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Léna Rau, tu es membre du PCF, ex-secrétaire nationale de l'Union des étudiants communistes et étudiantes communistes à l'UEC et porte-parole de la campagne de Fabien Roussel. Ma première question, elle est sur, pour l'instant, la manif parisienne n'a pas eu lieu, d'ailleurs tu vas la rejoindre après ce plateau. Les premiers chiffres de province notamment nous parviennent, notamment aussi des grèves, des blocages, des lycées. Est-ce que pour l'instant ça te donne plutôt du positif ? Est-ce que ça prend pour toi ?
j'ai l'impression que c'est un mouvement qui prend. dans toute la France. On l'a vu, on a eu quelques entraînements ces trois derniers samedis. On sent qu'il y a un mouvement social qui se construit depuis septembre, parce que depuis septembre, ce sont des secteurs d'emploi, des filières d'emploi qui se mobilisent. On a eu les énergéticiens, on a eu les pêcheurs, les pompiers, etc. Donc c'est un mouvement qui se construit dans le temps et qui va continuer à se construire.
effectivement, tu dis que c'était important cette journée, il y a la mobilisation des lycéens qui était celle qui a déclenché finalement la grande séquence sociale qu'on vit depuis maintenant quasiment un mois. Et maintenant, effectivement, elle est rejointe par les travailleurs, c'est la fameuse convergence des luttes qui était attendue par tout le monde. Sur la question de la grève, puisque là tu parles effectivement des mobilisations des travailleurs, près d'un Français sur deux approuve la grève générale de ce 5 novembre, ça c'est un sondage qui est tombé aujourd'hui. Ça ne veut pas dire évidemment qu'un Français sur deux fait grève, ça serait bien, mais ce n'est pas le cas. Qu'est-ce qu'il faut faire ? pour renforcer ce mouvement et l'inscrire dans la durée. pour qu'il soit pérenne et efficace.
Aujourd'hui, on a besoin d'aller à la rencontre des travailleurs sur le terrain pour construire la grève, pour expliquer à quoi ça sert et construire un rapport de force. Parce que le mouvement de jeunesse, le mouvement lycéen, il s'est aussi appuyé sur le mouvement sectoriel qui a lieu depuis début septembre. Donc c'est important de pouvoir le construire sur le long terme.
envie d'accéder à la fameuse grève générale qui est un peu un graal social presque. Est-ce qu'on est en capacité d'atteindre ce stade-là ? Il y a eu plusieurs moments où on a eu des appels en ce sens. C'est un appel hors syndicat, mais l'appel du Bleu Contou, on se souvient l'an dernier, il y avait aussi ce fantasme-là, en tout cas cette envie-là de la grève générale. Est-ce qu'on a les forces sociales, ou est-ce qu'on est en train de les construire pour arriver à ce stade-là ?
Je pense qu'on les a et que ça nécessite aussi de construire. L'un ne va pas sans l'autre. Maintenant, il faut avoir une stratégie commune de mobilisation, de ne pas aller trop vite tout de suite. Les mobilisations successives, les samedis qui ont été des réussites, peuvent aussi essouffler. le mouvement et donc il faut avoir une stratégie commune de mobilisation sociale.
tu parles effectivement du fait qu'on a deux types de mobilisation, on a une mobilisation syndicale de grève donc... sur un jour de semaine, un jour travaillé, et des mobilisations des samedis sur le modèle des actes des Gilets jaunes. D'ailleurs, on a repris la terminologie des actes, qui permettent de mobiliser autrement, mais effectivement, qui n'engagent pas le blocage de l'appareil productif. C'est ça, exactement.
On a besoin aussi d'engager ce genre de levier, le levier de la grève, pour bloquer l'économie et pour actionner des leviers, autant pour obtenir des choses au niveau gouvernemental, mais aussi dans les boîtes. En ce moment, on est en période de négociation annuelle obligatoire. et les secteurs professionnels ont tout intérêt à se mobiliser pour obtenir des choses sur ce terrain-là, et notamment des augmentations de salaire.
