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Bonjour à toutes et tous, merci de nous retrouver dans Dimanche en politique. Manifestation, comment sortir de la crise, c'est le thème d'aujourd'hui. Cette émission est enregistrée, nous sommes le 30 octobre, dans les conditions d'indirect. Depuis un mois, les lycéens sont dans la rue pour faire entendre leurs revendications. Très vite, ils ont été rejoints par des Gilets jaunes qui protestent contre la vie chère. Partout en Champagne-Ardennes comme en France, les forces de l'ordre sont mobilisées pour empêcher les violences. Le bilan est lourd, des blessés graves, des dégradations de commerce, des établissements brûlés et un gouvernement qui ne parvient pas à calmer les lycéens. Alors, comment sortir de la crise ? Sur ce plateau pour en débattre, quatre invités avec quatre visions politiques différentes. Boris Ravignon, bonjour. Bonjour. Vous êtes maire horizon de Charleville-Mézières. Anthony Smith, bonjour. Vous êtes député européen à la France Insoumise. Jordanne Guitton, bonjour. Bonjour. Vous êtes député de l'Aube Rassemblement National. Et puis Eric Kennard, bonjour. Bonjour. Vous êtes premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste de la Marne. Avant de revenir sur les revendications qui sont importantes, ce qui marque, ce sont aussi les violences, les dégradations qui discréditent le mouvement. Il y a eu des blessés graves à Reims, notamment, et des dégradations importantes de commerce et d'établissements. Une première réaction, et Kenar, vous qui êtes et moi, comment vous réagissez à cela
'abord, la question de la violence est inacceptable. On a vu des commerces pillés, des lieux dégradés, y compris des institutions comme par exemple à Limoges avec la mairie. C'est inacceptable et il faut qu'en tant que républicains, nous condamnions. ces dégradations. Pour autant, il ne faut pas que ces dégradations occultent le mouvement social actuellement en cours, la crise lycéenne, les attentes des étudiants et celles et ceux pour qui la vie est de plus en plus chère. Et donc, l'enjeu, c'est ça. C'est à la fois maintenir un ordre républicain pour permettre le droit de manifester, qui est un droit constitutionnel, qui s'impose et qui doit être respecté, et de l'autre côté, apporter des réponses à une crise sociale qui est aujourd'hui évidente.
Guiton. Comment ça s'est passé dans l'aube ? Et puis, pareil, comment vous réagissez ?
De manière générale, il y a une colère sociale qui est évidemment légitime, mais qui est accaparée par une partie de l'extrême gauche de notre pays et qui est complètement instrumentalisée. Extrême gauche, d'ailleurs, qui a élu Emmanuel Macron deux fois aux dernières élections présidentielles. Et donc, nous, au Rassemblement national, nous lui disons qu'il y a deux réponses à cette crise. Tout d'abord, baisser les taxes sur le carburant. On entend largement les automobilistes et l'ensemble des travailleurs de notre pays demander cette baisse, car c'est quelque chose qui est très important. pourtant dans une région très rurale comme la Champagne-Ardenne. Et la deuxième chose, c'est rétablir l'ordre aux abords des lycées, de manière à ce que les cours puissent se tenir, car il faut que les jeunes puissent étudier dans de bonnes circonstances, dans de bonnes situations. Mais on voit là, je me souviens qu'en 2017, Emmanuel Macron avait dit « ce sera moi le chaos en face de Marine Le Pen ». À la fin, on a eu et Emmanuel Macron et le chaos. C'est malheureusement le bilan de 9 ans de macronisme, donc il est temps que cela prenne fin dans quelques mois.
les lycéens, les revendications des lycéens ?
Mais quand on entend les parents de l'éleve, moi je suis député d'une circonscription depuis des années, les absences de profs, ce sont des choses qu'on entend, qui remontent toujours, notamment les élèves aussi perturbateurs, qui ne sont pas toujours exclus des lycées, les questions de harcèlement, ce sont des questions qu'on entend et qui remontent dans l'ensemble de nos territoires, et je pense que le gouvernement n'a pas su apporter de réponse, et j'ajouterais un élément qui démontre l'échec macroniste, huit ministres de l'éducation nationale en quasiment neuf ans. ça montre bien qu'il n'y a pas de cap, il n'y a pas de gouvernement, et qu'aujourd'hui le chaos s'appelle Emmanuel Macron.
