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RCF Notre-Dame,
l'interview politique,
Nathanael de Rynxan. Bientôt 38 sur RCF Notre-Dame, Nathanael de Rynxan, vous recevez ce matin Christophe Béchut, maire d'Angers et secrétaire général d'Horizon.
plus proche collaborateur d'Edouard Philippe aujourd'hui. Un mot d'abord sur les élections américaines, Christophe Béchut, Donald Trump n'est plus majoritaire au Sénat, il perd le Congrès. Quelles conséquences est-ce que cela peut avoir pour la France ?
Il va évidemment falloir quelques jours parce que le système américain fait que le président conserve des pouvoirs importants, y compris de veto, pour bloquer des décisions qui seraient prises par cette nouvelle majorité. La nouvelle majorité sera en place de manière effective début janvier. Seulement début janvier, donc on peut suivre il y a quelques semaines. dit... Ce résultat, il a aussi quelque chose à voir avec ce que nous vivons, parce qu'on entend dans les premiers retours à quel point le déclenchement de la guerre en Iran et ses conséquences, en particulier sur le prix de l'essence, ont pesé sur la décision des Américains. Et toute une partie de ce que nous vivons aujourd'hui en termes de difficultés économiques ou de difficultés sociales, c'est la conséquence directe de ces bombardements, de la situation au détroit d'Ormuz, de l'enlisement, du pourrissement de la situation. Et donc, en quelque sorte... Les mêmes causes ont produit les mêmes effets là-bas, c'est-à-dire la sanction du président américain et de sa majorité pour avoir provoqué de tels dégâts sur l'économie.
Sur le plan politique français, est-ce que le résultat de Donald Trump peut, par exemple, servir les enjeux, les ambitions de votre parti, être cité en exemple comme un échec
ne crois pas. Je pense qu'il y a une grande étanchéité, entre guillemets, y compris parce qu'on a des systèmes très différents. Là-bas, il n'y a que deux partis et donc la plupart du temps deux candidats. Et il ne vous a pas échappé que ce n'est pas tout à fait la situation dans laquelle on se trouve en France quand on regarde l'élection présidentielle ou même la composition de l'Assemblée nationale où c'est l'extrême éclatement et l'absence totale de majorité aujourd'hui qui pose une difficulté plutôt qu'un basculement. Alors
on va reparler du morcellement politique en France dans un instant. D'abord, un petit peu plus proche de nous, les syndicats appellent les Français à une journée de grève demain pour manifester, notamment contre la vie chère, un mouvement suivi. par les agents SNCF et RATP, alors que ce soit avec les lycéens ou le pouvoir d'achat, le gouvernement semble incapable d'enrayer le processus. Vous feriez quoi, vous, si vous étiez à la place de M. Lecornu et de M. Macron ? Il y
a plusieurs colères qui s'additionnent dans le pays. Et il y en a une lycéenne. qu'il faut entendre, y compris parce que dans un pays qui vieillit, où on a moins de naissances, et où on a l'impression qu'en fait les débats se sont focalisés depuis des années sur la fin de vie et l'âge de départ à la retraite, qu'on ait des jeunes qui se demandent quelle est la place dans la société compte tenu du fait qu'ils sont absents des débats et des sujets qui sont à l'agenda politique, ça n'est pas très surprenant. Et de ce point de vue, une forme de considération, de respect qu'aurait conduit à les accueillir... et à les recevoir vite, de manière à éviter que tout ça prenne trop de proportions, aurait peut-être évité qu'on en soit là. C'est évidemment plus facile à dire après qu'avant. Mais je me souviens très bien d'une expression disant que globalement, quand la jeunesse est dans la rue, c'est un peu comme quand le dentifrice est sorti du tube. C'est très compliqué de le faire re-rentrer. Et donc, les premiers jours, les premières heures comptent. Et de ce point de vue, un retard, entre guillemets, dans la manière de tenir compte de ça, a accentué ça. Ensuite... Il y a des sujets sociaux de pouvoir d'achat pour lequel là ? La complexité, elle est à la fois politique et budgétaire. Politique parce que le gouvernement n'a pas de majorité. Et donc, quand bien même il dirait des choses vis-à-vis des manifestants, il n'a pas l'assurance de pouvoir le faire. Dans un contexte où budgétairement, jamais notre pays n'a été dans une situation aussi difficile avec aussi peu de marge de manœuvre.
