Chargement...
Chargement...
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans votre nouvelle émission Contre Pouvoir. Bientôt 10 ans. 10 ans de Macronie, 10 ans de moi ou le chaos. 10 ans à nous entraîner dans l'autoritarisme et à dérouler le tapis rouge pour l'extrême droite. 10 ans à servir les riches, à appauvrir 99% de la population, à détruire les services publics et les institutions. Jusqu'à nier les résultats des élections législatives et écraser toute forme de contestation politique sous les matraques et les lacrymos. Et oui ! Aime le maudit n'écoute personne, mais il méprise, il réprime et il mutile beaucoup de monde. Le mouvement lycéen dure depuis moins de deux mois, et rien que pour ce mouvement social, c'est 6800 personnes arrêtées, 86% de mineurs. À titre de comparaison, pour les Gilets jaunes, de 2018 à 2020, c'était 1100 interpellations étalées sur deux ans. Et on ne parle même pas des enfants mutilés par cette répression. Des yeux crevés, des mains arrachées. des mâchoires fracturées et combien de blessés et traumatisés durablement par les violences policières. Pourtant, le gouvernement n'a dieu et de mots que pour les policiers blessés, seuls garants de la préservation de leur ordre qui ne tient plus qu'à un fil.
937 policiers et gendarmes blessés. dont 40 sur la seule journée d
'hier. On a dépassé le millier de forces blessées, de policiers, gendarmes.
Et puis, comment ne pas voir le racisme d'État, des théories les plus abjectes, validées et véhiculées par certains de ces plus hauts cadres ?
Je
pense que l'immigration n
'est pas une chance. Dès l'instant que vous avez le sentiment d'une submersion, de ne plus reconnaître votre pays, dans les images que nous avons vues, des pillages il y avait de fait un certain nombre de jeunes français sans doute que je considère comme des français issus de l'immigration.
Tout cela a conduit à cet attentat raciste survenu à Trappes le 23 octobre qui expose, sans le moindre doute, la responsabilité des médias dans la normalisation des idées d'extrême droite. Vous, vous le premier, vous êtes responsable de tout ce qui se passe. Et depuis le 17 octobre, un autre cap a été franchi. Quasiment chaque jour, on assiste à un nouveau recul démocratique majeur aux conséquences dramatiques. Alors, pendant que le président s'évertue à chercher les responsabilités partout, sauf chez lui...
Mais les réseaux sociaux abîment. démocratie
qu'il passe le plus clair de son temps à détruire méthodiquement la république française qu'il avait pourtant juré de défendre nous à blast on va donner la parole et mettre en lumière celles et ceux qui incarnent la perspective d'un meilleur lendemain syndicalistes activistes artistes politiques intellectuels humoristes chercheuses et chercheurs bref Toutes les personnes qui sont dans le camp des mobilisations sociales pour défendre la dignité humaine, des révoltées face au macrolopénisme qui ne se cache même plus, en un mot, celles et ceux qui résistent face à une dégradation sans précédent de l'état de droit et des libertés. Alors installez-vous avec nous, Bismillah c'est la lumière, c'est contre-pouvoir. Vous l'aurez compris, aujourd'hui on va parler de mouvement social en cours, de répression et de racisme d'État. Pour en discuter autour de la table, nous voici donc avec Philippe Poutou. Bonjour. Bonjour. Vous êtes ancien candidat à l'élection présidentielle et aujourd'hui vous êtes libraire. Bonjour, bienvenue. Sabrine Carabache, bonjour. Vous êtes porte-parole de l'Union étudiante et on vous a vu très souvent intervenir dans les médias dernièrement et on va justement voir un petit peu tout ce cadrage autour de vos interviews et de vos interventions. Prisca Ancion, bonjour. Bonjour. Vous êtes avocat au barreau de Seine-Saint-Denis. Tout à fait. Et Daniel Obono, vous êtes députée de la 17e circonscription de Paris. Bonjour. Bonjour. Alors, moi, j'ai envie déjà de vous demander votre réaction. Peut-être, je vais commencer par vous, Philippe Poutou.
La réaction, là, comme ça. La réaction,
pas rapport à tout ça.
Il y a deux façons de voir les choses. Il y a le côté négatif, c'est-à-dire la violence de la répression et puis ce qui est décrit, le recul de l'État de droit. Et puis on sent bien la marche vers des sociétés autoritaires et même fascistes. Donc ça, c'est le côté négatif. Mais là, moi, ce que je retiens, c'est... C'est le côté positif, c'est le mouvement social, ça fait vachement de bien. Les manifs sont superbes, cette jeunesse-là qui ne lâche pas, même face à la répression, même face au mépris. Donc c'est très positif et c'est peut-être ça qui peut changer la donne dans la période qui vient. Plus qu'un débat télévisé, plus que des grands discours, en fait, c'est l'action collective, la colère et la révolte même. Et puis même les actions dites violentes qui sont très importantes parce que ça montre que on peut riposter. Et puis de toute façon, on est aussi en situation d'autodéfense, une certaine manière de protection. Donc il y a du combat, du combat de rue et moi je trouve que ça c'est très positif parce que ça remet au goût du jour l'idée de la lutte des classes, l'idée de la lutte des opprimés contre un système ultra violent et qu'on s'en sortira qu'en prenant nos affaires en main très collectivement. Donc moi je pense que la période qu'on vit elle est hyper enthousiasmante d'une certaine manière.
Et Savane Carbache, il faut que je vous demande, du coup, vous qui soutenez le mouvement lycéen et qui l'accompagnez, dernièrement, est-ce qu'il y a une scène qui vous a marquée ? Alors ça peut être une scène qui est dans l'introduction, mais une scène qui vous a marquée aussi dernièrement ?
Oui, il y a plusieurs scènes qui ont été marquantes. Il s'est passé tellement de choses que c'est compliqué de retenir une seule chose avec Trump qui parle d'invasions musulmanes, etc. Mais si je suis là, j'ai envie de retenir aussi les mouvements, les moments de manifestation où on a vu ces convergences des colères. Je retiens aussi le 6 octobre où les étudiants ont rejoint le mouvement. On était déjà mobilisés dès le 15 septembre sur la question des appels pour les étudiants étrangers, etc. et j'ai envie de parler de ce moment où les lycéens ont commencé à manifester, à bloquer leur lycée, que ce soit dans les Outre-mer et ensuite en banlieue parisienne, et puis ensuite ça a pris, quand on a vu 90% des universités bloquées à notre appel, ça nous a paru incroyable, en se disant, ok en fait la colère elle est partagée, elle est réelle, elle est commune, et ben là on... on s'est dit, ok, c'est un mouvement qui va prendre encore plus, il y a quelque chose à faire.
D'autant que ceux qui sont à l'université, c'est ceux qui ont été aussi un petit peu victimes de Parcoursup, donc c'est une continuité en fait d'énonciation. Parcoursup, c'est
littéralement ce qui fait le lien entre le lycée et l'université, parce qu'aussi nos conditions, c'est structurellement les mêmes choses qu'on dénonce, à savoir un sous-investissement dans l'enseignement supérieur et dans l'éducation, une privatisation qui est accrue, une casse du service public de l'enseignement supérieur, avec les mêmes... de mépris de ce gouvernement que ce soit d'Edouard Philippe Baptiste ou d'Edouard Geffray, c'est la même casse et forcément les étudiants se sont sentis touchés dans leur chair de se mobiliser aussi parce que c'est aussi, nous aussi nos bâtiments ils sont en train de tomber en ruines, nous aussi on doit se faire sélectionner à l'entrée en licence et à l'entrée en master donc forcément on parle aussi d'une même voie.
Prisca Ancion, vous, quelles sont les scènes qui vous ont marquées dernièrement, ou éventuellement, s'il y a une scène en particulier dans l'introduction qui vous a... dont vous vous rappelez, ou vous ne vous rappelez plus d'ailleurs.
Moi, je pense, une scène qui m'a marquée, profondément choquée, comme je pense une grande partie des personnes qui en ont eu connaissance, mais ça a été le placement d'une vingtaine de mineurs au sein du dépôt du tribunal de Bobigny. Donc ça a été, à mon avis, vraiment... Enfin, pour moi, c'est une illustration de comment l'institution judiciaire, elle pèse de tout son poids sur la mobilisation des lycéens et comment elle essaye, en réalité, de traumatiser, de démobiliser énormément de jeunes. Et je trouve que les... images qu'on a eues qui sont sorties dans un rapport qui a été élaboré par quatre avocats qui ont fait une visite dite surprise de ce dépôt-là puisqu'ils savaient qu'une vingtaine de jeunes y avaient été placés. Les images qu'on voit dans ce rapport, elles sont extrêmement choquantes. Et effectivement, ça montre comment l'État, le gouvernement, mais aussi l'institution judiciaire... traite la jeunesse. Et ça me semblait en tout cas être un... Enfin, en tout cas, moi, ça a été effectivement quelque chose qui m'a profondément marquée. Et je trouve que c'est intéressant parce que ça montre aussi le visage réel de l'institution judiciaire. Qu'est-ce qui se passe, en fait, dans ces huis clos ? Qu'est-ce qui se passe dans ces geôles ? C'est rare qu'on ait des rapports qui sortent. Là, ça a été le cas. Et ça permet aussi de montrer ce qui s'y passe et la manière, effectivement, dont l'institution organise la répression jusqu'au sein des tribunaux. Je pense que moi, un autre aspect qui m'a marquée, c'est parce que finalement, Moi, je suis avocate, évidemment que je me tiens aux côtés des lycéens, des manifestants, en garde à vue dans les tribunaux, mais je pense qu'une des choses qui m'a marquée, c'est la manière dont s'est organisée aussi la résistance face à la répression, notamment avec des professeurs qui ont organisé des chaînes devant les blocus lycéens, des raffineurs pareils au Havre qui se sont mis en chaîne devant des lycées, des travailleurs des transports sur le cours de Vincennes, et que finalement, cette alliance-là entre les lycéens, leurs professeurs, des travailleurs mobilisés, elle a été la... la meilleure des réponses face à la répression, puisque ça a effectivement empêché les forces de l'ordre de mener leurs arrestations massives, à ces moments-là en tout cas.
Daniela Obono, il faut que je vous pose la question, puisque votre partie a été en fait dans les défilés, dans les manifestations. Quelles sont les scènes, vous, qui vous viennent en tête, en fait, quand on voit toutes ces images, finalement ? Une accélération de beaucoup de choses, dernièrement.
Alors, il y a plusieurs images, celles des blocages. Mais ce qui me marque et ce qui m'a énormément impressionnée, c'est ce que j'ai vu dans les manifestations. Déjà, leur nombre. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu des manifestations aussi massives, aussi compactes, en fait, avec vraiment des cortèges très, très nombreux. Et puis, le niveau de conscience politique qui s'est exprimé, notamment à travers les pancartes. Moi, j'étais... impressionnés par ce qui était dit et notamment les deux dernières grandes mobilisations après des semaines de répression brutale, de violence et des images y compris de violence qui ont été beaucoup diffusées et la pression qui a été mise par le gouvernement en faisant monter la sauce anxiogène, etc. Le nombre de personnes qui sont venues et qui ont exprimé, y compris le fait qu'elles venaient en ayant peur, et c'est parce qu'elles avaient peur qu'elles venaient. Et je trouve que c'est très puissant, en fait, ce qui s'est dit à travers la dénonciation des violences, à travers l'humour. même l'humour noir, comme on dit, et l'ironie très forte. Je trouve que c'est une arme puissante, en fait, et c'est une manière extrêmement d'abord subversive. Et en fait, ça me fait penser à ce qu'il dit sur, malheureusement, en fait, dans le processus de bascule autoritaire que l'on vit et le fait que, souvent, dans des pouvoirs de plus en plus autoritaires, c'est par l'humour que les peuples, justement, expriment. leur mépris du pouvoir et de son autoritarisme. Et il y avait un peu de ça. On n'est pas là. Heureusement, on n'est pas là et on va manifester. Justement, les gens revendiquent d'aller manifester dans ce contexte. Pour moi, c'est ça, cet esprit de défiance du pouvoir. et de détermination. Et ces images-là, à travers les pancartes et l'ensemble des messages sur les pancartes, c'est ça qui m'a marquée, qui m'impressionne, en fait.
