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Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Roland Lescure. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle, énergétique, nucléaire. Économie, ça suffirait déjà. Elle n'est pas en forme, l'économie. Et j'ai juste regardé vos dernières déclarations. Je vous avoue que ça m'a... peut donner le cafard. Sur la croissance, vous dites que ça fait trois trimestres que la croissance n'est pas au rendez-vous. Honnêtement, les chiffres le montrent. Elle n'est non seulement pas au rendez-vous, mais deux trimestres sur trois, elle est carrément en dessous du niveau de zéro. Sur l'état de l'économie, la conclusion de tout ça, c'est qu'en 2026, l'économie française est à l'arrêt. Sur les finances publiques, aujourd'hui, si on n'a pas le redressement budgétaire qu'on a mis dans le budget, on ira dans le mur. Qu'est-ce qu'on fait avec ça
D'abord, on commence par dire la vérité. Ce que j'ai dit, vous l'avez dit, ça se repose sur des faits, des données qui sont publiées par l'INSEE. Tout le monde a été surpris par l'ampleur du choc. On n'a pas été surpris par les chocs. Il y a eu un choc externe, la guerre en Iran, des chocs internes, notamment la canicule, mais aussi l'incertitude politique en début d'année. Donc ça, ça fait qu'effectivement, jusqu'à la fin septembre, l'économie française est à l'arrêt. Il faut qu'elle redémarre. Il faut qu'on fasse tout pour qu'elle redémarre. Et pour ça... Il faut lever l'incertitude politique, il faut lever l'incertitude budgétaire. Elle ne sera pas
levée avant avril prochain ?
Non, il y a deux séquences aujourd'hui qui sont importantes. La première, c'est celle qui me concerne. C'est la séquence budgétaire. Vous avez vu sans doute dans les enquêtes récentes que les Français, et ils ont raison, s'inquiètent de l'évolution de la dette publique. C'est
la une du Figaro, mes confrères du Figaro aujourd'hui, qui disent que 90% des Français se disent inquiets de la dette et qu'ils estiment qu'il faut vraiment œuvrer pour la résorber.
Et donc mon job c'est de les rassurer. en faisant adopter un budget, un budget ambitieux, un budget difficile, qui crée des controverses, je le vois bien ici ou là, mais qui est un budget qui permet de remettre à la fois la France sur la voie de la consolidation budgétaire, il faut réduire le déficit pour stabiliser la dette, et sur les voies de la croissance. On peut faire les deux, parce qu'aujourd'hui, quand vous regardez les chiffres de croissance de l'INSEE, ce qui est le plus inquiétant, c'est la baisse de l'investissement des entreprises. Les entreprises sont inquiètes, on a là aussi besoin de les rassurer.
Ça, c'est en quelque sorte le décor. J'allais dire presque la toile de fond. Maintenant, rentrons dans le détail. D'abord, ce qui, dans ce contexte-là, va soit améliorer, soit empirer les choses. Ce qui se passe aux États-Unis. Cette nuit, Donald Trump a perdu les deux chambres. Comment est-ce que vous imaginez la suite ? C'est-à-dire que Donald Trump, qui en grande partie est aussi l'un des responsables de la situation dans laquelle on est, à la fois les conséquences sur les prix du baril, mais aussi la question des droits de douane. Est-ce que vous vous dites, bon, au fond, libéré de tout ça, il va peut-être nous lâcher un tout petit peu ? Ou alors, est-ce que vous redoutez que ça n'empire ?
Écoutez, c'est une bonne question. Le premier enseignement de cette nuit, quand même, c'est que c'est une victoire sans appel des démocrates. Sans appel. Et donc... Et d'ailleurs reconnue par
Donald Trump.
