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Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
Novembre 1968, j'ai 8 ans. A la descente de l'avion collé au hublot, je découvre la France pour la première fois. Le pays apparaît comme un immense drap blanc jeté sur la terre. Des champs à perte de vue, des routes qui s'effacent sous la neige, des villages figés dans un silence ouaté. Au Maroc, on m'avait prévenu que la France était froide. Personne ne m'avait dit que le froid pouvait être aussi beau. Merci Naïma Fadel d'être avec nous aujourd'hui pour le peuple sacrifié, la trahison des élites. On vous a entendu tout à l'heure, c'est pour ça que je ne me suis pas venu de vous présenter tout de suite, intervenir quand Gérard nous appelait pour parler de l'état de droit. Vous êtes là aujourd'hui pour témoigner qu'effectivement, il y a un peuple sacrifié, le vôtre était plutôt celui de l'immigration, mais aujourd'hui on voit que c'est la totalité du peuple qui est sacrifié, et en tout cas le constat, j'allais dire, général. les élites ont trahi, en tout cas le peuple français considère qu'il a été trahi par ses élites. Coïncidence des temps, aujourd'hui 5 novembre, grande manifestation, grande journée de souffrance, j'allais dire nationale, de fracture sociale, et dans votre livre, vous abordez justement cette assimilation, cette intégration qui avait si bien commencé, et vous en êtes la preuve, et vos mots quand vous décrivez la France de votre enfance en 68, votre papa qui est là, qui va vous chécher à Orly. On s'est dit, mais pourquoi ça n'a pas continué ? Pourquoi ça n'a pas continué comme ça, comme l'avait évoqué Devecchio ? On était côte à côte, on s'est retrouvé face à face, célèbre formule de Gérard Collomb. Pourquoi aujourd'hui ce pays est fracturé ? Pourquoi ce pays est divisé ? Pourquoi ce pays ne s'aime plus
Oui, pourquoi ce pays ne s'aime plus ? Écoutez, moi j'ai été le témoin de cette France qui a accueilli mon papa en 62 et ensuite il est parti chercher sa petite famille. Je suis arrivée en 68, en fait la France était vraiment une promesse et la France était une invitation à s'agréger à ce qu'elle était. Parce qu'elle était forte de son identité, de ses racines, etc. Tout rayonnait de ce qu'est ce... de cette culture française, et elle ne rugissait pas de ce qu'elle était. Et moi, j'ai eu le bonheur de connaître cette France-là. C'est vrai que le changement que j'ai pu voir, c'était à partir de fin des années 70, il y a eu le regroupement familial qui a été important et massif. Et ce regroupement familial, malheureusement, il s'est retrouvé heurté à l'abandon de l'assimilation. Les années Mitterrand, Dès les années 80, enfin en 81, quand il a été élu, à ce moment-là, le président Mitterrand a voulu vraiment mettre une OPA, notamment sur les jeunes issus de l'immigration. Moi, quelque chose dont j'ai souvenir est marquant.
Vous pensez à quoi ? Oui,
parce que moi, j'ai fait partie des jeunes qui ont reçu les marcheurs dans ma ville. Donc c'était une marche citoyenne. Une initiative généreuse,
humaniste, il n'y a aucun problème. Oui, et vous
pouvez regarder les images, elles sont belles, des garçons, des filles issues de l'immigration qui marchaient pour la carte de 10 ans, pour leurs parents, grands-parents. Et tout de suite, il y a une OPA qui a été faite par le Parti Socialiste. qu'il a appelé la marche des beurres. Et moi, je me souviens qu'on n'aimait pas...
Avec Arlem Desir.
Exactement. Et Julien Dré. Voilà, ils ont créé SOS Racisme, cette opé a été faite. À ce moment-là, il y a eu une ethnicisation, il y a eu une volonté de faire de nous des Français à part. Et je me souviens de Toumi Djedja, qui avait été le représentant de cette marche, qui est partie des Maguettes, qui avait dit, mais nous, c'est une marche pour tout le monde, c'est une marche citoyenne, on ne veut pas... qu'on nous ethnicise. Et malheureusement, c'est là que ça a commencé. Vous voulez dire que la formule
« ne touche pas à mon pote » peut être mal interprétée ? Ah ben bien sûr, parce que... Avec la main jaune ?
