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Pour celles et ceux qui se reconnaîtraient, j'invite donc Christine à venir. Les camarades des jeunesses anticapitalistes. Et il y a encore deux sièges qui vont être comblés quand les camarades qui interviennent, mais je garde un suspense de dingue, seront arrivés. Parce qu'ils nous font le plaisir de venir avec des agendas un peu chargés. Et donc dès qu'ils et elles sont là, ils nous rejoindront sur la tribune pour cette première tribune. rapidement parce que je sais que vous n'êtes pas venu pour me voir déjà commencer par vous dire qu'on est vraiment très heureuse très heureux de se retrouver avec vous ce soir j'ai envie de dire à la chaleur déjà de tout ce monde présent, mais aussi à la chaleur de la lutte. Et que quand on a posé cette date dans le paysage de ce meeting de rentrée, dans la perspective de parler de qu'est-ce que le NPL anticapitaliste a prévu de faire en cette rentrée, j'allais dire à l'époque de tous les dangers, mais aussi aujourd'hui de tous les possibles, on n'était pas sûr de voir autant de têtes et de têtes connues qu'on a vues les samedis, qu'on a vues dans les manifs lycéennes. étudiante donc déjà commencer par vous remercier de votre présence aussi vous dire et aussi vous dire que peut-être vous l'avez vu si vous êtes arrivé un peu tôt mais maintenant il ya tellement de gens debout derrière que peut-être vous ne les voyez pas nous avons une table de notre librairie la brèche excellente librairie militante qui est juste devant moi il ne faut pas hésiter à y aller Et que nous avons également des tables déjà. Christine, qui nous vient de Rouen, qui en plus d'avoir l'excellente qualité d'être notre porte-parole et de le faire avec brio, est également une ex-syndicaliste. Alors je ne sais pas si on est ex-syndicaliste, je dirais une syndicaliste ex de l'industrie chimique. Elle m'a demandé de le préciser pour expliquer qu'elle a aussi beaucoup travaillé pour éviter de trop produire. Voilà, c'est dit. Et du coup, je vais lui passer la parole pour qu'elle puisse nous donner un mot justement sur cette période, cette période compliquée, lourde de possibles, lourde de difficultés, lourde de risques dans laquelle on avance. Vas-y Christine, je te passe la parole.
C'est vrai que ça fait plaisir. Bonsoir à toutes et tous. Pour vous récompenser d'être là, je vous propose de faire ensemble un tout petit exercice d'imagination. C'est pas compliqué, il suffit de revenir quelques semaines en arrière. Vous savez, de se remettre dans cette ambiance d'avant les mobilisations, cette espèce de période un peu grise, un peu lourde, dans laquelle on était à peu près certaine de voir l'extrême droite gagner les élections, surtout qu'on ne voyait pas bien par quel miracle on allait pouvoir empêcher ça tant la division faisait rage et tant notre camp était à la peine. C'est un mauvais moment à passer, donc c'est fini. Mais comme le disait Daniel Ben Saïd, notre camarade, l'événement couvre dans les flancs de la société et nous devons nous y rendre disponibles. Et voilà l'événement. La mobilisation des lycéens et des lycéennes a surgi. Elle s'est étendue aux autres couches de la jeunesse, elle a redonné le moral, le goût de la lutte, le goût de la lutte, aux parents, aux gros-parents, aux gilets jaunes, souvent dans un premier temps en réaction aux violences policières, mais pas que. Et l'événement vient percuter cette espèce de pré-campagne crépusculaire qu'on connaissait. Et plus que ça, l'événement percute l'ensemble de la société. Et pour reprendre la formule de Daniel, il couvait. Il couvait parce que cette mobilisation, en fait, elle vient de loin. Alors elle vient de loin au sens premier, puisque nous, on n'oublie pas qu'elle est née d'abord dans les territoires maintenus sous la colonisation de l'État français. D'abord, à Mayotte. Et en Guyane. Et puis elle vient de loin parce qu'en fait elle est la réaction à la brutalisation du monde, à sa fascisation par un système capitaliste à bout de souffle qui ne survit qu'en exploitant toujours plus. en détruisant les services publics et donc en détruisant nos vies, nos conditions de travail, nos conditions de logement, nos conditions de santé, nos conditions d'éducation qui dépendent de ces services publics. Un capitalisme de catastrophe, complètement accro aux énergies fossiles. qui ravagent le climat, qui ravagent la biodiversité, qui provoquent des canicules, des sécheresses, des inondations toujours plus fréquentes, toujours plus destructrices, des catastrophes qui frappent d'abord et surtout les plus pauvres, qui sont en même temps les moins responsables. Des catastrophes qui menacent, au-delà de l'immédiat, de rendre purement et simplement notre terre inhabitable. Un capitalisme de pillage, d'extractivisme, de guerre impérialiste contre les peuples, un capitalisme de plus au plus autoritaire, répressif, raciste et criminel contre les migrants et les migrantes. Ce capitalisme qui détruit tout espoir, et en fait le terreau des régimes d'extrême droite, de leurs politiques suprémacistes, masculinistes, climato-négationnistes et guerrières, qui dominent désormais dans un grand nombre de pays dans le monde. Et puis la mobilisation, elle vient de loin, là encore on aurait peut-être pu la voir venir, parce qu'en fait elle est internationale. Cette mobilisation de la Genèse, celle qu'on appelle la Gen Z, ces mobilisations s'inspirent, elles se répondent dans le monde entier, en particulier depuis quelques semaines dans toute l'Europe, mais aussi en Argentine ou en Inde, au Québec ou au Chili. Des mobilisations pour le droit au logement au Portugal ou dans l'État espagnol, contre la vie chère en Italie ou en Belgique, pour des moyens pour les services publics en Allemagne. ailleurs, contre l'aggravation des conditions de vie et contre la corruption au Maroc ou à Madagascar, contre des projets de luxe destructeurs d'une zone humide, protégée et de terres publiques spoliées en Albanie avec la mobilisation extraordinaire des flamants roses, ou encore en Serbie où la liste électorale des étudiants et étudiantes... En fait, une liste qui plonge ses racines dans la mobilisation suite à l'effondrement de la verrière de la gare de Neuvisade, cette liste vient de remporter les élections. Et puis cette mobilisation, elle est internationale, comme est internationale l'immense vague féministe de Niouna Menos à Mitou, qui a déferlé, qui déferle depuis plus de dix ans, à partir de l'Argentine et sur le monde entier, contre les féminicides, contre les viols et globalement contre toutes les violences sexistes et sexuelles. On a donc une mobilisation de la jeunesse qui est puissante, qui est profonde, qui entraîne toutes les couches de la société, tous les secteurs de la société qui se battent ou qui se sont battus contre les politiques antisociales, austéritaires, climaticides, discriminatoires et répressives. C'est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. Mais pour autant, les nuages noirs de la menace de l'extrême droite au pouvoir ne sont pas dissipés. Pire, face à ce soulèvement populaire, ce soulèvement de la jeunesse, la violence explose. Les violences d'État, les violences fascistes, les violences racistes et islamophobes, des violences qui tuent, blessent, détruisent des vies. Et nous n'oublions pas, nous ne pardonnons pas. Nous voulons rendre hommage, rendre hommage à Bengo Boziovanki, tué le 23 octobre à Trappes. Rendre hommage aussi à Christophe, mort le 17 octobre après avoir été massivement exposé au gaz lacrymogène. Apportez toute notre solidarité, tout notre soutien à leurs familles et à leurs proches. Apporter notre solidarité aussi aux centaines de blessés, victimes des violences policières qui ont eu la main arrachée, les yeux crevés et qui souffrent de traumatismes multiples. Notre solidarité encore et toujours à toutes celles et tous ceux qui sont la cible des violences et intimidations racistes et islamophobes. Toutes et tous sont les victimes directes ou indirectes d'une radicalisation autoritaire, raciste et fascisante. Radicalisation autoritaire de l'État avec les interdictions de manifestations dans des périmètres de plus en plus restreints, le couvre-feu, les gardes à vue, les comparutions immédiates, la prison ferme et désormais les assignations à résidence qui assimilent antifascistes et singulièrement les militants écologistes au terrorisme. Radicalisation autoritaire dans la loi avec la loi casseur-payeur qui permettrait de condamner une personne à payer des dédommagements pour des dégradations qu'elle n'aurait pas commises. Radicalisation des discours qui donnent une lecture sécuritaire, complotiste et raciste d'un soulèvement qui est en fait politique, démocratique et social. Des discours qui montrent comme jamais la porosité de la droite et du centre aux obsessions de l'extrême droite. Des discours qui sont directement responsables et coupables des agressions et des crimes racistes et islamophobes. Radicalisation aussi et bien sûr radicalisation austéritaire du budget. La radicalisation, c'est aussi la multiplication dans plusieurs villes de ces milices identitaires qui prétendent défendre les commerçants pour agresser les manifestantes avec la complicité active de la police. Cette violence sociale, raciste, répressive est une réaction de panique face au soulèvement de la jeunesse. Mais c'est aussi, en réalité, le vrai visage du capitalisme de catastrophe. La mobilisation en cours, sa puissance, sa durée, sa créativité changent la nonne, offrent des possibilités immenses. C'est une convergence inédite, à la fois contre l'extrême droite et contre ce soi-disant centre de plus en plus à droite et de plus en plus polarisé par l'extrême droite. C'est un front antifasciste avec un contenu social égalitaire et solidaire, écologiste, féministe, antiraciste, anti-impérialiste et internationaliste. Il suffit de voir le nombre de drapeaux palestiniens dans nos manifestations. Elle fait surgir et rassemble tout ce qui, dans la société, résiste profondément à la fascisation. Et ce n'est pas pour rien que les slogans antifa sont les plus repris dans les slogans et déclinés sur les pancartes. Ce mouvement, c'est notre chance, c'est l'opportunité, la possibilité de bloquer ce qui semblait, il y a quelques semaines, inéluctable. Et pour que ce possible se réalise, ce mouvement doit se renforcer, généraliser la grève, renforcer l'auto-organisation, les AG, les coordinations, les universités alternatives, les cours de lycée autogérés, les cantines solidaires, les streets médic, l'autodéfense collective et les orchestres du Nouveau Monde. Au-delà, nous avons besoin de tout ce qui permet de s'organiser, de se fédérer de manière durable et démocratique, assemblées, front unitaire antifasciste, peu importe comment on les appelle. Parce que la menace d'une victoire électorale de Marine Le Pen à la présidentielle, la menace de l'accession au pouvoir du RN allié ou non à une partie de la droite est loin d'être écartée. Et il ne faudra jamais banaliser ce que signifierait l'appareil de l'État français dans leurs mains, ce qu'on connaît aujourd'hui est en fait un pâle avant-goût de ce que ça pourrait être. Donc, dans moins de six mois à la présidentielle, il faudra battre Marine Le Pen. Et que l'on pense que c'est la meilleure ou la moins mauvaise candidature, nous voterons pour Jean-Luc Mélenchon. Mais gagner, ça nécessite de construire l'unité, la mobilisation de toutes les forces, de passer toutes les composantes face à leur responsabilité de ne pas se payer le luxe de la division. C'est le choix qu'a fait le NPA en ne présentant pas de candidats. nous dit partout que c'est impossible, mais au Brésil la puissante mobilisation a réalisé l'impossible, battre Flavio Bolsonaro. Mais la présidentielle est en six mois et on voit bien qu'il peut se passer beaucoup de choses d'ici là. Ce gouvernement est minoritaire, incapable de faire passer son budget sauf à coup des procédures antidémocratiques de la Ve République et avec l'aide du Rassemblement national. Le Cornu et son gouvernement sont totalement illégitimes. Nous ne sommes pas condamnés à les subir encore six mois. Ils doivent dégager et le plus tôt sera le mieux. Nous n'avons pas... Nous n'avons pas la mémoire courte. Nous nous souvenons que ce gouvernement s'est imposé alors qu'il avait été battu lors des législatives anticipées de 2024 qu'il avait lui-même organisées. Nous nous souvenons que c'est le nouveau Front populaire qui était en tête et que c'est lui qui devrait gouverner. Nous nous souvenons que c'est le programme du NFP qui devrait s'appliquer. Ça, la rue, la mobilisation, la grève pourraient l'imposer. Donc il faut tout faire pour battre l'extrême droite dans les urnes, puisque c'est par là qu'elle peut arriver au pouvoir. Mais battre vraiment l'extrême droite, combattre la fascisation, ça ne se fera pas seulement sur le terrain électoral. L'histoire nous a enseigné qu'une victoire électorale d'une gauche qui, par exemple, s'attaquerait un tant soit peu aux capitalistes pour restaurer des services publics et la protection sociale, serait confrontée immédiatement à la réaction du patronat des institutions européennes avec l'extrême droite toujours en embuscade. L'extrême droite, elle doit être combattue pied à pied, partout, sous toutes ses formes, dans la société, dans les idées, dans les médias, dans les rues, dans les lieux de vie et de travail. Le meilleur et le seul rempart antifasciste durable et efficace, c'est notre unité, c'est la conjugaison de nos luttes et de nos résistances, c'est nos organisations, nos outils démocratiques, notre auto-organisation. à des racines profondes qui plongent dans la dévastation globale, écologique, sociale, politique, culturelle du monde causé par le capitalisme. On ne reviendra pas au monde d'avant, mais nous avons encore la possibilité de vivre bien en prenant soin les uns les unes des autres du vivant et de la beauté de la terre. à une condition, d'en finir avec ce système d'exploitation, d'oppression, de destruction de nos vies et du vivant. C'est ce projet éco-socialiste que porte le NPA, c'est ce projet qui donne un sens à notre engagement, que nous avons envie de partager, de défendre. Et puis pour finir cette phrase que j'aime tellement, même si je la dis souvent, ils ont essayé de nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines. Soyons des graines et donons une belle flotte.
