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Votre fonds de commerce, madame, c'est une capacité abusive et irresponsable de désordre et de nuisances dans la société française. se demande même si vous êtes encore républicaine, car la liberté, avec votre passion, on le voit dans votre livre, votre passion pour le marxisme-léninisme, c'est contre la liberté. L'égalité, votre folie de l'égalitarisme qui ruine toutes les chances de ceux qui veulent évoluer dans la vie. C'est contre l'égalité. Et enfin, votre haine des patrons, des possédants, alors que vous devriez tout au contraire être des artisans de paix, c'est contre la fraternité.
C'est sa première dans les GG. Numéro 1 de la CGT, elle est Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, face aux grandes gueules. Bonjour Madame
Binet. Bonjour. Ça y est, c'est la guerre des parcours, une fois de plus, à la veille d'une nouvelle journée d'action. Pourquoi vous souhaitez à tout prix défiler dans les centres-villes ?
Parce que c'est le principe pour les manifestations depuis que les manifestations existent. C'est-à-dire d'abord si on a envie de manifester c'est pour être vu. Ensuite on a aussi envie d'avoir des parcours accessibles facilement et sans trop. Et c'est le principe d'un centre-ville. Et donc ce que nous souhaitons c'est pouvoir avoir des parcours validés longtemps à l'avance pour pouvoir préparer les choses sérieusement avec les mairies. Pour que les manifestants et manifestantes sachent où se rendre. Et ce qui est très grave dans la situation actuelle c'est que... Cette journée du 5, ça fait un mois qu'on l'a annoncé. À Paris, ça fait... plus de 15 jours qu'on a fait une demande de parcours. Quel parcours ? Donc on a demandé la demande initiale, c'est Bastille-Concorde. Mais ce qu'on fait toujours, c'est qu'il y a une demande initiale, puis après on négocie avec la préfecture. Et là, depuis 15 jours, il n'y a aucune négociation avec la préfecture de Paris, aucune négociation sérieuse. Juste ce qui nous est dit, c'est pas de centre-ville, le boulevard des Maréchaux. Mais ce n'est pas sérieux de nous imposer que les manifestations fassent le tour du périphérique. Ça
s'est bien passé samedi dernier ?
ça s'est bien passé parce qu'on a pris nos responsabilités et qu'au dernier moment, on a dit,
voilà,
on ne va pas rajouter du bazar au bazar. Le
Conseil d'État aussi a validé le parcours de la préfecture, a rejeter vos demandes.
Oui, mais sauf que faire ça deux heures avant un début de manifestation, franchement, ce n'est pas sérieux. Et là, c'est une entrave très lourde à la liberté de manifestation, c'est du jamais vu. On a rencontré le Premier ministre avec tous les secrétaires généraux des organisations syndicales, c'était le 21-22 octobre. juste au lendemain du fiasco du gouvernement sur le 17 octobre. Et lors de ce rendez-vous, le Premier ministre s'est engagé à faire en sorte que les manifestations du 5 novembre se passent bien. Et donc à ce qu'on puisse bien travailler avec la préfecture. Nous, ce qu'on constate aujourd'hui, c'est qu'il y a des difficultés à Paris, mais ce n'est pas qu'à Paris. Donc là, on ne sait pas
où vous allez défiler demain. Mais non, c
'est une honte, ça n'est pas sérieux de travailler comme ça. On a recensé 20 départements où la situation est pareille. C'est par exemple le cas à Tours. Non, à Rennes, à Toulouse, à Lyon, au Mans, à Nantes, à Annecy, à Pau, à Bayonne, à Amiens, à Auxerre, à Bourges, à Saint-Brieuc, etc. Franchement, ce n'est pas sérieux de
travailler comme ça. Oui, mais vous parlez de la liberté de manifester qui est un droit constitutionnel. La liberté aussi du commerce est un droit absolu. Or, entendez les commerçants qui disent que ces manifestations sont mauvaises pour le commerce. Non pas qu'ils ne partagent pas leurs vendications, parce que sans doute beaucoup d'entre eux partagent leurs vendications, mais ils savent... Très bien que lorsqu'il y a une manifestation qui passe avec le risque de casse, et tout le monde a en mémoire ce qui s'est passé le 17 octobre, et bien même s'il ne se passe rien, s'il n'y a pas de pillage dans leur commerce, mais les gens ne viennent pas. Les gens désertent à ce moment-là, les centres-villes ne vont pas faire leur course. Est-ce que vous entendez ? Parce que ce sont aussi des travailleurs et des travailleuses ces commerçants. Bien sûr,
