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Europe 1 Soir,
18h-20h, Pierre de Villeneuve.
Toujours entouré d'Eric Tegner et Jules Therès, nous recevons la présidente des Pays de Loire, Christelle Morancet, qui... On l'a rappelé, a succédé à Bruno Rotaillot, qui appelle à se joindre à Edouard Philippe. Attention, ça n'est pas une primaire, c'est-à-dire qu'on demande, Christelle Morancet demande à ce que Bruno Rotaillot, David Lysnard, toutes les âmes de bonne volonté, se calent, entre guillemets, derrière Edouard Philippe. Ça manque de femmes quand même dans les candidats. Moi, ma question, c'est parce qu'on en était à savoir comment casser ce grand truc très dogmatique qui est l'administration. L'administration, que vous connaissez par cœur, parce qu'elle vous rattrape en disant « Mais non, mais Madame la Présidente, si vous coupez telle subvention, il y aura telle conséquence, mais Madame la Présidente... » Et vous avez fait quand même... Moi, ma question, c'est si vous voulez tellement qu'Edouard Philippe soit le Président de la République, combien y a-t-il de Christelle... Quelle part y a-t-il de Christelle Morencet en Edouard Philippe
il faut lui poser la question. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que moi, je me suis engagée à ses côtés et il m'a confié tous les sujets économiques et industriels.
sur Edouard Philippe suffisamment pour que, comme dans la pièce de Mishima, Madame de Sade, à un moment donné, Madame de Sade dise « Donatien, c'est moi ».
Écoutez, moi j'ai tout entendu au moment de mon budget, que j'étais un laboratoire pour Edouard Philippe. Je pense qu'il va s'entourer, mais il ne faut pas que des Christelle Brancet autour d'Edouard Philippe. C'est quoi le problème avec le libéralisme en France ? Encore une fois, on gagne les élections quand il y a toutes les nuances de droite. Moi j'ai le souvenir, moi je suis une ancienne de l'UMP. Et moi j'aimais l'UMB parce qu'il y avait toutes les nuances de droite. Et donc il faut des Christelle Morancet, il faut des Gérald Darmanin, il faut des Laurent Marquandie.
la nuance de droite qu'on appelle la gauche ? Là il y a une erreur 404 sur le visage de Christelle Morancet.
Vous connaissez très bien mes positions, moi je parle de droite et de centre. Et il faut que la droite et le centre assument des positions. Des positions très claires, et on ne fait pas une politique de gauche, quand on est à droite. Mais
est-ce que c'est seulement possible, par exemple, la politique que vous avez menée, vous l'avez menée après avoir été réélu, largement, alors que même il y avait des candidatures des écologistes, il y avait des candidatures de M. Durigi également pour le bloc central, donc vous voyez que même dans votre élection régionale en 2021, la droite et le centre n'étaient pas forcément réunis, mais vous avez réussi à gagner. Mais est-ce que c'est possible dans une élection présidentielle ? d'avoir des positions qui sont aussi impopulaires en réalité. Parce que Pierre a raison, le libéralisme aujourd'hui est assez mal vu en France, on a été biberonné depuis 50 ans au socialisme, et donc aujourd'hui même Edouard Philippe, c'est vrai quand il propose la retraite à 65 ans, la capitalisation, il a raison, mais c'est pas quelque chose qui est populaire.
Oui, mais encore une fois, dès l'instant que vous avez un discours de vérité, vous donnez du sens et vous avez le courage de faire, ce qu'on manque totalement, c'est de pédagogie. C'est d'expliquer aux Français pourquoi on le fait. Et donc, de toute manière, nous n'avons plus le choix. Nous n'avons plus le choix. Mais c'est donner aussi une perspective derrière. Moi, quand je fais mes coupes budgétaires, j'arrête les subventions, c'est pour investir massivement. dans nos lycées, dans les transports et dans l'économie. Mais vous avez la CGT qui est
devant votre conseil régional. Oui,
et qu'importe, ça serait à refaire aujourd'hui, je refais exactement la même chose. C'est juste un moment, et je ne le fais pas parce que je suis libéral, et je ne me suis pas déclaré libéral parce que c'est un peu tendance dans le monde avec Millet ou d'autres personnes. Non, je le suis depuis toujours. Mais je pilote la région pas parce que je suis libéral, c'est juste du bon sens. Et comme je le dis régulièrement, comme n'importe quelle famille ou comme n'importe quel chef d'entreprise, quand vous avez 100... et que du jour au lendemain vous avez 50 vous continuez pas à dépenser 100 sinon vous avez un problème. Est-ce que la France
ne devrait pas être dirigée par un chef d'entreprise plutôt que par un conseiller d'état
Pourquoi conseiller des tâches avec l'entreprise ? Parce qu
'on voit bien la manière dont a été gérée la France depuis des années, c'est-à-dire qu'on a eu des hauts fonctionnaires, on a eu des banquiers, conseiller des tâches dit ça pour Edouard Philippe, et on voit bien qu'il y a une approche qui est plutôt technocratique, qui est très industrielle en réalité, très étatique, et qui n'est pas du tout sur justement le bon sens dont vous parliez.
