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Bonjour Marie-Lise Léon. Bonjour. Merci d'être à mon micro ce matin. Vous êtes la secrétaire générale de la CFDT, premier syndicat de France. Vous serez évidemment dans les cortèges aujourd'hui. Vous appelez à la mobilisation, mobilisation sur les salaires, la vie chère, les lycées, la hausse du SMIC, les services publics. De très fortes mobilisations attendues partout en France aujourd'hui. Est-ce que vous vous dites que ce sera très suivi ? Mobilisation et grève ? Oui,
je pense que ce sera... Ce sera très suivi. En tout cas, on a des capteurs dans les entreprises, dans les différents secteurs d'activité qui nous disent qu'on a envie de s'exprimer, on a envie de dire qu'on veut vivre dignement de notre travail. Je pense que c'est vraiment le mot d'ordre aujourd'hui. Vivre dignement de son travail. On a un problème de pouvoir d'achat, on a un problème à boucler les fins de mois. En gros, on a un problème de pouvoir vivre de notre travail. C'est le message qui sera adressé aujourd'hui à l'État. Et ça sera aussi le message adressé aux employeurs, parce qu'aujourd'hui, il y a une forte attente de la part des salariés, des agents des fonctions publiques, de pouvoir être reconnus dans leur travail. Avec une convergence d'un certain nombre
de revendications. Là, vous évoquez, vous dites, nous, notre moderne, c'est la question de pouvoir vivre dignement de notre travail. Mais il y a aussi les lycéens, il y a aussi une partie du service public. On a l'impression qu'au fond, vous arrivez au bout d'un mois de nombreuses... mobilisation étudiante lycéenne, est-ce que vous n'avez pas peur que ça dilue
le
message ? Non,
je pense que tout est lié. La CFDT a participé à une manifestation déjà en intersyndical le 29 septembre qui était sur la question du pouvoir d'achat dans les fonctions publiques. La question n'est pas résolue. Aujourd'hui, ce sera également le message et le mot d'ordre pour les fonctions publiques. C'est aussi un sujet pour les salariés du secteur privé. Donc, il y a un sujet de pouvoir vivre dignement de son travail. La problématique qui est posée aujourd'hui, c'est de dire que les salaires sont insuffisants dans un bon nombre de secteurs. Beaucoup d'employeurs ne jouent pas le jeu du partage de la valeur qui est créée. Et puis les dépenses contraintes, elles augmentent. On a la problématique des services publics. Et la défense des services publics pour la CFDT, c'est permettre... une bonne qualité de service rendue au public. L'accès aux soins, l'accès aux droits, et tout ça, ça fait partie d'un ensemble qui sort sur la table parce qu'il y a des discussions sur les budgets et qu'il faut pouvoir peser maintenant.
Alors, qui, quoi, où, on va revenir sur les manifestations à proprement parler, leur encadrement, la question aussi du tracé, mais avant cela, vous dites, on doit peser, mais peser sur qui ? C'est-à-dire que, est-ce que le timing, c'est-à-dire à quelques mois d'une élection présidentielle, face à un gouvernement, qui, on le voit bien, en vrai, n'a plus de manette, est en bout de course, qui ne sera en tout cas pas là dans six mois. Est-ce que vous ne vous trompez pas d'interlocuteur ?