bien sûr. Non mais moi je pense que le premier problème des commerçants, c'est que les gens désertent leur commerce parce qu'ils n'ont plus rien dans les poches. C'est quand même ça le problème, c'est que la consommation elle chute, on ne peut plus rien se payer, même à manger, et déjà il y a les travailleurs et les travailleurs. qui peuvent plus se payer à manger correctement alors je parle même pas du restaurant des loisirs ou des petites sorties du week-end donc le premier problème c'est ça ensuite sur les manifestations bon ça fait 130 ans que la cgt existe ça fait 130 ans qu'on a démontré qu'on savait sécuriser nos manifestations et encore une fois on en a eu la preuve le 24 et le 31 octobre ça s'est très bien passé de
plus en plus de violence aussi vous le savez des casseurs des piliers ça c'est comme des phénomènes oui plus en plus prégnant enfin
ça dépend ça dépend il ya eu un gros problème le 17 octobre mais c'est le fiasco du gouvernement qui a fait n'importe quoi et d'ailleurs qu'il a reconnu en commission d'enquête qui a fait n'importe quoi et là le souci c'est que en se prenant de telle manière pour les manifestations de demain mais on organise le chaos moi la question que je pose mais bien sûr à quoi joue le gouvernement ça fait un mois qu'on lui dit nous sommes disponibles pour préparer les choses avec les mairies donc quand on travaille avec les mairies d'abord on prépare les parcours à l'avance on dégage les poubelles les vélos les voitures pour qu'il y ait des mesures qui soient prises. Nous, on anticipe en informant les manifestants et manifestantes, en travaillant sur la dissolution des cortèges, etc. Là, de la veille, pour le lendemain, nous imposer des parcours sortis de nulle part, ça n'est pas sérieux. En plus, c'est des parcours... puisque le parcours qui nous a été imposé sur les maréchaux, d'abord c'est marcher sur une voie de tram pendant des kilomètres, donc avec des irrégularités, des risques de tomber, des poteaux dans tous les sens, plein d'entrées de périphériques. qui n'étaient pas sécurisés, des ponts. Quand on construit un parcours de manifestation, on évite les ponts. On sait que c'est dangereux. Là, il y avait plusieurs ponts. Et c'est la même chose sur beaucoup de parcours qui nous ont imposé dans d'autres villes. Donc moi, j'appelle là ce matin, solennellement, le gouvernement a retrouvé la raison. On ne peut pas travailler de cette façon-là. On ne peut pas piétiner de cette façon-là les libertés fondamentales. La liberté de manifester, c'est une liberté fondamentale quand même. Est
-ce que le chaos finalement... Ça ne l'arrangerait pas un peu, c'est-à-dire pour discréditer les manifestations ?
Oui, malheureusement. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous, on a toujours condamné les dégradations, en disant, les dégradations, on se tire une balle dans le pied. D'abord parce que les services publics, c'est les nôtres. Ensuite, les commerces, on est salariés dedans. Les premiers à avoir été pénalisés, c'est les salariés des commerces. Parce que je rappelle quand même que le gouvernement a mis en place une mesure de chômage partiel payée à 100% pour les patrons. Mais pour les salariés, c'est 40% de salaire en moins. Et puis ensuite, le bilan du 17 octobre, c'est quand même le gouvernement qui pendant une semaine ne parle plus des revendications sociales, traite les manifestants et manifestantes comme des voyous et en profite pour imposer des mesures liberticides. Donc bien sûr que c'est contre-productif. Et moi, effectivement, la question que je me pose, c'est est-ce que c'est une stratégie délibérée ? En tout cas, si c'était volontaire, il ne ferait pas mieux. Il ne s'y prendrait pas mieux. Vous attendez
combien de personnes demain
? On attend du monde. Un million ? Je ne vais pas donner de chiffres avant parce que c'est chacune et chacun qui feront la réussite de la manifestation et des grèves. Donc j'appelle toutes celles et ceux qui nous écoutent à venir manifester demain. On est dans un moment extrêmement grave avec une dérive autoritaire très dangereuse du gouvernement. Il faut venir nombreux manifester demain pour exiger la prise en compte de nos revendications à commencer par les augmentations de salaires. La situation est quand même super grave aujourd'hui.
Parlons-en parce que l'autre question qu'on se pose c'est... Quel est votre objectif en fait ? Parce qu'on est à six mois d'une élection présidentielle. Les gens qui sont au pouvoir actuellement, on sait qu'ils ne seront plus là dans six mois. En plus, ils n'ont pas de majorité, donc ils sont quand même particulièrement faibles dans leur prise de décision politique. Donc est-ce que c'est vraiment pour obtenir des concessions et quelles concessions ? Ou est-ce que c'est simplement pour montrer la capacité de mobilisation de la CGT ?
Notre objectif, c'est d'obtenir des victoires pour les travailleurs et les travailleuses. Qu'est-ce que vous pourriez
obtenir de Sébastien Lecornu ?