Et nous sommes beaucoup d'antifascistes ce soir car j'ai le bonheur de vous annoncer que nous sommes plus de 500 actuellement dans cette salle. On sait qu'il en faudra plus que ça, mais il faut bien commencer quelque part et on a prévu de continuer demain, donc ça tombe très bien. Pour vous dire que nous avons également, donc on a plein de surprises ce soir, nous avons également deux tables de solidarité internationaliste que vous pouvez trouver. Donc il y a les camarades de Urgence Palestine qui sont là à ma gauche et que vous pouvez passer voir également. Et nous avons également une table qui est tenue par nos camarades de solidarité avec les camarades qui luttent en Ukraine actuellement. Donc je vais inviter Samia à venir, tu peux t'asseoir avec nous. Je vais d'abord passer la parole, donc c'est les joies du direct, nous allons maintenant passer la parole à nos camarades des jeunesses anticapitalistes. Je ne sais pas si j'ai vraiment besoin de les introduire parce que ça paraît évident à tout le monde. J'imagine pourquoi nous avons besoin d'entendre justement nos camarades et cette jeunesse qui est en train de lutter, qui nous a montré que c'était possible de relever la tête, de s'organiser, de se mobiliser sur plusieurs longues semaines et qui est encore là après les vacances scolaires. Donc je reçois et je suis très heureuse de donner la parole à Noam, notre camarade des JIA qui est lycéen dans le Val-de-Marne. à Jo qui est étudiant en alternance et membre des GA bien sûr.
Nous vivons aujourd'hui dans un monde de plus en plus autoritaire avec une montée de l'extrême droite et de l'impérialisme. Dans un monde capitaliste à bout de souffle qui exploite le moindre bout de terre à disposition détruisant ainsi la vie de celle-ci avec le profilage d'un monde à plus de 40 degrés. Dans un monde qui exploite nos parents et nous prépare au même sort qu'eux via une école autoritaire qui nous discipline. Dans un monde où cette même école participe à notre militarisation avec des guerres impérialistes et des génocides partout. Mais face à ce monde, la jeunesse du monde entier crie « Résistance ». En effet, depuis plusieurs mois, la jeunesse de nombreux pays se révolte. En Serbie, la mobilisation étudiante qui dure depuis plusieurs années a réussi à gagner les élections et ainsi à renverser son gouvernement autoritaire et corrompu. Elle s'est également mobilisée massivement au Brésil pour empêcher l'extrême droite de passer et élire Lula. En Belgique, les lycéens, les lycéennes se mobilisent depuis l'année dernière pour plus de moyens dans l'éducation et contre la casse des services publics. Et puis depuis mi-septembre, en France et en Outre-mer, la jeunesse participe également à ce mouvement global. Ici, tout a commencé par des blocus massifs en banlieue. en réaction à des traitements racistes que les élèves subissent depuis trop longtemps de la part des institutions, de la police, des administrations et des professeurs. Cela a d'ailleurs déjà été dénoncé l'année dernière par un mouvement de blocus abondi. C'est aussi pour dénoncer la dégradation des conditions d'études dans des établissements délabrés, avec de la pluie à l'intérieur, avec moins 8 degrés en hiver et plus 40 en été, de l'amiante, de la moisissure, des professeurs non remplacés. Mais aussi des horaires insoutenables, des classes surchargées, un point même où il n'y a plus assez de chaises et de tables pour tout le monde. C'est aussi pour dénoncer et en finir avec les différences de traitement entre les lycées de banlieue et de centre-ville. Et enfin, c'est pour s'opposer clairement à la possibilité du fascisme aux prochaines élections. On ne peut pas tous voter, mais nous avons une pratique antifasciste dans la rue. Nous avons amené nos poubelles devant les lycées et nous les avons gardées.
Face à cette mobilisation, la seule réponse qu'on a reçue pour le moment, c'est la répression. Les CRS et la police, de manière générale, ont tenté systématiquement de débloquer les lycées et les facs qui bloquaient, et avec une violence physique absolument inouïe. On a vu des clés de bras, des mains arrachées, des yeux crevés, des mâchoires brisées, des passages à tabac, tout ça sur des victimes qui étaient majoritairement des mineurs. Alors évidemment, au-delà de la violence physique, il y a aussi une répression qui s'est faite sur tous les plans. Déjà avec le couvre-feu qu'on a vu et l'augmentation de la surveillance policière. Une surveillance aussi numérique et algorithmique qui s'est mise en place avec les drones et la reconnaissance faciale avec l'intelligence artificielle. La répression judiciaire... Mais aussi pas la dernière, des milliers de gardes à vue et des comparutions immédiates pour des milliers de lycéens et d'étudiants, ainsi qu'une répression administrative de la part des directions et des présidences qui ont soit fermé, soit banalisé les lieux d'études pour fragiliser la mobilisation et qui ont fait des chantages aux notes et aux absences qui pourraient fragiliser notre année. Alors tout ça, ce sont des mesures de répression extrêmement choquantes, mais on aimerait aussi souligner qu'elles mettent en lumière le traitement réservé au quotidien aux jeunes de banlieue et dans les territoires d'outre-mer. Ça s'inscrit dans un mouvement de mise au pas de la jeunesse, une jeunesse qui pourtant essaye seulement de lutter pour son émancipation, mais pourtant c'est la marque claire de l'apogée de l'autoritarisme de Macron qui s'est développé ces dernières années. Alors c'est extrêmement inquiétant et quelque chose qu'on ne peut pas s'empêcher de penser, c'est que ça semble aussi nous donner un avant-goût de ce que pourrait devenir la France lorsque, si, le PEN et le RN arrivent au pouvoir.
du coup, on s'est organisés. Et le mouvement social nous a surpris, nous a bousculés en tant que militants politiques. Nous, les lycéens, nous nous sommes mobilisés pendant une séquence de lutte des classes en France, depuis les Gilets jaunes, avec le mouvement contre la réforme des retraites, les multiples 49.3 et le NFP, et récemment, les mouvements pour la Palestine, qui ont marqué toute notre génération pour toujours. Mais il y a aussi eu les révoltes après le meurtre de Naël. Nous savons aujourd'hui, tous ceux qui sont dans les blocus et dans les manifestations, que la police n'est pas là pour nous protéger. D'ailleurs, ces révoltes étaient méprisées par une certaine gauche qui fait aujourd'hui mine de soutenir le mouvement lycéen, alors qu'elle était précurseur de la mobilisation actuelle. La colère contre ce système n'est pas nouvelle. Au début, on organisait des blocus par messages interposés sur Instagram, Snapchat ou encore WhatsApp. Mais on s'est vu sur place, on s'est rencontré, on s'est formé, on a discuté. Parfois on a crié aussi. Certains amis... que j'ai se sont politisés à une rapidité énorme. Je n'aurais jamais cru il y a quelques mois que ce seraient aujourd'hui des véritables militants qui organisent des actions, qui chantent au mégaphone, qui écrivent des articles, qui écrivent des communiqués, qui montent des collectifs. Alors, nous pouvons être fiers de nous. Nous avons aussi vu... Nous avons aussi pris conscience de notre force en manifestation, quand on a vu les marées humaines à Paris, que ce soit le 17 octobre sur le boulevard Magenta ou pendant les manifs sauvages. Il y a quelques mois encore, voire quelques semaines, les luttes lycéennes n'étaient que trop éparpillées. Mais très vite sont apparues des coordinations départementales, régionales, nationales. Évidemment, elles ne sont pas parfaites. Il faut développer l'auto-organisation dans les lycées et combattre les dynamiques de mainmise sur le mouvement. Nous pensons que l'auto-organisation des lycéens est la clé.
Comme dans les lycées, l'enseignement supérieur a subi la casse de la Macronie depuis des années. On a vu des coupes budgétaires, le durcissement de la sélection pour l'entrée à la fac et aussi la hausse des frais de scolarité. Par rapport à cette mesure-là, ça a pris un tournant drastique cette année avec l'instauration du décret Bienvenue en France qui fait payer des milliers d'euros aux étudiants et étudiantes étrangers et étrangères qui veulent s'inscrire à la fac. Et c'est quelque chose qui est réellement inquiétant, parce que c'est un format qui promet de se généraliser à l'ensemble de l'enseignement supérieur d'ici quelques années, dans une réelle volonté de néolibéralisation de l'éducation, qui est quelque chose de honnêtement pas très autonant pour notre gouvernement, mais qu'il faut absolument combattre. Heureusement, face à ces mesures austéritaires et racistes, la jeunesse se soulève et réclame des moyens pour l'éducation, une université gratuite et la fin de la sélection à l'entrée. Les blocus et les occupations sont déjà un moyen de créer un rapport de force avec le gouvernement, mais ils ne sont pas seulement ça. Ils sont aussi un moyen d'organiser des lieux d'apprentissage autonomes, hors des institutions, pour partager des savoirs qui intéressent réellement les étudiants et qui servent à la mobilisation. L'occupation particulièrement, ça a permis de se réapproprier les espaces impersonnels où on vit tous les jours, dans nos lieux d'études, qui sont des espaces où on peut maintenant faire vivre notre lutte. Toutes ces initiatives donnent à la fois une forme concrète et une force à ce mouvement, et de nombreuses actions ont été auto-organisées depuis plusieurs semaines, avec des cagnottes de soutien, des partages de ressources scolaires, évidemment les assemblées générales et les coordinations, et les fameuses occupations qui sont accompagnées souvent d'universités populaires. Dans beaucoup de facs, Et dans des campus, ces universités populaires ont fait voir le jour à des ateliers, à des conférences et à des cantines populaires qui sont autant d'opportunités de recréer le lien social entre nous, ce lien qui justement est brisé par l'organisation de l'université qui isole les étudiants et étudiantes entre eux. Alors les cantines populaires par exemple, l'organisation, la préparation et le partage des repas, ça permet de réels moments de convivialité durant lesquels on peut aussi échanger sur la situation, entre autres, mais surtout approfondir notre réflexion politique. Et également le mouvement étudiant est attentif à ne pas rester fermé sur lui-même. La première priorité, c'est évidemment de renforcer la solidarité avec les lycéens et les lycéennes, mais aussi avec les travailleurs et travailleuses, notamment en préparant des cours de soutien scolaire pour les lycéens et lycéennes et en envoyant des délégations d'étudiants dans les entreprises et les usines pour rallier le monde du travail à la mobilisation.
du côté des lycéens aussi, comme je l'ai dit tout à l'heure, on a pu s'auto-organiser et s'organiser. Et toutes ces expériences, ça doit devenir des cadres d'organisation durable afin de faire perdurer la mobilisation. On a besoin de ce genre d'outils pour faire tenir le mouvement dans le temps et garder une expérience des luttes et en débattre et se préparer aux suivantes. D'ailleurs, même si on reste bien conscient de la taille de notre organisation, on pense que les jeunesses anticapitalistes peuvent avoir un rôle à jouer dans tout ça. Et on continuera de construire le mouvement dans nos facs et nos lycées. Alors rejoignez-nous ! On défendra notre orientation révolutionnaire ! On défendra partout notre orientation révolutionnaire et un avenir désirable pour la jeunesse. Alors évidemment, les liens internationalistes sont aussi essentiels afin de permettre une coordination et un échange d'expériences sur le terrain au niveau international. Et c'est pour ça que le NPA et les jeunesses anticapitalistes font partie de la quatrième internationale qui lie des parties de notre courant politique dans le monde entier. En tant que jeunesse anticapitaliste, nous participons chaque année aux rencontres internationales des jeunes de la 4e Internationale, à laquelle on vous invite, qui sont une occasion de comprendre et transmettre des informations à une échelle plus large. Notre organisation et nos luttes sont internationales, la révolution le sera aussi.
