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Il dévoile les états d'âme sans filtre d'Emmanuel Macron à coups de phrases fleuries et cinglantes. Compilation de deux ans de confession du chef de l'État et de journaliste, Françoise Degoy, qui est aussi passée par le cabinet de Ségolène Royal. Le livre s'appelle « Vous êtes tous trop durs avec moi ». Ah ben voilà, je cherchais le livre, Gilles Oberdorf. Là, entre ses mains... Moi c'est Bernstein, mais je vous le donne quand même.
On est quasi interchangeables.
Je vous ai mariés, Gilles Barcher et Antoine Oberdorf. Vous avez tous les deux évidemment lu le livre aujourd'hui, avant d'évoquer le contenu. Dans un instant, un mot sur la méthode, méthode qui peut interroger, on s'y arrêtera peut-être un peu plus longuement tout à l'heure. Ce livre, il a été écrit sans l'accord d'Emmanuel Macron. Elle publie en fait les messages privés qu'ils se sont échangés pendant deux ans.
Alors c'est un très bon livre. J'ai trouvé que c'était un excellent livre, un très beau portrait d'Emmanuel Macron. Mais ce n'est pas tout à fait le livre qui nous a été vendu. Et la transgression dont vous parlez n'est pas... Alors oui, il y a des textos, il y a... beaucoup de textos publiés. C'est vrai qu'à l'inverse de François Hollande, dont « Un président ne devrait pas dire ça » ou « Davé et l'homme » vraiment faisait état de sorte de secret d'État qu'avait confié François Hollande, par exemple, quand il dit qu'il avait autorisé des opérations homo, c'est-à-dire le fait de tuer des gens. Là, ça ne révèle pas grand-chose. L'Élysée a dit aujourd'hui, de toute façon, ces textos révèlent... Ce que le président dit en texto, ce qu'il dit officiellement. Ce n'est pas complètement faux. Il y a des textos sur la dissolution, il y a des textos sur LFI. Mais ça ne révèle pas grand-chose. Alors après, je comprends qu'on s'émeuve du fait de dévoiler les textos qu'on échange avec le président de la République. Est-ce qu'on a le droit de le faire ou pas ? Chacun son opinion. Mais c'est un excellent portrait d'Emmanuel Macron. parce que Françoise de Gois a une plume, parce qu'elle comprend très bien le personnage, parce que vraiment, on s'est très bien troussé. Mais ce n'est pas scandaleux dans les conversations qui sont révélées.
Je salue également Christelle Méral, qui nous a rejoint. Bonsoir, vous êtes journaliste politique pour France TV. Vous êtes en charge du suivi de l'Elysée. Donc vous nous direz précisément dans un instant comment on réagit dans l'entourage d'Emmanuel Macron. Mais quand même, on va plonger dans ce livre pour voir de quoi on parle précisément. Sur le contenu, c'est quand même... On a quand même des phrases cinglantes, très fleuries, et notamment vis-à-vis de ses adversaires politiques.
Oui, absolument. Il y a du odiar chez Emmanuel Macron, beaucoup de odiar. On sait combien il aime notamment les tontons flingueurs. Et donc, dès qu'il s'agit de parler de ses adversaires, il y va à fond. Il a un mépris souverain pour la gauche, et notamment, revenant sur l'épisode de la dissolution, il dit combien... Il était ridicule de penser un instant qu'il allait nommer quelqu'un comme Lucie Casté à Matignon. Il dit à Françoise de Gois, il n'y a vraiment que quelqu'un comme… Il n'y a qu'elle et vous pour penser qu'elle puisse être première ministre.
Non, il n'y a qu'elle, le plus humiliant, c'est qu'il n'y a qu'elle qui peut penser qu'elle peut être première ministre. Ça, c'est vrai que c'est assez humiliant pour Lucie
Casté. Tout en ayant à l'esprit que, comme ça l'a été dit, Françoise de Gois est une idéaliste clairement classée à gauche, qui a été ex-conseillère spéciale. de Ségolène Royal et qui est aujourd'hui encore très connecté à l'écosystème du PS et à son premier secrétaire, Olivier Faure. D'ailleurs,
il est quand même très curieusement assez élogieux. Je ne sais pas si je peux dire élogieux, mais il fait quand même beaucoup de compliments vis-à-vis d'Olivier Faure. Peut-être parce que précisément, il s'adresse à Françoise de Gouin, qui est une proche d'Olivier Faure.