Ou de timing, est-ce qu'il ne faut pas attendre 6 mois en disant là au moins on pèdera ? Est-ce que le pouvoir de vivre peut attendre 6 mois ? Non, il ne peut pas attendre 6 mois. Aujourd'hui, il y a des problématiques très concrètes. Et c'est là-dessus qu'on peut peser et avoir des réponses très concrètes. La CFDT, elle propose l'augmentation du SMIC. Parce qu'aujourd'hui, quand on est au SMIC, on travaille à temps plein, on ne peut pas vivre dignement de son travail. Lorsqu'on a des problématiques de concilier un logement accessible, des mobilités, c'est-à-dire pouvoir aller travailler avec la... question du hausse du carburant, la situation n'est pas tenable. Et ça ne peut pas attendre six mois. C'est-à-dire que le gouvernement ne peut pas se réfugier en expliquant que dans six mois, ils ne seront plus là, circuler, il n'y a rien à voir. C'est une excuse ? C'est une manière de repousser le problème ? Je pense que c'est une façon de dire qu'on n'a pas le choix, le budget, la copier. Pour le budget de la sécurité sociale et de l'État, les copies ont été rendues. Les choses sont déjà arrêtées. Je pense qu'il y a des marges de manœuvre et il y a des possibilités de travailler sur beaucoup plus de justice sociale et fiscale. Vous allez nous le
dire, un mot encore d'ailleurs sur les discussions qui ont lieu en ce moment même sur le SMIC. À votre place hier, à ce même micro, mon invité, c'était le ministre de l'Économie. Alors, on sentait qu'il ne voulait pas forcément griller la politesse à son camarade du gouvernement qui est le ministre du Travail. Mais au fond, il laissait entendre et il avait du mal à ne pas répondre à mes questions sur le SMIC. Il sera, on le comprend bien, augmenté, sans doute au-dessus de la seule inflation. Et il avait l'air de dire que ce serait fait plus vite que le 1er janvier traditionnel. Donc plus et plus vite. Est-ce que ça, ça vous satisfait ? Est-ce que vous avez des informations sur ce point ? Est-ce que vous en avez la confirmation
? Je n'ai pas plus d'informations. La question c'est combien ? De combien c'est augmenté ? Et il y a une forte attente sur un véritable geste significatif. Je n'ai pas l'information sur le montant de cette revalorisation avec un coup de pouce. Donc tout va dépendre aussi de ce montant. Vous comprenez bien que je ne vais pas expliquer. Mais ils attendent quoi ? C'est-à-dire que vous êtes aujourd'hui dans la rue ? Ils attendent qu'on soit. Je pense qu'ils vont regarder attentivement le degré de mobilisation. Regardez qui... qui est dans la rue aujourd'hui. Et j'espère qu'il y aura des réponses très concrètes. Aujourd'hui, on va se mobiliser. Vous demandez combien ? Nous, on demande 100 euros d'augmentation nette par mois du SMIC. Parce qu'en fait, à partir du moment où on augmente le SMIC de façon significative... Vous êtes d'accord entre vous ? Avec les autres organisations syndicales, on demande globalement un geste significatif. Après, si on a des discussions qui permettent vraiment de discuter des montants, ça fait partie de la discussion et de la négociation. La CFDT, c'est un syndicat de dialogue. On ne peut pas nous dire, vous manifestez, et le Premier ministre s'exprimera dans un jour, deux jours ou trois jours, et ça sera à prendre ou à laisser. Ce n'est pas comme ça que ça marche. On est dans un mouvement social qui, j'espère, va être massif aujourd'hui. falloir pouvoir avoir des vraies discussions et des échanges et puis il n'y a pas que le smic dans la vie c'est important c'est ça concerne deux millions de personnes aujourd'hui qui sont qui sont au smic mais l'idée c'est de pouvoir Négocier sur l'ensemble des grilles de salaire. Et aujourd'hui, on voit qu'à chaque fois qu'il y a de l'inflation, le SMIC augmente. Mais il y a un tassement, en fait. Il y a vraiment un tassement vers le bas. Et il faut le pouvoir. Il faut avoir des
négociations. Mais des négociations aussi avec la question des entreprises. Vous dites, moi je suis persuadée qu'il reste des marges de manœuvre pour le gouvernement. Reste-t-il des marges de manœuvre pour les entreprises ? Est-ce qu'aujourd'hui, les entreprises qui vous dites, on est dans un record de faillite d'entreprises, est-ce que sincèrement... vous pensez qu'ils ont les moyens d'augmenter les salaires ? Je ne parle pas de toutes les entreprises, bien sûr.