La première revendication, c'est un coup de pouce immédiat au SMIC. Nous demandons 10% d'augmentation sur le SMIC. Ça fait depuis 14 ans que le SMIC n'a pas eu de coup de pouce. La France est le pays européen qui a le moins augmenté son salaire minimum. La France est largement en dessous de la moyenne européenne et au niveau de l'OCDE en termes de salaire. On est maintenant un pays... de bas salaire. Toutes celles et ceux qui nous écoutent le savent. Aujourd'hui, on bosse dur. On bosse dur et on n'arrive même pas à boucler ces fins de mois. Et donc, c'est quand même inadmissible, comme le fait Emmanuel Macron, par exemple, de dire « attendez 6 mois et vous mettrez un bulletin dans l'urne ». Mais non, en fait, on n'a pas le luxe d'attendre 6 mois quand au 15 du mois, on est déjà à découvert. C'est ça qu'on va dire demain. Demain, on va exiger un coup de pouce immédiat au SMIC, une augmentation du salaire des fonctionnaires parce que quand même, le gouvernement est employeur. il n'y a plus d'argent Oui, l'argent, nous on a plein de propositions sur où le trouver. Mais juste sur la situation des fonctionnaires, depuis 10 ans, les fonctionnaires ont perdu 20% de pouvoir d'achat. On a les fonctionnaires qui sont parmi les moins bien payés au niveau international. Infirmières, enseignants, juges, etc. sont hyper mal payés. Et puis la dernière chose qu'on va dire demain, c'est qu'on va aussi s'adresser au patronat, qui est quand même très discret dans la situation actuelle. C'est pour ça qu'on appelle à manifester et à faire grève. Le patronat a des responsabilités majeures sur les salaires. Le patronat ne veut surtout
pas qu'on augmente le SMIC. Il dit que ça serait une catastrophe pour l'emploi. C
'est ça. Il ne veut rien donner aux travailleurs et aux travailleuses d'une façon générale. C'est quel que soit le sujet. Donc évidemment celui-là aussi. Jamais les entreprises du 440 n'ont distribué autant de dividendes à leurs actionnaires. Nos salaires n'ont même pas retrouvé leur niveau de 2019. Et donc demain, on va se mettre en grève pour obtenir non seulement un coup de pouce immédiat au SMIC, mais une augmentation des salaires dans toutes les entreprises et dans toutes les branches. Et donc j'appelle tous les travailleurs et les travailleuses à se réunir. en assemblée générale pour définir leurs revendications, les porter auprès de leurs patrons et faire grève demain pour obtenir demain soir des augmentations de salaires immédiates.
Il y a Emmanuel Devineur qui veut réagir. Moi je vais casser l'ambiance de cette réunion tupperware de la CGT. Vous êtes une personnalité sympathique, quelqu'un d'agréable. Vous portez souvent d'ailleurs un chapeau qui n'est pas sans rappeler les suiveurs de chasse à cour. On ne l'avait
jamais faite celle-là encore.
Je ne connais pas la
chasse à cour.
ne suivent pas. Une entreprise, elle avance par le bon esprit. Votre syndicat, madame, c'est le mauvais esprit. Un syndicaliste CGT dans une entreprise, c'est quelqu'un qui critique. Mais le plus souvent, il y a des exceptions, bien sûr, je pense à un ami Pascal qui milite sous vos couleurs. Le plus souvent, c'est quelqu'un dont ses collègues déplorent et constatent qu'il ne fait pas bien son travail.
Mais pourquoi est-ce que les collègues votent pour le militant CGT ? Votre fond de commerce, madame, c'est une
capacité abusive et irresponsable de désordre et de nuisance dans la société française. On se demande même si vous êtes encore républicaine. Car la liberté, avec votre passion, on le voit dans votre livre, votre passion pour le marxisme-léninisme. C'est contre la liberté. L'égalité, votre folie de l'égalitarisme qui ruine toutes les chances de ceux qui veulent évoluer dans la vie, c'est contre l'égalité. Et enfin, votre haine des patrons, des possédants, alors que vous devriez tout au contraire être des artisans de paix, c'est contre la fraternité. Vous êtes des marginaux dans le monde du travail, ne vous faites pas d'illusions. Et les Français, je ne m'adresse pas à vous personnellement, mais les Français ne vous aiment pas.
Si vous le dites, mais en tout cas les patrons... Car vous avez détruit des pans entiers de l'économie
française. Alors ma question, elle est très simple en forme de synthèse. Madame la secrétaire générale, quand est-ce que vous allez arrêter d'emmerder le monde ?
Alors, réponds Madame Binet. Franchement,
vous êtes tellement caricatural que... Enfin, je ne sais pas par quel bout commencer, mais d'abord, je rappelle que les syndicats, nous sommes représentatifs. Et donc que les salariés votent pour les organisations syndicales. Donc on ne sort pas de nulle part. Si les salariés sont... pas d'accord avec la CGT, ils ne votent pas pour la CGT et la CGT n'est plus représentative pour une entreprise. Deuxièmement, je rappelle que les militants et militantes de la CGT ne tombent pas du ciel, ce sont des travailleurs et des travailleuses. Et donc dans toutes les boîtes, ce sont des travailleurs et des travailleuses. La représentativité
syndicale de la CGT en France est très faible. Non, c'est faux.