Et une grève, ça se construit aussi avec des caisses de grève, c'est une course de longue haleine. Là-dessus, est-ce que tu as des éléments à donner ? Est-ce que le PCF joue un rôle dans cette articulation-là ? Sans prendre la place des syndicats, évidemment.
Le PCF se met en appui des luttes. On est devant les entreprises dès 6h le matin pour aller à la rencontre des travailleurs. Mais le travail principal, c'est celui des syndicats. On n'est pas là pour les remplacer. revendications à apporter sur une transformation radicale, un modèle nouveau de production et de répartition des richesses.
voulais te interroger aussi sur... Les premières images des rassemblements du matin nous parviennent, notamment des blocages des lycées, puisqu'on a commencé très tôt. On a déjà montré, avant qu'on prenne l'antenne et qu'on succède à Théo sur ce plateau, il y a eu des images qui ont été montrées de violences policières, de plaquages de lycéens, etc. Je voulais qu'on en parle un petit peu, parce qu'on a ce flot d'images qui nous parvient, et j'ai l'impression qu'après 10 ans de Macron, on s'est habitué, tristement, en tout cas, il y a une accoutumance, alors par nous, on continue à les dénoncer à l'humanité, évidemment, mais il y a une accoutumance génère. à ces images de « c'est normal de voir des CRS surarmés fouiller des lycéens, les mettre à terre, les insulter ». Est-ce qu'on touche un mot quand même de ces violences policières qui se reproduisent et qui n'ont pas eu lieu que les samedis, comme certains nous le disaient, parce qu'ils me tient tout ça ?
Les violences policières ont eu lieu sur les blocages lycéens depuis le début du mouvement, sur les piquets de grève. On a une accélération de la violence policière qui traduit aussi sûrement une incapacité à répondre au mouvement social. Mais la réalité, c'est qu'on ne répondra pas, on ne résoudra aucune crise en utilisant la matraque et la violence. Et ce matin, par exemple, il y a des médias montraient des images de manifs sauvages. Alors qu'en réalité, nous, on avait des camarades sur le blocage et c'était une nasse policière et pas une manif sauvage.
Oui, c'est-à-dire que les policiers participent à organiser l'escalade des tensions ? Il provoque finalement les tensions. On
a réellement un problème de politique de maintien de l'ordre quand la violence s'exerce contre des mineurs, contre ce qui est l'avenir de notre pays, au lieu de répondre à la crise sociale et à leurs revendications qui sont tout à fait légitimes. On a eu des premières réponses gouvernementales. Aujourd'hui, il faut aller encore plus loin, aller chercher plus loin, parce que par exemple... Ce qui a été annoncé sur Parcoursup, ça ne résoudra pas la crise qu'il y a dans l'enseignement supérieur et de l'orientation scolaire.
D'autant que pour l'instant, on n'est pas très sûr de ce que ça veut dire sur Parcoursup. Une espèce de suspension de Parcoursup, remplacée par quoi ? Ils
disent qu'ils vont faire ça en 2028. En 2028, ils ne seront plus là.
pour
le faire. Donc ce sont des promesses qui ne coûtent pas cher, ce sont des promesses rapides et qui peuvent, en tout cas, qu'ils espèrent calmer le mouvement social. Et aujourd'hui, ça montre que nous ne sommes pas convaincus.
