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Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, je suis député de Lyon et samedi dernier, la violence s'est abattue sur ma ville. Des manifestants ont été brutalisés, l'office du tourisme a été incendié, de trop nombreux commerces ont été saccagés. Pendant dix ans, j'ai été commerçant. Plusieurs fois, ma vitrine a été brisée par des manifs qui dérapent. C'est pire aujourd'hui et je n'ose imaginer leur douleur. Monsieur le Premier Ministre, face au pillage... Vous avez failli à votre mission de protection. La violence est abattue sur ma ville. Cette violence, je la condamne sans réserve. Mais cette violence, vous n'avez pas su la prévenir. Au contraire, depuis dix ans, le macronisme attise la violence en méprisant les voies pacifiques et démocratiques d'expression. Les manifestations, elles sont ignorées. Des millions de personnes dans la rue contre la réforme des retraites. Résultat, un 49-3. Les consultations, elles ne sont jamais écoutées. Les cahiers de doléances après les Gilets jaunes, ils n'ont même pas été publiés. Les pétitions, elles sont balayées. Les élections, elles sont déconsidérées. En 2024, la gauche arrive en tête, le président l'ignore et ne fait aucune inflexion. En 10 ans, sur aucune réforme de casse sociale, le gouvernement n'aura reculé. Il aura parié sur la division, l'essoufflement, la répression, le passage en force. Tout cela laisse des traces, brutalise. En délégitimant les voies pacifiques d'expression, vous légitimez une autre voie, la pire de toutes, celle de la violence. C'est grave. On en mesure aujourd'hui les conséquences. Samedi, un garçon de 17 ans a perdu sa main. Une fille du même âge a perdu son œil. Depuis au moins dix ans, la police est utilisée comme principale réponse à la colère sociale. Cela met en danger les policiers et les personnes qui défendent leurs droits. Depuis samedi, loin de l'apaisement, j'observe un glissement dangereux. Le président du Sénat juge légitime la question de l'interdiction de LFI. À Lyon, sur une presqu'île encore meurtrie, des néofascistes ont défilé hier soir. Alors, monsieur le ministre, j'aime mon pays. Je refuse de le voir s'enfoncer dans cette violence, mais le Cannes ne se décrète pas avec toujours plus de sécuritaires. Il se construit à partir des revendications. Allez-vous répondre aux demandes des lycéens et allez-vous mettre à l'ordre du jour un projet de loi d'urgence contre la vie chère ? Merci, monsieur le député.
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