Justement, en parlant d'humour, l'expression « Bismillah » sur « c'est les ténèbres », c'est vraiment aussi pour dénoncer le racisme des policiers. Ah, mais il y a
tout. En fait, c'est devenu un mot d'ordre international, en plus. Le New York Times. Oui, en fait. Et je trouve que ça fait tellement le lien de plein de choses, à la fois, en fait, la reprise. et la manière dont les gens, dans des mouvements de lutte et de prise de conscience, se réapproprient ce qui est un stigmate quand même, parce que c'est censé être la manière dont les policiers d'y infiltrer essayaient justement de s'emparer et de prendre la main et de manipuler pour le coup. Ceux qui manipulent et tentent de manipuler les mouvements, c'est bien ceux-là pour le coup. et avec tout ce que ça charrie, de mépris de classe, de racisme. Et ça devient quelque chose qui est réapproprié, qui devient quelque chose de mobilisateur, en fait. Et donc je trouve ça extrêmement fort,
complètement. Alors, j'ai une question pour vous, Sabrine. En fait, est-ce qu'on peut déjà revenir un petit peu sur les revendications lycéennes ? Tout simplement parce que là, on a eu, et revenir aussi sur cette séquence où le corps nu a convoqué des influenceuses, qu'elles ont donné les mesures avant le gouvernement, avant même qu'il vous ait parlé. Toute cette chronologie-là, est-ce que vous pourriez expliquer d'une part les revendications et cette chronologie spécifiquement ?
Très tôt, les syndicats étudiants, nous l'union étudiante avec l'union syndicale lycéenne, on s'est réunis pour établir une liste de 10 revendications d'urgence, 10 mesures d'urgence, parce qu'on l'entendait, on imaginait qu'ils allaient nous dire c'est flou vos revendications, non non c'est pas flou, ça fait déjà des années que les syndicats lycéens étudiants ont des revendications qui sont historiques, et donc là on a établi 10 mesures qui sont d'ailleurs... à pouvoir les soutenir sur 10mesures.fr pour soutenir les mesures de la jeunesse. Et donc il y a en premier lieu la question de la rénovation du bâti scolaire, parce que c'est pour ça que les lycéens ont commencé à se mobiliser, avoir des plafonds qui leur tombent sur la tête, ne pas avoir de chaise, de table au lycée, c'est complètement absurde. Ensuite il y a la question de Parcoursup, la suppression de Parcoursup et de mon master, qui sont des machines de tri social et raciste, de tri social parce que c'est une sélection par l'argent, de tri raciste parce que déjà elle fait une différence entre les étudiants nationaux et... extra-européens et également on sait qu'à dossier égal, les étudiants qui portent un nom à consonance nord-africaine ou ouest-africaine ont huit fois de chances en moins d'accéder à l'enseignement supérieur. Il y a aussi le nom des lycées. Oui, exactement, le lycée de région. C'est pour ça qu'on parle d'une sélection sociale, une sélection raciste, une sélection à tous les points de vue. Donc nous, derrière Parcoursup, ce qu'on dit, c'est qu'il faut des places en plus, en licence, en master, ouvrir des places, faire en sorte que les diplômes soient équivalents les uns les autres, qu'un diplôme à Mayotte, qu'un diplôme à Assas, ça vaille la même chose. Ensuite, il y a la question aussi de la répression policière qui est très présente dans nos dix mesures. Vous l'avez très bien rappelé, 85% de mineurs qui sont arrêtés à leur même... Il y a une lycéenne que j'avais rencontrée qui disait, on nous apprend cette année au bac qu'on nous fait étudier la Boétie, et après on nous dit, on n'a pas le droit de se révolter, alors même que c'est littéralement ce qu'on nous apprend dans les cours d'histoire et de français. C'est quand même drôle ce pays qui se permet de donner des leçons de démocratie au monde entier, mais par contre, il n'est pas capable de le faire appliquer dans son propre pays. Et donc, le cornu, on est arrivé devant lui avec... avec ces dix mesures, ces dix revendications, on leur a dit voilà on les a présentées déjà aux ministres de l'enseignement, on les a présentées déjà aux ministres de l'éducation. Et on lui a rappelé que c'était très méprisant quand même de voir les influenceurs avant nous. Alors nous, on n'a rien contre les influenceurs, mais c'est quand même curieux de, comme petite manigance politique, de s'assurer que les influenceurs vont être de son côté, d'annoncer les mesures. C'est-à-dire d'annoncer les mesures de la jeunesse. C'est même pas juste de faire un coup de com', c'est d'annoncer les mesures de la jeunesse, d'abord aux influenceurs, et ensuite, on a été les étudiants les derniers à être reçus dans la journée. Alors oui, il s'est excusé en disant, oui, mais je suis un politicien, mais désolé, ce n'était pas prévu comme ça. Juste, vous avez un mouvement d'ampleur dans la rue, vous avez des milliers de jeunes dans la rue, c'est ça votre réponse politique. Soit vous êtes incompétent, soit vous êtes inconscient, ou les deux.
en plus, les influenceuses ont été convoquées le dimanche pour le lundi matin. Le dimanche soir pour le
lundi matin. Nous, pareil, on a été convoquées, on a reçu l'heure le matin même. Parce que nous, on est à disposition de ce gouvernement. Alors évidemment, on y est allé parce que, premièrement, ça donne de la visibilité quand on sort. Évidemment, il y a tous les journalistes qui courent à nous pour nous demander à l'heure, ils vous ont dit quoi. Et puis, on lui remet les revendications sur la table parce qu'apparemment, il n'est pas au courant de ce qui s'est passé à l'intérieur. c'est qu'il y avait, non mais c'était lunaire, il y avait son ministre de l'éducation à côté de lui, son ministre de l'enseignement, et il pensait qu'il parlait à des gens qui ne sont pas conscients, qui ne sont pas des militants, qui n'ont pas conscience de leur sujet, donc on leur dit, voilà, ils nous disent on va ouvrir 15 000 places, oui mais vous avez fermé 10 000 places cette année. Il regarde son ministre de l'enseignement, ah oui, on a fermé 10 000 places. Vous, vous travaillez vos sujets, mettez-nous à votre place dans ce cas-là.
La question de la violence, notamment après le 17 octobre, a été omniprésente. C'est une stratégie mobilisée à chaque mouvement d'ampleur, mais là, on a quand même eu beaucoup d'émoi pour des vitrines et des poubelles, avec la volonté de détacher les gentils manifestants des méchants casseurs et pilleurs. On écoute.
Est-ce que vous seriez capable de condamner les exactions qui sont commises par vos proxys ? les black blocs, les organisations d'ultra-gauche. Vous
n'appelez pas au calme, vous ne condamnez pas les violences. Condamnez-vous le racisme des propos des ALR. Ces images que je montre, vous n'en voulez pas, vous appelez au calme.
Non, je n'appelle pas du tout au calme, j'appelle à la lutte, à la mobilisation.
Alors, Philippe Poutou, comment est-ce qu'on arrive à dénoncer les répressions sans pour autant justifier les violences ?
Après toutes ces séquences, ça devient rigolo à force. Cette obsession de la violence, mais après c'est un classique aussi. À chaque fois qu'il y a des mobilisations, ça déborde comme eux, ils diraient. C'est nous mettre dans... Parce qu'en fait, à priori, on n'est pas violent, on est plutôt pacifiste. Et puis d'ailleurs, globalement, le mouvement social, il se tient bien quand même. Il est beaucoup même trop sympa par rapport aux violences de la société. Donc après, comment on discute de ça en étant aussi... Parce que moi, je fais partie de celles et ceux qui pensent que la violence, ce n'est pas un problème en fait. La violence de la révolte, elle est même complètement logique, elle est légitime. Comme disent les flics, Et quand ils sont pris en image en train de frapper un jeune, par exemple, ils vont dire oui, mais qu'est-ce qui s'est passé juste avant ? Il faut avoir le contexte. Nous aussi, c'est le contexte qui compte. Et en fait, le contexte, c'est une société d'une violence extrême. Que ce soit la jeunesse aujourd'hui qui n'a plus les conditions d'études et d'avenir. qui sont garanties, mais globalement entre la précarisation, enfin toute la violence de la société à tous les niveaux. Donc il y a besoin à un moment donné d'y répondre. Et là aujourd'hui on est dans une phase de riposte. Donc alors comment arriver à justifier cette riposte-là ? Le côté offensif de la mobilisation, parce que c'est aussi l'avantage de la mobilisation actuelle, c'est qu'on n'est pas en réponse à une nouvelle attaque, d'une certaine manière à une nouvelle loi ou à une nouvelle réforme. Il y a un mouvement, une colère qui éclate par rapport à tout ce qui a été accumulé depuis longtemps. Donc il a un côté offensif ce mouvement et c'est ça qui déstabilise le pouvoir. Et il a essayé d'y répondre très violemment en pensant que dès le départ il allait calmer tout le monde en arrêtant et en condamnant même de la prison à des jeunes, ou en tout cas en frappant violemment, il a pensé qu'il n'a pas réussi son coup. Et donc du coup maintenant c'est ça, c'est comment nous coincer dans cette histoire de violence et tout ça alors que c'est lui qui produit la violence et c'est la société qui produit la violence. Donc en vrai, ce n'est pas évident pour nous de débattre de ça, parce qu'en fait, il y a plein de gens qui sont légitimement aussi pas pour la violence. C'est des vitrines cassées, par exemple. Tout ce qu'on nous a montré, il y a plein de gens normalement constitués qui vont dire « ouais, c'est quand même pas terrible et tout ça ». Mais en même temps, ça fait partie aussi des choses de la vie, ça fait partie des mouvements sociaux. Et comment nous, se positionner là-dedans en étant compris par les gens de notre camp ? Parce qu'en fait, le pouvoir, on s'en fout un peu. Je pense que c'est bien d'assumer aussi notre propre violence, notre droit à la riposte ou le droit. Le droit à l'émeute, c'est bien de l'assumer. Le
droit à la colère.
Oui, parce que ça fait partie de la colère, ça fait partie aussi d'une sorte d'autodéfense, de survie. Aujourd'hui, si on veut survivre, si on veut s'en sortir, il faut que la colère s'exprime. Après, la question, c'est comment tout ça, ça peut s'organiser, comment ça peut être le plus efficace possible. Mais je crois qu'il faut qu'on assume quand même cette part de violence, entre guillemets, parce qu'en plus, on parle d'une violence... C'est des vitrines, ou c'est des abribus, ou c'est des poubelles qui brûlent. Moi je trouve que c'est super esthétique une poubelle qui brûle. Mais c'est hyper plaisant parce que ça exprime tout ça. Mais voilà, il faut à la fois l'assumer et en même temps avoir un discours politique sur l'importance de l'organisation collective. Et je pense qu'on peut s'en sortir comme ça. Parce que je finis juste sur un truc, c'est qu'eux, ils parlent de proportionnalité, par exemple. Vous avez même une nièce. Pour lui, c'est proportionnel. Mais c'est vrai, d'un certain point de vue, il a raison. Parce qu'en fait, le pouvoir, lui, ce qu'il veut, c'est écraser le mouvement. Donc, c'est proportionnel, en fait. Il ne faut pas qu'on puisse libérer la parole du côté des jeunes ou du côté des générations un peu plus anciennes. Donc, ils vont réagir très violemment et de manière normale du côté du pouvoir. Et nous, après, il faut qu'on discute de notre propre proportionnalité. En fait, oui, on a besoin de riposter et de se défendre et de se battre. Et les combats de rue font partie aujourd'hui des outils de défense à côté de la grève, à côté des manifestations. Il faut voir comment tout ça, ça peut se coordonner de manière à ce qu'on puisse être très efficace et changer la donne pour de bon.
Et Sabrine, du coup, je voyais que vous preniez des notes par rapport à ça. Et comment est-ce qu'on... on tient sur cette ligne de crête où, en fait, finalement, on oppose les choses dos à dos.