Pour parler justement de la question des débouchés politiques à offrir au mouvement, parce que le mouvement ne peut que se poursuivre et même peut-être se radicaliser s'il n'y a aucune réponse politique. Alors évidemment, dans le contexte des élections présidentielles, donc... Les partis politiques sont appelés aussi à phosphorer et à proposer des solutions, que ce soit d'ailleurs à droite ou à gauche. Bon, en l'occurrence, à l'extrême droite, à la droite, on n'attend pas grand-chose. Pour ce qui est de la gauche, est-ce que tu peux nous parler notamment du plan jeunesse qui a été proposé par le Parti communiste
Oui, bien sûr. Il y a un
plan d'urgence aussi. Oui, c'est
ça. Jeunesse proposée par le Parti communiste et par Fabien Roussel, c'est un plan d'urgence, comme tu l'as expliqué, qui s'étale sur cinq ans, donc sur un quinquennat, qui vise à recruter 90 000 professeurs et à notamment résoudre le problème, à reconstruire des lycées, les rénover et aussi redonner. du temps à l'école parce qu'on le sait, on a des études qui l'ont prouvé, les étudiants, enfin les lycéens français ont perdu 3,5 années d'école sur tout leur temps de scolarité. On a besoin de redonner du temps à l'école avec une semaine de 32 heures mieux organisée. Et ça, c'est le projet du Parti communiste qui se veut être financé par une réorientation des budgets, mais aussi par la création de richesses. Quand on parle de réindustrialisation du pays, c'est aussi un investissement pour créer de la richesse et pour financer notre modèle social, pour financer l'école, pour financer la sécurité sociale. Et on en a besoin.
Alors concrètement, c'est un plan qui correspond à la rénovation du bâti aussi, c'est ça ? Il y a des milliards qui sont fléchés, parce que c'est une des exigences, les premières des lycées, on se souvient des images, notamment en Seine-Saint-Denis, des lycées avec des rats, des murs, toutes ces images qui nous ont horrifiés. Donc il y a un plan de rénovation et il y a une partie sur l'engagement de professeurs, c'est ça ?
Exactement, mais aussi sur les salaires, le dégel du point d'indice, le recrutement d'AESH, donc c'est un plan qui est très, très ambitieux. Pour rendre
attractif à nouveau aussi ces métiers-là. Exactement, oui, tout à fait.
Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on ferait sans les professeurs ? qui se lèvent chaque matin pour aller enseigner devant des classes et aujourd'hui leur métier il est dévalorisé parce que ça fait 20 ans qu'eux ils n'ont pas eu notamment une augmentation de salaire donc le plan jeunesse c'est 5 milliards pour pour les lycéens pour les lycées pardon 5 milliards à taux zéro pour les travaux et des premiers chantiers engagés dès l'été 2027
'un demande dans le chat si la sur l'école primaire c'est toujours d'actualité la fin des devoirs c'était alors ça on est L'école primaire ne sont pas en grève, ils sont un peu trop petits, mais c'est une question éducative importante. C'était dans le programme de 2022 de Fabien Roussel et du PCF, est-ce que c'est toujours le cas, cette question d'alléger les familles dans la question des devoirs le soir
L'idée est toujours d'actualité, mais c'est que chaque devoir soit fait à l'école. pas le soir en rentrant. Pas à la maison en rentrant. On le sait, les temps scolaires s'allongent pour les enfants. Ils arrivent à 8h30, ils repartent à 18h, ce qui fait de très longues journées pour les tout-petits. Et l'apprentissage, on n'est pas tous égaux face à nos situations familiales. Donc l'idée, c'est que les devoirs soient faits en classe, à l'école et encadrés par des assistants d'éducation ou des professeurs.
Je reviens sur la question du plan d'urgence jeunesse. Si j'ai bien compté, ça fait 5 milliards, 5 milliards, on est sur 10 milliards. Ça rejoint les 10 milliards que demandait notamment l'Union syndicale ICL, mais pas seulement. En gros, c'était le chiffre qui avançait aussi, 10 milliards pour lever les blocages qu'ils demandaient au ministère de l'Éducation nationale. Ça nous amène à la question du budget, évidemment, puisque là, on demande une augmentation de budget sur la question éducative. Ça tombe bien, le budget est discuté à l'Assemblée nationale depuis cette semaine dans l'hémicycle. Et bientôt au Sénat. Est-ce que la pression de la rue est susceptible d'influer sur le budget, sachant qu'on est dans une configuration compliquée, où ce budget-là, de toute façon, devrait tomber en cas de... A priori, il y aura une alternance. Ce ne sera plus Macron le président, donc il y aura forcément un projet de loi rectificatif, quoi qu'il arrive. Est-ce qu'il y a une bataille à mener au niveau du budget qui est gagnable avec le rapport de force dans la rue
Bien sûr, on a vu que certains amendements ont pu passer à l'Assemblée nationale. Après, hier, la partie recette du budget a été rejetée à l'Assemblée nationale. Donc il y a des choses à faire, et notamment sur les budgets de l'armée, qui augmentent encore cette année et qui sont amenés à doubler dans les prochaines années. L'armée n'a pas de mal
à avoir 10 milliards supplémentaires. C'est ça, exactement.