– Boris Ravignon.
Moi je voudrais revenir sur les violences qui ont suscité un émoi considérable chez nos concitoyens. Dans les
Ardennes ?
les Ardennes, je dois dire qu'à Charleville-Mézir, on a été relativement épargné. Et tant mieux, d'ailleurs. Je pense qu'on a un centre-ville qui se serait difficilement remis des violences que nous avons connues dans le passé, par exemple, au moment des Gilets jaunes. Mais on a tous la télévision, les réseaux sociaux, et on voit ce qui se passe. Et clairement, il y a deux types de violences qui sont perpétrées. Il y a celle qui... Le fait de délinquants qui viennent autour des manifestations se livrer à des dégradations, à des vols, à des pillages en règle. Et là, plus de 1500 commerces le 17 octobre ravagés, pillés. C'est un scandale, je crois, pour nous tous. Parce que ce sont des gens qui travaillent, qui investissent toute leur énergie dans des commerces et qui se voient privés du fruit de leur travail. par des pillards. Et donc ça, il y a vraiment le besoin de rétablir l'ordre de manière extrêmement ferme à l'égard... Il faut plus de
manifestations ?
Non, non, ce n'est pas du tout mon propos. Je pense qu'on doit, au contraire, et c'est le rôle de la police, je vais y revenir, de garantir effectivement que les manifestations puissent bien se dérouler. Mais il y a dans ces manifestations une violence plus politique. Et moi, c'est cette violence plus politique qui me gêne. Parce qu'elle est en partie dirigée et tournée vers, contre les policiers.
Alors à l'initiative de qui ? Je vais l'expliquer.
Je vais l'expliquer parce que quand Jean-Luc Mélenchon dit... Oui, mais oui, mais oui, mais oui, mais que... Tout à fait, mais... S'il vous plaît, on va se laisser parler. Je vous écoute habituellement. Et donc que la police balance... pour se détendre des grenades lacrymogènes au milieu des manifestants, pour se détendre et le soi-disant force de l'ordre, et que M. Smith, ici présent, s'en prend aux policiers, les qualifiants de milices fascistes. Pardon, je trouve qu'on arrive dans un discours qui encourage à la violence contre les policiers. Il y a eu plus de 1 200 blessés. dans les rangs de la police le 17 octobre. Or, la police, c'est quoi ? La police, c'est ce qui nous permet, dans notre société, d'exercer nos libertés, et notamment celle de manifester. Et je peux dire qu'à Charles-Ville-Mézières, c'est ce que j'ai vu la police faire, permettre aux gens de se déplacer, de manifester, de protester. On reviendra, je l'espère, sur les messages qui étaient envoyés par nos concitoyens, parce qu'ils méritent d'être entendus et développés, mais le discours politique d'une partie de l'extrême gauche... qui encourage en réalité à l'affrontement avec les policiers, il est de très mauvaise augure. Il est de très mauvaise augure pour tous les épisodes de manifestations que nous connaissons, mais très mauvaise augure pour la suite, parce que qui peut avoir intérêt à porter atteinte à la police ?
La France Insoumise, vous êtes mis en cause directement. On vous a vu sur les manifestations. On vient d'en passer des images d'ailleurs. Vous étiez très engagé, vous étiez sur le terrain, comme on dit, à Chalon, à Reims. Vous avez également condamné l'attitude de certains policiers. Comment vous expliquez tout ça ? Est-ce que c'est vous qui, en fait, manipulez ces manifestations ?
