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Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
Peut-être une première question sur le regard que vous portez sur cette partie de la jeunesse, cette partie, M. Blanquer, qui manifeste, qui se mobilise, dont fait partie Riad Rani.
pense que la vitalité de la jeunesse, c'est essentiel pour une société. Donc qu'il y ait de la vitalité, de l'envie de définir son avenir, c'est absolument essentiel. On parle souvent d'anomie, de désespoir. Ce qui est très important aujourd'hui, c'est de créer de l'espoir et d'avoir un projet de société pour la jeunesse. Donc j'ai surtout un regard de bienveillance. Vous savez, j'ai consacré l'essentiel de ma vie à l'éducation, aux élèves, aux étudiants. Tout ce dont on va parler, c'est-à-dire par exemple la conception de parcours suple, la réforme du lycée, les perspectives d'études. d'emploi, à tous ces sujets, nous les avons toujours travaillés en voulant que les enfants et les adolescents aient un avenir, tout simplement. Donc après, c'est la question du comment, bien entendu, mais évidemment que j'ai un regard de pure bienveillance, je suis un père de famille, j'aime mon pays et les enfants de ce pays.
Et on va rentrer dans le détail, Réad Rani. Peut-être commencer par ce que vous assumez, Jean-Michel Blanquer, la question que vous est souvent posée sur certaines de vos réformes. Est-ce que d'abord, avant d'entrer dans le détail, vous dites « oui, j'assume tout ». J'assume la suppression des filières S, ESL, parce que ça a été fait au service des lycéens. Est-ce que vous estimez que toutes ces réformes ont été faites vraiment au service des lycéens ?
Complètement. A l'époque, il ne faut pas oublier d'ailleurs qu'elles étaient... Conçu avec les lycéens. 80 000 lycéens avaient été consultés. Tout le monde disait qu'il fallait en finir avec S, E, S et L, que la filière S était dans une sorte de supériorité implicite vis-à-vis des autres, que les lycéens s'ennuyaient avec les combinaisons qui existaient peu nombreuses. Il n'y en avait que trois. Nous ne parlons que du bac général, il faudrait parler aussi du bac technologique et professionnel. Tout ça était dans la consultation, on peut le retrouver. Et à l'époque, vous aviez, je me souviens, à la fin d'une émission, 72% d'approbation autour de cette présentation du baccalauréat. Donc n'oublions pas que tout ça avait un sens, ce n'était pas la réforme pour la réforme. C'était parce que ce que l'on visait, c'était plus de liberté pour les lycéens, de choix. Pour plus approfondir, c'est un point qu'on ne rappelle trop peu souvent, cette réforme s'est accompagnée d'une plus grande exigence, c'est-à-dire la révision des programmes dans un sens plus approfondi, avec un message à chaque lycéen qui est « tu choisis ce qui te plaît et donc tu vas pouvoir approfondir davantage, et donc tu vas te préparer davantage à la suite ». Et je cite toujours un chiffre qui est quand même le résultat de toute cette politique, il n'y a pas tant de politiques que ça qui ont des indicateurs positifs. Vous aviez 60% d'échecs en fin de première année d'enseignement supérieur. – C'est un chiffre
désastreux. – Qui
est un chiffre totalement désastreux et qui est le grand échec français. – Il y a une sélection à l'échec. – Exactement, la sélection par l'échec qu'il y avait, ce chiffre est descendu à près de 50%. Donc on a gagné 10 points en quelques années, c'est énorme. J'ai calculé que ça faisait plus de 500 000 élèves qu'on a en quelque sorte sauvé de l'échec. Ça ne veut pas dire que la situation est parfaite. – C'était plus ces
chiffres-là, c'est une évolution positive.
– Non mais monsieur Blanquer… Déjà, merci d'avoir eu le courage d'accepter le débat par rapport à d'autres. Merci de le
dire par rapport à d'autres. Oui, je
le sais, on en a déjà discuté. Beaucoup ont refusé. Il faut savoir déjà que votre loi à l'époque, la loi Blanquer, quand vous l'avez proposée, c'était sous l'effigie de dire que les lycéens et lycéennes auraient le choix de choisir leurs enseignements et leurs spécialités. Tenez-moi à vous le dire, monsieur, au nom des milliers de lycéens et lycéennes qui sont dans la rue, c'est totalement faux. Moi, je vais vous expliquer un cas pratique de milliers de lycéens et lycéennes qui nous interpellent en nous disant, dans mon lycée, j'ai voulu faire deux spécialités, AMC et HGGSP. Alors, AMC, c'est anglais monde contemporain et HGGSP, histoire, géographie, géographie. politique et sciences politiques, et on leur a dit non, ce n'est pas possible, parce qu'on n'a pas assez de moyens. Du coup, on leur propose d'aller dans un lycée à 40 km de chez eux parfois. Or, non, en fait, cette loi, ce n'est pas avoir un choix, c'est un choix imposé, tout simplement.
