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s'écharpe sur la possibilité d'une primaire alors que faute de champions indiscutables, une petite musique s'installe sur les projets de Christine Lagarde qui a écourté son mandat à la BCE. Nous en parlons ce soir avec Nathalie Chuc. Bonsoir. Bonsoir. Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes grand reporter au service politique du journal Le Point. Votre dernier article s'intitule « À droite et au centre, les désolantes chicaïas sur la primaire ». On va en parler ce soir. Un mot avec vous quand même pour débuter cette interview sur cette petite... J'ai l'impression qu'à chaque présidentielle, il y a le moment Lagarde. Elle a écourté son mandat à la BCE. Je voudrais juste qu'on commence cet entretien avec un extrait de ce qu'elle a dit. Comme je l
'ai expliqué à mes collègues, aux membres du personnel et aux gouverneurs, je veux avoir la liberté de parole, la liberté d'expression
et la
liberté de m'engager sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire. 'est-ce qu'elle veut faire de cette liberté,
Nathalie Chuc ? On va le voir, mais force est de constater qu'aujourd'hui, les propositions de candidature sur l'arc de la droite et du centre ne conviennent visiblement pas aux électeurs. On le mesure dans les sondages. Pour l'instant, personne n'imprime, personne ne se démarque. Donc, dans toutes les campagnes où on ne trouve pas comme ça de débouché, on cherche un monsieur ou une madame X. Donc, on parle beaucoup en ce moment aussi à droite de David Lissnard, qui est une candidature qui émerge. On parle de Christine Lagarde en se demandant si elle pourrait faire partie des possibles. Bon, après, vous savez très bien... qu'une fois qu'on est candidat, ce qui est difficile, c'est l'entrée dans l'atmosphère. Donc à partir du moment où Christine Lagarde sera hypothétiquement candidate, on irait regarder son CV, on se demanderait si elle n'a pas passé un petit peu trop de temps hors de France. Ça paraît difficile d'imaginer à s'y brever. En revanche, elle peut avoir une utilité profonde dans cette campagne, c'est qu'elle a une connaissance extrêmement fine de tous les processus économiques et financiers. La France, tous les politiques nous le disent aujourd'hui et tout le monde se demande si on va avoir une crise financière avant même l'élection présidentielle. Elle peut avoir des messages très forts, je crois que c'est son intention, notamment sur le Rassemblement national, pour dire attention à ne pas aggraver l'ardoise de la France. À vos yeux,
ça n'est pas plus que cela. Elle avait dit dans une interview à La Croix le 30 septembre, en gros, ce ne serait pas forcément une bonne idée que je sois candidate. Ce n'est pas le même métier. Il y a d'abord une question de vitalité, d'énergie, de force. Il y a aussi le sens du sacrifice inéluctable dans ce type d'engagement. Et j'ai 70 ans.
Je comprends que son intention est plus de passer des messages très forts dans la campagne que d'être candidate après. Si elle le souhaitait l'être, je pense qu'elle aurait toute sa place.
Bruno Le Maire a dit qu'il était enthousiaste. Il pense qu'elle a évidemment les compétences pour jouer ce rôle-là. Et vous avez commencé par là. Ça révèle... D'une certaine manière, le vide. En tout cas, le fait qu'il n'y ait pas un candidat naturel dans ce spectre politique qu'on appelle le bloc central. Le dernier sondage IFOP pour LCI, qui donne tous ces candidats-là, Rotaillot, Ouattal, Edouard Philippe, en dessous de 10, est redoutable. Il sonne comme une alerte
? Ce qui sonne comme une alerte, c'est ce sondage. Plus encore, je dirais, c'est ce qui s'est passé les 17 et 18 octobre en France avec ces scènes d'émeute. de pillage en marge des manifestations des lycéens qui ont été une sorte d'électrochoc. Je voyais Gabriel Attal il y a quelques heures avant de venir sur votre plateau qui a une expression que je trouve intéressante, il dit c'est papivoise fois mille, pour rappeler à vos téléspectateurs qu'il aurait oublié, papivoise c'était ce retraité qui pendant la campagne présidentielle de 2002 avait été roué de coups, tabassé à son domicile, c'était deux ou trois jours avant le premier tour et ça avait favorisé fortement Jean-Marie Le Pen. Et aujourd'hui on voit bien que ces événements, dans l'imaginaire des Français, ça renforce encore la tenaille. la possibilité d'un second tour entre le RN et LFI. Donc il faut... un électrochoc pour sortir de là, parce que personne ne se
démarque. Si on parle de cette crise sociale, c'est peut-être intéressant de s'y arrêter un instant. On les voit, effectivement, les deux qui en profitent, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui en profitent parce qu'ils sont en train de monter toujours dans les sondages, une vraie stabilité dans l'électorat de Marine Le Pen, mais qui prend quelques points dans ce sondage. Pareil pour Jean-Luc Mélenchon, ils s'imposent dans ce duel-là. Ça veut dire qu'aucun des autres... ne passe le mur du son sur ces problématiques que sont l'avenir de la jeunesse ou la question de la stratégie du maintien de l'ordre et tous les sujets qui ont été posés sur la table avec le 17 octobre ?