Et déjà, quelque chose qui a été rappelé, on parle de poubelle qui brûle, on essaie de mettre sur le même plan des violences contre des personnes et de la détérioration de biens, ce qui n'est pas juste... On ne doit pas leur laisser cette bataille culturelle à gagner, donc c'est complètement lunaire. Et puis, le fait de mettre sur le même plan des violences qui seraient envers... des personnes et les violences qui ne sont pas des violences, des attaques sur des biens, quand on voit des poubelles qui brûlent, ce que tu rappelais très bien, ce n'est pas sur le même plan et on a vu des images incessantes à Marseille notamment de montrer des poubelles qui brûlent, etc. Enfin c'est complètement... Enfin, juste, on ne parle pas de gens. Et puis, il y a eu l'image aussi, on a vu... C'est fou, hein. Toujours, on donne des excuses aux policiers en leur disant qu'est-ce qui s'est passé avant, et quand il y a eu cette image d'un policier qui a été pourchassé par des lycéens et qu'on oublie de dire que, juste avant, il avait noyé un lycéen, un mineur qui plongeait sa tête dans un lac, là, on ne lui donnait pas le... On ne disait pas oui, mais regardez ce qu'il a fait avant. Enfin, c'est ça qui s'est passé. On ne donne pas le contexte. Et puis même sur tous les plateaux, il a été défendu en disant non, non, il a voulu secourir le lycéen, il a voulu le prendre. Enfin, il faut arrêter de se foutre de nous, quoi. Sans aucune preuve, d'ailleurs, parce
qu'on ne connaît pas ses intentions. Sans aucune preuve, quoi. Maitre Ancion, je voulais vous interroger aussi, parce qu'il y a les manifestations, et puis il y a l'après-manifestation. Notamment, après le 17 octobre, on a vu des condamnations à l'appel. une répression policière qui est hors normes, on l'a dit, des personnes qui ont été condamnées sans aucun casier judiciaire, des primo-manifestants même. Et concrètement, là, la France est mise, même devant le monde entier, devant le fait accompli, c'est que l'ONU a dénoncé la disproportion des mesures qui ont été appliquées, j'ai dit ça très, très, très gentiment, et l'Amnesty International aussi. Après, juste après, Daniel, je voudrais vous faire réagir à ça. Dans ce cas-là, quel est le rôle des avocats ? Parce que vous avez eu à défendre des adolescents, il me semble. Et là, la violence de la comparution immédiate, comment est-ce qu'on s'organise ? Et à quel point c'est inédit pour vous, finalement ?
Oui, alors peut-être je voulais d'abord revenir juste avant justement sur la rhétorique des casseurs qui est développée par le gouvernement, parce que moi je pense qu'il faut qu'on ait vraiment de la clarté sur ça. Si le gouvernement mobilise à ce point-là la rhétorique des casseurs, des pilleurs, des éléments extérieurs, c'est à une fin très claire, c'est pour pouvoir justement déployer une répression extrêmement importante, tant policière que judiciaire, et du coup j'y reviendrai, mais c'est... exclusivement pour pouvoir justifier ça. Si vous voulez, le gouvernement, il n'a pas un problème avec la méthode de la manifestation, il a un problème avec son existence même, avec sa massivité et avec sa radicalité. Et que ce n'est pas un problème de casseurs, de pillages, de poubelles qui brûlent. Et ça, ce discours, cette rhétorique des casseurs, il faut vraiment... Enfin, nous, on refuse, mais catégoriquement, de commencer à rentrer dans cette espèce de rhétorique qui... qui pour nous de manière évidente justifie derrière Nunez qui déploie la CRS8, le RAID, le GIGN, enfin bref, l'ensemble en fait du corps policier, que tout ça c'est sur le fond de cette rhétorique-là, et c'est pour ça que nous on reste avec justement cette clarté de dire non, enfin de toute façon le gouvernement, bien avant le 17 octobre, il nous parlait de casseurs, il nous parlait d'éléments extérieurs, il nous parlait de voyous sur les blocus. C'est pas vrai que son problème c'est... la méthode, c'est l'existence de la mobilisation. Et je veux quand même aussi rappeler que, historiquement, cette rhétorique, elle est déployée déjà en mai 68. On nous parlait de casseurs, d'éléments extérieurs, et c'est le cas à chaque mobilisation-là. tout le temps, tout le temps, tout le temps, la même rhétorique qui revient. Donc en fait, il faut avoir cette clarté-là, à mon avis, par rapport à la technique qui est déployée par le gouvernement et ce à quoi elle sert. Et je rappelle que c'est notamment ça qui sert à justifier aujourd'hui un projet de loi casseur-payeur, qui est un projet absolument abominable, qui en réalité vise à venir asphyxier financièrement les manifestants. C'est une loi extra-large qui vient essayer de taper sur le plus de monde possible, et même qui porte en son sein une espèce de revanche de classe, puisqu'elle tente de taper très très fort sur les classes populaires, en permettant d'aller saisir les aides sociales. Et c'est pas simplement cette loi, mais c'est aussi Darmanin, dans des circulaires, qui commence à parler de suspension des aides sociales. Donc on voit qu'y compris cette rhétorique, elle sert à aller taper très très fort sur les classes populaires. Donc pour moi, il faut qu'on ait vraiment cette intransigeance. de dire on ne rentre pas dans cette rhétorique. parce que c'est une rhétorique qui justifie des atteintes sécuritaires, répressives, liberticides. Sur ce qui se passe concrètement au niveau des tribunaux, puisqu'effectivement il y a une répression policière extrêmement importante, et on a la répression judiciaire qui prend le pas immédiatement derrière, on a vu notamment Darmanin commander d'ailleurs cette répression judiciaire, on a eu des circulaires qui ont demandé une réponse pénale ferme, avec même Gérald Darmanin qui commence à demander des qualifications. Il est même venu
visiter un tribunal. C'est une forme de pression qu'il met aussi à l'environnement.
Si vous voulez, Gérald Darmanin, il vient s'assurer dans les tribunaux que tout le monde a bien lu sa circulaire. Et que tout le monde va bien se mettre en ordre de bataille pour, du point de vue des procureurs, faire les réquisitions les plus sévères possibles. Et du point de vue des juges du siège, taper quand même. Parce que c'est ça qu'on voit effectivement dans les tribunaux. Je pense que des choses... qui marque énormément, c'est qu'on a des condamnations extrêmement violentes, très, très, très violentes. Vous pourriez nous donner un cas ? Par exemple, on a des cas, vous voyez, un peu de type quelqu'un qui se retrouve avec une paire de lunettes Louis Vuitton, un paquet de lait en poudre, on a quand même ce type de choses, des personnes où la police explique qu'elle aurait tiré un mortier dessus et qui arrivent devant un juge. et ce juge qui n'a pas de difficulté à prononcer des peines de prison. Et quand je dis peine de prison, c'est aussi les peines avec du sursis. Les peines avec du sursis, c'est extrêmement grave. On pense qu'on s'en sort bien. parce qu'en fait, il y en a qui partent avec un mandat de dépôt, mais une peine de prison avec sursis, c'est extrêmement grave et c'est extrêmement violent. Donc, on a vu toute cette palette-là de peines qui sont tombées, du mandat de dépôt extrêmement violent à la peine avec sursis, mais aussi des peines complémentaires extrêmement liberticides, avec des interdictions de manifester, ça, c'est quasiment systématique. Il faut quand même voir que c'est extrêmement grave et que ça, c'est des juges du siège. qui prennent ces décisions-là.
y a aussi des interdictions au vote, il me semble, pour les droits civiques. La dernière circulaire, notamment,
de Gérald Darmanin, c'est justement de demander la suspension des droits civiques, qui est effectivement une peine complémentaire qui existe, mais lui, évidemment, commence à essayer de demander à ce que ça soit systématique.
coup, Daniel Aubono, il y a beaucoup de choses qui ont été dites. Comment est-ce qu'on réagit à la loi ? Casseur-Payer, justement.
Déjà, je pense que c'est important ce qui a été dit sur le fait de refuser l'injonction à la condamnation permanente, parce que de toute façon, c'est quelque chose qui est général. Dès qu'il y a la moindre mobilisation, il va y avoir ce cadrage. Je pense qu'il faut aussi pointer la responsabilité des médias parce que nous, une des premières choses qu'on rappelle, c'est que si on était vraiment en guerre civile, les dégradations et les destructions ressembleraient à autre chose. Quand on a autant de centaines de milliers de personnes qui manifestent et que dans 99% des cas, ce sont des manifestations massives sans aucun incident et que quand il y a des incidents, c'est parce qu'il y a aussi une stratégie policière. C'est ça la réalité que vivent. En fait, quand les gens vont en manifestation, ce qu'ils voient pour la grande majorité, c'est des manifestations pacifiques, larges, avec plein de gens, etc. Donc c'est la première chose pour moi qui est importante de rappeler, c'est l'expérience concrète des gens, c'est d'avoir manifesté et d'avoir exercé leurs droits fondamentaux. Et c'est ça qui est la première chose dans un État dit de droit. La deuxième chose, c'est de la responsabilité de l'État de garantir. les bonnes conditions d'expression de ce droit. Et je pense qu'il faut renverser la charge de la responsabilité parce qu'il y a une volonté de faire des manifestants, de faire des organisations qui appellent à la manifestation, des responsables de la bonne tenue de la sécurité des personnes et des biens. Ça, c'est de la responsabilité du gouvernement. C'est vraiment leur tâche. Ils ont un boulot, c'est celui-là, pour reprendre l'expression. aussi dire, en fait, si ça se passe mal, c'est d'abord de votre responsabilité parce que vous devez garantir l'expression de ce droit fondamental. Et je pense qu'il faut rappeler la responsabilité des médias parce que quand, sur une journée, on passe 90% du temps à filmer une poubelle qui brûle, c'est un choix éditorial, politique. Et là-dessus, je crois qu'il faut… Les médias sont des acteurs aussi du récit. des acteurs majeurs là-dessus. Donc je pense que ça, ça fait partie aussi de la responsabilité politique de le dire. Et nous, bien évidemment, qu'on d'abord demande des comptes, et c'est pour ça qu'il est important de suivre la commission d'enquête parlementaire qui a commencé sur les événements liés au 17 octobre, parce qu'il va falloir faire la lumière justement sur ce qui s'est passé, sur pourquoi il y a eu cette stratégie. absolument incompréhensible de la part du gouvernement, des préfectures, etc. Parce que je pense que ce sont eux qui créent les conditions des violences. de manière globale dans la société et en particulier quand il y a des mouvements sociaux. Donc ça, c'est un enjeu, y compris par rapport à la loi dite casseur-payeur pour déterminer les responsabilités. C'est d'abord la commission d'enquête qui doit pouvoir le faire. Et si on veut discuter ensuite d'une loi, d'une énième loi, elle ne peut pas se faire sans les comptes rendus d'une commission d'enquête qui est censée faire toute la lumière. Parce que sinon, et ça montrera, et pour moi c'est… Les deux sont liés, il faut vraiment le lier dans les revendications. Ça veut dire qu'en fait, cette loi-là, elle ne sert absolument pas à régler quoi que ce soit des problèmes qu'il peut y avoir quand on veut aller manifester et qu'on se fait réprimer et qu'il y a de la dégradation. Elle sert effectivement à ce qui a été dit, c'est de la vengeance de classe, c'est une volonté de criminalisation, etc. Et bien évidemment qu'on sera vends debout contre. Et je pense que la question de faire toute la lumière sur ce qui s'est passé et du coup de la commission d'enquête parlementaire, pour moi, elle est primordiale. On va s'opposer au texte qui arrive. Je pense qu'en bonne partie, il sera retoqué, il devrait être retoqué s'il arrive à passer. Malheureusement, il y a une majorité de droite et d'extrême droite pour faire passer ça. Mais il y a un rapport de force aussi à avoir sur, oui, la responsabilité des violences, de l'empêchement des droits de manifester, comme vous l'avez dit, toutes les organisations de... défense des droits humains pointent la responsabilité du gouvernement et de l'État, en fait, dans tout ce qui se passe en termes de remise en cause du droit, de la liberté d'expression, et y compris la dégradation des biens des commerçants. C'est leur responsabilité d'assurer le bon État, de la marche du pays et de la démocratie.
faudrait la renommer, cette loi Casseurs -Peurs, parce qu'elle ne dit rien. C'est, comme tu rappelais très bien, c'est ça, beaucoup trop large, et puis c'est une loi qui vise à réprimer les manifestants, donc leur laisser le sous-entendu de « tu casses, tu payes ». Et entre autres, oui.