Alors, vous voulez-je vous répondre là ? Qu'il y ait des cas comme ça, ça peut arriver, et de toute façon, je ne prétendrai jamais que la situation est parfaite. La seule chose que je dis, c'est qu'il y a... infiniment plus de choix qu'avant. Les deux matières que vous venez de citer, elles n'existaient carrément pas avant. Si vous prenez l'exemple histoire, géographie, sciences politiques, géopolitique, demandez à un seul élève s'il a envie qu'on supprime cette matière, demandez à un seul professeur d'histoire-géographie en France aujourd'hui s'il pense que ça a été une mauvaise innovation. On a parlé tout à l'heure d'intelligence artificielle. On a créé une nouvelle matière qui s'appelle numérique et sciences informatiques. On a prévu dès 2018, justement, d'y intégrer l'intelligence artificielle. Elle n'est pas disponible dans tous les lycées, monsieur. Non, elle n'est pas dans tous les lycées, bien sûr. Mais d'ailleurs, comme auparavant, vous aviez les matières... Les seuls lycées, monsieur, qui ont accès
à toutes les spécialités, c'est les lycées comme Henri IV, c'est des lycées privilégiés. Les lycées en zone prioritaire de la ville, c'est monsieur Blanquer. La différence, elle est entre un grand lycée et un petit... Monsieur Blanquer, je viens d'un milieu populaire. Je suis dans un lycée qui est en zone prioritaire de la ville. Vous êtes dans quelle ville ? Je suis à Watrelo. Voilà, mais je pense que ce n'est pas forcément le sujet, mais juste dans les lycées les plus précaires. Et vous êtes dans quelle
classe, là, actuellement ?
Là, j'ai eu mon bac au mois de septembre à la session de remplacement, M. Blanquer. Voilà, parce que vous savez, quand on a des soucis personnels en juin, on a cette chance de pouvoir passer des épreuves de remplacement en septembre, et ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est qu'aujourd'hui, vous nous dites, encore une fois, que c'est magique, c'est formidable, les lycéens et lycéennes ont encore le choix de choisir des spécialités, mais c'est faux. C'est faux, monsieur. C'est pour ça que...
Factuellement, ce que vous dites, n'importe qui peut le vérifier. Il y a des combinaisons, elles peuvent être dans des nombres variés selon les lycées. La différence n'est pas entre une zone riche ou une zone pauvre, elle est entre un grand lycée et un petit lycée. Un petit lycée, ça peut avoir d'autres avantages. Il y aura moins de combinaisons parce qu'il y a moins d'élèves. Dans un grand lycée, par exemple en banlieue parisienne, j'en connais beaucoup, qui peuvent aller jusqu'à 12 combinaisons, qui peuvent proposer... Bien des choses. Et après, il faut rappeler une autre chose, c'est que c'est aussi une réforme de l'autonomie du lycée. On dit toujours qu'on veut l'autonomie des établissements. C'est une réforme d'autonomie supplémentaire des établissements. Et donc il y a des choix à faire. Vous voyez, là, dans ce que vous avez dit, il y a le fait que vous vous plaignez d'un choix insuffisant. Mais dans les protestations, j'entends aussi que certains disent qu'il y a trop de choix et que ça crée du stress le choix ou que ça crée des agendas trop compliqués. Donc en fait... L'esprit de la réforme, c'est de dire à un établissement et à la communauté éducative de cet établissement, faites des choix, c'est-à-dire prenez X combinaisons ou Y combinaisons, ça aura... telles conséquences, par exemple un agenda un peu plus compliqué, mais ce sont des choix, et donc c'est une réforme de liberté, et pour les élèves, et pour les établissements. – Monsieur Blanquer, la réforme a fait que
nos emplois du temps sont des gruyères, parce qu'il n'y a plus d'alignement. On peut critiquer le fait qu'avant il n'y avait que trois choix, ES, LS, mais avant on avait un emploi du temps qui était plutôt homogène, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. – Alors d'abord il y
