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Mesdames, Messieurs, la cour ! Le procès du jour.
nous jugeons aujourd'hui le livre de Françoise Degoy qui sort demain, la diffusion de deux ans de messages privés, échangés avec Emmanuel Macron. Et la question qui nous occupe, peut-on révéler des SMS échangés avec le président de la République sans son consentement ?
Voilà l'objet du litige, je le montre pour les auditeurs qui nous regardent sur les réseaux sociaux ou sur notre chaîne YouTube. Qui est véritablement Emmanuel Macron ? Françoise Degoy ? veut le révéler à travers la révélation de ces messages, deux ans de messages sur Telegram, et ce titre du livre, Vous êtes tous trop durs avec moi. Alors un tout petit peu de contexte, puisque ce sont des conversations libres avec Françoise Degoy, ils ne sont pas amis. Elle est journaliste, il est président de la République. Elle raconte dans son livre qu'il l'a interpellé un jour, il lui a envoyé un message parce qu'elle est très active sur les réseaux sociaux, parce qu'elle avait pris la défense du couple en disant qu'il y avait un acharnement sur Brigitte Macron avec... ce que l'on sait sur certaines accusations. Et à partir de ce moment-là, il y a eu des échanges qui sont devenus très politiques, parce qu'Emmanuel Macron sait que Françoise de Gois a de l'influence sur les réseaux sociaux, et il s'expliquait avec elle, et bien sûr, c'était une forme de confidence, d'échange, pour que ce soit... connu, ça se sent à travers ces échanges. Alors, est-ce que maintenant, c'est condamnable de publier ces messages dans un livre ou pas ? La parole à l'accusation avant la défense avec Philippe Bilger, Madame la Présidente.
Vous avez la parole. En fait, vous êtes la défense. Vous êtes la défense. Peut-être l'accusation. Vous étiez l
'accusation. Au début, vous étiez l'accusation. Moi, je vais être bref parce qu'on va être deux à faire l'accusation avec Samuel Botton. Moi, je suis choqué parce qu'un SMS, c'est une conversation privée. On a échangé plein de SMS avec toutes les personnes ici et je n'ai pas envie de les voir sur la place publique. Alors, je pense quand même qu'Emmanuel Macron a une part de responsabilité parce que je pense qu'il avait entendu parler du livre Un Président ne devrait pas dire ça. qui a 10 ans, qui était écrit par Dave et l'homme du monde. Et moi, je pense une chose fondamentalement, c'est que Macron a été léger, mais j'estime que des conversations privées doivent rester privées, qu'on soit président de la République ou plombier, parce qu'on avait un plombier chauffagiste il y a quelques instants avec nous. Voilà.
Juste pour revenir sur Davé et l'homme, François Hollande savait ce qu'il faisait. Il leur a consacré beaucoup de temps. Il les a rencontrés à chaque fois. Donc, il se doutait bien qu'à un moment, il allait avoir le revers de la médaille. Moi, je veux bien entendre tout ce que vous voulez sur Françoise, avec qui j'ai grand plaisir à débattre. Elle est brillante. Je suis sûr qu'elle, à la différence de certains prix littéraires, elle a beaucoup plus de facilité à écrire de ses dix doigts qu'avec une IA. J'entendais Philippe, qui s'est lancé dans la lecture du livre, dire... plus large finalement que des SMS, c'est un essai politique. Je ne saurais pas vous dire, je ne lirai pas ce livre pour une simple et bonne raison. J'estime que les conversations qui ont été dévoilées n'ont pas à se retrouver sous mes yeux ou sous les yeux d'un lecteur. Après, il se pose peut-être cette question, est-ce que le président de la République savait ce qu'il faisait ? Peut-être, mais je pense qu'il savait ce qu'il faisait en se disant, Françoise est éditorialiste et ces éléments de langage que je distille à tant d'autres peuvent éventuellement faire l'objet d'éléments de langage en plateau. Pourquoi pas ? Mais en tout cas, je ne vois pas l'autorisation. Et surtout, ça ramène à un point essentiel qu'on a souvent abordé sur ce plateau. C'est la question du respect et de la sacralisation de la fonction présidentielle. Des livres sur Emmanuel Macron, je pense que c'est le président de la République sur lequel on a le plus écrit. Je pense au livre d'Arthur Berda, journaliste au Figaro, en début de mandat, qui est un flot de conversation avec Emmanuel Macron, mais il n'y a pas de prise à défaut là-dessus. Je pense au livre d'Olivier Beaumont, il y en a eu quelques autres. Florian Tardif sur le couple Macron, le dernier mandat. C'est un livre... que j'ai lu et que j'ai dévoré en deux heures, mais qui n'a strictement aucun intérêt à la lecture, on peut même se demander si ce n'est pas un service commandé. On y
apprend des choses.
