie. Merci d'avoir accepté l'invitation ce matin. Vous avez deux, trois heures devant vous, non ?
Oui, tout à fait, on a de quoi lire. On a de
quoi faire. Je le confirme à 9h30, la Fédération des distributeurs est attendue à Bercy, pas vous précisément Michel-Edouard Leclerc, vous n'allez pas à Bercy tout à l'heure, c'est ça ? Non, pas d'invitation pour le moment. Combien de stations ont déjà baissé leurs tarifs après la libération des strokes stratégiques de diesel ? Le gouvernement communiquait sur la moitié, un peu plus de la moitié des stations en France.
Je pense que toutes les stations Leclerc, on en a 746, je pense que toutes aujourd'hui ont été livrées, on va dire à 97%. les stations Leclerc pratiquent un rabais de 21 centimes
sur le
gasoil.
Alors, à ceux qui ne voient pas les prix baisser dans leurs stations, parce qu'il y en a qui ne vont pas forcément chez Leclerc, qui ne voient pas les choses arriver, des stations qui ne voient pas non plus les baisses de prix, vous pouvez les rassurer, peut-être pas au nom de Leclerc, mais vous savez de quoi vous parlez, ça va se préciser partout.
Je pense que tous mes concurrents distributeurs, Intermarché, Système U, Carrefour, ils ont les mêmes quotas. On a des quotas de distribution de ce carburant moins cher pour distribuer aux consommateurs. Donc je pense que toute la grande distribution va être performante. Je crois que c'est plus difficile pour les indépendants.
Certains d'ailleurs, je voyais, c'est le président national des distributeurs de carburant et d'énergie nouvelle chez Mobiliens qui déplore que des centrales d'achat des grandes surfaces et de Total Energy soient aujourd'hui favorisées au détriment des indépendants.
On n'est pas favorisés, on est organisés. C'est ça qui fait notre efficacité. Nous achetons par exemple Leclerc et Coopérative U. Comme il faut acheter maintenant des super tankers, on ne peut plus acheter des petites barges de carburant. Il faut acheter des Etats-Unis, venant des Etats-Unis, du Golg du Mexique. Il faut acheter des super tankers à 300 millions. C'est très risqué d'acheter tout seul ce carburant. On l'achète à plusieurs, on s'organise, ça met 20 jours pour arriver au Havre. Il y a des risques sur le dollar, des risques sur le coût de l'assurance, des risques sur le cours de la matière elle-même. Et donc on se le partage. Et donc cette organisation nous permet d'être parmi les moins chères. Les plus petites stations sont plutôt celles qui ne sont pas organisées.
Est-ce que vous vous retrouvez dans une guerre, et les mots sont forts ? Mais ils sont écrits comme ça ces dernières heures. Une guerre des prix avec Total et avec M. Pouyanné. Je précise ma question, ça ne vous a pas échappé Michel-Edouard Leclerc. Et alors, si Michel-Edouard Leclerc met le gazole à 2,15 euros, je le mettrai à 2,14 euros, nous serons toujours moins chers. C'est ce qu'il a rétorqué le PDG de Total hier en marge d'une présentation sur le panorama énergétique mondial à l'horizon 2060. Que lui répondez-vous
? On l'a réveillé, on a réveillé le grand Albatros qui s'était... J'entendais le... Monsieur Barbier, on a réveillé le grand albatros total qui était allongé sur le pont là. Ça faisait 40 ans qu'il ne faisait plus la course. pour vendre le carburant moins cher. Là, Pouyanné se retrouve désert adolescent pour sauver les Français. Tant mieux, il faut que les Français aillent là où c'est le moins cher. Moi, je ne peux pas suivre, Leclerc ne peut pas suivre le prix de Total quand il les bloque aussi bas parce qu'en tant que fournisseur, il ne me vend pas à des prix qui me permettent de le suivre. Mais au moins que les Français soient approvisionnés, c'est important. Vous savez, on dit une chose, à mon avis, fausse sur Total. n'est plus une société française. Elle a son siège en France. Le PDG est français, mais il n'y a que le quart de son capital qui est détenu par des institutionnels français. Et tout le reste, ça appartient à des fonds norvégiens, des fonds américains, Vanguard, BlackRock. Et donc, c'est déjà bien si Total assure au gouvernement, à la France, un approvisionnement au gasoil qu'on n'a plus.