a toujours eu des emplois du temps complexes au lycée, depuis que je suis dans l'éducation nationale, ce problème existe, il a pu être, je le reconnais. éventuellement, dans certains cas, un peu aggravée par cela. Il faut regarder au cas par cas. D'ailleurs, l'échelle d'établissement, elle est sûre, monsieur. Mais par exemple, une façon de diminuer le problème, c'est justement de proposer moins de choix. Mais c'est justement un arbitrage qu'on doit faire à l'échelle d'un établissement. Et par ailleurs, j'entends beaucoup ça, et j'entends que les lycéens estiment qu'ils ont parfois trop de travail. Donc, une des choses que j'assume, c'est ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire les matières sont plus approfondies. Ça, c'est un fait. Deuxièmement, la chose à assumer, c'est que comme il y a beaucoup de combinaisons, l'emploi du temps peut être... un peu plus compliqué. Après, il faut regarder de quoi on parle au quotidien. Par exemple, si on a deux heures de permanence, ce n'est pas forcément quelque chose de si atroce que ça. C'est-à-dire que c'est un moment de lecture, de travail, tout dépend comment les choses sont organisées. – Oui, sans compter le temps de venir au
lycée, sans compter le temps des devoirs, etc. – C'est pour ça que je dis… – Mais les lycéens et les lycéennes ont le droit d'avoir une vie sociale, M. Blanquer, quand même. – Oui, bien sûr, mais je ne l'en ai pas. – Vous savez, vous l'admettrez. Mais oui, non, en tout cas, la loi Blanquer, aujourd'hui, elle n'est plus adaptée et il faut la supprimer. Et la changer. Alors c'est pas par une
loi qu'on a fait. C'est pas une loi de toute façon. Mais vous pouvez, en tout cas si demain vous voulez, si quelqu'un voulait changer ça, vous verrez que vous auriez des protestations si on se mettait à supprimer ces matières qui sont très populaires aujourd'hui. Moi je suis étonné quand même parce que vous
dites Riyad Rani qu'il y aurait en tout cas une majorité qui serait véritablement contre, c'est ce qu'on vous rapporte. Et vous nous dites M. Blanquer que ça provoquerait des crispations et des contestations si on revenait sur un tel système.
des sondages au BFM TV sur, par exemple, poser la question aux lycéens, est-ce que vous voulez qu'on supprime les matières qui ont été créées par la réforme du lycée et qu'on revienne au système antérieur ? Mais ce n'est pas question de les supprimer,
M. Blanquer, c'est question d'avoir une sorte de bouquet déjà fait où on leur dit vous avez droit à ça, ça, ça, ça ou ça, et pas qu'on leur mente en leur disant oui, vous pouvez choisir ça, ça, ça, ça, ça, et à la fin on vous dit non. Voilà, j'espère que vous comprenez un petit peu ça. Le problème
des débats qu'il y a actuellement, c'est qu'il y a une énorme contradiction dans les reproches qui sont faits. Parce qu'il y a d'un côté... de reproches que vous venez de faire c'est à dire vous dit au fond On vend soi-disant un grand choix de possibilités, et dans la réalité, ces possibilités ne sont pas si grandes. Mais dans le même temps, on entend comme critique, il y a trop de choix, et à cause de ça, et d'ailleurs vous-même vous avez exprimé ça il y a un instant, et donc il y a trop de complexité. Donc en fait, c'est tout le problème de la cohérence dans notre société, c'est-à-dire c'est une réforme de l'autonomie du lycée qui permet de faire des choix à l'échelle du lycée et à l'échelle de chaque élève. Donc on ne peut pas se plaindre d'une chose et de son contraire. Ce que j'assume, je ne peux pas assumer moi non plus une chose et son contraire, ce que j'assume pleinement, c'est que c'est une réforme de liberté et que c'est une réforme d'exigence, c'est une réforme qui fait travailler. – Ce n'est pas une réforme de liberté. – Est-ce qu
'on peut aller sur Parcoursup quand même ? – Oui, on peut y aller. – Parce que là, véritablement, je crois que là encore, vous êtes satisfait et vous assumez. – Satisfait,
le mot n'est pas le bon mot, parce qu'on n'est jamais satisfait. – Vous êtes fier ou n'est pas fier
d'un tel choix ? – Je
suis fier de l'amélioration que ça a apporté, pour les raisons que je vous disais tout à l'heure. Puisque quand je vous dis qu'on est passé de 60% d'échecs à 50%, je ne suis pas satisfait parce que je voudrais qu'on passe à 40 puis 30%. Est-ce que vous pouvez nous dire ce soir ? J'ai calculé que ça faisait 500, je vous le disais tout à l'heure, 500 000 personnes qui n'ont été en quelque sorte sauvé l'échec.