Effectivement, parce que d'abord, c'est extrêmement condescendant, c'est paternaliste, et ça crée encore une fois même, vis-à-vis de la société, un « nous » et un « eux ». Et ça, ça crée aussi tout ce qui a suivi par la suite. puisqu'il y a eu tous les discours, la France ne peut pas vivre sans mélange, enfin il y a eu des slogans comme ça qui ont été portés par SOS Raciste, et il y a eu l'abandon de l'assimilation. L'assimilation, c'était dans l'ADN de la France universaliste.
Intégration ou assimilation, vous faites une nuance ?
Alors moi je fais une nuance parce que je sais que ça a été rendu tabou, je vais vous dire, quand il y a eu le mot assimilation, tout de suite... La gauche...
Donnez la définition de l'un et de l'autre. L
'assimilation, pour moi, s'assimiler, c'est rentrer dans le commun.
En oubliant son passé ou non ? Pour moi, non. Vous voyez, moi je suis d'origine... On dit que c'est l'intégration qui dit qu
'on s
'intègre, mais on n'oublie pas d'où on vient. L'intégration,
c'est intéressant, parce que vous pouvez être intégré professionnellement, mais ne pas être... dans l'habitus français. D'accord. Vous estimez que le processus ne
va pas jusqu'au bout.
Exactement. Alors qu'on peut être parfaitement, moi je me sens assimilée, mais je n'ai pas oublié mon identité marocaine. Vous n'en
voyez rien de votre passé, de vos origines. Mais absolument rien. Et vous en êtes fière.
Mais bien sûr, vous venez chez moi, je vous fais un excellent couscous marocain, je ne veux pas dénigrer le couscous taisier.
Non, mais vous voyez, je
veux dire que ça n'a... Mais en fait, vous voyez comment les mots ont été rendus tabous. Moi, j'avais des amis polonaises, j'avais des amis italiennes, j'avais des amis espagnols dans mon quartier, on était deux familles, une famille marocaine et une famille tunisienne, pour vous dire les choses. Eh bien, on allait chez eux, ils vivaient, eux aussi, avec leur gastronomie italienne, et ça n'empêchait pas qu'on se sentait tous français. Mais ces
migrants-là, vous vous rappelez que les parents n'avaient pas été non plus si bien reçus que ça ? C'est vrai, c'est vrai. Les Polonais, les Itales, les Polacques, bien sûr, les Tos, vous voyez ? Et ils sont devenus aujourd'hui, j'allais dire, des Français plus Français que les Français, mais en passant par cette phase un peu douloureuse, évidemment, d'une assimilation qui n'est pas toujours évidente.
Oui, mais ils ont eu cet habitus quand même de rentrer dans ce qu'était la France et de ne pas être, à un moment, faire l'objet d'une politique à part. Par exemple, souvent je parle des Asiatiques, excusez-moi, mais c'est un bon exemple, je dis heureusement pour leur bonheur, ils n'ont pas rencontré la gauche. Je vous le dis franchement, c'est comme ça que je le ressens. C'est-à-dire qu'à la gauche, à un moment, elle a décidé de faire une politique différenciée. Moi, vous savez, je le raconte dans mon livre, quand je suis arrivée en France, j'avais 8 ans et demi, je n'avais jamais été scolarisée au Maroc, et c'était très difficile, parce que je ne parlais pas le français. Et je me souviens...
En 68, quand vous descendez de l'avion, vous ne parlez
pas le français. Vous ne parlez qu'arabe. Je parlais le Marocain, le dialecte
marocain. Mais je
me souviens, on était dans un petit village à Maingournoir, où tout le monde avait pris, avec bonheur, en charge la petite famille. En
Eureloir, je crois.
