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Gabriel Attal, bonsoir.
Merci d
'être avec nous, candidat à l'élection présidentielle et président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. Monsieur Attal, les sondages désormais se suivent et se ressemblent pour le bloc central, voire pour certains ils sont pires de jour en jour. Bruno Rotaillot, hier justement, s'est montré conciliant quant à l'idée d'une primaire et prêt à des débats. David Lysnard a toujours dit qu'il était d'accord. Vous-même, vous avez porté l'idée d'une primaire il n'y a plus, une primaire assez large, on va en parler. Qu'est-ce qui bloque
'élection présidentielle de 2027, c'est probablement une des plus importantes de la Vème République. Quand on voit ce qui se passe dans le monde aujourd'hui, ce qui se passe en Europe, c'est une élection majeure pour l'avenir de la France. Par ailleurs, on le voit, il y a beaucoup de difficultés aujourd'hui dans le pays. Une crise de l'autorité, des Français qui ont du mal à faire leur plein et à finir les fins de mois. Et vient s'ajouter à ça le risque que dans cette élection présidentielle voient s'affronter au deuxième tour Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Moi ma conviction, c'est que notre pays ne s'en relèverait pas. Et donc ma conviction, c'est qu'il faut tout faire pour l'empêcher. Et que ça passe donc par le rassemblement des candidats qui refusent la perspective de ce deuxième tour entre la France insoumise et le rassemblement national, qui partagent un certain nombre de valeurs. Et ma conviction, c'est que pour y arriver, il n'y a pas d'autre possibilité qu'une primaire.
Alors pourquoi Edouard Philippe, ancien Premier ministre, candidat, qui est, reconnaissant-le, je veux dire, tout à fait conscient de ce que vous qualifiez comme risque, bloc
Ce que je constate, c'est que quand cette idée de primaire a été évoquée cet été, c'était François Bayrou au départ qui l'avait évoqué, il n'y avait quasiment aucun répondant. Quand moi-même, je me suis prononcé en faveur de la primaire, il n'y avait pas grand monde. Qu'est-ce qui s'est passé depuis une semaine ?
Généralement, vous vous êtes moqué, ou l'idée est tout de suite rejetée ? Regardez
depuis une semaine ce qui s'est passé. Vous avez des candidats qui se sont exprimés en faveur, vous avez des responsables politiques importants. Michel Barnier, ancien Premier ministre, très important chez... LR, Valérie Pécresse, et donc vous avez effectivement David Lissnard et Bruno Retailleau qui s'y sont dit favorables. C'est vrai qu'aujourd'hui, Edouard Philippe est le seul candidat de cet espace politique à s'opposer à la primaire, qui est pour moi... le seul moyen d'organiser le rassemblement qui nous empêchera d'avoir le deuxième tour. Qu'est-ce que vous lui dites ce soir ? Est-ce que vous lui dites,
êtes-vous prêts, je ne sais pas si vous voyez où tu te soyez, êtes-vous prêts, M. Edouard Foulib, à prendre le risque d'un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ? Il baisse sur lui ce risque ? Je ne m'adresse
pas aux autres par plainteau interposée. Moi, je vais vous dire le fond de ma conviction, cette primaire, elle aura lieu.
'est inévitable ? Mais
j'en suis absolument convaincu.
Qu'est-ce qui pourrait lui faire changer d'avis ? Parce que lui, il parle d'une primaire de la division.
Il faut peut-être un peu plus de temps à certains pour voir les choses en face et regarder la situation dans laquelle on est aujourd'hui. Mais moi, ce que je vois encore une fois, c'est qu'il y a encore quelques semaines, ne voulait de cette primaire et qu'aujourd'hui, encore une fois, tous les candidats, à l'exception de un... se sont mis d'accord sur le principe de cette primaire. Et donc les choses vont avancer. Il y a des initiatives qui sont prises. Lesquelles,
par exemple ? Qu'est-ce qui pourrait faire basculer ? Il y a
beaucoup de discussions autour des modalités qui ont déjà démarré. Il y a vos confrères, d'ailleurs, qui ont fait état, y compris, de discussions sur ce sujet. Donc ça aura lieu. Mais vous savez, je pense que c'est aussi important pour redonner espoir à ces millions de Français qui n'y croient plus.
Il y a des millions de
Français, moi je les croise au quotidien. C'est pour ça qu'ils
vous parlent de la primaire, ces millions de Français.