Ah oui, donc vous diriez Parcoursup a sauvé des milliers. Parcoursup combiné aux autres éléments. En
étant... Je ne vous dis pas que la situation est idéale. C'est aux 40 000 lycéens et lycéennes
qui n'ont rien trouvé comme formation et qui se sont retrouvés sur le carreau. D'ailleurs, je vous cite, s'il vous plaît, M. Blanquer, en 2020, vous déclarez au micro de BFM TV, ce qui est très important, je le répète, c'est qu'aucun enfant ne soit au bord du chemin. Et aujourd'hui, vous avez 40 000 lycéens et lycéennes qui se sont retrouvés sans aucune formation et qui se sont retrouvés au bord du chemin. On
est le pays
au monde qui permet le plus d'accéder
à une L1. Vous avez d'abord... près de 70% des élèves qui ont moins de 15 jours ont une réponse correspondant à ce qu'ils souhaitaient. C'est déjà la première chose à dire. Vous parlez de 40 000 personnes, mais il y a un million de demandes à chaque fois. Donc qu'il y a une difficulté pour 40 000, en général ces 40 000 sont ceux pour qui il n'y a pas eu d'acceptation, précisément parce qu'ils ont un profil qui ne correspond pas à la réussite. dans le vœu qu'ils souhaitaient. Et ces 40 000 en plus sont traités par des commissions qui, à la fin, proposent une affectation à ces élèves. Est-ce que tout ça est parfait ? Certainement pas. Est-ce qu'on peut l'améliorer ? Certainement. Non, mais là, il est question
de le supprimer. Là, ce qui est sur la table, ce n'est pas l'amélioration. Oui, mais
vous savez, j'ai écrit un article que j'ai appelé... Parcoursup est mort, vive Parcoursup. Vous pensez qu'il n'y aura pas de système ? Je vous donne rendez-vous dans un an ou deux, non, mais il y aura quelque chose de différent. La vérité, c'est que quand on pose la question aux politiques,
il ne faut pas d'alternative. Le
seul argument que vous avez, c'est que Parcoursup est mieux qu'APB. Ce n'est pas mon seul argument, mais c'est vrai. Avant APB, il y avait un autre système. Oui, certes, il y avait des gens qui dormaient devant les universités. Je ne dis pas qu'il faut retourner un système, je tiens à le préciser. Mais les gens dormaient devant les universités, etc. Ça a été mis là. mais ils avaient au moins... une place à la fac qui était garantie. Même si ce n'était pas dans celle où ils voulaient, mais ils avaient une place à la fac. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas, M. Blanquer. Il y a 40 000 lycéens et lycéennes qui sont mis sur le carreau et qui sont éloignés et que c'est des décrochés de la République. C'est ces décrochés de la République parce que la République ne garantit pas sa promesse de pouvoir avoir le bac. – Les vrais
décrochés de la République, c'est les 60% dont je parlais tout à l'heure, qui sont sélectionnés par les chèques parce qu'ils ont été affectés n'importe comment, par exemple au hasard dans les systèmes précédents. – La sélection, c'est un gros mot pour
vous ? La sélection, c'est un gros mot ?
– Mais non, il faut le dire, on sait comment on est sélectionné sans le leçon, on n'a pas besoin qu'on nous le dise, mais juste, en fait, aujourd'hui, vous avez vu en face aujourd'hui ce qui se passe, c'est qu'on n'assume pas ce système de sélection qui est opaque, parce que, ok, certes, les algorithmes sont très locaux, très localisés, etc., mais ils sont opaques, on ne sait pas sur quels critères, on sait un petit peu comment on est sélectionné, mais on ne nous le dit pas clairement.
Ça peut être un progrès que d'arriver à le dire plus clairement, mais rappelons sur ce point-là que c'est chaque établissement qui a ces critères de sélection. Donc on peut tout à fait demander la transparence. aux établissements, c'est une possibilité. Il faut demander aux présidents d'universités aujourd'hui s'ils sont d'accord avec cette idée-là, mais c'est tout à fait possible. Mais en tout cas, c'est bien dans ce que vous dites de reconnaître qu'il faut à un moment donné une forme de sélection, quel que soit le nom. Non, je n'ai pas dit qu'il fallait une forme de sélection. Vous avez dit qu'il fallait la transparence des critères de sélection. Oui, mais
dans le public, moi je suis pour que dans le public, il n'y ait pas de sélection. Parce que comme je vous l'ai dit, M. Blanquer, c'est la promesse républicaine. Oui, mais ça ne veut pas dire grand-chose. En fait,
c'est une question de mots, là, parce que la sélection, elle arrive à un moment donné. D'abord, un, vous ne pouvez pas admettre tout le certains établissements qui sont plus prestigieux que d'autres. Vous avez par exemple 50 000 demandes pour un établissement qui a 10 000 places. Imaginons même que sur le plan pratique, vous réussissiez à inscrire les 50 000. De toute façon, d'abord, vous allez assécher plein d'universités en France, donc vous aurez tout le monde à Paris et dans les grandes villes. Et deuxièmement, ce sera de toute façon impossible. Comment
?
