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Adèle Telles, ça fait quand même beaucoup. On a presque l'impression d'être en zone de guerre.
Oui, voilà. Et puis avec tout cet arsenal, et puis en essayant vraiment de le montrer aux journalistes, d'en faire un peu des caisses, ils essayent de préparer un petit peu le gouvernement, ce narratif comme quoi ça peut très mal se passer. Il y a une tension énorme dans le pays. C'est d'ailleurs ce qu'a dit ministre de l'Intérieur
et qu'il était inquiet.
Mais oui, mais ils devraient être inquiets plutôt de répondre aux revendications qui sont exprimées encore une fois depuis la mi-septembre, qui sont exprimées en réalité depuis le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, auxquelles ils ne répondent jamais. autrement que par une stratégie de la tension. Nous, nous ne sommes pas du tout pour mettre ce pays sous tension. Par contre, nous voulons, oui, augmenter le rapport de force pour qu'il réponde enfin à nos revendications. C'est le but de cette journée de grève.
Dans une seconde, on appellera Rudy Manin pour voir ce qu'on dit du côté des policiers. Mais avant, je voulais vous dire quelque chose. Il y a une manifestation importante aujourd'hui au Danemark, avec d'ailleurs des... un certain nombre d'argumentaires qui peuvent être comparables, notamment sur le coût de la vie et notamment sur l'impression des jeunes de ne pas être considérés à l'égal des générations plus âgées. Bilan, même pas une poubelle brûlée, même pas un bâtiment tagué. Pourquoi en France, on est différent des Danois ?
Moi, ce que je trouve formidable, c'est que la jeunesse française a inspiré la jeunesse européenne et ce mouvement dans la Gen Z, comme ils disent, je ne sais pas vraiment, je suis trop âgée pour ça. Il est en train de se propager comme une traînée de poudre. Face à l'international réactionnaire, l'international d'extrême droite qu'on voit se développer depuis un certain nombre d'années, mais quel bonheur et quel souffle de fraîcheur de voir l'international de la jeunesse se lever. Vous êtes habile, mais vous ne répondez pas
à ma question. Mais je note votre habilité. Je vous repose une dernière fois la question. Il y a obligation à ce que ça se passe mal ou ça peut aussi très bien se passer ? Oui, ça se passe
globalement très très bien. Et tout est fait pour montrer la première poubelle brûlée. pour augmenter cette tension. Mais globalement, ça se passe très bien. Il y a des endroits, malheureusement, où il y a des provocations de par des techniques de maintien de l'ordre qui sont organisées. Le fait qu'il y ait plusieurs jeunes mineurs qui aient été mutilés depuis le début de ce mouvement n'aide pas non plus à calmer les choses, ni les nombreuses gardes à vue, les comparutions immédiates qui ont été faites. On va
poser la question à Rudy Mana qui représente la police ici. Bonsoir Rudy Mana, vous êtes porte-parole du syndicat UNESA Police. C'est vous qui provoquez les manifestants ? et qui généraient des situations de tension.
Je vois que la leçon par la co-secrétaire générale de la CGT a été bien apprise, bien récitée. Non, je ne pense pas que ce soit nous qui provoquions. Nous, ce qu'on veut, c'est que les manifestations se passent bien, que nous rentrons le plus tôt possible le soir, qu'il y ait le maximum de manifestants, ça ne nous gêne absolument pas, et que les revendications soient bien expliquées à nos gouvernants. Mais dire que les techniques de maintien de l'ordre où les policiers provoqueraient des difficultés, franchement, c'est dur à entendre parce que ça fait quand même six semaines qu'on est là. avec les blocus des lycéens, avec les manifestations des samedis 17, 24, 31, le dispositif 70 000, on n'est pas à bis repetita, on est à terre repetita, parce que c'est la troisième fois que ce dispositif est déployé. Et madame la co-secrétaire générale de la CGT disait que les Français inspiraient les Danois. Moi, j'aimerais que les Danois inspirent les Français pour éviter de casser. Et peut-être que le message passera tout aussi bien.
Précisons, vous-même, vous pourriez, il y a des objets de contestation sociale au sein de la police et que vous-même, avec votre syndicat, vous avez des revendications aussi à faire entendre au gouvernement.
complètement, et on y était d'ailleurs le 29 septembre. Évidemment que nous aussi, on demande une revalorisation de l'indemnité spéciale, suggestion spéciale police. Bien évidemment qu'avec tout ce qui s'est passé, on demande depuis deux jours une prime spéciale pour les policiers. pour la prime d'engagement des policiers par rapport à tout ce qu'ils ont fait depuis six semaines. Évidemment qu'on pourrait y être. La seule petite différence, c'est que si on va dans ces manifestations, on essaie de ne pas casser. Et je crois que nos revendications peuvent être toutes aussi bien entendues sans casser. C'est ça le vrai problème. Parce que je pense que quand on casse immédiatement… on ne va parler que de ce qui a été cassé. Et on ne va pas parler des vrais problèmes, des vraies difficultés des travailleurs comme les policiers, comme les professeurs, comme les infirmiers, etc. C'est ça le problème. Et aujourd'hui, on est obligé d'être là en nombre. considérable quand même, parce qu'on est aussi des travailleurs, les policiers. Pardon de vous le dire, madame la secrétaire générale, mais on est aussi des travailleurs et on est obligé d'être là en masse en supplément de nos jours de repos parce que malheureusement, il y a des gros gros risques de casse et de dégradation.
