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automne de crise entre une jeunesse qui se sent abandonnée, un pouvoir d'achat en Berne et des scènes de violence. Depuis un mois, les Français et les Alsaciens expriment leur revendication dans la rue. Au milieu de tout ça, un exécutif secoué par les critiques et qui navigue à vue. Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Dimanche en politique. Alors quelles réponses nos élus peuvent-ils apporter ? Comment retrouver de l'apaisement ? Et quelles sont les marges de manœuvre du Parlement et de l'État à l'approche de l'élection présidentielle ? On en débat aujourd'hui avec nos invités, trois députés barinois, Théo Bernard, élus pour le Rassemblement national. Emmanuel Fernandez, député de la France Insoumise. Vincent Thiebaud, député Horizon. Bonjour. Et Philippe Breton, politologue. Bonjour à tous les quatre et merci d'être avec nous. Une émission enregistrée, je le précise, ce vendredi avant l'acte 3 de la mobilisation. On va tenter de dézoomer un peu, de se montrer constructif. Théo Bernard, je me tourne vers vous. Selon une enquête Odoxa parue cette semaine, les Français interrogés estiment majoritairement que la crise profite à Marine Le Pen, ce qui est en train de se passer depuis un mois. Finalement, est-ce que c'est tout bénef pour votre parti
Non, ce n'est pas une question d'avoir un bénéfice pour telle ou telle partie. Moi, ce que je vois aujourd'hui, c'est qu'avec toutes les crises qui s'enchaînent, on voit... Beaucoup de scènes de pillage et de scènes où des casseurs viennent faire des exactions, notamment envers différents commerces. Et je pense aussi beaucoup à toutes ces personnes qui voient aujourd'hui le travail d'une vie qui est anéantie, qui brûle. Je pense également aux policiers, aux forces de l'ordre qui sont pris à partie, mis à mal. Est-ce que ça
valide un peu les constats que vous faites ?
Bien sûr que ça veille les constats qu'on fait, mais ça fait des années que l'on fait ces constats et que personne ne nous écoute. On
va voir tout à l'heure comment on vous tenterait peut-être d'y répondre. Emmanuel Fernandez, le chaos qu'on voit dans les rues depuis un mois, est-ce que c'est pour vous un mal nécessaire pour que le système change
moi, c'est l'aboutissement de 10 ans de macronisme. La crise reliée à la vie chère, celle reliée aux revendications légitimes des lycéennes et des lycéens, sont simplement le résultat de dix ans de politiques qui ont mis le pays complètement à l'envers. Je tiens à commencer par dire que les revendications lycéennes sont totalement légitimes. On parle de l'abrogation de Parcoursup, cette espèce d'épée de Damoclès, qui fait que les lycéennes et les lycéens ne savent pas ce qu'ils vont devenir, quel que soit leur résultat. À la fin, ça passe par un algorithme. C'était mieux avant, sans parcours ? Au lycée, il faut absolument que l'État dote les collectivités territoriales et régionales pour faire en sorte que ces revendications puissent être entendues. Et sur la vie chère, le panier moyen 13 produits du quotidien est passé en quelques années, en 5 ans de 2021 à 2026, de 24 euros à 33 euros, 13 produits du quotidien. Quand on va à la caisse, c'est absolument insoutenable, insupportable. On
va y revenir sur le pouvoir d'achat. Vincent Thiebault, je me tourne vers vous. Le bloc central paraît inaudible dans cette crise. un petit peu entre le Rassemblement national et LFI, comment est-ce qu'on fait pour exister, finalement, pour porter le message
En fait, il faut bien comprendre aussi que la situation, c'est la convergence de beaucoup de choses. Nous subissons depuis 2020 toute une succession de crises inédites. Ça commence avec la crise de la Covid, où je vous rappelle, on n'a jamais vécu ça dans notre pays, le confinement, l'économie à l'arrêt. Ensuite, on a eu la guerre en Ukraine, qui effectivement était une crise énergétique qui s'en est suivie, qui a mis à mal la reprise dans laquelle nous étions à ce moment-là, plus maintenant la crise géopolitique qui découle aujourd'hui des problématiques économiques et financières que nous avons actuellement. Mais vous avez bien conscience que
les Français n'entendent plus ça ? Les Français n'entendent plus. Ça fait six ans maintenant que le Covid s'est déclaré. Je l'entends que les Français n
'entendent plus. Et c'est toute la problématique justement des marges de manœuvre. de ces éléments ne sont pas ni les choix de l'État français ni les choix des politiques en place. C'est que nous en soumissons et que malheureusement la succession de ces crises où, je vous rappelle quand même que la crise de Covid, c'est quand même près de 500 milliards qui ont été mis en place par l'État pour subvenir aux besoins des Français, maintenir les salaires au moins à hauteur de 85% et surtout pouvoir sauver nos entreprises. Mais personne n'aurait pu imaginer que derrière, nous aurons eu une guerre en Ukraine, que derrière, nous aurons eu le 2-3 d'Or. Il n'y a
évidemment pas de réponse facile. On va y revenir.