Céder aujourd'hui, ça serait ouvrir la boîte de Pandore et prendre le risque de voir tous les déçus du budget 2027 venir frapper à la porte
Il faut qu'on s'entende sur ce que veut dire céder. Mais si tout à coup vous découvrez des milliards d'euros que vous pouvez lâcher...
On nous parle de tour de vis depuis plusieurs semaines. Donc on imagine qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses. Et il
se passerait quoi si on se retrouvait, j'allais dire, à lâcher entre guillemets les vannes de la dépense ? En fait, on ferait des chèques en blanc sur le dos des jeunes générations qui sont elles-mêmes en train de manifester pour réclamer un meilleur avenir. C'est-à-dire qu'on viendrait alourdir la dette qu'elles auraient à rembourser. Donc je fais le distinguo entre ce qui relève... de clarifier les conditions d'accès à l'enseignement supérieur, avec Parcoursup, avec prise en compte de la santé mentale auprès des jeunes, avec le fait de tenir compte des conditions dans lesquelles on apprend, et de l'autre, une espèce de généralisation dont on voit bien les limites qu'elle aurait. Et c'est particulièrement vrai sur le prix du pétrole. Même si c'est évidemment un cauchemar pour tout le monde, y compris pour les collectivités locales qui doivent rajouter de l'argent pour faire en sorte que les camions qui nettoient les rues, qui ramassent les ordures, puissent faire le job. subventionner les énergies fossiles dans un contexte écologique que nous connaissons où le dérèglement climatique, les canicules dont se plaignent à raison les lycéens avec les conditions d'éducation que ça entraîne, c'est lié à une autre dépendance à ce pétrole. Donc on ne peut pas subventionner l'utilisation du pétrole alors qu'on doit au contraire accélérer sa sortie.
on va reparler de la COP21 qui débute dans quelques jours. À moins de six mois d'élection présidentielle, votre candidat, Edouard Philippe, reste au coude à coude avec la France insoumise. Selon le dernier sondage, alors ça n'est qu'un sondage, il est même plutôt derrière, sondage IFOP avec Marine Le Pen à 35-37, Jean-Luc Mélenchon à 17-18 et donc Edouard Philippe à 15. Après un petit peu derrière, on a Glucksmann à 10-13 et Lysnard à 9. coalition sera nécessaire pour atteindre le second tour ? Notre
système, ce n'est pas un système de coalition. C'est un système dans lequel un homme se présente face au peuple ou une femme se présente devant le peuple. Et ce qui s'est passé au cours de ces dernières années, c'est que ce sont les électeurs qui ont fait le tri quand les responsables politiques ne l'avaient pas fait. Il y a cinq ans, M. Zemmour, Mme Pécresse, Mme Hidalgo, qui étaient haut dans les sondages. Plusieurs mois avant l'élection, dans la dernière ligne droite, les gens, pour choisir l'affiche du deuxième tour, ils ont concentré leur vote. Il n'y a pas eu un retrait de Mme Pécresse en faveur de M. Macron, de M. Zemmour en faveur de Mme Le Pen, mais il y a eu des vases communiquants entre les électorats, malgré la volonté des candidats. Je suis intimement convaincu que devant le très grand nombre de candidats, en particulier au sein de l'espace central de la droite et du centre, où... certains prendront la responsabilité d'arrêter parce qu'ils voient bien que la division menace la qualification, ou ce sont les électeurs qui feront leur place.
tout cas, vous refusez toujours une primaire, quelle qu'elle soit.