C'est complètement faux. Et elle est d'ailleurs beaucoup plus importante que celle des patrons parce que la représentativité des organisations syndicales, elle repose sur le vote des salariés. Par contre, celle des patrons, c'est une autre histoire. Il n'y a pas de vote des patrons. Avec le monopole de... Une présentation
syndicale au premier tour des élections. que vous avez toujours défendu pour garder votre fonds de commerce ?
C'est le principe. Si maintenant les patrons populistes s'amusent à vouloir permettre à tout le monde et n'importe qui de se présenter aux élections syndicales, je vous souhaite bon courage parce que vous allez avoir tout le monde et n'importe qui, il ne faudra pas pleurer d'avoir des choses qui sortent de nulle part. Les patrons, moi j'en connais beaucoup et j'en vois beaucoup, ils sont bien contents d'avoir des interlocuteurs syndicaux et notamment la CGT. Il
faudra les présenter parce qu'ils sont rares.
Il y en a beaucoup. La CGT
dans une entreprise, c'est le mildiou dans la vigne. Tu as eu des délégués CGT dans des entreprises ? Je vois que vous avez bien travaillé vos slogans. J'ai dirigé six entreprises. J'ai eu pour l'essentiel des constats de carence, parce que dans une entreprise où c'est bien managé, où on en contacte des salariés, on n'a pas besoin de syndicats revendicatifs avec des gens qui mettent le bordel. Mais j'ai eu aussi affaire à la CGT, je me suis très bien entendu. Quand j'ai quitté le Futuroscope, la personne que j'ai embrassée en quittant le parc, c'était la représentante de la CGT. Ah bah voilà ! qui ressort un peu des discours caricaturaux. Simplement, votre marxisme-léninisme qui ressort de votre livre, qui est absolument incroyable, qui m'a rappelé des livres soviétiques que j'avais eu à Berlin-Est en 1987. Absolument, c'est le même format d'ailleurs. Alors, répondons. Merci pour le
coup de pub sur le livre. J'invite tous les auditeurs à le lire comme ça. Tout est à nous aux éditions du Seuil.
Justement, Sophie Binet, est-ce qu'il y a... Encore au sein de la CGT, cette idéologie, je reprends le terme. Marxiste Leniniste. Purju. Purju en plus,
d'accord. Bon, je ne sais pas, nous, ce n'est pas ça notre sujet. Le sujet, c'est que ce que nous vivons au quotidien, c'est qu'il y a un conflit d'intérêts entre les travailleurs et les travailleuses et les patrons. C'est le principe, on n'a pas les mêmes intérêts. Et donc ça, ça s'appelle la lutte des classes.
C'est toujours la lutte des classes ? Bien
sûr. Après, la lutte des classes, elle se traduit de façon très... renouvelé en fonction de la situation. Je rappelle d'ailleurs que le premier qui a rappelé que la lutte des classes, elle existait toujours, il s'appelle Warren Buffett, c'est un des hommes les plus riches du monde, qui a dit la lutte des classes existe bel et bien, c'est ma classe qui l'a gagnée. Et c'est un des hommes les plus riches du monde qui le dit. Donc moi, ce que je constate au quotidien, c'est que les richesses que nous produisons par notre travail, elles sont toujours de plus en plus possédées et accaparées par les personnes les plus riches du monde et les plus grandes entreprises. Vous
citez Warren Buffett aux Etats-Unis. mais la France, ce ne sont pas les Etats-Unis, on est l'un des pays les plus redistributifs au monde. C'est pas moi qui le dis, c'est factuel, ce sont des études. Le problème c
'est que c'est en train de changer.
On est à la fois le pays qui impose le plus. On est championne d'Europe des impôts. Et ça, ça a été constaté récemment. On est repassé devant le Danemark. Donc championne d'Europe des impôts et championne aussi d'Europe des redistributions. C'est-à-dire qu'une fois qu'on prend en compte la redistribution, l'écart entre les plus pauvres et les plus riches est très réduit. Beaucoup plus réduit que dans quasiment tous les pays au monde. Et pourtant, quand on vous écoute et quand on écoute vos indications, on a l'impression qu'on vit dans un monde qui serait du... une souffrance terrible pour les travailleurs, etc. Je ne dis pas qu'il n'y a pas des problèmes, qu'effectivement il y a un problème sur les salaires, on en parle tous les jours dans les grandes gueules. Mais est-ce qu'il n'y a pas un décalage par rapport finalement à ce qu'est la France aujourd'hui ? C'est quand même une société assez généreuse.
