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7h38 sur RCF Notre-Dame. Nathanael de Rinxan, vous recevez ce matin Stéphane Travers, député ensemble pour la République de la Manche et président de la Commission des Affaires Économiques à l'Assemblée Nationale.
Un rôle important et vous allez comprendre pourquoi. Bonjour Stéphane Travers. Une réunion préparatoire aux négociations commerciales était organisée hier à Bercy. C'est là que se négocient les prix entre les producteurs et les distributeurs. Alors dans ce contexte de crise, est-ce qu'il y a un enjeu encore plus important que d'habitude
c'est un enjeu essentiel que le début des négociations commerciales en France, parce qu'il permet de répartir la valeur entre l'amont, la transformation et l'aval, c'est-à-dire la distribution. Moi, ce que je regrette, c'est sur la réunion d'hier où on vient chercher un pacte de responsabilité entre les différents maillons de la chaîne. Il
y avait un absent de marque. C
'est que la LCD est choisie de ne pas venir.
La LCD, pour résumer... La LCD,
c'est la fédération du commerce, c'est la distribution, c'est la grande distribution. Les supermarchés. Les supermarchés, voilà, pour faire simple. Et je regrette que cette politique de la chaise vide ait été leur choix parce qu'on a besoin de moments comme cela pour... Parce que nous sommes dans une situation où les Français regardent ce qui va... amener la progression de leur pouvoir d'achat. Les agriculteurs, de la même manière, veulent pouvoir sauvegarder la matière première agricole et vivre dignement de leur métier. Les industriels, qui sont pris entre les deux, doivent pouvoir assurer la compétitivité de leurs outils de production, tout simplement. Et donc, nous devons trouver des solutions ensemble. Alors, pourquoi est-ce qu'ils ne sont pas venus, justement,
la grande distribution ? Pourquoi ils ont refusé de participer à cette réunion ? Ils ont le sentiment d'être les seuls à payer à chaque fois ?
meilleure manière de démarrer une négociation. Si chacun revient à une négociation en mettant des fils rouges ou des barrières sur les discussions qui vont avoir lieu, ce n'est pas un bon signe. Et comme d'habitude, en France, le départ des négociations commerciales se fait toujours de manière très désordonnée. Nous avions en 2017 mis en place une charte des égalimes pour permettre à ce que chacun puisse venir avec des données objectivées. puissent aussi travailler dans le bon sens, c'est-à-dire la recherche de la valeur, ne pas perdre de valeur, la recherche de la compétitivité et la recherche de solutions durables.
Alors avant de parler des égalimes et d'expliquer ce que sont les égalimes, moi j'aimerais quand même qu'on revienne sur les enjeux de ce rendez-vous. On a bien compris qu'à l'arrivée, il risquait d'y avoir des hausses de prix importantes, plus 3, plus 4% sur les tarifs que vous paierez à la caisse de vos supermarchés. Comment garantir une juste rémunération aux agriculteurs sans rendre une alimentation de qualité inaccessible pour Monsieur Tout-le-Monde
On a deux situations aujourd'hui. Une crise à la fois économique liée à une géopolitique mondiale qui est totalement bouleversée. La sécheresse de cet été qui n'arrange rien, on a moins de matières premières, on va manquer de produits agricoles parce que les récoltes ne sont pas au rendez-vous et tout cela fait mécaniquement monter les prix. Alors qui doit faire un effort justement ? Mais derrière, chacun doit faire un effort à due proportion de ce qu'il peut faire. On doit donner des moyens aux agriculteurs pour pouvoir investir, innover et continuer de produire, une alimentation sûre, saine et durable. On doit donner aux industriels les moyens d'assurer la compétitivité. c'est-à-dire diminuer le coût du travail, permettre à ces industriels d'investir dans leur outil de production pour gagner des points de compétitivité, et puis permettre à la grande distribution de pouvoir offrir aux consommateurs l'alimentation dont ils ont besoin, mais tout en veillant à ce que le pouvoir d'achat des consommateurs soit respecté d'une part, mais aussi dans leur pratique, en étant, je dirais, réglo, si vous me permettez ce barbarisme, avec l'ensemble. Et en gagnant aussi de l
'argent, parce que la grande distribution n'a pas vocation à faire du bénévolat. Vous avez parlé de la loi EGalim, c'est vous qui l'avez mise en place en 2017-2018. Huit ans après, pouvez-vous démontrer qu'elle a amélioré la rémunération des agriculteurs ? Que reste-t-il de cette loi ?
