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Bonsoir, Marine Tondelier. Merci d'être avec nous, candidate à l'élection présidentielle, candidate des écologistes. Une démonstration de force aujourd'hui, diriez-vous ?
démonstration de force, mais démonstration de joie. Moi, c'est ça qui m'a vraiment marquée. C'est pour ça que quand on arrive, c'est normal, on est en manifestation, il fait jour, c'est hyper festif, hyper joyeux, hyper chaleureux, convivial. Il y avait de l'humour, il y avait de l'amour. Franchement, ça fait du bien. Il y a plein de gens qui se foutent dans ce pays. Allez en manif, allez en manif, on est ensemble, on est solidaires et on ne va pas laisser tomber. Alors c'est sûr que quand on revient et qu'on voit les images toujours un peu crépusculaires de fin de manif, là ça va, je remercie ces gens qui sont en train de danser pour qu'on ait d'autres images que des images de quart de CRS. Mais du coup voilà, moi c'est ce qui m'a beaucoup touchée dans cette société qui va si mal, dans cette élection présidentielle qui est si tendue, un pays qui est tiraillé, on l'a vu avec trappe, il y a plein de choses tellement dures en ce moment qu'être une après-midi ensemble dans la rue, la gauche... ensemble réunis. Tout le monde y était. Certains sont partis plus vite. Le fait qu'à République, toute la gauche était présente ensemble, ça m'a émue parce que je fais une double campagne pour la présidentielle, pour l'écologie et pour l'Union. Je veux un chemin de victoire pour notre camp politique. Je veux un débouché politique pour tout ça. On ne manifeste pas juste pour Macron. Ce n'est pas pour la rue, c'est le débouché politique. C'est rendez-vous dans 5 mois et demi. Le débouché politique, c'est 2 choses. ce que les politiques publiques peuvent faire pour les gens maintenant. Et donc, c'est ce que vous venez de discuter avec M. Souillot. – Qu'en
pensez-vous d'avoir une conférence sociale lundi ? – Vous savez, des
conférences sociales, depuis le début du macronisme, on en a connu quelques-unes, on n'en a pas sorti grand-chose. Mais la demande des syndicats… Plus 100 euros de SMIC. En fait, c'est plus 7% à peu près du SMIC. Nous, dans notre programme présidentiel chez les écologistes, on propose le SMIC à 2000 euros bruts. En fait, c'est à peu près la même chose. Donc évidemment, on soutient ça. Vous savez, il y a aujourd'hui 2 300 000 Françaises et Français qui sont des travailleurs pauvres, qui travaillent. et que le travail ne permet pas de sortir de la précarité, qui ont du mal à se loger, qui ont du mal à se nourrir, qui ont du mal à remplir le plein d'essence. C'est assez terrible. Et donc, évidemment que c'est utile. Il y a 23% des enfants en France qui ne mangent pas trois repas par jour. Mais j'ose espérer que tout le monde ait... Donc ça, on doit réagir. Mais le débouché politique, c'est aussi... Remplacer les macronistes. Evidemment. Et donc ça c'est un autre sujet. Il y a les deux. Les revendications des réponses maintenant du gouvernement. Et puis ce qu'on en fera plus tard. Et moi je dis mon rêve. Maintenant qu'on manifeste et qu'on remanifestera sans doute dans la même joie et la bonne humeur. Moi mon rêve ce serait qu'on arrive à faire un grand meeting. Vous savez dans un grand stade de foot. Comme il y avait en 68, il y a vu ça à Charletti. Des dizaines de milliers de personnes réunies dans un meeting. vraiment puissent discuter des revendications. Et ce serait au syndicat de l'organiser. Vous seriez main dans la main avec M.
Mélenchon et M.
Glucksmann ? Eh bien pourquoi pas. Pourquoi pas ? Et à la fin que le meilleur gagne. Mais vous voyez, le sujet c'est au syndicat de l'organiser, mais c'est comment on continue, on va continuer à manifester,
mais qu'est-ce qu'on fait d'autre ? C'est important parce qu'il y a la joie, il y a la bonne humeur dont vous parlez, mais je suis désolée de casser un peu l'ambiance. Certains parlent d'une crise financière. Je crois que vous partagez ça. Le gouvernement, depuis trois semaines à moi, dit que les caisses sont vides, on n'a pas d'argent, le budget en l'os. Et là, on fait une conférence sociale et possiblement on sort de l'argent. Expliquez-nous ce qui s'est passé en trois semaines.
Pourquoi ce changement ? Un, ils se sont rendu compte qu'ils n'avaient pas le choix. C'est-à-dire que c'est faire ça ou partir. Je le dis, là, des questions du départ de M. Lecornu se posent. Il a l'exploit pour la deuxième année de suite d'avoir un vote à l'Assemblée nationale à l'unanimité contre son budget. qui ne satisfait à la fin de l'examen de l'Assemblée nationale, personne. La fois dernière, il y avait une voix pour. Aujourd'hui, zéro. C'est-à-dire que le seul point commun de tous les députés, le seul truc sur lequel ils se sont mis d'accord depuis bien longtemps, c'est qu'ils ne voulaient pas de ce budget. Bon, OK. Et donc, si ce n'est pas répondre à toutes ces personnes dans la route qui manifestent, en fait, pour toute l'œuvre des macronistes, c'est pour 10 ans de leur bonne œuvre, ça va être compliqué.
Mais je pense
qu'ils devront partir. Je pense que la question se pose.