Y compris de la part du président lui-même. 53, 54, 55 sénateurs sur 100, donc la majorité absolue au Sénat, à l'Assemblée aussi, ça on s'y attendait. Donc ça veut dire en tout cas que sur la politique domestique, il va être en cohabitation. Et en cohabitation assez affaiblie. C'est des enjeux qui nous concernent au moins nous, sur le budget, sur les impôts, mais il y aura quand même des débats importants aux Etats-Unis. Sur l'international, il reste en charge. Donc là... Vous connaissez, je dirais, le caractère un peu imprévisible du président des États-Unis. Soit effectivement, il décide de se mettre au-dessus de la mêlée, de reconnaître qu'il faut changer, notamment sur le prix de l'essence qui les concerne directement. Et je dirais, il apaise un peu son engagement international. Soit il ne le fait pas. Et franchement, il va falloir suivre ça dans les jours qui viennent. Sa première communication... Elle est domestique, elle est quand même assez apaisée. Il reconnaît la défaite, il reconnaît la qualité des candidats démocrates. Évidemment, il met la responsabilité de la défaite sur les candidats républicains. Mais globalement, à ce stade, on a une expérience différente quand il avait perdu en 2020. Il reconnaît sa défaite, j'allais dire, il est bon joueur.
Roland Lescure, ça c'est ce qui se passe aux Etats-Unis. Ici, de très nombreuses questions assez concrètes. Dans un instant, les carburants, mais d'abord le livret A. Vous envisagez une double augmentation du livret A, c'est-à-dire augmentation de l'enveloppe, qu'on puisse mettre plus d'épargne. Effectivement, aujourd'hui, c'est un peu plus de 22 000 euros, c'est 22 950 euros. Ça pourrait aller jusqu'à quoi ? 30 000 euros sur l'épargne ? Ce qu'a annoncé le Premier ministre
hier, c'est entre 25 000 et 30 000. Donc le niveau moyen du livret A, il y a 80% des Français qui ont un livret A, c'est à peu près 7 000 à 8 000 euros. Mais il y a 8 millions de livrets A qui sont au plafond. 22 950 euros, on l'avait dit. Et donc en libérant le plafond, et on verra si on le montre. entre 25 et 30, je peux vous expliquer pourquoi on débat de ces deux niveaux, on va libérer des Français qui veulent épargner davantage. Le livret A, d'abord c'est une épargne qui rapporte, le taux augmentera sans doute, ça c'est légal, c'est encadré, c'est le gouverneur de la Banque de France qui me fera une proposition, je l'annoncerai au 1er février. Aujourd
'hui c'est 1,7%, ce
sera sans doute plus, vu l'évolution des taux d'intérêt de l'inflation, ce sont les chiffres de décembre qui en décideront. Donc, pour les Français et les Français, c'est une épargne sûre, liquide, réglementée. J'entendais ce matin sur RMC,
un de nos experts dit « c'est la route secours ». J'avais ce conseiller qui disait « c'est la route secours ». Il disait « c'est pas le moteur de votre épargne, c'est pas avec ça que vous allez faire fortune ». Mais j
'ai trouvé que l'image
aussi était très intéressante. Il disait que c'était la route secours de notre épargne, c'est-à-dire ce qui permet en effet de se dire « en quatre coups durs ». On a ça.
Face aux imprévus, il faut reconnaître que ces temps-ci, on en a pas mal. Donc c'est un peu une épargne de précaution. Ça ne rapporte pas grand-chose. 1,7%, ce n'est pas énorme. Mais ça permet d'avoir une épargne liquide, dont je rappelle qu'elle est exonérée d'impôts quand même. Donc moi, ça me coûte tous les jours. Et du coup, de libérer le plafond, ça va permettre de mettre un peu plus sur ce livret d'épargne. Et surtout, face à ça, le livret A, il permet de financer des politiques publiques. Le logement social, bientôt le nouveau nucléaire. peut-être la rénovation des lycées. Donc derrière, c'est la Caisse des dépôts de confinement qui utilise cet argent pour prêter aux collectivités locales. Donc je dirais que c'est un double bénéfice. On épargne. de manière sûre, garantie et nette d'impôts, et en plus, on finance les politiques d'avenir.
Et en même temps, c'est toujours ce qui est assez étonnant, c'est qu'on épargne beaucoup, en fait, il y a beaucoup d'épargne en France, mais vous avez un Français sur trois qui est dans le rouge le 17 du mois. Est-ce que lui dire, épargne encore davantage, prête-nous en quelque sorte, alors qu'il a déjà du mal à boucler les fins de mois, c'est pas complètement décalé ?