Dans ce cas-là, comment vous expliquez la colère sociale qui s'exprime depuis un mois ? C'est bien qu'il y a des choses qui ne vont pas quand même dans notre pays. Et ce que vous dites, le problème c'est que de plus en plus... Le modèle
social est à bout de souffle, il n'est plus bon.
Et bien justement pourquoi ? Parce que ce que vous dites, on peut conjuguer le verbe au passé. Avec 10 ans de macronisme... c'est plus celle-là. Il n'y a jamais eu autant de pauvres en France qu'aujourd'hui. Et les pauvres, contrairement à ce qu'on entend souvent, c'est des pauvres qui bossent. Parce qu'aujourd'hui, par exemple, le SMIC, c'est un SMIC. horaire, mais ce n'est pas un SMIC mensuel. Il y a 30% des femmes qui sont à temps partiel qui gagnent moins du SMIC par mois parce qu'elles ne travaillent pas à temps plein. Elles, par exemple, on n'en parle jamais d'elles. Donc il n'y a jamais eu autant de pauvres, notamment chez les travailleurs et travailleuses. Et dans le même temps, dans notre pays, il n'y a jamais eu autant de milliardaires et les milliardaires n'ont jamais été aussi riches. Pourquoi est-ce qu'on est en difficulté budgétaire en France ? Parce qu'Emmanuel Macron a baissé de 60 milliards d'euros chaque année les impôts pour les plus riches et pour les plus grandes entreprises. Dernière chose que je voulais vous dire, c'est que... On ne vit pas dans un monde de bisounours quand même. Vous le savez, on appelle ça la lutte des classes ou des conflits. Il y a des conflits d'intérêt quand même dans notre société. Et je vous invite quand même à regarder sur les conflits d'intérêt parmi des patrons. On n'est pas à égalité quand on est patron d'une multinationale ou quand on est patron d'une petite entreprise. Et moi, je pense que le problème en France, c'est que les patrons des multinationales parlent au nom des petites entreprises en faisant comme s'ils n'étaient pour rien dans la situation des petites entreprises. Le problème, c'est que chaque année, on dépense... 111 milliards d'euros d'aides aux entreprises sans condition ni contrepartie. Et ces aides sont captées d'abord par les multinationales, par les plus riches, avec des sous-traitants sans cascade. La première difficulté des petites entreprises, c'est les délais de paiement des grandes entreprises. Pourquoi est-ce qu'on n'entend jamais parler de ça ? Le problème, ce n'est pas le prix du travail. La France est maintenant un pays de bas salaire. Le problème, c'est que nos multinationales ne jouent pas le jeu du Made in France
et traitent
leurs sous-traitants comme des Kleenex.
On continue d'en discuter avec vous. Tout est à nous, c'est l'heure des travails. Tout est à nous ! C'est le titre du livre de Sophie Binet, la numéro 1 de la CGT, qui est avec nous dans les GG, dans les Grandes Gueules, c'est aux éditions du Seuil. Parce qu'elle dit, Sophie Binet, qu'il est temps aujourd'hui face à un monde qui est très inégalitaire. Et vous parlez d'une internationale d'extrême droite prédatrice. C'est le point de départ aussi de votre livre, qui est là en train de faire main basse sur le monde. Et qu'il est temps pour les travailleurs, à mini-moins une, de se réveiller, de se réapproprier les outils de travail et les richesses. Monsieur Bruno Ponset, ensuite Joël Dabr. bruno poncer le cheminot
moi je vais pas être très novateur mais moi je suis d'accord avec votre livre évidemment Le seul sujet où je ne suis pas d'accord avec vous, c'est quand vous dites qu'on n'a pas basculé encore dans une société d'extrême droite en France. Et moi, je ne suis pas d'accord avec vous sur un sujet. C'est qu'en fait, vous le savez très bien, le vote ouvrier a malheureusement basculé plus sur l'extrême droite que sur une gauche. Déjà, la gauche a abandonné les ouvriers depuis des années. Ils l'avaient théorisé dans un de leurs think tanks où ils avaient expliqué qu'il fallait oublier les ouvriers, qu'il fallait mieux aller chercher les CSP+. Mais moi, je trouve qu'aujourd'hui, ce qu'on vit, vous êtes là depuis 2023. Donc moi, j'étais plus en lien avec votre prédécesseur quand on est dans certaines... Ce qu'on vit dans nos manifestations, ce qu'on vit dans nos combats, ce qu'on vit aussi dans la réponse du gouvernement. Moi j'ai connu l'époque, quand il y a eu la réforme février en 2018, où Spinetta pond un espèce de rapport en février, et qu'au mois de juin, son rapport sera en loi. Et tu avais beau avoir discuté pendant 4 mois et fait grève pendant 4 mois, tu avais la même chose. Donc en fait, ces non-réponses, ce bloc où on t'explique que tu as besoin de rien, cette volonté de squeezer aussi les corps intermédiaires, moi je pense qu'on a basculé humheureusement depuis longtemps le fascisme. Et aujourd'hui, ma question, c'est comment nous ? Et moi, je me mets dedans parce que même si je n'ai plus de mandat, je passe ma journée à parler avec des gens dans la rue. Comment on fait pour faire revenir la classe ouvrière, la classe qui est maltraitée par tous les gouvernements, par la gauche aussi de 80 ? Il ne faut pas oublier cette gauche qui a maltraité les ouvriers. Comment on les fait revenir vers nous ? Et comment on fait aujourd'hui pour faire comprendre que le syndicalisme, déjà, ce n'est pas ce qu'on a entendu chez De Villiers tout à l'heure, le syndicalisme, c'est aussi de l'aide des salariés. Si, si, c'est ce qu'on a entendu. Moi, j'ai passé ma vie et je continue encore maintenant, même sans mandat, à la tête des salariés. Tu leur expliques plein de choses. Tu leur expliques déjà leurs droits, leurs devoirs aussi. Tu leur expliques aussi ce qu'on a. Donc ça, c'est important. Et moi, je trouve, comment on va faire pour faire revenir cette classe ouvrière vers nous ?