Emmanuel Macron, c'est vrai, notamment au moment de la dissolution, j'avais rapporté les discussions qu'il pouvait avoir entre Olivier Faure et Emmanuel Macron qui ont... une forme de respect mutuel. Et là, il dit à Françoise Degoy, Emmanuel Macron, il faut qu'il y a, lui, Olivier, s'il y en a un qui a le niveau, c'est lui, les autres sont nazes, dit-il. Il peut se cogner Méluche, je cite. Il dit,
je précise, la stratégie du LFI est dingo, mais j'y crois pas. Faut foncer en parlant d'Olivier Fort. Fort peut se cogner Méluche. Moi, je me le suis cogné. C'est pas de la tarte. C'est pas de la tarte, mais on y arrive.
Il est aussi particulièrement sévère, il faut le dire. Alors, pourquoi je vous parlais des tontons flingueurs ? Donald Trump, Emmanuel Macron fanfaronne à Davos après avoir chaussé ses lunettes et fait son fameux « for sure ». Donald Trump, Donald, il ne connaît pas Raoul, ce mec. Il le dit texto. Et puis, il a aussi quelques petites mesquineries, quelques petites méchancetés pour ses anciens proches, ceux qui l'ont abandonné en race campagne et qu'il tient pour ingrat, disons les choses. Il parle de Gabriel Attal notamment. quelqu'un à qui on aurait trop donné, on lui a tout donné. On lui a trop donné. Tout le temps trop donné. Et puis après, sans pour le coup désigner qui que ce soit nominativement, il parle des salopards pour désigner tout simplement ceux qui ont quitté le navire sans cri égard.
Sur la droite, sur le RN aussi, il y va, sur la droite, il dit en vrai tout mouvement profite au RN. Si vous voyez les mecs de droite, pour la plupart d'entre eux, ils courent à la gamelle RN au galop. Et sur le Rassemblement national, là aussi, sur Marine Le Pen, sur Jordan Bardella, il dit que les dirigeants du RN, ce sont des gens qui sont dingues, qui sont dangereux. Et il y a une autre phrase aussi sur le Rassemblement national qui m'a interpellée. La machine veut du sang, elle veut le RN, elle veut du sang, il faut être fou pour ne pas le comprendre. C'est quoi la machine qui veut du sang ?
Justement, d'ailleurs, Françoise Degoy, je crois qu'elle précise justement qu'elle a essayé d'en savoir un petit peu plus, mais jamais elle a vraiment eu... Pas vraiment de précision. Et d'ailleurs, justement, je voulais revenir sur ces propos sur le RN. C'est d'ailleurs là où peut-être Emmanuel Macron, le président, est dans ses propos différents de ce qu'on peut entendre d'habitude par ses conseillers ou par lui-même. Parce qu'effectivement, ça a été dit quand il parle, par exemple, de la dissolution ou du fait qu'il ne démissionnera jamais. Il y a des propos qui sont rapportés dans le livre que l'on entend. Très régulièrement, soit par lui, soit en conférence de presse, soit par ses conseillers, ses proches, donc pour une grande partie, sur le PS, sur Lucie Castel, sur Gabriel Attal, ça fait des mois que l'on connaît tout ça. Là, en revanche, effectivement, le ton est très dur, très vatanguère par rapport au Rassemblement national, effectivement.