Voyez vraiment le Figaro qui titrait sur la guerre des prix.
La
guerre des prix avec Total. On est dans une guerre des prix. S'il descendait à 2,14€, vous descendrez à 2,13€, etc. C'est le bras de fer.
Lui, il peut descendre beaucoup plus bas que Leclerc ou Carrefour parce qu'il a des raffineries. Je ne sais pas.
Et puisqu'on parle de Total, je reste un peu sur le sujet.
C'est quand même la première fois depuis très longtemps que vous entendez Total dire essence pas cher.
sans se pêcher avec vous.
Et quelque part, je ne me satisfais pas de ça, mais je pense que c'est nous qui avons provoqué ça.
Et pour les Français, en revanche, c'est plutôt une bonne nouvelle, parce que ça tire les prix vers le bas.
Je ne suis pas un plaidoyer pro-domo. Moi, je suis pour la concurrence. Je pense que la concurrence, c'est une très bonne chose pour les consommateurs. Là, elle est assez discriminatoire, puisque personne ne peut faire... Total, c'est mon fournisseur, et il ne me fournit pas du carburant qui me permettrait de le concurrencer. Mais pour les consommateurs, là, ça fait deux sources. d'approvisionnement moins cher sur le gasoil l'opération lancée par monsieur le cornu et maude bréjon pour avec le déstockage des déstockages de réserve et puis ce que fait total pour ne pas payer le superimpôt puisqu'on
parle alors justement voilà je disais les pieds dans le plein vous le faites vous même total a affiché des bénéfices records 7,4 milliards d'euros pour le troisième trimestre c'est le double de l'année précédente il y a eu une immense polémique moi je voulais savoir justement si vous la comprenez et même si vous souscrivez à une telle polémique. Sachant que les distributeurs, j'ai été face à vous, Michel-Edouard Leclerc, il n'y a pas si longtemps, face à monsieur Schellcher également, vous avez dénoncé ces marges du raffineur. Dominique Schellcher l'a même accusé d'en profiter. Je me permets de citer ? Les marges des raffineurs, et je ne dis pas que Total, ont explosé pendant cette crise, il l'a dit devant moi. Quand on est sur x4 ou x5, oui, il y a des gens qui profitent de cette situation, qui profitent de cette situation, et qui peut être de manière indue. C'est pour ça que je dis attaquons-nous à ces marges qui sont stratosphériques. Vous dites ce matin attaquons-nous à ces marges qui sont stratosphériques ?
Oui, mais la question c'est de savoir où, quand, comment. Parce que c'est le même problème pour Google, c'est le même problème pour toutes les grandes multinationales. En fait, d'abord il faut imaginer que Total paye quand même beaucoup d'impôts. Sur 4 ans, un groupe comme Total a payé 100 milliards d'impôts sur les bénéfices et d'impôts de production. dans les pays de production. Et donc il fait peu de choses en France, donc il paye peu d'impôts en France. Mais il en paye beaucoup en Norvège, il en paye en Angola, il en paye partout autour de la mer du Nord. Et donc ça, c'est la première chose. Qu'est-ce qui fait qu'un Anglais, un Écossais, un Norvégien qui profite de l'impôt de Total, qui fort au large de ses côtes, voudrait que les Français fassent payer pour eux Total. Ça ne va pas marcher. Ça ne peut marcher qu'au niveau européen. Et aujourd'hui, nous n'avons pas d'alliés pour ça. De la même manière qu'en Europe, on n'a jamais pu faire passer payer Total plus que ça, puisque son siège est en Irlande et l'Irlande ne s'oppose. à cette taxation. Ça ne peut se faire que s'il y a une volonté au moins européenne et peut-être mondiale de surtaxer les multinationales.