Pour l'instant, ce qui est extrêmement violent à vivre pour les candidats de ce qu'on appelle l'arc central, c'est qu'ils ont le sentiment d'être totalement invisibilisés, totalement inaudibles. C'est-à-dire qu'ils font des propositions, ils multiplient les propositions. On en a une quantité, on ne connaît pas la quasi-intégralité de leur programme, mais presque, mais on ne les entend pas.
Alors, la question maintenant qui leur est posée à tous, puisqu'ils sont au-dessous de 10%, c'est la question de la primaire. Gabriel Attal s'accroche à l'idée d'une primaire. Certains d'ailleurs considèrent que c'est le champ du signe parce que sa campagne n'a pas décollé. Edouard Philippe n'en veut pas. Bruno Retailleau dit pourquoi pas si Edouard Philippe y va. Comment ça se termine cette histoire-là ?
Eh bien, pendant longtemps, on pensait que c'était ce qu'on appelle un serpent de mer en politique. C'est-à-dire qu'on avait parlé de la primaire, qu'il n'y aurait jamais de primaire. C'était une sorte de fantasme qui avait été lancé par David Lissnard, par Laurent Wauquiez aussi à droite. Tous deux proposaient ce système. Mais comme Edouard Philippe n'en voulait pas, comme les autres disaient, oui, mais alors il faudrait inviter Éric Zemmour et pourquoi pas mettre Raphaël Bluxmann, il n'y avait pas d'accord ni sur le calendrier ni sur le périmètre. Donc on se disait, c'est impossible. Sauf que ça a quand même beaucoup bougé ces derniers jours. Il y a une semaine pile, Gabriel Attal a relancé l'idée aux venteurs de TF1 en proposant qu'il y ait une grande primaire, en associant pourquoi pas les sociodémocrates, en l'occurrence, le dit Raphaël Glucksmann, qui a fait savoir que... Ça ne l'intéressait pas, qu'il avait déjà fait sa primaire. Ça ne va peut-être pas deux, mais cette idée a été relancée. Et surtout, il faut voir ce qui se passe en coulisses. C'est ça qui est le plus intéressant. En coulisses, vous avez des discussions très poussées entre Gabriel Attal, donc pour le parti Renaissance, Gérard Larcher qui est président du Sénat, donc supposément indépendant sur le plan institutionnel, qui est aussi très proche de Bruno Retailleau, c'est un républicain, vous le savez, Gérard Larcher. Donc tous ces gens-là discutent, Bruno Retailleau aussi, pour dire, bon, le darwinisme sondagier qui consiste à penser que ce sont les sondages qui vont déterminer qu'il est le mieux placé dans notre famille politique pour y aller, ça ne marche pas. Donc il faut absolument qu'on ait une solution si d'ici Noël, personne ne se détache. Et l'idée, c'est que Gérard Larcher commence à travailler sur une charte des valeurs communes, sur une primaire qui serait, d'après ce qu'explique son entourage, une primaire ouverte, ça veut dire ouverte à tous les sympathisants, donc à tous les électeurs de la droite et du centre, et pourquoi pas sociodémocrates, qui se tiendraient en janvier ou tout début février. C'est pas trop tard ? Ce n'est pas forcément trop tard. On est à deux mois de l'élection présidentielle. Pourquoi pas ? De toute façon, il faut
effectivement... Mais qu'est-ce qui pourrait pousser Edouard Philippe, dont on sait qu'il a un peu de tempérament, qui dit que cette primaire n'aura pas lieu ? Il a été ferme en disant que j'ai un projet à défendre vis-à-vis des Français. Je vais tracer ma route et que le meilleur gagne. Qu'est-ce qui peut le pousser, à un moment donné, à se plier à cet exercice de la primaire ?