Il en reste beaucoup et moi je ne croise personne aujourd'hui dans l'écosystème agricole, agroalimentaire et industriel qui viendrait me dire qu'il faut remettre en cause cette loi et qu'il faudrait la supprimer. Elle est suffisante aujourd'hui ? Je ne dis pas qu'elle est suffisante. Aujourd'hui, quand nous avons fait la loi Egalim, votée en 2018, il s'est passé énormément de choses. On a eu la crise du Covid, on a eu des crises internationales géopolitiques, on en a eu une nouvelle avec le Hormuz aujourd'hui. Nous avons connu des périodes inflationnistes, donc il faut regarder cela avec les yeux que nous avions à l'époque. Et puis aujourd'hui, la faire évoluer. La faire évoluer, c'est le cadre de la réunion qui a eu lieu hier à Bercy pour les négociations commerciales. Permettre à ce que chacun puisse trouver son compte dans la négociation. Alors
Stéphane Travers, Christophe Barbier, qui est un chroniqueur de RCF Notre-Dame, pose chaque jour une question à mon invité. Et aujourd'hui, il a une question
pour vous. Pensez-vous que nous aurons droit à une jacquerie, comme on dit, c'est-à-dire à une grande colère agricole, en novembre, décembre, janvier, jusqu'au salon de l'agriculture, compte tenu de leurs difficultés, ou bien la négociation, la discussion, vont-elles l'emporter ? Pour que vous puissiez l'entendre, la question de Christophe Barbier.
Bien évidemment, on ne souhaite pas qu'il y ait un retour de manifestations massives comme nous avons pu en connaître à l'hiver 2024. Mais aujourd'hui, on doit écouter la colère des agriculteurs et le mal-être que certains vivent. Il y a des difficultés dans certaines parties de la France aujourd'hui, sur le secteur viticole dans le sud-ouest. Ce sont les effets. Ils payent plein pot les effets du changement climatique. Et donc, on doit être là à leur écoute. La ministre a proposé un plan quasi, c'est-à-dire un plan d'urgence pour permettre aux agriculteurs de se relever après la terrible crise climatique que nous avons vécue cet été. Et ce sont par des actions comme celle-là, par la discussion, par la négociation que l'on parviendra à trouver. Et puis, il y a un débat présidentiel.
Monsieur Travers, vous qui êtes député dans la Manche. Au plus près de vos électeurs, justement, qu'est-ce qu'ils disent les agriculteurs de la Manche ? Je crois qu'il y a beaucoup de vaches dans votre secteur. Oui, on est le premier
département laitier de France. Vous l'entendez, cette colère ? Laitier, maraîchage. Les inquiétudes, oui, bien évidemment, parce qu'ils sont, comme je le disais, les premiers à faire les frais du changement climatique. C'est l'inquiétude sur les marchés aujourd'hui. Et aujourd'hui, vous le savez, le marché laitier, c'est un marché mondial avec une concurrence de plus en plus. Et donc la question du prix du lait, c'est ce qui demain va leur permettre de nouveau d'investir et d'innover pour améliorer leur capacité de production. Et puis c'est la capacité aussi à exporter. Et parce que nous avons une agriculture sur 10 litres de lait produit dans le département de la Manche, c'est 4 litres qui partent à l'export. Et donc il faut réussir à conjuguer à la fois de servir le marché national et... pouvoir faire travailler nos outils de production et en même temps servir le marché export parce que la réputation de la France, elle est éminente dans ce domaine.
Alors un mot sur le budget sur lequel vous allez vous prononcer. Ou pas d'ailleurs. Alors Philippe Juvin, le rapporteur du budget, a déclaré dimanche qu'il était caduque. Car construit sur des hypothèses, aujourd'hui devenues trop optimistes. La croissance, le cours du baril du pétrole, les taux d'intérêt, bref j'en passe. Les débats ne servent à rien, dit-il. Est-ce que c'est aussi votre avis ? Non.