Mais d'une élection anticipée ou simplement du chef du gouvernement ? On a nommé
d'autres premiers ministres, il me semble que le nouveau Front populaire était en tête aux élections légitatives. Mais vous pensez que ça pourrait changer quelque chose Ah oui, alors s'il y avait un premier ministre du nouveau Front populaire, oui, ça changerait quelque chose. On n'aurait pas mis un mois et demi à recevoir les lycéens qui avaient des revendications extrêmement légitimes, comme avoir du papier dans les toilettes, avoir une porte dans les toilettes, avoir assez de tables et de chaises dans les salles de classe. Vous vous rendez compte qu'on leur envoie les CRS pendant un mois et demi avant de les recevoir à Matignon ? C'est quoi cette histoire ? On remercie aussi les forces violentes qui ont
permis aujourd'hui des manifestations et des cortages. Et les organisations syndicales,
merci de vous reprendre, qui ont organisé ça. Et franchement, le gouvernement, son rôle, c'est d'organiser le dialogue social. Quand il n'est capable d'envoyer que des forces de l'ordre, c'est quand même compliqué. C'est-à-dire que leur seule réponse au blocage, c'est... Non, tu débloques et on t'envoie de la sécurité pour le faire. Pourquoi
la réponse ou le début de réponse ou les premiers éléments n'arrivent que maintenant ? C'est
à monsieur Lecornu, invitez-le, demandez-lui. Nous, on l'aurait fait le jour même et peut-être même que ces manifestations n'auraient pas eu lieu. Vous avez déjà dit qu'il y avait une stratégie
du pourrissement. Vous créez qu'un gouvernement joue au pourrissement avec tous les risques de violence, de
heurts ? Ce n'est pas que je le crois, c'est qu'ils l'ont dit. l'ont dit. Ils ont passé des conseils en disant « nous ne voulons pas de blocage ». Ils l'ont dit sur vos plateaux « nous ne voulons pas de blocage ». Monsieur Lunez, ministre de l'Intérieur, quand ils nous reçoivent tous à Matignon, il est présent, il dit une phrase géniale. Il dit « Nous, on n'est pas contre les blocages, on veut bien que les jeunes bloquent, mais on ne veut pas de blocage total. » Donc en fait, les macronistes, ils veulent bien des blocages, mais ils veulent des blocages où on peut passer. Alors sans doute qu'ils veulent des grèves aussi où on travaille. C'est vraiment des gens qui n'ont jamais été dans le mouvement social. Ça existe dans d'autres pays, mais il faut peut-être qu'on a raison. Hier, j'ai fait un débat avec M. Dupont-Moretti sur « Est-il encore possible de l'initiative dans le pays ? » Et je lui disais, mais il disait « Ouais, avant, c'était pas comme ça, etc. » Et quand je lui dis « Mais vous aviez déjà fait des manifestations ? » Il dit « Ah non, jamais de ma vie. » Je dis « Bah alors… » Ne commentez pas. C'est-à-dire que nous, ça fait 15 ans qu'on en fait. On peut avoir un avis sans être dans la rue. C'était rigolo, ce qui dit oui, avant, c'était pas comme ça. En tout cas, moi, je trouve que ces jeunes, vraiment, je veux les remercier parce qu'ils ont réveillé ce pays. Je voyais beaucoup de gens à gauche, non pas qu'il y avait la tête baissée qui courbait les Chines, mais c'est quand même très dur. Et il y a un moment, on se demande à quoi ça sert. Et ces jeunes, ils se sont pas posé cette question de dire à quoi ça sert. Ils ont
tracé tout droit. Marine Tandelier.
Et ils nous ont remis tous dans la rue derrière eux. Je vais vous poser. Merci.
Je vais vous poser la question dans quelques instants, si c'est une génération qui se lève, mais aussi un pays qui s'effondre. Tout d'abord, permettez, on va passer par la place de la nation, parce que c'est vraiment la fin, écoutez notre journaliste sur place, vous voyez la stratégie de dispersion, vous voyez ces lignes de CRS, et là, véritablement, il est 19h30. Je vois des images
anxiogènes, mais tout va bien se passer.
Anxiogène, là
? Oui, parce que vous voyez, j'imagine mes parents qui sont devant la télé en train de dire, rien que voir tous dispositifs policiers, c'est assez impressionnant.
C'est comme ça qu'il y a permis aux gens de manifester. Je préfère les images
autour de nous qui montrent les manifestants et la joie de tout à l'heure. Vous
voulez choisir les images qu'on met à la fois à l'école et autour de vous. Exactement, j'ai mon mot à dire, c'est la démocratie. Ça m'inquiète la démocratie. Si vous voulez voir de belles images, allez sur les réseaux sociaux, il n'y en a pas. On peut voir aussi la réalité. Regardez, notre journaliste qui nous raconte la fin tout simplement.
Alors tout à fait, il s'agit de rendre compte de ce qu'on voit et de ce qui se passe avec précision. Les faits, avant tout, là ce qui se passe c'est actuellement la dispersion. par les CRS qui repoussent les manifestants vers les bouches de métro. Certains en bas de la bouche de métro sont remontés pour pousser les forces de l'ordre, les forces de l'ordre qui, eux, à leur tour, ont donné des coups de matraque sur des objets, des objets, vous savez, les rampes des bouches de métro, afin de fluidifier ce qui se passe. Et à l'arrière-plan, vous ne le voyez pas, mais la place est totalement vide, totalement vide, place de la nation, avec... Les CRS qui sont sur le pourtour du rond-point de part et d'autre aussi des 8 avenues adjacentes à la place de la Nation, ce qui fait que cette place s'est vidée dans le calme majoritairement sans heure, même s'il y a eu un va-et-vient avec quelques tensions ponctuelles, circonstanciées, qui ne sont pas représentatives de cette journée qui était majoritairement calme. Mais là nous assistons à quelques tensions de nouveau où les manifestants sont en train de crier. Tout le monde déteste la police, de crier aussi « Aqab », vous savez ce slogan souvent utilisé par l'ultra-gauche qui veut dire que tous les policiers sont des pourris. Et nous assistons en tout cas en ce moment à cette dispersion, cette dispersion avec des étudiants, des lycéens, différents profils. Nous avons vu aussi un petit peu plus tôt un groupe d'individus majoritairement masculins, cagoulés de noirs, qui ont jeté des projectiles à l'encontre des forces de l'ordre. Les forces de l'ordre qui, elles, ont fait usage de grenades assourdissantes un petit peu plus tôt. Et désormais, c'est la fin de cette dispersion qui semble se dérouler avec un... va et vient de tensions malgré tout, il faut le dire, puisque ces manifestants crient aussi à l'encontre des forces de l'ordre et certains descendent et certains comptent rester.