C'est vrai que lui, pour l'instant, dit que les primaires, c'est de la division. La division, on l'a déjà aujourd'hui. Force est de constater. pourrait le pousser, si vous prenez du point de vue d'un Gérard Larcher, d'un Bruno Retailleau, d'un Gabriel Attal ou d'un David Lysnard, qui sont tous maintenant favorables à la primaire, c'est le fait qu'ils chutent dans les sondages. C'est-à-dire qu'ils font le pari suivant. Ils se disent, d'ici Noël, Edouard Philippe ne sera peut-être plus à l'étiage où il se trouve aujourd'hui dans les sondages. Il a déjà chuté pour partie de son pied d'estelle, puisqu'Edouard Philippe était le seul dans cet arc politique à pouvoir revendiquer, se qualifier au second tour. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Eux se disent, s'il continue à baisser, il n'aura plus le choix.
Elisabeth Borne se mêle aussi à ce débat dans Le Parisien ce matin. Elle dit « Je ne crois absolument pas en une primaire du Bloc central » jusqu'à David Lysnard qui, lui, veut l'union des droites et éliminer le centre. C'est-à-dire qu'on ne parle pas juste de personnalité, il y a des idées derrière ça. Et effectivement, David Lysnard, il incarne une droite qui n'est pas forcément compatible avec ce que représentaient un Gabriel Attal ou une Elisabeth Borne.
C'est peu de le dire, c'est effectivement, quand vous discutez avec David Lissnard, il explique qu'il trouve beaucoup de mérite à Sarah Knafo au sein de Reconquête, et pourquoi pas, s'il était président de la République, en faire une première ministre. Ça, ça n'est évidemment absolument pas la tasse de thé d'un Gabriel Attal, mais quand vous en parlez à Gabriel Attal, qui a donc relancé cette idée, il dit, à tout prendre, je préfère affronter Bruno Retailleau et David Lissnard dans une primaire que me retrouver avec Marine Le Pen à l'Elysée. Quel rôle va jouer Emmanuel Macron ? Très bonne question. Emmanuel Macron, c'est chronos. C'est-à-dire qu'on considère qu'il dévore toujours un peu ses petits, vous savez. Est-ce qu'il a vraiment envie que quelqu'un de sa famille politique lui succède ? Pas sûr.
En tout cas, la fin de règne est difficile pour le chef de l'État. Il y a un livre de Françoise Debois qui sort, qui s'intitule « Vous êtes tous trop durs avec moi » chez Robert Laffont. Et c'est un florilège d'échanges, de textos, de messages qu'elle a eus avec le président. Et on voit un chef de l'État qui parle très librement, puisque c'est censé être un échange privé. Alors il commente les uns les autres, il distribue les bons et les mauvais points. Quel échange vous a le plus marqué dans ce que vous avez pu lire ?
Il distribue surtout les bafs, quand même. Il passe tout le monde en revue, disant. Gabriel Attal, on lui a tout donné, beaucoup trop. Un de ses parents politiques, Alain Minc, se prend aussi une paire de gifles. Il dit en gros, moi ce qui m'a frappée, c'est le langage très cru du président de la République qui... parle pourtant à une journaliste. Donc il doit se douter quelque part que ces échanges ne vont pas rester dans un téléphone portable, qu'ils ont vocation potentiellement à le publier, qu'il parle de maboule, qu'il dit que les gens qui le critiquent après l'avoir adoré sont des salopards. C'est quand même un... On sait qu'Emmanuel Macron n'a pas un langage de premier de la classe. Ça lui est parfois reproché d'avoir un langage... Assez cru. Assez cru. Ne marquant pas les négations dans ses phrases. Et ça montre surtout un président... qui refuse d'admettre qu'il a pu faire des erreurs, en particulier celle de la dissolution, et qui continue à s'expliquer un peu enfermé dans une
forme de... Avec cette phrase, démissionner l'interroge sur le fait qu'il lâche ses fonctions, démissionner jamais, je ne compte pas déserter, j'avance.
Alors ça c'est d'autant plus intéressant qu'une petite musique revenait à bas bruit, y compris au sein de la Macronie, disant... Finira-t-il son mandat ? Eh bien, on a la réponse dans ce livre.
Merci beaucoup Nathalie Chouy d'être venue sur ce plateau. Je rappelle votre article qu'on peut retrouver sur le site du Point qui s'intitule « À droite et au centre, les désolantes chicaillats sur la primaire ». Dans un instant, on retrouve les experts de Sénant L'Air et on va revenir sur la défaite de Donald Trump. A tout de suite.
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