Je ne nie pas qu'il y a des difficultés, un nombre de petites entreprises qui sont en grande difficulté, mais il y a des secteurs d'activité, il y a des entreprises qui se portent très bien, qui ne jouent pas le jeu de la négociation des salaires. Clairement, on a nous des équipes syndicales qui sont mobilisées tous les jours, il y en a qui obtiennent des revalorisations salariales, et d'autres, on leur dit, circuler, il n'y a rien à voir. On ne veut pas négocier sur les salaires, on ne veut pas négocier sur les prix. carburant. Et donc là, la question c'est de dire, pour ceux qui le peuvent, c'est pour ça que c'est intelligent de dire c'est la négociation qui doit pouvoir fixer les augmentations salariales. Nous on ne demande pas une loi qui va définir pour l'ensemble des entreprises. Ça doit être fait entreprise par entreprise. Et faire confiance à ce dialogue social, c'est faire confiance à la prise en compte des réalités. Et donc lorsque l'entreprise le peut, elles doivent pouvoir répondre à cette demande d'augmentation salariale. Marie-Lise
Léon, vous serez en tête de cortège avec vos autres camarades syndiqués, patrons de syndicats, intersyndicales, vous êtes un front uni. Vous serez où ? Vous serez à République ? On n'a plus très bien en tête. C'est quoi ? C'est République Nation finalement ? C'est
République Nation pour le cortège de Paris. Ça a été extrêmement difficile en termes de préparation et je pense qu'on a... un sujet qu'il va falloir traiter avec les préfectures après la journée d'aujourd'hui parce que tout a été fait pour qu'on n'ait pas les informations dans les temps. Les modalités ont vraiment été compliquées. C'est assez exceptionnel que ce soit si compliqué et je pense que c'est Ce n'est pas le moment d'envoyer le message, de compliquer la vie des organisations syndicales qui veulent organiser des manifestations dans de très bonnes conditions. La CFDT est une organisation non violente. Vous
demandiez
République Concorde comme d'autres ? Bastille. Initialement, le parcours initial qui a été déposé, c'était Bastille-Concorde. Tout le monde sait, lorsqu'on est une organisation syndicale qui a l'habitude d'organiser des manifestations, les parcours déposés initialement font l'objet de discussions, de négociations. C'est une base qui a été posée le 21 octobre. Il a fallu attendre que les organisations assignent la préfecture au tribunal administratif pour qu'on ait une réponse. Ça veut dire que depuis le 21 octobre, vous n'aviez pas de réponse ? On n'avait pas de réponse. C'est là que je vous dis qu'on a un vrai sujet. Parce que nous, on a l'impression effectivement que tout s'est joué quasiment dans les dernières 24 heures. Non, ça s'est joué dans les 24 heures parce que nous n'avons pas eu de réponse avant hier. Et je pense qu'on n'est pas dans les conditions d'organisation de bonnes conditions lorsqu'on nous répond la veille. Après, vous saviez en
demandant Bastille-Concorde, c'est-à-dire en finissant à Concorde, qu'il y avait quand même de fortes choses. chance que ce soit refusé. Là, c'est un peu de la provoque, vous le savez bien, dans le contexte actuel et avec les violences régulières à la fin des parcours. Tous les parcours font l'objet de discussion et de
négociations. Je n'en connais pas un qui atterrit du premier coup. Et là où je pense que c'est... Peut-être que les préfectures testent la volonté des organisations syndicales jusqu'où on est prêt à aller. Nous avons été au bout, jusqu'au tribunal administratif, parce que la question de la défense du droit à manifester, c'est essentiel pour la CFDT. Mais vous entendez
la question, vous dites, nous sommes une organisation non-violente. Vous entendez la question, évidemment, lorsque vous voyez les dimanches qui se sont écoulés, en particulier, évidemment, le 17 octobre. Lorsque vous voyez aussi avant des moments où ça a dégénéré dans des manifestations lycéennes ou des blocages lycéens, vous comprenez que cette question de la violence, elle doit être désormais prise en compte. Elle est prise en compte. Elle