Toutes ces expériences d'auto-organisation dont on parle depuis tout à l'heure, ce sont également des expériences extrêmement importantes pour construire des idées quant à la société dans laquelle on veut vraiment vivre. Ce sont des moments charnières pour construire la conscience politique de toutes les personnes qui y participent. Et pour beaucoup, c'est la première fois qu'on peut réellement réfléchir à quelle université on veut construire. à quelle éducation on veut recevoir et aussi, surtout, comment suivre des études pour s'émanciper et pas seulement pour se transformer en petits salariés bien disciplinés comme les élites voudraient qu'on le soit. Ces expériences sont donc extrêmement précieuses pour la jeunesse, et une jeunesse qui, je le rappelle, a vécu la majorité de sa vie sous la Macronie. C'est difficile. Et on a vu la démocratie s'effriter sous nos yeux. Alors, on est une jeunesse qui n'a pas l'habitude d'être écoutée, qui n'a pas l'habitude d'avoir vaut au chapitre. Et donc, ces séquences d'auto-organisation sont une vraie bouffée d'air frais et de politisation absolument primordiale pour notre... expérience de vie déjà, et ça nous permet surtout d'espérer un autre modèle de société avec des idéaux qui vont à l'encontre du système politique actuel qui pour nous n'est qu'oppression et violence. La Gen Z qui mène ces mobilisations à la fois ici et à l'international, c'est peut-être une faiblesse mais c'est aussi sa force, c'est que c'est une génération désillusionnée. On a passé notre vie à regarder le système capitaliste détruire la planète et les êtres vivants, qu'ils soient humains ou non humains, et maintenant on a l'impression d'avoir plus rien à perdre et d'être simplement impatients de pouvoir penser et organiser une alternative radicale à ce système. Donc c'est extrêmement beau de voir l'espoir renaître dans la jeunesse, qui se rend compte qu'on peut porter notre voix hors des institutions et hors du cadre électoral, qui pourtant nous ont toujours été présentés comme les seuls moyens de changer les choses. Et même avec le fascisme aux portes du pouvoir, on a vu cette mobilisation sociale prendre une ampleur jamais vue auparavant, et... On a vu la jeunesse porter une ambition pour une gauche nouvelle et radicale, tout en décidant de se réapproprier son avenir et de contester des décennies de démocratie piétinées.
'enjeu maintenant pour le mouvement, c'est de perdurer dans le temps. Et on voit que c'est le cas. La mobilisation n'a pas faibli avec 500 lycées bloqués et 50 universités. Et malgré d'ailleurs la volonté évidente de faire des déblocages organisés conjonctement par la police, certaines administrations de lycées et même des parents d'élèves.
oui, le mouvement ne faiblit pas, mais il ne peut pas perdurer tout seul. Les dates du 17, du 24 et du 31 octobre ont été des dates de mobilisation massive qui ont permis de réunir la jeunesse, les gilets jaunes, mais aussi l'ensemble de la population en colère. Mais nous, on a déjà une autre date à l'horizon. Évidemment, c'est celle du 5 novembre, que vous connaissez bien. Cette date, on espère surtout que ce soit le moment de convergence des revendications de la jeunesse et du monde du travail, tous ensemble contre ce pouvoir abusif et autoritaire. Et le gouvernement, on le connaît, il a l'habitude d'ignorer les mouvements sociaux. Mais on a vu la semaine dernière, avec les miettes que le gouvernement a bien daigné nous offrir, qu'actuellement la mobilisation est en train de faire trembler l'ordre établi. Et face à cette brèche, l'État bourgeois tente à tout prix de garder la face. Mais demain, on va lui montrer qu'il a raison d'avoir peur et on va lui montrer que ce 5 novembre, ça va être une journée de mobilisation absolument massive et mémorable. Et c'est une journée qui doit également permettre aux mouvements lycéens et étudiants de s'étendre et de s'inscrire dans la grève générale afin de marquer un tournant dans cette mobilisation qui est déjà historique.
Merci beaucoup, merci les camarades. Alors je vais demander dans un premier temps aux camarades des maires Bali Bakayoko de nous rejoindre et de s'asseoir avec nous sur la tribune. Et je suis maintenant très... Je ne sais pas si heureuse, c'est le mot, mais en tout cas, c'était très important pour nous d'accueillir les camarades du collectif SAVE, Stop aux violences d'État, que vous connaissez probablement également et que vous avez, j'imagine, rencontré aussi dans la lutte contre la question de la loi permis de tuer. SAVE, c'est un collectif essentiel qui documente et mobilise les violences policières, carcérales, judiciaires. Et on est très heureux du coup d'avoir avec nous ce soir Samia El Kalfaoui, mais également d'autres familles et victimes qui sont présentes. On leur apporte évidemment toute notre solidarité. Samia, qui est la tante de Souhaï El Kalfaoui, qui a été justement tuée par balle, par la police, dans le quartier de la Belle de Mai à Marseille, pour nous parler justement de la lutte nécessaire et indispensable, quotidienne, contre les violences policières et le racisme d'État.
Je suis hyper contente d'être avec vous aujourd'hui. Je ne m'attendais pas à ce que cette journée soit aussi difficile. Je vous l'expliquerai par la suite. Parce qu'émotionnellement, d'être présente là, ce n'est pas évident. Mais vous allez nous donner de la force et on va y arriver ensemble. Je ne prends jamais beaucoup de temps pour parler de ça. Mais j'aimerais bien que vous compreniez de là où je viens. de là où tout ça commence. Et tout ça commence par mon neveu, Swale, qui a été abattu par la police le 4 août 2021, en plein soleil, dans un quartier dans lequel il n'habitait pas, mais où il était allé avec sa voiture chercher un ami. Il était 18 heures, il s'est garé, un contrôle s'est initié. Swale, on le découvrira une semaine après sa mort, avait dit à mon frère, donc son père, et à ma mère, sa grand-mère, qu'en fait, il avait eu son permis. Et la voiture qu'il conduisait, c'est une voiture que ma mère et son père lui avaient offerte. La vérité, c'est qu'il s'est réveillé en retard le jour où il a passé l'examen, et il devait le passer quatre jours plus tard. Il n'était pas censé conduire cette voiture, mais il l'a conduit pour la montrer à un ami. Et donc il s'est garé, un contrôle s'est initié. Il a paniqué en entendant le mot « fourrière » parce qu'il s'est dit « mon père va me tuer ». Il a 19 ans, il avait 19 ans. Et du coup, pris de panique, il a enclenché une marche arrière. Et un policier lui a mis une balle dans le cœur, à moins d'un mètre. Les gens aux fenêtres n'ont même pas entendu le tir parce qu'en fait, comme il avait échangé avec eux lors du contrôle, la fenêtre était ouverte. Finalement, beaucoup se rendront compte qu'il y a un problème parce que la voiture s'est encastrée en marche arrière et qu'à un moment donné, Swale essaie de récupérer de l'air. Et là, les gens à la fenêtre voient qu'il est très très pâle et c'est eux qui appelleront les urgences. C'est eux qui ne diront pas qu'il y a eu un tir par balle. La brigade de pompiers qui va intervenir, on le découvrira plusieurs mois après, va mettre 11 minutes à arriver, alors qu'en fait ils sont à 3 minutes. La raison de tout ça, c'est qu'en fait c'était un reportage Netflix avec des journalistes embarqués, déguisés en pompiers, et donc qui vont intervenir, donc qui vont prendre le temps de tout ça avant d'arriver. Mon frère va apprendre à 21h. Après avoir fait quatre hôpitaux, que son fils est décédé, il va la prendre par une brève de la Provence, devant l'hôpital où il attendait depuis le début. Et un commandant de police va venir lui dire « Monsieur, on est là, pour vous », alors qu'un policier a reçu une balle dans le cœur. Alors qu'un policier a dû tirer dans le cœur de votre fils parce qu'un autre policier de la brigade a été entraîné sur plusieurs mètres parce que votre fils lui a foncé dessus. C'est comme ça qu'on apprend la mort de Swale. À 22h30, j'allume la télé. En état de choc, sans comprendre vraiment ce qui se passe, et là j'entends un syndicat de police qui explique que de par son expérience, c'est des mots qui m'interpellent, de par son expérience il sait que c'est un cas de légitime défense. Il évoque le fait que mon neveu est un forcené, alors qu'il n'a pas de casier, et il explique qu'il a traîné sur plusieurs mètres mon neveu. Je prends le train le lendemain matin à 6h30, le premier train à Gare de Lyon. Et en arrivant sur place, des gens qui ne connaissent pas mon neveu, en état de choc d'avoir assisté à ce meurtre en direct, s'étaient réunis, avaient tenté d'aller à l'IGPN. On voit les traces de roues, on comprend que c'est une marche arrière, on comprend que la version est fausse. Et là, nos vies basculent. Ce que je vous raconte, c'est l'histoire de beaucoup de familles. Je ne suis pas un cas isolé. Pour ceux qui ont suivi l'affaire de Swale, c'est quand même aller jusqu'à la disparition intégrale de toutes les vidéos, la disparition des scellés, jusqu'à la balle qui a abattu Montveux. Il a fallu qu'il y ait un front de gauche. et qu'il y ait des questions au gouvernement pour imposer à Darmanin, ministre à l'époque, de faire une injonction au tribunal de Marseille en leur disant qu'il fallait qu'il les retrouve dans les deux jours, sinon il y aurait une enquête. Et donc, deux ans et demi après, le dossier a été retrouvé, la balle a été retrouvée. Je ne vous raconterai pas non plus, mais je vous le raconte quand même, que le policier qui a battu mon neveu... Romain de Vassines, policier mais en même temps sportif dans la police, a représenté la France durant les Jeux Olympiques et en fait il était là, à la cérémonie d'ouverture. Alors il était fardé en Napoléon, il était vêtu en Napoléon, entièrement de blanc, mais il se trouve que je l'ai suivi pendant des mois avec une obsession, c'est que ce mec ne pouvait pas représenter la France alors qu'il avait buté mon neveu. J'ai arrêté de le suivre au bout de deux ans quand j'ai compris qu'il ne pouvait pas être dans l'équipe nationale. Mais il n'était pas dans l'équipe nationale, mais pourtant il a représenté la France le jour de la cérémonie d'ouverture. Et je peux vous dire que malgré son déguisement, je l'avais tellement observé que je savais que c'était lui. Et c'était bien lui. C'est ça la France et c'est ça le traitement qui est réservé aux familles de victimes. Donc quand c'est arrivé avec mon neveu, avec mon frère Issam... On a décidé, parce qu'on a ouvert les yeux, on a décidé que ce drame devait se transformer en autre chose. Et c'est là qu'on a commencé à travailler sur ce qu'était l'article 435-1, cet article de loi qui a été promulgué en février 2017. A l'époque, il n'y avait pas grand monde qui savait de quoi il s'agissait. On a dû écrire à des chercheurs du CNRS, écrire à des avocats, écrire aux peu de journalistes qui avaient communiqué, qui eux-mêmes n'étaient pas très formés sur le sujet. On s'est formés sur le sujet, on a sensibilisé largement sur tout le territoire. On a créé un projet qui s'appelle 435-1 Mathuet, qui a été et qui a circulé sur les centres-villes en France durant plus d'un an. On a fait tout ce qu'on pouvait pour alerter, alerter de la dangerosité de cette loi, alerter du fait qu'on avait laissé introduire durant l'état d'urgence une brèche qui faisait sauter l'abolition de la peine de mort. Pourquoi ? Parce qu'au moment où Montveux est mort, on a découvert que les 15 victimes qui avaient précédé le décès de Montveux étaient toutes de même profil. Noirs, arabes, gitans, issus des quartiers populaires, hommes. Et lorsqu'il y avait eu des femmes, ils appellent ça des dommages collatéraux. Donc c'est les passagères. A chaque fois, les mêmes raisons invoquées. Ce cadre de légitime défense qui a été instauré durant l'état d'urgence, à chaque fois qu'on laisse passer une loi sous prétexte. d'attentats terroristes sous prétexte d'une particularité, à chaque fois, cette loi se retourne contre ses citoyens. Avant cette loi, il n'y avait eu que deux temps où il y avait eu des élargissements des conditions de tir. Et ces deux fois-là, c'était des décrets. Ça a été sous Vichy et pendant la guerre d'Algérie. Là, ils l'ont figé dans le marbre. A cause de cette loi, la mortalité n'a cessé d'augmenter de jour en jour. On a cessé d'alerter encore et encore de la dangerosité de cette loi. La France est championne d'Europe du nombre de tués. La France est championne d'Europe du nombre de mutilés. Il faut bien comprendre que la France fait partie des dites anciennes démocraties. C'est le seul pays... qui a plus de 90 ans d'âge, qui a ces ratios-là. On est comparable aujourd'hui au régime turc. C'est à ça qu'on en est réduit aujourd'hui. Donc SAVE documente, SAVE sensibilise sur cette question-là. SAVE accompagne des familles victimes de violences policières. Et je tiens juste à rappeler qu'en un mois, on a le procès de la famille Chouvia. Donc un livreur qui a été mis à terre avec quatre policiers qui l'ont écrasé avec son casque en le laissant pour mort, ils l'ont tué. Ils l'ont tué alors qu'il a crié neuf fois « j'étouffe, j'étouffe, j'étouffe ». On a le procès de Michel Zecler, le producteur de musique qui a subi pendant le Covid devant chez lui une agression, il aurait pu en mourir, il sera là à la barre. à partir du 9 novembre, donc à partir de