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Dessinateur autodidacte, il est connu pour Brum et son personnage Eugène, ainsi que pour sa participation à la création du magazine La Furia. Il nous revient avec un ouvrage qui prévient Eugène, son personnage peut heurter très fort les armes sensibles. La France, de gauche à droite, aux excellentes éditions Magnus. Bonjour Marceau. Bonjour. Alors, Eugène nous prévient, je garantis ce livre dépourvu de la moindre bienveillance ou précaution. Et il ajoute, pas de quartier. Alors il y en a pour tout le monde, là.
C'est un livre impartial et objectif. Effectivement, je passe en revue la France de gauche à droite en dressant 42 portraits politiques de l'extrême-gauche et l'extrême-droite. Je précise dès le départ que j'ai voulu le faire à travers les yeux de mon personnage principal, Eugène. un personnage que j'utilise de moins en moins, parce que je suis moins présent en dessin sur les réseaux sociaux, et je m'étais dit que ce serait intéressant de le faire faire se défouler un petit peu, puisqu'il est en manque des points et des coups qui est donné habituellement, finalement de lui donner cette charge de se défouler au niveau politique en dressant un portrait de
la France de gauche à droite. – Et vous dites tout de suite effectivement que le personnage Eugène a sa place, et j'ajoute moi aussi qu'il apparaît dans les dessins, puisqu'il y a beaucoup de dessins dans cet ouvrage, c'est-à-dire que les dessins restent là. – Bien sûr, évidemment. – Vous n'avez pas mis le pinceau de côté ? – Non, pas totalement. Avec cet ouvrage, vous vous attaquez aux idées politiques ou aux gens qui ne vivent pas selon les idées qu'ils défendent ? Un peu différent, hein
Les idées politiques sont toujours portées par des gens. Donc si je dois dresser un portrait des idées politiques, il faut que je reste les gens qui les défendent, automatiquement. –
Mais ce n'est pas ces idées politiques que vous attaquez en direct ? Vous pouvez respecter les idées politiques des uns et des autres, mais c'est la façon dont ils les défendent qui vous énerve ? Oui, entre autres.
Ça va dépendre de quel côté on se place. J'ai été beaucoup plus dur. Je suis habitué à attaquer la gauche d'une manière générale. De ce point de vue-là, mis à part le degré de détail et le fait d'aller un peu plus loin, ce livre n'a pas beaucoup changé. En revanche, c'est la première fois que je m'attaque avec des grands guillemets à la droite, ou tout du moins que je mets la lumière sur quelques travers. On peut avoir de l'autre côté.
– Et vous faites bien parce que ça m'amène à vous faire mon premier reproche. Vous dites vouloir balancer dans beaucoup de gueules, de gauche à droite, de la même façon, vous venez de la réindiquer à l'instant. Est-ce que l'on ne peut pas vous demander un tout petit peu de mensuétude ? Un peu de mensuétude parce que c'est quand même plus dur d'être un politicien de droite, un journaliste de droite, un manifestant de droite que de gauche tout de même.
Oui, mais puisque vous faites allusion à mes portraits un peu acerbes quand il est question de parler de la droite, moi ce que je peux reprocher à la droite, actuellement depuis quelques années, c'est que l'offre de droite s'est étendue. Parce qu'il y a une demande nos droites, on est d'accord là-dessus. Je trouve que la droite a tendance, notamment les médias, à aller vers un certain conformisme. Et finalement, à bien des égards, ne diffère pas forcément du discours dominant. Par-ci, par-là, on va avoir quelques petites touches sur l'immigration, sur l'islam, sur quelque chose comme ça. Si vous fermez les yeux, vous ne voyez pas, en tout cas, de moins en moins de différence entre des CNews et des BFM, entre des LCI et d'autres choses comme ça. Et ça, c'est quelque chose que je regrette et que du coup, j'attaque. Ou du moins que je dénonce. Puisque j'estime que... J'estime que beaucoup de gens de droite, je le sais parce que j'en connais, n'est-ce pas, ne disent pas forcément en public ce qu'ils pensent en privé. C'est toujours le fameux « Ah mais celui-là, t'inquiète pas, en privé c'est autre chose ». C'est autre chose, en ce cas-là, pourquoi ils ne le disent pas en public ? Alors je ne dis pas qu'il faut débarquer sur les boulevards avec un couteau entre les dents, mais je trouve que cette dédiabolisation générale qui a été mise en place notamment par Marine Le Pen et qui n'en finit pas d'avancer, je trouve qu'elle est délétère.