Oui, j'ai eu une scène que je n'ai pas totalement comprise dans la salle des fêtes de l'Elysée avec un monsieur qui était là au milieu, bon, peu importe.
Il y a même des livres qui veulent d'Éric Revelle aussi. Alors le livre, mais c'est un exercice totalement différent. Éric Revelle est
dans un essai, il prend des faits, il analyse, mais à aucun moment, il ne révèle quelque chose. Là, pour le coup, je ne pense pas qu'Emmanuel Macron, enfin Emmanuel Macron, pour le coup, s'il s'attendait à ce que Françoise Degoy en fasse un livre de ses messages sur Telegram, il devrait s'attendre à encore 500 autres bouquins des gens avec qui il échange. Voilà.
Je la défense. Je crois que vos observations, et je ne le dis pas par démagogie, sont très pertinentes. Mais je crois qu'on ne peut pas parler véritablement du sujet si on n'a pas lu le livre. Mon premier mouvement, c'était de dire comme vous, un journaliste ne peut pas tout se permettre et ce qui est présumé confidentiel doit le rester. D'une part, je ne suis pas persuadé, comme quelqu'un d'autorisé me l'a dit, qu'Emmanuel Macron ait véritablement douté que tout cela allait être publié. Premier point. Deuxième point, quand on lit le livre, et bêtement je croyais, quand j'en ai entendu parler hier, qu'il n'était fait que des messages, et bien quand on lit le livre, on trouve, et sans flatterie, que c'est un très bon essai politique dans lequel les messages ne sont pas des indiscrétions, mais deviennent des illustrations. En réalité, quand je l'ai lu, franchement, je m'attendais à voir une multitude de messages, et il y en a beaucoup, mais ce sont des illustrations. Et dernier point, de toute manière, ce qui se dégage de ce livre, C'est un portrait très étonnant d'Emmanuel Macron, et on sent cela de toute manière. Françoise Degoy a obtenu le résultat qu'elle souhaitait, c'est-à-dire passionnée par des indiscrétions sans doute voulues. Et en tout cas, remarquablement écrite et intelligente.
Allez, la cour appelle un témoin. Sophie est avec nous de Béziers. Bonsoir Sophie. Oui, bonsoir. Quel est votre regard Sophie sur ce livre
Moi je vais être l'avocate de Madame de Goy. D 'accord. Je la trouve comme ça a été dit sur votre plateau, brillante, intelligente. C'est vrai. Après, si le président lui a fait des confidences, je crois qu'il s'est adressé aussi à une journaliste. Et je pense qu'il connaissait peut-être le risque de savoir si ça allait être divulgué ou pas. Je crois qu'on ne peut pas lui faire un procès, parce que chez Macron, il va y avoir des procès qui tombent le temps. Si, on peut lui
faire un procès, mais elle peut le gagner. En tout cas, le procès des vraies voix, elle peut le gagner quand même. J
'espère que sur les vraies voix, elle va être défendue avec acharnement.
Ah bah écoutez, ça c'est le lot de chacun. On est surtout sur
le premier livre de l'histoire qui repose entièrement sur des échanges de SMS. C'est-à-dire dans l'histoire politique française, je m'en suis tarté beaucoup. Perico qui était avec nous juste avant, on parlait de François-Olivier Gisbert et de quelques autres, dont j'ai lu les livres sur Chirac, sur Mitterrand. On va faire le comparatif avec Mitterrand à l'époque, il y a Jacques Attali qui sort je crois 3 ou 6 volumes des verbatimes de Mitterrand et des moments de vie qu'il a eu avec lui. c'est autrement plus grandiose que ce qui nous est offert là. C'est-à-dire là, on est vraiment dans un problème générationnel où on est sur cette présidence 2.0 et où finalement, quelques SMS peuvent valoir à l'interprétation d'une politique globale. Encore une fois... il n'est nullement question de remettre en cause le talent de Françoise et sa capacité d'analyse qui est indéniable. Mais il y a une réalité, c'est que ce livre sort quand même d'une trahison. C'est-à-dire, moi, si on me dit qu'Emmanuel Macron s'attendait à ce que tout ce qui était échangé soit remis par écrit dans un livre, je n'y crois pas. Si on me dit qu'Emmanuel Macron se préparait à ce que ces éléments de langage soient répétés en radio, en télé, dans des conférences, en interviews, c'est différent. C'est pas la même chose. Et encore une fois, j'ai... pas souvenir 'avoir vu cet exercice d'échange par SMS se transformer en bouquin, des rencontres successives. Oui, là, on a l'impression que finalement, Françoise est peut-être partie dans une quête d'introspection du président pour en sortir quelque chose, mais... sans lui dire réellement la réalité et la visée véritable de cette conversation.