J'entends votre démarche. C'est
pas moral, mais on n'a pas les leviers pour
agir
sur Total France. Dites-vous qu'ils
profitent de la situation ?
En échange, les pouvoirs publics nous disent que de l'autre côté, ils obtiennent une garantie d'être approvisionnés parce que nous sommes déficitaires en gasoil en France. Et donc Total a dû passer un deal avec le ministère de l'Industrie, avec le gouvernement en disant vous ne me tapez pas et moi je vous approvisionne.
Monsieur Pouyanné dicte les termes du débat aujourd'hui en France sur le pétrole ?
Et sur
ces prix, c'est M. Pouyanné qui dicte les termes du débat aujourd'hui sur les prix des carburants
en France ? En ce moment, dans le monde, ce sont les oligarques qui... Non, mais pour le débat français ? Oui, mais partout.
Mais aujourd'hui, vous dites que M. Pouyanné est en deal potentiel avec le gouvernement.
Je pense que là, actuellement, il doit cramer quelque chose comme 500 millions avec les prix plafond. Je confirme que c'est le coup. Les Français en profitent. Et je pense qu'il approvisionne le marché français qui est déficitaire en gasoil. Mais ils sont tous partis. Esso, Shell, il y a très peu de raffineurs de gasoil. Il y en a un peu plus en Espagne
qui
en profitent. Et puis, je vous dis, on est seuls dans cette histoire parce que tous les pays du Nord, de l'Europe, ne sont pas... Ils font du fric, comme ceux d'Arabie Saoudite ou les Émirats, ils font du fric dans la production de pétrole. Nous n'avons pas une énergie souveraine et c'est la raison pour laquelle il faut, dans cette situation, sortir de ce débat et aller carrément à fond vers la production d'électricité ou des énergies alternatives. Pour l
'avenir. Et c'est tombé ce matin, il y a une mission flash à l'Assemblée qui a rendu son rapport, une mission flash mise en place en conséquence justement de la hausse des prix des produits pétroliers. Cette mission flash... Je résume, c'est un peu grossier. Mais en gros, elle estime qu'il y a bien des grosses marges au moment du raffinage, qu'il y a des bénéfices, je cite, opaques qui sont faits. Mais cette mission, elle dit, on n'a pas les infos nécessaires dont nous aurions besoin pour détailler la rentabilité des raffineries françaises. On comprend que ça pose problème. L'opacité, est-ce que vous dénoncez l'opacité des raffineries et notamment du groupe Total ?
Moi, je ne connais pas les comptes de Total. Enfin, je les connais pas mal, parce que j'ai été voir sur Tchad GPT, sur Claude ou Gemini, vous avez tous ces chiffres. Après, je pense que non, il y a une incapacité de faire, que ce n'est pas la peine d'essayer de se dédouaner. Le politique français ne peut pas faire grand-chose contre une société multinationale. Après, c'est vrai, même pour nous, distributeurs. à l'égard des grandes multinationales de l'agroalimentaire. On parle de pouvoir d'achat, il y a les carburants, il y a les transports, on peut jouer en tant que Leclerc sur la location de voitures, on fonce vers la voiture électrique. On joue sur le prix de la charge électrique. 0,17 la charge normale, c'est la moins chère du marché, c'est chez Leclerc. 0,18 chez Lidl. Carrefour vient aussi. Donc vous voyez, les totems se déplacent depuis la station service vers l'électricité. On peut jouer aussi sur le panier des consommateurs. Et c'est pour ça qu'on va avoir dans ces négociations commerciales. Mais regardez les résultats des grandes boîtes de l'agroalimentaire qui vont venir. négocier avec nous le mois prochain. Elles font des profits extraordinaires malgré la sécheresse et malgré la crise.