Merci à vous pour ce compte-rendu de la situation. Question à vous poser, ce qui s'est passé dans les cortèges également. Vous avez souligné la présence de la gauche. On a vu Jean-Luc Mélenchon avec de nombreux élus à la fille. Et on a vu Raphaël Glucksmann, je vous en parlais tout à l'heure. Il y a eu de nombreux
élus écologistes aussi à l'époque.
Certainement. Raphaël Glucksmann hué et puis qui a fini par quitter le cortège. Est-ce que tout le monde est bienvenu dans ce genre de manifestation de la joie, comme vous dites
vais le tourner autrement. Je veux dire que c'est bien que tout le monde soit venu.
Voilà, c'était pas ma
question. Après, vous savez, les images sur les réseaux sociaux. J'ai vu M. Calfon, je ne sais pas si c'était à votre antenne, qui disait « j'étais avec lui, ça ne s'est pas passé exactement comme ça ». Il y avait aussi plein de gens qui le remerciaient, ce qui est à mon avis le cas. Et donc le drame des réseaux sociaux, c'est que vous prenez une séquence, vous l'isolez et vous dites « ça s'est passé pendant deux heures comme ça », ce qui n'est pas forcément le cas. Après, les slogans « tout le monde déteste le PS », je les ai entendus là, « la fête de l'UMA », ça existe comme ça. Mais c'est vrai que Raphaël Guzman, ce n'est pas un habitué du mouvement social. Je ne le croise pas dans toutes les manifs que je fais depuis 15 ans. C'est pour
ça qu'il est attaqué de cette manière-là ?
venu à la manifestation sur les violences sexistes et sexuelles, il y a eu cette vidéo qui était passée de quelqu'un qui l'interpellait. En fait, il faut savoir qu'on manifestait tous les lundis depuis des semaines et que cette fois-là, c'était la primaire socialiste, donc tous les candidats socialistes étaient venus. Il y avait Olivier Faure, il y avait Jérôme Gage, il y avait Karim Boimaran, qui n'est pas quand on irait à la primaire, mais qui est socialiste. Et donc les gens, ils avaient un truc genre, attendez, ils ne sont jamais venus, on est tous seuls, c'est des gens qui sont victimes de violences, qui sont dans un truc tous les lundis, qui se mobilisaient avec aussi des moments de tension sur les autorisations de manif, etc. Et donc voilà, ils prennent un peu main en disant, c'est maintenant que vous arrivez. Franchement, dans le mouvement social, on se fait chahuter. Moi, franchement, à Lille, la semaine dernière, je me suis pris une remarque, quelqu'un m'a dit, je ne sais plus quoi, c'est complètement absurde. Et voilà, t'en rigoles et tu passes à autre chose.
Tout à l'heure, nos journalistes nous ont raconté, Marine Tondelie, que des effigies du président de la République, mais également de Marine Le Pen, ont été brûlées.
Alors attendez, c'est pas du tout pareil que Raphaël Bluxmann qui
se
fait chahuter en arrivant à Manif. Donc on change le sujet.
Symboliquement, c'est aussi une forme de
détestation. Écoutez, moi, c'est pas mes méthodes. Vous ne me verrez jamais faire ça. Après, vous savez, dans ce pays, il y a de la colère. Beaucoup. Quand on est représentant politique, on y est très exposé. Et moi, je le sais, je vois aussi des choses de moi parfois, y compris des journalistes qui peuvent me choquer. Mais c'est vrai que quand vous mettez un pied dans l'arène politique, c'est comme ça que ça se passe. C'est pour ça aussi qu'il y a certains publics, les femmes en particulier, qui des fois s'en retirent en disant que c'est trop dur. S'il
y avait une effigie à votre endroit qui était brûlée, il n
'y a pas de problème. Mais ce que je vous dis, c'est que... Quand les agriculteurs, par exemple, font des manifestations, je trouve que le gouvernement est très enclin à tolérer une certaine forme de violence en disant, vous comprenez, ils sont en colère. Moi, j'ai vu, combien de fois j'ai vu, et j'en ai discuté avec la défenseur des droits, c'est elle qui me disait ça. Elle me disait, la colère sociale, ça existe, et l'État est parfois prêt à en tolérer une certaine forme. Et ce qui est OK, en fait, de dire, vous êtes en colère, j'ai compris, je vous réponds. Vous avez vu beaucoup de
paysans jeter des pavés sur les forces
-là ? Moi, j'ai vu des paysans... Par exemple, devant des préfectures, lâcher du lisier. Moi, j'ai été poursuivie, menacée de mort pendant 48 heures dans le lot des barres. Non, mais ça, il faut le condamner. Et le préfet sort, il leur sert la main en disant « Je vous étiez en colère, arrêtez de dégrader, rentrez, on va discuter. » Et donc, j'aimerais... que l'État, qui est capable de discuter comme ça avec les paysans, même quand je trouve que leurs méthodes sont un peu hardcore, soit capable de discuter pareil avec la jeunesse. Ils n'en ont pas été capables pendant un mois et demi. Vous imaginez la résilience qu'il a fallu pour rester souriant et joyeux sur ces images après ce qu'ils ont vécu ? Moi, hier, à Lille, il y a encore eu des arrestations hyper musclées. Les jeunes, ils vous envoient la vidéo en disant « Madame, tenez, regardez ». Alors, je ne sais pas ce qui leur est reproché. Enfin, il faut toujours faire attention. Mais franchement, ces jeunes que j'avais rencontrées il y a 15 jours, je n'imagine pas qu'ils avaient commis des actes qui méritaient ce qu'ils ont subi en termes d'arrestation. Dans le monde
entier, les gens regardent ça en disant mais qu'est-ce qu'ils font en France ? Est-ce que vous recevez les mêmes images de policiers qui vous disent regardez Madame Tandelier ce qu'on a subi ?