Alors d'abord, il y a aujourd'hui, il faut le reconnaître, deux Frances, pas une France. Il y a une France qui épargne beaucoup, en moyenne. les Français épargnent près de 18% de leurs revenus tous les mois. Puis vous l'avez dit, il y a des Français qui ne peuvent pas se le permettre. Donc il faut agir pour cela. Et c'est pour ça que depuis 6 mois, depuis même un peu plus, depuis la crise en Iran, nous on vise directement ceux qu'on a le plus besoin plutôt que de viser tout le monde. Je n'ai aucun intérêt à baisser le prix de l'essence pour ceux qui épargnent déjà 20 ou 30% de leurs revenus. Ils peuvent se le permettre. La baisse, donc la libération des stocks stratégiques, qui se traduit par une baisse. du prix à la pompe, de manière très concrète. Depuis samedi, les prix baissent. Est-ce que vous avez
de nouveaux chiffres ce matin ?
Donc aujourd'hui, en moyenne, on est à peu près à 15 centimes, mais évidemment, au fur et à mesure que les stocks stratégiques arrivent dans les pompes, ça baisse. Donc on a aujourd'hui 3 000 stations sur 10 000, dont la baisse dépasse les 20 centimes. De manière concrète, ça veut dire sur un plein de 45 litres, qui est un plein normal, on économise 9 euros. C'est près de 10% de baisse, donc c'est très important. Et ça, ça se traduit directement dans le portefeuille. Mais vous avez eu
aussi ceux qui ont la double peine en quelque sorte, c'est-à-dire ceux qui sont les plus dépendants de la voiture parce qu'ils habitent le plus loin des centres-villes, parce qu'ils sont en milieu le plus rural. Ce sont aussi ces stations-là. dans lesquels ils n'ont pas d'autre choix que d'aller s'approvisionner, qui ne peuvent pas encore jouer le jeu, parce que tout simplement ils sont au bout de la chaîne logistique, et que pourtant Maude Bréjon m'avait promis la semaine dernière que ce ne serait pas le cas, ça n'a pas marché, vous n'avez pas réussi à re-remplir leur stock aussi vite que celle des stations les plus accessibles.
Il y a 6600 stations sur 10 000 qui ont commencé à baisser leur prix, donc plus de deux tiers. y compris parfois des petites stations. Ce qui est clair, c'est qu'on ne fait pas ça pour la semaine. Ce n'est pas la semaine de toutes les soldes, ça va durer trois mois. Et donc même si ça prend quelques jours pour des petites stations à être approvisionnées, elles auront trois mois devant elles pour, je dirais, faire ces baisses de prix pour leurs consommateurs. Vous disiez, il y a un peu la double peine. Pour les gros rouleurs, il y a aussi la double prime, si je puis dire. C'est-à-dire qu'il y a la libération des stocks. Plus le chèque gros rouleur, qui a été versé automatiquement à plus d'un million cinq cent mille français, qui continue à être versé là, là, quand je vous parle, sur octobre, novembre, décembre. On a décidé d'aider ceux qui en avaient le plus besoin. On n'oublie pas les petites stations, parce que ce qu'on a ajouté pour répondre aux craintes que vous mentionnez, c'est un prêt à être au zéro. C'est-à-dire, si une station dit « j'ai pas encore l'essence moins chère, mais je veux le vendre aujourd'hui », On lui prête la trésorerie qui lui permet de le faire et elle nous remboursera à taux zéro quand elle aura les stocks moins chers. Pour anticiper,
donc ça voudrait dire qu'en gros, elle vendrait à la pompe une essence moins chère, enfin diesel en l'occurrence moins chère, que le prix auquel elle l'a acheté pour le mettre dans la cuve. Roland Lescure, moi je pense en permanence notamment à cet auditeur d'RMC qui m'avait appelé au début de la hausse des prix du carburant. Ça faisait peut-être un mois que ça s'était installé. Il habite dans la Creuse et il me disait... Moi, je suis retraitée, donc mes revenus, ils ne montent pas. J'habite à 4 km de la première boulangerie et à 21 km de chez mon docteur. Et pour la première fois, il avait annulé un rendez-vous médical important parce qu'il n'avait plus de quoi remplir sa voiture. Pour lui... Ça ne marche pas. Pour lui,
il n'est pas le
gros rouleur, il n'est pas celui qui doit utiliser sa voiture pour aller travailler. Et pourtant, il est celui qui est le plus pénalisé.