vous concerne aussi. Exactement. Mais il faut bien être clair sur la répartition des rôles. Il y a un rôle de l'État de garantir l'ordre public. Il y a une responsabilité des organisations syndicales d'assurer la sécurité dans les cortèges que nous organisons. Est-ce que vous comprenez les décisions
? sont désormais qu'il n'y ait plus le temps que ça se calme de manifestations les samedis dans les centres-villes. Ça,
ça fait partie des discussions qui ont été aussi avec la préfecture de Paris. Moi, je pense qu'une manifestation, elle est faite pour être visible. Elle n'est pas faite pour être cachée dans un recoin. Et donc, ça pose véritablement la question de la liberté de manifester. Et donc, nous sommes nous, CFDT, contre le fait d'être renvoyés en périphérie. pour isoler les cortèges, parce que nous sommes en responsabilité et que nous savons que nous pouvons assurer la sécurité dans nos cortèges. Est-ce que vraiment vous pensez que vous pouvez désormais assurer la sécurité ? Alors dans vos cortèges, oui, mais à la fin des cortèges. Oui, mais à la fin des cortèges, ça c'est le rôle de l'État. C'est le rôle de l'État d'assurer cette sécurité. Oui, mais lorsque la fin des cortèges se trouve
par exemple à Bastille et qu'il y a de nombreux magasins dans ce coin-là, qu'est-ce que vous dites aux commerçants ? Eux aussi, ils ont des problèmes de vie
chère, eux aussi ils ont des problèmes de pouvoir d'achat. Et il y a des salariés ? dans ces commerces qui nous disent qu'ils ont été extrêmement choqués au moment des violences ils sont en première ligne ils sont en première il n'y a pas que des employeurs et des petits patrons qui sont exposés et ils nous disent eux qui sont au cœur de ces commerces, c'est aussi important de défendre la liberté et le droit de manifester. C'est une liberté fondamentale. Et dans un moment comme on est aujourd'hui, à quelques mois d'une élection présidentielle, où on peut avoir une bascule majeure pour notre démocratie, je pense que c'est le moment de dire haut et fort que nous devons défendre ce droit fondamental.
Il y a la journée d'aujourd'hui et il y a la suite. Certains commencent à dire qu'il faudrait faire un 6-7, c'est-à-dire le 6 et le 7, les demain et après-demain. et qu'il soit des journées également de mobilisation, mobilisation également samedi. Quel est votre point de vue là-dessus ?
La CFDT, elle dit qu'on réussit cette journée du 5 novembre, et la balle est dans le camp. Ce soir, la balle est dans le camp du gouvernement. On veut des réponses concrètes. Vous l'avez évoqué, ils ont l'intention d'augmenter le SMIC de combien ? À quel moment ? Est-ce qu'il y a une véritable volonté d'impulser des négociations dans les branches, dans les entreprises ? On est en capacité de négocier en un mois, un mois et demi, dans l'ensemble des secteurs d'activité. Donc, quelle est l'impulsion et la responsabilité qui est prête à prendre le gouvernement ? Donc, pour vous, c'est aujourd'hui et le reste, on verra. Et on verra ce soir, on verra demain. J'espère qu'il y aura des annonces extrêmement rapidement. Est-ce que vous avez rendez-vous ?
Est-ce qu'ils vous disent, écoutez, on vous laisse passer votre journée, on s'appelle ce soir ? Est-ce que les choses se
font de manière fluide ? Il y a eu des échanges, notamment avec le ministre du Travail, cette semaine. En ce qui concerne les modalités de réponse, on n'a pas encore d'informations. Vous n'avez pas de date, il ne vous dit pas, je vous réponds
ce soir sur le SMIC, je vous réponds demain.
Pas encore, je pense qu'ils attendent de voir l'ampleur de la journée. Et après la journée d'aujourd'hui, je pense qu'ils seront convaincus qu'il faut faire quelque chose.
Marinise Léon, vous dites que nous sommes dans un moment de basculement majeur pour notre démocratie. Comment vous jugez le climat actuel ?