Alors, ils ont subi des choses qui sont inacceptables. Et les commerçants aussi. Et les commerçants aussi. Donc, ce qui a lieu dans ce sens-là, il faut le condamner. Mais ça n'est pas toute l'information et toute l'actualité. Vous voyez, aujourd'hui, par exemple, boulevard Voltaire, ces commerçants que moi j'avais rencontrés après le 17 octobre, dont certains étaient traumatisés par ce qu'ils avaient vécu, c'est-à-dire le chaos et l'absence d'État. Ils ont dit l'État à 18h a disparu. Et on était livrés à nous-mêmes et on a cru qu'on allait mourir. C'est ça qu'ils ont vécu. C'est des gens qui sont dans les manifs et qui y étaient encore cette fois-ci. Eh bien là, vouloir Voltaire, j'ai vu des commerces fermés, mais j'ai aussi vu... Il y avait une boulangerie, par exemple, qui était ouverte et tout le monde allait s'acheter à manger. Il y a des gens qui se sentaient suffisamment en confiance pour ouvrir. Non, il y en a eu plusieurs sur le parcours.
Mais vous dites aujourd'hui, par rapport à tous ces commerçants, vous l'avez dit, qui pour certains ont peur, mais pour d'autres sont détruits un petit peu, j'allais dire, moralement, psychologiquement, parce qu'ils voient le fruit de leur année de travail qui sont partis. Vous leur dites... C'est comme ça ? On va continuer par des tracés qui passent aussi par les centres-villes ? Il faut l'accepter ? Alors, ce n'est pas moi, ni qui demande les tracés, ni qui les valide. Je sais bien. J'ai beaucoup sur les épaules,
pas ça. Mais premièrement, moi, j'ai trouvé qu'on se localisait beaucoup sur les parcours et qu'on ne parlait plus de parcours sup. J'avais un problème à moi, c'est que l'actualité, 24 heures avant la manif, toute l'actualité, c'était quel va être le parcours. Moi, je vais vous dire, je m'en fous du parcours, je marche. Je constate juste qu'on m'embrouille quand on me dit d'aller marcher au bord du périph. Pas les commerçants, vous reconnaissez-le, Marine Tondoli. Oui, mais vous savez, les commerçants de la Porte d'Italie. Quand vous leur dites la veille à 18h, en fait finalement on vient chez vous, leurs magasins sont fermés, leur équipe sont partie, ils n'ont plus le temps de se protéger. Donc est-ce que c'est mieux ? Je ne sais pas. Est-ce que c'est mieux de passer au-dessus de la scène, comme on l'a fait entre Port d'Italie et Port de Charenton ? Je vous passe la mémoire traumatique de 1961, mais aussi le fait que sans des gens malveillants qui jetteraient des gens dans la scène, il peut y avoir des mouvements de foule, c'est dangereux. Donc c'est exactement tout ce que le directeur général de la gendarmerie à Matignon nous avait dit qu'il ne fallait pas faire. On ne peut pas passer au-dessus de la scène, on ne peut pas passer à côté des voies ferrées, on l'a fait. On ne peut pas passer à côté des trucs où les gens aller sur le périph' on l'a fait alors à tout d'un coup ça posait plus de problème vous savez cette science des parcours ce n'est pas mon expertise moi on me dit où il faut marcher je marche mais mais mais les commerçants la réponse qu'il faut leur apporter c'est un Que les parcours soient sécurisés. Et je suis désolée, le 17 octobre, ce n'était pas de la responsabilité des manifestants que le dispositif ait été sous-dimensionné, qu'il n'y avait pas assez de temps de l'ordre. Et qu'à 18h, on leur dise, attention, venez tous aviser, il faut protéger les visées, disparaître l'une. C'est aussi la
faute des casseurs, des pilleurs. Oui, mais pas des manifestants.
Vous savez, moi, quand on me dit, vous voyez, Madame Tondelier, par rapport au commerce, il y a du cassage, des pilleurs, et donc, ce n'est pas vous. Ce n'est pas les manifestants. Mais est-ce qu'en tant que manifestant, vous ne portez quand même pas la responsabilité de dire « du coup, on ne manifeste plus ». Je leur ai répondu, vous voyez, la Ligue des champions. Quand il y a des heures à côté des matchs de foot et on sait que c'est récurrent, je n'ai entendu personne dire qu'on va annuler la Ligue des champions et annuler les matchs de foot. Donc le travail de l'État, c'est de faire en sorte que les citoyens, François Sureau l'explique très bien, c'est que l'État protège les citoyens. Les forces de l'ordre ne sont pas là pour protéger le pouvoir en place. Ils sont là pour protéger les citoyens, y compris quand ils manifestent qu'on peut pouvoir en place. Bien sûr, c'est la mission première de l'État. J'ai l'impression qu'aujourd'hui ça s'est bien passé.