Moi, ce que je regrette par rapport à aujourd'hui, c'est que dans la situation dans laquelle nous sommes, notre pays, nous devions avoir une concorde. En tout cas, nous, on l'appelle depuis 2022 et d'autant plus depuis 2024. Or, qu'est-ce qu'on voit ? on voit le renforcement des divergences, des jeux, des fois politiques, sur lesquels les Français. Et je pense qu'il n'y a pas de vrai gagnant dans l'histoire. Parce qu'en fait, on perd le sens de la nation, on perd la notion de faire face ensemble, dans ces moments d'histoire où la France a su faire face ensemble, quelles que soient ses origines politiques. On verra
juste, Philippe Breton, il n'y a pas de réponse simple, évidemment, mais est-ce qu'il y a un dénominateur commun dans toutes ces crises qui se superposent ?
on peut essayer de faire un diagnostic, même si on est un peu au cœur de l'événement. Je crois qu'il y a trois crises. Tout le monde est d'accord sur le plateau sur l'idée qu'il y a des crises. Après, chacun attribue les causes en fonction de ses choix. Mais il y a au moins trois crises qui sont en train de converger. Je crois que c'est ça la spécificité du moment que nous vivons. Elles convergent. La première crise, il y a trois crises qui viennent de loin. La première crise, c'est les fractures sociales qui fracturent notre pays. Ville-campagne, banlieue-centre-ville. Et puis une nouvelle fracture qui vient d'émerger, mais qui elle aussi vient de loin, entre jeunes et retraités. On voit bien qu'il y a une tension spécifique qui est en train de se poser. Ça, c'est la première crise. La deuxième crise, c'est la montée. Mais là encore, ce n'est pas d'aujourd'hui. La montée de la violence. et surtout la convergence de la violence délinquante et de la violence politique. Je crois que c'est ça aussi qui marque cette rentrée. Et puis la troisième crise, c'est l'impossibilité, et là je crois que le Parlement est au cœur de cette question, de trouver une réponse collective, de construire une réponse collective aux vrais problèmes qu'on a devant nous. qui n'est pas un problème politique, mais qui est un problème économique, c'est-à-dire le mur de la dette et la nécessité qu'il y aurait normalement dans notre pays de trouver une réponse collective. Et là aussi, on voit que ça ne marche pas et on le verra dans les semaines qui suivent. Sur
la violence, Emmanuel Fernandez, l'EFI est beaucoup pris à partie, alors à tort ou à raison, d'attiser un petit peu les foyers de violence. Comment est-ce qu'aujourd'hui, on retrouve de l'apaisement ? Parce que c'est aussi ce que réclame finalement une majorité de Français.