En Eureloir, exactement. Ça dépendait de maintenant. Et ce qui était formidable, c'est que le professeur, je me souviens, je me mettais au fond de la classe. Je vous assure, parce que... J'étais une petite fille qui était aussi nostalgique de son Maroc natal. Je me mettais au fin de la classe et je pleurais parce que je ne comprenais rien. Vous
avez quel âge en 68
J'avais 8 ans et demi.
Et donc,
le professeur m'a mis devant. Et elle me regardait. Et ça m'a apaisée, ça m'aidait à apprendre rapidement le français. Vous voulez dire qu'on vous a plongé
tout de suite ? Mais complètement !
Je me rappelle, moi j'ai été une férude vraiment de l'histoire de France. Et quand on me disait, à la classe, on disait, nos ancêtres les Gaulois... Mais j'étais hyper contente ! Je savais que mes ancêtres n'étaient pas gaulois, mais j'étais vraiment heureuse qu'on m'accueille dans cette France.
Donc c'est une immersion, ça s'appelle l'immersion, et elle a marché. Parce qu'on vous dit, l'immersion, quelquefois, ça peut être un choc violent. Vous savez, oui,
mais voilà, excusez-moi, Péricault, mais c'est vraiment tout le discours qu'on a aussi, tout ce narratif, mais vous comprenez, les gens viennent comme ils sont, ils ont gardé leur culture, ils vont la garder, mais accueillez-les. La France était... accueillant dans le sens d'agréger à son habitus. Votre
papa qui est arrivé six ans avant, alors lui vraiment premier contact, il parle un peu le français ou non plus ? Non, non,
pas du tout.
Comment ça se passe son intégration à lui ?
Je parle d
'intégration d'abord, assimilation ensuite.
Mon papa, c'est simple, il est arrivé du Maroc grâce à un contrat de travail du Maroc, puisqu'il y avait le fameux bureau.
Oui, j'ai appris ça à Casablanca. Donc
l'État français
collaborait avec l'État marocain pour qu'il y ait déjà un bureau d'accueil où on faisait un visa.
Exactement. En fait, son patron... C'était un patron, Airbar, l'entreprise Airbar qui était maintenant. Bien sûr. Et en fait, il cherchait des travailleurs. Et donc, ça passait par le bureau des travailleurs au Maroc.
Donc, immigration choisie. On ne faisait venir que les gens à qui on pouvait assurer un emploi, une vie décente et une intégration sociale. Voilà. Et mon
papa, il avait déjà un savoir-faire au Maroc. Il était forgeron, soudeur, serbrier. Forgeron, forgeron. Voilà. Excellent forgeron. Je me souviens de ses dessins. En maman, convenu des
forgerons.
Ben voilà. Et donc, il est arrivé. Maintenant, il travaille dans cette entreprise Herba, le patron l'a pris en charge, il lui a mis à disposition une petite maison avec un loyer, etc. Vous voyez, les choses se sont faites, mais elles peuvent se faire que si cette France est toujours dans cet accueil, encore une fois, de s'agréger à elle. Vous savez, le pape Léon XIV a dit une phrase formidable. Il a dit, le migrant doit rentrer dans l'esprit de la maison. Et mon papa, il est rentré dans l'esprit de la maison, il a appris le français avec lui. Fier de le faire. Bien sûr, avec ses collègues de travail, petit à petit. Mon papa, par exemple, jeûnait le mois du Ramadan, mais je peux vous dire qu'il ne demandait jamais la pause. Il s'organisait, c'était vraiment... Et il était heureux d'être avec ses collègues français. Il participait aux différents événements dans l'usine. Ma maman, elle participait aussi aux différentes rencontres avec ses voisines, qui ont été formidables. Elle nous emmenait à l'école. Donc une
immigration heureuse. Ça ne veut pas dire que vous n'avez pas rencontré à un moment donné Naïma un petit peu de racisme ou un peu d'exégnophobie. Il y en a toujours eu.