Mais après, au-delà des 10 milliards, c'est aussi 23 milliards pour recruter 18 000 enseignants et arriver progressivement à 90 000 enseignants en 2031. Et de l'argent... on peut aller en chercher. Et au-delà du budget, il y a 100 milliards qui partent dans la fraude fiscale tous les ans, 61 milliards de dividendes en un trimestre en 2026. C'est des chiffres immenses. Et après, on nous dit que non, il n'y a pas d'argent pour l'éducation nationale. Donc ça semble être une grande farce générale.
En parlant d'armée, ça me fait penser à peut-être la seule proposition qu'on a. comprise d'Edouard Philippe sur la question de la jeunesse, c'est qu'il faut un service national. Il n'y a pas eu de réponse sur le social, évidemment. Il s'est concentré sur les images de pillages et de violences le 17 octobre. parce qu'on n'a pas traité du reste de la mobilisation de la jeunesse et des aspirations de la jeunesse. Comment toi, tu lis cette... Alors bon, il y a l'extrême droite qui se focus extrêmement sur, sans surprise, sur la sécurité, sur il faut plus de policiers parce que c'est les milices, l'ultra-gauche, etc. Mais en fait, la droite, on bat le pas. Comment tu analyses cette incapacité, finalement, de la droite à proposer, quand même ce seraient des solutions de droite, mais à proposer des solutions dans cette séquence qui, finalement, est très favorable à la gauche ? final
Parce que ça nécessite des investissements et un changement de doctrine complet sur ce qu'on veut pour la jeunesse et pour l'éducation, pour l'avenir. Aujourd'hui, nous, on croit en l'investissement dans une génération qui viendra répondre aux défis qui nous font face écologiques, économiques, sociaux et de l'innovation, par exemple, avec l'IA. 'hui, eux... Au lieu de s'appuyer sur un service public émancipateur comme nous on le pense, eux ils veulent s'appuyer sur le privé. Par exemple le projet de loi sur les universités privées, sur les établissements privés est complètement bloqué alors qu'ils pourraient apporter une première réponse à ça. Les étudiants sont laissés parce qu'ils n'ont pas de réponse par Parcoursup. Ils vont dans le privé, ils dépensent des milliers d'euros et ils n'ont pas de diplôme à la fin. Voir leur formation s'arrête en plein milieu. C'est un scandale. Et tout ça financé par les taxes d'apprentissage, par l'apprentissage mis en place par Macron. Et ça, en fait, c'est leur modèle. Le problème de base étant
un parcours sub qui flèche plein de gens vers ces voiles garages privés extrêmement chers.
Ça a ouvert une brèche totale. Ça a créé un marché
en fait. Oui
c'est ça complètement. Mais après c'est assumé, ils le savent. Si l'apprentissage s'est autant développé ces dernières années dans l'enseignement supérieur, c'est aussi par là. Et parce qu'on veut professionnaliser de plus en plus tôt les jeunes et pas forcément leur laisser le temps d'apprendre et de développer un esprit critique.
Au-delà des revendications de la jeunesse, on l'a dit, c'est une journée de grève générale, dont le mot d'ordre principal est la vie chère, qui rejoint à la fois les aspirations de la jeunesse et des actifs et des retraités aussi, puisque notamment les coûts du carburant, ça touche tout le monde. Est-ce que je voudrais qu'on se concentre d'abord sur une mesure phare portée par le Parti communiste, qui est la nationalisation totale ? En quoi la nationalisation totale, pour que tout le monde comprenne bien ? Le mot est compris, mais concrètement de quoi on parle, en quoi ça permettrait de faire baisser les prix à la pompe
Aujourd'hui, Total, leurs marges, elles se font majoritairement sur le raffinage, mais aussi sur la branche spéculation de Total. Donc, on laisse une entreprise faire son marché, faire des milliards et des milliards de profits sur la guerre. Ce sont des profiteurs de guerre.