Déjà, moi, je vais vous dire, je pense... Je suis ici aujourd'hui, moi c'est pour parler des revendications et des luttes sociales qui se passent dans le pays, des luttes de la jeunesse. Mais vous voyez, le fait qu'on commence par les violences, c'est occulté justement la première des discussions, qui est celle des revendications d'une jeunesse qui est magnifique. Et j'espère qu'on aura le temps d'en parler, parce qu'évidemment, c'est ce qui se passe dans le pays. Et c'est important d'être aux côtés de ces mobilisations, comme la presse-lait, vous l'avez dit, moi j'ai déjà croisé les journalistes de vos équipes, des fois victimes eux-mêmes de tirs de grenades par des policiers dans des manifestations. Je vois bien de quoi nous parlons. Mais encore une fois, la question du pays, au-delà des polémiques qui rabaisse le débat politique et le débat public, et nous n'en avons pas besoin, mais ces messieurs qui sont juste là, d'Horizon et du RN, en sont malheureusement accoutumés. Au-delà de ça, la question, et moi je peux répondre très simplement, vous savez, la France insoumise, c'est un mouvement qui défend la révolution citoyenne, c'est-à-dire le fait d'accéder aux urnes, d'accéder au pouvoir par la voix des urnes. Donc c'est une révolution. C'est ce que nous répétons. Et heureusement, oui, heureusement que nous sommes dans les mobilisations sociales aux côtés de la jeunesse. Et il y a trop peu d'élus, trop peu d'élus qui ont été dans ces mobilisations. Et moi, je le regrette parce que c'est la responsabilité de chacun d'y participer pour aller dans le débat public, y porter la contradiction. Et moi, c'est ce que je fais. Et après, nous pourrons parler des violences. Personne ne se satisfait. Mais qui peut imaginer que l'on se satisfasse de voir des boutiques qui sont abîmées ? Mais qui se satisfait non plus de voir la jeunesse de France mutilée ? Parce qu'aujourd'hui, messieurs, c'est la réalité que nous vivons. Nous avons une jeunesse qui est mutilée par des armes de guerre qui sont utilisées par la police. Et je vais vous dire, il faut un petit peu prendre de hauteur des fonds. Quatre rapporteurs des Nations Unies condamnent le maintien de l'ordre dans le pays. Amnesty International condamne le maintien de l'ordre. Et même Ursula von der Leyen, qui n'est pas mon amie au Parlement européen, rappelle alors la France sur aujourd'hui les conditions. Ce qui est attaqué, Madame, c'est le droit de manifester dans le pays. Et c'est dramatique.
Le discours qui est aujourd'hui celui de LFI est un discours qui amalgame les policiers. Quel que soit leur comportement, est fait de la police un obstacle, soi-disant, aux bonnes manifestations. Alors que c'est précisément l'inverse. Les policiers, ils sont là pour garantir. C'est une police républicaine. La
liste des jeunes de France qui ont été ébornés. C'est la liste des jeunes de France qui ont été amputés. C'est la liste des jeunes de France qui sont mutilés. Anthony Smith, d'un autre côté, on doit nous encourager en permanence l'affrontement. Ce sont nos enfants, ce sont les enfants de France. À un moment, il faut assumer vos propos. Je comprends que quand vous voyez la violence qui se déchaîne, la police quitte les rives de la République. Et avec Jean-Luc Mélenchon, de la cave au grenier, avec Jean-Luc Mélenchon, nous le disons tranquillement, de la cave au grenier, nous me remettrons de l'ordre, de l'ordre républicain dans la police. On sait aujourd'hui que ce n'est pas le cas. Malheureusement, il faut aller... Vous êtes sûr que c'est la révolution par les urnes ? Éric Kenner, on ne vous entend pas
beaucoup. Qu'est-ce que vous pensez de tout ça ? Est-ce que les forces de l'ordre sont dans leur droit ? Est-ce qu'elles font ce qu'elles doivent faire ? Ou est-ce qu'elles vont trop loin ?
'abord les forces de l'ordre, elles sont là pour faire en sorte que les manifestations se passent correctement et que le droit de manifester soit respecté.
Elles
sont également là pour faire en sorte que les magasins ne soient pas pillés et qu'il y ait des dégradations. Ça c'est très clair. Après il faut aussi s'interroger sur la doctrine du maintien de l'ordre. Dans un certain nombre de domaines, il y a des excès. Et d'ailleurs, ça a été documenté. Il y a eu également des saisies du procureur de la République. Il y a des enquêtes qui sont en cours. Et moi, je fais confiance à l'état de droit. Je considère qu'à partir du moment où il y a des faits qui sont répréhensibles, l'état de droit passera et la justice passera. Mais encore une fois... On voit bien que le débat est enflammé et qu'il prend le prisme des violences. C'est normal, on a été tous abasourdis par ce qui s'est passé. Parce qu'il y a eu
des blessés. Bien sûr,
et c'est tout à fait normal. Mais revenons sur le fond des revendications de cette jeunesse qui attend. et qui se désespère et qui craint pour son avenir. Parce que derrière ce mouvement, c'est une inquiétude profonde de notre jeunesse. Les transformations, la transition écologique, l'IA qui arrive et les métiers de demain dont on ne sait pas exactement ce qu'ils vont être. Le Covid, c'est une génération qui a... étaient pris par le Covid et victimes aussi du Covid. Et donc toutes ces questions-là génèrent aujourd'hui de l'inquiétude auxquelles l'État, le gouvernement, doit apporter un certain nombre de réponses. Toutes les
réponses. Et on va voir ce que vous allez proposer comme réponse. Jordan Guitton, quand même, sur le maintien de l'ordre. Moi, ce que je
note, c'est que je n'entends pas un mot de soutien de l'extrême-gauche sur les forces de l'ordre. agressés, sur les secours, agressés, on a même vu des pompiers, et bien évidemment, nos 3000 commerçants. Mais vous ne soutenez jamais la police. Votre chef politique a dit la police tue. Comment on peut dire ça ? Quand la police tue, monsieur, nous le disons. Quand la police tue, nous le disons. Vous condamnez les violences contre les jeunes ? Vous condamnez les violences contre les jeunes ? Est-ce que vous condamnez les violences contre la police, monsieur ?