lundi, pour défendre ces droits. On a le procès de la famille Olivio Gomez, en mars. La famille d'Olivio Gomez a eu son procès. Pour la première fois, un policier a été condamné à 10 ans. 10 ans parce qu'on a prouvé que ce tir n'était pas un tir lié à un refus d'obtempéré, qu'il ne s'agissait pas de l'article 435-1, mais qu'il y avait bien une intentionnalité. C'était la première fois. Bien entendu, ils ont fait appel. Bien entendu, en moins de deux mois, le policier est sorti. va se jouer la jurisprudence à partir de lundi. Donc je vous demande à tous de vous mobiliser, d'être présents pour la famille, de relayer, parce que c'est très important que ça reste une condamnation qui acte un changement. Il y a également le procès de Nordine, qui est une victime de l'article 435, qui va avoir lieu là. Il y a également le procès de la famille Jean-Paul Le Benjamin, et il y en a tellement d'autres. J'aurais tellement souhaité, aujourd'hui, prendre le temps de vous exposer tout ça. Mais hélas, je ne le peux pas. Je ne le peux pas parce que, pour ceux qui nous connaissent, en fait, on a été très alerte, très attentif à tout élargissement qui pouvait avoir lieu par rapport à... aux conditions de tir des policiers. En janvier, nous avons appris que sur la niche parlementaire LR était émis à l'ordre du jour une proposition de présomption de légitime défense. On s'est mobilisés, on a contacté chacun des députés de gauche pour s'assurer qu'ils fassent front ce jour-là, qu'ils empêchent ce texte. Jusqu'à minuit, on était en ligne un à un avec chacun d'entre eux pour être sûr qu'ils tiennent la route. Ils ont tenu. Ce texte n'est pas passé, sauf que... Notre ministre Laurent Nunez est rentré dans une colère noire et s'est engagé à dire la prochaine fois, ça ne sera pas sur une niche, ça sera le gouvernement. Et c'est ce qu'il a fait. C'est ce qu'il a fait au mois de juillet. Il a mis à l'ordre du jour du gouvernement, une loi héritée de Jean-Marie Le Pen, une loi qui permettra demain à un policier de tirer sans avoir à se justifier puisque le tir sera considéré de fait comme légal. Donc quand je vous explique ce qui se passe aujourd'hui, imaginez demain. Il l'a fait. J'étais là le jour du vote. On s'est battus. J'ai rédigé la pétition. En quelques jours, il y a eu 730 000 signataires. Ils l'ont coupée. Ils ont empêché notre recours démocratique. J'étais là ce jour-là, j'étais là lorsque la droite et l'extrême droite nous ont qualifiés parce qu'on était présents avec plusieurs familles victimes de violences policières, victimes de tirs létales. J'étais là lorsqu'ils nous ont dit qu'on était des multirécidivistes, qu'on devait quitter la France, qu'on n'était pas des Français. C'est ça qui se passe ce jour-là. On a dû supporter ça, on a dû serrer les dents et deux jours après... On a organisé une conférence de presse qui appelait à la marche, à une marche nationale. Save, c'est huit personnes. Huit personnes qui ont mis en place un kit de mobilisation sur toute la France. On a appelé à une marche et on a créé tous les outils pour faire en sorte qu'il y ait un front unitaire. C'est ce qu'on a fait. Save. A mobiliser, à mobiliser tous les partis de gauche, à mobiliser des ONG, Amnesty, l'ALDH, Greenpeace, les syndicats, on était plus de 200. On a porté cette marche avec brio, avec fierté. Le peuple français est sorti dans la rue et il y a eu plus de 150 000 personnes. On espérait avoir un temps de latence parce qu'il fallait le mettre à l'ordre du jour. On a découvert en septembre que le gouvernement ne l'avait pas mis en procédure accélérée. Donc on s'est dit qu'il y allait avoir un peu de temps avant le Sénat. Et là, on a appris la semaine dernière que sur la niche RN au Sénat, il a été mis à l'ordre du jour pour le 10 décembre de voter ce texte de présomption. Dans ce contexte dramatique, dans ce contexte où la France est en train de mutiler ses jeunes, dans ce contexte où notre ministre de l'Intérieur, je l'ai lu tout à l'heure, il dit qu'il est apaisant, quand même, il dit qu'il est apaisant à Libé. Donc ce ministre qui est apaisant à Libé, ce ministre qui sort 70 000 policiers, gendarmes, la BRI, le GIGN, qui sort les brigades à cheval, les brigades à vélo, les drones, les hélicoptères, les centaures, il est apaisant ce mec-là. Et si je suis en colère aujourd'hui, c'est parce qu'alors qu'on se disait que les chiens allaient être courtes jusqu'au 10 décembre, on a découvert qu'il y avait un battle entre le RN et le gouvernement. Ce matin, on a appris que le gouvernement a mis à l'ordre du jour, parce qu'il veut se targuer de cette loi, le 19 novembre au Sénat, donc dans quelques jours, ce texte de loi. C'est le gouvernement qui le met à l'ordre du jour dans ce contexte-là, alors qu'il y a eu l'attentat de Trappes, un attentat raciste, islamophobe, négrophobe, qu'il est en train de bousiller la vie de sa jeunesse. C'est dans ce contexte-là où en fait tout ce maintien de l'ordre est en train de détruire des vies. C'est dans ce contexte-là qu'il veut mettre ce texte à l'ordre du jour. A votre avis, pourquoi ? Ils veulent mater les jeunes. Ils veulent mater les jeunes parce qu'en matant les jeunes, ils espèrent qu'ils vont tous nous mater. Si on laisse passer ce texte de loi, demain, en fait, la peine de mort est rétablie. Demain, ils pourront abattre n'importe quelle jeune et on ne pourra rien faire. C'est ça qui se joue aujourd'hui. Donc je vous appelle tous à être responsables avec nous. Une marche va être organisée le samedi 14 novembre. Nous serons présents devant le Sénat le 19. Il ne faut pas laisser passer ça. C'est de notre responsabilité à tous. Je sais que j'ai pris un peu plus de temps, donc je vais juste rajouter une chose. Ce qui s'est passé à Trappes, c'est quelque chose qui n'aurait jamais dû se passer. À Trappes, ça n'a encore été que des députés, des membres de politiques de gauche qui étaient présents. Tous les autres avaient des excuses. Tous. À Trappes, il s'est passé quelque chose. Il y a eu un élan citoyen. Les maires ont la protection de leurs administrés. J'appelle les maires de France, tous les maires de gauche, à mobiliser leurs administrés pour être demain, soit le 14 novembre, dans la rue avec nous. Leur vie est en jeu. Je dis ça juste parce que Bali est derrière. Donc je compte sur vous, suivez nos pages, soyez là le 14, parce que pas de justice papa !
Pas de justice papa ! Pas de justice papa !
Et juste parce que la militance, c'est aussi ça, c'est des cœurs qui se connectent dans un objectif d'une vie meilleure, et bien on va terminer avec un truc quand même un peu positif. Donc je suis la pro des yuyu, parce que le yuyu est un cri de guerre, on est d'accord ?
Merci Samia, merci aux autres camarades de Save qui ont pu venir ce soir. Je vais maintenant passer la parole à Bali Bakayoko qu'on attendait avec impatience depuis le début de la soirée. Merci beaucoup à lui d'être là. Alors ça faisait sens pour nous. meeting du NPA l'anticapitaliste, pardon, d'inviter quelqu'un, un élu de l'AFI. C'est vrai que nous, d'habitude, les élus, alors on en a quelques-uns, même, qui font très bien leur boulot. Philippe Poutou doit nous regarder de là où il est à Bordeaux. Et donc ça s'adresse à lui aussi. Ça faisait sens parce que précisément dans le contexte qui a été décrit par l'ensemble de nos intervenantes et de nos intervenants ce soir, on sait cette montée du racisme, on sait cette montée de la répression et on sait aussi que l'ensemble des nouveaux maires qui sont justement, qui sont des personnes racisées, quand elles ont réussi à gagner les élections, et Bali Bakayoko n'était pas le seul mais peut-être ça a été un des plus visibles, s'est pris un torrent de maires de racistes et d'attaques. complètement insupportable par les médias, dans les médias, par l'extrême droite, mais en réalité pas que par l'extrême droite. Et ça, pour nous, c'est insupportable et c'est avec évidence qu'on a apporté toute notre solidarité à toutes ces élus et à tous ces élus, justement, qui ont subi ces attaques racistes. Ça faisait sens aussi, surtout, parce qu'en tant que maire de Saint-Denis, précisément, c'est quelqu'un tué, quelqu'un, pardon, pour ne pas parler de toi, à la troisième personne. qui justement a pris fait et cause aussi dans le soutien et la solidarité avec le mouvement des lycéens sur la ville, qui est allé, qui a essayé justement de s'interposer quand les violences policières avaient lieu devant les lycées. Et donc pour ça, pour nous, effectivement, ça faisait sens et c'est un symbole et on est très heureux et heureux de te recevoir aujourd'hui. Je te passe la parole, Bally.
Merci à chacun et chacune d'entre vous. Merci les camarades du NPA pour l'invitation et un remerciement particulier à Olivier. Merci aussi pour votre élan de solidarité, je le confirme. Au moment où la victoire a sonné, le torrent bien sûr de propos racistes sont arrivés, mais je suis observé aussi la tendresse et puis la profondeur de tous les soutiens de celles de ceux qui nous ont jamais manqué et le NPA bien sûr en fait partie. 'ai bien sûr aussi entendu les propos très touchants de Samia, et à travers ses propos, bien sûr, j'ai bien aussi essayé la souffrance de beaucoup de familles, qui aujourd'hui peine encore à retrouver, bien sûr, le sens même de la vie. Et malgré cette séquence particulière, j'ai aussi entendu ton invitation au 14, auquel, bien sûr, je vais m'y associer, mais j'entends aussi le fait de faire un appel à l'ensemble des autres maires, pour faire en sorte que nous soyons extrêmement nombreux, parce que ce dont il s'agit... Il s'agit en réalité d'un projet de loi qui, je l'espère, ne deviendra jamais une loi en tant que telle, qui est une permis de tuer, mais pour celles et ceux qui sont héritiers et héritiers de l'immigration, c'est très clair. Donc nous voyons bien que le roland raciste, l'approche néocoloniale, qui encore transpire d'ailleurs dans un certain nombre de projets de loi, qui parfois même transpire dans les discours de haine que l'on observe, mais aussi dans les lois de la République, continue encore à être entendue. Après, sur les éléments qui ont été portés, je voulais aussi avoir un message particulièrement d'endroits, bien sûr, de la jeunesse. Je suis très heureux d'entendre vos interventions qui me vont droit au cœur parce que c'est un niveau de consentisation de la situation politique qui est remarquable. Je le dis avec très grande sensibilité. Parce que j'ai eu l'occasion, d'ailleurs pas plus tard qu'hier, à l'Assemblée nationale, à l'invitation d'ailleurs du député Carlos Martin Bilongo, la France insoumise, de recevoir pas loin de 400 jeunes, la Gen Z, comme on dit, qui a bien sûr été, ressemblait à la fois, je veux dire, à des jeunes qui n'ont absolument rien à attendre, à la fois de ce gouvernement, mais surtout n'ont rien à attendre ce qu'on doit leur expliquer, de la manière dont le monde fonctionne. Et donc, j'ai une véritable... Je sens vraiment qu'il y a... Bien sûr que nous sommes en difficulté, j'entends difficulté politique avec la situation politique que nous traversons, vous avez eu l'occasion de l'évoquer, mais il y a quand même un océan d'espoir qui se lève. Cet océan d'espoir, on le voit, résonne, y compris à l'échelle européenne, voire même internationale, puisque la mobilisation de ces jeunes lycéens... Les étudiants, désormais, convergent avec l'ensemble de celles et ceux qui les ont précédés, qui, bien sûr, ont entamé un certain nombre de mobilisations qui sont des mobilisations inachevées, notamment l'Igé jaune, mais aussi toutes les mobilisations des travailleurs et des travailleuses. Mais à l'occasion, bien sûr, de votre indignation légitime, vous avez créé les conditions d'un sort de tsunami avec une logique d'alliance à la fois des générations, l'alliance des indignés, mais aussi l'alliance des luttes. Et nous espérons, bien sûr, que le 5 novembre prochain, nous allons pouvoir obtenir cette grève générale. qui peut être l'élément supplémentaire pour faire en sorte que celles et ceux qui sont en responsabilité apportent bien sûr des réponses concrètes. Et les réponses concrètes, c'est aucunement les réponses qui sont apportées par le ministre de l'Intérieur, car ce qu'il apporte en réalité, c'est le chaos. Ce sont des enfants blessés, ce sont des mâchoires cassées, des éborgnés. Et donc c'est tout, sauf... celles et ceux qui se gargarisent à longueur d'année à donner des leçons partout dans le monde en expliquant que la France est ce grand pays des lumières, liberté, égalité, fraternité et qui complètement est incapable à la fois de répondre aux préoccupations légitimes de cette jeunesse. Par conséquent, vous avez évoqué la question du racisme et pour comprendre cette logique, j'ai besoin aussi de déporter le regard sur d'abord le capitalisme. D'abord le capitalisme parce qu'en réalité, c'est le point de départ en fin de compte. de la logique de dominants, dominés. Parce que le capital, dans son sillage, décide clairement de porter des politiques qui sont des politiques d'exclusion et de mise à l'écart. Et c'est la raison pour laquelle l'on comprend que quand les moyens financiers, y compris les choix qui sont faits au niveau de l'État, qui consistent clairement à dire, c'est la raison pour laquelle d'ailleurs que ces lycéens et ces étudiants se sont révoltés. Parce que dans le message qui