Nicolas Do sera face à vous dans quelques instants et il a bien épluché le dossier justement des négociations et il en parlera avec vous dans quelques instants. Je reste un peu sur les prix du carburant si vous le voulez bien. La baisse que l'on voit liée à cette libération des stocks voulues par le gouvernement, combien de temps elle va durer
? C'est éphémère. C'est une bouffée d'oxygène. Chez nous, c'est 21 centimes pour nos consommateurs. Quelques semaines ou quelques mois
? Ça va
durer quelques semaines. Après, vous savez, un rabais, c'est en fonction d'où on part. Donc là, il y a le prix aujourd'hui. Chez Leclerc, c'est moins 21 centimes. Mais s'ils se remettent sur la figure en Iran ou dans le détroit... Ça a tapé sur
Ormose encore la nuit dernière. Le marché
va encore s'écarter. Et plus le prix va augmenter, plus ce rabais sera insuffisant. Et donc il faudra prendre après encore d'autres mesures.
Alors par exemple, encore une fois, Donald Trump menace un coup de massue l'Iran. Il a effectivement frappé Hormuz encore la nuit dernière. S'il passe à l'acte, quelles pourraient être les conséquences pour les Français ? Jusqu'où pourrait grimper le prix du pétrole en somme ? Parce que c'est ce qui obsède chacun.
Ça peut grimper très très haut. Je ne sais pas combien. Il n'y a pas que cette zone maintenant qui produit. Mais plus c'est cher et plus ça libère de la capacité de production. Au Venezuela, il y avait du pétrole cher à extraire. Aux Etats-Unis aussi, les schistes bitumeux ou bitumineux, je ne sais plus comment on les appelle. Et donc, oui, ça peut être une tension sur les carburants. C'est pour ça qu'il faut en sortir de ça. Il faut sortir des énergies fossiles. Et ça, c'est important. On avait un argument écologique, un argument santé. La pollution avec les... énergies fossiles. Aujourd'hui, on a un argument politique, géopolitique. Il faut sortir de la dépendance aux énergies fossiles.
Le scénario inverse, le scénario optimiste, ça s'arrange dans le détroit d'Hormuz. Il y a un accord. Est-ce que pour autant, les Français vont voir rapidement le prix à la pompe baisser ?
Oui, oui, oui.
Nous, on a envie parce
que vous voyez toute cette ponction qui est faite sur le carburant. Outre que ça aubert le budget des ménages, il y a quand même 10 millions de Français qui ont des... très modestes et qui arbitrent avec des enveloppes leurs achats. ça, je parle à travers de l'enseigne d'hypermarché que je fédère. Mais ça atteint aussi les capacités d'acheter autre chose, du tourisme. Ça atteint la capacité de... Ça touche le secteur de la restauration, ça touche tout le secteur des services. Tout ce qui est consommé et surpayé dans les transports empêche les autres secteurs. Et on peut aller comme ça à la récession si on ne trouve pas un substrat. Justement,
l'économie est à l'arrêt, ce n'est pas moi qui le dise, c'est le ministre de l'Economie. Pour vous, on y va, on y file droit vers la récession ?
J'essaie de tout faire pour ne pas y aller. Je pense que tous les distributeurs que vous recevez ici, Thierry Cotillard pour Intermarché... ou système coopérative U avec Shellcher, ou même Alexandre Bompard pour Carrefour, on se connaît bien. D'abord, on ne croit pas que la France soit en faillite, mais on pense en plus que ça ne sert à rien d'entretenir un climat anxiogène. Il y a des secteurs qui marchent vachement bien en France, et nous-mêmes, nous allons booster ces secteurs-là pour tout ce qui est dans la consommation. Donc là, aux prochaines négociations commerciales, on va proposer aux Français des baisses, on va proposer... Mais malgré tout, L'inflation,
vous la voyez comment ? Elle est à 3,4% en octobre. Sur l'année. Quelle prévision pour fin 2026, pour même 2027 ? On
sera à 4%.
Mais
4%, c'est un chiffre macroéconomique. C'est un chiffre global. Ce qu'il faut imaginer, c'est les 10 millions de Français qui sont dans la trappe à bas salaire, qui ont peu de revenus. Ils ont un pourcentage. de dépenses presque contraint, qui est beaucoup plus élevé, et donc l'inflation sur ces secteurs-là, pour eux, c'est énorme.