Et
donc nationaliser Total avec un plan de nationalisation comme on l'a proposé, ça permet de reprendre en main une société nationale de l'énergie, construire un pôle national de l'énergie pour pouvoir faire baisser les factures et pour faire baisser concrètement les prix à la pompe, mais aussi faire des choix stratégiques. Parce que Total, quand ces dernières années, il investit massivement dans les énergies non renouvelables, les hydrocarbures fossiles, etc., je pense que ce n'est pas bon pour l'avenir. Et donc, quand on nationalise, on fait d'autres choix. On fait des choix stratégiques qui sont plus écologiques. Et reprendre en main ces industries-là, c'est aussi s'appuyer sur ça.
Et avoir le contrôle des prix, finalement.
Bien sûr.
La notion de Total n'est pas la seule solution, et la question des carburants n'est pas la seule question en lien avec l'inflation, évidemment. Le coût de la vie, c'est tous les secteurs de la vie, l'alimentaire, les biens de première nécessité. Est-ce qu'il y a d'autres mesures d'urgence que vous proposez dans votre package, finalement, pour répondre à l'urgence sociale ? Avec toutes
mes notes, là !
Oui, je vois que tu as toutes tes feuilles, toutes tes propositions. Non, mais pour le coup... Une solution totale, c'est hyper important, parce que c'est une question hyper importante aussi sur le rapport au capitalisme et au contrôle de l'appareil productif. Mais sur les autres mesures, est-ce que le chantier des salaires est important ? Oui,
bien sûr. Aujourd'hui, on appelle aussi à l'augmentation des salaires, au SMIC à 2200 euros brut, mais aussi à la généralisation de l'augmentation des salaires. Il faut que tous les salaires augmentent, et notamment par exemple ceux des fonctionnaires dont le gel du point d'indice. dont le point d'indice est gelé depuis 20 ans. Et ces augmentations de salaire, les entreprises peuvent le financer, et notamment, nous, ce qu'on propose aussi, c'est une baisse du coût de l'énergie, et notamment pour les PME, TPE, puisque aujourd'hui, nous subissons le marché européen de l'énergie, nous subissons l'inflation, et par aussi, vous allez dire, c'est ma réponse à tout, mais une nationalisation de EDF et de nos entreprises. de l'énergie, nous pouvons le faire. Et la nationalisation, on a l'impression que ce sera dans très longtemps. Mais on peut le faire très rapidement si on veut. D'ailleurs, nous, notre plan de nationalisation, il est prêt. Et au-delà de l'augmentation des salaires, ces nationalisations doivent permettre aussi de relancer la production et de relancer notre économie.
Tu parles de la question européenne pour l'énergie. Moi, ça me donne envie d'élargir un peu le scope de ce mouvement. C'est un mouvement très français, évidemment, mais... Il y a aussi des syndicats étrangers qui sont présents dans la manifestation aujourd'hui, britanniques, portugais, grecs. Les syndicats britanniques ont halluciné un peu de l'état du dispositif policier qui empêchait tout le monde de circuler dans Paris. Il y en a déjà eu des articles là-dessus dans Le Monde, notamment, je vous renvoie vers ça. Est-ce que la dimension européenne et internationaliste... on va dire européenne en tout cas, du mouvement, c'est quelque chose qui peut aussi être un effet cliqué. Et est-ce que le PCF est en lien avec des organisations étrangères pour organiser tout ça ?