Merci Monsieur Nunez et aux policiers. Merci aux forces
de l'ordre qui ont assuré le maintien de l'ordre. Mais aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup merci aux organisations syndicales qui ont fait sorte que ça se passe bien. Et c'est grâce à tout le monde dans la manif aussi, il faut le dire. Merci à chaque manifestant. C'était beau et j'espère qu'on recommence bientôt.
Mais attendez de voir ce qui va sortir lundi.
Alors, il y a une conférence sociale. Très bien. C'est le moment où je vais vous parler d'écologie. Préparez-vous. Donc, il y a l'orientation lycéenne, il y a la conférence sociale. Moi, aujourd'hui, à titre personnel, dans cette convergence des luttes, je soutenais toutes les luttes, mais moi, je marchais aussi pour l'écologie. Et vous l'avez rappelé
avec une journée historique, c'était hier, mais il y a quelques jours. Oui, parce qu'hier,
c'était les 10 ans de la mise en œuvre des accords de Paris, de la COP21. Tout le monde s'en fout, personne n'en parle. Et puis, dans quelques jours, va commencer la COP31. Et personne n'en parle et tout le monde s'en fout. Sauf que, vous voyez, il y a des études scientifiques qui sortent. Par exemple, là, au niveau mondial, en 2025, vous prenez toutes les terres émergées, les terres qui sortent de l'eau, il y en a la moitié qui ont vécu des sécheresses extraordinaires en 2025. Comment on fait ? Et en fait, quand on parle du pouvoir d'achat, la plupart des problèmes de pouvoir d'achat sont dus aussi au surendettement climatique. Quand je parle de surendettement climatique, je veux dire que chaque jour on vit à crédit sur la planète un peu plus, tous. On repousse les limites planétaires plus qu'elles ne peuvent contenir notre consommation, notre occupation de cette planète. Mais aussi le surendettement social, c'est chaque jour des gens qui n'arrivent plus à payer leur facture parce qu'on dépend du gaz, qui n'arrivent pas à faire le plein parce qu'on n'a pas de véhicule électrique. Lundi, vous
ne demandez pas au gouvernement de régler la fin du mois et la fin du monde ? Ah si. A la fin du mois ? En fait, ce
que je vous dis, c'est qu'on ne réglera pas les fins de mois. sans mener une politique de transition écolo. Parce que tant que vous ne sortez pas du pétrole et du gaz, tant que vous n'isolez pas les maisons, tant que vous... Non mais ce n'est pas que l'enjeu de la présidentielle, c'est un enjeu du budget. Attendez, le leasing social... Le budget dont vous avez
dit pique-pendre et qui est déjà terminé, on sait qu'il y a un 49.3, une censure... Oui mais attendez,
vous ne pouvez pas me faire ce reproche-là. Moi j'ai écrit le 16 août à M. Lecornu, Premier ministre, pour lui dire, cet été, sécheresse, canicule, incendie. 16 milliards d'euros en tout, de coût pour notre société. 16 milliards d'euros. Je lui écris en disant il faut une réunion d'urgence à la rentrée parce que je vous connais tous, à part les écologistes. Vous êtes tous plus ou moins écologistes cet été parce que c'est bon ton de lettres. Et une actualité en chassera une autre à la rentrée et plus personne n'en parlera. C'est exactement ce qui se passe. Donc j'avais dit je veux une réunion à la rentrée, tous les partis politiques. Et on s'en parle et on prend nos engagements ensemble. Il me répond le 10 octobre, quand je rentre de congé maternité, je reçois ce stage. Je dis 16 août, 10 octobre. Et à mon avis, c'est qu'il ne va pas faire la réunion. Et donc il dit qu'il n'y a pas besoin de réunion. Ça prend 10 lignes. Moi, j'avais fait 3 pages de constats, de solutions, etc. 10 lignes, il y a pas besoin. Il dit, pour les solutions, rassurez-vous, j'ai mandaté Monique Barbu pour faire des propositions. J'étais très rassurée pour ceux qui ne la connaissent pas, les ministres de l'écologie. Et si vous ne la connaissez pas, c'est exactement le problème. Et il dit, Monique Barbu, elle va rendre des propositions début octobre. Je reçois le courrier le 10 octobre. Je n'avais pas vu ces propositions du 1er octobre. On est maintenant en novembre, je ne les ai toujours pas vues. Et il dit à la fin, ça m'a vraiment énervé, il dit « et si vous voulez de l'argent pour l'écologie, il faut un budget ». Il ne dit pas « il faut plus d'argent pour l'écologie ». Il faut un budget, point, vous le votez.