Je vous le confirme, et on le refuse pour au moins trois raisons. La première, c'est la moins importante, mais c'est le temps. C'est-à-dire que de toute façon, quand bien même on déciderait maintenant d'en faire une, on est à moins de six mois de l'élection et les choses ne sont pas réalistes. Le deuxième, c'est beaucoup plus important, c'est le format. Une primaire à l'intérieur d'un même parti, ça prend déjà du temps à organiser et ce n'est pas simple. Là, entre ceux qui pensent qu'il faut faire une primaire avec M. Glucksmann et ceux qui pensent qu'il faut faire une primaire avec Mme Knafo, ça n'a rien à voir. Et trois, même ceux qui disent qu'ils veulent y participer vous expliquent qu'ils ne respecteront pas le résultat. Le dernier en date, c'est M. Lysnard hier disant « si Edouard Philippe gagne la primaire, je ne le soutiendrai pas ». Donc à un moment, faire une compétition dans laquelle tout le monde se tape dessus, dans laquelle vous vous abîmez pour qu'à la fin, ceux qui perdent ne soutiennent pas le vainqueur. Ça n'a aucun intérêt autre que d'affaiblir ceux qui y participent.
La main tendue à certains candidats il y a quelques semaines, avec l'ambition de les réunir, de réunir la droite en tout cas mi-novembre. Alors j'allais vous demander quand a lieu cette réunion et avec qui ? Il n'y a pas de réunion et il n'y aura personne.
Vous voyez, c'est ça qui est révélateur. On a tendu la main en disant, écoutez, il y a aujourd'hui une pluralité de candidats à l'élection présidentielle, mais parlons du fond. Voyons-nous pour au moins discuter ce que pourrait être une plateforme législative. Et ceux qui aujourd'hui nous disent « c'est important de se rassembler », y compris M. Attal, qui au fur et à mesure qu'il baisse dans les sondages, devient de plus en plus favorable à un scénario de primaire, nous disent « ah ben non, on ne va quand même pas venir pour discuter du fond ». Donc à un moment, le sujet, ce n'est pas d'abord le casting, c'est bien aussi ce qu'on est capable de proposer aux Français. Donc ça montre bien que derrière tout ça, on est dans une forme d'agitation politique, ça n'atteint pas Édouard Philippe, ça ne nous atteint pas. Il est à la rencontre des Français, comme il l'est depuis des années. Il va multiplier les déplacements dans ses prochains jours et ses prochaines semaines pour être à leur contact, pour continuer à les écouter, à les entendre, à décliner son programme. Et on pense que c'est bien plus important aux yeux des gens que de réunir quatre personnes sur un plateau pour qu'il y en ait trois qui n'aient pas envie de suivre le résultat éventuel d'un processus incertain et destructeur pour
ceux qui y participeront. Alors Christophe Béchut, la COP débute en Turquie lundi prochain. Quelle place occuperait l'environnement dans un gouvernement, Philippe ou Béchut ? Notez bien que je ne vous ai pas demandé si vous pouviez devenir le Premier ministre de M. Philippe.
'abord, avant toute chose, on l'a vu cet été. Le sujet aujourd'hui de l'environnement, c'est une manière de protéger les Français. Et si on ne se dote pas d'une politique, je dirais presque régalienne d'écologie, dans laquelle on se préoccupe de lutter contre la montée du niveau des océans, la multiplication des jours de canicule, ça veut dire qu'en fait on abandonne une partie de la protection des Français. Il faut qu'on intègre l'écologie dans nos politiques de sécurité, et en particulier les politiques d'adaptation. Et de ce point de vue, qu'on puisse flécher, y compris des crédits du livret A demain pour accélérer la rénovation des bâtiments, pour faire des travaux de ce type, ça va plutôt dans le bon sens. Ensuite... Il ne faut pas conjuguer écologie et décroissance. Et il ne faut pas conjuguer écologie avec taxes et interdictions. Et c'est cette vision d'une écologie punitive portée par une gauche qui parfois considère qu'elle a le monopole de l'écologie, qui a rendu indésirable une écologie dont on a pourtant collectivement besoin. On en a besoin. Pour vivre mieux, on a besoin pour préserver la faune et la flore qui nous entourent. Il y a d'ailleurs une très belle encyclique à ce sujet qui insiste, y compris sur la responsabilité qu'on a par rapport aux autres formes d'êtres vivants sur la planète. Et plus fondamentalement, faire rimer écologie et croissance, c'est relocaliser des emplois, c'est regarder comment on ramène des usines et comment on arrête avec les excès d'une mondialisation qui non seulement ont un impact social et économique, mais un impact écologique considérable.