Alors on va voir, Aurélie Manassi, demain les étudiants danois inspireront les Français. Mais en tout cas, ce qui est certain, c'est qu'au plan juridique, ce n'est pas le Danemark qui a inspiré la France dans un certain nombre de mesures. Et je pense notamment à l'assignation à résidence dont vous allez nous parler, Céline. Bonsoir. Avant tout, l'assignation à résidence, ça veut dire quoi
signifie que les autorités imposent à des personnes de rester chez elles pour qu'elles ne participent pas à une mobilisation. Concrètement, selon nos informations, depuis le 17 octobre, il y aurait eu environ une centaine d'assignations à résidence qui auraient été décrétées, une cinquantaine qui auraient été notifiées aux personnes intéressées. C'est-à-dire que ces personnes ont bien reçu cet ordre de rester chez elles. Et seule une personne a pu contester et faire lever. Pourquoi,
Céline, on interdit à ces personnes d'aller à une manifestation ?
Alors, 16 personnes sont suspectées par les autorités de vouloir troubler l'ordre public et, et ce est hyper important, est de présenter une menace terroriste. Ce sont deux conditions. cumulatives, c'est-à-dire qu'il faut nécessairement que ces deux conditions soient remplies pour que cet article de la loi CILT de 2017 soit appliqué. Je me suis procuré une assignation à résidence qui a été délivrée vendredi dernier à une habitante de la Drôme. Et on peut y lire pour que ce soit justifié. Je cite une militante d'ultra-gauche qui profite des mobilisations pour exhorter les participants à la désobéissance civile. Et alors même que la menace terroriste se maintient à un niveau élevé, il y a lieu dans le but de prévenir de la commission d'actes terroristes de prononcer à l'encontre de Madame X une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance. Vous voyez là, les deux éléments sont bien pour justifier cette assiduation en résidence.
Les mots sont forts, ils sont des gens qui sont assimilés à des
terroristes. Oui, et ce sont des mesures préventives qui sont attentatoires à la liberté d'aller et venir et qui nécessitent effectivement... comme cela vient d'être dit, d'une motivation extrêmement charpentée, parce que d'ailleurs il y a eu une levée, c'est aussi des arrêtés qui sont susceptibles de recours. Vous voyez, on voit, et je réponds en même temps à M. Mana qui est à distance, c'est qu'il faut faire attention. Ce ne sont pas les manifestants qui cassent, ce ne sont pas les manifestants qui pillent. Si on part de là, déjà, on va avoir un bon terrain d'entente. Ce sont les casseurs et les pilleurs. Certes, ils profitent de l'aspiration liée au nombre de manifestants, mais on ne peut pas dire que les manifestations engendrent des violences ou des pillages. On observe aussi parfois après un match de football. Exactement, ce sont deux choses différentes. Là où je vais être un peu plus pondéré que d'habitude, c'est que ce qui me rassure... indépendamment de la décision qui sera celle du Théa tout à l'heure sur le tracé, c'est que malgré tout, et je sais bien, c'est un moindre mal, mais le tracé restera un tracé symbolique. Parce que République Nation, c'est quand même mieux.
C'est quand même le grand site des manifestants.
Je ne l'avalise pas dans le principe, mais je le reconnais en pratique. Quand même, c'est mieux que d'être sur le boulevard des Maréchaux. Parce qu'on aurait pu continuer jusqu'au bout Varney, par exemple.
Un mot de Rudimana, peut-être, puisque vous l'avez interpellé en quelque sorte. Cette assignation à résidence, c'est une mesure utile, Rudimana ? C'est une mesure qui vous semble importante d'avoir dans l'arsenal ?
Oui, parce que quand elle est donnée pour des personnes qui ont été interpellées, il ne faut pas se voiler la face, ce n'est pas donné au hasard. Quand elle est donnée par les magistrats, c'est qu'ils ont été interpellés pour une raison légitime et que les magistrats ont considéré que c'était mieux qu'ils ne participent pas à ces rassemblements pour éviter d'exhorter d'autres personnes et de les pousser à commettre des dégradations ou de la casse ou plus des pillages. Vous avez raison pour répondre. Monsieur, vous avez totalement raison. Quand je dis les manifestants, bien évidemment que l'ultra majorité des manifestants lors de ces manifestations se sont bien comportés. Mais quand je parle de ça, c'est parce qu'il y a des personnes qui intègrent ces rassemblements. Et j'espère que demain, avec les services de sécurité des organisations syndicales, en général, ça se passe plutôt très bien. Et à la fin de ces manifestations et de ces rassemblements, effectivement, c'est là que ça part en brille de tous les côtés. Ça commence à casser. On va
refermer ce chapitre des violences.
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