Le climat, je suis très inquiète parce qu'il y a beaucoup de colère, il y a beaucoup d'attentes de la part des travailleurs et des travailleuses que je représente, que nous représentons avec l'ensemble des militants CFDT. Et cette colère, elle vient surtout du fait d'avoir le sentiment de ne pas être écoutée ni entendue. Et je pense que ça, ça fait partie des conséquences d'une forme d'exercice du pouvoir depuis quelques années extrêmement verticale. Et notamment avec cette journée de manifestation, l'idée est aussi de se dire qu'on a des problématiques du pouvoir de vivre, on a du mal à boucler les fins de mois, on ne peut pas faire face à un certain nombre de dépenses. Aujourd'hui, la vie est de plus en plus chère, on veut être entendu et écouté. Et la CFDT est dans son rôle de dire... On organise, on se fait les porte-voix. Soyons dans la rue. Pour vous, l'usage du
pouvoir d'Emmanuel Macron est en cause, au-delà de la question juste de l'économie, j'allais dire. C'est pas un
scoop. En 2017, dès son élection, la CFDT a adressé une lettre ouverte au président de la République, en lui disant « Partagez le pouvoir, monsieur le président ». On a eu des épisodes. comme les Gilets jaunes, la guerre en Ukraine avec un certain nombre d'impacts extrêmement forts sur la société. On a participé, nous, CFDT, au Grand débat national, au Conseil national de la refondation. Je pourrais vous égrener tout ce qui a pu être initié. Est-ce que vous avez un sentiment, Marie-Lise Léon, de gâchis ? Oui, c'est un gros gâchis. C'est un gâchis parce que... Les problématiques, ça fait des années qu'on les dénonce, qu'on les met sur la table. On le fait avec le PAC du pouvoir de vivre d'ailleurs, qui est un ensemble de 65 organisations de la société civile qui sont au plus près des personnes les plus éloignées de l'emploi, les personnes en situation de pauvreté, les personnes qui ont des problématiques de logement. Et tous les signaux ont été passés. On a joué le jeu du dialogue de la construction d'un certain nombre de solutions. Je me souviens de votre prédécesseur que j
'avais interviewé comme vous, Laurent Berger. et d'un moment où les choses se sont crispées, non pas sur le fond, parce qu'au fond, comme vous le dites, vous étiez prêt à jouer le jeu, mais il y a eu un moment de bascule où il a eu le sentiment, pardon, presque d'être pris pour un imbécile. Il y a eu cette crispation entre Emmanuel Macron et Laurent Berger. Est-ce que vous pensez que les choses auraient pu être différentes ?
je pense que les choses auraient pu être différentes s'il y avait eu une véritable volonté. de partager le pouvoir et d'écouter ce que l'ensemble de la société civile. Donc c'est un problème d'usage du pouvoir. Je pense que c'est une vision verticale. Et puis au-delà du fait d'avoir des responsables politiques, je ne vais pas juste focaliser sur Emmanuel Macron, c'est une vision de la politique à partir du moment où on est élu, on est légitime et on fait ce que l'on veut. Ce n'est pas comme ça que ça marche la démocratie. La démocratie c'est tous les jours. C'est rendre compte aux citoyens, c'est écouter ce qu'ils ont à dire. le lundi et le vendredi. C'est véritablement être à l'écoute. Et je pense que c'est ce dont on a souffert. Et j'ai envie de dire que ce n'est pas trop tard, parce que j'évoque l'élection présidentielle dans six mois, mais tous les acteurs de la société civile avec qui nous travaillons, on sera tous là, nous, dans six mois. Et donc, ce n'est pas qu'une question. Le pouvoir actuel, il doit bien entendre. que l'élection présidentielle, elle ne résoudra pas tous les problèmes d'un coup avec un homme présidentiel qui d'un coup de baguette magique résoudra tous les problèmes. Justement,
l'élection, Marie-Lise Léon, il y a une question aussi sur la date. Officiellement, au moment où on se parle, ce qui est prévu, c'est que le deuxième tour tombe le 2 mai prochain, c'est-à-dire le lendemain du premier. Le premier, c'est une journée traditionnellement de très forte mobilisation, mobilisation du travail, mobilisation aussi politique avec le RN qui en fait traditionnellement. sa grande journée de manifestation autour de la statue de Jeanne d'Arc. Certaines voix commencent à dire, Raphaël Glucksmann, qui était mon invité en début de semaine, qu'il n'est pas opportun de maintenir cette date, que dans le climat actuel, il vaudrait mieux décorréler l'élection présidentielle d'un lendemain de forte mobilisation, voire même éventuellement de débordement. Il incite à avancer d'une semaine. Quelle est votre position à vous ? C
'est vrai que ce n'est vraiment pas idéal d'avoir un deuxième tour au 2 mai. Je ne sais pas quelle... Ce sont les raisons pour lesquelles c'est cette date-là qui a été retenue. Il y a une raison qui est la
question des vacances.