est envoyé, c'est de dire que la République ne peut pas sauver tout le monde. La République n'est pas là pour tout le monde. Par conséquent, nous comprenons pourquoi des moyens colossaux sont mis pour préserver les 2-3% les plus riches de ce pays et laissant sur son sillage un océan de malheureux, de celles et ceux qui sont nos semblables en humanité et qui, à longueur de journée, à longueur de mobilisation, ne cessent que de revendiquer le droit réel. Et c'est précisément dans cette situation particulière que l'extrême droite vient bien sûr se loger, parce qu'elle vient se nourrir de la peur, de la détresse, de la tristesse, parfois même des indignations de celles et ceux qui sont ressemblables, pour justement leur expliquer que leur souffrance n'est pas liée au capitalisme, mais surtout liée à l'autre, celui qui est différent, celui qui est le noir, l'arabe. Et donc c'est précisément cela, en fin de compte, les conséquences aussi du capitalisme, c'est pourquoi nous observons de manière assez concrète... que sur les deux quinquennats d'Emmanuel Macron, jamais l'extrême droite n'a été aussi lourd. Jamais. C'est son bilan. Il a une responsabilité particulière de n'avoir jamais agi pour faire en sorte que l'extrême droite soit contenue, voire même combattue. Et j'ai même envie de dire, à travers les politiques qu'il a bien sûr mis en place, il a participé à propulser l'extrême droite, y compris avec le soutien des médias. C'est une réalité incontestable. Et c'est la raison pour laquelle il y a une cohérence parfaite entre... le combat que nous menons. C'est pour ça que lorsque j'ai été élu dès le premier tour aux élections municipales de 2026, je veux... Je le dis parce que c'est vrai qu'il est vrai qu'on a vu tout ce qui s'est passé dans les médias, mais certains hommes et femmes politiques ont aussi été la marque du déshonneur. Puisque s'il est vrai qu'après l'élection on a perçu via les médias d'autres aspects, en réalité c'est le parti socialiste qui a lancé en fait les hostilités. Il faut se le dire de manière assez claire. J'étais non seulement d'abord le candidat du narcotrafic, il est bien connu, mais c'est un discours à la fois qui est un discours qui beaucoup m'a fait rigoler, mais qui est surtout profondément raciste. Par conséquent, le simple fait que Bali Bagheco soit noir, ayant grandi dans les quartiers populaires, par conséquent, il ne peut qu'être ami avec celles et ceux qui sont dans ces quartiers populaires qui sont les narcotrophiquants. Et voilà qu'en fin de compte, le message est parti. Et voilà aussi, je vous le rappelle de cette petite histoire, que le dernier meeting que l'on fait d'ailleurs avec Jean-Luc Mélenchon... Les consignes sont données d'ailleurs par la police pour ne pas rentrer dans le secteur où avait lieu le dernier meeting. A la fin du meeting, quasi 30 minutes après, l'AFP sort une dépêche en disant « tac ». Monsieur, je tairai son nom, a été arrêté sortant du meeting de Bali Bagaïko, bon bien sûr c'était quelqu'un qui malheureusement a un casier, je lui ai rechargé, mais dont nous, personne ne l'a vu sortir de notre meeting. Tout ça pour vous dire que tout ça a été organisé, y compris avec une forme de complicité. Je ne dirais pas en très haut lieu, mais en tout cas avec une forme de complicité, c'est la raison pour laquelle le prolongement naturel après la victoire, l'objectif bien sûr à travers cette séquence, c'était justement de dire, dans la séquence particulière, puisque c'était vendredi, et qu'ensuite vendredi mi-nemi n'avait plus de possibilité de faire de campagne, et donc l'espoir du parti socialiste était de dire, à partir de là, l'AFP ayant fait son travail, alors il est sûr que ce mec-là, il ne sera jamais maire de la ville. Mais la démonstration, elle est douloureuse quand même. Et de l'heureuse parce que, justement, ces narcotrafiquants, ils sont nombreux, finalement. Ils sont tellement nombreux. Voilà. Et donc la réponse est imparable. Cette réponse est imparable. Elle se prolonge tout de suite avec, bien sûr, d'ailleurs, un des médias, parce que c'est pas le seul, le média Bolloré, c'est la raison pour laquelle nous demandons, et nous invitons d'ailleurs chacun et chacune à continuer à faire signer cette pétition pour demander la suppression de ces news. Que nous continuons bien sûr à demander et j'espère bien sûr qu'il y aura bien sûr un débat à l'intérieur de l'Assemblée pour justement obtenir. Mais le travail ne sera pas fini parce que vous avez bien observé que sans faire de campagne, l'extrême droite bien sûr prospère. Prospère bien sûr à la fois avec le soutien des médias, Bolloré et toute la clique, aussi avec la responsabilité du gouvernement en place, y compris du Premier ministre et du président de la République. mais aussi c'est malheureusement dans l'irresponsabilité de certaines formations politiques dites de gauche et qui en fait passent leur temps systématiquement à la fois être le point d'appui de ce que nous combattons au quotidien. Et c'est la raison pour laquelle je voulais aussi avoir un remerciement particulier aux camarades du NPA. Je le lis très bien parce que je sais que les périodes ont été y compris très douloureuses mais... J'ai envie de dire que moi, je n'ai jamais en réalité adhéré à une formation politique, puisque l'histoire, c'est avant tout un enfant qui a gardé dans les quartiers populaires. J'étais plutôt issu de la société civile, comme l'on dit. Beaucoup racontent que j'étais membre du Parti communiste français. Je n'ai jamais été membre du Parti communiste français. J'ai beaucoup appris avec le Parti communiste français, mais je n'en ai jamais été membre. En revanche, il est vrai que j'ai rejoint la France insoumise en 2017. Mouvement ouvert. Mais j'ai aussi observé que... Le NPA, puisque j'ai quand même des camarades du NPA qui sont à Saint-Denis, qui font un travail d'air conséquent, avec qui je veux avoir une pensée particulière, je ne sais pas s'ils sont dans la salle ici, mais en tout cas, ah vous êtes là, on les applaudisse parce qu'avec eux, merci à eux. Et je dois avouer que j'ai une petite tristesse, mais bon c'est comme ça, j'aurais souhaité qu'ils soient dans l'aventure au sein du conseil municipal avec nous, mais bon, on n'a pas réussi à faire les choses, bon bref, partie remise. Tout ça pour dire que dans la séquence politique dans laquelle nous sommes, le NPA a fait le choix, ça a été dit tout à l'heure, mais j'étais pas présent à ce moment-là, mais j'ai aussi lu vos communiqués, a fait un choix courageux. Mais en même temps, a fait un choix de la constance. Un choix de la constance systématiquement. C'est-à-dire que des formations politiques qui, systématiquement, dans une situation d'urgence telle que l'on connaît, sont capables de se hisser à la hauteur du moment. C'est exceptionnel. Bien sûr, c'est courageux. C'est d'être capable à la fois de dépasser sa propre préoccupation pour se grandir à la hauteur du combat que nous avons amené. Et c'est en ça aussi que j'ai accepté à la fois l'invitation parce que je voulais modestement, bien sûr, vous en remercier personnellement, je l'ai fait pour les camarades de Saint-Denis, mais je voulais vous le faire ici en public. Parce que s'il est vrai que vous l'avez fait, nous constatons pas attristés. que d'autres ne l'ont pas fait, et même pire, nous tirent dans le dos. Donc voilà, ce sont des récidivistes, mais je pense qu'il n'y a absolument rien à attendre de ces récidivistes, et donc il faut continuer de manière assez ferme et définitive sur notre trajectoire. Tout ça pour dire que dans la séquence dans laquelle nous sommes, moi j'ai une véritable conviction profonde, c'est que 2027 peut et normalement doit être une victoire. Je le dis de manière assez claire pour une raison suivante. La première, c'est que nous avons une jeunesse déjà qui est de plus en plus consciente, qui est en réalité aux avant-postes maintenant de la mobilisation, très clairement. Deuxièmement, nous avons un président de la République, son gouvernement, le Premier ministre, qui se comporte en grand irresponsable des récidivistes et qui en réalité joue la montre. Plus il joue la montre, plus il amplifie la dynamique. Donc continuez encore à jouer la montre. Bravo, vous avez tout compris. Troisième élément, c'est que cette mobilisation, elle vient faire converger... à la fois sur des socles en fait qui sont les nôtres, la lutte antiraciste que l'on retrouve sur les pancartes, l'égalité réelle, pas l'égalité des chances, l'égalité réelle revendiquée y compris par ces jeunes, parce que sinon vous ne comprenez pas pourquoi sur le territoire de la Seine-Saint-Denis l'Etat met moins de moyens dans l'éducation que dans les beaux quartiers parisiens. Et en même temps vous avez aussi une convergence aussi y compris de classes, quand vous voyez du point de vue des lycéens par exemple les étudiants, comment des universitaires, voire des lycées, des beaux quartiers viennent à la fois apporter la même sonorité, les mêmes revendications que celles des quartiers populaires. Alors là, on a un alignement à la fois, je veux dire, des convictions qui, à mon avis, ne peut que terrasser à la fois le gouvernement en place et le président de la République demain. Et donc, je dis ça et en même temps, je dis une autre chose rapidement pour que mon propos soit plus clair. Je considère aussi que je ne suis pas d'accord avec certaines formations politiques désormais, puisqu'ils étaient anciennement avec la France Insoumise, après ils ont fait un pas de côté, même si j'ai un profond respect pour celles et ceux qui aujourd'hui ont décidé de rejoindre l'après. Mais il y a le cas particulier de François Ruffin quand même, qui dans la dernière séquence, oui non mais je le dis, parce que dans la dernière séquence, il a une responsabilité particulière sur le fait d'avoir créé quand même... un environnement défavorable en opposant à la fois les quartiers ruraux et les quartiers populaires. Voilà. Et c'est la raison pour laquelle nous disons, et c'est pour ça que d'ailleurs nous avons avec quelques-uns lancé ce qu'on appelle l'alliance des numérodistes des quartiers populaires et de la ruralité d'ailleurs, pour justement venir réconcilier. Parce que nous avons eu l'occasion d'aller dans les quartiers populaires, nous connaissons, c'est mon histoire, mais nous avons aussi été rencontrés des quartiers ruraux. Ce sont nos frères et soeurs en humanité. Ce sont des gens qui vivent le déclassement comme nous le vivons le déclassement dans le quartier populaire. C'est ceux qui sont en attente de services publics qui leur manquent énormément. Et donc par conséquent, il nous faut dans la prochaine séquence d'essayer de travailler, c'est le travail qui est engagé pour justement permettre à ce que nous puissions augmenter la participation. Ce n'est pas juste de gagner dans les villes, dans les quartiers. On sait très bien que sur par exemple Saint-Denis, vous avez certains quartiers, s'il y a un niveau de participation qui est élevé, il reste quand même un niveau à la fois d'attention qui est extrêmement important. Donc c'est le travail de conviction qui doit continuer. Et je pense que ces jeunes en fait participent à ce travail de conviction, bien sûr sur le réseau, mais par la manière dont d'ailleurs ils s'espriment et la manière dont ils portent un certain nombre de messages. C'est la raison pour laquelle c'était important pour moi aujourd'hui de venir. A la fois, vous témoignez d'abord de ma reconnaissance sur l'acte politique posé et surtout que j'ai l'intime conviction que demain, nous allons pouvoir à la fois redonner ce qu'est la France, sa grandeur, c'est-à-dire ce pays cher à chacun et chacun d'entre vous, la France anticapitaliste, anti-impérialiste, je l'espère en tout cas, c'est ça qu'il faut profondément et résolument humaniste parce que c'est sans doute qu'il s'agit et c'est la raison pour laquelle je voulais encore vous remercier de l'invitation. Merci.
Merci beaucoup. Merci donc aux camarades. Je vais vous laisser descendre de la tribune. Je vous relâche que pour une partie d'entre vous. Mais je vais appeler du coup pour venir sur la tribune pour la deuxième partie. Omar, Tamara et Olivier que je vais vous présenter un peu plus tard. Justement, précisément, c'est à toi, Omar Alsoumi, que je vais passer la parole. Omar, qui est à la fois paysan et poète palestinien, qui est membre de Urgence Palestine, de Boussole Palestine, qui est un camarade qu'on a l'habitude, évidemment, de croiser dans les manifestations, mais par ailleurs, d'inviter dans nos... Ils n'écoutent pas du tout ce que je suis en train de dire. C'est parce que vous m'avez trop entendu. Et donc on est évidemment à chaque fois très heureux de t'accueillir. C'est pour nous une évidence de pouvoir donner la parole aux camarades palestiniens, à la question de la solidarité avec la Palestine, en particulier dans un moment où on sait que la question de la répression d'État, y compris du racisme, se joue autour de la question palestinienne. Et tu en sais quelque chose, parce qu'on parlait notamment des interdictions de manifester et de l'utilisation du prétexte de l'antiterrorisme. pour empêcher les gens de se mobiliser et de manifester. Et donc, dès qu'il aura dit au revoir, je passerai la parole. Tout à fait. Et du coup, je te passe la parole, Omar.
Tahya, Tahya, Palestine !