Sur la responsabilité du gouvernement, je pense qu'un mouvement, s'il est fort, s'il est déterminé, ça ne peut pas bien se passer. Il y a trop de pauvreté, trop d'injustice accumulée pour que ça se passe bien, parce qu'après, ça passe bien, ça voudrait dire quoi ? Et donc après, ça revient un peu aussi, c'est vrai que l'obsession du pouvoir... Ce n'est pas la violence en elle-même qui s'exprime, et encore dans la violence, il faut mettre des guillemets, parce que la violence sur des monuments ou sur des vitrines ou sur des poubelles, ça n'a rien à voir avec ce que pratique le pouvoir aujourd'hui sur la jeunesse notamment, ou sur le moindre manifestant. L'obsession, ce n'est pas la violence. L'obsession, c'est quand les gens relèvent la tête et quand ils s'organisent et quand ils sont dans la rue. Ils en ont peur de ça. Et les médias, je pense qu'ils relaient ça. Et c'est vrai que l'obsession de la poubelle qui brûle, ce n'est pas juste de la manip parce qu'ils veulent manipuler les gens. C'est qu'en fait, comme ils sont du côté du camp des privilégiés, ça leur fait peur. Ça leur fait peur parce que la poubelle qui brûle, quelque part, c'est l'expression d'une colère. C'est quelque chose qui se passe. Et eux, ils ne voient que ça parce qu'ils se foutent royalement. Ils sont dans des bulles quand on va sur les... plateau de BFM, c'est marrant, enfin BFM ou d'autres, c'est enfermé, donc déjà, mais on a vraiment l'impression qu'ils sont dans un coin, il n'y a pas de fenêtre d'abord, donc ils ne voient pas ce qui se passe dehors, et ils ne comprennent pas, ils ne veulent pas comprendre, donc je pense qu'il y a vraiment ça, c'est peut-être la conscience de cette classe sociale qui domine. Elle domine, elle a ses privilèges, et puis là, ça peut perturber. Ça peut perturber, parce que ça ne veut pas dire qu'ils sont en train de penser que la révolution n'est pas loin. Mais ça, ils ne supportent pas. Ils ne supportent pas parce que c'est dangereux, parce que c'est comme ça que la confiance revient. On le voit aujourd'hui même, en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Albanie, en Amérique latine, ce qui se passe au Brésil ou ailleurs. Il y a plein de choses. Il y a une sorte de contagion. Et la révolte, tout ça, et puis même... Parce que je pense qu'il y a l'image de la répression policière, mais il y a l'image de ces jeunes ou de ces moins jeunes qui vont se confronter à la police, qui vont se battre. Moi, je trouve que c'est hyper stimulant de voir la réponse. En fait, on se défend. Et quand même, il y a plein d'images qui nous font sourire quand on voit des CRS avec de la peinture sur le casque qui s'essuie. Bon, ça, ce n'est pas très violent, mais il y en a qui chargent, il y en a qui vont attaquer. Et je pense que ça, c'est hyper contagieux parce qu'en fait, on a tous dans la tête cette idée qu'en fait, il va falloir amourner. à un moment donné, leur faire rendre des comptes à ces gens de pouvoir. Donc c'est pour ça que la question de la violence, elle s'inscrit dans tout ça. Et c'est vrai que c'est, je suis d'accord avec l'idée de ne pas se faire piéger, enfin, leur rhétorique la comprend, mais en même temps, ça veut dire que nous, quelque part, on assume cette légitimité, pas pour dire il faut tout péter et tout ça, mais parce qu'à contester aussi, quand Nunes et les autres, tous, ils disent ça, c'est l'État qui est le seul à avoir la légitimité. de la violence, mais d'où ça sort ? En fait, on n'est pas d'accord avec ça. Le peuple a droit aussi à la révolte, à l'émeute, et donc il a le droit à utiliser aussi des méthodes qui sont liées à la colère contre les injustices. Et donc, ce droit à la violence, ça ne veut pas dire qu'on le vante. Enfin, je ne sais pas comment dire, mais c'est vite fait que ça soit mal interprété, parce qu'en plus, je finis là-dessus, la population, elle n'aime pas trop ça. Et c'est normal, même nous, on n'aime pas ça. On aime bien les manifouettes où c'est sympa, ça chante et tout ça. Mais, donc, C'est toujours un peu cette question-là qui se pose. Mais en même temps, l'assumer, je pense que de toute façon, les idées révolutionnaires, c'est toujours sympa. Quand il n'y a pas de révolution, on est du folklore. Enfin, les candidatures révolutionnaires, c'est un peu du folklore. On est dans une campagne ou quand on dit des choses un peu radicales. Mais quand il y a des luttes et quand des gens s'emparent, retrouvent la confiance dans la lutte, là, ça devient moins folklorique. Et on sent bien qu'il y a une menace pour eux dans l'idée de la radicalité ou de la contestation d'un système ou de la remise en cause d'un système. d'économie capitaliste.
Non, sur ça, je pense que c'est un débat qu'il y a sur la stratégie, en fait, sur quel est le rôle de la violence dans les mouvements de contestation. Et hors du cadrage médiatique, de la condamnation, etc., je pense qu'il y a une discussion à avoir sur le moment de la mobilisation et le moment de la manifestation. Est-ce que c'est là que tout va se jouer ? Et comment on fait ? Pour moi, c'est ça l'enjeu, moins la confrontation. Parce que par ailleurs, je pense que l'État a les moyens d'écraser, et on l'a vu, il y a un niveau de violence et ils n'ont pas de problème à l'utiliser. Et donc, pour moi, ce n'est pas dans cette confrontation physique avec l'État et ceux qui le protègent. qu'on a le meilleur rapport de force, en fait. Parce que malheureusement, ils ont les moyens, ils ont les armes. Et donc pour moi, c'est plus ça, en fait. C'est un débat sur quelle est la meilleure stratégie pour que le mouvement y gagne. Et je crois que, par exemple, le fait de dire… Il faut des manifestations importantes pour qu'il y ait le plus de gens possible. Et effectivement, la violence effraie une bonne partie des gens, et c'est pour ça que nous, on insiste sur le fait qu'il faut que nos manifestations, tout le monde puisse y être, y venir, et qu'on se donne les moyens, y compris de la sécurité collective, parce que l'État ne le permet pas, d'une part. Mais le deuxième élément, c'est… Si on veut que le mouvement gagne, parce que c'est ça, il faut des outils d'un rapport de force et notamment, moi je pense que l'enjeu de la grève, l'enjeu du blocage du pays est plus important pour moi que le fait d'être dans de la confrontation physique avec un État où on n'est pas le rapport de force. Donc pour moi, c'est un débat légitime qui existe dans les mouvements, qui a toujours existé par ailleurs, quelle est la stratégie. Je suis tout à fait d'accord sur le fait de ne pas répondre aux injonctions. et se placer dans le cadrage médiatique. Mais nous, on a besoin, et les mouvements pour gagner, il a besoin de déterminer quelle est la meilleure stratégie et comment on fait pour l'élargir, à la fois dans la manifestation et puis qualitativement, dans ce qui est pour moi le meilleur levier, c'est-à-dire le vrai blocage du pays par la grève. Et ça, ça peut les faire céder. à mon avis, plus que la confrontation avec la police. C'est un vrai, il y a des mots
sur le sujet. Oui, qui nous avait choqués, parce qu'on avait eu le rendez-vous avec Nunez, le ministre de l'Intérieur, qui faisait une vraie inversion des rôles, quand on lui disait... Parce qu'il nous a posé la même question, on ne s'est pas retrouvés, nous, avec des policiers qui ont eu un œil en moins, une mâchoire arrachée, un bras arraché, et il nous a répondu, les premiers meurtris sont les policiers qui appuient sur la gâchette. C'est ça leur rhétorique et en même temps Nunez qui dit je n'aurai aucun mot pour ces jeunes qui ont été mutilés, j'appelle la police à n'avoir aucune retenue. On parle quand même d'un mouvement contre des... On parle d'une répression contre des mineurs. Donc c'est ça la réponse que veut envoyer le gouvernement à des jeunes qui se mobilisent. Alors oui, nous on dit, la violence, nous, dans notre syndicat, ce n'est pas notre stratégie, par contre le mouvement, il nous dépasse et on s'en réjouit bien et que si ça peut péter partout et qu'il y ait de la mobilisation partout, ça va le faire et c'est super et c'est comme ça qu'on gagnera et c'est comme ça qu'on fera le rapport de force en étant partout.
Justement à Blast, on vous a révélé que le Premier ministre Sébastien Lecornu avait pour projet de potentiellement couper Internet et les réseaux sociaux. Voici un extrait de notre enquête de Yanis Mamdi.
Pour ceux qui sont passés à côté, un rappel. Le Premier ministre a expressément demandé au patron des opérateurs téléphoniques et Internet de se tenir prêt à couper la connexion à TikTok, Instagram, Twitter et Snapchat le 24 octobre pendant la manifestation. Sa justification, les 17 et 18 octobre, les réseaux sociaux auraient joué un rôle décisif, non seulement dans la cristallisation et la viralité des mots d'ordre illicites, mais aussi comme levier de coordination opérationnelle des violences. Le lendemain de l'envoi de la lettre, une réunion a eu lieu entre les opérateurs et des représentants du cabinet du Premier ministre. Les fournisseurs d'Internet y soulignent d'abord la difficulté technique d'une telle coupure et sa fragilité. Une mesure que le Conseil d'État a fini par retoquer en avril 2025. au motif qu'elle n'était pas nécessaire et qu'elle portait une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression. Si les opérateurs sont réticents, c'est aussi qu'ils n'ont aucune envie d'être pris pour cible, ni d'être tenus responsables d'une telle mesure liberticide.
N'oubliez pas que cette émission et tous les programmes proposés par Blast n'est rendu possible que grâce à vos dons. Blast est en pleine campagne de financement, donc rendez-vous vite sur blast-info.fr. Donc vous voyez ce reportage, cette exclusivité qu'on a sortie chez Blast au sujet des coupures des réseaux téléphoniques. Qu'est-ce que ça vous inspire, vous, Prisca en Sion ?
Déjà, la première chose, c'est que ce n'est pas la première fois que le gouvernement le fait. Il l'a fait en Kanaki lors des révoltes. Ça a été d'ailleurs jugé légal par le Conseil d'État, puisqu'à cette époque-là, on l'avait contesté en référé-liberté, justement, ce shutdown des réseaux sociaux, étant précisé que la France, je crois, a été le quatrième ou le cinquième pays au monde à le faire. Et en fait, pour moi, c'est un exemple de choses qu'on dit très, très régulièrement, mais qu'en réalité, les Outre-mer, des colonies françaises, sont des laboratoires très importants, des mesures les plus répressives et liberticides du gouvernement. Et là, on le voit de manière vraiment éclatante, avec le fait que le gouvernement applique en Hexagone une mesure qu'il a testée en Kanaki. Et ce qui est recherché, évidemment, c'est la possibilité de tuer l'organisation, puisque les réseaux sociaux sont des lieux d'organisation, d'appel à des rassemblements, mais c'est aussi... la volonté justement de faire en sorte, de couper un lieu de la liberté d'expression qui est massivement utilisé par la jeunesse. Et je rappelle que c'était vraiment ça qui était dans le viseur au moment de la révolte kanak, puisque c'était pareil, des mobilisations extrêmement jeunes, avec beaucoup de jeunesse, et que c'est pour ça que les réseaux sociaux étaient visés, c'est exactement ça qu'ils font aujourd'hui sur l'hexagone.
En fait, je pense qu'il faut le remettre dans le contexte général qui a été analysé par notamment Amnesty International comme celui de cette bascule autoritaire. qui ne vient pas du jour au lendemain. Je pense qu'on pourra revenir sur les dix ans de Macronie ou comment, depuis dix ans, il y a cette escalade sécuritaire. Mais sur les réseaux sociaux, c'est particulièrement marquant parce que c'est vraiment les signes avant-coureurs, le fait de vouloir contrôler l'information, le fait de vouloir y compris déterminer l'accès des citoyens et citoyennes à l'information et leur liberté d'expérience, ça fait partie des signes avant-coureurs. de pratiques autoritaires qui ont été dénoncées depuis des mois, d'ailleurs, par les ONG. Et je pense que c'est très important que vous ayez rendu cette info disponible. Il est dommage que ça n'ait pas été suffisamment repris et discuté parce que c'est aussi une remise en cause du travail des médias, de la presse, parce que ce sont sur les réseaux sociaux où il y a des sources et des ressources importantes. Et je pense qu'il faut voir aussi plus loin, parce que l'interdiction n'a pas été jusqu'au bout, mais je pense que des pressions existent, et c'est aussi un des sujets qu'on va porter dans la commission d'enquête, sur les algorithmes, sur ce qui est visible ou pas visible. Il y a eu beaucoup de réactions de personnes sur des comptes qui disent, en fait, voilà, mon compte est moins visible, on a moins d'images, on voit moins d'images, etc. au-delà de l'interdiction, la manipulation, et le fait qu'on va changer l'algorithme, on va faire en sorte que certaines choses soient moins vues, au prétexte que ce serait de l'incitation, etc. Et donc oui, c'est très très grave, et on est là vraiment dans une pratique de régime autoritaire, et c'est l'antithèse de l'État de droit, ça dit vraiment la vérité. À la fois la peur, et ça c'est une dimension importante, toutes ces mesures, toute cette répression, au niveau de violence d'État et à la hauteur de la peur qu'ils ont et de l'illégitimité de ce qu'ils font et du fait qu'ils sont mis en accusation pour tout ce qu'ils ont commis depuis dix ans et ils sont très largement impopulaires parce que c'est aussi la réponse par… la répression, l'autoritarisme et la manipulation, vient du fait que le mouvement est très largement soutenu dans la population et qu'eux, ils sont très largement détestés et déconsidérés dans le pays. C
'est déjà assez grave de couper, par exemple, TikTok en kanaki, mais s'en est une autre, de couper complètement... tous les réseaux, c'est encore... Et puis sur quel territoire, etc., donc c'est...