Alors vous parliez de l'encyclique, on va parler religion dans un instant. J'aimerais juste que vous mettiez votre casque juste devant vous pour écouter la question de notre nouveau chroniqueur Christophe Barbier qui était heureux de savoir
que vous veniez aujourd'hui. Monsieur Béchut, Edouard Philippe nous a promis un plan massif, un projet massif, un programme massif. Quelle est la définition de massif et quand découvrirons-nous ce plan massif ? Alors...
D'abord le mot massif, je pense que malgré la question du monsieur Barbier, tout le monde le comprend, on est dans une situation où on ne pourra pas se contenter de mesurettes. On est dans une situation budgétaire et sociale qui va nécessiter des réformes qui sont extrêmement profondes pour que ce pays retrouve confiance en lui, qu'il se rappelle ce que sont ses atouts, ce qu'est son histoire et ce qu'il est capable de faire. Il faudra taper fort dès le début. Bien entendu. Et ça passera en particulier par une quinzaine, une vingtaine d'ordonnances dès le premier été dont on présentera aux Français le contenu. mais de manière à prendre des décisions extrêmement rapides. Et les premières, elles seront d'abord budgétaires pour faire en sorte de diminuer un déficit qui s'annonce encore pour l'année 2027, bien trop élevé par rapport au consensus et par rapport aux conséquences. Payer 100 milliards d'euros d'intérêt à des banques ou aux détenteurs de la dette française l'an prochain, c'est-à-dire plus que ce qu'on met dans l'éducation nationale ou dans la défense, ce n'est évidemment pas raisonnable. Quand est-ce qu'on le connaîtra ? La plupart du temps, les programmes complets à l'élection présidentielle y sont présentés. Au début de l'année, quelques mois avant, fin janvier, début février. Et c'est un calendrier qui, pour la présentation globale, me semble raisonnable.
Les évêques sont réunis à Lourdes, ils réfléchissent à leur parole dans le débat politique. Qu'attendez-vous d'eux dans cette campagne ? Est-ce que vous allez les écouter ? D'abord,
pense que c'est précieux qu'au-delà de ce temps court, et souvent de plus en plus court, qui est dans le débat politique, On soit capable de replacer les choses dans un temps bien plus long et avec une espérance. Et on manque d'espérance dans le monde dans lequel nous sommes, à beaucoup d'égards. on a des raisons d'en manquer, j'allais dire, quand on allume la télé ou quand on écoute la radio, pas RCF. Ça dépend des jours. On va aussi sur RCF, il y a aussi des mauvaises nouvelles. Non, mais vous voyez ce que je veux dire. Et y compris, je reviens à ce sujet des lycéens, c'est quoi le sens de tout ça ? On a une demande de sens énorme. Et de ce point de vue, les religions, et la religion catholique en particulier, a des choses à dire à ce pays, compte tenu de ce que sont nos racines chrétiennes. La venue du pape, ces centaines de milliers de Français qui ont été à sa rencontre, sans une poubelle abîmée, sans la moindre difficulté, et avec une communion, un respect, qui a y compris marqué ceux qui ne sont pas croyants, elle montre... qui a une écoute et une attente de sens extrêmement forte. Les évêques dans le monde dans lequel nous sommes, ils ont des choses à nous dire. Ils ont des choses à nous dire sur l'IA et sur ses dangers. Ils ont des choses à nous dire sur la manière de concevoir la vie et la société. Et à l'aune de décisions pour l'avenir, je souhaite qu'ils puissent s'exprimer de manière claire.
Très rapidement, monsieur Béchut, est-ce que votre foi inspire certaines de vos décisions politiques ? Elle compte dans ma vie de tous les jours.
ça sera le mot de la fin.
Merci beaucoup, Christophe Béchut.
Et merci à vous, Nathanael Derinxan, pour cette invitée politique.
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