!
beaucoup de chaleur et à cette tribune où il y a eu beaucoup de ferveur. Je me sens tout petit et humble face à cette tâche de porter sur mes épaules la voix d'un peuple qui résiste aujourd'hui contre l'oppression coloniale, contre le régime sioniste génocidaire. Et en même temps, ça me semble crucial. Je vous remercie pour la lucidité qui est la vôtre d'inviter la Palestine à cette tribune d'un meeting où il est question d'antifascisme. Parce que quand on parle d'antifascisme, Aimé Césaire nous le disait, nous l'expliquait, quand on parle d'antifascisme, il est nécessaire d'aller à la base et à l'origine, à la racine, et donc de parler d 'anticolonialisme. Parce que c'est dans les colonies. sur les corps esclavagisés, sur ces peuples et ces terres qui sont considérées comme à prendre, à dominer et à exploiter sans limite, que se forge la matrice de ce fascisme qui sans limite ensuite s'en prend à nous toutes et tous cette logique, cette mécanique. On la connaît, elle est dans nos chaires, elle est dans l'histoire de nos quartiers populaires, elle est dans l'histoire de ces peuples issus pas seulement de l'immigration, mais en réalité issus des colonisations. Donc, quand on parle d'antifascisme, on parle nécessairement d'anticolonialisme. génocidaire qu'est le fascisme, il est nécessaire de parler de la situation en Palestine. J'aimerais donc commencer par rendre hommage aux martyrs, aux résistants et aux résistantes, aux prisonniers qui font aujourd'hui face à cette machine de mort, ce régime sioniste. Je tiens à ce qu'on ait en tête, la réalité de la situation en Palestine. On a manifesté nombreux et nombreuses par millions pour demander, pour exiger par tous les moyens possibles un simple cessez-le-feu. Et quand on demandait un cessez-le-feu en Palestine, on était traités d'antisémites, de terroristes et que sais-je encore. Cette diffamation, cette opprobre, aujourd'hui on la rejette collectivement et on a une conviction forgée dans la lutte. Vous le savez aujourd'hui, il n'y a pas de cesser le feu en Palestine. A Gaza encore hier, 8 personnes ont été tuées, des enfants, des femmes, des hommes, dans leurs tentes, des corps déchiquetés par ces missiles fournis par les Etats-Unis et par l'Occident collectif. Et aujourd'hui ce qu'on sait, c'est que si on veut un cesser le feu en Palestine, En réalité, il faut la fin du régime colonial sioniste, il faut la fin de cette tyrannie génocidaire. Et en gros, on le dit simplement, si on veut un cessez-le-feu en Palestine, il faut exiger la libération pleine et entière de la Palestine. C'est la seule voie pour obtenir enfin ce que nous revendiquons. Je parle tout doucement avec solennité. Il y avait ici des discours pleins d'énergie. Je tiens à saluer en particulier la parole de justice et de sagesse qui est celle de ces jeunes mobilisés. J'avais envie de partager avec vous beaucoup de choses. Je vais aller à l'essentiel pour ne pas prendre trop de temps. On est en 3 novembre. Et comme on parle de lutte anticoloniale et comme on est en France, On ne va pas parler que de la Palestine et nécessairement s'intéresser aussi à ce qui est la matrice du renouveau de la vigueur fasciste dans ce pays. Le RN, dont on craint tous l'arrivée au pouvoir, facilité par cet extrême centre qui lui pave la route en réalité, il trouve ses racines dans le colonialisme français, en Algérie. On est au lendemain, pour ainsi dire, d'un 1er novembre. d'un 1er novembre 1954, matin glorieux, où le peuple algérien a lancé sa lutte de libération, sa révolution, qui lui a permettra, quelques années plus tard, au prix d'un million de martyrs, de triompher du colonialisme français. Mais ce triomphe, en réalité, il faut le dire, il n'est pas achevé, parce que le colonialisme... Ces tortures, ces violations terribles, ces sentences injustes n'ont jamais été totalement défaites. Et l'impunité terrible de l'ordre colonial, à mon avis, est une des racines de la situation dans laquelle on se trouve aujourd'hui. C'est parce qu'on n'a pas fini le travail de décolonisation qu'on fait face aujourd'hui à ce fascisme. Je vais dire deux mots rapides sur la Palestine dans le mouvement en cours. On pourrait penser que ces drapeaux palestiniens et ces kéfiers sont juste les éléments d'une traîne de réseaux sociaux et ces façons de voir les choses montrent le mépris terrible d'une génération aujourd'hui totalement disqualifiée. quand elle regarde la jeunesse et sa mobilisation en cours. Ce n'est pas d'une traîne dont il est question. La présence partout des drapeaux palestiniens comme symbole des luttes de libération qui traversent le monde, à notre avis, trouve des racines beaucoup plus profondes. Déjà, quand on parle de la vie chère, quand on parle des moyens pour les services publics. On parle nécessairement aussi de tout cet argent qui a été envoyé pour soutenir le régime colonial génocidaire, pour accélérer la militarisation du monde face à cette crise profonde de l'ordre capitaliste et de l'ordre impérialiste. Donc il y a un lien très profond entre les mobilisations en cours et la situation en Palestine. C'est parce que la résistance de nos peuples... si farouche que la crise est si profonde dans ces démocraties soi-disant libérales qui prétendent gouverner le monde. Et donc la Gen Z, pour nous, on le dit, c'est la génération Gaza. C'est une génération qui a ouvert les yeux avec l'échec de la génération ou des générations qui les précèdent à empêcher. de faire du génocide un mode de gouvernance du monde qui soit acceptable et légitime. Et il est donc normal et naturel que cette Gen Z, aujourd'hui, elle exige un changement radical et une rupture révolutionnaire avec cette incapacité de ces républiques, de ces organisations des Nations Unies, de ces droits humains à protéger le vivant et ce qu'il y a de plus à créer. Et donc vous êtes aujourd'hui les auteurs et les autrices d'un déluge légitime, d'indignation, de colère et d'une soif de justice inextinguible. Et c'est en cela que nous vous reconnaissons comme les héritiers et les héritières de la lutte des enfants de Palestine pour la libération de notre humanité commune. Et c'est en cela et pour cela qu'Urgence Palestine est à vos côtés chaque jour, chaque instant dans le combat. L'horizon de ce mouvement, l'horizon de cette mobilisation, c'est bien sûr la manifestation de demain, bien sûr la manifestation du 14 novembre, mais au-delà de ces manifestations, notre objectif, c'est de faire tomber ce régime pourri et corrompu, qui est une alliance et une coalition de pédocriminels, de colonialistes, de fascistes, de bourgeois racistes, et ce régime-là... Notre objectif, c'est 10 mètres 20. On va y arriver ensemble.
Merci pour ce respect parfait du timing. Je t'en remercie. Ils sont discrets, mais ils sont là. Du coup, pour revenir, tu l'as dit, c'est-à-dire que demain, la lutte va être large, elle va être grande. On l'espère, la grève sera également forte. Parce qu'on sait que... Face à un gouvernement dans une dérive aussi autoritaire et aussi totale, en réalité, on a vu que même être un million de personnes à manifester, en réalité, ça ne suffisait pas. On a vu même aussi d'ailleurs que voter, ça ne suffisait pas quelque part. Et du coup, la question, c'est comment on fait dans cette période-là pour essayer de peser ? Comment on fait par ailleurs, nous, les vieux et les vieilles, pour soutenir la lutte non seulement légitime mais nécessaire ? qui est celle de la jeunesse aujourd'hui. Et là se pose la question de la construction de la grève, de voir comment on arrive à convaincre autour de nous, nos collègues, d'arrêter le travail, pas juste parce qu'on n'aime pas le travail, même si pour beaucoup de gens on le sait, le travail c'est une souffrance, le travail c'est quelque chose auquel on va parfois avec des nœuds dans le ventre. On trouvait ça important de remettre la question justement de cette lutte au centre avec l'intervention de notre camarade Tamara. qui est prof en lycée dans le 94 et qui avec ses collègues se mobilise depuis le début également de cette mobilisation lycéenne et qui on l'espère sera avec des millions de professeurs demain dans la rue en grève Tamara je te passe la parole
Bonjour à tous et à toutes, merci d'être là. Nous sommes dans une période qui est assez exceptionnelle et inattendue. Nos élèves ont lancé un mouvement qui nous dépasse et c'est bien. Mais nous, les enseignants et les enseignantes, ça nous met dans une situation qui est assez particulière et il faut dire des fois un peu inconfortable. La position globale parmi nos collègues, c'est que les revendications des lycéens et des lycéennes sont légitimes, qu'ils et elles ont des raisons de se mobiliser. Chez les collègues un peu plus mobilisés, on soutient le mouvement des lycéens et des lycéennes. Mais pour l'instant, on ne voit pas vraiment une mobilisation globale en propre des enseignants et des enseignantes. Pour moi, ça peut s'expliquer par plusieurs raisons et c'est ce que je vais essayer d'explorer ici pour comprendre comment est-ce que derrière, on peut construire un réel mouvement et une grève chez les enseignants et les enseignantes pour soutenir nos lycéens et nos lycéennes. La première raison de ce manque de mobilisation pour l'instant, C'est une crainte de récupérer le mouvement lycéen, une volonté de laisser l'espace à nos jeunes de s'organiser sans chercher à les contrôler. C'est une peur qui est légitime en tant qu'adulte et encore plus en tant qu'enseignant et enseignante. Nous avons un ascendant sur LE. Nos élèves ont besoin d'espace pour réfléchir, pour s'organiser et doivent pouvoir décider de la direction de leur mouvement. Il est donc sain que cette peur existe chez nous et que nous ayons cette vigilance. Mais nos élèves ont aussi besoin de notre soutien concret et de savoir que nous sommes réellement à nos côtés. Et pour ça, à un moment, il faudra qu'on se mette en grève. La deuxième raison de la difficulté de notre mobilisation, c'est une forme de désœuvrement et une réelle difficulté à ne pas pouvoir être devant nos élèves dans nos classes et de ne plus avoir de contact avec un certain nombre d'entre elles. Cela s'accompagne aussi d'une inquiétude du fait que les élèves n'aient pas eu cours depuis plusieurs semaines. Les vacances aussi ont eu, comme toujours, des conséquences en coupant l'élan. La mobilisation, si elle est toujours forte et si elle est toujours là, on nous la présente comme ayant, en s'essoufflant, comme le fait que maintenant les lycées mobilisés sont minoritaires. Et donc du coup ça s'accompagne de pression de la part de parents, de certains élèves qui ont peur pour leur année, pour le bac, pour le futur et pour leurs futures études. en étant bloqués là où d'autres n'avancent pas. Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas négliger les élèves qui sont mis en difficulté aujourd'hui, mais nous devons rappeler qui sont les réels responsables, le gouvernement qui refuse toujours totalement d'entendre les revendications légitimes de nos élèves et le système. qui est mis en place et qui met sous pression nos élèves, qui les discrimine, qui les broie, qui leur refuse le temps et l'espace pour vivre leur adolescence de manière sereine et épanouie. Nos élèves mobilisés ont bien compris cela et il faut à présent que nous en prenions aussi pleinement conscience et que nous nous battions contre la résination qui nous touche beaucoup, qui touche beaucoup trop d'entre nous. Enfin, il y a aussi malheureusement une dernière raison au fait que les collègues soient réticents pour l'instant à une grève globale, qui est que le blocus d'une certaine manière est confortable pour les enseignants et les enseignantes, car il permet une forme d'engagement sans avoir à subir un certain nombre de conséquences. Cela fait, avant les vacances, pendant deux semaines je n'ai pas fait cours, je ne fais toujours pas cours, et j'ai eu deux journées de retrait de salaire pour l'instant. Donc c'est aussi quelque chose qui est confortable pour nous d'une certaine manière. Le problème c'est que du coup, dans cette situation-là, nous laissons nos élèves assumer les conséquences, seuls parfois. Et des conséquences, ça a été dit, ils et elles en assument beaucoup pour l'instant. Donc cela nous met dans une situation d'entre-deux qui est malaisante à la fois pour nous et à la fois pour nos élèves. Au début de ce mouvement, je me suis rappelé un moment que j'avais vécu en tant qu'étudiante. On préparait une action dans notre université, nous avions tout planifié et nous sommes allés demander de l'aide aux professeurs mobilisés syndiqués de l'université. Nous leur avons tout présenté et on nous avait répondu, super votre action, on vous soutient. Quand on a réitéré notre demande concrète d'aide, on nous a répondu, mais c'est votre mouvement, vous êtes autonome. Ça nous avait fait nous sentir impuissants et pas écoutés. Je me suis souvenu de ce moment, au début de ce mouvement, et je me suis dit que jamais je ne voulais que mes élèves se sentent comme ça à cause de moi. Donc c'est pour ça que je suis là aussi ce soir. Nous avons un devoir aujourd'hui de nous mobiliser pour nos élèves. Maintenant la question c'est comment faire ? La date de demain nous offre une première opportunité. Les prévisions de mobilisation dans l'éducation nationale sont malgré tout élevées et donc on voit qu'il y a une volonté de se mobiliser. Nous les profs, on est les anciens bons et bonnes élèves, on est scolaires, donc on a attendu globalement que les syndicats disent là on se met en grève. Un petit peu tard à mon avis mais ça commence et donc la question maintenant c'est comment est-ce qu'on va au-delà pour poursuivre le mouvement qui a été entamé par nos jeunes et pour gagner. La première chose c'est de rappeler les revendications de nos élèves auxquelles toutes nos collègues acquiescent sympathiquement mais qui sont en fait aussi les nôtres, ce ne sont pas que les revendications de nos élèves. Je veux citer ici un élève de mon lycée qui hier a dit, en parlant de moi, « Mais madame, elle est tout aussi légitime de s'exprimer que nous. Elle est même plus légitime. Moi, quand je quitterai le lycée, elle, elle y sera encore. » Je ne pense pas que je sois plus légitime que lui, même pas du tout, pour parler. Mais par contre, il y a quelque chose qui est vrai et qui est que, ben voilà, nous c'est aussi, les conditions d'études de nos élèves, c'est aussi nos conditions de travail. Et en fait, on s'est habitués à ces conditions qui sont des conditions qui sont parfois inhumaines. Et donc pour se mobiliser, la première chose pour moi, c'est de rappeler ça. Il faut rappeler les plafonds tombés. Les rats, les inondations, le manque de chaises et de tables, les 10 degrés en hiver, 40 degrés en été, les établissements surchargés, les emplois du temps impossibles, les programmes inadaptés. Il faut rappeler que la santé mentale de nos jeunes, mais aussi de nous les profs, n'a jamais été aussi mauvaise. Et nous devons aussi aujourd'hui apprendre de nos élèves. Ils nous montrent qu'on peut aller au-delà. et que l'on peut recréer des espaces de vie et des espaces de joie dans ces lieux d'études et repenser aussi ce qu'est la relation entre les enseignants et les élèves. Nous avons découvert nos élèves au début de ce mouvement. Des élèves qui avaient été vus comme peu scolaires, qui avaient été délaissés par notre système, ils se sont révélés plein de ressources et plein de réflexions. On les a vus grandir, on les a vus se construire et ça fait vraiment chaud au cœur. Ce mouvement, il nous a aussi donné des espaces et du temps de discussion entre nous. Les assemblées générales, c'est quelque chose qui a été essentiel et c'est quelque chose qu'il faut poursuivre parce que c'est quelque chose qui nous a permis de voir les violences et l'injustice qui existent au sein de notre école. Et donc, peut-être faire court, c'est pas la meilleure chose aujourd'hui, c'est pas le meilleur service à rendre à nos élèves. Les élèves qui se mobilisent, eux, ils ont compris et ils savent très bien les enjeux et les risques aujourd'hui de leur mouvement, mais ils se refusent à se résigner, à juste survivre tant bien que mal dans un système cassé. Très rapidement, je veux dire pour conclure un mot sur la répression que subissent nos élèves. Hier, au moins 7 élèves de mon lycée sont passés par le commissariat. Aux dernières nouvelles, un est en garde à vue toujours et un autre a été déféré au tribunal. On nous demande de faire court comme si de rien n'était. Mais de mon côté, je ne sais pas comment faire court alors que des élèves ont été arrêtés à tour de bras pour simplement s'être déplacés autour du lycée. Je ne sais pas comment faire court alors que nos élèves ont été gazés à plusieurs reprises. Je ne sais pas comment faire court alors que nos élèves ont été mis à terre, frappés par des policiers à côté de notre lycée. Je refuse de rentrer dans mon établissement si des élèves sont dehors pour revendiquer leurs droits. Il faut nous indigner, il faut nous mettre en colère, il nous faut refuser cette situation. Demain, nous serons en grève et nous devons poursuivre au-delà. Nos élèves nous ont redonné l'espoir, nous ont redonné de la force. Et aujourd'hui, à nous de faire la même chose.
