Chargement...
Chargement...
Bonsoir Christophe Parizeau, merci d'avoir accepté notre invitation. Vous venez de prendre vos fonctions d'ambassadeur de France en Israël. Vous avez remis il y a quelques jours vos lettres de créance à Jérusalem au président Herzog. Quelle a été peut-être la toute première priorité qui apparaît sur votre feuille de route pendant l'entrée à la résidence ? C
'est l'engagement
que j'ai
pris
auprès
du président de l'État d'Israël, Isaac Herzog, le 26 octobre, qui est de rehausser, réparer peut-être. la relation bilatérale entre la France et Israël, quel est le niveau qu'elle mérite, au vu de son ancienneté, de ses racines, de sa diversité, de ses liens entre les peuples. Et voilà, elle mérite mieux, certainement. Et donc c'était le premier engagement que j'ai pris, et donc c'est vraiment le premier objectif.
Effectivement, on parle d'un plus bas peut-être diplomatique depuis très longtemps. Alors, à qui la faute ? C'est la question. Il y a tellement de choses à dire sur cette relation France-Israël. Est-ce qu'on peut dire qu'entre Paris et Jérusalem, heureusement qu'il y a les intérêts économiques ? Est-ce que peut-être c'est la base, le socle sur lequel on peut penser reconstruire, comme vous le dites, cette relation ?
Il n'y a pas que ce socle-là, en fait. Quand on a atteint une sorte de plafond de verre ou qu'on a une difficulté dans le domaine politique, dans le domaine diplomatique, il faut à ce moment-là se baser sur tout ce qui est à côté. Et à côté, c'est l'économie mentionnée, c'est bien évidemment aussi la culture, c'est aussi les liens interpersonnels entre la communauté. Il y a quand même une communauté française ici, 240 000 personnes, c'est impressionnant. Ce qui veut dire, en fait, on parle d'amour, parfois de l'amour déçu, mais en fait, c'est de l'amour, et donc c'est ces liens qui sont assez formidables. Il faut les travailler. Il y a deux jours, hier, on avait... une quinzaine de psychiatres de très très haut niveau qui étaient à la résidence pour parler avec leurs homologues israéliens de la psychiatrie de précision. Il y a trois jours, à Sderoth, il y avait 80 d'opticiens et ophtalmo qui étaient là pour faire des consultations gratuites, de l'appareillage gratuit. Il faut se baiser là-dessus. Et la semaine prochaine, on va parler de tech, FinTech exactement, avec aussi le ministre israélien. Donc oui, on peut faire des choses. Et il faut se baser là-dessus. J'appelle ça la stratégie du
contournement, mais c'est ça. D'ailleurs, personnellement, c'est spécial, c'est particulier d'être ambassadeur de France en Israël. Vous étiez au Danemark, pas si longtemps. Israël, c'est vraiment très particulier. Vous ressentez quoi ? Parce qu'on sait que la plupart des ambassadeurs qui sont passés par ici ressortent différemment. C'est une vraie expérience. Alors, c'est une expérience.
C'est très certainement un des plus beaux postes que l'on peut avoir espéré au cadençage. En tous les cas, c'est un des postes que je voulais. Je veux dire, tout petit déjà, quand je suis rentré au Cadorcet, ça faisait partie des pays dans lesquels je voulais aller. C'est très certainement dû à une sorte, on va dire... Pas de fascination, mais d'appréciation fortement impressionnée, en fait, quand j'étais jeune, par la création de l'État d'Israël. C'est quelque chose comme ça. Et par ailleurs, on est quand même ici à l'épicentre de toutes les crises, et donc ça requiert toutes les qualités diplomatiques que l'on peut avoir pour essayer justement d'améliorer cette relation qui peut dégrader.