La situation, elle est très difficile aujourd'hui, il ne faut pas le nier. Mais pour cette personne, au moins, la baisse des stocks stratégiques, ça le concerne directement. Ça va concerner toutes les stations-service. 10 000 stations-service en France, que ce soit en métropole, en Corse ou en Outre-mer. Donc cette personne, dans la Creuse, il va avoir une baisse entre 15 et 20 centimes d'euros. le litre de diesel. Voilà, on fait face à un choc externe. Il faut qu'on le reconnaisse tous. On fait face à une pression énorme. Et vous l'avez dit, on n'a pas choisi cette guerre. On essaye de tout faire au niveau diplomatique. Non mais par contre,
ce qu'on a peut-être choisi ou pas choisi, justement, c'est de faire les efforts avant pour pouvoir faire face. Un choc.
Mais on est où on est. Donc on n'a pas d
'élastique, on n'a plus rien, on n'en a plus sous le pied.
On en a dépensé un peu pendant le Covid, vous vous en souvenez, aussi un peu pendant la guerre en Ukraine, en 2022-2023. On en a peut-être trop dépensé, on est peut-être sorti trop tard. Moi, mon job, c'est... Mais le macronisme,
pardon Roland Lescure, vous faites partie, vous êtes un des rares, aujourd'hui, à être vraiment un macroniste. Merci de le noter. Au fond, il n'y en a plus beaucoup, et puis la plupart, aujourd'hui, qui sont au gouvernement, c'est une sorte de gouvernement issu de... familles notamment de la droite vous vous venez pas de horizon ou de lr vous êtes macroniste de la première heure vous vous êtes engagé même en politique pour emmanuel macron quand vous voyez honnêtement que sur l'économie qui était censé être son point fort on se retrouve aujourd'hui dans une situation aussi navrante c'est non mais je vous
trouve mais mais j'allais dire vous faites votre job donc vous le faites bien en plus Un peu déséquilibré. Il y a des choses qui vont mal, il faut les assumer. Moi, je suis prêt à assumer nos erreurs. Et sur la dette publique, on n'a pas été assez vite, on n'a pas été assez fort. C'était compliqué à faire voter à l'Assemblée. Mais malgré tout, on n'a pas été assez vite, on n'a pas été assez fort. On n'a jamais autant travaillé en France qu'aujourd'hui. Les jeunes et les moins jeunes. La réforme des retraites.
Le chômage remonte.
On est à plus de
8%.
malgré tout, ce qu'on appelle le taux d'emploi, c'est-à-dire le pourcentage de gens qui travaillent en France, il n'a jamais été aussi élevé. Il n'est pas suffisamment élevé, ça c'est un défi pour les prochains. On est le pays le plus attractif d'Europe, ça veut dire qu'il y a des investisseurs internationaux qui nous font confiance, et il faut que ça continue, donc il faut qu'on restaure la finance publique. On a des start-up, on a 450 000 emplois dans le secteur des technologies. Je comprends que ça, ça ne résout pas tous les problèmes. J'ai l'impression que c'est comme
si vous étiez sous anesthésie.
Non, j'essaye d'être factuel, et c'est compliqué. Vous avez eu cette phrase,
vous l'avez regrettée, mais elle disait quand même une forme d'état d'esprit, quand vous avez dit ça m'empêche pas de dormir ces taxes, quand vous dites aujourd'hui non, mais il y a des choses qui vont bien. Est-ce que c'est audible ça ? Non
mais je comprends que c'est pas... Je comprends que c'est difficile aujourd'hui. Mais s'il n'y en a pas un ou deux qui rappellent quand même que la France a des atouts, là ça va être la dépression généralisée.