Alors moi, je crois que c'est vraiment la manière dont nos parents nous ont élevés. On est six enfants. Ça a été formidable parce que nos parents nous ont toujours appris une chose, c'est que la France était une chance. Et ils nous disaient, mais ce pays comme le vôtre. J'ai dû rencontrer peut-être du racisme. Mais en fait, ma maman nous disait, ne se laisse... monté sur le dos que celui qui veut bien. Vous voyez alors. C'était un
racisme à l'époque qui quoi ? On ne se mélangeait pas, on mettait un peu de côté. Il n'y avait pas d'agression. Moi, je n'avais
pas l'apprent... Vraiment, je vous assure, je n'ai pas eu le sentiment... À l'école, dans la cour de récréation ? Non, non.
On ne disait pas Berrette à l'époque.
Moi, j'ai eu un problème avec qui, je vais vous raconter, parce que je n'ai jamais ressenti le racisme. Vraiment, il y a eu des problèmes avec mes camarades d'école et tout.
Très grand ce que vous dites.
Et vous l'assumez. Je n'ai jamais rencontré racisme. Oui, je vous le dis franchement. Alors après, peut-être que je ne l'ai pas perçu. Non, vous
auriez été peut-être dans une banlieue, ça aurait peut-être été plus marquant. Non,
mais c'est sûr que dans la cour d'école, quand vous arrivez, vous ne parlez pas le français. Bon, vous essayez de votre quoi. Mais je vais vous raconter une chose, c'est que vous, il faut que vous sachiez, alors je ne l'ai pas... Peut-être que si, je l'ai mis, c'est que... Moi, ma maman, elle était arrivée un an avant moi. Bon, c'est une histoire familiale, j'étais restée avec ma tante. Ce qui fait que ma soeur et mon frère ont appris très bien le français rapidement. Ils avaient un peu d'avance sur vous. Voilà. Et dans la cour d'école, ils ne voulaient pas jouer avec moi parce que je ne parlais pas le français. Oh
'allais dire, pas le racisme, mais le séparatisme venait de votre propre famille.
Forcément, ils avaient envie de jouer avec leurs camarades. J'étais un petit peu un boulet. Mais après, j'ai appris très vite. Qu'est-ce qu'au contraire,
il y avait des petites copines, c'était une école de filles, qui sont tout de suite venues vous chercher, qui sont rapprochées. Moi,
je me rappelle d'Elisabeth, vraiment, qui se mettaient à côté de moi, qui me regardaient, qui m'amenaient des bonbons. Non, franchement, écoutez. C'était peut-être Elisabeth Lévy,
c'était peut-être Elisabeth Lévy. Non,
c'était pas elle. Non, sincèrement Péricault, moi je veux vraiment rendre hommage à ce peuple de France qui est un peuple extrêmement généreux, extrêmement résilient et qui a quand même subi, je peux le dire, la trahison de ses élites parce qu'on a voulu à un moment, mais on a voulu, on l'a fait quand même depuis 40 ans, effacer ce qu'il est. Effacer ses racines, effacer son identité, déboulonner son histoire, vouloir qu'il soit flagellé du fait de la repentance coloniale. Moi, souvent, avec les jeunes, je dis, mais vous savez, la repentance coloniale, allons-y, parlons de nos pays d'origine aussi, s'ils n'ont pas aussi colonisés, s'ils n'ont pas commis l'esclavagisme, etc. Parlons-en ! Il y a eu des deux aspects. Mais ça fait partie de l'histoire.
Naïma, vous restez avec nous. On va poursuivre cet échange toujours sur cette thématique du peuple sacrifié et de la trahison des élites. On va essayer de comprendre pourquoi aujourd'hui la non-intégration, elle n'est pas avec les gens qui viennent de loin. Elle est avec les pauvres enfants de France. qui sont sacrifiés, qui sont trahis par les élites, et qui n'arrivent pas ni à s'intégrer, ni à s'assimiler. Alors qu'ils sont nés là, ils sont français, ils n'arrivent pas à s'assimiler dans la République française, on va essayer de comprendre pourquoi avec vous.