Un budget qui divise le fond vert par
4 en 2 ans, qui rabote tout, qui ne permet pas de changer de voiture, qui ne permet pas d'isoler son logement. C'est des aides publiques, tout ça, à la fin. Vous dites là
au gouvernement de tout revoir, de tout changer, de tout... Mais je n'arrête
pas de leur dire depuis qu'ils sont en place. Les Français, ils ont besoin qu'on isole leur logement, ça allégera leur facteur d'électricité. Ils ont besoin qu'on lutte contre la sécheresse, ça permettra de baisser le coût de l'alimentation. Ils ont besoin de passer aux véhicules électriques. Par exemple, là, on a fait le leasing. Déjà, ça concernait très peu. Leasing, c'est quoi ? Vous payez chaque mois pour votre voiture, puis à la fin, au bout de trois ans, elle ne vous appartient pas. Moi, je veux, comme pour les HLM, vous savez les HLM, les logements sociaux, je veux des HLM version voiture. Je veux un parc social de voiture, un million de véhicules électriques. Allez dire aujourd'hui aux automobilistes
acheter électrique. Justement, le
parc social de véhicules électriques, c'est comme pour les HLM. C'est-à-dire que quand vous êtes un ménage modeste, il y en a beaucoup en France, vous payez votre loyer comme pour le leasing social, sauf qu'à la fin, la voiture, vous n'avez pas payé le concessionnaire. Ça appartient à l'État. Et donc, on constitue un patrimoine public de véhicules électriques, d'un million de véhicules électriques. On a plein de propositions. J'en viens au climat politique. – Mais on ne peut pas attendre à chaque fois six mois, puis après présidentiel, il y aura une autre élection. Ça fait des décennies que ça n'avance pas sur le pétrole, le club de Rome a dit il y a quelques décennies déjà qu'on allait en arriver là. Ils ne font rien, jamais. Il y a une canicule, tout le monde est colo, il n'y a plus de canicule, tout le monde attend la prochaine.
– Alors sur tous ces sujets, et sur le climat politique délétère dans un contexte social malgré tout explosif, qui va siffler la fin de la partie ? Est-ce qu'il faut Madame Tombeux ? Tondelier appelé de manière officielle, solennelle, au calme, à l'apaisement pour avoir des conditions saines et sereines pour le scrutin présidentiel. Moi je suis très très calme. Non mais je ne suis pas en train de vous dire à vous. Alors il faut appeler qui n'est pas calme. Vous trouvez que le climat politique est totalement serein, que les choses se passent dans une ambiance totalement détente ? Non, moi je suis atterrée. Je vais vous dire, je suis atterrée et
pas par les manifestations. Je suis atterrée parce qu'il s'est passé à Trappes, je vais vous le dire. Je suis extrêmement choquée par ce qu'il s'est passé à Trappes, mais très très choquée également. de l'absence de soutien du gouvernement là-dessus. Ce n'est pas possible que quand le maire de Trappes, qui a eu un discours impeccable sur tous vos plateaux, certains disent que c'est révélé dans la séquence, moi je le connais depuis 15 ans, il s'est révélé au grand public, ceux qui le connaissaient n'en doutaient pas. Eh bien, quand il a appelé tout le monde à venir à un hommage à Trappes, qui est venu, la gauche seulement, aucun représentant du gouvernement, aucun représentant de la droite nationale, Edouard Philippe Attal, abonné, absent, mais dans quel pays on est pour que quand il y a un attentat terroriste raciste... raciste, toute la classe politique ne vienne pas rendre hommage. Pourquoi l'extrême droite est si silencieuse ? Ils sont où ? Ils sont où ? Ils ont annulé. Ma porte-parole devait débattre avec Thomas Ménager sur une autre chaîne ce week-end. Il a annulé au dernier moment. Ils se font très très discrets. Ils ne sont plus là. En fait, quand il y a un attentat terroriste, c'est extrêmement choquant. Et quand le gouvernement, la réponse de M. Lecornu à l'Assemblée nationale sur ce sujet, elle était inepte. On parlait avec Quentin Doran, c'était inepte. Donc ça, c'est très inquiétant. Et
je vous le dis avec beaucoup de calme. Je sais bien. Et je vous parle avec beaucoup de calme. Vous dénoncez un climat politique délétère. Mais quand il y a un attentat raciste insupportable, un attentat islamiste insupportable, pourquoi rejetez la... Quand on dit pour l'attentat islamiste, on ne dit pas d'amalgame. Je ne comprends pas de quoi vous parlez. Ah bon ? Quand il y a un attentat islamiste... Nous,
on n'a jamais fait de quoi de mesure.
Quand il y a un attentat islamiste, la classe politique avait l'habitude de dire pas d'amalgame. Pourquoi là, quand il y a un attentat raciste, on le fait porter à certains ? Attendez...
Dans le cas de Trappes, on a une personne qui dit à la police, dans sa garde à vue, qui dit « moi j'ai fait ça parce que je suis d'accord avec ceux qui disent que c'est des gens issus de l'immigration, j'ai entendu à la télé, c'était des Arabes et des Africains, on sait qui a dit ça, et donc moi j'ai pris ma revanche. » Excusez-moi, il y a bien une personne qui a tenu ces propos. Ce n'était pas un écologiste, ce n'était pas un insoumiste, ce n'était pas un commiste, ce n'était même pas un macroniste. Éric Zemmour. Et vous pensez qu'il a armé directement, idéologiquement ? Il a armé idéologiquement. Les mots précèdent les munitions. On le sait en fait. Cette personne avait autofabriqué des tracts de soutien à Marine Le Pen, des autocollants de soutien à Marine Le Pen. Et donc vous excusez que Marine Le Pen est derrière la main de celui qui a tué ? Eh bien écoutez, si un jour il y a un attentat dans ce pays... J'espère que ça n'arrivera pas. Et qu'il y a n'importe quel autre parti politique qui se retrouve impliqué, parce que la personne était adhérente ou soutien de ce parti. Je peux vous dire que les gens du Rassemblement National et des Reconquettes seront les premiers à venir sur tous vos plateaux, dire que c'est de notre façon de s'excuser. Et là, ils sont où ? Ils sont abonnés, absents, ils ne s'excusent pas, ils ne prennent pas leur distance. C'est insupportable. Je vous répète la même chose.