Non, c'est pas la méthode Coué. Je m'appuie sur les faits. Moi aussi je m'appuie sur les faits. C'est pas une question seulement d'impression ou de ressenti. Regardez les mots d'Emmanuel Moulin hier. C'est le nouveau gouverneur de la Banque de France. Il dit que la prévision de croissance, qui est honnêtement pourtant pas ambitieuse, vous dites vous... qu'elle reste toujours dans une perspective pour l'année de 0,4. C'est sûr que non. Il dit ça, ce ne sera pas tenable.
Non, le sujet c'est moins 2026, parce que l'année 2026 est jouée. qu'entre 0,3 et 0,5, le vrai sujet, c'est 2027. Non, mais c'est à moins
de 0,3 ou 0,5.
Non, non, non, non. Aujourd'hui, ce qu'on appelle l'acquis de croissance, il doit être à 0,2 ou 0,3. Donc, si on a un quatrième trimestre correct, on sera dans ces ordres de grandeur. Comment vous pouvez penser qu'on aura un quatrième trimestre
correct ?
Le vrai sujet, c'est 2027. Les derniers,
je rappelle quand même pour ceux qui nous écoutent, on a été à moins 0,2 le premier trimestre, on a été à zéro le deuxième trimestre, on a été à moins 0,1 le troisième.
Et dans les facteurs qui expliquent le moins 0,1, il y a par exemple le fait qu'on a fermé des centrales nucléaires parce qu'il faisait chaud. On les réouvre. Ça, mécaniquement, ça fait du remont. La production d'avions, qui a été un peu retrestêtée, là aussi pour des raisons climatiques, ça rebondit. Ça ne veut pas dire que ça va bien. Le vrai défi, c'est 2027 aujourd'hui. Et celui-là, il n'est pas facile. Parce que les ombres internationales sont toujours présentes. Serez
-vous réaliste ? Serez-vous réaliste sur les prévisions ?
En fait, j'essaye de l'être tout le temps.
On a l'impression qu'il y a parfois... Vous parlez pour les marchés.
Non, mais il faut aussi... Et vous vous dites qu'il faut absolument qu
'on leur donne des perspectives un peu réconfortantes. Non, je ne tiens pas de double discours. Et il y a aussi la réalité que les Français, eux, connaissent dans leur vie quotidienne.
Exactement. Et donc il faut être au maximum factuel en assumant. Ce qui va mal, il y a des choses qui vont mal aujourd'hui. Il faut qu'on redresse nos finances publiques. Le pouvoir d'achat est rendu difficile par la crise et on fait baisser le prix de l'essence pour ça. Mais pas oublier quand même qu'on a des atouts parce qu'on est très bon à ça. Et en période électorale, on est capable de le faire plus que quiconque, de dire il n'y a rien qui va en France. Moi, je suis contre ce défaitisme généralisé. J'essaye d'être factuel, d'expliquer ce qui va mal et d'y travailler, y compris, mais pas seulement pour assurer le marché qui nous prête. tous les jours, mais aussi en assumant nos atouts. Sinon, c'est la dépression généralisée et ça, je ne m'y résous pas.
Le SMIC qui sera de toute façon revalorisé au 1er janvier, est-ce que vous allez lui donner un coup de pouce supplémentaire au-dessus de simplement l'inflation ?
Je rappelle que le SMIC a déjà augmenté de 3,6% cette année. Tout à fait. en partie d'ailleurs corrigeant les effets sur le pouvoir d'achat de la hausse de l'inflation, la consommation au 3ème trimestre, par exemple, elle a été bonne. Donc voilà un rayon de soleil parmi un ciel bien ombragé. Vous savez que c'est en discussion. Le Premier ministre a demandé au ministre du Travail de... négocier, de consulter, il est en train de le faire. Moi, je pense qu'on pourra annoncer quelque chose dans les jours qui viennent. Demain, il
y a une mobilisation
très
importante. Est-ce qu'aujourd'hui, vous pouvez dire à ceux qui envisagent de se mobiliser demain, écoutez, on a une bonne nouvelle pour vous, le SMIC va augmenter, ça fait partie de leur demande. Est-ce qu'il y aura un geste ?