pense que c'est une bonne illustration, justement, de ce que c'est que la nature profonde de l'État, y compris de l'État de droit, puisque, en réalité, tout est fait pour pouvoir à la fois avoir... Enfin, faire des mesures très autoritaires tout en étant légales, mais y compris d'avoir la possibilité de suspendre la propre légalité de son système. Je rappelle quand même qu'au moment où il y a eu la suspension de TikTok en kanaki... tout était illégal. Si vous voulez, le gouvernement ne savait plus sur quels fondements s'appuyer, état d'urgence, circonstances exceptionnelles, ingérence étrangère. Il était allé tirer un peu tous les fils possibles et imaginables. Il y avait une illégalité manifeste de la mesure d'interdiction de TikTok, mais le Conseil d'État... a la possibilité d'appliquer un saut de légalité sur cette pratique, et c'est ce qu'il a fait. Et justement, il faut aussi comprendre ces institutions, notamment celle du Conseil d'État, qui, je le rappelle, a validé, enfin, en tout cas, a interdit la manifestation intra-amuros, la manifestation parisienne, pour qu'elle se tienne finalement boulevard des maréchaux, mais qu'en fait, c'est des institutions qui ont un rôle extrêmement important dans le maintien, en fait, d'un ordre social. Et qu'en fait, c'est pas, si vous voulez... Moi, je suis avocate, mais je suis aussi militante, je suis militante au collectif d'actions judiciaires, mais on a une analyse qui est marxiste, en fait, de la société et de ses institutions, en particulier de l'État, qui est un outil de domination d'une classe sur une autre, et qui, en fait, ça se voit de manière assez évidente, puisque tout est organisé pour que l'État ait une forme de toute puissance. Alors, il essaye, évidemment, de l'enrober dans l'espèce de vernis démocratique et d'espèce de... pseudo garantie, mais qui en réalité vole en éclats dès lors qu'il y a une contestation d'ampleur, et ça on le voit systématiquement, mais c'est que du coup, il faut aussi avoir conscience que l'ensemble des institutions, et là on le voit avec l'institution judiciaire, policière, administrative, quand la stabilité de l'État est attaquée, là, tout ce qu'on voit depuis le début, c'est un État qui se défend. C'est l'État qui se défend par rapport à la remise en cause de sa légitimité, à la remise en cause de l'ordre social qui l'impose, parce que c'est vraiment ça qu'il fait par l'ensemble de ses institutions, et que là, on voit que, justement, toutes ces institutions, elles se mettent en ordre de bataille, et tous les leviers sont tirés pour justement faire rentrer dans l'ordre. garanti par l'État, l'ensemble de la population qui est en train de le contester. Et ça, je pense qu'il faut le voir aussi, parce que sinon, on a juste l'impression qu'on est en train de se faire rouler dessus par le gouvernement Macron. Mais en réalité, ce n'est pas seulement le gouvernement Macron, mais c'est le maintien d'un ordre qui, en réalité, même la colère qui s'exprime aujourd'hui, ce n'est pas simplement une accumulation sous Macron, mais à mon sens, une accumulation au moins depuis 2008, où en fait, c'est beaucoup plus profond ce qui s'exprime. C'est la remise en question. évidemment, d'un gouvernement avec une figure présidentielle extrêmement autoritaire, méprisable, détestable, mais c'est aussi un système, parce que Macron, il est le représentant, il est le défenseur d'un système extrêmement violent et oppressif. Je
voudrais revenir avec vous sur une mesure qui s'appelle la mesure Mikas. Est-ce que vous pourriez expliquer pour le tout venant ?
Oui, en fait, c'est initialement, c'est des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance. Donc c'est, si vous voulez, très concrètement, c'est le ministère de l'Intérieur qui prend contre vous une mesure de contrainte de votre liberté d'aller et venir ou quoi que ce soit, c'est-à-dire qui vous contraint à rester soit chez vous, soit dans votre commune, à ne pas aller dans certains endroits. C'est des policiers qui toquent chez vous et qui vous donnent un papier et qui disent, bon, à partir de maintenant, vous ne bougez plus d'ici. Ça se conteste, mais ça se conteste très difficilement, notamment par la voie du référé Liberté devant le tribunal administratif, mais très, très souvent, en fait, on vous délivre la mesure, la veille pour le lendemain, en tout cas, là, systématiquement, quand on essaye de contester, en fait, la mesure est déjà passée, le tribunal ne s'en est pas saisi, n'a pas statué dessus, ou alors, quand il statue dessus, il la confirme. Et donc, voilà, c'est une mesure qui arrive de manière très, enfin, vraiment comme un coup près, de manière très autoritaire. en réalité, même sans justification, puisqu'elle se base sur des notes blanches systématiquement, qui ne sont pas communiquées à la personne. Donc, en fait, c'est pour ça que ça émane du ministère de l'Intérieur, qui a justement ces petites sources internes, et qui, justement, là, est allé taper sur des lycéens, sur des syndicalistes, sur des agriculteurs, sur des manifestants, sur des militants écolos. Enfin, là, on dénombre... Enfin, le ministère de l'Intérieur ne donne pas le chiffre, mais nous, en tout cas, en tant qu'avocat, on dénombre au moins une centaine qui a été délivrée dans le cadre de ce mouvement. que ça dit aussi, c'est que systématiquement, quand on a des lois extrêmement violentes, extrêmement liberticides, au prétexte de lutte contre le terrorisme, au prétexte de lutte contre le narcotrafic, il faut encore une fois avoir la clarté qu'il faut toujours s'opposer aux lois qui viennent renforcer l'autoritaire, l'arbitraire, et que typiquement, les mesures qui sont là aujourd'hui, elles viennent... Enfin, c'est des mesures qui émanent de la loi. sécurité intérieure, qui est de faire rentrer dans le droit commun l'état d'exception, effectivement en 2017, et qu'elles ont toujours été utilisées, en réalité, contre des manifestants, contre des militants. Ça ne date pas d'aujourd'hui. C'est le cas depuis des années et des années. Donc en fait, nous, c'est aussi pour ça qu'on a aussi cette clarté de dire, dès lors qu'il y a une loi... en fait, n'importe quelle loi qui a la possibilité de contraindre, d'interdire ou quoi que ce soit, il faut s'y opposer, parce qu'on la justifie toujours, si vous voulez, par la lutte contre le terrorisme, mais en réalité, ça a vocation à s'appliquer, ça a toujours vocation à s'appliquer beaucoup plus largement. À chaque fois qu'on nous parle de mesures exceptionnelles, elles ne restent jamais exceptionnelles, elles deviennent la norme, et c'est exactement ce qu'on voit avec l'interaction TikTok en kanaki, on nous explique que c'est des circonstances exceptionnelles qui, demain, peuvent devenir une interdiction. finalement normal que le cornu demande comme ça sur l'ensemble
du territoire. Justement, en parlant de criminalisation des manifestants, votre mouvement a demandé l'amnistie des camarades qui ont été emprisonnés de façon totalement disproportionnée.
Oui, totalement. C'est pendant le rendez-vous avec Nunez, justement, avec les syndicats étudiants et lycéens, où on a demandé plusieurs choses. En partie, oui, évidemment, l'amnistie pour les jeunes qui ont été arrêtés de manière complètement arbitraire, souvent, et dans des conditions désastreuses, vous les avez vues toutes les images. On a aussi... demander à ce que la franchise universitaire soit respectée, à savoir, la police n'a pas le droit de rentrer dans une université, et ça a été le cas, ils sont rentrés dans plusieurs universités, alors même que les présidents de l'université s'y opposaient. On a quand même vu des universités, notamment à Bordeaux, où le président de l'université s'est mis devant l'établissement et que la police a quand même voulu rentrer, alors même que le président s'y opposait. Et puis, on a parlé aussi de l'interdiction des manifestations. Chaque semaine, on avait le même manège d'interdire nos manifestations, de changer des parcours à la dernière minute. En fait, c'est eux qui organisent le chaos. Pour répondre aussi à la question de tout à l'heure, nous dire... oui, vous êtes violent, mais en fait, comment voulez-vous que ça se passe bien quand vous annoncez deux heures avant ou la veille pour le lendemain, un nouveau parcours alors même que ce n'était pas prévu ? Évidemment, vous envoyez des gens se faire casser la gueule parce qu'ils avaient prévu d'aller à la République plutôt que le nouveau parcours que vous leur avez annoncé. Et puis on en a parlé aussi de la fin de la loi Casseur-Payard dont on a parlé tout à l'heure, et face à tout ça, Nunez est resté très Nunez, de manière très cynique, en faisant de la provoque, en nous prenant... pour des enfants en nous disant non mais vous comprenez rien en fait la franchise universitaire c'est pas comme ça en réalité pour nous dire l'amnistie ça peut pas se demander enfin vous dites n'importe quoi voilà encore une fois oui voilà mais de toute façon ce gouvernement on a eu que du mépris dix ans de mépris et là c'est la goutte de trop et c'est pour ça que qu'on va continuer à se mobiliser qu'on va
rien lâcher On l'a vu, le gouvernement est prêt à tout pour éteindre le mouvement et notamment mentir pour imposer un discours, celui de la menace de la France insoumise. C'est ce qu'a révélé cet article de Mediapart qui rapporte qu'il a été demandé à des commissaires de division de faire porter la responsabilité des violences, des casses sur LFI. On regarde ce magnéto.
que nous réprouvions la violence dans les manifestations, peu importe que notre candidat Jean-Luc Mélenchon les répétait dix fois depuis le début du mouvement, nous accuser vous épargne de tirer les conséquences politiques du moment que notre pays traverse. À présent, vous franchissez un seuil inadmissible. Parole de commissaire dans Mediapart, je cite, il y a des choses indicibles. Quand on nous demande texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement, alors que c'est objectivement faux de l'avis général des renseignements territoriaux, forcément, on a des décisions politiques. Vous en êtes réduits à faire mentir une administration.
Donc on a vu cet article de Mediapart qui, pareil, n'a pas été... Tant que ça, relayé par les chaînes d'information, on continue. Quelle est votre position là-dessus ? Parce que le gouvernement semble toujours mettre la faute sur vous, sur le chaos, sur votre dos, si je puis me permettre.
c'est une stratégie assez classique, en tout cas devenue classique en Macronie, de cette inversion accusatoire où on a l'impression que ces gens débarquent. Ça ne fait pas dix ans qu'ils ont le pouvoir, ils n'ont pas tous les pouvoirs pour gouverner le pays, mais c'est toujours la faute. Il se trouve que c'est la France Insoumise, Mélenchon, parce que nous sommes la principale opposition politique et institutionnelle. Mais je pense que là aussi, je le redis, ça participe de ce qui est considéré comme un signe de pouvoir autoritaire, c'est la désignation de l'ennemi intérieur. Et c'est nous, en tant que forces politiques et forces qui représentent et qui portent un certain nombre de revendications, mais ce sont les militants écologistes qui sont ciblés par les mesures de restriction des libertés. Ça va être nos collègues écologistes parlementaires, c'est le mouvement social. Et on a eu cette même rhétorique sur, en fait, ceux qui sont responsables des difficultés, c'est presque ceux qui manifestent parce que… ils n'avaient qu'à dire gentiment, demander gentiment ce qui a été fait et ce qui est fait depuis des années pour obtenir des réponses. Donc c'est une rhétorique typique de pouvoir, là aussi autoritaire, qui, je pense, ne convainc. plus beaucoup, mais sert en fait à donner le change pour le gouvernement. Mais ce que ça révèle, ce que révèlent les investigations des journalistes, c'est la manière dont tout l'appareil d'État est utilisé à des fins de répression politique et sociale. Et ça, ça renvoie, ça touche à un élément de ce que vous disiez, parce que oui, il y a une contradiction dans… Le discours des démocraties occidentales qui donne des leçons d'ailleurs au monde entier. Si ce qui se passe en France avait lieu par exemple en Russie, vous auriez tous les médias qui relèveraient la liste de ce qu'on a fait et on en entendrait parler pendant des heures. Donc d'abord ça met à nu l'hypocrisie. totale de ce sentiment de supériorité, mais je pense que ça met à nu justement le niveau de crise institutionnelle parce que même si on pense et on analyse, et moi je suis d'accord avec cette analyse sur le rôle des institutions, de la police, etc. en soi, elles sont confrontées à une contradiction parce qu'elles maintiennent jusqu'à présent l'affichage. justement d'être des démocraties, d'avoir un État de droit, etc. Et les citoyens et les citoyennes se pensent et se vivent comme un État démocratique, éclairé. Et donc, en fait, on a cette contradiction qui est de plus en plus difficile à tenir, de se draper justement dans les vêtements de démocratie éclairée, etc. Et en fait, d'être en train de mettre à bas justement ses propres principes. Et je pense que c'est ça qui fait… qui va faire la bascule d'un côté ou de l'autre, où la réponse fasciste, c'est celle qui assume totalement d'en avoir plus rien à faire, de l'État droit, et d'ailleurs on a eu quand même un ministre de l'Intérieur qui expliquait que ce n'était pas intangible finalement, donc on diffuse aussi ce discours-là, on légitime l'interdiction de partis politiques, donc c'est une rhétorique qui mène directement à… à un régime de type fasciste. Mais l'autre alternative, c'est aussi celle où, justement, les citoyens, la jeunesse, etc., décident qu'il y en a assez d'avoir des institutions qui servent une minorité, qui oppriment alors qu'elles devraient être au service du peuple. Et c'est là où on est dans la contradiction, justement, qui peut donner une alternative. Et pour nous, c'est ce moment-là... dans lesquels on se trouve aujourd'hui entre ces deux voies. Et c'est comme ça, en tout cas, que nous, on analyse la situation et qu'on analyse notre rôle là-dedans, d'être ceux qui sont ciblés, parce que peut-être dans l'institution, on porte cette contradiction-là et on donne à voir la possibilité de démanteler ce système de l'intérieur par l'irruption de ce mouvement et la prise du pouvoir du peuple dans la mobilisation, mais aussi dans les institutions.