Vous condamnez et vous soutenez les plus de 800 forces de l'ordre qui ont été attaquées par... On s
'écoute, puisqu'autrement, on ne pourra pas... Le
choix politique qui sera fait par les Français en 2027, il n'y a aucun problème. Et moi j'aimerais aussi avoir un mot quand même, c'est les 3000 commerçants qui se barricadent à la veille de chaque mouvement. Dont l'Etat a quand même expliqué à certains que ce serait à eux de prendre un agent de sécurité privée. Ce qui veut dire que les commerçants, ils paient des impôts, ils paient leur assurance et ils se retrouvent avec un Etat qui leur dit débrouillez-vous, prenez un agent de sécurité privée. Mais on marche sur la tête. C'est 9 ans de macronisme, à un moment donné il va falloir y mettre fin. Alors vous aurez le choix entre le choix de l'extrême gauche et du chaos encore plus que ce qu'on connaît. Le chaos c'est vous monsieur. La continuité
ou le
retour de l'ordre avec Marine Levé. Regardez les uns et les autres les images qu'on diffuse. Est-ce que c'est normal que des commerçants soient obligés de se barricader en prévision de mouvements, de manifestations, comme on l'a vu faire ? Non, bien
sûr que non, mais posons-nous aussi la question. À un moment donné, depuis des semaines, la jeunesse de ce pays se mobilise. Et malheureusement, l'Elysée, Matignon, jouent le pourrissement de la situation. Et c'est ce qui arrive dans le pays. Aujourd'hui, on est dans une situation de pourrissement parce qu'on a une non... réponse. Et encore hier, les organisations syndicales de jeunes appellent à poursuivre la mobilisation. On est globalement sur une enveloppe de 400 milliards sur les 10 milliards qui étaient exigés. Donc il y a des premiers effets de cette mobilisation sociale, oui, mais il y a encore besoin que le gouvernement mette en place un véritable plan qui réponde à ces questions et qui réponde aussi aux questions des travailleuses, des travailleurs. Vous avez parlé des gilets jaunes, de toutes celles et ceux qui se mobilisent aujourd'hui pour la dignité, pour la décence. C'est aussi ce que dit notre jeunesse aujourd'hui. Et là-dessus, sur la question de la hausse du SMIC, les 1500... 100 euros net, l'indexation des salaires sur l'inflation, toute une série de mesures que nous, nous portons à la France insoumise, eh bien évidemment, on est face à une situation où le gouvernement, le cornu Macron, ne répond pas à la question sociale. On est sur la
revendication des lycéens. Est-ce qu'elles sont légitimes selon vous ? Alors je vous rappelle, au départ, elles demandaient davantage de preuves, qu'il n'y ait pas des cours qui restent non assurés pendant plusieurs mois parce qu'on n'avait pas de preuves remplaçants, des emplois du temps trop lourds. Parcours Sud, tout ça, est-ce qu'ils ont raison ?
Moi je crois que ce que dénoncent les lycéens quand ils disent l'éducation nationale fonctionne mal, on n'a pas les remplaçants qu'il faudrait au moment où il faudrait. Ce sont des retours qui doivent être immédiatement traduits en action. Ce sont des choses qui sont, et c'est le métier, c'est la responsabilité de l'État. prétend diriger l'éducation nationale depuis Paris, d'être capable de le faire et d'apporter les effectifs enseignants dans tous les lycées dont on a besoin. Sébastien Lecornu
a essayé, ça n'a pas suffi, visiblement.