La raison à invoquer, c'est que si on le fait une semaine avant, il y
a
une partie de la France qui sera en vacances. De toute façon, l'élection présidentielle, le premier tour, c'est le 18 avril, et c'est là que vont se jouer un certain nombre de choses. Pour la CFDT, le 1er mai 2027, il n'est pas question qu'on n'ait pas la possibilité d'organiser... Ce qu'est cette fête des travailleurs et des travailleuses. Et s'il y a un besoin autour de la question de la défense de la démocratie, on sera aussi au rendez-vous.
Quand vous dites défense de la démocratie, est-ce que ça veut dire qu'à vos yeux, vous pensez uniquement à l'éventualité du RN au pouvoir ? Ou est-ce que vous estimez qu'un second tour RN-LFI est en soi une forme de privation ? Ah
non, pas du tout. Pour le coup, quand j'évoque la question démocratique, la CFDT, elle est extrêmement claire. Vous appellerez à faire barrage, quoi qu'il arrive au RN ? Mais ça, ce n'est pas nouveau, ce n'est pas un scoop. Ça fait des années que la CFDT est engagée dans la lutte contre des idées d'extrême droite et nous serons mobilisés pour éviter qu'elles arrivent au pouvoir, c'est certain. Vous appellerez à voter dans ce cas-là LFI ? Ça, on verra. Je vous dis, le rendez-vous, c'est le 18 avril et ça sera déjà une étape importante. Vous avez entendu le
patron du MEDEF, M. Marat. Certains qui accusent les syndicats d'être trop politisés parce qu'ils refuseraient de parler avec le RN.
Ça
vous a choqué
? Ça m'a choqué et déplu. Il a supposé que ça pouvait rendre un peu suspicieux le dialogue social et la démocratie sociale. On s'en est expliqué. On passe à autre chose. Je pense que les organisations syndicales... patronales, comme de salariés, ne sont pas là pour faire de la politique et c'est valable pour tout le monde.
Et quand vous dites que c'est valable pour tout le monde, ça veut dire que le fait que lui et qu'un certain nombre de patrons décident désormais alors que c'était... Ce n'est pas le cas avant de parler avec Marine Le Pen, par exemple.
Est-ce que ça, ça vous apparaît, vous, comme un échec ? Ce n'est pas le choix de la CFDT, d'autres organisations syndicales. C'est leur choix. Ça fait partie des éléments avec lesquels chaque organisation décide de sa stratégie et de la façon dont elle veut travailler avec les organisations politiques. Marie-Lise Léon,
à combien vous estimerez que c'est un succès aujourd'hui ?
vous
mesurez
que c'est
une
journée ? C'est toujours compliqué. Vous allez me dire entre les chiffres de la police ou des syndicats. Au moins une mobilisation à hauteur de 800 000 personnes, ça sera une belle satisfaction. Moi, ce que je veux aussi, c'est qu'on ait tous les secteurs d'activité et que, notamment ce qu'on appelle les essentiels, qui sont tous ceux et celles qui ont été exposés au Covid et qui attendent toujours une reconnaissance. Et oui, parce que quand on dit il faut des négociations salariales, je pense à elles. Et je pense à elles parce que ce sont beaucoup des femmes, des aides-soignantes, des aides à domicile qui ont été extrêmement mobilisées et qui attendent cette reconnaissance. Mais sans cette journée, c'est véritablement pour la CFDT la journée de la dignité au travail. Et ça doit être le message que le gouvernement entend.
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