Il
faut un nouveau guichet, un nouveau système
d'exposition. J'ai compris que vous étiez pour le système de ma jeunesse, c'est-à-dire où on dort à l'université, où en plus l'université aurait
une baguette
magique pour créer autant de places que de candidats. En réalité, ce n'est pas possible et ce n'est certainement pas le vrai bienveillance vis-à-vis des jeunes. C'est pour ça d'ailleurs qu'une mesure que je voudrais saluer quand même dans les progrès qui ont été faits, ça a été la création de places. en BUT et en BTS, là, à la faveur des discussions qui ont eu lieu, je pense que c'est une bonne chose, parce que c'est des places dans des endroits qui ont un avenir. Et c'est cela que l'on doit souhaiter pour l'avenir de la jeunesse. Moi, si vous j'entends bien, je comprends
que Parcoursup, même s'il change, il va devenir Parcoursup transformé, donc en réalité... Parce que regarder les
autres pays du monde, de toute façon, ce qui est intéressant dans ces cas-là, c'est de faire une comparaison internationale. Oui, du coup, il faut
se contenter, alors, vu que dans les autres pays, c'est moins bien, du coup, il faut se contenter de la médiocrité. En fait, moi, vous savez, c'est pas ma philosophie, c'est
toujours aller dans le mieux. Non, non, non, moi aussi, c'est la mienne, c'est justement... Non, non, mais je suis conséquent et sérieux, c'est-à-dire... Moi, je plaide au fond pour qu'on passe des slogans aux arguments. Il y a des tables rondes qui durent autant d'heures et de jours que nécessaire. Je ne paye pas de mots et qu'on fasse, par exemple, de la... Oui, il y en a, il y en aura encore. Oui, mais cette discussion, le gouvernement dans lequel vous êtes appartenu et dans lequel vous
soutenez aujourd'hui a procédé à de l'enfumage sur tous les sujets. Vous pourrez quand même l'admettre que quand ils annoncent de plafonner les classes à 28 élèves en seconde, vous pourrez admettre que, quand même, ça s'en prouve déjà que ce n'est pas suffisant pour que ça soit garanti sur tout le territoire national. Et de plus, que s'il y a des classes à 28, ça veut dire qu'il y aura des ouvertures. en seconde. On est d'accord, deux classes, pour que ça soit 28. Du coup, in fine, si on n'en ouvre pas, si on ne plafonne pas en première et en terminale, on reporte juste le problème et on se retrouvera avec des classes encore plus surchargées en première et terminale.
Non, mais je crois que pour le coup, c'est un objectif qui, je pense, peut faire consensus que d'arriver progressivement à baisser le nombre d'élèves par classe. C'est très souhaitable. Il y
a
des choses qui sont possibles à court terme et puis d'autres à moyen terme. Donc que le gouvernement... dont je ne soutiens pas tout ce qu'il fait, ça ne vous a sans doute pas échappé. Mais par contre, je sais saluer quand je vois des bonnes choses. Vous êtes ministre de l'éducation nationale qui est resté le plus longtemps quand même. Justement. C'est
vrai qu'il y en a d'autres qui sont partis très vite.
On va
être d'accord sur ce point. Celui qui est à ma place, c'est un candidat aujourd'hui à la présidentielle qui a été ministre, qui a fait le tri social avec le choc des savoirs et qui a en plus fait avec la circulaire de 2004. Il n'est pas là pour se défendre et surtout il n'est pas resté
assez longtemps. Donc, une conséquence dans un sens ou dans un autre. Donc, de toute façon, le sujet, si vous voulez aborder ce sujet-là, depuis 2022, l'instabilité ministérielle a été un très grand problème. Bien sûr, je suis le premier à le dire. Moi, j'assume le premier quinquennat, je n'assume pas le deuxième. Et j'assume
qu
'il y avait une très grande cohérence. Mais qui doit assumer tout ce qui se
passe dans la rue aujourd'hui, cette colère lycéenne ? Moi, je pense
que ce qu'il faut assumer maintenant, c'est ce qui se passe non pas dans la rue, mais autour de la table. C'est-à-dire qu'il y a eu une... Pour le coup, on peut saluer le fait que le... Il
redescend dans la rue, hein ?