Mais on n'a pas le choix aujourd'hui. Quand vous êtes un pays où vous avez 3600 milliards de dettes, on n'a pas un problème de recettes dans ce pays. On a un problème de dépense. Et quand vous voyez les ministres aujourd'hui, vous êtes un bon ministre quand vous avez votre budget qui augmente. Moi je suis convaincue qu'on peut faire mieux avec moins.
Pour mettre de l'administration. Et de l'efficience de nos politiques publiques. Edouard Philippe, puisqu'on parle de lui également intervenu sur le thème de l'immigration, et il se dit prêt aujourd'hui, alors qu'il était en déplacement à Zuitcote dans le Nord, il est prêt à un débat là-dessus avec Jean-Luc Mélenchon.
Je comprends qu'on dit que dire qu'il y aurait des Français issus de l'immigration serait traduire une pensée raciste. Non mais on rêve ou quoi ? Bien sûr qu'il y a des Français issus de l'immigration. Et ils sont Français. Et ils ont les mêmes droits que les Français. Et les mêmes devoirs. Et on peut parler de Français issus de l'immigration. On est sous la forme d'une espèce de police de la pensée imposée par l'extrême-gauche, imposée par M. Mélenchon, qui est le premier à utiliser les codes de l'antisémitisme, qui est le premier à remettre en cause l'universalisme républicain. Oui, il y a un problème d'intégration dans notre pays. Et on n'aurait pas le droit de le dire, mais qui pense que l'intégration fonctionne bien en France ? Vous avez vu des gens qui vous disent « Non, vraiment, l'intégration, ça se passe très très bien. » Si ça vous choque, moi ça ne me choque pas. Et si M. Mélenchon a envie d'un débat pour discuter de ces sujets, je suis son homme. Quand il veut, où il veut.
Christelle Morancet, ça vous choque, vous, qu'on parle de Français issus de l'immigration ?
Non. Non, ça ne me choque pas. Vous comprenez
qu'il y a une polémique là-dessus ?
Non, je ne comprends pas. Et Edouard a entièrement raison d'être en colère par rapport à cette polémique qui n'a pas lieu d'être. Moi, je vais vous donner un exemple dans ma région. Dans ma région, je vis au Mans. Il y a un quartier un peu sensible sur le Mans, il y a quelques années, je rencontre des habitants de ce quartier qui sont issus de l'immigration. Et ils me disent, voyez Madame Morancet, cette école on y a grandi, on n'y met plus nos enfants, faute de mixité sociale, on les met dans les écoles privées du centre-ville. Je suis rentrée chez moi le soir, j'étais mais bouleversée. C'est ça aussi la France. Donc il y a un moment, il faut mettre des mots sur la société.
Eric Tegner. C'est une fin moderne, vous revenez de la Chine, et en Chine, il y a une révolution industrielle qui s'appelle la robotisation, grâce à l'IA. Et on entend souvent, y compris à droite, l'idée qu'on a besoin d'une forme d'immigration de travail. Mais est-ce que vous vous souscrivez à ça quand on sait aujourd'hui que même les grands patrons, par exemple, je pense au dernier forum de Davos, expliquaient que grâce à la robotisation, on n'aurait plus besoin d'immigration de masques. Dans le fond, tous ces emplois que certains issus de l'immigration prenaient ces dernières années... n'auront plus lieu d'être à l'avenir. Est-ce que vous êtes encore dans cette logique
La réalité, vous savez, il y a une réalité de terrain. Moi, je passe beaucoup de temps sur le terrain. Et aujourd'hui, la robotisation, elle existe. Alors, on parle d'humanoïdes. Moi, j'arrive de Chine. Honnêtement, c'est absolument pas prêt. Et aujourd'hui, moi, j'ai beaucoup d'industries agroalimentaires dans ma région. Et sans... la main d'oeuvre étrangère, elle ne fonctionne pas aujourd'hui. Oui mais c'est
provisoire. Quand vous faites venir quelqu'un, il reste 30 ans, là on est sur un besoin de 3 ou 4 ans. Si Edouard Philippe était élu, c'est pour un quinquennat.