Et
donc là, la lutte contre l'inflation est vraiment une obligation nationale, c'est vraiment un objectif national. Et ce
sera au cœur des discussions sur les négociations, et vous en parlerez encore une fois avec Nicolas dans quelques instants, je le promets. Mais question très concrète, à chaque fois qu'on vous la pose, mais quels seront les produits les plus impactés que les Français se préparent à partir de l'année prochaine, si on est à 4% d'inflation en 2027 ? les produits manufacturés, je lisais, seront particulièrement...
Alors, si on regarde les secteurs, tout ce qui est à base d'énergie, ça va coûter beaucoup plus cher. C'est-à-dire, par exemple, le verre, il faut beaucoup d'énergie pour transformer le sable en verre. Le plastique, les PET, tous les contenants, des bouteilles de lait, des bouteilles de bière, des bouteilles de limonade, tout ce qui concerne tout ce qui est aussi import. Même les conteneurs qui viennent d'Asie et tout, ils viennent en bateau, ça consomme du... c'est pas des bateaux au nucléaire. à part notre porte-avions, ça consomme beaucoup. Mais ce que je crois, c'est que nous allons, alors j'ampute sur le sujet d'à côté, nous allons essayer de convaincre les grandes sociétés multinationales, qui représentent quand même 60% des grandes marques, de lisser les effets de ces coûts, on ne les conteste pas. Ils sont légitimes quand ils disent qu'ils sont touchés par l'inflation. Mais il faut qu'on lisse l'application de ces hausses, qu'on prenne sur nos marges aussi, eux, nous, pour que ça ne casse pas. la consommation des Français qui continue à tirer la croissance.
On revient un instant juste sur les prix du carburant parce que je vous propose d'écouter quelques Français qui disent que c'est pas suffisant le geste du gouvernement. On les écoute et vous me direz ce qu'on peut faire de plus pour eux juste après. Ça marche.
Il est à 2,20€, je trouve ça encore assez cher, même s'il a baissé de 19 centimes. Je trouve que c'est pas assez. On
se rend pas compte en vrai, donc on va voir au final combien ça fait. On s'en sort pas. Même avec ce prix-là, c'est cher.
Qu'est-ce que le gouvernement va devoir faire de plus ? Je rappelle, je vous lisais, le 8 septembre dernier, vous disiez c'est inéluctable, il va devoir, le gouvernement, plafonner les prix. Il dit toujours non. Et vous dites non, c'est inéluctable.
On plafonne quand on peut plafonner. Moi, je pense qu'après, on a encore des mécanismes sous le pied. Il faut voir qu'au départ... le Premier ministre n'a pas de l'argent de l'État à virer comme ça à tous les Français. Je vous rappelle qu'à gauche comme à droite, on critique la gestion des finances de l'État. Le budget de l'État ne passera probablement pas par le vote. Personne ne se met d'accord. Donc on voit mal comment M. Lecornu peut dire « allez, je file 10 milliards du budget pour faire descendre le prix de l'essence ». Donc il a fait des aides ciblées. Moi j'étais assez critique au départ dans mon rapport. Je trouvais que c'était trop ciblé et pas assez général. Mais en fait, il a élargi sa palette. Il y a 5 millions aujourd'hui de foyers français, les gros rouleurs, qui peuvent toucher cette aide de plusieurs centaines d'euros. Et je m'aperçois qu'il y en a 1 million qui ne viennent pas les chercher. Donc peut-être M. Lecornu avait-il raison de ne pas ouvrir les vannes trop vite. Mais le gouvernement peut aller plus loin. Parce qu'il y a la
question des taxes, vous le savez très bien. Je vous
réponds, là il vient de nous utiliser et d'utiliser nos stocks. C'est à nous les stocks. pour qu'on ne fasse pas de plus-value sur les stocks et qu'on donne ces plus-values au bénéfice des consommateurs. Ça ne touche pas les finances de l'État. Moi, j'ai une troisième idée que je partage avec d'autres hommes politiques comme Bruno Retailleau, comme Attal, comme peu importe. Ils viennent
vous consulter ? Oui,
on discute pas mal. Je crois que le chef d'entreprise doit être ouvert, doit nourrir le débat public. Il y a ce qu'on appelle les certificats d'énergie en tant que metteur en marché de carbone. fossiles on a une sorte de pénalité qui représente 15 à 17 centimes du litre sur tous les carburants et sans revenir en arrière sur le plan de l'écologie sur le plan de la décarbonation ces obligations on pourrait les suspendre le temps d'une crise quitte à ce que leclerc carrefour et les autres on soit redevable de continuer un peu plus longtemps après suspendre les certificats d'énergie ça reste une opération possible pour le gouvernement et ça ne touche pas aux finances de l'État, ça permet de baisser encore de 17 centimes du litre. Je pense qu'il faut une gestion dans le temps de ça.