Vous rigolez ? Moi je croise des gens. J'étais encore en Bretagne le week-end dernier. J'étais en déplacement dans les Côtes d'Armor et il est vilaine. J'ai fait une réunion publique, il y avait des Français de différentes sensibilités politiques qui sont venus, il y avait plusieurs centaines de personnes. sont tous venus me voir. D'abord, ils m'ont posé des questions sur le sujet du rassemblement. Puis, ils sont venus me voir à l'issue en me disant, maintenant, il faut se rassembler. Et pour se rassembler, évidemment qu'il faut passer par une primaire. Il y a des millions de Français. Le dernier sondage qui a été fait, je crois que c'est plus de 70% de nos électeurs qui sont favorables à la primaire.
Donc, aujourd'hui, on est d'accord qu'il n'y a plus qu'un seul candidat qui bloque. C'est Édouard Philippe.
Le fait est que les autres candidats ont dit qu'ils étaient favorables à cette primaire. Oui,
mais par exemple, David Lissna, lui, il pense à une primaire avec vous, Edouard Philippe, lui-même et Bruno Rotaillot. Il ne va pas aller jusqu'à Raphaël Glucksmann. Est-ce que vous revenez vous-même vers un étiage un peu plus resserré par rapport à ceux qui pourraient voter ?
Je n'ai jamais mis de borne en termes de famille politique ou de nom pour qui peut ou pas participer à cette primaire. Je considère que doivent pouvoir participer à la primaire. Ceux qui sont très clairs sur le fait qu'ils ne feront jamais aucune alliance ni avec la France insoumise ni avec le Rassemblement national, que ce soit en France ou en Europe. Et ensuite des candidats qui se retrouvent dans un certain nombre de valeurs, notamment les valeurs de la République, la laïcité et l'autorité, la compétitivité de notre économie, l'Europe, la construction européenne, le progrès social et environnemental. Ensuite, je suis un pragmatique, la gauche, le parti socialiste a fait sa primaire. Ils ont eu un candidat qui est sorti de cette primaire, il a même d'ailleurs lui-même dit qu
'il n'ira pas dans une autre primaire. Mais
je vais vous dire, moi ma conviction c'est qu'à la fin... Pour gagner et surtout pour gouverner ensuite, il faudra une coalition, un rassemblement large qui associe des gens d'horizons très divers. Si cette primaire, c'est d'abord une primaire du centre et de la droite, ce sera une primaire du centre et de la droite. Moi, je suis pragmatique. Tout ce qui m'intéresse, c'est le rassemblement. Ce soir, vous
nous dites, oui, je suis prêt aussi à une primaire qui irait de vous-même, en passant par Édouard Philippe, à David Lissnard, à Bruno Rotaillot. Bien sûr, moi,
je suis un pragmatique. Si ce sont les candidats qui sont prêts à entrer dans cette primaire... ce sera les candidats. Moi, quand j
'entends M. Rotaillot, quand j'entends M. Lysnard et vous-même ce soir, déjà, vous êtes d'accord. Donc il n'en reste qu'un. Mais encore une fois,
et je pense que c'est très large, vous savez, dans les partis politiques, on l'a vu, il y a un certain nombre de parlementaires, de responsables politiques.
Il pourrait y avoir une tribune, un appel des parlementaires pour dire écoutez, maintenant, regardez les sondages, départagez-vous.
Mais j'imagine parce que, vous savez, les parlementaires, mais encore une fois, moi, ce qui m'intéresse, c'est aussi beaucoup les Français. On est au quotidien à échanger avec les Français. Vous avez des millions de Français qui ne veulent pas avoir à choisir entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Ces millions de Français, ils attendent un rassemblement. Je crois qu'ils sont convaincus que le seul moyen d'arriver à un rassemblement, dès lors qu'aucun candidat ne se détache dans les sondages, c'est de passer par une primaire. Qu
'est-ce que vous répondez à ceux qui pensent que vous avez proposé cela en dernier recours, car vous êtes sur la scellette sondagière ?
Tout le monde est sur la scellette sondagière aujourd'hui, dans tous les sondages qui sont faits. Personne de cet espace politique ne fait mieux qu'être troisième, voire quatrième. C'est quand même ça la situation dans laquelle on est aujourd'hui. Il y a encore des sondages qui sont sortis hier. Donc, il n'y a pas un candidat qui se détache dans les sondages, qui a la possibilité aujourd'hui de l'emporter au deuxième tour, mais même d'être au deuxième tour. Et donc, il faut organiser le rassemblement avec une méthode. Et la méthode, pour moi, c'est la primaire. Le temps
file. Si il faut avoir un candidat qui puisse quand même y aller en votre nom, c'est maintenant. C'est pour un candidat en janvier. L'élection
présidentielle est dans six mois et donc on peut tout à fait organiser une primaire. D'ici le début de l'année 2027, c'est possible. On a vu, les socialistes ont fait une primaire. Avec plusieurs
débats. Oui, avec des débats, évidemment. C'est très important qu'il y ait des débats. J'ai vu
que sur votre antenne hier soir, Bruno Retailleau a proposé... une série de débats à différents candidats, dont moi-même, évidemment que j'accepte. Moi, je suis favorable à tous les débats. J'accepte tous les débats qu'on me propose parce que je pense qu'il n'y a pas plus quelque part démocratique que de voir se confronter, au sens positif du terme, des points de vue, des idées, des solutions pour le pays qui a bien besoin d'idées et de solutions en ce moment.