voudrais reprendre les trois points. La première crise qui serait reliée aux fractures sociales. D'où elles proviennent ? Elles proviennent du fait... Je l'ai dit, qu'un gouvernement, que les gouvernements successifs macronistes depuis dix ans maintenant, ont mis en œuvre des politiques qui divisent le pays. Ils ont... gavés les ultra-riches, ils ont appauvri les plus pauvres. Plus d'un million de pauvres en plus. Et on voit que les 500 patrimoines cumulés pour les plus riches dans ce pays sont passés de 500 milliards en 2017 à 1 200 milliards en 2024. Voilà le début, très clairement, la racine de la cause des crises liées aux fractures sociales. Sur les violences, vous avez cité des violences de délinquants qu'il faut condamner, évidemment, y compris la délinquance politique, jusqu'à la candidate du RN à l'élection présidentielle condamnée pour sa délinquance. par rapport aux 4,5 millions qu'elle a volé à l'Union européenne. Il faut condamner aussi, vous n'avez pas cité les violences policières. Il y a des violences policières qui sont documentées. Il faut aussi les intégrer dans votre diagnostic, je crois, M. Breton. Et ensuite, sur la légitimité... Qu'aurait ce gouvernement ? Mais comment on retrouve de l'apaisement ? Pardon, j'y reviens, mais ce qui se passe dans la rue... Comment trouver de l'apaisement ? Il faudrait pour cela avoir un gouvernement et un président de la République qui souhaitent le dialogue, qui souhaitent discuter. Quand on a quelqu'un qui a mis en place... Il y a eu des choses qui ont été
mises en place sur la table pour les lycéens, et également le prix du diesel qui va baisser... A priori, les
lycéens et les lycéennes ont estimé qu'il ne s'agissait pas d'une réponse convenable, et elles souhaitent continuer l'immobilisation. Nous les souviendrons. Si elles souhaitent... Moi, je voudrais dire quand même à mon collègue Vincent Thibault, ce gouvernement, ce président n'est plus légitime. à pouvoir amorcer un dialogue. En 2023, vous avez imposé de force au pays... Il a été réélu, mais ça veut dire que pendant... Non, mais après ça, après ça... Il a été élu avec vos voix également. Je vais juste terminer une phrase, vous pourrez ensuite enchaîner, on va essayer de se respecter. En 2023, le président de la République a imposé au pays entier une réforme dont 91% des actifs ne voulaient pas, c'est-à-dire les personnes concernées. La réforme des retraites par 49-3, passé l'âge de 62 à 64 ans, il y avait eu là aussi parmi les plus fortes mobilisations... de l'histoire du pays. En 2024, une dissolution demandée par le chef de l'État lui-même. Et la conséquence a été la victoire du nouveau Front populaire, ignorée par le président de la République, qui n'a pas nommé de Premier ministre ou de Première ministre du nouveau Front populaire. Et donc, il y a une structure totale de confiance. On ne va pas revenir sur les législatives
de 2024. La question, c'est comment est-ce qu'on retrouve de l'apaisement ? Monsieur Fernandez, vous avez parlé pendant suffisamment longtemps pour ce point-là. Théo Bernard, comment est-ce qu'on retrouve de l'apaisement ? C'est ça l'objectif ? Déjà,
en essayant de faire en sorte que M. Mélenchon ne souffle pas sur les braises, à chaque fois, on... Vous faites sur les
braises en s'invectivant entre LFI et ARN ?
Nous, on n'invective personne à l'Assemblée nationale. A chaque fois qu'on se peut invectiver, c'est LFI qui nous insulte. Et on l'a encore vu jeudi. Ils n'ont pas arrêté de nous insulter lors des débats de leur niche parlementaire. On a vu votre obstruction sur le remboursement. Monsieur Fernandes, s'il vous plaît, laissez parler. Monsieur Fernandes, l'instruction, c'est faire en sorte qu'il n'y ait pas de texte qui soit voté. Le texte a été voté à la fin, donc il n'y a pas eu d'obstruction. Pour retrouver de la concorde, pour retrouver de l'apaisement, déjà, oui, il faut dialoguer. Il va falloir dialoguer. trouver les chemins qui puissent nous aider dans un contexte en effet qui est difficile au niveau économique. Et c'est vrai que l'Assemblée nationale, aujourd'hui sans majorité, on a du mal à trouver un budget, on a du mal à trouver en effet une issue, une porte pour sortir de cette crise. Je crains malheureusement qu'il va falloir qu'on attende ces élections présidentielles qui vont permettre d'avoir une... C'est dans six mois, c'est long quand même. C'est long en effet, mais aujourd'hui, en tout cas pour... Empêcher ce blocage politique qu'on a à l'Assemblée nationale, il va falloir de toute façon qu'on fasse une dissolution de l'Assemblée nationale, qu'importe le président ou la présidente, j'espère, qui va être élue, il va falloir une dissolution pour retrouver une majorité stable à l'Assemblée nationale, pour qu'enfin le Parlement puisse faire son travail et que des budgets soient adoptés. On le voit par exemple... Plusieurs mesures qu'actuellement, on a des débats budgétaires à l'Assemblée nationale, notamment sur le pouvoir d'achat, ce qui est une revendication des personnes qui manifestent aujourd'hui. Personne n'écoute nos propositions. Aujourd'hui, on nous demande de libérer les stocks stratégiques de gazole en France. Ça a été fait, mais ça fait deux, trois ans qu'on le demande, nous, au Rassemblement national. Donc faire plus encore pour le pouvoir d'achat. Bien sûr qu'il faut faire plus encore, notamment sur
les taxes sur les énergies. Justement, on parlait de cette ristourne sur le prix du diesel. Il y a également des choses qui ont été mises sur la table, la loi du casseur-payeur que le Sénat a adoptée en première lecture. Est-ce que le gouvernement, selon vous, il est à la hauteur des événements, de ce qui se passe dans la rue ?