Si je prolongeais la citation d'Emmanuel Macron, il faut être fou pour ne pas voir combien, au fond... Le RN se nourrit actuellement des événements et par notamment un certain nombre, également l'aide active d'un certain nombre de supplétifs sur lesquels ils peuvent compter à droite. Tout ça existe et des riziotis demain, effectivement, il y en aura d'autres. Emmanuel Macron décrit bien combien il y aura d'autres personnes de la droite dite républicaine pour aller demain à la gamelle. Mais ce qui m'interpelle, c'est qu'il faudrait aussi être aussi fou pour ne pas se souvenir qu'en 2017, nous avions un candidat de 39 ans. qui nous expliquait qu'à l'issue de son passage au pouvoir, les Français n'auraient plus aucune raison de voter pour les extrêmes. C'était ça la promesse du macronisme. Emmanuel Macron a sans doute le temps de l'examen de conscience, de l'introspection, tout ça n'est pas venu. Françoise de Gonne ne l'a pas allongé sur un divan, ils ont exploité au gré des événements. Mais de ce point de vue-là, sur le niveau du Rassemblement national, Je suis assez frappé de voir qu'il n'y a pas le début d'une autocritique. Et qu'y compris du point de vue de la dissolution, ils présentent la dissolution comme une forme de cran d'arrêt. En disant, ça leur a mis une forme de stop. Si j'avais dissous plus tard, il n'aurait été que plus haut. En fait, il
explique précisément, il dit, le RN était prêt pour l'automne, mais pas pour juin. Donc en gros, c'était pour leur couper l'arbre. C'était vraiment l'un des
arguments essentiels pour la dissolution. Ce qui était dit, c'était qu'en septembre, ils auraient pu être prêts à faire le ménage par rapport au brobi galeux. Et qu'en juin, justement, l'idée, c'était que l'espoir, c'était justement de pouvoir leur donner le pion, ce qui, bien sûr, n'a pas eu lieu.
Ça, pour le coup, c'est un élément historique important parce que c'est fait l'objet d'une... Enfin, c'est contesté. C'est-à-dire que à l'Elysée, ils disent de toute façon la censure, la dissolution était inéluctable, mais elle aurait eu lieu après une censure, puisque donc ils dissous après les législatives en juin. Que la discussion budgétaire qui allait venir à l'automne, en septembre ou en octobre, après les européennes, pardon, merci beaucoup Claudine, que la discussion budgétaire allait donner lieu à une censure et que de toute façon il y aurait eu dissolution et que le RN l'aurait... emporté et qu'il aurait été en meilleure posture. Bruno Le Maire dit, alors là, il dit à qui veut l'entendre, très formellement l'inverse, il dit j'avais obtenu des Républicains l'assurance moyennant quelques amendements, l'assurance qu'ils ne censureraient pas le budget et que j'avais aussi éventuellement avec le RN et que donc Bruno Le Maire dit j'avais l'assurance que ce budget passerait et donc c'est une histoire reconstituée a priori sur le fait que j'ai 10 sous d'Emmanuel Macron, j'ai 10 sous en juin. parce que ça aurait été plus facile qu'en octobre.
Ce livre, il fait un peu penser à un livre de fin de règne, comme on l'avait connu avec François Hollande, avec Gérard Davies et Fabrice Lhomme. Un président ne devrait pas dire ça, sauf qu'à l'époque, François Hollande avait accordé de longs entretiens aux deux journalistes. Là encore une fois, c'est différent, ce sont des messages privés qui ont été échangés et que la journaliste en question a décidé de divulguer dans un livre. Ce qui est quand même très étonnant, c'est que cette journaliste, il se confie. Il se confie à elle véritablement sur ses états d'âme. connaît très peu, finalement.
Alors justement, l'Élysée dit rappel certifique qu'ils ne se sont jamais rencontrés. En fait, l'histoire, c'est qu'ils se sont... Le contact a commencé l'été 2024. C'était au moment où Brigitte Macron faisait l'objet, était la cible de complotistes, notamment aux États-Unis, sur le fait qu'elle serait un homme. Et à ce moment-là, Françoise Degoy avait écrit dans un tweet qu'aucune femme ne méritait d'être traitée ainsi. Et c'est à ce moment-là, Emmanuel Macron... a envoyé un SMS, un message pour la remercier, sur une messagerie cryptée. Et c'est comme ça que l'échange a commencé. Et puis l'échange a progressé, et c'est comme ça que ça a commencé. Mais ils ne se sont jamais rencontrés. Mais l'Élysée, justement, par rapport à ce livre qui avait marqué la fin du mandat de François Hollande, l'Élysée ne cesse de rappeler que, pour l'instant, c'est extrêmement différent. Il s'était vu. François Hollande, il avait vu une soixantaine de fois les journalistes. Là, ils ne se sont jamais rencontrés et c'est des échanges par messagerie. Donc ils essayent de dire qu'il n'est pas du tout dans la même proportion du
nombre d'échanges. Ce qui interroge quand même aussi sur un point, c'est que ce sont des messages échangés sur messagerie, sur Telegram, me semble-t-il. Telegram, normalement, les membres du gouvernement n'ont pas l'autorisation de l'utiliser.