Philippe Poutou, je voulais vous demander, par rapport aux institutions et le tout venant, comment est-ce qu'on peut faire bloc face à tout ça, face à un tel appareil de répression ? Comment faire bloc face à un glissement fasciste, vers le fascisme qu'on voit aujourd'hui, finalement ?
Quoi
?
Je ne sais pas.
?
Après, si on savait déjà, je pense qu'on vivrait la situation de manière un peu plus favorable. On est dans un rapport de force très difficile pour nous. Et on n'a pas su trouver les réponses avant. Aujourd'hui, l'avantage du mouvement, c'est que c'est un révélateur de plein de choses. Et peut-être qu'on peut espérer... En tout cas, c'est ce qui est en train de se passer, au moins dans la jeunesse, et puis toutes celles et ceux qui sont dans la manifestation, c'est qu'il y a une conscientisation, en tout cas il y a une politisation. Et je pense qu'on apprend plein de choses en ce moment. Et ça révèle, ça révèle notamment toute l'hypocrisie de la société, puis même de la République. Parce que la République, on nous bassine depuis combien de temps, les valeurs de la République et tout ça. Mais en fait, les valeurs de la République, c'est ce qu'on voit en ce moment, c'est l'ordre. C'est un ordre. Et en fait, la démocratie, c'est juste un petit luxe pour le pouvoir. C'est-à-dire, si on peut avoir la démocratie, tant mieux. Mais sinon, on s'en fout. C'est pas grave. L'essentiel, c'est les affaires, c'est le pouvoir, c'est la domination. Et là, on le voit. Tout vole en éclats, en fait. Et c'est pour ça que la mobilisation, c'est toujours intéressant, la moindre lutte, parce qu'elle révèle les véritables intentions ou les véritables mécanismes de la domination. Et là, on est en plein dedans. Alors, l'inconvénient qu'il y a, c'est que ça arrive dans un moment où il y a un recul idéologique énorme. En fait, on n'est pas loin d'un régime autoritaire, on n'est pas loin d'une société fasciste, en fait. Après, on peut toujours définir qu'est-ce que c'est que le fascisme. Ce ne sera pas forcément exactement la même chose que les années... que le siècle dernier avec Mussolini ou Hitler ou Franco. Mais là, ça s'accroche, tout se tient bien. Donc en fait, c'est ce que racontent Chapoutot ou d'autres, pas l'État. On est dans les mêmes mécanismes de construction, ou en tout cas d'arrivée d'un pouvoir fasciste. Donc voilà, le problème qu'on a, c'est celui-là, c'est qu'on est quand même en retard sur plein de choses. On le voit bien, on est dans une situation plutôt de faiblesse, on est désorganisé, la gauche politique, la gauche militante n'existe quasiment plus. On a tout à reconstruire. Et puis même, on le voit du côté de la jeunesse, pas que. On n'a plus d'organes, il faut tout reconstruire. Les syndicats, il faut les reconstruire, les réseaux, tout ça. Bon, même si... Un mouvement, ça permet d'aller beaucoup plus vite et de se réapproprier plein de choses en peu de temps. Mais voilà, donc on a un temps de retard. Et on a un pouvoir qui est prêt, en fait. On a un pouvoir qui est prêt à la bascule. Et c'est ça qui est un peu flippant, c'est qu'on se dit, mais on a combien de temps devant nous ? Avec l'élection présidentielle, on se dit qu'on a six mois, mais peut-être que c'est moins, parce qu'en fait, un Macron peut très bien décider des choses. Mais c'est comment à la fois ce mouvement-là, il révèle tout ça, et comment derrière, on peut en tirer vite des leçons. Et je pense que c'est pour ça qu'après, c'est... C'est effectivement la question de la stratégie dans la lutte, comment ça se construit, sur quoi on va pouvoir s'appuyer. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas d'illusion à se faire. On a un pouvoir en face qui est prêt à tout. Et ce n'est pas que Macron, effectivement, c'est ce que vous disiez. C'est vraiment l'État, il est là, on voit Trump, on voit plein de choses partout. Il y a un véritable danger. Alors comment, de cette mobilisation-là, on accélère tout de notre côté, on reconstruit et on discute de toutes les stratégies, la grève et tout ça. Mais quand on voit... L'histoire des réseaux sociaux, comment ils sont prêts à tout couper, et puis même d'être dans l'illégalité. permanente. Ils sont tout le temps... Ce n'est pas que sur ces questions-là, c'est même la question des réfugiés, la question... On l'avait vu avec Cédric Heroux qui avait fait une belle démonstration dans sa lutte de l'inégalité de l'État. À chaque fois, ils prenaient les devants et puis en fait, ils arrivaient à valider derrière leurs propres choix. Donc on est dans cette situation-là et comment on peut rattraper cet handicap-là ? Et donc oui, il y a un combat à mener et la grève, les manifs, le combat de rue, tout ça, comment ça peut se coordonner ? pas d'illusions à se faire. On a en face un pouvoir qui ira au bout. Il faut qu'on soit les plus forts. Et espérons que dans la séquence actuelle, on arrive à inverser le rapport de force.
Sabrine, un dernier mot ? Oui, je pense que les moins jeunes sont peut-être un peu plus pessimistes, en tout cas. En tout cas, ce que je vois dans le mouvement de jeunesse, c'est une jeunesse qui est profondément antifasciste, profondément pro-palestine, profondément... C'est une ligne rouge, la question. du racisme, enfin vous le voyez, quand on laisse pas ces news parler, quand on refuse l'Uni dans nos rendez-vous, quand dans la rue on entend des slogans antifascistes, qu'on entend pas de quartier pour les fachos, ça envoie un signal qui est que non, la jeunesse elle est majoritairement antifasciste et qu'elle laissera pas ce... On voit très bien les dynamiques, on le sait très bien que le fascisme est au chevet du libéralisme, on le sait, on en a conscience, et c'est pour ça qu'on est dans la rue et on... On pense aussi qu'il y a d'autres moyens, qu'il y a tous les moyens à nos dispositions pour lutter. On parlait d'interdiction des réseaux sociaux, mais on l'a déjà vu des... Plein de moyens qui sont en train de sortir, notamment des plateformes qui sont relayées, qui passent par d'autres systèmes que le réseau Internet. La jeunesse est pleine de ressources. Et moi, je suis vraiment optimiste sur le fait qu'on peut faire plier ce gouvernement. Évidemment, on n'a pas les mêmes échelles de lutte. Mais en tout cas, on peut faire en sorte de bien les mettre en faiblesse. Et on le voit dans leurs réactions. Ils sont tous fébriles, ils ont tous peur. Le gouvernement, il commence à lâcher. Alors évidemment, ce n'est pas suffisant. mais on voit qu'ils sont en train de trembler, qu'on peut gagner des choses et ce qui est important de dire c'est que c'est la première fois qu'on est dans un mouvement offensif et donc en fait on a tout à gagner, on a tout à arracher de ce gouvernement de misère et là ce qu'on est en train de faire c'est de défaire en fait ce qui sont les 10 ans de casse et moi je pense sincèrement que si on continue comme ça et en plus en ramenant avec nous d'abord la jeunesse puis en ramenant avec nous les travailleurs, les travailleuses, les pompiers, il y a absolument tout le monde qui nous soutient donc je pense vraiment qu'on peut gagner. et je ne vais pas avoir un discours démotivant, donc on va gagner, on va être plus nombreux dans la rue. Si
je peux me permettre aussi le gros avantage de votre mouvement, c'est qu'il est arrivé à la rentrée. Et là, au niveau du calendrier, il y a une
endurance. Oui, totalement. C'est pour ça que c'est intéressant aussi de voir qu'on est rejoints le 5 novembre par les travailleurs et les travailleuses qui se mettent en grève. Les étudiants qui ont suivi très rapidement le mouvement lycéen. Et en fait, c'est un mouvement où s'agrège toutes les colères. Moi, je n'aime pas trop parler de convergence parce qu'en soi, ça nous touche tous. Quand nos parents ont des salaires de misère, ça nous touche également. Donc c'est pour ça... c'est l'occasion pour les Français et les Françaises de relever la tête de 10 ans de casse sociale et on en est bien contents parce qu'en fait, tout le monde en a marre et c'est pour ça qu'on est aussi nombreux dans la rue.
Précia, vous vouliez dire juste un dernier mot ? Oui,
simplement un dernier mot par rapport aussi au rôle que joue la répression, mine de rien, c'est qu'en fait, le gouvernement tente de faire en sorte que la répression tue le mouvement, traumatise et en fait empêche les gens de sortir dans la rue, mais en fait, ce dont on se rend compte, c'est que la brutalité de la répression, en fait, c'est un accélérateur de conscience politique et de radicalité énorme. C'est-à-dire qu'en fait, maintenant, plus que jamais, à quel point, justement, l'État déplie l'ensemble de son arsenal et essaye d'aller taper le plus fort possible avec les mesures les plus... les plus liberticides, quand en tout cas des gens aient vu de leur vie émaner d'un gouvernement et émaner de l'État, rend encore plus vitale. la nécessité de sortir de ce système. Et donc, en fait, c'est l'effet inverse que ça produit. Et moi, c'est dans cette mesure-là où je pense qu'effectivement, il y a vraiment, enfin, qu'il y a en tout cas une conscience de la nécessité, en fait, de faire bloc face à cet État, face à ce gouvernement, qui, en fait, se confirme à mesure de déclarations comme celle de Lecornu qu'on vient de voir, à mesure de déclarations comme celle de Nunez qui nous explique que tout est proportionné, tout va bien. Enfin, en fait, à mesure de ces déclarations du gouvernement, éclate un peu pour l'ensemble de la population la nécessité de s'organiser, mais en indépendance du gouvernement, mais aussi en indépendance de l'État. Et moi, je trouve que ce qui est en train d'être lancé comme dynamique, des dynamiques d'auto-organisation, d'Assemblée générale interprofessionnelle, de coordination lycéenne, de coordination étudiante, moi, je pense que ça montre la voie, en fait. comment justement l'alliance à la fois de la jeunesse, des travailleurs de plusieurs secteurs, avec justement le 5 qui a un appui important, puisqu'il va y avoir beaucoup de secteurs qui vont rentrer dans la mobilisation, comment en fait ça doit être des appuis importants, mais justement ça doit pérenniser des espaces démocratiques, d'organisation, de discussion, qui vont permettre en fait de voir quelle véritable alternative on peut proposer, que ça ne soit pas 2027 pour qui on vote, mais que ça soit comment est-ce qu'on discute de projets de société.
d'un autre projet de société et de sortir de ce système. Et sans transition, je vous propose de rendre hommage aux vitrines cassées et aux poubelles brûlées avec notre nouveau programme à Blast, Cartoon Molotov, un épisode signé Guillaume Murice et Sandrine Deloeuvre.
Ah bah voilà, c'est bien ça ! On fait l'ouverture là-dessus ! Sylvie, trouvez-moi toutes les poubelles brûlées depuis 20 ans en France ! Pascal, je veux les témoignages des familles des poubelles ! Hervé, restez pas là ! Allez me chercher un lien entre les poubelles brûlées et l'islam ! Les pompiers sont en train d'essayer de la
réanimer, mais comme vous le voyez, les brûlures sont gravissimes. Elle avait déjà été attaquée par des autocollants Poutou 2027, et je... Je crois que c'est fini pour elle.