Merci beaucoup, merci Tamara pour ces mots tout à fait justes et puis pour ces questions que finalement, même quand on n'est pas dans l'éducation, on se pose aussi, c'est-à-dire comment faire, quoi faire aujourd'hui dans la période. Donc j'imagine que si vous êtes là, vous avez déjà au moins une petite idée de ce que vous allez faire demain. Je me permets de rajouter deux éléments avant de passer la parole à notre camarade et néanmoins ami. Je sais qu'on le dit dans l'autre sens d'habitude, donc je suis désolée. C'est le stress. Pour vous rappeler les deux dates, la première qui vous a été donnée par Samia El Khalfawi, qui est le 14 novembre, en plus évidemment de la journée de demain, mais également la journée du 7 décembre, si je ne dis pas de bêtises, qui sera la journée de ton procès. Donc il est important d'être nombreux et nombreux pour venir soutenir Omar, qui subit un procès pour apologie du terrorisme, comme on l'a déjà dit. Et bien pour notre dernier intervenant et avant les dernières annonces d'usage ainsi qu'une petite chanson collective, je pense que je n'ai plus besoin de vous le présenter mais je vais le faire quand même. Donc Olivier Besancenot.
amis, chers camarades, à mon tour de dire quelques mots pour conclure. Cette belle réunion publique, à l'issue de laquelle je sais que vous serez tous et toutes dorénavant membres de l'organisation, ça va sans dire, et des jeunesses anticapitalistes, je voudrais la conclure, cette réunion publique, en faisant l'éloge, en conscience, devant vous, de l'internationalisme. L'internationalisme qui a un marqueur politique extrêmement important dans notre courant politique, alors on dit souvent que le NPL anticapitaliste ne fait jamais rien comme tout le monde, parfois c'est vrai, et là c'est carrément vrai, puisque c'est vrai que depuis des années maintenant, on peut le dire, on s'obstine, contre vents et marées, à tenter de démontrer qu'une des issues possibles à la crise actuelle serait au minimum d'envisager la possibilité que l'internationalisme fasse partie de la solution. et pas du problème. Là où bien des secteurs politiques de la gauche, par exemple, nous expliquent qu'en réalité, s'attarder sur ce qui se passe par-delà les frontières, c'est dans le meilleur des cas perdre son temps, dans le pire des cas s'éloigner des préoccupations concrètes de millions de personnes de notre camp social ici et maintenant. Et vous me direz que présenter comme ça sur le papier c'est presque tentant. Mais voilà, parfois la vie nous rattrape, la réalité nous rattrape, pas le reflet de la vie, parce que là ce qu'on est en train de vivre c'est du réel. On n'est pas dans les débats abstraits, on est dans le concret. Et la séquence, amis et camarades, que nous sommes en train de vivre, qui est éminemment sociale, qui est éminemment politique, elle est aussi éminemment internationaliste. Et c'est ce qui la rend encore plus belle et encore plus subversive, précisément parce qu'on est en train d'y goûter dans les faits. Une séquence qui, dans les faits, vient par exemple nous redire ce qu'on a un peu tendance à oublier. Et qui peut paraître paradoxal, c'est que même pour mieux comprendre la situation politique française, des fois c'est bien de chercher à penser le monde. Ce qui ne veut pas dire, entendons-nous bien, qu'il n'y a pas une spécificité de la situation politique française. Il y en a une qui tient probablement à sa classe politique gouvernementale. Il nous faudra probablement des heures, peut-être même des semaines, pour essayer de cerner psychologiquement le caractère insondable d'un Lecornu ou d'un Macron. Et encore, on n'y arriverait pas. Il y a aussi une spécificité de l'histoire de la classe dominante française. Même dans son versant institutionnel, la place de la Ve République, par exemple, sa violence sur la vie politique. Mais je vous dirais que même pour ça, même pour comprendre la genèse de la Ve République, ce régime dans lequel on vit depuis 1958, t'en as parlé Omar, même pour ça, il faut se replonger dans les pages les plus sombres de l'histoire coloniale française. Parce qu'en l'occurrence, la Ve République, elle jaillit du cœur de la guerre d'Algérie. Avec une tentative de coup d'État des militaires à Alger, de Gaulle, qui arrivent au pouvoir et qui se fait tailler sur mesure une constitution pour lui donner les pleins pouvoirs. Avec le poids du présidentialisme qu'on connaît. Et la bourgeoisie française qui pendant des décennies a expliqué que les institutions démocratiques de la Vème République allaient nous protéger de l'ascension potentielle de l'extrême droite au pouvoir. Et on voit à quel point au contraire c'est complètement compatible. A quel point il y a une multitude des camarades en ont parlé, d'éléments politiques, constitutionnels, qui se mettent en place avant même que l'extrême droite soit au pouvoir. Donc il y a cette spécificité. Mais quand on regarde dans le détail, ce qui aiguise la brutalité de la vie politique française, c'est aussi ces vents mondiaux déployés sur tous les continents, ce cours autoritaire, cette fascisation en cours. Alors je sais qu'il y a des camarades beaucoup plus instruits et intelligents que moi. qui vont discuter de l'adjectif exact qu'il faut accoler à la période dans laquelle on est. Je ne sais pas exactement de quoi le Trumpisme est le nom. Et qui vient de se prendre une claque au passage, mais ça ne suffira pas. Mais en tous les cas, ce que je sais, c'est que le Trumpisme, si ce n'est pas la fascisation en cours, à force, ça commence franchement à y ressembler. Et surtout, ça vient de la première puissance économique du monde. Et évidemment que ça donne le là. Ça veut dire que la classe dominante est en train d'envisager un changement d'époque. Dans ce mouvement qu'on est en train de vivre, il y a un slogan parmi tant d'autres qui me plaît, « Quitter l'époque contemporaine ». Il est tellement génial ce slogan, ça dit justement l'aspiration à changer la société, cette génération, qui n'est pas lestée par le poids des échecs du passé, qui nous dit « Mais vous nous fatiguez avec vos doutes, la classe dominante nous montre un sens interdit, vous savez quoi, on va le prendre ». Il y a toute biture, et nombreux et nombreuses encore. Mais sans jouer de la surenchère, je voudrais dire qu'on est déjà en train de la quitter, cette époque contemporaine. La vraie question, c'est vers quel type d'autre époque on va ? Et la classe dominante, elle a sa réponse. Dans la nouvelle époque où on va, la classe dominante, elle veut rétablir l'ordre par tous les moyens nécessaires. D'abord parce qu'il y a des contestations, des mobilisations, des révoltes, des insurrections sociales et politiques, amis camarades, il y en aura, parce qu'on ne se caissera jamais faire. Mais maintenant, si on est tout à fait honnête, et aussi parce que l'histoire se répète rarement à l'identique, si une partie de la bourgeoisie aujourd'hui opte pour le néofascisme, à la différence des années 30, c'est pas tant par crainte du péril rouge et du péril révolutionnaire, c'est par crainte du désordre que son propre système est en train de générer. L'ordre marchand économique que nous connaissons, ou le profit, fait sa loi sur l'économie, sur la société. Un capitalisme qui génère la famine, la pauvreté, les inégalités, qui met l'humanité toute entière en situation de survie, mais qui emprime de tout, est une organisation économique qui a ceci de particulier, qu'elle engendre d'elle-même sa propre crise en permanence. Qu'elle dévalorise d'elle-même régulièrement son taux de profit, qu'elle exploite toujours plus la majorité de la population en nous privant de revenus, ce qui nous prive des moyens de consommer. Ce que nous produisons par ailleurs tous et toutes, ça veut dire qu'il y a des marchandises qui s'accumulent, ça accentue une crise de surproduction et de suraccumulation. Alors le capitalisme, jusqu'à présent, il avait une sorte d'astuce pour sortir de ces contradictions. Ça a été la mondialisation néolibérale qui a duré 40 ans, qui a été l'Eldorado, la promesse pour les capitalistes d'un marché universellement déployé, un marché de consommateurs, une main d'oeuvre mondiale qu'on pourra exploiter à l'infini, sauf que le globe ayant ses propres limites... Les contradictions se seraient invitées un petit peu plus fort encore, avec plus de violence. Et le capitalisme, ce n'est pas une théorie. C'est un système qui, dans les faits, cherche toujours à réinventer un nouveau moyen de toujours générer plus de richesses, de toujours en accumuler plus. Un nouveau cycle d'accumulation capitalistique qui se passe dorénavant, dans le cadre mondial que nous connaissons, celui d'une compétition accrue entre les plus grandes puissances économiques, où règne politiquement le souverainisme. Le nationalisme, le racisme, la militarisation, les guerres et le retour des guerres impérialistes et colonialistes qui a mis aux camarades, au passage, n'avait jamais disparu de la surface du globe, mais qui s'accélère. Et je crois qu'il faut aussi comprendre précisément la solidarité et l'empathie internationale avec la lutte du peuple palestinien dans ce cadre-là. Parce que chacun et chacune comprend aussi. que dans cette lutte-là, il y a une partie du monde qui est en train de se dessiner actuellement. Alors qu'on se comprenne là aussi, l'histoire palestinienne a sa propre histoire. Elle ne date pas du 7 octobre, elle ne date pas non plus de la mondialisation néolibérale. Et j'en profite pour rappeler toute notre solidarité à Omar. A cela, à tous les camarades d'urgence palestine, et plus généralement, ça les dépasse, toutes les organisations qui affirment leur solidarité avec le peuple palestinien. Affirmer sa solidarité avec le peuple palestinien, non seulement ce n'est pas un délit, c'est un devoir moral pour nous, qui consiste à brandir un étendard qui a toujours rendu plus belle l'humanité, quand elle lutte pour s'affranchir de tout. Des peuples qui luttent pour disposer d'eux-mêmes leur droit à l'autodétermination, à l'émancipation, à la libération, contre toute forme d'impérialisme. Ça vaut en Palestine, ça vaut pour le peuple cubain, qui est dans le collimateur de l'impérialisme nord-américain, mais de toutes les autres formes d'impérialisme dits secondaires. Donc c'est vrai aussi de tous ceux qui oppriment leur peuple. Au Kurdistan, c'est vrai actuellement dans la lutte et la résistance de l'Ukraine. C'est vrai aussi de nos propres colonies, camarades. Parce que ça a été dit, quand on est internationaliste, on est anticolonialiste. Donc on a un mot très fort de solidarité. Avec nos camarades canaques qui luttent pour leur indépendance légitime face aux promesses non tenues de l'État français et un mot de solidarité aux mobilisations actuelles en Martinique et en Guadeloupe où on voit le degré de répression, les relents du passé et de l'actualité coloniale française. Donc être internationaliste, amis et camarades, c'est savoir ressentir le cours du monde dans ce qu'il peut y avoir de plus tragique mais aussi de plus enthousiasmant. Christine en a parlé, d'autres camarades en ont parlé. Ce qui nous donne la force et le moral quand on sort de nos manifs et des gaz lacrymogènes, c'est qu'on les voit ces images, déclinées dans chaque pays, mais des mêmes scènes, des mêmes mouvements, c'est les nôtres. En Italie, en Allemagne, à Bruxelles, en Serbie, en Albanie. J'entendais un chroniqueur sur LCI qui disait qu'il n'y a qu'en France que les manifestations partent comme ça en vrille. Va faire un tour en Albanie. Tu verras comment les manifestants s'emparent des institutions politiques. Et à mon avis, tu vas saigner du nez et méchamment encore. Les mêmes scènes en Asie, les mêmes scènes en Amérique latine, au Brésil. Très important le Brésil. Ce qui s'est passé dans l'entre-deux-tours avec la victoire. Surprise ! De Lula face à l'extrême droite de Bolsonaro. Pourquoi