– On va reparler de Marine Le Pen, mais je voulais quand même un peu de mensuétude, parce que vous donnez à chacun de vos personnages, personnages qui sont scrutés, une durée de vie, et je me suis aperçu quand même qu'en matière de durée de vie, l'homme de gauche s'en sort totalement mieux que l'homme de droite. C'est pas juste.
– Alors après, on n'est pas sur un bouquin scientifique, vous avez bien compris. Je suis obligé de faire une preuve d'une certaine synthèse, c'est ce que je fais en général, et donc… Moi je travaille toujours comme ça, je travaille au global. Certainement que, peut-être que j'ai tapé juste dans certains portraits et que des gens vont dire « merde, mais ça c'est exactement moi, du coup je ne suis pas content ». Et d'autres vont pouvoir dire le fameux « ah mais je connais quelqu'un qui n'est pas exactement comme ça ». Bon, évidemment si on prend toujours des détails et des particularités, en fait je ferai un bouquin, je ferai une odyssée. Je ferai un truc de 600 pages en 45 tomes, on n'en finira jamais. Il a fallu que je sois synthétique. Et avec un petit peu de mauvaise poids, pourquoi pas. Donc effectivement, on n'est pas forcément toujours exact. Mais j'ai l'immodestie de croire que c'est quand même relativement objectif et plus ou
moins juste. Vous avez des cibles privilégiées, les féministes de tous bords. Pour vous, par exemple, les féministes de droite ont les mêmes trucs que celles de gauche. les mêmes volontés, avoir les mêmes droits et dire que les mecs sont des obsédés sexuels, surtout ceux qui imposent le voile à leur campagne. Il n'y a pas de différence entre les féministes de droite et de gauche ? – Si,
c'est bien précisé. La différence, c'est que les féministes de droite veulent vivre tout ce que vivent les féministes de gauche sur les Arabes. C'est à peu près tout.
Vous n'avez peur de rien, en passant en revue aussi des chapitres à la suite, par exemple les juifs de gauche et les juifs de droite en même temps, drôle dans même temps d'ailleurs, et puis l'antisémite de gauche et plus rarement l'antisémite de droite. Et là vous avancez sur des terrains qui sont des terrains dangereux, non ?
– Dangereux, peut-être. – Même le
rapprochement, le simple rapprochement qui est fait par exemple par un antisémite de gauche, il y en a de nombreux et un antisémite de droite, ça peut faire des amis partout, moins que ça.
– Non, je ne suis pas convaincu. Non mais après, on ne peut pas faire un bouquin qui s'appelle La France de gauche à droite et mettre de côté certains types de personnalités. Typiquement, les juifs, qu'ils soient de droite ou de gauche, font partie du paysage politique français, de même que les antisémites. Il
y avait des évolutions, par exemple, juives de gauche et de droite. La communauté française juive a évolué politiquement. Bien sûr. Et que les voix de français juifs de droite, c'est quand même assez nouveau, finalement. C'est-à-dire ? C'est assez récent, ça a quelques années. – Que les
Juifs votent à droite ? – Exactement. – Ah oui, c'est un peu plus récent, c'est tout à fait expliqué dans le livre d'ailleurs, qu'effectivement on a Juifs de droite et Juifs de gauche, tout évolue effectivement, c'est quelque chose d'assez nouveau, que la communauté juive soit plus à droite sinon à l'extrême droite, tout du moins de ce qui est entendu comme étant l'extrême droite. Voilà, mais ils font partie d'un ensemble, et je ne pouvais pas ne pas les traiter.