Il y a deux sujets sur le SMIC, il y a combien et quand ? Et ces deux sujets, ils sont sur la table aujourd'hui. C'est tout ce que je peux vous dire. On est prêts à regarder le point. Mais vous savez
que c'est demain matin qu'ils vont se mobiliser. Il est peut-être temps ou non ? Voilà,
et on leur répondra dans les jours qui viennent. Si le ministre du Travail arrêtait à terminer ses consultations ce soir... Là, vous
êtes en train de dire que c'est la faute de Farrand. Non,
c'est le job. Non, mais on est dans un gouvernement. Moi, j'espère que je... Non, mais il a peut-être
réalisé que c'était demain la manif, quoi.
Oui, oui, je pense que ça, on le sait tous. Et on sait que ces revendications, il faut pouvoir y répondre dans les jours qui viennent. Mais si je vous entends,
et puisque vous avez eu cette... L'expression et le ministre Jean-Pierre Farandou l'a prolongé. Il a dit « Je voudrais présenter des mesures de nature à déclencher une dynamique salariale dans le pays. » Ça laisse entendre qu'à la fois il y aura une accélération du calendrier, c'est-à-dire que vous n'attendrez peut-être pas le 1er janvier ?
Peut-être pas.
Et qu'il va y avoir une augmentation légèrement au-dessus de la seule inflation ?
Peut-être.
En gros, ce
sont vos deux pistes. Mais ça ne suffit pas.
Donc ça c'est acquis, mais ça ne suffit pas. Ça veut dire
quoi ? Ça veut dire que chacun doit faire son boulot. Donc ça veut dire que dans ce qu'on appelle les négociations annuelles obligatoires de salaire, on doit intégrer notamment pour les entreprises qui peuvent se le permettre, le fait que l'enjeu de pouvoir d'achat y passe par une hausse des salaires. Donc l'idée de cette négociation, de cette consultation à trois, les organisations syndicales, les organisations patronales, le gouvernement, c'est de dire qu'est-ce que chacun d'entre nous peut faire ? Pour se serrer les coudes et faire en sorte qu'on avance ensemble, ce n'est pas très à la mode aujourd'hui. On préfère se pointer du doigt les uns les autres. Nous, on reste dans une logique, on essaye de mettre tout le monde autour de la tête.
Les suites du 17 octobre et des différentes mobilisations et des casques qui ont suivi, vous avez promis une aide et notamment des prêts aux commerçants les plus touchés. Combien, au moment où l'on se parle, l'ont demandé, l'ont obtenu ?
a à peu près 700 commerces qui ont été vraiment pillés. 717 octobre, une vingtaine le 24 et 1, ça prouve que ça va mieux le samedi dernier. On a aujourd'hui un peu plus de 500 demandes de prêt à taux zéro. C'est-à-dire que les commerçants qui ont été touchés, sur la base d'une déclaration d'assurance seulement, peuvent demander à prêt à la Banque Puy d'investissement et ils l'obtiennent. Donc on a une vraie demande. Pourquoi ? Parce qu'il faut réparer, parce qu'il faut reconstituer les stocks. Donc ça fait partie des moyens qu'on a mis sur la table pour accompagner les commerçants. Il faut d'abord assurer la sécurité, c'est ce qu'ils nous disent en premier lieu, et ensuite les aider à reconstituer les stocks, et on le fait avec ce prêt.
on suspend la réforme des retraites, je peux vous dire que c'est le pays qu'on mettra dans la merde. C'est dans le texte, entre guillemets, les mots d'Emmanuel Macron. C'est un livre qui sort aujourd'hui. C'est Françoise Degoy, ancienne conseillère de Ségolène Royal et journaliste, qui a décidé de publier une conversation privée avec Emmanuel Macron, avec qui elle échange visiblement des messages régulièrement. Des messages comme celui-là. Si on suspend la réforme des retraites, je peux vous dire que c'est bien le pays qu'on met dans la merde. Nous regardent. Je n'ai aucune sympathie pour les riches. Je n'aime pas l'argent, ni ne le déteste. Mais le jour où on n'aura plus d'investissement, on sera dans la merde. Voilà ce que dit notamment Emmanuel Macron. Il vous parle comme ça aussi ? Il vous dit les mêmes choses ?