Nous, on a des liens, pas au quotidien, mais très réguliers avec des organisations communistes et progressistes européennes. Maintenant, il y a des mobilisations qui ont eu lieu aussi dans d'autres pays européens, sur les mêmes bases, sur la vie chère, ce qui montre aussi... la responsabilité de l'union européenne dans l'augmentation du coût de la vie je le disais là sur et la dégradation des conditions de vie et de travail je le disais sur le prix le prix de l'énergie mais c'est qu'un exemple ce soutien international aux mobilisations il est intéressant mais ça ne remplacera pas le travail dans les entreprises et le travail sectoriel de mobilisation et de grève mais il est important et il est intéressant
Par exemple, le PCF, je crois que les organisations ont été reçues par le PCF à Paris. Tu l'as dit, pardon, j'ai regardé le chat en même temps, j'ai une seconde de trou. Tu disais quelle organisation en lien avec le PCF
? Il y a plusieurs organisations, notamment de jeunesse, comme je te disais tout à l'heure, qui viennent à la manifestation pour participer à la manifestation. Par exemple, on a eu, pas forcément sur cette mobilisation-là, mais sur d'autres, les organisations. belges qui ont pu venir à la manif. Je ne sais pas exactement quelles sont les organisations qui ont rejoint le mouvement aujourd'hui. Il me semble qu'il y a des organisations allemandes notamment, mais je ne saurais pas te donner une liste, je suis désolée. Non, pas de problème.
D'ailleurs, tu cites la Belgique, c'est intéressant parce que la Belgique-Oualdne, pour le coup, la partie Oualdne surtout, s'est beaucoup mobilisée sur un modèle très proche de celui de la France. D'ailleurs, on a vu qu'il y avait un... un effet de communication par les réseaux sociaux. Les vidéos sur les réseaux sociaux des mouvements lycéens français ont inspiré leurs collègues belges qui vivent à peu près la même chose, des lycées dégradés, etc. Sur cet effet réseau sociaux, toi qui étais aussi à l'Union étudiante communiste, tu vois quel rôle dans la mobilisation en cours et dans la mobilisation au long cours, c'est-à-dire la campagne présidentielle ?
réseaux sociaux, aujourd'hui, ils ont une place importante. D'ailleurs... On le voit, il me semble qu'il y a eu des blocages des réseaux sur certaines mobilisations. Après, moi, ma conviction profonde, c'est que les réseaux sociaux ne changeront jamais le travail de terrain des militants. Et quand on se lève le matin, quand on va sur les blocus devant les lycées, dans les facs, etc., et qu'on parle vraiment aux étudiants et aux lycéens, et même plus largement aux travailleurs quand on va devant les entreprises, c'est un rapport qui est complètement différent. Aujourd'hui, les réseaux sociaux, c'est un outil de mobilisation, un outil de communication, mais je ne suis pas sûre que ça remplace un jour le travail de terrain.
Et pour continuer sur ce volet de la bataille culturelle, parce que les réseaux sociaux en sont un élément, tu l'as dit, pas le seul, il y a... Une nouvelle revendication qu'on aperçoit beaucoup sur les pancartes de manifestations, c'est la question de l'interdiction CNews. Comme on le sait, il y a une pétition qui a été déposée à l'Assemblée nationale, qui a dépassé le seuil des 500 000 signatures qui permettent à l'Assemblée de la discuter. D'ailleurs, elle sera discutée en commission des lois. On connaît le sort réservé aux pétitions à l'Assemblée nationale. On se souvient, le LBD, la loi du plomb, etc. Pas le LBD, mais la Bravem et la loi du plomb. Néanmoins, on sent que ça s'est greffé, notamment depuis l'attente à Trappes, où les médias, mais CNews en tête, évidemment, a été accusé d'avoir armé intellectuellement presque le tireur. Comment le PCS se positionne vis-à-vis de cette pétition et vis-à-vis en général de la question de que faire face à CNews et plus largement face à l'Empire Bolloré, puisqu'il n'y a pas que CNews, évidemment, il y a Europe 1, la JDD.