Vous faites aussi la comparaison entre le manifestant de gauche et le manifestant de droite. Qu'est-ce qui les différencie ? Ce qui les différencie chez vous, et ce qui a l'air d'être un sentiment de culpabilité pour le manifestant de droite, c'est qu'il refuse la violence, lui. Oui. Est-ce qu'il
faut être violent ? Est-ce qu'il faut être violent ? C'est la grande question. Objectivement, il faut quand même faire un constat, il semble que la violence permette d'obtenir des choses. De même que la nuisance en général, c'est toujours le truc. Vous achetez un canapé chez Ikea, vous n'êtes pas content, il y a une réclamation. Si vous appelez en disant que c'est de manière extrêmement polie, que vous aimeriez bien qu'on règle le problème, si ça ne dérange pas trop, mais que vous n'allez pas faire de problème, normalement, il n'y aura jamais de retour. Si vous commencez en disant que vous allez envoyer des avocats, qu'il y a tel article, etc., ils vont se dire au téléphone, celui-là, il va être infernal, on va régler le problème rapidement, comme ça c'est réglé. Et c'est la même chose pour les manifestations. c'est qu'effectivement, précisément dans le manifestation de gauche et de droite, je caricature celui de droite, expliquant qu'en gros il a manifesté contre le mariage pour tous, en suivant toutes les règles de la démocratie, qu'il a été poli, qu'il n'a rien cassé, et que du coup en retour la République lui a fait comme ça, et a fait passer la voix en ricanant en plus. Là, c'est plus la République que j'attaque que le manifestant de droite, bien évidemment. Mais du coup, c'est toute la question. C'est parce qu
'il y a un peuple de droite qui s'est retrouvé, il y a un peuple de droite qui existait, qui ne se connaissait pas. Et donc, il y a peut-être eu aussi des effets indirects que vous ne prenez pas en compte ?
Je ne dis pas du tout le contraire. Je rappelle qu'il faut que je synthétise. Donc, je suis toujours obligé d'aller rapidement. Je mets de côté les aspects humains et les rencontres que ça a pu créer. Dans les faits, la loi est parfaitement passée. Et la droite, de manière générale, depuis 10 ans, 15 ans que la loi est passée, se fait humilier et narguer sur ce sujet-là. En disant que vous avez manifesté, mais on a le droit de se marier, on a le droit d'avoir des gosses, on a le droit de s'y et ça. Donc dans les faits, factuellement, quand on est poli, bien élevé et qu'on cherche le dialogue, ça ne marche pas. Alors, je ne suis pas en train d'appeler à faire des émeutes, je dresse un constat.
-ce que dans certains portraits, vous ne prenez pas plaisir aussi à régler vos comptes ? Dans Dessin à l'appui d'ailleurs, on peut finalement retrouver le nom de la personne dans la description. Je pense par exemple à l'arabe de droite. Facile. Règlement de compte.
Règlement de compte. Écoutez. – On ne va pas se mentir, je me suis un peu… – Jalousie, je ne sais pas, je n'ai pas le terme. – Je ne suis pas le grand monde. Règlement de compte, évidemment, mais de toute façon, c'est un livre, une fois de plus, qui n'est pas un guide politique linéaire et grand public et plat. Évidemment qu'il faut que je mette de la satire. Donc, dans certains cas, je me suis fait un peu plaisir, évidemment. J'admets sans peine qu'il y ait un peu de mauvaise foi, certainement, et un peu de gourmandise.
– Parce que là, même avec le dessin, il y a peu de doute possible sur la personnalité qui est visée. – C'est vous qui le dites, il n'y a rien marqué nulle part. – D'accord, donc ce n'est pas Jean Messia ? – Pas du tout, on verra. – D'accord, il nous le dira. À trois de toujours, vous vous montrez très critique. Je l'ai entendu à l'instant et je vous ai dit, on en reparlera, à l'égard du Rassemblement national et de Marie Le Pen. Vous décrivez ses idées, son entourage ? voir son comportement. Ce n'est pas demain que vous allez devenir le dessinateur du journal du RN. Il
semblerait que non. Il y a même peu de chance que… Jalousie. Comment ? Jalousie. Jalousie. Je ne sais pas pourquoi je serais gélou du Rassemblement national. Non, non, mais ça fait pour le coup… De la réussite. De la réussite. Du Rassemblement National ? C'est à part de l'Élysée, non ? Ça ne vous a pas échappé ? On n'est pas sur le même secteur d'activité. Ils auront besoin d'écrivains, ils auront besoin d'intellectuels, ils auront besoin de dessinateurs, ils auront besoin d'aides, d'artistes. Vous savez, moi j'ai un caractère qui fait que même si le Rassemblement National arrive au pouvoir, je ne suis pas d'un caractère à me faire diter ce que je dois faire. Donc je ne pourrai jamais devenir le dessinateur du régime. Donc non, il n'y a pas de souci là-dessus. Vous pouvez être
plantu du RN comme... Certainement.