Non, mais ça, par contre, je ne l'approuve pas. Je pense que c'est très mauvais pour les lycéens. – Mais parce que les lycéens ont besoin d'étudier. – Pourquoi ? Parce que moi je vais vous
expliquer pourquoi. Vous pensez que c'est avec plaisir que nous bloquons nos lycées aujourd'hui ? C'est parce que c'est devenu essentiel pour être écouté ? Parce que regardez la démocratie lycéenne que vous avez laissée en partant, qui est complètement délaissée par aujourd'hui le ministère, et en tout cas mal administrée par le ministère de l'Éducation nationale. – Elle avait beaucoup de vitalité. Vous savez, quand j'ai rencontré la première fois M. Jeffrey, quand même au bout de 10 jours de mobilisation, l'année précédente, les conseils académiques de la vie lycéenne ont travaillé sur différents sujets. Les sujets pour lesquels aujourd'hui on se bat, le temps scolaire, Parcoursup, et d'autres sujets, la santé mentale des jeunes. Ma première question était, M. Jeffrey, où étaient ses travaux ? Il m'a répondu qu'il n'en avait même pas conscience, qu'il n'avait même pas pris connaissance. Vous avez dit cela ? Oui, oui, oui. Alors vous imaginez ? Alors oui. Je le dis, le seul moyen, en fait, aujourd'hui, qu'on soit entendu et que les caméras soient sur nous et qu'on nous écoute, c'est de bloquer son lycée. Vous vous rendez compte ? Non, non, non, j'entends ce que vous dites. Vous vous rendez compte à quel point on a
dû... J'entends ce que vous dites, je pense que, justement, de mon vécu, si vous voulez, le Conseil national de la vie lycéenne, je l'ai fait. beaucoup vivre, notamment pendant la crise sanitaire. C'est comme ça qu'en consultant les lycéens, avec qui ça se passait très bien, on a pu être le pays qui a un des deux ou trois pays qui ont le moins fermé les écoles pendant la crise sanitaire, ce qui est un point, là aussi, que j'assume pleinement et dont je suis fier. C'est vrai que vous avez eu la meilleure gestion pendant le Covid. Faites de la comparaison internationale, vous verrez. 12 semaines de fermeture en France, 38... Alors là, vous devenez... Alors là, vous changez de registre, mais on a eu 12 semaines de... fermeture de l'école pendant la crise sanitaire c'est 38 chez nos chez les allemands 38 chez les italiens tout
a été fait si bien moi je me demande pourquoi il ya une telle colère aujourd'hui je n'ai pas
dit que tout se passait bien je vous dis justement qu'il ya des grands non parce que dès qu'on dit mais qu'au fond il faudrait toujours tout jeter par dessus bord au nom du fait que faire l'inverse voudrait dire qu'on pense que tout va bien. Non, tout ne va pas bien, il y a énormément de problèmes. Mais je pense que le temps est venu des arguments, le temps est venu des progrès qui sont permis par la discussion, et ce n'est pas les blocages qui permettent la discussion, c'est tout simplement... Si
aujourd'hui les lycées n'étaient pas bloqués, est-ce qu'ils auraient ouvert des discussions ? Non, et vous le savez autant que moi. Il suffirait de l'assumer un petit peu.
Je ne suis pas là pour défendre le gouvernement. Sans doute qu'il y aurait dû avoir... Non, non, pas du tout. Je défends des réformes... Vous avez été ministre de l'Éducation nationale sous Emmanuel Macron. Vous avez sans doute vu que j'avais... Vous avez sans doute vu... Attendez, vous mélangez mille choses. Si vous voulez que je résume ma position, je pense que des réformes importantes ont été enclenchées pendant le premier quinquennat, qu'elles méritaient un sillon long, que certains points ont été perdus dans l'intervalle. qu'il y a nécessité de moyens supplémentaires au lycée. et dans les premiers cycles universitaires, pour améliorer la réussite des élèves et des étudiants. Après, je ne suis pas comptable d'un certain nombre de problèmes. J'ai moi-même été critique sur un certain nombre de choses qui ont été faites depuis 2022. –
Écoutez, vous
êtes le seul
qui a pu amener des projets, parce qu'après, on a eu le défilé des ministres. Alors oui, bien évidemment que, et moi, je vous le dis droit dans les yeux, M. Blanquer, vous avez la responsabilité aujourd'hui qu'il y ait 40 000 lycéens et lycéennes qui se sont retrouvés sans formation, sur le carreau. Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce que la République propose à ces 40 000 lycéens et lycéennes ?