Sur la comparaison, elle est importante, parce que nous avons connu des chocs gérés dans notre pays. Mais vous comparez des choses qui n'ont pas
de rapport. Un attentat, une vie vautre une vie. Un attentat est un attentat terroriste. Et il faut toujours
le
condamner. Mais la différence notable attrape.
Et vous faites semblant de ne pas
comprendre. Là, je vous parle en tant que politique dans une campagne présidentielle. C'est quand même assez rare qu'une personne tue une autre personne disant « je les ai ciblées pour leur couleur de peau », très clairement. Et que cette personne avait chez elle des tracts d'un parti politique qui peut peut-être arriver au pouvoir en 2027. Excusez-moi, est-ce que vous voyez la différence ? –
Je vois la différence, mais je
repose… – Politique, la question politique que ça pose pour 2027, pour ce parti, qu'est-ce qu'on fait de ce parti ? On considère qu'il est un parti comme les autres, alors que des gens tuent en son nom ? – Vous considérez donc qu'il faut mettre un cordon… – Tuent en son nom ?
– Vous entendez qu'il faut mettre un cordon sanitaire et mettre le Rassemblement National de côté ? –
Oui, je dis que ce n'est pas un parti comme les autres, je l'ai toujours dit, je l'ai toujours combattu, je trouve que j'ai fait 10 ans d'opposition à Inambeaumont à ce parti, et je dis que dans n'importe quelle démocratie en bonne santé… En bonne santé, on n'aurait pas considéré que ça n'était pas un sujet. Et le gouvernement... Alors, l'extrême droite, c'est l'extrême droite. Le gouvernement qui a reçu aujourd'hui la
famille de M. Peugeot. Il a fallu
combien de temps pour qu'il y reçoive ? Enfin, excusez-moi, c'est extrêmement choquant. Quand M. Zemmour s'était fait alpaguer et insulté dans la rue, M. Macron l'avait appelé 45 minutes pour savoir comment il allait. là, quelqu'un meurt pour des raisons racistes. C'est un attentat. L'assassin a des tracts à la effigie de Marine Le Pen chez lui. On met combien de jours à recevoir sa famille ? Et on continue de recevoir les membres de ce parti sur nos plateaux comme si de rien n'était. C'est Emmanuel Macron qui a
reçu sa famille aujourd'hui. Je crois d'ailleurs que c'est M.
Tanguy qui sera après moi, vous le poserez la question. Tout à fait. Je vous propose d'écouter Marine Le Pen sur le climat politique délégué. On voit que vous avez compris ce que je viens de dire.
est temps de dire stop. Nous devons... exiger, tous autant que nous sommes, que la campagne présidentielle se déroule dans des conditions normales. Parce que si elle ne se déroule pas dans des conditions pacifiques, c'est-à-dire si on ne peut pas aller sur les marchés sans se faire bousculer, si on ne peut pas tenir un meeting sans être attaqué, si on ne peut pas faire venir des militants sans que leur quart soit intégralement détruit, à ce moment-là, c'est la démocratie qui en est directement la victime. Il ne peut pas y avoir des élections s'il n'y a pas de campagne. Il ne peut pas y avoir de campagne s'il y a des violences. Quelles que soient vos différences... Excusez-moi,
mais... Vous
n'êtes pas d'accord avec le constat?
Vous savez où je milite, où j'habite, dans la ville où Marine Le Pen est députée, où tout se passe bien en tant qu'habitante. Franchement, je le dis, j'y suis née, j'y ai grandi, les gens me connaissent depuis toute petite. Mais pendant les campagnes, quand je me suis fait agresser sur des marchés, vous pensez que c'était par qui? Ça a toujours été par des soutiens de Marine Le Pen. Je ne vous dis pas que ça arrive tous les jours. Je ne vous dis pas que ça arrive tous les jours. Je vous dis que c'est arrivé, que ça a été documenté par la presse, que je n'ai jamais reçu le début de commencement d'une excuse ni de ma députée ni de mon mère. Aucune condamnation de ce qui vous est arrivé ? Vous savez quoi ? Je suis encore là. Je continue. Ça m'a durci la carapace et c'est sûrement une des raisons pour lesquelles je suis aujourd'hui la seule femme chef de parti. J'étais à rue d'école, mais j'ai tenu. Mais je trouve que Mme Le Pen fait là un appel au calme sans... sans se remettre en question son discours, pas juste celui de M. Zemmour, le sien aussi, et puis même celui d'Edouard Philippe, dans ce qui s'est passé. Si même le bloc central, il faut l'excluer, il ne reste plus qu'au bout. Mais c'est pour ça que je vous dis que je
suis terrorisée. C'est pour ça que je suis terrorisée. Un ancien
Premier ministre de la République qui se dit, moi je suis le camp de la République, M. Lecorni l'a dit, il faut choisir entre la République et les casseurs. Excusez-moi, nous on est encore dans la République. Quand il y a un attentat terroriste, raciste, on est aux côtés de la famille. On l'appelle, on en prend soin et on fait en sorte que ça n'arrive plus jamais. On montre un séisme et une prise de conscience. En quoi M. Philippe n'a pas tenu des propos républicains ? Excusez-moi Mme Magrouk, quand on parle des Français issus de l'immigration, c'est quoi un Français issu de l'immigration ? C'est un Français ? Il se dit « je les ai vus sur les vidéos ». Alors comment il voit sur une vidéo quelqu'un issu de l'immigration ? faut qu'il m'explique. Quand il dit défaut d'intégration, vous voyez dans la rue, vous pouvez dire cette personne est issue de l'immigration ou pas. Et d'ailleurs, puisqu'en fait il parle des personnes racisées, c'est ça qu'il veut dire, donc ça c'est raciste, puisqu'on peut être issue de l'immigration sans être racisé, et on peut être racisé sans être issue de l'immigration, mais bref, on l'expliquera une autre fois, sinon c'est raciste, voilà, point. Et deuxièmement, il dit, je l'ai vu sur les vidéos. Il les a vus, voilà. Il peut déceler à l'œil nu, enfin excusez-moi, c'est extrêmement grave. Et en plus il décèle des choses que la