Et coûts pour aussi des démarches écologiques, puisque ça participe d'une démarche aussi écologique à la base, d'aider à la rénovation. Oui,
mais nous, on est parti là-dessus, on ne reviendra pas en arrière. On fera le travail de décarbonation. On a visé pour 2035 de diminuer par deux les émissions carbone des centres Leclerc. Nous affichons sur l'ensemble des articles, progressivement, tous les articles alimentaires, les articles textiles à la marque Tissaïa. Nous avons le poids carbone affiché, les conditions environnementales. environnementale de production, nous allons vers cette économie-là. Donc de toute façon, ce n'est pas parce qu'on suspend des obligations pendant deux mois ou trois mois, enfin le temps d'une crise, qu'on va revenir en arrière.
On va passer aux questions de français très rapidement parce que le temps file, et je le confirme, nous n'avons pas deux heures malheureusement. Les hackers continuent de s'aimer la pagaille en Europe. On a vu après la France en octobre des supermarchés européens attaqués en Irlande, en Suède, en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas, etc. qui ont réussi à accéder à des systèmes de réfrigération, les faisant monter jusqu'à 50 degrés par endroit. Ce sont des tonnes de produits alimentaires qui sont partis à la poubelle. Je rappelle que vous êtes aussi président du conseil d'administration de l'IRIS, l'institut des relations internationales et stratégiques depuis 2023. Est-ce que pour vous tout ça n'est qu'un début ? Et selon vous, qui est derrière ces attaques contre des anciennes comme les vôtres ?
Alors, ces attaques sont probablement le fait de mercenaires. de pirates qui après vont aller vendre leurs services à des puissances ou à des groupes d'intérêt. Ils se sont attaqués, non pas cette fois-ci au fonctionnement apparent, sécuritaire de notre société, mais à la société civile elle-même, au flux. Il y a des pages d'Ouest France qui ont pu être éditées, il y a des services d'hôpitaux qui ont dû être fermés, il y a le drive, une fonction relativement classique d'approvisionnement dans nos magasins qui ont été attaqués par des millions d'attaques, de robots. Là, c'est les frigos. En fait, ça nous dit qu'on ne doit pas être naïf. La déstabilisation nous menace. L'Europe est le premier marché mondial. L'Europe est un marché qui est convoité. Ce qui déplaît à la puissance russe, j'allais dire soviétique, et à la puissance américaine, c'est justement cette espèce d'autonomie, de puissance que l'Europe est en train d'acquérir en se fédérant, en tout cas en ayant un noyau dur qui soutient aujourd'hui l'Ukraine, qui soutient et qui conteste aussi. Une guerre comme en Iran, comme autrefois Jacques Chirac et Villepin contestaient la guerre en Irak. Et donc il y a des forces autour de nous qui essayent de nous déstabiliser. Et on s'aperçoit que la guerre, la guerre dure avec des outils de guerre, ça ne sait pas se finir. Mais déstabiliser une société civile, c'est assez facile finalement de bloquer les transports, l'approvisionnement. Donc c'est un chantier pour nous que de sécuriser tout ça.
Je vais être très transparente, je suis totalement en retard.