C'est intéressant parce que David Lissnard a affirmé hier qu'en cas de primaire, il ne soutiendrait pas le gagnant. Par exemple, si c'est Édouard Philippe, il ne le soutiendrait pas. C'est quand même assez particulier.
savez, ça c'est un peu un débat qui est parfois un peu hypocrite. Pourquoi ? On se souvient des primaires précédentes. En 2017, le Parti Socialiste a organisé une primaire. Tous les candidats avaient signé une charte en disant qu'on soutiendra le gagnant. Et vous en avez plusieurs qui ont soutenu un autre candidat. Pareil dans les primaires précédentes. d'autres partis politiques aussi, on ne peut pas dire que tous les candidats qui avaient perdu la primaire étaient systématiquement au premier rang des meetings. On peut appeler un minimum
de retenue. Je pense que c'est ça à la fin. Je pense que
le fait de ne pas gagner cette primaire, ça veut dire qu'on ne se présente pas à l'élection présidentielle, qu'on ne va pas diviser les voix et qu'on ne va pas gêner la personne qui est issue du rassemblement permis par la primaire.
Mais alors ce soir, Gabriel Attal, vous êtes en train de nous dire, comme deux autres candidats, Primaire, oui. Voilà le périmètre, donc quand même avec les principaux incarnations du bloc central et de la droite. Les différents débats, quasiment la date à peu près. Donc tout est prêt. Il ne reste plus qu'Edouard Philippe. Nous sommes d'accord. Si j'ai bien délimité le périmètre. Il reste maintenant
à avancer sur les modalités d'organisation, sur les dates, etc. Si vous êtes d'accord
entre vous, je pense que c'est assez rapide.
Mais oui, je pense que les discussions vont s'engager. Elles se sont déjà engagées, d'ailleurs. Elles vont s'engager encore dans les jours et les semaines qui viennent pour organiser ce grand moment de rassemblement au service, encore une fois, du pays et pour éviter ce deuxième tour entre la France insoumise et le RN. Malgré
tout, dans la primaire des socialistes et de place publique, il y avait quand même un socle commun. Là, par exemple, M. Lissner et M. Rotailleau disent qu'ils ne veulent absolument pas travailler avec des héritiers du macronisme.
Vous savez, encore une fois, on est dans un moment assez inédit. On parle de la possibilité au deuxième tour d'avoir... la France Insoumise et le Rassemblement National. Je vais vous dire, il y a des candidats avec lesquels j'ai des différences. D'ailleurs, j'ai des différences avec tous les candidats que vous avez évoqués. Avec David Lissnard, avec Bruno Retailleau, avec Edouard Philippe. Sinon, je ne serais pas candidat moi-même. Je pense un
peu moins avec Edouard Philippe qu'avec les deux précédents. Il
y a toujours évidemment des nuances. Avec Edouard Philippe, on a fait partie de la même majorité jusqu'en 2024. Donc évidemment. Mais j'ai des différences avec tous les candidats. Sinon, je ne serais pas candidat moi-même. Je n'ai pas le même projet que les autres. Maintenant, encore une fois, je préfère à la fin que ce soit... Si ça ne doit pas être moi... Je vais me battre pour que ce soit moi dans le cadre de cette primaire, bien sûr. Si ça ne doit pas être moi à la fin, je préfère que ce soit l'un de ses candidats plutôt que Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon.
À bon entendeur, M. Édouard Philippe, je voudrais avant d'évoquer d'autres sujets, vous faire réagir à des messages textos d'Emmanuel Macron. C'est ainsi à votre endroit. Durant deux ans, le président a échangé sur Telegram avec la journaliste Françoise de Gouas. Son livre s'intitule « Vous êtes tous trop durs avec moi » chez Robert Laffont. Voici le message vous concernant. Alors, message privé qui devient public, c'est ainsi. On lui a trop tout donné, tout le temps, trop. Il a tort
vais vous dire, je pense que tout ça n'intéresse pas les Français. Vous seriez
un enfant gâté de la politique si je traduis les propos du président.