Vous m'excusez, mais déjà je voudrais m'excuser auprès des téléspectateurs, parce que nous avons ici l'illustration quand même de ce que nous ne sommes pas capables de faire, c'est-à-dire à un moment donné, face à une situation qui doit nous préoccuper tous et toutes, de pouvoir dialoguer et trouver par un esprit de concorde. des solutions. Il y a des échéances, effectivement, dans six mois, mais comme vous l'avez dit, c'est dans six mois. On a six mois à travailler ensemble. Et ce qui m'inquiète, moi, profondément, et je pense que c'est ce qui est à l'origine aussi. de l'angoisse et de la peur de l'ensemble des citoyens, cette incapacité entre nous de pouvoir nous entendre, trouver en tout cas des compromis. Trouver des compromis. Je ne vis personne en particulier. C'est une réalité. Et il y a aussi, je le dis aussi, des gens dans le bloc central qui sont aussi... Qui n'aident pas. Plus de dialogue. Voilà. Mais il faut absolument qu'on retrouve cette expérience. C'est ce que attendent de nous, les Français et les Françaises. Et d'ailleurs... L'illustration a été les législatives de 2024. Les Français et les Françaises ont choisi des élus. Moi, je ne vais pas remettre en cause la légitimité de qui que ce soit. Et ils nous ont demandé quoi. Voilà, vous êtes à l'Assemblée, elle est diverse. À vous de travailler ensemble, de vous entendre. Et ce qui amène à quoi, c'est qu'aujourd'hui, une perte de confiance totalement à l'État, totalement aux hommes politiques, où on montre à la télé des scènes où on passe notre temps à nous affectiver dans l'hémicycle. alors qu'il y a des sujets primordiaux sur lesquels nous devons avancer et apporter une raison. Cette brutalité du discours,
Philippe Breton, elle a un vrai impact négatif sur les Français et la vie qu'ils se font de leur politique
Le téléspectateur est un petit peu ambivalent, s'il me permet. À la fois, il y a un spectacle qui est offert, il peut y avoir un petit plaisir à voir les gens s'affronter, mais sur le fond, je crois qu'il y a une vraie frustration, une vraie insatisfaction. Quand on remplace, et c'est ce qui est en train de se passer, et c'est un petit peu tragique sur les plateaux, dans les débats au Parlement, quand on remplace l'argumentation par l'invective, je crois que là, les gens ne suivent plus au-delà, je dirais, du
spectacle
immédiat. Il y a une vraie frustration. Et je crois que si on faisait des enquêtes d'opinion extrêmement précises sur ce point, on constaterait que, alors d'une part, ce n'est pas tellement une défiance vis-à-vis des politiques, c'est une défiance de la façon dont ils font en ce moment. Il y a une crise, on se déchire. Quelque chose ne va pas dans l'équation
Monsieur Fernandez, on va parler de la jeunesse, un sujet qui vous est cher. Par exemple, sur les lycéens et les étudiants, quelles mesures pourraient vous satisfaire la France insoumise et faire en sorte que vous puissiez dire qu'il est temps de retourner à l'école ou à la fac ?