NON !
Une marche blanche est prévue dimanche et une minute de silence a lieu à l'Assemblée nationale à midi. Allez, on reprend les travaux. Faut-il remigrer les chômeurs ? On vient d'apprendre que l'autobiographie de la poubelle sortira à la fin du mois chez Fayard et le hashtag « Je suis une poubelle » vient d'être lancé.
Entre ici la poubelle ! de terribles roulettes
Vous pouvez retrouver tous les autres épisodes sur les réseaux sociaux de Blast. Le 23 octobre 2026, un attentat à Trappes est perpétré et revendiqué comme un crime de haine par Kevin Tessier, qui a fait un mort et sept blessés. Pour le président de la République, c'est, je cite, le premier attentat raciste en France. C'est rigoureusement faux et surtout, il fait comme si lui et son gouvernement n'avaient aucune responsabilité.
Un terroriste raciste à frapper à la verrière et à Trappes. C'est un acte prémédité, préparé par des années de matraquage raciste, qui installe le suprémacisme blanc dans les têtes, qui désigne des ennemis de l'intérieur à abattre. Ces discours viennent de l'extrême droite, quand elles pointent tous les jours les hordes arabo-musulmanes, quand elles désignent trappes comme une république islamique miniature. Ces discours sont relayés et normalisés par le système médiatique qui leur offre libre antenne sans contradiction, matin, midi et soir, dans une grande partie de la classe politique et dans votre camp. A bas le voile, Bruno Retailleau. Le grand remplacement relève du débat politique, Aurore Berger. Le problème de l'hôpital en France, c'est qu'il y a trop de Mamadou, Emmanuel Macron, président de la République.
qui s'est passé aujourd'hui, c'est un attentat terroriste raciste. Ce qui s'est passé aujourd'hui, je le dis, c'est un tournant, parce que c'est la première fois qu'il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau.
Il y a des discours, en tout cas il y a des gens qui portent des discours et des mots qui finissent par armer d'autres qui eux passent à l'acte. Et ça nous rappelle donc aussi qu'il faut lutter de la manière la plus claire qu'il soit devant toute forme de recours à la violence, devant toute forme de racisme, devant toute forme d'antisémitisme. Pas d'appel de Sébastien Lecornu, du ministre de l'Intérieur, personne.
à ma connaissance,
en tout cas. du
président de la
République
non plus.
Non. Et c'est le message que j'essaie de déployer depuis que je suis Premier ministre, y compris dans cette Assemblée, lorsqu'on était tous bouleversés par... cet affrontement entre ultra-gauche et ultra-droite avec la mort de Quentin.
Donc avant d'arriver à la responsabilité des médias dans l'ambiance raciste qui règne en France, il y a aussi la responsabilité du gouvernement et les élumérations qu'a faites Nadège Abomangoli, votre collègue au sein de la France insoumise, sur Macron et qui, je cite, « il y aurait trop de mamadou dans les hôpitaux », mais il y a aussi l'absence de représentants du gouvernement dans la cérémonie d'hommage à Pengo Bossio Wangui. et aux blessés de trappe. J'aimerais avoir peut-être vos sentiments à vous tous, mais je commence par Daniel Obono. Je pense que c 'est
l'illustration à la fois de l'échec et de la responsabilité du gouvernement par les mots. Vous avez repris l'énumération de Nadej Abou-Mongoli. Il y avait les propos de madame Aurore Berger, qui est censée être la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, qui considère que l'obsession autour du grand remplacement, le délire du grand remplacement n'est pas quelque chose de raciste. Et puis il y a les actes. Parce qu'on a un gouvernement qui non seulement est incapable de lutter contre le racisme, c'est la CNCDH, la Commission nationale consultative des droits humains, qui le dit dans ses rapports qui montrent l'échec des plans censés lutter contre le racisme, mais en fait il produit entretien du racisme par ses politiques. par la reprise d'une loi sur l'immigration d'une partie du programme de l'extrême droite, par le refus de reconnaître le racisme systémique, y compris comment il est produit et reproduit dans les institutions comme la police. Donc en fait, ils sont responsables à plusieurs titres de l'état de ce pays et du renforcement du racisme, de ces discriminations et de la légitimation. de l'idéologie, de l'idéologie raciste, qui a armé idéologiquement le terroriste. Et donc, voilà la manière dont le mépris qui s'est exprimé en n'appelant pas la famille et qu'il n'y ait personne. personne à l'hommage rendu par la ville de Trappes. Et malheureusement, en fait, l'illustration de tout le mal que ce gouvernement a fait depuis dix ans à notre pays, à son peuple et à la lutte contre le racisme.
Sabrina, un mot C'est le même mépris, finalement ? Surtout, moi, j
'étais aussi étonnée, enfin, pas étonnée, en vérité, mais du traitement médiatique où toute la journée, ils ont titré « Ah, c'est dommage, il y a deux rassemblements différents, il y a deux hommages différents ». En fait, juste, on refuse de marcher avec des gens qui sont responsables de cet attentat, on refuse de marcher avec des gens qui refusent de... de reconnaître l'implication du RN là-dedans, parce que ce terroriste-là, il était adhérent au RN, il avait sa carte chez lui, il avait Mein Kampf même chez lui, ça, ça n'a pas fait l'une des plateaux. Donc, je trouve ce... ce traitement très dangereux, et même quand Lecornu fait la comparaison avec Quentin Desrenques, c'est complètement ahurissant. Il n'a pas parlé du coup de Clément Méric, qui lui aussi a été tué à mort par des militants fascistes. ça n'a pas été dit, on parle quand même là d'un attentat raciste, et on nous dit que c'est le premier attentat raciste, mais juste aller ouvrir vos livres d'histoire, c'est une dinguerie de dire des choses comme ça.
En janvier 2024, Daniello Bono, vous avez gagné un procès contre Valeurs Actuelles pour un jour public à caractère raciste qui portait sur une fiction. Une fiction. Et dans quelles conditions est-ce qu'il est encore possible de gagner contre cette extrême droite-là, qui semble être sans gêne, en fait, pour publier de telles caricatures ? Est-ce qu'il y a un mélange aussi de moyens financiers, l'entourage, il y a l'accès à la justice aussi ?
Déjà, pour moi, c'était important de mener cette procédure parce que j'en avais les moyens. J'étais dans une position où je pouvais engager une procédure et je pense qu'il fallait le faire pour que la responsabilité de ce magazine d'extrême droite soit reconnue, qu'il soit condamné, qu'il soit sanctionné. Mais c'est vrai que c'est quelque chose que... Une très grande majorité des personnes victimes d'un acte raciste, d'une atteinte, quelle qu'elle soit, que ce soit un propos ou une agression physique ou de la discrimination, n'ont pas les moyens. Une très grande majorité ne franchit jamais la porte d'un commissariat pour aller porter plainte, soit parce que les personnes n'identifient pas le préjudice et la nature raciste et délictuelle de ce qu'elles ont subi, soit tout simplement parce que les portes... ne sont pas ouvertes et on sait malheureusement tous les biais qui empêchent que les victimes soient accueillies comme il se doit sur les questions de racisme et aussi par exemple sur les questions de sexisme. Donc il y a un enjeu, une bataille politique à ce que la justice soit accessible à tous, c'est un droit, et que toutes celles et ceux qui sont victimes puissent être reconnus comme tels. et obtenir réparation. Donc je pense que pour moi, c'était cet enjeu-là, et je crois qu'on doit plus souvent… Le fait de faire des procès ou faire des procédures, ce n'était pas un outil qui m'était familier, en considérant qu'on mène la bataille politique sur le terrain, du débat des mobilisations, et c'est vrai que l'outil du droit et de la justice, moi je l'ai découvert. Et je pense qu'on doit plus s'en emparer. Il y a un enjeu à soutenir les associations qui mènent aussi et qui accompagnent. Moi, j'ai eu beaucoup d'associations qui ont participé à la procédure, qui sont venues témoigner. Et c'est un travail, en fait, qui permet aussi de créer une jurisprudence. Et c'est lourd, ça prend du temps. C'est aussi le cas pour les familles des victimes de discrimination qui sont dans des procédures très longues. Donc, il y a un enjeu aussi. mais aussi à soutenir, à accompagner. Pour moi, c'est un déterrain justement de la lutte antiraciste et de la lutte antifasciste que de s'emparer du droit, et un droit qui a été conquis, et un droit de la non-discrimination qui a été rendu possible par des luttes et par des revendications aussi, c'est le nôtre, donc il faut s'en saisir. Et je crois que c'est un des terrains où on doit mener cette bataille, même si ce n'est pas le seul, et que l'enjeu, avant tout, c'est de se battre contre les politiques, très concrètement, qui discriminent, qui divisent, et je pense notamment à la lutte pour… les droits des personnes exilées, parce que c'est ce biais-là, en fait, qui a été le plus normalisé. On a une loi tous les ans ou tous les ans et demi pour réduire les droits des étrangers, des immigrés, etc. Et c'est par ailleurs ce que note la CNCDH dans ses rapports. Ce qu'ils appellent le sentiment immigré est celui qui est le plus corrélé à toutes les autres formes d'oppression, c'est-à-dire plus on déteste les immigrés, plus on les stigmatise, plus on va avoir une attitude raciste envers des personnes perçues comme noires, musulmanes, juives, plus on va avoir aussi des sentiments sexistes. contre le droit des femmes, contre les droits des personnes LGBT. Et donc il y a ce continuum-là, et ce lien-là, et cette interaction-là dans la question des oppressions, et se battre justement contre les politiques qui ont été mises en place depuis dix ans, qui ont été accélérées, et ce n'était pas que ces dix ans-là, mais on a eu quand même une accélération avec la dernière loi Darmanin, qui intègre, et symboliquement, ce n'est pas que symboliquement, mais ça veut dire quelque chose, de reprendre des pentes du programme du... Rassemblement national pour réduire des droits et toujours plus stigmatiser. C'est, à mon sens, dans cette bataille-là aussi notamment, qu'il faut mener contre l'extrême droite et contre la droite extrémisée qui reprend cet outil de division de masse.
Je voudrais donner justement la parole à Sabrine. Vous êtes la personne qui a refusé CNews et qui continue de refuser CNews dans les conférences de presse. Comment ça se passe en règle générale ? Vous avez bien dit à la personne dans les images qui ont tourné sur les réseaux sociaux que ce n'était pas personnellement, mais que CNews, c'est terminé.
Ça arrive à deux reprises. La première fois, c'est quand on sortait du rendez-vous avec Nunez. Et la deuxième fois, c'était le lendemain, qu'on faisait une déclaration avec les syndicats pro. Et deux fois, ils sont venus alors qu'on leur a dit qu'on ne voulait pas d'eux, que c'était un média de propagande, un média d'opinion d'extrême droite qui fait de la propagande, qui propage des fake news, qui ne fait pas du travail de journaliste. Ils nous ont répondu, vous faites de la... De la censure. De la censure, mais ils ont confondu censure et boycott. Non, on ne fait pas de la censure, on les boycott, sachant... qu'ils ont comme présentateur un mec qui est condamné et jugé pour corruption de mineurs, ils font parler Zemmour à longueur de journée, Pascal Praud qui reprend l'obsession de Zemmour avec le... Le grand remplacement qui attaque à longueur de journée les femmes qui portent le voile, qui attaque à longueur de journée les gens de quartier en disant que les casseurs, enfin cette rhétorique là, les casseurs c'est les gens de quartier, c'est les Arabes et les Noirs. Enfin juste, on ne donne pas la parole à CNews, on refuse. catégoriquement de leur parler et on voit en plus que ça fait bouger les choses aussi de la part des autres journalistes qui se posent aussi les questions. On a eu des appels avec des journalistes qui également nous ont remercié de ne plus parler à CNews parce qu'en fait ils entraînent, c'est ça, dans les lignes éditoriales des autres médias, ils entraînent avec eux cette extrême-droitisation et d'ailleurs il y a une pétition qui a dépassé maintenant les 700 000 signatures la fermeture de CNews, qu'on invite à continuer à signer, parce que CNews, c'est ligne rouge, ça devrait être dans les poubelles de l'histoire.
Justement, vous me coupez l'herbe sous le pied, Sabri, parce que justement, Philippe Poutou, je voulais vous parler de ce moyen de lutte qu'est la pétition. SOS Racisme accuse CNews, Marine Le Pen, Jordan Bardella, d'être responsable, qui considère en tout cas ces deux personnes et cet élément-là, qui est CNews, d'être responsable de l'azorza qui est survenue à Trappes. Il y a cette pétition en parallèle. Est-ce que ça, c'est aussi un moyen de lutte ? Comme un autre.