Je ne pense pas les débats, ils permettent aussi à chaque force politique de pouvoir poser à la fois des idées, poser aussi des constats. Et le débat est toujours utile. Maintenant, on sait très bien comment va se terminer le débat budgétaire, c'est-à-dire soit il se terminera par des ordonnances ou par un 49-3 si nous arrivons à un accord entre différentes formations politiques, comme ça a été le cas l'an dernier. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, le budget tel qu'il a été présenté par le gouvernement, la situation évolue tellement vite qu'aujourd'hui, il est, oui, comme dirait Philippe Juvin, quasiment caduque. Et puis, dans les commissions, un certain nombre d'avis budgétaires ont été portés. Des amendements qui ont été adoptés et qui viennent gréver le budget aujourd'hui. Nous avons besoin d'aller chercher des économies, mais nous avons besoin de préparer aussi le pays pour l'année prochaine et de faire en sorte que ce pays puisse continuer à investir tout en se désendettant.
Vous êtes président de la commission des affaires économiques. Est-ce qu'aujourd'hui, le principal sujet, c'est le prix de l'essence, le prix à la pompe ? Est-ce que ce n'est pas ça qui peut débloquer le reste de la situation ?
Oui, c'est un sujet essentiel aujourd'hui parce qu'il touche tous les Français, beaucoup de nos compatriotes qui tous les matins ont besoin de leur voiture et de faire le plein pour aller travailler, faire leurs courses. C'est le dossier haut de la pile de votre commission ? C'est un dossier essentiel et nous avons cet après-midi, nous allons examiner le compte-rendu d'une mission flash qui a été confiée à deux parlementaires, un parlementaire à horizon et un parlementaire de la France Assoumise, sur la question des prix du carburant et des marges, notamment des raffineurs. Nous l'examinerons cet après-midi. Nous le validerons ou pas après la présentation. Mais c'est vrai que c'est un sujet. Nous avons reçu Serge Papin il y a quelques semaines pour évoquer ce sujet aussi autour des carburants. Nous allons bientôt recevoir Sébastien Martin, le ministre de l'Industrie. Et c'est vrai que c'est un sujet qui, nos circonscriptions, c'est le sujet majeur sur lequel les habitants viennent nous interpeller.
Alors
aujourd'hui, vous
êtes élu de la majorité présidentielle. Est-ce que c'est compliqué de porter l'héritage d'Emmanuel Macron
Non, parce qu'il faut avoir un regard lucide sur ce qui a été fait. Moi, j'ai fidélité, loyauté et affection pour le président de la République et je n'hésite pas à le dire. Et derrière, je sais... Ce qui a été fait, ce qui a permis à la France d'avancer, de progresser. Et puis des choses qui ont moins bien marché ou des décisions qui n'ont pas été comprises. Et de cela, nous aurons bien évidemment l'occasion d'en faire le bilan à la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron. Alors, sans
faire le bilan à la fin du quinquennat, à qui ira votre fidélité et votre loyauté ? Dans les prochains mois, est-ce que c'est votre chef de parti, Gabriel Attal ? Est-ce que c'est Édouard Philippe qui incarne aussi la Macronie et qui rassemble pour l'instant dans les sondages le plus de soutien ? Est-ce que c'est une troisième personne peut-être ? Ce que
je constate, c'est que parfois, beaucoup souhaitent se dégager de la Macronie. Donc, moi, ma confiance, elle ira à celui ou celle qui sera en capacité de rassembler à la fois ceux qui, autour de la social-démocratie, du centre... et de la droite modérée seront portés à un projet d'avenir pour les Français qui nous permettrait d'éviter le choix mortifère entre LFI et le Rassemblement National. Cette personne
est déjà candidate selon vous ?
À mon avis, pour l'instant, work in progress. C'est une femme ? Ça peut être une femme, ça peut être un homme pour l'instant. Christine Lagarde ? On ne le sait pas. J'ai considéré qu'il fallait que ce soit quelqu'un qui soit issu à la fois de... La gauche sociale démocrate, centre et droite modérée. C'est à eux de prendre leurs responsabilités. Et puis, je pense qu'il y a un coup de pied dans la fourmilière à donner. Mais en tous les cas, il n'y a plus de temps à perdre. Il faut qu'on puisse trouver le ou la candidate qui permettra d'incarner ce rassemblement. Il est peut-être déjà en liste actuellement, mais en tous les cas, on a besoin d'avoir une démonstration de cette capacité à faire.
Merci beaucoup,
Stéphane Travers.
Merci à vous Nathanael de Rincsant pour cette invitée politique que vous receviez ce matin. Stéphane Travers, député ensemble pour la République de la Manche et président de la Commission des affaires économiques à l'Assemblée nationale.
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