C'est vrai, je vais vous faire un mot. Pour le patron de TF1. Je veux bien.
Martine, à Saint-Raphaël. Bonjour à vous Martine. Vous nous posez une question. Pensez-vous que les prix des carburants vont dépasser les 2,50 euros le litre
J'en sais rien.
Voilà. Comme ça c'est réglé. On n'en sait rien. On verra la suite de la situation géopolitique notamment. On prend une autre question ? Oui. Allez, c'est parti. Lucie, qui est à Lille, qu'est-ce qui vous arrange ? Une victoire ou une défaite de Donald Trump ? Oui, c'est les mi-termes, ces élections de mi-mandat dans les prochaines heures aux Etats-Unis, les sondages.
D'abord, il faut se dire que victoire ou défaite de ses sénateurs, parce que ce n'est pas de lui, il sera toujours là encore pendant deux ans. Donc, il faut apprendre à faire avec un type qui est mal élevé, mal éduqué, versatile. Et c'est la raison pour laquelle il faut sortir un petit peu uniquement du débat budgétaire, repenser les présidentielles à l'autre. l'aune de ça et aller rechercher les personnalités de gauche ou de droite qui seront capables de tenir tête à cette personnalité. La fonction révèle les hommes. C'est aussi le système médiatique qui met sur le même plan le débat budgétaire qui est un débat de comptable avec le débat sur les présidentielles qui doit prendre un peu plus de hauteur. Vous
voyez aujourd'hui une personne de droite ou de gauche qui a la vision et la force pour être... Il y en a, il faut
qu'il gagne. C'est un concours.
ne nous direz pas ce matin lequel Pascal nous pose une question, il est à Roscoff. Allez-vous être autorisé à vendre des médicaments dans vos magasins Leclerc ?
Je me bats pour ça. Alors, attention, je ne me bats pas pour vendre des médicaments sans pharmacien. Nous avons 300 parapharmacies avec des directs... Salut chef ! Avec des... Oui, oui. Il m'a reconnu ! Non, mais c'est pour nos
téléspectateurs, parce que pour le coup, on ne vous voyait pas. Oui, c'est vrai. Moi, c
'est Michel Édouard. Salut ! En fait, beaucoup de médicaments, de paramédicaments, pourraient être vendus beaucoup moins cher par nos diplômés de pharmacie dans nos magasins. Alors, il y a des pharmacies qui ne sont pas chères. Je peux vous parler des autres. Les pharmacies Lafayette, tout ça, ils font des efforts. Mais par exemple, rappelez-vous, les masques. Les pharmaciens ont été incapables d'aller chercher les masques pendant le Covid. Et c'est Leclerc, Intermarché et Carrefour qui n'avaient pas le droit d'acheter ni de vendre de masques, qui sont allés les acheter. Rien que Leclerc, on a acheté un... 1 milliard 250 millions de masques. Et les autotests, on a été autorisés... à les commercialiser, mais on nous en a retiré la commercialisation pour des motifs purement corporatistes. Je veux que les Français puissent accéder à la santé. On est dans une vision de longévité. Vous allez vivre 100 ans, 100 ans madame, nous 90, mais vous allez vivre longtemps. Les produits de santé, les produits parapharmacie, il faut pouvoir les trouver accessibles. Je vais me battre pour ça. Je vais me battre pour qu'il y ait une section des pharmaciens de la distribution dans l'ordre des pharmacies. Ça
fait pas mal de combats à mener en ce moment, Michel-Edouard Leclerc. Il y a un autre combat que vous allez mener, c'est celui des négociations avec les industriels. Tous les ans,
ces négociations commerciales sont pour moi un vaccin contre l'optimisme. Objectivement, je rencontre les uns, les autres, je me dis mais qui dit vrai ? L'industriel dit que vous êtes un odieux personnage qui veut le mettre sur la paille. Le distributeur dit que l'industriel est un odieux personnage qui veut s'en mettre plein les fouilles. Il y a bien un moment où il y a de la mauvaise foi. Il y a bien un moment où quelqu'un doit dire la vérité. Il y a bien un moment où nous, extérieurs, on doit comprendre ce qui se passe.