Je ne sais pas si je vais bien répondre à la question. La responsabilité des meurtres à Trappes, on peut aller plus loin que CNews ou que les dirigeants aujourd'hui de l'extrême droite. C'est quand même toute une histoire de la République française, je reviens là-dessus. C'est une histoire coloniale, une histoire raciste. On peut quand même penser que la responsabilité dépasse largement Macron. Aussi pervers soit-il, aussi pourri soit-il, il s'inscrit complètement dans une histoire de l'État français et de la République française. Et évidemment qu'ils ne combattent pas ça, puisqu'en fait, c'est... C'est un des mécanismes de domination de l'État français. On peut reparler de la kanakie. Est-ce que ce sont des meurtres racistes ou pas ? Le fait de tuer des jeunes militants kanak comme ils l'ont fait il y a deux ans. Moi je pense que oui. On peut parler du meurtre de Naël. C'est l'attitude de la police quand même. En général, il y a je ne sais pas combien, 20, après on peut toujours discuter des chiffres, mais 20, 25 jeunes dans les quartiers populaires qui sont tués par la police. Ces jeunes des quartiers populaires, c'est des Noirs, c'est des Arabes. Donc il y a une politique raciste de l'État français. et même aujourd'hui, et une politique coloniale qui n'est pas d'hier, c'est encore aujourd'hui. Donc après, quand des gens comme Atrap, nourris évidemment, par CNews et par le RN aujourd'hui, vont passer à l'acte, ok, mais bien au-delà de l'extrême droite, c'est donc cette histoire, cet État-là. C'est pour ça que c'est bien au-delà aussi de Macron. Et donc, du coup, le combat contre ça, on imagine bien l'énormité du combat qu'il faudrait mener. Et donc, nous, on est pour, évidemment, des pétitions, enfin, mettre la pression. En fait, la pétition, elle permet de sensibiliser. Elle permet de... Parce qu'après, on n'a pas d'illusion sur la pétition en elle-même. Ça permet de discuter, de montrer à quel point ça, c'est anormal. Mais en fait, c'est anormal pour nous, mais c'est pas forcément anormal dans la société française, malheureusement, puisqu'on s'aperçoit que le racisme, il est quand même bien présent dans la population. Sinon, Alexandre droite ne ferait pas autant de scores que ça. Donc, en tout cas, il y a un combat à mener. Je crois qu'il faut utiliser tout ce qu'on a entre les mains. Donc, la pétition, effectivement, c'est la moindre des choses. À la limite, c'est ce qui engage le moins puisqu'il faut signer. Puis voilà. Après, il y a tous les combats judiciaires, enfin, à travers ou le syndicat de la magistrature ou le SAF. Enfin, il y a des tas de mobilisations aujourd'hui qui sont diverses et variées dans le monde de la culture, dans le monde même de l'humour aujourd'hui, puisqu'on pourrait parler de la dernière, de Meurice et d'autres qui jouent un rôle aussi important dans les combats aujourd'hui. C'est comment tout ça, ça peut se coordonner. Il y a un combat politique, et le combat politique, c'est contre le colonialisme et contre ce système capitaliste qui démultiplie les moyens de dominer, d'écraser. Et le racine, ça fait partie d'un outil essentiel dans la domination du pouvoir actuel. Donc, c'est un gros combat politique, mais je pense qu'une mobilisation de la jeunesse joue un rôle hyper important, parce que ça remet tout ça en avant. Et c'est vrai que c'est ce qui domine dans les manifestations, en fait. C'est cette jeunesse antifasciste, antiraciste, la cause palestinienne qui est très présente dans les manifestations. Donc tout ça, je pense que c'est déterminant et en lien avec les pétitions. Mais le truc principal, ça va être ça. C'est comment il y a une prise en main collective de ces combats-là et avec cette conscience qu'on n'a pas juste Macron à combattre. On a vraiment un pouvoir, un État et une République, encore une fois, à combattre. C'est quand même...
En tout cas, dans les médias, les plateaux, etc., on nous reproche souvent de parler de colonialisme, d'avoir des drapeaux palestiniens. On leur répond toujours qu'on a conscience que les rapports de domination ne s'arrêtent pas aux portes du lycée, aux portes de l'université. Quand on voit la réponse qui a été donnée aux lycéens qui se sont mobilisés à Mayotte, à savoir de l'invisibilisation et de la répression très forte, quand on voit la manière dont on parle de ces lycées en banlieue parisienne bloc, c'est du mépris, du racisme et avec un fond qui vient d'une pensée coloniale qui s'exporte dans son propre pays, et ça on a conscience, c'est pour ça qu'on parlait du niveau de conscience de la jeunesse, mais c'est au-delà d'un niveau de conscience, est-ce que vit la jeunesse dans sa chair
Qu'est-ce que ça vous évoque, vous, la possibilité d'une disparition de CNews sur le paysage suite à cette pétition ? Si la pétition fonctionne, l'idée de la disparition de CNews, qu'est-ce que ça vous évoque ?
Ces news, c'est le symptôme de quelque chose qui est structurel dans les médias, parce que c'est structurel dans les institutions, la société, les médias sont l'expression, le canal de transmission des idées dominantes, donc c'est ça que ça dit. Mais il faut que ces news perdent l'accès… qui lui est garantie par l'État, parce que c'est ça dont on parle. Qu'il fasse Bolloré et sa chaîne pour dire ce qu'il a à dire et diffuser ses idées dans le cadre de la loi, c'est une chose. Mais ils n'ont pas à bénéficier de ce que leur permet l'État, des créneaux de l'État, parce qu'ils ne respectent tout simplement pas le cadre. Et donc c'est de ça qu'il s'agit, en fait. Ça n'a rien à voir avec la censure, ça a à voir avec le respect du cahier des charges et des conditions pour pouvoir avoir accès à ces... à l'antenne et à l'antenne publique donc c'est important de le redire ça d'une part et je pense qu'au delà de ça la question c'est le rapport de force qui s'est inscrit et je pense que pour le coup c'est vrai que les mouvements lycéens et étudiants ont permis en fait de remettre sur la table cette idée de ne plus accepter de contribuer au cadrage médiatique et de remettre en fait des lignes rouges et ça, ça aide beaucoup justement pour refermer la fenêtre d'Overton qui depuis plusieurs années permet et accepte et normalise en fait les idées de l'extrême droite et c'est pour ça que SemNews est un symptôme mais aujourd'hui on voit les mêmes les mêmes rhétoriques sur BFMTV, et on le voit aussi sur le service public. Je veux dire, l'état du service public aujourd'hui de la désinformation, puisque ce n'est plus un service public de l'information, et la manière dont tout le cadrage d'extrême droite a été normalisé. et à un vrai problème. Donc c'est pour ça que oui, il faut que CNews arrête de diffuser sur les fréquences publiques parce qu'ils ne le respectent pas et donc ce sera ça de fait, mais le problème est un problème de fond et moi je salue le fait que dans les rédactions… à BFM, dans le service public, en fait, il y a un rapport de force qui s'est construit parce qu'il y a plein de gens qui ne sont pas d'accord, qui font ce métier-là pour toutes les meilleures raisons du monde, qui subissent depuis des années justement cette dérive et qui saluent le fait qu'ils ont peut-être là un levier pour avoir un rapport de force par rapport aux chefs, aux éditorialistes et aux commandes politiques. Et ça, c'est ça qu'il faut soutenir à mon avis et c'est très bien que la période permette ça. Et malheureusement, il faut un attentat pour que ça fasse tilt et que ce soit le moment un peu de réaction et peut-être de renversement. Mais en tout cas, ce moment est là et je pense qu'il faut lui donner de la force et le poursuivre. Une question qui se pose
si ces news disparaissent, c'est qu'est-ce qu'on fait de Pascal Praud ? Reclassement professionnel, c'est-à-dire s'il doit recommander des matchs de foot, ce n'est pas forcément un truc positif.
Il
faudra discuter de ça, comment les reclassent tous ces gens-là.
Prisca, peut-être un sentiment sur la possibilité de la disparition de CNews dans les médias ? C'est la possibilité aussi de voir un paysage médiatique qui n'est pas dragué par l'agenda CNews aussi
enfin, je rejoins le fait que ça fait partie d'un système et qu'en fait, ce que représentent ces news, enfin, voilà, c'est l'émanation médiatique, mais en réalité, d'un empire beaucoup plus puissant, qui n'est pas nauséabond que par ce qu'il diffuse sur des images à la télé, mais aussi par le rapport d'oppression qu'il perpétue, enfin, voilà, je veux dire, l'empire Bolloré... oppriment des travailleurs de partout dans le monde, se gavent dans un moment où l'inflation explose, où le prix des carburants explose, et que, moi, je pense qu'il faut lier tout ça, c'est-à-dire qu'effectivement, la question de CNews, elle pose la question de qui, aujourd'hui, a le pouvoir, et de comment est-ce qu'on lui reprend. Et il y a effectivement, voilà, il y a la méthode de la pétition sur CNews, moi, je pense qu'elle doit aussi permettre de dénoncer plus largement qu'est-ce que c'est que l'Empire Bolloré, et, en fait, le fait qu'ils tiennent des médias, c'est aussi, enfin... c'est une partie constitutive de la domination plus large qu'il a dans ce système-là et que ce système lui permet très largement, et où on a effectivement un empire qui commet des... enfin, je veux dire, qui détruit la planète aux quatre points du monde, qui, voilà, opprime des gens pareils de partout dans le monde, et que ça, effectivement, ça doit être aussi démontré, et que, justement, ces news, c'est l'émanation médiatique, mais de l'ensemble de cet empire qui, justement, est une production d'un système qui se gave sur l'ensemble de la population.
Il faut espérer que demain, ce soit une nouvelle étape de la mobilisation, que ça puisse s'enclencher, on verra bien, on est souvent déçus, on ne croit que, mais il s'agit de quelque chose d'important ce jeudi, avec l'histoire de la grève.
Oui, sur nos massifs, bloquant toutes nos idées. Oui,
et puis comment le mouvement peut s'étendre, se construire, s'organiser ? Là, il y a une fenêtre, comme on dit, il ne faut pas la lâcher. C'est vrai que ça serait quand même trop démoralisant. Donc demain, on compte sur un nouvel élan, je ne sais pas comment dire.
Demain, on bloque les lycées, on bloque les universités, et ensuite, on va tous en manif.
retrouve tous demain, en fait. Oui, on se retrouve tous demain, finalement, dans les cortèges. La bataille à l'Assemblée aussi, parce qu'il y a le débat budgétaire, et on va le retoquer. Il y a la commission d'enquête, et les manifs, il faut qu'elles soient nombreuses, il faut que la grève soit importante, parce que je pense qu'on peut les faire plier. Et ça, il y a aussi un enjeu à gagner. gagner sur une lutte, d'abord parce que les revendications sont légitimes. C'est nécessaire, si on veut de bonnes conditions. On ne va pas attendre même 2027. Je pense que 2027 va être un changement, mais il faut gagner là, maintenant. Et donc là, ils sont affaiblis. et on peut remporter la bataille là-dessus, et ça donnera de la force pour remettre en cause aussi le système dans quelques mois.
Et en cas de pépin,
Friska,
en Sion, où est-ce qu'on peut vous retrouver, vous joindre ?
Oui, j'allais dire, justement, on se retrouve dans la manifestation de demain, et j'espère évidemment que tout va se passer pour le mieux, mais n'hésitez pas à consulter les conseils anti-répression, qui sont diffusés par plusieurs collectifs, notamment par le collectif d'action judiciaire, à retenir des noms d'avocats, garder le système... silence en garde à vue, enfin voilà. Vous avez un peu l'ensemble des conseils qui vous sont donnés par pas mal de collectifs militants qui sont mobilisés, donc n'hésitez pas à suivre le cage sur Instagram et à retenir des noms d'avocats au cas où. Évidemment, faites attention à vous. Très bien, ben merci. Il y a les
avocats et les avocates, mais il y a aussi les street médics, qui jouent en rôle hyper important, et comment tout ça, ça peut aussi se coordonner, parce qu'il y a la question du soin, la question de la protection, de l'auto-protection et tout ça. C'est un ensemble de choses. Et c'est vrai que cette mobilisation-là, elle permet peut-être de renforcer tous ces outils qu'on peut avoir,
qui
relèvent de l'autogestion.
Merci beaucoup, en tout cas, pour le rappel. Et merci beaucoup à tous. Quant à moi, je remercie Mathias, Denis et Soumya de m'avoir fait confiance. Et je remercie également Auriane qui m'a aidée à préparer cette émission, à Cyprien, à Titouan, à Théo et Nicolas. Merci beaucoup.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.