Non, non, non. C'est pas ça. Absolument pas. Et concernant Marine Le Pen directement, où je ne cache pas mon animosité envers elle, et envers la dédiabolisation, on en parlait tout à l'heure, qu'elle a mise en œuvre et qui continue et qui semblerait ne jamais s'arrêter, moi je ne suis pas d'accord avec ça. J'entends qu'il puisse y avoir une stratégie des fameux 51%, c'est-à-dire qu'il faut rassurer. la masse pour finalement arriver au pouvoir. – Je vais vous
dire, diabolisation 15%, dédiabolisation 33, 36.
– Je ne dis pas le contraire, mais je vais faire un constat, je peux m'en désoler aussi. Et je trouve que c'est… Je ne trouve vraiment pas que ce soit une bonne chose, parce que… D'ailleurs, je crois que c'est Jean-Marie Le Pen qui disait qu'il préfère être battu sur ses idées que gagner avec celle des autres. Et je trouve que c'est comme tout, il faut un juste milieu. qu'on dédiabolise un petit peu au début, même si je ne suis pas d'accord, mais je comprends le principe. Pourquoi pas ? Histoire de faire en biais, les dérapages de Jean-Marie, etc. Bon, ok. Mais là, ça va vraiment trop, trop, trop, trop loin. Et pour moi, le Rassemblement national, aujourd'hui, n'a strictement plus rien à voir avec ce que ça pouvait être avant. – 30 ans ont passé. – Je sais que 30 ans ont passé, mais je redis… Je vous
pose la question, 30 ans au passé, est-ce que ce n'est pas la nécessité pour un mouvement national patriote de prendre en compte l'évolution des mœurs de la société économique, politique, financière, culturelle, ethnique ? Non, je ne suis pas
d'accord parce que la situation s'est au contraire empirée depuis 30 ans, surtout sur les questions dont parlait Jean-Marie Le Pen, l'immigration, l'éclamisation, etc. Ça s'est vraiment empiré. Et les partis de droite aujourd'hui, principalement le premier, le Rassemblement national. bénéficie d'un boulevard d'une masse organique gigantesque, il n'y a jamais autant d'électeurs et c'est vraiment il est assis sur un tas de poudre il faudrait juste allumer pour faire quelque chose et au contraire Marine Le Pen n'a de cesse de mettre de l'eau sur ce tas de poudre pour en faire une espèce de pâte qui ne puisse plus jamais s'allumer et je trouve ça dommage. J'ajoute que ma place est très facile puisque finalement je suis le commentateur Je n'ai pas prévu, moi, d'être président de la République et de changer le pays. Donc c'est toujours simple d'être à ma place et de critiquer. Mais au-delà d'être un commandateur, je suis aussi un citoyen qui n'est pas d'accord avec cette mélasse intellectuelle vers laquelle nous amène la droite en général en se conformant et poussée par Marine Le Pen qui n'en finit pas de se dédiaboliser. Moi, je ne suis pas d'accord avec ça. Je pense qu'il faut, à minima, un peu de radicalité.
– Nostalgique de Jean-Marie Le Pen, le nostalgique. Il n'est pas dans votre chapitre pour être là, nostalgique de droite ou de gauche d'ailleurs.