pour
affecter chaque étudiant de France. Il n'y a jamais eu autant de réorientation réussie. Je vais vous expliquer c'est quoi ces commissions. Alors vous, vous avez fait des choix, on vous appelle et on vous propose une formation professionnelle complètement éloignée de vos demandes et on vous dit vous l'acceptez ou vous ne l'acceptez pas ? Ben non, je ne l'accepte pas parce que ce n'est pas ce que je voulais faire. Et du coup, on vous compte dans les chiffres qu'aujourd'hui vous avancez. Mais je ne sais pas si vous vous rendez compte, il y a quand même des lycéens et lycéennes qui sont en train de nous écouter. Et pour certains, moi je vous le dis, vous avez brisé une génération.
Je pense que, encore une fois, 500 000 jeunes ont eu un. Non, non, je pense que tous ceux qui se sont épanouis davantage grâce à la réforme du lycée, grâce à des matières qui n'existaient pas auparavant, qui se sont mieux préparées à leur avenir, tous ceux qui... n'ont pas eu un échec en fin de première année parce qu'ils ont été mieux orientés que précédemment. Tous ceux à qui on a évité de s'inscrire dans quelque chose où l'échec était prévisible, puisque c'est quelque chose qu'on ne faisait pas avant et qui existe maintenant. – Parce que maintenant, l'échec est prévisible plus qu'avant. – Oui, vous pouvez dire en fonction du profil de quelqu'un, sur Parcoursup d'ailleurs, on vous dit… – Vous pensez que le système d'orientation
est mieux aujourd'hui ?
Oui, il peut être encore bien meilleur dans le futur, mais il est bien meilleur. Oui, c'est bien de faire des stages en seconde pour éviter d'aller au SNU et qu'on ait six morts en un
an et
demi.
Vous trouvez ça bien ? Je vous mélangeais tellement de sujets. Non, je ne mélange pas. Vous êtes en train de parler du système d'orientation. Les stages font partie du système d'orientation.
Moi, en vous écoutant, je me demande quel peut-être, parce que c'est tellement protéiforme, quelle peut-être la solution qui peut être apportée alors qu'on aurait... C'est possible, il suffit
d'être... calme et de regarder argument par argument. Il suffit d'être rationnel sur ces sujets-là. Ne pas se lancer des slogans au visage, mais de regarder comment on fait réellement progresser le pays. Et ça passe par mieux... Donc c'est possible. Ce gouvernement
pourrait le faire.
Vous le rencontrez de nouveau,
le Premier ministre.
Oui, on le rencontre dans les prochains jours. Et encore une fois, on lui répétera, parce que la répétition fixe la notion, et on ne répète jamais assez. Du coup, on répétera encore à ce gouvernement nos 10 revendications qui sont accessibles sur 10mesures.fr. qui nous écoutent. Et les 10 milliards dont vous savez,
malheureusement, que vous ne les aurez pas à moins que vous croyez.
Écoutez, Mme Mabrouk, on a un gouvernement qui... Mais vraiment, il faut se s'en rendre compte, procède à de l'enfumage. Il nous parle de 4 milliards pour le bâti scolaire. Déjà, c'est un prêt fait par la Caisse des dépôts avec un taux d'intérêt à prix préférentiel qui va démarrer à la rentrée prochaine jusqu'en 2031. Alors, si vous divisez par année, ça fait cocouic. Et de plus, excusez-moi, mais on a eu une réunion avec Mme Gattel et M. Jeffrey où des présidents de région ont dit eux-mêmes qu'ils ne pourraient pas... accéder à ce prêt parce qu'ils sont déjà pris à la gorge. En fait, ce gouvernement renvoie la balle à des régions, sauf que ce n'est pas ce qu'on demande. C'est au gouvernement aujourd'hui de prendre ses responsabilités.