justice n'a pas décrées. Et il dit, et il dit, et là c'est son constat politique, qu'il y a un défaut d'intégration. Est-ce que ça, sur le défaut d'intégration... Ah oui, c'est vraiment
la suite logique de ces propos racistes, donc c'est raciste du début à la fin. Parfait. C'est raciste de dire qu'il y a un défaut
d
'intégration ? Maude Bréjean, porte-parole du gouvernement, qui soutient M. Philippe pour la présidentielle, elle dit, il a dit tout haut ce que les Français pensent tout bas. C'est une phrase très connue de Jean-Marie Le Pen. La porte-parole du gouvernement, allô, cite Jean-Marie Le Pen, allô, elle soutient Edouard Philippe, allô. Et ça passe crème. Mais attendez Marine, attendez-moi ce qui est en train de m'étonner. Je suis choquée quand elle parle. Vous parlez d'annoncer un Premier ministre
que vous considérez qui n'est quasiment plus dans l'arc républicain parce qu'il a dit qu'il voulait régler le problème, dit-il, de l'intégration dans notre pays. Marine
Le Pen court après Éric Zemmour. Les Macronistes, ils veulent rattraper un peu les gens qui disent « Éric Zemmour, il est plus radical ». Éric Zemmour radicalise Marine Le Pen qui n'en avait pas vraiment besoin, qui radicalise les Républicains. Edouard Philippe lui-même court après les Républicains. C'est une chute. Et vous, vous courez derrière Jean-Luc Mélenchon,
non
? Enfin, excusez-moi, là, ce n'est pas à la hauteur de me répondre ça. Pourquoi ? Je vous parle d'un crime raciste, de paroles qui sont des armes et qui finissent par tuer des gens. Et vous me dites, moi, je crois que Jean-Luc Mélenchon, il y a des gens, on s'étraque chez eux, qui tuent des gens dans la rue. Je vous ai dit cela ? Je vous parle politiquement, j'allais faire la transition. Pour le coup, vous mettez sur le même parallèle les deux. Donc moi, je vous dis, il y a un glissement qui n'est même plus un glissement, qui est une avalanche. À partir de quel moment ce pays, suite à un attentat raciste, ne voit pas le problème dans ce qui se passe ? En fait, moi, ce qui m'inquiète vraiment beaucoup, c'est que normalement, dans une démocratie saine, après Trappes, il y a un plus jamais ça. Collectif, unanime, unanime, unanime. Il n'y a pas de sursaut. Il n'y a pas de sursaut antiraciste. Vous avez vu un sursaut antiraciste dans le pays,
à part à gauche, depuis Trappes ? Mais il faut qu'après chaque attentat raciste, islamiste, il y ait un sursaut, normalement. Vous l'avez vu depuis 10 ans, le sursaut ? Moi, j'ai toujours été là. Toujours. Mais vous ne reconnaissez pas toute la République. Est-ce que vous avez vu ce sursaut depuis 10-15 ans ? Nous avons toujours été là chez les
écologistes. Ce n'est même pas une question qu'on devrait se poser.
Est-ce que vous avez vu le sursaut de l'État depuis 10-15
ans ? Je ne vous parle pas de l'État, je vous parle des forces politiques. Est-ce qu'il y a un attentat raciste ? Ça ne paraît pas logique que tout le monde dise plus jamais ça. Comment on fait pour que ça n'arrive plus ? Là, les gens, il y en a qui ont pu signes, on ne les entend plus. Il y a la droite et des macronistes qui courent après l'extrême droite. C'est terrifiant. Moi, je vais vous dire attrape parce que j'y suis allée. J'ai vu des mères de famille venir en disant on a peur pour nos enfants. Ça aurait pu être eux. Et ce n'est qu'un début. Et si l'extrême droite gagne en 2027, comment on fait pour les laisser partir à l'école le matin ? On aura toujours peur qu'ils ne rentrent pas. Les gens, ils sont avec la peur au ventre. Et on a une porte-parole du gouvernement qui explique qu'Edouard Philippe, il a raison de dire des trucs racistes parce qu'il dit tout ce que les gens pensent Jean-Marie Le Pen. Excusez-moi. Si
vous ne voyez pas le problème, c'est qu'on a un problème. Et si, ce n'est pas à moi de répondre, vous interpellez les politiques, mais si je vous ai parlé de Jean-Luc Mélenchon, c'était pour finir sur cette question. J'ai vu que la majorité du groupe... Je sais qu'une
interview de Marine Thornier sans qu'on cite Jean-Luc Mélenchon, c'est compliqué dans ce pays parfait. On
peut terminer comme ça, si vous ne voulez pas parler de lui. Ben non, ok. On peut reparler d'écologie si vous voulez. Donc c'est la gauche
joyeuse, mais pas très solidaire. Non, ce n'est pas ça. C'est que je vois bien ce que vous essayez de faire et ce n'est pas le moment et ce n'était pas le bon sujet pour le faire. Voilà. On parle de trap. Je vous remercie parce que j'ai pu dire ce que j'avais à dire là-dessus et qui m'émeut, qui me fout les boules depuis des jours et des jours parce que les gens que j'ai vu dans les yeux à trap, ils ont vraiment peur pour leur enfant.
Merci Marine Tondoli. Merci d'avoir été notre invitée.
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