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bilan de la journée du 17 octobre est un échec, ce qui a surpris ce jour-là. Et j'assume ce mot d'un manque d'anticipation. Un manque d'anticipation qui est d'abord le mien. Sur les blessures graves, systématiquement, je les regrette évidemment.
échec, ce sont les mots de Laurent Nunez pour caractériser la journée du 17 octobre. Hier, pendant près de 3 heures, le ministre de l'Intérieur a répondu aux questions des parlementaires, une audition sous serment, pour revenir sur le fiasco de la gestion du maintien de l'ordre du premier samedi de mobilisation. Des mairies saccagées, celle de Limoges ravagée par les flammes, 2488 commerces vandalisés, comme cette pharmacie dans le 10e arrondissement de Paris. Avec Audrey Payas, nous sommes allés rencontrer la propriétaire. Elle reconnaît qu'il y a eu des manquements de... Mais pour elle, ce n'est pas la faute des policiers.
police, mais ils ne sont pas venus. Ils ne sont pas venus, mais comme tous les commerçants du coin, on a tous appelé la police et ils ne sont pas venus. Ils vous ont dit quoi ? Ils m'ont dit, laissez tomber, ils sont abordés à Paris à vous appeler votre assurance. Laurent Nunez a reconnu hier que ça avait été un échec. Je ne peux que lui donner raison. Vous regardez autour de vous, le maintien de l'ordre a été loupé. Je n'ai pas de colère contre la police parce que j'ai parlé à des dizaines de policiers depuis ce sinistre et ils sont encore plus frustrés que moi de rien avoir pu faire.
Alors il y a les dégâts matériels comme dans cette pharmacie mais il y a aussi les drames humains. Un mort, un homme de 59 ans et puis de nombreux blessés, parfois gravement, comme Ahmed Benmezroua, 25 ans. Il était venu spécialement du nord de la France pour manifester. C'était sa première manifestation. C'était aussi l'occasion pour lui de prendre des photos parce qu'il veut commencer en tant que photographe indépendant. Il était dans un endroit calme au moment où une grenade lancée par les forces de l'ordre a explosé à ses pieds. Son artère fémorale a été sectionnée. Aujourd'hui, il est toujours à l'hôpital et c'est là-bas qu'on est allé le voir avec Zidane Azouzi. Ahmed est choqué en colère. Et les mots de Laurent Nunez, il n'en a pas grand chose à faire.
'impact de la grenade, il est ici, du coup, en dessous du pansement. Sur le coup, en fait, je comprends que c'est directement très, très grave, en fait, juste avec la quantité de sang. En fait, le cerveau, il passe un peu comme en mode survie automatique. Là, je me mets à courir et crier à l'aide. Il fallait vraiment m'évacuer rapidement. Parce que là, ma vie, c'est joué vraiment sur quelques minutes. Parce que le sang, il continue de couler.
Le ministre de l'Intérieur, donc Laurent Nunez, a reconnu que c'était un échec. Vous en pensez quoi ?
Il dit que c'est un échec, mais... Qu'ils ne le disent pas, je ne vois pas ce que ça change. Il faut vraiment prendre des décisions concrètes, enlever ces armes dangereuses parce qu'elles n'ont rien à faire à être utilisées contre des manifestants. Ce n'est pas fait pour.
Ahmed a déposé plainte pour tentative d'homicide volontaire. L'IGPN a ouvert une enquête. Laurent Nouniez, de son côté, affirme qu'il regrette les blessures causées par les âmes dits intermédiaires utilisées par les forces de l'ordre, comme les grenettes de désencerclement. Mais il ne compte pas les interdire. Pour lui, la doctrine a changé depuis ce 17 octobre.
C'est de l'émeute, c'est de la violence urbaine. On n'est plus dans le maintien de l'ordre. C'est d'ailleurs pour ça que la doctrine des forces de sécurité intérieure du ministère de l'Intérieur, qu'il s'agisse de la police ou de la gendarmerie, ça n'est pas dans ces cas-là le schéma national du maintien de l'ordre. Ce sont les instructions qui s'appliquent en cas de violence urbaine.
Et le 17 octobre, ce sont également plus de 1000 policiers et gendarmes qui ont été blessés, selon les chiffres de la préfecture de police. Je me suis entrenu avec Patrice, qui est CRS à Lyon. On a discuté par téléphone, il souhaitait rester anonyme. Et pour lui aussi, le 17 octobre a été un tournant.
C'est sincèrement une des journées les plus compliquées que je vais vivre lors de ma carrière. Ils n'ont pas pris la mesure de l'événement et le dispositif était sous-dimensionné. Il manquait des compagnies de CRS pour vraiment assurer la sécurité. Et en fait, nous, on était impuissants face à ça. On n'était pas assez nombreux, on ne pouvait pas... Vous ne pouvez pas empêcher.
Le ministre est parlé d'un échec.
Ça fait plaisir qu'il reconnaisse, qu'il y a un loupé sur l'organisation. Au final, c'est nous qui avons eu à subir toutes ces violences. Ça ne nous réconforte pas forcément non plus d'entendre ça.
Est-ce que vous êtes fatigués ?
Fatigués, oui. Physiquement, émotionnellement, sincèrement, oui.
Combien de temps vous allez pouvoir tenir comme ça ?
sais pas.
70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour la journée de demain. C'est le même dispositif que pour le 31 octobre. C'est ce qu'a annoncé Laurent Nunez à l'instant. Pour revenir sur le 17 octobre, Jean-Yves Le Drian, est-ce que pour vous, elle est indéniable la responsabilité de l'Etat dans ce qui s'est passé
pense que le ministre Nunez est... Honnête avec lui-même et honnête avec la représentation nationale en expliquant les manques de ce jour-là. C'est une réalité. Je pense aussi que le maintien de l'ordre, c'est très difficile. D'autant plus qu'il faut respecter le droit de manifester et en même temps éviter que des violences et des émeutes se produisent parce qu'il y a des acteurs dans les manifestations qui n'ont comme seul but que de provoquer et de faire des violences. Donc c'est très compliqué à gérer. Sans doute le 17 octobre n'a pas été au rendez-vous. Ensuite ça a été plus clair et plus responsable. Avec des
interdictions de manifester, avec des
parcours modifiés. Parce que lorsqu'il y a dans les manifestations des gens dont le seul but est de casser, ça va empêcher les manifestants d'exprimer leur colère ou leur point de vue. Et il faut faire l'arbitrage et le compromis entre les deux. Je trouve que les dispositions qui ont été prises permettent l'un et l'autre, y compris la lisibilité des manifestations.
Et y compris la liberté de manifester qui n'est pas restreinte.
Non.
Vous dites à vos camarades de gauche...
Le Conseil d'État a tranché sur cette affaire-là hier ou avant-hier et ça me paraît très clair.
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