Au contraire, les régions sont dans cette responsabilité pour le bâti scolaire, c'est leur responsabilité. Depuis deux décennies... Vous allez leur demander de faire un prêt et de s'endetter. Non, mais si on veut être dans une démocratie saine, il faut que les compétences soient respectées. C'est les régions qui sont compétentes pour les lycées. Donc il est tout à fait normal de ne pas à chaque fois vouloir que tout remonte vers l'État. C'est aux régions de le faire et éventuellement à l'État, qui est dans une situation extrêmement difficile, mais de les aider au travers de dispositifs comme celui-là. Et il faut souligner au passage que les régions ont fait un très grand travail depuis plusieurs années. Donc la situation, c'est toujours pareil. Allez dire ça aux élèves qui vivent en Internet, qui ont de la moisissure dans leur... Je vous prends l'exemple de la région Bretagne, par exemple. Il y a environ 120 lycées en Bretagne. Le président de la région Bretagne me disait que pour une centaine d'entre eux, les travaux avaient été faits, les réhabilitations faites. Et pour 20, il n'est pas satisfait, il y a encore des choses à faire. Donc vous pourrez effectivement prendre l'exemple dans ces 20-là. Et pour le lycéen concerné, je suis d'accord avec vous, c'est extrêmement pénible. Moi-même, j'ai fait cours dans des salles surchauffées, c'est insupportable. Donc ça, on peut le comprendre, l'expérience de ceux qui vivent cette expérience. Et des milliers d'élèves vont passer leur baccalauréat dans des salles chauffées à 42 degrés. Une fois qu'on a dit ça, c'est est-ce que... La tendance est plutôt aller dans le bon sens depuis une vingtaine d'années. Je ne parle même pas du gouvernement actuel. Mais sur 20 ans, est-ce que les régions ont fait du bon travail ? Oui. Est-ce que c'est suffisant ?
Non. Et
comment peut-on arriver à des améliorations ?
Il y a une chose que je ne comprends pas. Si on peut apporter des réponses aussi rationnelles, pourquoi avoir attendu un mois ? des blessés chez les forces de l'ordre, chez les pompiers, chez les manifestants, en particulier les lycéens, pourquoi vous qui avez été à l'intérieur de la machine, pourquoi tout ce temps avant de se mettre autour d'une table
Alors là, encore une fois, je ne suis pas comptable de ce qu'a fait le gouvernement-là. Je pense que oui, sans doute, il aurait été souhaitable que le gouvernement puisse déceler les premiers problèmes mentionnés à la rentrée. Et effectivement, il y a sûrement eu des erreurs. Comment vous expliquez
qu'il n'est pas anticipé une telle crise
Parce qu'ils sont irresponsables. En fait, mon but n'est pas d'aller rajouter des reproches dans un monde qui est déjà assez conflictuel. Il y a sûrement eu des insuffisances de ce côté-là. Oui, vous avez raison, bien sûr.
Vous allez continuer de votre côté les blocus, les blocages ? Demain,
nous serons derrière les travailleurs et travailleuses qui seront en grève parce qu'il y aura des enseignants et des enseignantes. Vous parlez comme un
futur député. Vous avez d'ailleurs dit que vous étiez un ex-lycéen. Vous avez salué tout à
l'heure une jeunesse qui s'engage. Oui,
mais en tout cas, j'observe
que les leaders lycéens ne sont plus lycéens. Excusez-moi, mais vous savez, normalement, nos élections ont lieu en septembre et octobre. Il n'y a jamais eu de mouvement social lancé par les lycéens aussitôt. Or oui, excusez-moi qu'en période de mobilisation, nous ne changeons pas notre bureau. Et vous savez, au moins, moi, j'ai une légitimité. Je suis élu par mes adhérents. Contrairement à vous qui êtes ministre et nommé par je ne sais qui. Par contre, je tiens à dire, pour celles et ceux qui nous écoutent, laissez-moi quand même conclure. En tout cas, les téléspectateurs ont bien vu que nous avons deux visions différentes de l'école publique. Pendant que nous, nous prenons la solidarité, vous, c'est la compétitivité. Pendant que vous, vous prenez l'algorithme, nous, nous prenons l'humanisme. Voilà la différence qu'il y a entre vous et moi, monsieur Blanquer.
Vous parlez déjà comme un futur député et comme quelqu'un qui va s'engager en politique, c'est votre choix. Moi, ce qui m'intéresse, c'est l'intérêt des enfants, c'est la vraie bienveillance vis-à-vis des jeunes. Oui, mais moi aussi, la bienveillance vis-à-vis des jeunes, c'est de bien les préparer à leur avenir et pas de les alimenter en discours démagogique ni d'avoir des arrière-pensées politiques comme vous en avez.
Voilà,
c
'est facile avec vous. vos discours simplistes. Et vous savez, vous savez, M. Blanquer, vous avez un discours qui est horrible parce que vous êtes en train de justifier tout ce que vous avez fait. Et pour vous, c'est complètement normal. Non, mais là, ça m'échange quand même sur le fond. Oui, mais pour lui, il assume ce qu'il a fait aujourd'hui. Vous pensez qu'il allait venir vous
dire « je n'assume pas, il a gouverné ». Non, mais moi,
je m'attendais un peu plus d'intelligence de la part de M. Blanquer. Fort bien, écoutez. Ainsi soit-il. Vous avez vu comment ça se conclut, ça se défile.
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