Ok, bon, il y a plusieurs points. D'abord, effectivement, j'ai un point de désaccord. Moi, je pense qu'il est minuit moins une et pas minuit. Et je pense que c'est important d'être clair là-dessus parce qu'effectivement, il y a une grave dérive. On a l'impression d'être un peu la grenouille dans sa marmite avec la marmite qui chauffe, qui chauffe, qui chauffe et on ne s'en rend pas trop compte. Donc, il y a une grave dérive sur nos libertés. Moi, je suis tellement en colère contre Emmanuel Macron qui a été élu pour battre l'extrême droite. On a pris nos responsabilités à chaque fois et qui lui déroule le tapis rouge comme jamais. Et il y a une différence de nature entre l'extrême droite et les autres partis. Emmanuel Macron n'est pas d'extrême droite. Nous ne sommes pas face à un pouvoir d'extrême droite. Sinon, je vous invite à aller militer dans un pays, en Russie, aux Etats-Unis, en Argentine, où il y a des présidents d'extrême droite. Par
contre, je ne suis pas d'accord avec vous sur ce sujet. Macron est d'extrême droite pour toi ? Oui, dans sa politique, bien sûr. Mais oui, parce qu'il s'est vachement inspiré quand même. Tout le monde est d'extrême droite. Pour moi, tout est extrême droite à part. Moi, tu pars. C'est de l'humour. Non, mais le problème,
c'est qu'en fait, pourquoi est-ce que c'est important ce point ? Parce que si on dit Macron est d'extrême droite, etc. En fait, on banalise considérablement l'extrême droite. Et ça, c'est la stratégie de Marine Le Pen. Dans ce cas-là, chacun reste chez soi en avril et en mai prochain. Et on la laisse à nous voir puisqu'ils y sont déjà. Ils ne sont pas au pouvoir.
Je n'ai jamais voté de ma vie par raison politique. Et moi, mes idées étaient à l'opposé de ce que je vis aujourd'hui. Mais là, aujourd'hui, moi, j'ai pris une carte d'électeur parce que je ne veux pas qu'ils arrivent au pouvoir. Donc ça veut dire qu'ils ne sont
pas au pouvoir aujourd'hui. Non,
mais leurs idées sont au pouvoir. Mais excusez-moi, quand vous détricotez autant le Conseil national de la résistance dans toutes les lois, les projets de loi qu'on a eus avec Macron depuis 10 ans, excusez-moi. Non,
mais bien sûr que la politique d'Emmanuel Macron, elle est scandaleuse de A à Z. Après, je n'ai pas le temps de développer, mais c'est l'évidence. Mais quand on regarde le programme de l'extrême droite, c'est faire une... La réforme constitutionnelle pour mettre en place ce qu'ils appellent la préférence nationale, ce qui serait la xénophobie d'État. Donc ça veut dire permettre de discriminer les gens en fonction de leur nationalité ou même les binationaux. Donc c'est contraire à tous les principes fondateurs de notre République depuis 1789. Ça c'est une rupture majeure. L'autre rupture, c'est la question de l'État de droit. Oui, effectivement, Emmanuel Macron fait du mal à l'État de droit. On le voit aujourd'hui avec les manifestations. Mais en attendant, Emmanuel Macron n'a pas... coupé les financements de l'audiovisuel public, n'a pas coupé les financements des syndicats, n'a pas coupé les financements des associations et n'a pas repris en main les juges. C'est ce que fait l'extrême droite quand elle arrive au pouvoir.
Le RN a annoncé que s'il arrivait au pouvoir, il n'y aurait plus d'argent public pour la CGT.
