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Oui, c'est quand je me suis trouvé dans un petit café où je n'allais pas, parce que finalement, habituellement, je n'avais pas assez d'argent pour aller dans un café. Là, j'étais avec un ami qui m'avait offert un café et j'ai entendu l'annonce de la mort de Malraux dans ce petit café, juste au-dessus de la fac. Et il s'est passé quelque chose en moi. Je ne sais pas pourquoi, je n'étais pas un grand lecteur de Malraux. J'avais lu deux ou trois choses qui me résistaient un petit peu. Je n'aime pas beaucoup ses romans. Enfin, on peut aimer, je veux dire, mais je n'entrais pas dans cette littérature-là. J'étais plutôt fasciné par les textes esthétiques. Je n'avais pas la culture, je ne l'ai toujours pas d'ailleurs, qui permet d'entrer vraiment dans la pensée esthétique de Malraux. Et je me suis mis à acheter immédiatement, je suis descendu à une librairie qui n'existe plus, mais dans Dancan, et j'ai acheté les chaînes qu'on abat. Et j'ai été sidéré par ce texte qui montrait un de Gaulle poétisé, lyrique, philosophique, en même temps, un peu comme Romain Garry quand il écrit sur le général de Gaulle. Et c'est un livre que je relis régulièrement, non sans émotion. Je suis allé plusieurs fois, j'ai eu la chance d'aller plusieurs fois à la boisserie. Et ce De Gaulle-là ne m'a jamais quitté. Alors on me dit oui, tout ça c'est une conversion un petit peu récente. J'ai écrit un texte en 1992 qui s'appelait « Trois photos du général » et qui faisait déjà l'éloge du général De Gaulle. Et c'est un gaullisme de gauche qui m'intéressait déjà à cette époque-là. La demande à mon éditeur de l'époque, chez Grasset, en disant que j'aimerais écrire mon deuxième livre sur ce sujet, le gaullisme de gauche, il m'avait répondu, c'était pas très élégant, c'est une formule de lui, je mets les guillemets, le gaullisme de gauche, ça pue de la gueule. Et donc, ça m'avait... C'est une façon de m'inviter à ne pas écrire sur ce sujet. Et on dira d'une certaine manière que peut-être ce livre répond à ce désir que j'avais à l'époque et à cette interdiction qui m'avait été faite de dire que oui, il y a un gaullisme qui n'est pas de droite ou de gauche. Le général de Gaulle estimait qu'il y avait une lecture horizontale des choses et qu'elle était un peu limitée, mais qu'il y avait une lecture verticale, le haut et le bas, et qu'il y avait en haut ceux qui défendaient la France. en bas ceux qui ne la défendaient pas, et qu'en haut on pouvait tout aussi bien être communiste, socialiste, catholique, musulman, bouddhiste, je ne sais quoi, et que c'était ça la véritable lecture des choses.
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