crois qu'il faut tout simplement répondre aux revendications légitimes de l'aveu même du Premier ministre Sébastien Lecornu, les revendications légitimes des lycéennes et des lycéens. 10 milliards, ça tombe bien, on est en train d'examiner le budget à l'Assemblée nationale. Il faut 10 milliards cette année, il faudrait 50 milliards sur 10 ans pour rénover l'ensemble des lycées dans le pays. Faisons-le, votons-le. puisque ces revendications sont légitimes, puisque des lycées ont des plafonds qui s'effondrent, puisque des lycées, par exemple, comme sur ma circonscription à coup final, n'ont pas de sanitaires ou pas assez de sanitaires pour tout le monde. Les lycéennes et les lycéens sont obligés de faire leurs besoins dans la cour. Je tiens quand même à dire de quoi on parle. Des rats dans les cantines, on parle de murs qui s'effritent, de températures insupportables, l'été comme l'hiver. Donc c'est de ça dont il s'agit. C'est comme ça qu'on pourra avancer, faire en sorte qu'on puisse étudier dignement dans ce pays. Parcoursup, il faut l'abroger et non pas simplement le toiletter en disant qu'on mettra un peu plus de transparence et puis que malgré tout, vous serez bloqué, mais vous saurez pourquoi. Bon, le sujet, ça n'est pas d'être bloqué à la fin du lycée, c'est de pouvoir choisir son avenir. C'est ce que demandent les jeunes et je crois qu'ils et elles ont raison. Donc la réponse, c'est de leur... répondre en votant les 10 milliards à l'Assemblée. On peut discuter entre nous, mais discuter pourquoi si ça n'est pas pour aboutir aux résultats qui permettent de répondre aux besoins. Et ensuite, je voulais quand même reparler du pouvoir d'achat parce que la violence, vous parlez de violence, la violence c'est celle qui fait que dans ce pays, une personne sur trois reconnaît renoncer régulièrement à un repas par jour. Dans un pays comme la France, rendez-vous compte, après 10 ans de macronisme. Donc je crois que ce qu'attendent les gens de nous, ce n'est pas que nous discutions poliment à l'Assemblée nationale, c'est que nous trouvions des solutions. Il faut confronter projet contre projet. Et nous sommes, pour des prix bloqués, sur des produits de première nécessité, nous sommes aussi sur... 1,70 € à la pompe pour le carburant et prendre sur les marges des raffineurs qui ont explosé. Total a annoncé hier 8 milliards de profits en trois mois. Et c'est là que l'argent se trouve. Total fait les poches à celles et ceux qui vont à la pompe. Il faut bloquer les prix. 1,70 €, c'est ça qu'il faut faire. Et ce n'est pas de discuter poliment entre nous. Ça ne réglera pas le problème des gens.
Il y a aussi, Vincent Thiebaud, un problème peut-être de perspective, d'espoir et d'optimisme pour les jeunes. Au-delà des mesures concrètes, qu'est-ce que vous leur offrez au bloc central, à ces jeunes qui craignent de voir leur futur métier remplacé par l'IA ?
On est aujourd'hui face à une situation où c'est plus que la problématique de Parcoursup. Croire que Parcoursup, c'est la pierre angulaire de la problématique des jeunes aujourd'hui, c'est se tromper. Moi, j'ai deux enfants qui sont en terminale cette année. Mais je vois aussi ce qu'ils ont vécu depuis six ans. Ils ont vécu le confinement. Ils ont vécu ces actualités où on parle de guerre constamment. Ils vivent le changement climatique. Effectivement, il y a une angoisse. Et d'ailleurs, dans l'expression, excusez-moi, mais... Les jeunes expriment une angoisse au parcours SUP alors qu'ils ne l'ont pas encore utilisé. 'est ça aussi qu'il faut entendre. Donc il y a quelque chose de bien plus profond.