Trouver plusieurs milliers de professeurs, ça prend aussi forcément un tout petit peu de temps. On aurait certainement pu s'y prendre plus tôt et ça aurait certainement permis d'éviter cela. Ensuite, il y a des revendications qui touchent aussi à l'organisation profonde de la vie de nos jeunes. Moi, je reste frappé. À Charleville, on est jumelé avec des villes allemandes. Et donc, on va très jeunes au collège, au lycée et on fait ces échanges. Eh bien, les Allemands, ils finissent leur journée de classe aux alentours de 14-15 heures. Et ensuite, ils ont le temps pour des activités sportives, des activités de sortie. Et donc, la question que posent les lycéens aussi, c'est une question des rythmes scolaires. Et je crois vraiment qu'il faut reprendre ces rythmes scolaires. On ne peut pas continuer à être le seul pays où on a des vacances aussi longues, où on a des apprends, toute une partie, ce qu'on a appris le restant de l'année, et puis des journées et des semaines aussi chargées. Et donc, quand les lycéens disent ça, je trouve qu'ils ont raison de s'exprimer. Alors, parfois, c'est un peu excessif. Pourquoi on n'aura pas répondu
depuis des années ? Parce que ce n'est pas nouveau, c'est de parler de nouveaux rythmes scolaires. Mais personne n'a pu leur apporter des réponses. On arrive à une élection présidentielle
et que c'est peut-être le moment de faire des choix. Et le débouché politique, parce qu'on voit qu'une crise comme celle-là, elle doit avoir un débouché politique. Je crois qu'on est tous autour de la table convaincus qu'elle n'aura pas de débouché budgétaire. Parce que, vu la situation dans laquelle nous sommes, ce n'est pas des milliards qui vont permettre d'en sortir. Donc, il y a besoin d'un débouché politique. Un débouché politique, c'est d'avoir un vrai débat pour les présidentielles. Et le débat sur comment on organise l'éducation nationale. Est-ce que, comme je le disais tout à l'heure, ça doit rester un... un mammouth géré depuis Paris avec les difficultés qu'on voit, ou est-ce que c'est quelque chose qui se décentralise aussi un peu plus pour être plus en réaction aux besoins. Ça, ce serait les
propositions d'Evoire Philippe, qui vous soutenez.
Notamment, oui, mais on a besoin de parler des rythmes, on a besoin de parler de l'organisation, de l'école et des moyens qu'on lui consacre.
On a besoin d'apporter des réponses concrètes, mais on ne peut pas s'exonérer de regarder la politique qui est conduite depuis dix ans. Depuis dix ans, on nous a expliqué que la stratégie de l'État... porté par notamment Emmanuel Macron, ça a été de dire qu'on veut la politique du ruissellement, c'est-à-dire qu'on veut exonérer les plus hauts revenus, les grandes entreprises, pour faire en sorte que ça ruisselle et que de l'autre côté, tout le monde en profite. Dix ans plus tard, qu'est-ce qu'on constate ? On s'est privé de recettes ? plusieurs dizaines de milliards d'euros chaque année en moins dans le budget de l'État. Donc moins de marge de manœuvre pour financer des politiques publiques dont on aurait besoin. Et de l'autre côté, la situation de nos concitoyens qui s'est dégradée. Donc la réalité politique, c'est aussi celle-là. C'est-à-dire des choix qui ont été faits il y a 10 ans qui ne portent pas leurs fruits. Mais qu'est-ce qu'on va faire ? Qu'est-ce qu
'on propose ? Un exemple concret. Vous soutenez Raphaël Glucksmann. Un exemple concret. Un
exemple concret. Nous, on demande, par exemple, d'avoir une conférence sur les salaires avec l'ensemble des représentants syndicaux. Que le débat autour de la question des salaires soit posé dans notre pays. Deuxième proposition, on propose que le SMIC soit mis à 1 700 euros. Parce que c'est des débats qui permettent d'ouvrir des perspectives pour nos concitoyens. Mais je vais vous donner un exemple. L'État, dans les propositions qu'il fait pour les lycéens, il dit qu'on va faire un prêt de 4 milliards pour les collectivités locales. Mais dans le même temps... La proposition budgétaire qui est en discussion à l'Assemblée nationale retire aux collectivités locales 7,5 milliards d'euros. Pour la région Grand Est où je siège, c'est plus de 100 millions d'euros qui vont être retirés au budget de la région. Donc autant, c'est moins d'argent qu'on va mettre, notamment dans les lycées, qui ont besoin aussi de rénovation.