Vous savez, les Français sont assez grands pour juger ce qu'ils lisent et ce qu'ils entendent.
Autre extrait sur ceux qui admiraient le président avant de se retourner, et c'est assez brut de décoffrage, vous devriez dire que ce sont tous des salopards.
Moi, je ne vais pas me mettre à commenter des SMS, etc. Les Français, ils jugent. Ils voient ça, ils jugent. Moi, vous savez, je n'étais pas candidat pour devenir Premier ministre. Si le président de la République est venu me chercher et m'a demandé de l'aide, c'est qu'il considérait que je serais utile au pays en dirigeant le gouvernement de la France, que j'avais un lien avec les Français qui le justifiaient. Je crois avoir montré dans les huit mois que j'ai occupé cette fonction avant la dissolution, que j'étais à la hauteur de cette... Voilà, ensuite, chacun fait ses commentaires comme il le veut, quand il le veut et avec qui il le veut, manifestement, y compris avec des journalistes.
Alors le débat, justement, le débat politique, je voudrais vous faire réagir à ces propos du candidat Edouard Philippe, qui s'est justifié ce matin, Gabriel Tal, il a maintenu ces propos sur certains Français issus de l'immigration, puis une responsabilité, dit-il, dans le pillage et la casse. Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi, beaucoup l'ont accusé à gauche de racisme. Qu'en pensez-vous
je pense que c'est des débats permanents et sans fin qui ne mènent en fait jamais à rien.
'est-à-dire ? Pour moi,
j'ai eu l'occasion de vous le dire, d'ailleurs quand j'étais invité dans votre émission il y a quelques jours ou quelques semaines, pour moi ce qui s'est passé le 17 octobre, c'est le reflet d'une bascule civilisationnelle qui est pour moi la perte de toute notion d'autorité et du respect des règles et du respect des règles de la République dans une partie de la jeunesse. C'est ça la réalité. C'est ça aujourd'hui le sujet. Et c'est pour ça que je suis autant engagé sur la réforme de la justice pénale des mineurs, sur le retour à un cadre d'autorité, sur la mise en œuvre de sanctions, parce que c'est ça le fond du sujet. Donc vous
pensez que parler de Français issus de l'immigration qui auraient une responsabilité dans ces pièges et cela casse, c'est hors sujet ? Moi,
ce que je vous dis, c'est que pour moi, le sujet majeur qu'on a réglé en France, tous les Français... Qui qu'ils soient, quelle que soit leur histoire, c'est la question de l'autorité et de la lutte contre la délinquance des mineurs. Est-ce que dire ça,
c'est être raciste comme le dit la gauche
? Encore une fois, je ne rentre pas dans ces débats-là. Pourtant, c'est le débat qui anime deux candidats et pas des moins. Oui, mais vous savez, derrière ces débats, il y a aussi des Français qui, encore une fois, parfois ont des origines, ont une histoire, qui sont heurtés par ce type de... Ils sont stigmatisés selon vous ? En tout cas, il y a des Français qui peuvent être heurtés par ce type de débat. Et surtout, moi, ce qui m'intéresse, vous savez, c'est les débats qui sont utiles pour changer le quotidien des Français et pour améliorer les choses. Je pense que c'est plus utile de parler de comment est-ce qu'on punit les délinquants, comment est-ce qu'on remet l'autorité, le respect des règles dès le plus jeune âge pour tous les Français d'où qu'ils viennent, et moi je ne les trie pas, plutôt que de rentrer dans ces débats. Et par ailleurs... Mais qui les trie ? Votre
phrase, qui les trie ? Mais non, mais encore une
fois, sur des débats qu'on peut entendre. Et par ailleurs, ça vient masquer aussi des vrais sujets. Par exemple, ils sont devenus quoi les casseurs et les pilleurs du 17 octobre ? On a eu des chiffres au début, vous avez les derniers chiffres ? Oui,
effectivement.
Enfin, on a eu au début, il y a eu des chiffres, il y avait quelques centaines d'incarcération sur des milliers et des milliers de personnes qui ont été mises en cause. Qu'est-ce qu'ils sont devenus ?
Mais qu'est-ce que vous
sous
-entendez ? Soit ils sont responsables de leur acte, soit ils ont été ignorés. Mais je ne sous-entends
rien, je dis que tout le temps qu'on passe sur ces débats qui ne mènent à rien... On ne le passe pas sur des débats qui sont fondamentaux, et notamment le débat de savoir comment est-ce qu'on rehausse notre niveau de sanctions et de lutte contre la délinquance face à ceux qui cassent, face à ceux qui pillent, d'où qu'ils viennent et qui qu'ils soient.