Le carrefour des crises, effectivement. Alors vous parlez de revitalisation de cette relation franco-israélienne. Qu'est-ce qui vous semble aujourd'hui le plus abîmé et avec quels moyens concrètement on peut réparer, comme vous dites, ce qui a été abîmé
pense qu'il y a deux choses. Il y a la forme et le fond. La forme, c'est qu'il faut réapprendre à se parler. Il y a beaucoup de choses qui ont été dites, peut-être avec maladresse. Je pense que la première chose, c'est de dire les choses celles qu'elles sont. Je suis assez direct et assez franc pour ça, donc c'est peut-être aussi pour cette raison que je suis en poste ici. Je crois qu'il faut revenir à la base. C'est-à-dire à la fois l'histoire, voir tout ce qu'est la relation bilatérale franco-israélienne, sa diversité, sa multiplicité, les liens qui existent. Il n'y a pas une relation au monde entre deux pays, qui est aussi dans l'affect, avec aussi presque de l'intime. Donc il faut revenir à ça et faire un pas de côté pour essayer de voir tout ce qui est positif, tout ce qui nous rassemble, plutôt que ce qui nous divise. Parce qu'on a des divisions. C'est fondamental sur un certain nombre de politiques. Je parle de politique, pas politique politicienne, mais politique au sens économique ou politique culturelle. Sur les politiques, il y a des choses sur lesquelles on n'est absolument pas d'accord. Mais il faut effectivement faire ce pas de côté pour regarder tout ce que l'on peut faire. Après, je ne suis pas sûr qu'on va réussir complètement à être d'accord sur tout, mais il faut rappeler un certain nombre de choses. La France est aux côtés d'Israël. quand il s'agit de l'existence d'Israël, quand il s'agit de défendre Israël, etc. C'est quelque chose qu'on s'est engagé à faire en 1948-1949, et nous n'avons jamais failli à notre parole.
Effectivement, il y a beaucoup de éléments qui rassemblent la France et l'Israël, ce qui divise. Malgré tout, vous comprenez le ressentiment des Israéliens. D'ailleurs, certains, aux responsables d'Israël, ont parlé d'une fin d'amitié récemment. On se souvient du salon de retraite Satori il n'y a pas si longtemps. sociétés israéliennes qui ont été exclues. Est-ce que vous dites décision d'ordre strictement juridique ou bien il y a quand même une composante politique ? Parce qu'on voit que des pays comme la Chine, l'Arabie Saoudite par exemple, la Turquie, peuvent exposer pas Israël. Vous comprenez qu'en Israël, il y a ce sentiment de deux poids deux mesures de la part de France. Je comprends. Je pense que
ça, c'est quelque chose qu'il faut absolument, en termes de perception, qu'on essaie de changer. D'abord, en fait, il n'y a pas eu d'exclusion, au sens... Il n'y a pas de boycott. Il ne devrait pas y avoir de boycott. Et d'ailleurs, en fait, c'est quelque chose que je vais... pour lequel je vais me battre, c'est que non, la France ne fait pas de boycott d'Israël. Il n'y a pas de poids, de mesures. Il y a simplement un effort d'explication. La ligne est relativement claire. Tout ce qui est défensif, qui permet effectivement à Israël de se défendre, c'est autorisé. Tout ce qui est offensif, c'est là qu'on a un hiatus, c'est quelque chose qui n'est pas autorisé. Il n'y a pas de boycott, il n'y a pas d'exclusion des entreprises israéliennes. Après, il y a une discussion qui peut s'engager, effectivement. par rapport au traitement, par rapport à d'autres pays. Je le reconnais. Je pense qu'en fait, il y a un vrai effort d'explication par rapport à ça. Il faut en fait avoir le temps d'expliquer les choses.
Alors, vous le savez, Christophe Parizeau, on vient de terminer les élections en Israël. On sait qu'en France, c'est dans six mois à peu près les élections. Est-ce que ce paramètre politique, il pourrait faire basculer la relation France-Israël, dans un sens ou dans l'autre, en fonction de ce qui va se passer politiquement dans chacun des deux pays
C'est très difficile à dire. Parce qu'en fait, je pense que justement, ce pas de côté, il faut le faire en essayant d'en changer la partie interpersonnelle. En fait, c'est ça. La relation entre la France et Israël, elle ne dépend pas forcément du président de la République et du Premier ministre israélien. Il y a tellement de choses qui sont à côté, qui sont la base, qui permettent... Après, bien évidemment, une élection, c'est toujours un élément de nouveauté. Moi, je suis haut fonctionnaire, je sers l'État français et pas forcément un gouvernement. Il n'y a pas le système des dépouilles ou le spoil-système comme aux États-Unis. Il y a ça. Et évidemment, quand on a des nouveaux gouvernements, d'un côté ou de l'autre, il y a des orientations politiques qui peuvent être données, qui peuvent, le cas échéant, changer la donne. Après, on revient à la base, c'est pas ça qui va changer les choses.
Transcender la politique. Transcender la politique, c'est pas mal. diplomates, on le comprend. Merci à vous, Christophe Paris, aux nouveaux ambassadeurs de France en Israël, d'avoir accepté notre invitation ce soir.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.