ça a été une surprise ? Parce que la mobilisation s'est déroulée dans le cadre de la jeunesse. Qu'à tout chambouler. Je dis ça parce qu'à gauche, ça commence à fait trier sur le thème. Il faut s'inspirer de l'armée du numérique de Lula. Ouais, c'est vrai, il faut s'en inspirer. Mais si ça s'est passé dans l'entre-deux-tours, c'est précisément parce que la jeunesse a décidé de ne pas simplement se battre sur le terrain du numérique, mais c'est pour battre le pavé pour de vrai. Et c'est ça qui a chamboulé la situation politique. Et c'est ça qui a amené une pression par le bas de la société, qui a été une pression telle que ça a même obligé Lula à retrouver des intonations de classe. Parce que moi, à titre personnel, je n'ai aucune illusion dans l'orientation de la direction du parti des travailleurs au Brésil. Mais Lula, dans l'entre-deux-tours, je ne sais pas si vous l'avez vu, cette scène face à Bolsonaro, qui lui disait avec tout le mépris de classe de l'extrême droite, « T'es bon à distribuer les aides sociales avec tes neuf doigts. » Parce qu'il manque un doigt à Lula. Ce à quoi il lui a rappelé qu'en effet, s'il lui manquait un doigt, c'est parce que lui, il avait travaillé de ses mains et dans la métallurgie. Alors évidemment la comparaison s'arrête là par rapport à la situation politique française et évidemment je ne suggère pas de couper aucun doigt d'aucun candidat de gauche à l'élection présidentielle dans l'espoir qu'il retrouve des intonations de classe. D'abord parce que pour certains ça ne suffirait pas, mais c'est surtout pour rappeler qu'au Brésil la conclusion c'est ça, la politique s'est invitée par la rue et à ceux qui prient. Dans le rythme horloger monotone de la bonne vieille élection présidentielle, allez penser que le pic de la politique en France allait jaillir par magie en avril et en mai, se sont trompés. Il y a un pic de politique en ce moment même, parce que cette nouvelle génération est éminemment politique, au bon sens du terme, et c'est le meilleur scénario pour réouvrir la situation actuelle. Donc amis et camarades, l'internationalisme... C'est par-delà les frontières, voyager un peu dans le temps, dans l'espace, comprendre que des générations ont lutté avant nous, mais que ces luttes se réinventent chaque fois, dans le cadre de nouvelles générations. Et c'est ça qui est beau. Tout le monde se prend la tête pour savoir quel est le bon moyen de lutter. Mais nous, au NPA, pardon de le dire, on n'a aucune forme de fétichisme de la modalité d'action. On réinvente à chaque fois, et les jeunes réinventent. Donc que ce soit des manifestations, des blocages, des occupations, nous on prend, on prend tout. Dès lors que ça permet l'organisation démocratique et collective, l'auto-organisation avec des assemblées générales parce que ça ne peut pas simplement se passer sur des boucles WhatsApp. On a besoin de se voir, on a besoin que le mouvement soit sous le contrôle de ceux et celles qui sont dans le mouvement, qu'ils soient organisés ou non. Il y en a qui ont le vertige, même dans la gauche révolutionnaire. Ça leur fait peur de ne pas contrôler un mouvement. Mais on n'est pas là pour s'inventer des rôles d'avant-garde qui n'existent pas précisément parce qu'on ne contrôle pas ce mouvement. Et vous savez quoi ? C'est ça la bonne nouvelle. C'est que ça nous échappe. C'est le propre d'un mouvement d'émancipation. Et c'est vrai qu'on entend souvent, on a tout tenté jusqu'à présent. On a tenté les occupations de rond-point, on a tenté les grosses manifs, on a tenté les pétitions. Même quand on vote, on n'est pas respecté. C'est vrai. Mais sans me dédire. Je voudrais quand même rappeler, pas pour la porter au nu, mais juste pour lui rendre hommage et justice à l'échelle de l'histoire, qu'il y a quand même une modalité d'action qu'on n'a pas retentée depuis très longtemps dans ce pays. Amis et camarades, en tant qu'internationalistes, si on voyage dans le temps et dans l'espace, il faudrait quand même qu'on se rappelle qu'il n'y a jamais eu aucun changement réel de la société sans une irruption massive de centaines de milliers d'exploités et d'opprimés, de millions d'exploités et d'opprimés, sur le devant de la scène politique, là où les politiciens professionnels ne voudraient pas qu'on aille. Donc oui, je le redis, ce qui manque dans ce pays, c'est une bonne vieille grève générale, massive, radicale et subversive. Et on n'y coupera pas, amis et camarades. Et par grève générale, j'entends de celles qu'on fait bouger les murs, qu'on fait trembler les murs de l'histoire de ce pays. Je pense à celles de 1936, de 1968, avec ces millions de grévistes, avec ces occupations, puisqu'on est en période électorale. Rappelons quand même qu'on ne fera confiance à aucune promesse, d'où qu'elle vienne. Et qu'en 1936, si on a eu les congés payés, ce n'est pas parce que ça figurait dans le programme électoral du Front Populaire, mais parce que l'ancienne génération a fait ce qu'il fallait faire, la solidarité, la lutte, la généralisation de la grève. Donc pour conclure... Je voudrais dire que la grève générale, elle ne se décrète pas. Mais penser la grève générale, c'est penser en effet notre place dans la mobilisation. On ne va pas lutter que par délégation, que par procuration. Le but du jeu, ce n'est pas d'être en soutien de la jeunesse. Le but du jeu, c'est d'en être maintenant et d'essayer d'en être. Moi, je viens de fermer mon bureau de poste à La Chapelle ce soir. Je peux vous l'annoncer, demain, le bureau sera fermé. Ça fera un bureau sur deux, ça ne sera pas suffisant. Mais notre place, c'est aussi celle-là. C'est aussi penser notre place dans l'économie, dans le rapport à la propriété du fruit de notre propre travail. On vit dans un discours dominant qui nous pousse à dire qu'on dépend de tout, et il faudrait même être redevable, des grands groupes capitalistes et des employeurs qui créent de l'emploi. Les employeurs ne créent pas d'emploi. Les employeurs achètent de l'emploi. Ils achètent notre force de travail. Ils achètent nos bras et nos cerveaux pour qu'on la fasse tourner cette économie. Et le jour où on décide d'arrêter de la faire tourner, elle arrête de tourner et on se rappelle de notre force, la force du nombre. Et ce sera mon mot de la fin. A travers ça, c'est la quête du nombre. Il n'y a pas de raccourci la grande affaire du socialisme. A travers le temps, c'est le nombre. Le nombre, et encore le nombre, la majorité qui fait irruption, qui s'empare de la démocratie, qu'on en rend une nouvelle, ascendante, dans un processus constituant, qui s'approprie les richesses, qui les partage, par une transformation révolutionnaire de la société, parce que c'est ça qu'on veut. Et même la révolution n'est pas une fin en soi, c'est qu'un moyen pour bâtir autre chose. Et c'est ça, le carbirant précisément qui nous anime. Alors il se trouve, amis et camarades, que pendant ce mouvement, dans les quelques temps que j'avais, je me suis replongé sur la révolution française de 1789. Je le dis en souriant parce qu'à la base, ce n'est pas ma référence première. C'est plus la commune de Paris, c'est plus 1917, c'est plus 1936, et bien des mouvements anticolonialistes. Mais en lisant l'histoire de la révolution française de Michelet, Vous avez ce moment où il parle de la prise de la Bastille. Et il compare la prise de la Bastille à un glacier qui perd ses neiges d'un coup, qui se libère, des neiges qui se sont accumulées depuis des siècles d'oppression. Et une avalanche comporte tout sur son passage. Et Michel a dit, la seule chose surprenante, c'est que cette avalanche ne se soit pas déclenchée plus tôt. Alors je ne sais pas si c'est une avalanche aujourd'hui, mais il y a des secteurs qui se libèrent, et pour de bon. Et le seul truc surprenant, c'est que ça ne soit pas arrivé plus tôt. Amis et camarades, demain dans la rue, après-demain, quoi qu'il en soit, on continue.
Enlever de la bouche, j'allais dire, vous avez compris, nous ce qu'on veut c'est la grève générale. Mais vous l'avez compris, en fait, on veut plus que ça. Donc dès demain, effectivement, on sera en grève, on sera dans la rue. Je vois que vous êtes en train déjà de remettre vos manteaux pour aller dormir plus tôt, pour faire la grève générale demain, mais si jamais je peux vous retenir juste quelques minutes encore, pas trop cependant, parce qu'on a déjà pris beaucoup de retard et qu'en fait, il y a aussi des travailleuses et des travailleurs de la culture ce soir et qu'on est pour qu'ils finissent pas trop tard. Donc on va se dépêcher dès qu'on a fini. Pour vous dire plusieurs choses, vous l'avez compris, J'espère que vous n'êtes pas trompé de salle, mais ici c'est le NPA unitaire et révolutionnaire. que même si vous vous êtes trompé et que vous ne saviez pas ce que vous alliez voir ce soir, que vous avez plutôt été intéressé par ce qu'on a raconté, je vous rappelle que c'est possible de prendre contact avec nous, y compris de se retrouver demain dans la manifestation, parce qu'on y sera avec un point fixe, parce qu'on y sera avec un cortège, et qu'on sera évidemment très heureuse et très heureux de pouvoir crier, chanter, militer avec vous. Donc n'hésitez pas, c'est pareil pour la table des jeunesses anticapitalistes. Je vous rappelle également qu'il y a deux autres tables, qui sont des tables de solidarité internationale avec les camarades d'urgence palestine et la table de solidarité avec les camarades en Ukraine. Et je vous rappelle enfin, mais du coup elle va bientôt fermer, mais je vous rassure, cette librairie est accessible. Ailleurs que ce soir, elle est accessible pour l'instant à Dominile et très bientôt à Rotographie dans notre nouveau local. C'est la librairie La Brèche qui est juste derrière vous. Je rajoute également que soutenir la presse militante engagée, c'est important et que c'est possible de le faire avec nous en soutenant l'anticapitaliste Hebdo. des exemplaires de démonstration que vous pouvez prendre et vous pouvez évidemment nous soutenir à la hauteur de vos moyens. Donc ça fait déjà beaucoup de propositions pour dépenser des sous ce soir et je sais qu'on est dans la France de Macron, donc je suis désolée de dire encore une fois... que si vous pensez qu'on a raison et si vous voulez faire quelque chose avec nous, et même si ce n'est pas nous rejoindre, on a aussi besoin d'aide et d'argent dans la période pour mener la campagne qu'on a décidée, pour mener une campagne antifasciste unitaire, pour continuer à exister. Et parce qu'on pense que même dans les gens qui ne seront peut-être jamais au NPA, il y a plein de gens qui pensent que ce qu'on raconte, ce que nos camarades racontent et ce qu'on fait dans les luttes, ce qu'on fait aussi pour visibiliser les luttes, en fait c'est quelque chose d'important et pour ça on a besoin aussi de votre... solidarité financière. J'ai même réussi à vous faire applaudir le fait de nous donner des sous. C'est ça un chauffage de salle. Et du coup, on peut terminer là-dessus, ou presque. On a une petite tradition, parce que nous, on n'a pas de religion sur quoi que ce soit. En effet, tout ce qui vient, on le prend. Toutes les formes de lutte, à partir du moment où elles sont démocratiques, qu'elles permettent d'embarquer et de faire peser sur le rapport de force. Mais on a quand même quelques traditions, et notamment une chanson. Alors je vous arrête tout de suite, si vous vous êtes trompé de ça, là encore une fois, on n'est pas sur la marseillaise. Ça sera sur l'international. Donc on se retrouve dès demain dans la rue, partout et à Paris. Et j'ai envie de dire, si Marx le veut, à 14h à Bastille, quel que soit ce que nous dira la préfecture. Et je vous propose de terminer en vous levant pour celles et ceux qui le peuvent et en levant le point et en chantant avec nous l'international. Merci. Merci à toutes et à tous.
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