Jordan Guitton, sur la revendication des lycéens.
Je pense que les choix d'abord qui ont été faits par le budget, je pense à l'année dernière, l'année d'avant, il y avait 4000 suppressions de professeurs chaque année qui ont été proposées. imposée par le gouvernement à l'époque de Michel Barnier et aujourd'hui de M. Lecornu l'année dernière. Nous, on s'y est opposé. Le gouvernement a imposé ces 4000 suppressions de postes par 49,3 l'année dernière. Mais en fait, ce sont des choses qu'on subit aujourd'hui sur le territoire. Parce que lorsqu'on subit 4000 profs... À Paris, moi je ne sais rien que dans la ruralité auboise, je ne sais rien que dans ma circonscription, dans les lycées, on va avoir des manques de professeurs. Et ça, ce sont des réalités concrètes. Donc il y a des responsables politiques quand même. Le Premier ministre d'Emmanuel Macron, M. Édouard Philippe, a participé à ce chaos aujourd'hui dans l'éducation nationale. Et ensuite, il y a les propositions pour demain que nous devons avoir. Moi, je note quand même que par rapport à ce que dit la gauche, ce n'est pas un manque de recettes. On est le pays le plus fiscalisé. Au monde, on est champion du monde et je crois champion d'Europe des prélèvements obligatoires et des impôts. Donc à un moment donné, il faut faire des choix budgétaires, aller chercher des économies partout
où c'est possible.
Mais nous proposons un grand plan de 140 milliards d'économies à l'échelle de 2032 de manière à pouvoir abaisser la fiscalité sur les carburants, parce qu'aujourd'hui les Françaises et les Français et les Champenois en ont besoin. Nous proposons bien évidemment de faire des économies sur l'immigration, sur la surbureaucratie, sur des strates pour pouvoir générer, augmenter le salaire des professeurs. Une des propositions que nous faisons, c'est d'augmenter 3%. par an, on ne fait pas des professions démagogiques, 3% par an sur 5 ans, le salaire des professeurs, de manière à les aligner, notamment sur la moyenne européenne. Ça, ce sont des propositions concrètes pour aussi donner envie aujourd'hui à des jeunes de devenir professeurs. Parce qu'il y a un problème aussi, demain, d'ambition de devenir professeur dans notre pays. Donc il faut remettre au centre du jeu, répondre aux revendications des lycéens. Il y a un peu un millefeuille aussi dans les emplois du temps qui est dû aux réformes, entre le post-bac, la réforme du bac. C'est un peu un casse-tête aujourd'hui, les emplois du temps, quand vous parlez avec des parents de lycéens. Et tout cela fait qu'on est dans une situation qui est catastrophique. Mais ce n'est pas nouveau. Et le niveau derrière, on met quand même énormément d'argent, l'État français, dans l'éducation nationale, et le niveau, les classements au PISA, d'année en année, s'effondrent dans notre pays. Ce qui montre bien qu'il y a un problème de gouvernance au niveau national et au niveau local. Est-ce qu'on prépare bien nos jeunes à l'avenir, aux
transformations qui ont lieu au niveau de la société, au niveau du travail ? Ce que vous disiez tout à l'heure par rapport à l'intelligence artificielle, est-ce qu'on prépare bien nos jeunes à tout ça ? Est-ce qu'on a pris la mesure des changements en cours ? pour ça. En fait, c'est leur angoisse qui se traduit dans la rue.