Si vous permettez, Philippe, allez-y, répondez. Non,
je disais, quand on lit le livre, il y a quelque chose qui ressort, une sorte de tonalité, je ne dirais pas une complicité ostensible du président. Mais on sent, comme quelqu'un me l'a dit tout à l'heure, à quel point il y a une entente. C'est très clair. On va
demander à Alice Qu'en disent nos auditeurs, en tout cas sur notre page YouTube
la question, peut-on révéler les SMS échangés avec le président de la République sans son consentement ? Vous répondez oui à 62%. On a Nathalie qui nous dit oui. Eux nous retirent bien tous nos droits, veulent créer des lois pour accéder et lire tous nos messages et emails. Donc commençons par eux, c'est logique non. On a ensuite Bernard qui partage cet avis puisqu'il nous dit oui. Être une personne publique est un choix. Il y a un revers à la médaille. On l'accepte ou on pleure. Puis ensuite, on a notre auditeur Jean qui lui prend plutôt la défense de notre cher président en écrivant « Non, ce n'est pas normal. Quelle honte pour notre président qui représente, qu'on le veuille ou non, la France et les Français.
» Merci beaucoup Esther. On va juste écouter Roland Lescure, on est en retard, mais je voulais vous le faire écouter. Le
ministre de l'économie, des finances. D'abord, moi je n'ai pas l'habitude de mettre dans l'espace public des conversations privées avec qui que ce soit, y compris avec le président de la République, donc je les garde pour moi. Du coup, je trouve ça un peu surprenant. Maintenant, chacun prend ses responsabilités. Je ne suis pas sûr que ce soit tout à fait à son honneur. cette journaliste que je ne connais pas, de diffuser dans la nature des échanges privés.
Je pense qu'il connaît bien Françoise Degoy. Alors,
ce ne sont pas... Bon, on va conclure sur ce... Voilà, le verdict. On ne va pas condamner notre Françoise Degoy. Elle a commis un livre politique, comme l'a dit justement Philippe Bilger tout à l'heure, à travers des conversations. C'est vrai que c'est disruptif. Et ça va dans la lignée d'Emmanuel Macron, qui a voulu mener une politique disruptive. Et c'est la première fois, évidemment, qu'il y a un livre uniquement basé sur des échanges de SMS. Des échanges de SMS qui remplacent les conversations du soir, qui c'était le cas avec tous les autres présidents. François Hollande, bien sûr, qui a reçu, Davé et l'homme. Normalement, il ne devait pas y avoir ce livre aussitôt, et puis finalement... Oui, mais je le mis sur la bêtise de Hollande. Bien sûr, il y a eu Franz Olivier Gisbert qui a fait la même chose également précédemment, et il y en a eu d'autres qui sortent des informations, pas à travers des livres, mais dans des off qui sont rompus et qui sont dans la presse, pour sortir des informations. Donc Françoise, elle a fait son travail en ce sens. Et c'est vrai que... Il y a beaucoup, beaucoup de conversations sur Telegram, bien sûr, des extraits, mais tout cela, c'est avec un cheminement politique de ces deux ans, et ça nous permet de voir... Finalement, comment évolue Emmanuel Macron ? Emmanuel Macron l'a fait à dessein parce qu'il savait qu'en s'adressant à Françoise de Goy, il ne s'adressait pas à une amie avec qui il va prendre un verre de temps en temps, ou qui a une copine d'enfance, quoi que ce soit. C'est une journaliste politique. Il savait que ça pouvait être sur la place publique d'une manière ou d'une autre. Et donc, elle n'avait pas à lui demander son consentement puisque ce n'est pas un échange totalement privé. D'ailleurs, parce qu'on n'a pas lu de petits échanges. Je vous en donne. un ou deux quand même parce que c'est intéressant et vous allez voir la forme Françoise lui dit bon après les élections c'est la gauche qui a gagné avec la NUPES bien sûr alors il lui dit vous c'est toujours le même problème être troisième pour vous c'est arriver en tête puisqu'elle voulait que ce soit quelqu'un du parti socialiste qui soit il lui dit c'est dingue ce problème des maths à l'école elle lui dit parce qu'elle écrit moi très drôle vraiment Vous n'avez pas le sentiment qu'il n'y ait pas pour grand-chose dans le bordel général. Et puis, c'est ainsi de suite. Il dit, moi, je ne m'efface pas, puisqu'elle lui demandait de s'effacer, quant à tous vos oseaux. Et il y a le terme zozo qui revient souvent, c'est les zozos qui sont autour d'elle, notamment de gauche. Et Françoise, elle dit, écris-moi, quels zozos ? Parce que les vôtres, c'est pas mal non plus. Vos héritiers sont total défasés et out of order. Voilà, c'est le type d'échange qu'il y avait sur des faits très politiques. Il n'y a rien de privé. Il y a des choses très
drôles de la part du président. Je trouve que ça dit beaucoup de choses sur sa psyché. quelques passages, alors là, c'est vrai.
Merci, dans un instant, la cage au fou avec Thomas Seraffine, on fait une petite pause, on revient dans un instant, à tout de suite.
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