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Bonjour Stéphanie Riste, on ne va pas attendre le petit jingle. Le budget de la sécurité sociale est examiné cette semaine par le Sénat. Je rappelle qu'il a été rejeté en première lecture par l'Assemblée nationale. Sébastien Lecornu prévoit de réduire de plus de 9 milliards le déficit de la sécurité sociale. C'est très ambitieux, mais est-ce que ça ne veut pas dire que finalement les Français vont davantage contribuer, mettre la main à la poche en restreignant certaines prestations ? Est-ce qu'il n'y a pas là un risque ? en pleine crise sociale ?
Bonjour Alex Bouillaguet. Oui, ce budget de la sécurité sociale va diviser par deux le trou de la Sécu. C'est très important parce que c'est ce qui permettra après de pouvoir continuer à financer tous ces droits sociaux que nous avons. Alors oui, il y a des maîtrises de dépenses, comme je dirais tous les ans. Il y a un effort collectif qui est demandé. Je pense à l'effort, par exemple, de 3 milliards sur les laboratoires pharmaceutiques. Il y a des efforts collectifs. Mais il y a aussi, et c'est pour ça que nous avons vraiment besoin de ce budget, une augmentation des dépenses. J'ai besoin de cette augmentation de 3% pour les hôpitaux. J'ai besoin dans ce budget de l'augmentation des dépenses pour la protection des enfants. Donc oui, vous savez le budget. de la sécurité sociale, il va être en augmentation de 6 milliards. Si nous ne faisions pas de budget, il aurait été en augmentation de 10 milliards.
On va rentrer dans le détail. Le gouvernement veut faire 700 millions d'euros d'économies grâce au déremboursement de soins et à leur transfert vers les complémentaires santé. Si les mutuelles augmentent leurs tarifs, ce sont les Français qui vont devoir dépenser plus pour se soigner. Il
y a un effort collectif, je le disais, et il ne faut pas se cacher en disant « je ne suis pas là pour dire qu'il n'y a pas d'effort pour les Français ». En moyenne, c'est 10 euros par an, ce transfert que nous faisons aux complémentaires. Vous savez, nous sommes dans le pays où le reste à payer, le reste à charge pour les Français, pour leur santé, est le plus faible du monde, avec une grande protection. Mais si nous voulons continuer à avoir cette protection, il faut effectivement cet effort collectif. Je le rappelle, les mesures qui sont prises, c'est 10 euros en moyenne supplémentaires par an pour les Français.
Mais vous regrettez le rejet de la taxe sur les mutuelles qui devait rapporter 1,12 milliard ? Mais là encore, le risque, c'est une hausse des cotisations pour les assurer. Ça, vous l'assumez ? Je regrette
dans le PLFSS le rejet de la taxe sur le sucre. Je ne sais pas si on aura l'occasion d'en parler, mais face à un problème de santé publique sur l'obésité, comme nous avons dans notre pays, cette taxe qui vise à faire que les industriels baissent leur quantité de sucre dans leurs recettes est indispensable. Nous devons faire que nos industriels changent les recettes pour que nos enfants consomment moins
de sucre. les produits trop sucrés, elle pourrait rapporter, c'est ça, 300 millions, ça serait 1 centime sur une barre Mars, jusqu'à 8 centimes sur un paquet de gâteaux, grosso modo ? L
'enjeu, il n'est pas là. L'enjeu, il est de faire que les industriels diminuent la quantité de sucre. Et ça, vous pensez que ça va marcher,
qu'ils ne vont pas répercuter plutôt les prix, payer la taxe, entre guillemets, et répercuter
les prix sur les consommateurs ? Je comprends votre question, elle est très importante, et en ce moment, avec les sujets de pouvoir d'achat, évidemment, elle est importante. Mais l'enjeu, il a été montré. Avec la taxe au soda, vous savez, on a diminué dans notre pays la quantité de sucre dans les sodas. Il a été montré que cette taxe a entraîné un changement de recette de la part des industriels. C'est ça que nous demandons. Et si les industriels baissent leur quantité de sucre, ils ne paieront pas la taxe.