Écoutez, plutôt que de tout le temps, moi, ce discours-là sur Pisa, on recule, on ne sait plus lire, on ne sait plus compter. Tout ça, c'est toujours le même traitement qu'on réserve à la jeunesse, c'est-à-dire de la dévaloriser, de lui nier une intelligence collective. Moi, j'ai vu dans cette mobilisation de la jeunesse quelque chose de formidable. Vous avez des jeunes qui disent qu'ils veulent bien étudier. Ils veulent bien étudier, dans de bonnes conditions, avec de bons lycées, de bons emplois du temps, des enseignants devant eux, et ils ont des idées, ils sont créatifs. y compris face à la répression policière, ils sont d'une créativité incroyable. Ces jeunes, aujourd'hui, la réponse qu'on leur fait, elle n'est évidemment pas à la hauteur de leurs attentes. Et ça, il faut l'entendre, il y a toute une série de propositions pour la jeunesse. La première, on n'en a pas encore parlé, mais la suppression de Parcoursup, c'est quelque chose qui est nécessaire. Maintenant, c'est un élément... Mais c'est le bac, c'est le bac qui permet d'accéder à l'enseignement, c'est ce qu'ils vous répètent, c'est ce qu'ils vous disent. Et ça a abîmé énormément. Vous savez, dans les classes, aujourd'hui, vous êtes au lycée, vous n'avez plus de classe. Vous êtes séparés dans des groupes avec la réforme blanquaire, dans des situations qui les ont isolées. Aujourd'hui, ce mouvement social, il dit quelque chose de notre jeunesse de magnifique. Ils veulent bien étudier parce qu'ils veulent bien travailler demain. Ils voient comment les conditions de travail de leurs parents se sont dégradées dans les entreprises. Et eux nous disent stop. Il faut que cette génération les écoute. Malheureusement, les vieux politicards de la scène politique, ils n'écoutent pas la jeunesse. Et ça, c'est dramatique. On parle quand même de la jeunesse française. On imagine que tous les politiques que
vous êtes devraient être d'accord sur ce qu'ils font. Mais ils ne sont pas là, ils n'écoutent pas. Ils se félicitent de la
répression. Ce qu'ils aiment, c'est de voir les jeunes se faire résumer. Voilà la règle. Mais ça, c'est triste. C'est extrêmement triste. Moi, je le regrette vraiment. Venez dans les manifestations. Venez voir comment les jeunes ont envie de parler. Ils ont envie de dire ce qu'ils vivent et ce qu'ils subissent. Imaginez l'image de l'État. Arrêtez de vous vautrer dans cette démagogie. C'est juste
insupportable. Il n'y a pas les bons et les méchants. Ça, c'est vraiment le
manichisme.
Vous qui êtes de Boris
Ravignon sur les Ardennes, où il y a quand même beaucoup de difficultés de remplacement de professeurs, de formation à assurer, etc. Qu'est-ce que vous leur proposeriez si vous étiez aux affaires ?
Moi d'abord, je suis élu local. Et qu'est-ce qu'on a fait ? Le principal projet qu'on a porté ces dernières années, c'était de créer un campus à Charleville-Mézières. Pour que justement, les jeunes, après le bac, puissent y étudier. Mais là où, aujourd'hui, on voit les effets que ça... On a eu plus d'un millier d'étudiants de plus dans notre ville. Et effectivement, ça donne à notre ville une ambiance, un dynamisme extrêmement positif et qui fait plaisir à voir. Et donc les jeunes, je les rencontre beaucoup plus souvent que vous ne le dites, monsieur Smith. Et justement, pour parler de cet avenir et de l'investissement que nous faisons, et je crois que c'est une des solutions. Je crois qu'il faut arrêter d'imaginer que l'État puisse tout. Il faut aussi que les collectivités sur ces sujets-là... Monte en puissance, avance et développe des solutions. Il y a plein de solutions adaptées à chaque territoire. Mais je crois vraiment que la jeunesse mérite autre chose qu'on lui serve, la démagogie de « on va supprimer par cours sup ». Pardon, mais comment on va faire dans les formations où il y a 20 places ? Mais c'est vous qui n
'avez rien compris, les prenez
pour des imbéciles. Ah non, pas du tout. Moi, j'aimerais dire quand même à ceux qui nous écoutent que la situation que nous vivons, elle n'est pas irréversible. Parce qu'on entend beaucoup de négativité, on entend beaucoup de Français qui sont exaspérés. Mais là, en direction de la
jeunesse, qu'est-ce qu'on fait ? Engagé
en politique, il y a une dizaine d'années, il y avait encore des professions qui allaient bien dans notre pays. Il y avait même une jeunesse qui allait plutôt bien. Aujourd'hui, plus rien ne va, dans aucun secteur. Donc la situation que nous vivons est catastrophique. Moi, je ne connais pas un seul secteur, sociaux, les jeunes, les retraités, les classes moyennes, les travailleurs. Je ne connais pas une personne dans notre pays qui va bien, qui se porte bien, qui dit... Je vis de mon travail, tout va bien, je veux le statu quo. Aux jeunes, pour leur redonner envie, pour leur
permettre de croire en leur avis, qu'est-ce qu'on leur dit, qu'est-ce qu'on leur propose ? Je leur
dis qu'à l'échelle nationale, et dans quelques mois, il y aura des élections présidentielles et législatives. Et donc, je leur donne rendez-vous, s'ils veulent changer les choses. La vérité, c'est que le débat qu'on voit là, il ne va pas se régler demain dans la rue. Non, non, mais peut-être concrètement pour changer.