Mais ça, c'est encore une fois le constat. Qu'est-ce qu'on fait justement pour leur répondre ? Là, dans les six mois qui viennent, on a bien compris ce que disait M. Bernard. Il faut
les écouter. Il faut effectivement qu'on y mette les moyens, mais pas que des moyens techniques et technologiques, des moyens humains dans l'écoute. Moi, je passe beaucoup de temps, en tout cas, durant l'année, à rencontrer les jeunes. Je vois aussi qu'il y a une vraie fracture territoriale. Ça a été évoqué tout à l'heure. Moi, globalement, les lycées, chez moi, il n'y a pas eu de sujet majeur. Ils ont tous été rénovés. J'ai trois lycées principaux, généraux et deux lycées professionnels d'un lycée privé. Ils ont été rénovés. Ça se passe bien. Il n'y a pas eu de manifestation majeure. Il n'y a pas eu de manifestation majeure. Et en tout cas, il y a un gros effort fait aussi par les entreprises locales et les EU locaux sur le sujet de l'orientation. Chaque lycée fait des journées de porte ouverte. Il y a un salon de... parce qu'on a un territoire qui est très industriel. Globalement, quand je discute avec les jeunes lycéens, je ne
dis
pas qu'ils vont bien, mais le sujet de la présentation, on a un territoire qui est très dynamique. C'est vrai qu'on a, j'entends, et j'entends ce qui est dit ultimement sur les lycées dans les métropoles, je pense qu'il y a un vrai sujet, et cette fracture territoriale est réelle, elle se ressent au niveau aussi de notre jeunesse. Et la problématique après, c'est qu'il faut leur donner confiance en eux. leur dire qu'ils ont la chance d'être dans un pays avec la réforme de l'apprentissage, même s'ils font une mauvaise orientation, ils ont la possibilité de faire l'alternance jusqu'à l'âge de 30 ans. C'est-à-dire qu'on est dans un pays où aujourd'hui, j'ai le droit de me tromper et j'ai le droit de changer. Un tiers des Français changent de métier dans leur vie. Donc c'est les rassurer et leur dire. Et leur dire aussi que, moi ce que je dis toujours aux chefs d'entreprise, je dis toujours que j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Je leur dis que vous êtes meilleurs que vos parents. vos enfants, ils sont meilleurs que vous. Il faut qu'on leur fasse confiance aussi. Il faut qu'on leur dise aussi, il faut qu'on leur redonne sa confiance. Parce que la solution, 'est notre jeunesse, notre richesse, c'est notre jeunesse. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a un contexte qui est assez anxiogène. Pour terminer sur le sujet de Parcoursup, il y a un gros sujet aussi que moi, je vois avec mes enfants, c'est la... La mixité entre Parcoursup et la réforme du bac. Qui fait qu'aujourd'hui, moi j'ai vu ma fille, pas plus tard qu'il y a un mois, qui a passé une épreuve, il s'avère qu'elle n'était pas bien ce jour-là, elle était malade. Elle était dans une angoisse terrible parce qu'elle est persuadée à avoir une mauvaise note et que ça va jouer sur son orientation. Et donc là-dessus aussi, il faut qu'on soit beaucoup plus en amont sur l'orientation, l'accompagnement. Et je trouve qu'on ne parle pas assez de l'école primaire. Parce que tout se joue. sur l'école primaire et la maternelle. Théo Bernard, sur l'éducation,
l'école, est-ce qu'on ne se trompe pas de sujet en vantant le gouvernement, par exemple, qui a fait des gestes sur les lycées, a débloqué quelques milliards, mais qui de l'IA, par exemple, c'est un vrai sujet ? Est-ce que craignent les jeunes ? D
'abord, un petit mot sur Parcoursup. Moi, j'ai été la première génération à avoir Parcoursup, quand je suis passé dans le supérieur. Et je comprends tout à fait cette angoisse. Même si moi, je n'avais pas encore eu la réforme du bac à l'époque. Mais je comprends cette angoisse-là parce que je l'ai vécue et j'ai vécu du coup Parcoursup. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, et M. Thibault, vous l'avez dit également, c'est que... On a la réforme du bac qui fait qu'à partir du mois d'avril, on a des jeunes qui décrochent, qui ne vont plus en cours et qui, jusqu'au mois de septembre pour la rentrée d'après, ne vont plus en cours et donc n'ont plus accès au savoir. Et ça, c'est aussi un problème. Donc je pense qu'en effet, Parcoursup, aujourd'hui... Il faut vraiment le nettoyer de fond en comble. Il y a trop de propositions d'orientation, des fois qui sont un peu floues. Il faut repartir sur des choses qui soient plus claires, avec des algorithmes qui soient certifiés, labellisés et qui soient transparents. Et vous parlez de l'IA, je pense que... Aujourd'hui, il n'y a pas que l'université également dans l'orientation. Il y a aussi la filière professionnelle. Et ça, ça se fait en amont encore du lycée. Ça se fait déjà dès le collège, dès la troisième, où je pense qu'il faut qu'on remette la filière professionnelle, donner de la dorure à la filière professionnelle. Justement, on va avoir l'IA, on va avoir la robotique, on va avoir la technique qui aujourd'hui se développe. On va avoir besoin de jeunes qui s'orientent dans ces sujets pour plutôt que l'IA nous remplace, que l'on travaille avec l'IA. L'IA, moi je suis sûr qu'à partir du moment où a des personnes qui sont formées et qui savent l'utiliser à bon escient et correctement, ça ne va pas remplacer des emplois et des postes, ça va justement aider d'autres personnes à avoir de nouveaux postes pour justement apprivoiser l'IA.