Non mais enfin c'est provisoire aujourd'hui, je ne sais pas si c'est provisoire. Moi j'arrive de Chine, les humanoïdes ne sont absolument pas prêts. La robotisation, je vais vous donner un exemple très concret. Moi j'ai
visité des usines où il y a des robots qui remplacent une partie des employés, c'est possible. Oui mais je parle
des humanoïdes, je vais vous donner un exemple très concret. Moi, j'ai une production de volailles et notamment, on va dire, le groupe LDC, pour ne pas le citer. Quand vous êtes dans le groupe LDC et qu'il faut couper la tête des poulets, aujourd'hui, vous n'avez aucun robot qui est capable de couper la tête des poulets. Il faut se lever à 4h du matin et aujourd'hui, il n'y a pas d'autre main-d'oeuvre qu'une main-d'oeuvre étrangère. Quand vous êtes avec les maraîchers nantais, à côté de Nantes, s'il n'y a pas aujourd'hui de main-d'oeuvre étrangère, ça ne fonctionne pas. En revanche... C'est d'abord
un problème de normes.
Pardon ?
Le problème des poulets aujourd'hui, c'est d'abord un problème de normes. Mais non, mais
comment vous faites pour couper la tête d'un poulet ? Il n'y a pas de machine aujourd'hui qui le... Non, aujourd'hui, il n'y a pas de robot qui le font. Voilà, c'est tout. On ne peut pas avoir toute la robotisation. Il faut arrêter ce que... Et donc le
problème du chômage, on ne peut pas mettre les chômeurs qui vont s'occuper tout simplement, par exemple, des marchés, ou les étudiants qui disent qu'il manque d'argent, peut-être l'été, il faudrait qu'ils se mettent au boulot plutôt que d'aller à l'île d'orée ?
Là, je vais vous dire, ça c'est un autre problème. Ça, aujourd'hui, moi, je pense qu'aujourd'hui, la valeur travail n'est pas assez aux aides sociales, c'est tout, c'est très clairement, les bénéficiaires du RSA, l'enjeu de la réforme de l'assurance chômage. Pourquoi aller
au bout du monde chercher des étrangers pour faire des boulots ? J'imagine que vous, dans votre famille, vous dites à vos cousins, vos enfants, peut-être, va faire un petit boulot, va bosser, va faire des maraîchers.
Moi j'ai mes enfants à 16 ans qui bossent tous les étés, pas avec des métiers très simples, mais ils le font. Et je ne les ai pas poussés, c'est juste des valeurs. Mais est-ce que ce n'est pas déjà abandonné
? En fait, moi ce que je ne comprends pas, c'est que vous êtes prêt à avoir une mesure impopulaire dès la retraite à 67 ans. Vous avez ce courage-là. Mais est-ce que vous n'allez pas au bout de la logique de dire juste, c'est aux Français de se mettre au boulot, on va arrêter d'aller au bout du monde ? Pour faire venir des gens dont on va payer les logements, la famille, parce que quand ils viennent, on n'est pas aux Émirats Arabes Unis, où l'étranger qui vient travailler, il vient tout seul. On fait venir toute la famille, avec toutes les aides, et au bout de deux ans, en général, ils arrêtent de faire le sale boulot, et ils touchent les aides sociales.
Vous laissez répondre ? Déjà, Edouard Philippe n'a pas donné toutes ses propositions. Après... Il y a l'exemple du Canada avec une immigration choisie et une intégration aussi derrière. Je pense que ça c'est important. Mais par contre aujourd'hui l'enjeu des personnes qui ne travaillent pas, c'est des vraies réformes qu'il faut assumer et avoir le courage de le faire. Je pense à l'assurance chômage, très clairement, mais je pense aussi aux bénéficiaires du RSA. Est-ce que le RSA doit être acquis à vie ? Moi je me pose la question. Je vais vous donner un exemple très clair. Moi dans la région des Pays de la Loire, je forme les demandeurs d'emploi. Et aujourd'hui je verse une indemnité. Pour former les gens, c'est-à-dire que je les paye pour aller en formation. Mais je ne peux pas faire autrement. J'ai demandé à mes équipes, est-ce que j'ai l'obligation de les rémunérer ? Eh bien oui, je ne peux pas faire autrement. C'est un scandale. Je paye déjà la formation, mais en plus, il faut que je les rémunère, sinon je ne viendrai pas en formation. On marche sur la tête. Il faut réformer ce pays. en profondeur.
Et peut-être conduire jusqu'à une France fédérale, ça c'est aussi une de vos idées, on n'aura pas l'occasion malheureusement d'en parler, mais on en parlera une autre fois, bien sûr. Courage et cœur, c'est votre livre aux éditions du Rocher. Merci beaucoup Christelle Morenset, on se retrouve dans un instant.
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