Alors, vous vous attaquez aussi aux arrêts de travail. Il coûte près de 20 milliards d'euros à l'assurance maladie. C'est une hausse d'environ 1 milliard par an. D'abord, comment vous expliquez cette hausse ? Est-ce que les Français sont davantage... malades depuis quelques temps ou est-ce qu'il y a plus d'abus qu'avant ? Une partie
faible qui est due au vieillissement de la population. Ensuite, nous avons face à ça un enjeu de société, je dirais, d'une part de lutter contre les abus. Ils arrivent, et c'est les mesures que j'ai pu prendre, de lutte contre les abus sur les arrêts courts. Le nomadisme, c'est-à-dire des gens qui vont voir plusieurs médecins qui ne sont souvent pas leurs médecins traitants et qui font des arrêts courts de quelques jours. qui embêtent les entreprises et surtout les collègues de ces personnes. Donc là, nous avons renforcé les sanctions sur ces abus. Et puis ensuite, moi je suis ministre
de la Santé. Excusez-moi, mais quand vous dites renforcer les sanctions, c'est vis-à-vis des médecins qui prescrivent des arrêts abusifs ? C'est vis-à-vis des patients qui vont voir plusieurs médecins afin d'avoir un arrêt ? Oui,
ce qu'on fait, c'est qu'on augmente le contrôle par l'assurance maladie de ces arrêts courts. constate un abus, dans ces cas-là, la personne est sanctionnée plus fortement qu'avant. Et puis, moi, je suis ministre de la Santé, ce qui m'importe, c'est que les gens aillent mieux. Et notamment dans les arrêts longs, vous savez, il y avait des gens qui avaient trois ans d'arrêt maladie. C'est ça, vous voulez en limiter la durée de trois ans à un an pour certains ? Lesquels et pourquoi ? Alors, c'est des arrêts longue maladie qui concernent les dépressions modérées et les troubles musculo-squelettiques, ces gens qui ont des douleurs partout. En tant que ministre de la Santé, ce qui m'importe, c'est que ces gens aillent mieux. Donc, ce qu'on propose, c'est qu'ils puissent être pris dans des parcours de réadaptation, des prises en charge, soit de psychothérapie, soit de rééducation avec des kinés, etc., pour qu'ils n'aient pas besoin des trois ans d'arrêt maladie. C'est ça l'objet, c'est que les gens aillent mieux pour ne pas avoir... Actuellement, ils avaient des arrêts de trois ans et ils n'avaient pas de consultation chez le psychiatre, pas de consultation chez le rhumatologue ou chez le kinésithérapeute. Donc on voit bien que c'est des gens qui étaient un peu abandonnés. Donc moi je dis ce qui est important, c'est qu'on prenne en charge les gens pour leur santé, pour qu'ils aient moins besoin d
'arrêt maladie. Pour les infections de longue durée, par exemple les cancers, les AVC, le diabète, c'est aussi moins d'indemnités journalières. Et ça, est-ce que ce n'est pas la double peine pour ces malades ?
arrêts longue maladie, évidemment qu'ils continueront à avoir des arrêts longue maladie. Là, je parlais vraiment sur les trois ans des gens qui ont... De
manière très spécifique. Mais pour les autres, il y aura quand même une baisse des indemnités journalières ? Il y a des
négociations en cours avec les partenaires sociaux. C'est mon collègue Farandou, ministre du Travail, qui s'occupe de ces concertations avec les partenaires sociaux pour faire des propositions. Je pense que le dialogue social est vraiment important dans ces moments encore plus que jamais. et pour proposer des mesures efficaces. Vous savez, cette augmentation, on peut faire croire aux Français qu'on pourra continuer à les payer éternellement, ce n'est pas possible. Quand vous avez une augmentation qui est à plus de 10% par an, on ne peut pas le soutenir avec l'argent de la Sécurité sociale.