Oui, ça a le mérite de la clarté. Moi, je ne découvre rien. Ça confirme à quel point ce parti est un danger pour la démocratie. Moi, ce que je rappelle juste au Rassemblement National, c'est que dans une démocratie, les syndicats sont indépendants. Dans une démocratie, ce n'est pas le gouvernement qui décide de qui est financé ou pas, c'est la représentativité. Et c'est les électeurs. Et donc, dans une démocratie, les syndicats ont le droit et même le devoir d'être critiques vis-à-vis des gouvernements et des patrons qui remettent en cause les droits des travailleurs. Et finalement, c'est ça qui dérange le Rassemblement National. Et ça confirme pourquoi c'est un danger mortel pour les travailleurs et les travailleuses, puisqu'il veut nous empêcher de nous organiser pour nous défendre.
Joël Dagosseri, coach de vie.
Moi, je
suis libérale et il y a plusieurs choses avec lesquelles je suis d'accord avec vous. Première chose, je suis vraiment contente que vous mettiez les travailleurs et les travailleuses à l'honneur parce que je trouve que les actifs de ce pays sont... complètement sacrifié. On en parle assez peu, sauf pour leur dire vous allez travailler plus, vous allez donner deux heures de plus, etc. Donc je suis plutôt contente que vous soyez contre le mépris justement des travailleurs. Là où c'est vrai que je vais être un peu, où je vais me différencier, c'est que pour vous, j'ai l'impression que les travailleurs et les travailleuses, c'est une catégorie assez limitée. C'est-à-dire que dès qu'on est chef d'entreprise, on ne rentre plus dans le travailleur ou les travailleuses. Alors que moi, j'ai été 20 ans salariée aujourd'hui, je suis à mon compte et je n'ai jamais autant travaillé. Je peux vous dire, depuis que je suis à mon compte... Vous avez
des salariés ou vous êtes toute seule ? Non, j'ai des
prestataires mais je suis toute seule. D'accord. Vous n'êtes pas vraiment
patronne parce que vous n'avez pas de lien de subordination avec des gens. Oui,
complètement. Je vois bien la différence entre lorsque j'étais salariée et lorsque je suis à mon compte. La force de travail que ça me demande pour générer des clients, générer de l'argent, je peux vous dire que cette force de travail-là, on ne m'en demandait pas tant lorsque j'étais salariée. Et ça, je suis vraiment... honnête sur ce point-là. Les aides aux entreprises, c'est pareil. Je suis complètement d'accord avec vous. Je trouve qu'elles sont données sans discernement. Et je trouve qu'effectivement, il y a une inégalité entre les grosses entreprises et les PME. Les grosses entreprises peuvent échapper à ce système infernal, là où les PME ne peuvent pas. Et le problème que j'ai avec votre livre, et je pense aussi avec vos idées, c'est que ce système infernal, vous le soutenez et vous voulez même en plus le renforcer. C'est-à-dire que pour vous, c'est planification, nationalisation, rupture. avec le capitalisme. Et moi, je suis assez pragmatique. Je cherche ce qui fonctionne pour nous. Ce qui
n'a marché nulle part.
Et j'ai cherché, je me suis dit peut-être que c'est toi avec tes idées libérales, t'es complètement fermée, etc. Je me suis dit mais où est-ce que ça a marché ? Ça a dû bien marcher quelque part parce que vous ne pouvez pas sortir ça de nulle part. Et j'ai cherché et appliqué tel que vous, vous le préconisez, Venezuela au bloc de l'Est. dans le XXe siècle, donc tout ce qui était les pays de l'Est, tout ce qui appartenait à l'ancienne Russie soviétique, etc. Je veux dire, tout a échoué. Et donc, je ne comprends pas. Pourquoi vous nous vendez ce système
-là ? Vous vendez un système qui n'a jamais marché. D'abord,
la CGT ne propose pas de nationaliser toute l'économie. Non, et d'ailleurs pas tous les secteurs, mais certains secteurs, les secteurs qu'il faut nationaliser. Donc là, par exemple, sur l'acier, il faut nationaliser l'acier parce que sinon on ne va plus avoir d'acier en France. L'énergie, c'est un bien commun. On voit à quel point la catastrophe... Je trouve que c'est de renvoyer à la spéculation l'énergie, les prix explosent, et notamment pour les petites entreprises. Total, oui, on voit bien que là, aujourd'hui, comme on n'a pas de levier d'intervention sur Total, ils se font des marges énormes. C'est énormément d'argent pour nationaliser les entreprises,
comme ça.