D'abord, moi, je n'ai pas l'habitude de mettre dans l'espace public des conversations privées avec qui que ce soit, y compris avec le président de la République. Donc, je les garde pour moi. Du coup, je trouve ça un peu surprenant. Maintenant, chacun prend sa responsabilité. Je ne suis pas sûr que ce soit tout à fait à son honneur. cette journaliste que je ne connais pas, de diffuser dans la nature des échanges privés. Trois, évidemment, c'est un ton de conversation privée. Mais au fond... Vous avez devant vous un ministre, député, qui a voté la réforme des retraites. Je ne l'ai pas suspendu, nous ne l'avons pas suspendu avec le ministre, de gaieté de cœur. Parce qu'effectivement, ça faisait partie des efforts... Vous saviez
que vous mettiez, je cite, le pays dans la merde.
En tout cas, clairement, ça fait partie aujourd'hui des raisons pour lesquelles on a, même si c'est limité à court terme, plus de déficit que ce qu'on avait prévu. Donc, on est face à une contrainte énorme. Il y a un franc parlé qui s'exprime dans des conversations privées. Je n'ai pas forcément envie de commenter ça trop. Mais la réalité aujourd'hui, c'est qu'évidemment, d'ailleurs on l'a fait comme tel, le prochain président de la République, s'il ne fait rien, cette réforme de retraite, elle s'imposera à lui parce qu'il faut la prendre.
Roland Lescure, le prochain président ou la prochaine présidente, ça pourrait être Christine Lagarde
? Écoutez, elle a annoncé qu'elle quittait la BCE, elle a annoncé qu'elle allait... s'impliquer dans le débat public et que son devoir de réserve ne lui permettait pas de le faire. Je trouve ça déjà pas mal, c'est une voie qui compte, c'est une voie qui compte à l'international, c'est une voie qui est réputée. Maintenant vous lui poserez la question. Mais vous
vous dites, Roland Escur, que ça pourrait être une bonne candidate quand vous voyez la suite.
Moi ce que je me dis aujourd'hui c'est qu'il y a déjà beaucoup de candidats et que si on pouvait les rassembler ça serait déjà pas mal. On verra en janvier ou février. Je ne sais plus, je m'y
perds. Vous, c'est quoi ? C'est Gabriel Attal ? C'est Édouard Philippe ? Ou c'est personne pour
l'instant ?
Non, mais moi, à ce stade, je suis membre de Renaissance, je soutiens Gabriel Attal. Mais je suis, et lui aussi, je pense, extrêmement convaincu qu'à la fin, il n'en faudra qu'un. Et moi, je serai extrêmement sensible à ça. Donc, je choisirai le candidat quand j'irai la ligne de départ, janvier-février définie. Je peux vous dire que je choisirai celui qui me convainc. En tout cas, au moment où on se parle, vous ne dites pas à
Christine Lagarde, venez nous sauver.
Je ne suis pas sûr qu'elle en ait envie. Ce genre de campagne, ça prend une sacrée envie. Donc ce sera à elle de nous le dire si elle en a envie. Elle a une réputation internationale. Elle est extrêmement forte, elle est extrêmement compétente. Elle a montré à la fois au Fonds monétaire international et à la Banque centrale européenne qu'elle savait que généraient des crises. J'espère qu'on ne sera pas là, mais bon, c'est quand même possible aujourd'hui. Donc voilà, en tout cas, j'espère qu'elle s'exprimera parce que sa voix comptera, ça j'en suis sûr.
Merci Roland-Révis-Cur d'avoir répondu à mes questions. Vous êtes le ministre de l'économie. Il est 8h50 sur RMC et BFM TV.
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