Mais quand vous allez dans un casino ou quand vous allez dans un jeu de poker, tout le monde est de mauvaise foi, d
'accord ? D'accord, donc c'est un grand bluff, un cirque annuel que l'on rejoue tous les ans, ce décembre, à mars. Mais vous vous rendez compte que ça implique la vie de quantité de Français qui vont subir au printemps des impacts ? Non, non, non, non, nous allons
transformer le bluff. en une réalité que vous allez venir contrôler. C'est-à-dire que là, il y a eu la sécheresse, il y a eu la crise de l'énergie. Les industriels sont fondés à dire qu'ils vont acheter plus cher. Cette année, ils sont fondés à le dire. Ils sont fondés à le dire. Il y a une légitimité. La question est celle de la proportion. La question est celle de la transparence. Vous voyez ? Parce que... eux-mêmes, vous n'allez pas me dire, ils n'ont pas acheté au moment où c'était le plus fort. Nestlé n'achète pas son chocolat au moment où il est 500% plus cher sur le cours du chocolat. Ils achètent toute l'année, comme nous on fait. Donc nous allons... Le plus possible, d'accord. Premièrement, nous allons leur demander de la transparence, et beaucoup plus de transparence que les autres années. Donc là, ce qu'on va négocier, c'est pour l'année prochaine, d'accord ? Bien sûr. Donc on va négocier plus de transparence, on va demander de la différenciation, c'est-à-dire qu'on veut... Les PME, je ne dis pas on laisse couler, mais on prend leur hausse et on les applique. On regarde si ça fonctionne bien dans le rayon en premier prix. Coca,
Nestlé, Unilever, on sera plus exigeant.
On sera plus exigeant et on va leur demander d'étaler leur hausse. Ce qui est important aussi, parce que la loi française protège l'agriculture française. Et donc nous ne savons pas dans la matière première agricole qui est protégée, quelle est la part de cochons bretons ou de cochons espagnols. Et on nous dit, le comptable vous le dit. Nous, nous voulons savoir, quitte à prendre sur nos marges ou à faire payer le consommateur la partie animale, je veux savoir si c'est vraiment la préférence
nationale. Deux choses très rapides. Faudrait-il passer à des négociations continues tout au long de l'année et pas à cette unique fenêtre ? Et a priori, quelle est l'inflation que vous pensez crédible au printemps ? 2, 3, 4% ? 4% on disait tout à l'heure. 4% c'était l'inflation ? Mais donc ce sera l'inflation sur l'alimentaire ?
D'abord à Noël. On a quand même les jouets de Noël, tout ça, on les a bien achetés, on les a achetés il y a 8 mois. Il y aura un petit peu de coûts de transport supplémentaires, probablement, de conteneurs et tout ça. Mais les jouets, ce ne sera pas cher. Les jouets de licence, les licences, c'est toujours plus cher. Celles qui sont liées à l'exploitation d'un héros ou du cinéma, etc. Par contre, la papeterie sera un petit peu plus chère parce qu'il faut beaucoup d'énergie pour faire du papier. l'alimentation ne sera pas beaucoup plus chère. Donc pour Noël, je pense qu'on n'aura pas une grosse inflation alimentaire. C'est pour l'année prochaine, effectivement.
Et donc des négociations tout au long de l'année, pas uniquement figées entre décembre ? C
'est ce qu'on fait pour le pétrole, c'est ce qu'on fait pour tous les produits qui sont de par le monde. Il n'y a qu'en France, je crois que c'est Alexandre Bompard de Carrefour qui a dit dans une commission parlementaire, nous avons la loi la plus bête d'Europe, mais entre nous, ce sont les industriels qui ont exigé ça.
Merci. Vaccin contre l'optimisme, c'est ce que je vous disais. Merci beaucoup
Nicolas Dose, merci beaucoup Michel-Edouard Leclerc d'avoir accepté notre invitation ce matin.
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