On parlait à l'instant des arrêts courts, répétitifs, de 2 à 3 jours. Patrick Martin, le patron du Medef, veut aller plus loin. Il demande que ces arrêts maladie de courte durée ne soient... Pas remboursé, ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé, il milite pour des jours de carence non remboursés. Vous lui répondez quoi ? Les discussions
sont en cours avec le ministre du Travail et les partenaires sociaux. Moi je crois au dialogue social et je pense qu'il faut absolument qu'il puisse y avoir, que chacun s'empare, notamment les partenaires sociaux, de ce sujet. Et c'est ce qu'ils sont en train de faire, il y aura les résultats au mois de
décembre. Depuis lundi, plus de 3000 jeunes médecins vont arriver en cabinet pour leur dernière année d'études. Ils vont prêter main forte aux titulaires et libérer des consultations. Mais finalement, rien n'oblige ces jeunes médecins à rester et à s'installer dans ces territoires après leur stage. Est-ce que ça va vraiment permettre de lutter efficacement contre les déserts
médicaux ? Je vais répondre, mais d'abord, permettez-moi d'avoir deux éléments. La première, c'est de saluer tous les étudiants, les internes, les docteurs juniors qui ont commencé. hier, dans leur nouveau stage. Et puis, c'est une note positive dans votre matinée, je ne sais pas s'il y aura beaucoup d'éléments positifs, mais vous savez, l'engagement du président de la République, il y a dix ans, était de réformer, de mettre fin au numerus clausus. Et cette année, en 2026, on a la concrétisation de ces réformes qui ont été portées, avec plus de 10 000 internes qui ont commencé hier. C'est une augmentation de 24% du nombre d'internes. C'est une note très positive. difficultés d'accès aux soins, évidemment. Mais le fait que cette augmentation de plus de 20% des médecins qui arrivent dans notre pays, c'est vraiment une concrétisation de ce qui a été porté depuis ces dix dernières années sur les mesures d'amélioration de l'accès aux soins. Ces docteurs juniors qui arrivent dans nos territoires, c'est plus de 3000 qui sont à plus de 80% dans des zones en difficulté, des zones soudantes. Mais rien ne
dit qu'ils vont rester
après leur stage. Mais en fait, vous savez pourquoi ? les jeunes s'installent. Ils s'installent parce qu'ils sont encadrés, parce qu'ils ne sont pas tout seuls dans un endroit qu'ils ne connaissent pas. C'est ça que nous proposons avec cette année de formation supplémentaire, qui est une formation destinée à donner tous les outils pour l'installation. Et je suis persuadée que ces jeunes qui arrivent dans des territoires et qui sont encadrés resteront dans ces territoires.
Trois petites dernières questions. Vote sur la partie recette du budget qui est prévue aujourd'hui. Alors, ça peut être reporté à vendredi. Mais selon toute vraisemblance, ce budget pourrait être rejeté, la partie recette encore une fois. Ce sera un revers majeur pour Sébastien Lecornu ? Encore
une fois, on est en première lecture à l'Assemblée nationale. Vous savez, le chemin doit aller emmener le texte au Sénat, revenir à l'Assemblée nationale. Évidemment, ce budget est compliqué. Nous avons un budget de maîtrise. Nous devons avoir un déficit qui reste à 5%. Et c'est l'engagement que nous avons avec ce gouvernement. Et je crois que c'est notre responsabilité. Donc oui, c'est difficile et oui, nous devons y arriver.
Un mot aussi sur le rapport fertilité. On vous le remet tout à l'heure à 9h30. Qu'est-ce qu'il va y avoir ? Quelle sera la mesure forte ? Oui, vous savez, il y a 20
% des couples
qui
ont des difficultés sur la fertilité. Nous avons pris des mesures ces dates. Cette dernière année, notamment en créant 30 nouveaux centres de conservation des ovocytes, nous devons aller plus loin. J'aurai l'occasion d'annoncer des mesures pour aller plus loin à la suite de la remise de rapports. Vous savez que c'est le mois de la sensibilisation. Et une des annonces est que Santé publique France, ce mois-ci, va faire une grande campagne de sensibilisation sur l'infertilité.
Et très rapidement, un dernier mot sur la loi sur l'aide à mourir. Elle a été votée en juillet dernier, mais faute de décrets publics. liée au journal officiel, elle n'est toujours pas entrée en vigueur. Pourquoi ce délai et quand est-ce qu'elle sera réellement effective ? C'est une
loi dont on avait même pris de l'avance pour l'écriture de ces décrets. Nous avons toujours dit que ces décrets sortiront en janvier. Ils sortiront en janvier avec une application de la loi en janvier 2027 comme prévu. Merci beaucoup Stéphanie Riz. Bonne journée à vous. Merci.
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