Avant de passer à la dernière partie, Philippe Breton, vous vouliez réagir sur ce point-là ? Ouvrir les vannes de l'université, ce n'est pas forcément la bonne solution ?
Non, c'est étonnant comme tout est politisé aujourd'hui. L'IA, dont on pourrait s'attendre qu'on ait une réflexion collective un peu rationnelle sur le sujet, est en train d'être investie. Comme ça, il y a des camps politiques qui ont des avis différents sur l'IA. C'est tout à fait significatif de ce moment où on politise un petit peu tout. L'anxiété des lycéens. Elle est curieuse, cette anxiété, quand on la regarde de près. D'un côté, ils critiquent Parcoursup, mais je crois que tout le monde est d'accord sur Parcoursup, ce n'est pas un sujet. À la fois, ils veulent aller à l'université, mais je crois que beaucoup de lycéens ont conscience du fait que, même s'ils vont à l'université, les diplômes qu'ils obtiendront ne leur donneront pas les emplois correspondants au niveau de diplôme. Et ça, c'est une vraie anxiété sur le fond, parce que ça concerne l'ensemble de la vie et pas simplement un passage de ce point de vue-là. Et nous avons raté en France un coche. Il n'est pas trop tard. C'est celui de voir enfin en face, et de le dire, la noblesse du travail manuel. et du travail technique. Je constate qu'aux États-Unis, y a un désamour qui est en train de se mettre en place sur l'université et un retour à ce type de métier.
Donc ça va bien au-delà, évidemment, des mesures concrètes. Et sur l'IA, l'IA ne
remplacera jamais.
Il nous reste un peu plus de cinq minutes. Juste rapidement, on va passer au dernier point. On l'a dit tout à l'heure, vous l'avez évoqué, M. Thiebaud, il reste six mois avant l'élection présidentielle. Qu'est-ce qu'on fait pendant six mois, Emmanuel Fernandez ? On va tous les samedis dans la rue pour manifester ? Ou est-ce qu'on renoue aussi avec le dialogue ? C'est quoi votre horizon pour ces six prochains mois
j'ai toujours conduit mon mandat avec, comme on dit, un pied dedans, un pied dehors, c'est-à-dire pleinement à l'Assemblée nationale. Je fais partie des députés, d'ailleurs, les plus présents pour voter, dans les 10% les plus présents pour voter à l'Assemblée nationale, mais également très présents. Sur le terrain et notamment dans les mobilisations, lorsqu'elles sont légitimes. Et la plupart du temps, quand le peuple, quand des citoyennes, des citoyens ou des associations se mobilisent, c'est qu'il y a des raisons. Il faut entendre les besoins, il faut écouter les besoins. Nous les avons traduits dans un programme qui s'appelle l'Avenir en commun et que Jean-Luc Mélenchon présentera à l'élection présidentielle en 2027 et qu'évidemment, je soutiens. Donc nous faisons campagne, c'est une sorte de campagne permanente, mais il faut entendre les besoins. Et je ne voudrais pas finir cette émission sans parler d'une autre crise, la crise du racisme qui monte dans ce pays. et qui est en train d'exploser partout jusqu'à la mort d'une personne à Trapp, Pengo Bossio Wangui, tué par un terroriste raciste, inspiré par les idées du Rassemblement national, puisqu'ont été trouvées chez lui des autocollants du Rassemblement national. Évidemment que ce cas est très important, mais aujourd'hui on est sur la résolution et c'est de trouver des perspectives pour la crise sociale. Je veux vous parler, je termine l'émission sur ce mot-là, qui est de dire que cette crise est profonde. Le collègue Thiebaud disait que les lycées, chez lui, ça va plutôt bien. Il y a une fracture territoriale dans le pays. Il y a certaines zones, certains quartiers qui sont désœuvrés. En tout point, les lycées, c'est bien pire là-bas. D'accord. On a bien compris, monsieur Fernandez. Il reste un peu plus de trois minutes. Je suis obligé de
passer la parole à vos collègues députés. Monsieur Bernard, vous vouliez réagir. Et également, même question, qu'est-ce qu'on fait pour les six prochains mois ? Aujourd