les faits, il l'utilise. Je peux vous assurer qu'il l'utilise. Mais ce qui m'intéresse, c'est l'utilisation qui est faite de cette correspondance, d'une forme de complicité ou d'échange à distance. Ils avaient quelques similitudes, quelques points communs, Emmanuel Macron et Françoise Degoy. Un seul, dit-elle. Ils ont un ancrage, un seul, un ancrage du côté des Hautes-Pyrénées, notamment Françoise Degoy, du côté d'Argelès-Gazos. Et vous savez combien Emmanuel Macron est attaché à sa grand-mère et a bien plus souvent parlé de ses origines pyrénéennes que d'ailleurs ses racines amiennoises. Il est plutôt tourné de ce côté-là. Ce qui nous donne parfois des chants en pyrénéen, etc., avec un béret sur la tête, pourquoi pas. Donc il y avait ça. Et puis Françoise Degoy, qui la connaît, a un tempérament bien trempé. Pardon,
mais c'est quand même peu pour se confier autant à une journaliste qu'on a rencontrée en 2024. C'est
vrai, mais ça dit quelque chose de la solitude du pouvoir. C'est-à-dire qu'à un moment donné, un président au crépuscule de son règne éprouve le besoin de se limer la cervelle, d'échanger des idées avec quelqu'un qui, il est vrai, qu'il connaît très peu, mais néanmoins qui lui donne un avis extérieur et qui y compris ne le ménage pas. Contrairement à pas mal de courtisans qui peuvent traîner autour de l'Elysée. Ça
dit quelque chose de la solitude du pouvoir d'une façon générale ou de l'isolement d'Emmanuel Macron précisément ? Des
deux. Ça dit des deux et de la personnalité et des habitudes d'Emmanuel Macron. Je pense qu'on connaît tous des gens qui nous disent... échanger inuitamment avec Emmanuel Macron. D'ailleurs, Françoise n'est pas dupe. Elle dit, je trouve qu'elle se met dans une situation très habile. Alors effectivement, il y a eu une correspondance assez suivie, mais elle dit, je sais que nous sommes nombreux comme ça. Il a besoin, alors vous m'avez pris, je l'avais donné, je l'avais donné. Elle dit qu'en gros, voilà. Elle se prévaut de dire les quatre vérités au président. Et c'est vrai qu'elle utilise un ton assez cash avec le président de la République. Mais en fait, il dit, il se sert de nous. J'ai des gens comme moi, il y en a plein avec qui il correspond la nuit. Et c'est vrai qu'on en connaît des gens qui nous disent, il me répond jusqu'à 3-4 heures du matin. J'ai un ami qui m'a dit un jour, j'ai répondu, je me suis... J'ai répondu, répondu, répondu pour voir jusqu'à quelle heure ça durerait. Et il m'a dit un moment, j'ai perdu parce que jusqu'à 3-4 heures du matin, Macron ne veut jamais accepter de ne pas avoir le dernier mot. plein de gens comme ça, à qui il répond jusqu'à 4h du matin, même s'il a une réunion très importante le lendemain. Donc ça dit beaucoup de sa personnalité à lui, qu'il aime bien, il a besoin de gens comme ça, qu'il veut séduire et essayer de convaincre. Et puis c'est vrai que ça dit beaucoup de la solitude du pouvoir et du fait que finalement, il est assez seul. Et elle le dit, en fait. Il n'a de relation réelle avec personne, si ce n'est peut-être avec Brigitte, et qu'il se sert de nous comme ça pour avoir des échanges.
Ce que ça montre aussi, c'est qu'il a aussi souvent des échanges avec des personnes qui ne sont pas de son point de vue. C'est le côté un peu transgressif, disruptif. On sait que... Le chef de l'État, Emmanuel Macron, il aime bien échanger avec des gens qui ne sont pas de son avis. Il aime la confrontation. Voilà, pour pouvoir justement échanger, tenter de les convaincre et tenter d'avoir le dernier mot. Merci
beaucoup. Et il sortira vendredi, c'est ça, officiellement. Merci à tous les trois d'avoir été ce soir sur ce plateau pour nous parler de ses confidences.
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