Moi ? Nostalgique de quoi ? Tiens c'est intéressant ça, droite ou de gauche. – De droite ou de gauche. – Je ne saurais pas dire, peut-être nostalgique d'une époque, encore que, on dit souvent que c'était mieux avant, mais j'ai l'impression que tout le monde dit que c'était forcément mieux avant. Moi, je pense que ce sera mieux demain. Non, je ne suis pas spécialement nostalgique. Pour le coup, je ne suis pas particulièrement conservateur ou borné ou arrêté, comme le boomer de droite, par exemple, que j'ai décrit. – Vous êtes de gauche. – S'il vous plaît, calmons-nous. Non, non, non, non, mais… – J'ai
cette droite, non
Non. – Non,
vous
ne pensez pas ? – Non, non, non, non. – Non, parce que par exemple, les journalistes de gauche, on s'agit de l'époque Libération, on peut se rappeler aussi ça, donc non, non. Non, non, mais j'accepte le monde qui évolue un petit peu, sans forcément tout prendre, comme c'est calmé, tu vois.
Alors malgré le refus de bienveillance affiché, j'en ai trouvé dans quelques pages quand même, j'ai trouvé dans quelques chapitres, eh bien un peu de bienveillance. Alors j'avais vu par exemple dans le skinhead, je me suis dit peut-être parce que souvent c'était quelqu'un sorti d'un milieu modeste.
Oui, il y a ça aussi. Et puis le skinhead a quelque chose de touchant, puisque là on parlait de dédiabolisation. Lui, le skinhead, je l'ai décrit tel quel, refuse pour le coup totalement la modernité. Je pense que des skinheads historiques tels qu'on les a connus dans les apprentissages des années 90, il y en a quoi, il n'y en a même pas une centaine aujourd'hui, ils sont tous quinquagénaires sinon plus, et ils sont restés presque fossilisés dans leur état d'esprit d'avant. refusant la modernisation du RN avec le discours qui se polisse, etc. Et ça, pour ça, j'ai une forme de tendresse, un petit peu, non, même pas que de respect d'ailleurs. Et c'est pour ça qu'il y a un peu de mensuétude, effectivement. Aurès vous dit qu'il n'y a pas de bienveillance en général. – Ah non,
non, il n'y en a pas, par exemple, Paul Patribouf, c'est-à-dire celui qui aime la France, qui aime son drapeau, qui l'aime dans toutes ses tripes, et peut-être qu'il ne l'exprime pas de manière très intellectuelle, Marceau, celui-ci, vous n'êtes pas bienveillant, parce qu'il est trop popu, parce qu'il est trop quoi ? –
Oh, s'il vous plaît, pour le coup, je ne veux
pas… – Une nouvelle fois, je vous pose la question, pourquoi lui, il prend ?
– Je ne veux pas d'attaque en intellectualisation, il n'y a pas plus prolo que moi. Vraiment. Là-dessus, c'est impossible de me faire ce procès. D'autre part, le patrie-beauf, je le critique parce que, même si la lumière est dirigée contre lui dans cet article, dans l'article-là qui traite du patrie-beauf, je pense que je dénonce beaucoup plus les gens qui finalement essayent de l'avoir. Les politiciens de droite, il y en a un d'ailleurs en article là-dessus, qui ressortent sans cesse de Gaulle, sans cesse la Marseillaise, sans cesse... les discours qui voudraient que l'antiracisme avant tout, la République, etc. Et moi, ce qui me fait de la peine avec le patriebeaufe, c'est que finalement, il se fait avoir.
Finalement,
il se fait avoir. Je ne dis pas qu'il n'est pas honnête, mais il se fait quand même avoir. Et si vous, quelqu'un de votre entourage, se faisait avoir, même s'il était honnête et de bonne foi, vous lui diriez. Vous ne le laisseriez pas faire ? Moi, je le dis. Je trouve que le patrimoine se fait avoir. Se fait avoir toujours par les mêmes politiciens qui lui vendent de la droite molle, qui lui vendent du rêve, qui profitent de sa voix. Et le tout avec un peu trop de facilité et un peu trop de flonflon et de drapeau tricolore. Je trouve qu'il se fait trop avoir. Et ma manière à moi de lui dire qu'il se fait avoir et de dénoncer ceux qui essayent de l'avoir, qui arrivent à l'avoir en tout cas, c'est de faire effectivement ce
portrait. Et l'artiste de droite, lui, il échappe aussi à un portrait au vitriol. Vous dites, l'artiste de droite est un rebelle car il craie dans une société de gauche. Le mot est lâché, rebelle. Finalement, c'est ça la réalité, Marceau, c'est que seuls les rebelles bénéficient de votre bienveillance. Oui. C'est quoi un rebelle
alors ? Alors, c'est pas vrai qu'il n'y a qu'eux qui bénéficient de la bienveillance. C'est quoi un rebelle ? Dans mon cas, ça c'est vraiment un constat, pour l'instant en tout cas, j'espère devenir conformiste un jour parce que ça voudra dire que les titres de droite ont gagné. Pour l'instant, dans le système culturel et médiatique, je suis un rebelle. Puisque tout le monde est contre moi, tout le monde est à gauche, très clairement. On le voit avec les subventions, avec les médias et les thèmes en général. Donc pour l'instant, je suis un rebelle, effectivement. Et peut-être que l'assiste de l'artiste de droite, il y a quelque chose là-dedans. Après, je reste quand même… Pour un artiste,
être un rebelle et être seul contre tous, c'est aussi une position agréable, quelquefois. Ce n'est pas désagréable.