Après, aujourd'hui, interdire une chaîne de télévision, c'est quelque chose qui est très, très difficile. Et je ne pense pas que ça règle le problème du racisme qui est transmis par les chaînes et l'Empire Bolloré. Parce qu'aujourd'hui, on fermerait CNews. Demain, il ouvrirait une autre chaîne qui financerait tout autant.
Il faut qu'on se mette d'accord sur le terme d'interdire, parce que souvent, on pense que ça veut dire fermer CNews. La question, c'est surtout de les priver de leur canal TNT. leurs chaînes attribuées par l'État.
Je pense que l'enjeu, en réalité, et pour le Parti communiste, c'est avant tout de durcir les lois contre l'incitation à la haine raciale, à l'antisémitisme, pouvoir renforcer ce volet-là, donner plus de moyens aussi à l'ARCOM, parce qu'il s'amuse bien aussi à remettre en question la légitimité de l'ARCOM, du comité de déontologie des journalistes, et tout ça, en fait, on a besoin de... durcir, de donner plus de moyens. Et notamment, par exemple, le PCF propose l'inéligibilité des personnes condamnées pour racisme, incitation à la haine raciale. Exemple Éric Zemmour. Exactement, exemple Éric Zemmour. Et on a besoin que les condamnations aillent plus vite et soient plus fermes. Parce que... CNews, le RN, a une responsabilité d'armement idéologique, par exemple dans l'attentat qu'il y a eu à Mais sur enlever le canal TNT, je pense qu'ils trouveront toujours un moyen de diffuser leurs idées.
Mais
par contre, renforcer ces lois et donner les moyens à la justice d'agir concrètement, peut-être que ça peut être un levier. Il faudrait
qu'ils prennent amende sur amende dès qu'ils dérapent, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Le nombre de dérapages sur ces news est tellement gros de toute façon que l'ARCOM ne suit pas.
Et puis surtout qu'il puisse y avoir des vraies condamnations. Et que les lois, et notamment je pense à la loi Guesso, qui aujourd'hui encadre l'incitation à la haine raciale, au négationnisme de crimes contre l'humanité, on a besoin de les renforcer, ces outils-là, parce qu'on voit qu'il y en a toujours qui arrivent à... Se faufiler entre les mailles du filet et notamment par exemple sur la négation, le négationnisme des crimes de la France de l'implication de la France dans la Shoah et dans les crimes nazis.
Je vais te poser une dernière question avant de te laisser rejoindre les cortèges. Ce mouvement social, c'est le dernier probablement gros mouvement social de l'ère Macron. C'est un peu l'occasion aussi de tirer un bilan. J'aime bien, avec nos invités qu'on aura tout le long de l'année, tirer un bilan de cette vision de Macron. Toi, là, résumé, finalement, 10 ans de Macronie, on en est là, on a commencé quasiment avec les Gilets jaunes, on finit avec un mouvement hybride, syndical, Gilets jaunes, qui rappelle, par certains éléments, le mouvement de 2018-2019. Comment tu... Qu'est-ce que tu tiens comme grande leçon politique de cette époque qu'on a traversée, qui est l'époque Macron
? Je pense que c'est une époque qui aura considérablement dégradé les conditions des travailleurs et des travailleuses, qui aura brouillé complètement les repères idéologiques et politiques. Et Macron... Aujourd'hui, le gouvernement et Macron, ils essayent de renvoyer la responsabilité aux syndicats, mais pendant 10 ans, il a refusé d'écouter les syndicats, il a refusé de les accueillir, et il a décidé de faire sans les corps intermédiaires. Et aujourd'hui, il en paye les conséquences. On dit que c'est le dernier mouvement social de l'ère Macron, mais il y en a eu tous les ans, quasiment. Depuis qu'il est là, il y a eu les retraites, il y a eu tous les ans des mobilisations sociales, et il a refusé de les entendre. On n'avait jamais eu une mobilisation aussi forte pour les retraites depuis très longtemps. Et il en a fait fi. Il a décidé d'ignorer ça.
la répression s'est accentuée. C'est ça,
exactement.
beaucoup Léna, bonne manifestation le 5 novembre.
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