'hui, il faut qu'on soit à l'écoute de nos concitoyens et de nos compatriotes. Pour le coup, c'est... Et c'est un point où je rejoins M. Fernandez, c'est qu'il faut être à la fois à l'Assemblée nationale afin de défendre les personnes que nous représentons, afin de défendre les Français. Et nous avons aussi besoin d'être sur le terrain pour pouvoir entendre les préoccupations des Français et des Français. Vous êtes déjà dans l'après ? Non, ce n'est pas une question de dans l'après, là c'est le pendant. Moi ça fait depuis que je suis élu que je fais ça. Je suis à chaque fois, tous les week-ends, je vais sur le terrain pour aller discuter parce que... Et finalement, c'est ce que j'ai remarqué, c'est que si jamais il y a des personnes qui ne veulent pas venir à nous, c'est que si les députés viennent à eux, ils vont avoir plus de facilité à parler de leurs problèmes. Et après, on pourra réussir, et ça m'arrive à plusieurs reprises, réussir à trouver des solutions à différents problèmes qu'ils ont, des problèmes personnels, des problèmes fiscaux, des problèmes d'hébergement, etc. Donc aujourd'hui, il faut rester présent sur le terrain, pouvoir écouter, présenter, évidemment, un programme qui arrivera. Pour nous, ce sera la Renaissance pour la France, monsieur. Monsieur Fernandez faisait la pub pour son candidat, je fais la pub pour ma candidate. Mais voilà, l'important c'est de rester présent, écouter, parce qu'on a besoin justement d'avoir une oreille attentive pour les personnes qui aujourd'hui sont vraiment au plus mal.
Et je vais passer à Monsieur Thiebaud, vous aussi vous pouvez faire la pub de votre candidat peut-être. Edouard Philippe, qu'est-ce qu'on fait dans les six prochains mois ? Les six prochains
mois déjà, moi en tant que député, je pense qu'il faut que... Voilà, c'est désespérant ce genre de choses. Je pense qu'on montre une autre image aux Français et aux Françaises. Et que pendant six mois, on soit capable d'être dans la concorde pour faire face. Parce que c'est certainement pas en se chamaillant comme nous le faisons, en tout cas comme on peut le voir à l'Assemblée nationale, que nous vous apporterons des réponses. Et nous apporterons des réponses. Dans six mois, les Français auront le choix. Et moi je pense, si il faut faire la pub à un candidat, moi je vous déterminerai juste... Parce qu'il dit, qui est son slogan de campagne, il faut croire en nous. La France a d'énormes potentiels, elle a d'énormes atouts. Nous avons tout en nous. Et d'ailleurs, quand je discute avec des collègues de l'étranger, parce que nous nous rencontrons beaucoup à l'étranger, ils nous regardent quand même d'une manière assez dingue en disant que vous êtes fous en fait. En France, vous nous avez tout. Il faut par contre qu'on retrouve cet esprit de faire nation. Il faut qu'on retrouve cette capacité à pouvoir retrouver cet esprit concorde qui a fait la force de la France dans les moments les plus difficiles. Et c'est certainement par en nous divisant, en nous facturant, que nous arriverons à répondre aux problématiques des Français et des Françaises et à les rassurer sur un avenir possible. Voilà.
Quand il y a crise, il y a de l'espoir, M. Breton, très rapidement ?
En un mot, très rapidement, je trouve cette campagne électorale qui va durer très longtemps, elle est extrêmement abrasive. Et on voit qu'il y a une usure des candidats. Et la place pour un homme ou une femme providentielle n'est pas tout à fait exclue.
C'est sur ces mots qu'on va se quitter. Merci en tout cas à tous les quatre d'avoir participé à cette émission. Et on continuera évidemment d'évoquer ces sujets, M. Fernandez, comme les autres, ces mobilisations qui se poursuivront et que vous pourrez suivre dans vos éditions, ici 12-13 et ici 19-20. Merci beaucoup de nous avoir suivis et excellent dimanche à vous. Merci à tous les quatre.
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