Ça a ses avantages et ses inconvénients. C'est-à-dire qu'il faut quand même des nerfs et un petit peu de sang-froid. Mais après, il y a la satisfaction de tenir une place compliquée où tout ne tombe pas tout cuit dans la bouche. Et ça, c'est pas mal. Et la volonté de ne pas devenir riche non plus. Si, si, c'est quand même bien. Moi, j'aime beaucoup l'argent. Mais je suis de droite, donc ça va. On a le droit.
Vous votez en 2027 ? Oui. qui ? Je ne vous dis pas. Pourquoi vous ne me le dites pas ? Parce que... Vous n'étiez
pas un vrai rebelle, alors ? Parce que mon vote n'est pas encore arrêté. J'ajoute que je ne crois pas en la démocratie telle qu'elle fonctionne actuellement. Je ne crois pas aux surfaces universelles. En revanche, en gros, je n'ai pas d'espoir. Je n'ai pas d'espoir. Je ne me dis pas qu'une personne va changer quelque chose.
Vous n'êtes pas de droite. Comment ? Vous n'êtes pas de droite. Elle a bien une notion de droite, une notion simple de droite, c'est qu'il y aura la personne, le personnage qui va, le général, le patron, la sainte qui va sauver la France. Vous savez, je suis plus complexe qu'il n'y paraît. C'est ce que j'apprends avec vous au fur et à mesure
de cet entretien, c'est parfait. En revanche, la démocratie, et notamment l'élection présidentielle, pour moi est un outil éventuel. Si je pouvais me définir très clairement politiquement, en tout cas ce qui se rapproche le plus de ma pensée, c'est l'accélérationnisme. Moi, j'estime que nous vivons actuellement une situation qui est gangrénée, bloquée et pourrissante, faisandée, et qu'il faut accélérer le mouvement pour, en gros, tout cramer à partir sur des basses saines, pour faire simple. Et de ce point de vue-là, l'élection présidentielle peut servir de déclencheur. Exemple. Marine Le Pen ou Éric Zemmour sont élus. Il va y avoir des émeutes terrifiantes. D'ailleurs, la Nouvelle-France nous les a promis en disant ce que vous avez eu le 24, c'était absolument rien. Si Marine passe, ça va être 100 fois pire. Très bien. Ce genre d'événement, dans une situation qui de toute façon va finir par y arriver. On va y arriver. Plus ça va, c'est à cliquer. Plus ça va, moins ça s'arrange. Donc plus vite on arrive, on va dire, à l'affrontement final, un truc un petit peu romantique, mais plus vite on arrive à l'affrontement final, plus vite on y verra clair. Donc pour moi, la démocratie et l'élection présidentielle, à cette vertu, c'est un outil. Mais je ne crois pas, encore qu'Éric Zemmour me paraît quand même être un peu plus franc que la moyenne, il me semble. Mais bon, tout ça, ça reste des promesses et il faut voir.
attendant, édition Magnus, La France de gauche à droite. Merci beaucoup, Marceau, d'être venu. Pas de quartier dans l'ouvrage, mais aussi dans cet entretien. Merci beaucoup à vous. Merci beaucoup.
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