Mais vous estimez donc que quand on dit qu'il y a un défaut d'intégration, ce n'est pas un vrai sujet ? Moi, je n'ai jamais eu
peur des débats. Vous le dites aussi,
il y a un défaut d'intégration.
Quand je suis arrivé à Matignon, j'ai fait ma déclaration de politique générale, j'ai parlé de la question de l'immigration, j'ai dit qu'il fallait accueillir moins pour accueillir mieux. Je n'ai jamais eu de problème avec tous ces débats-là. Ce que je dis, c'est que dans le moment grave que nous vivons aujourd'hui, face au traumatisme qu'ont constitué les pillages et les émeutes le 17 octobre, le vrai sujet aujourd'hui, c'est celui du rapport à l'autorité, du respect des règles, du respect de la République. de la lutte contre la délinquance des mineurs, qui est un sujet permanent. C'était aussi ma priorité. J'avais dit, tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter.
Et moi, je vous ai répondu parfois, tu casses, on paye.
Bien sûr, mais c'est ça que j'ai voulu changer. J'ai fait un projet de loi avec mon gouvernement, justement pour un tournant sécuritaire sur la délinquance des mineurs. Malheureusement, la dissolution nous a empêchés de le faire adopter à l'Assemblée nationale. Et ma question, M. Atalga, qui a un dépôt d
'intégration ?
Je vous reviens de vous redire ce que j'avais dit. Il faut accueillir moi pour accueillir mieux. Mais est-ce qu'il y a un
défaut d'intégration ? Est-ce qu'on peut le dire ainsi ? Ou est-ce que c'est une parole aujourd'hui qui tombe...
Évidemment qu'aujourd'hui, on n'est pas bon ni sur la gestion de l'immigration, ni sur la gestion de l'intégration. C'est une évidence, mais je n'ai jamais eu peur de le dire. Je l'ai dit quand j'étais à Matignon, je l'ai dit dans différentes fonctions.
J'en profite pour
saluer votre invité, Jean-Michel Blanquer. Jean-Michel
Blanquer, bonsoir. Merci d'être là, ancien ministre de l'Éducation nationale, et qui publie un livre dont nous allons parler sur la démocratie et la fureur. Et nous allons parler de la jeunesse, puisque vous avez accepté de dialoguer avec l'une des figures syndicales de la jeunesse. Merci, Gabriel. Peut-être un échange, puisque vous avez été tous deux ministres de l'Éducation, un mot sur la jeunesse. Aujourd'hui, s'il y avait un message, est-ce qu'on peut être encore porteur d'un message d'espoir quand il y a tant de revendications, de colères ? Pour certains, pour certains, de haine.
Moi, je dirais qu'on doit être porteur d'un message d'espoir. Parce que derrière les revendications des jeunes, il y a des choses extrêmement concrètes sur l'état des bâtiments, sur la question du remplacement des professeurs absents, qui est un sujet qui nous a beaucoup mobilisés, et Jean-Michel Blanquer, et moi-même ensuite. Mais il y a surtout pour moi une vraie angoisse vis-à-vis de l'avenir. Moi, je ne crois pas que les jeunes n'aient plus envie de faire d'efforts, qu'ils n'aient plus envie d'étudier, qu'ils n'aient plus envie de travailler. Je pense, en revanche, qu'ils ont un vrai doute sur le fait de savoir si leurs efforts... leur permettront d'avoir un emploi, leur permettront de fonder une famille, leur permettront de vivre aussi bien qu'ont vécu les générations précédentes. Et donc on doit leur donner espoir. On doit leur montrer que la France peut être à l'avant-garde de la révolution de l'intelligence artificielle, de la transition climatique et de la transition énergétique. Je
suis à deux doigts de vous dire que ne l'avez-vous fait. Alors là, ce sont des grands défis.
Regardez ce qui s'est passé ces dernières années, en 2017, en 2022. Tchad GPT n'existait même pas encore quand le président a été élu et réélu. L'intelligence artificielle, on en parlait dans les films de science-fiction. Le dérèglement climatique était déjà là, mais ces manifestations concrètes... Je sais que
Jean-Michel Blanquer va défendre... Mais je le défends
aussi, parce que moi je vous dis, derrière le débat sur Parcoursup, il y a une forme d'hypocrisie, parce que le vrai débat, c'est celui de la sélection à l'université qu'une partie de la classe politique, et notamment la France insoumise, a refusé depuis le départ quand ça a été mis en place.
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