Après, la question, en fait, par exemple, sur comment on fait, on met 211 milliards d'aides publiques chaque année dans les entreprises, on les transforme en prises de participation, ça serait beaucoup plus efficace pour qu'on ait des leviers d'intervention sur l'économie. Ensuite, quand vous dites que ça n'a jamais marché, l'économie qui est florissante aujourd'hui c'est la Chine et la Chine qui a réussi un capitalisme d'état et donc avec une planification c'est d'ailleurs pour ça que la Chine est la seule économie développée qui est en train de réussir la transition environnementale c'est parce qu'il y a une planification il
va y avoir des camps votre syndicat a cautionné le communisme et les crimes imprescriptifs du goulag franchement
non alors d'abord nous on n'a jamais cautionné ça et ensuite dans mon livre vous oubliez toute une partie sur la démocratie, le pouvoir aux travailleurs et aux travailleuses. Et le but, c'est que les travailleurs et travailleuses aient leur mot à dire. Parce que là où j'étais en désaccord complet avec ce que vous avez dit tout à l'heure, c'est que les travailleurs et les travailleuses sont les premiers à défendre leur outil de travail et leur emploi. Et ce qu'on voit au quotidien, c'est qu'on a des multinationales qui ferment et des patrons voyous. Ce sont les salariés qui se battent pour l'emploi. Mais répondez-vous à ceux qui disent,
parce que là on est en campagne présidentielle, il y a beaucoup de propositions qui sont mises sur la table. Et beaucoup disent parmi ces candidats, il faudra travailler plus en France. Bruno Retailleau propose d'ailleurs de travailler une demi-heure de plus par jour pour dégager de la croissance, sachant que la croissance était quand même quasiment proche de zéro en ce moment.
Ce qu'il nous propose en gros, c'est de travailler plus pour gagner moins et polluer plus. Donc ça, ça ne fait pas envie. Par contre, ce qui est nécessaire, c'est que tout le monde puisse travailler. Donc nous, nous disons travailler plus, oui, égale travailler toutes et tous. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, il y a 6 millions de choses. en France notamment des femmes qui sont enfermées dans du sous-emploi donc dans des emplois à temps partiel elles voudraient travailler à temps plein mais quand on travaille dans la grande distribution dans l'aide à domicile dans le particulier employeur par exemple on peut avoir que des emplois à temps partiel et donc des salaires en dessous du seuil de pauvreté c'est là dessus qu'il faut travailler dire qu'il faut augmenter le temps de travail en fait c'est augmenter les inégalités en matière de temps de travail
une dernière question Jean-Luc Mélenchon a dit qu'il n'était pas pour la propriété privée. Vous êtes quand même pour la propriété privée ou pas ?
Oui, bien sûr. Là, on ne demande pas la nationalisation de tout.
Vous n'êtes pas contre les entreprises privées ni la propriété privée ? Non.
Par contre, on pense que la propriété... privée, elle a des limites et que les limites, c'est le bien commun. Et c'est ça qui doit primer, c'est le bien commun et les besoins communs. Et aujourd'hui, le problème, c'est que c'est l'inverse. C'est la propriété privée qui prime surtout. Par exemple, on le voit dans le secteur du médicament. On a nos grands champions d'industrie pharmaceutique qui distribuent des milliards d'euros de dividendes grâce à de l'argent public, parce que c'est l'argent de la sécurité sociale et qui, par contre, privatise les brevets, privatise la recherche et ne travaille plus pour le bien commun.
Dernière question, Jean-Luc Mélenchon, c'est le candidat de la CGT
Non, la CGT n'a pas de candidat. Mais vous appellerez à
voter pour Jean-Luc Mélenchon en cas de deuxième tour face à Marine Le Pen ?
La CGT appellera toujours à battre l'extrême droite. Donc ça, c'est clair. Vous ne
le ferez pas dès le premier tour
Non, je ne pense pas. Mais ça, ça vous est
reproché ensuite. Il y a un auditeur sur le contexte des grandes gueules qui réagit en disant « Le problème, c'est que Mme Binet a appelé à voter Macron en 2017 et en 2022. C'est difficile aujourd'hui de le critiquer.
» On a appelé à battre l'extrême droite, oui, en 2017 et en 2022. On a pris nos responsabilités. C'était très difficile. Moi, je suis d'ailleurs scandalisée de la façon dont Emmanuel Macron s'est assis sur ce mandat et a méprisé ce mandat. Et on l'a fait en disant qu'au lendemain, on sera les premiers à se battre contre sa politique. Mais il y a une différence de nature entre un candidat républicain et un candidat d'extrême droite. Parce qu'un candidat républicain, derrière, on a les moyens de lutter, les moyens démocratiques de lutter et de dénoncer sa politique. Vous appellerez à voter
pour le candidat qui sera face à Marine Le Pen ? On appellera à
battre. C'est une différence quand même d'appeler à battre l'extrême droite ou d'appeler à voter pour. On n'a jamais appelé à voter pour Emmanuel Macron parce qu'on est en désaccord complet avec lui quand même.
Sophie Binet, tout est à nous.
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