Changer
pourquoi ? Mais changer pourquoi ? Il faut changer de politique. Il faut voir tous ceux qui ont échoué depuis 20 ans. Ils ont essayé Sarkozy, Hollande, puis le macronisme. Et donc, à un moment donné... Il faut se dire qu'il y a un grand changement politique à venir en 2027. que nous, nous sommes prêts, avec Marine Le Pen, avec Jordan de Mardella, qui incarne une partie de la jeunesse de notre pays, avec notre allié Éric Ciotti, nous sommes prêts à changer les choses, à engager le redressement national, à engager la renaissance de la France. Et ça, je pense que ce message-là, c'est de dire, rien n'est irréversible. Nous avons des choix politiques qui ont été faits par le passé, mais pour changer la politique, il faut changer les politiques. Et je pense que c'est le message essentiel que nous devons porter à cette jeunesse, c'est de leur dire, allez voter, si vous avez des réunions, allez voter. Éric Hénard,
qu'est-ce que vous leur dites ?
Je ne crois pas que la seule réponse, ça soit dire, on attend les... élections présidentielles. C'est dans six mois. Il y a aujourd'hui un pouvoir qui est en place. Il y a des revendications qui sont pour beaucoup, et je crois qu'on serait prêt à entendre que pour beaucoup, elles sont légitimes. La responsabilité du pouvoir politique, c'est de mettre en face des revendications légitimes, des propositions. Or, aujourd'hui, après avoir joué le pourrissement, puisque trois, quatre semaines avant de commencer à entendre ce que disent les lycéens et les étudiants, c'est beaucoup trop tard. Et donc, on a une situation qui se radicalise et qui s'enquiste. Il faut ouvrir des portes de dialogue et des propositions. Des propositions sur les classes surchargées, des propositions sur des enseignants qui sont remplacés. Anthony Smith a dit une chose à laquelle je souscris complètement, qui est la question de la jeunesse qui s'interroge sur son avenir et qui veut travailler. Donc on devrait plutôt être là à se féliciter de voir que cette jeunesse a envie de bouger, plutôt que de s'en inquiéter. Et donc en face, c'est quelles propositions on est en capacité de mettre ? Et là encore, je pense qu'aujourd'hui, les premières propositions qui ont été présentées par le gouvernement sont largement insuffisantes. Il faut aller beaucoup plus loin.
Très rapidement, Anthony Smith, les propositions, les deux ou trois propositions qu'il faudrait faire ?
On l'a dit sur le bâti, sur tout ce que portent les lycéens et le mouvement lycéen, je pense qu'il faut les écouter. Et puis, il y a un enjeu qui est déterminant. C'est de la rue aux urnes, effectivement. La question qui se pose, c'est l'élection majeure dans la Ve République. Moi, j'invite toutes celles et tous ceux à qui on fait croire... qu'il n'y a pas possibilité de peser, de changer les choses, qu'on est dans la misère, qu'effectivement on n'arrivera pas à en sortir avec les budgets, à se dire, à regarder les programmes politiques, à s'inscrire sur les listes électorales, inscrivez-vous, vous pouvez changer la vie, vous pouvez changer les choses, vous pouvez voter Jean-Luc Mélenchon, et nous le 6 novembre, on sort notre programme politique, le 7, on va le présenter dans un grand meeting populaire, on va commencer le faire au Bourget, et on invite toutes les citoyennes à y participer.
Les manifestations vont se poursuivre encore quelques temps. si cet appel à voter est entendu des jeunes et s'ils se mettent finalement à se focaliser sur la présidentielle. Fin de cette émission. Merci à tous d'avoir participé. Merci d'avoir répondu à notre invitation. Vous pouvez retrouver cette émission en replay sur notre plateforme France TV. Et je vous rappelle que cette émission était enregistrée. Bon dimanche à toutes et tous.
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