D'accord. Effectivement, et puis bon, alors on va également se poser une autre question avec notre prochain invité, Julien Cocoa, alias Coco TKT, sur les réseaux sociaux. Il a connu les braquages, la prison, avant de changer de vie. Il raconte son parcours dans le chemin du guerrier aux éditions Le Lisbleu. Il s'est exprimé sur notre antenne. il y a peu et aujourd'hui des responsables politiques le contactent pour lui demander de l'aide pour communiquer justement avec cette jeunesse. C'est à suivre sur Sud Radio.
bien sur Sud Radio, il est 13h20, je reçois Naïma Amfadel, auteur du Peuple sacrifié, la trahison des élites chez Fayard. Nous parlons avec beaucoup d'émotion de l'arrivée dans son enfance de Fayma en France en 1968, Naïma en France en 1968. Comment cette intégration s'est bien passée ? Comment elle a été accueillie ? La France était un pays d'accueil et elle et sa famille se sont sentis français très rapidement et les choses se sont bien passées. On était bien côte à côte et pas face à face. Et aujourd'hui nous sommes dans une fracture sociale qui non seulement a un problème... d'intégration et d'assimilation, on va encore y revenir dessus, mais à l'intérieur même de la société française, nous avons des générations qui n'arrivent pas à s'intégrer, et qui n'arrivent pas à s'assimiler aux valeurs de la République, on l'a vu par les scènes récentes. Anissa, vous avez un point de vue là-dessus, sur la situation ?
Sur la situation, vous voulez dire de l'assimilation, ou en tout cas des mouvements généraux ?
Des mouvements ? Des mouvements d'assimilation, justement, il y a des gens qui ne s'assimilent pas, ils manifestent. Alors, il y a des gens
qui manifestent, alors... Ceux qui manifestent ne sont pas tous nécessairement issus d'immigration, il faut quand même le dire. Mais je peux vous parler des premiers cortèges qui ont défilé ce matin déjà pour faire un état des lieux en temps réel de la situation. A Lyon, la manifestation s'était lancée vers 11h05 de la manufacture des tabacs en direction de Jean Masset. Voilà pour les Lyonnais, comme ça ils ont le détail. A Tours, le défilé a commencé à 10h30. A Tarbes, environ 3000 personnes ont manifesté selon le journal La Dépêche. Et puis à Paris, normalement, le... Le départ est prévu à 14h. de république vers nation des incidents ont déjà été signalés à lyon vers 11h30 la préfecture a fait état de tir de mortier d'artifice en direction des forces de l'ordre la marche a été momentanément interrompu à hauteur de garibaldi précisons le avant de reprendre à midi des jets de projectiles contre des policiers étaient encore signalés près de toulouse au lycée françoise de tournefeuille baie des individus cagoulés ont tiré des mortiers d'artifice dès 8h30 provoquant des Un drame qui a donc commencé déjà très tôt. Selon les témoignages recueillis, l'établissement a été évacué et fermé. La mairie confirme l'intervention des pompiers à l'intérieur du lycée et indique que le feu a été circonscrit. À Villeurbanne également, des tirs de mortier ont entraîné ce matin l'évacuation du lycée Brossolette, selon la préfecture. Enfin, sur le suivi de la grève, le ministère de l'Éducation nationale annonce à la mi-journée 15,81% d'enseignants grévistes. avec environ 19% dans les écoles et 13,5% dans les collèges et lycées. Ces premières remontées couvrent les académies de l'Hexagone, sauf Toulouse, ainsi que La Réunion. Mais Toulouse, on aura des nouvelles tout à l'heure.
Vous voyez bien, il y a des jeunes français, français, qui ont du mal à s'assimiler au malheur de la République, ils ont besoin de casser, de brûler les poubelles. Mais je pense qu'on aura une solution, et puis on aura tout à l'heure Christine Bouillaud, vous l'aurez vous-même, qui nous appellera Toulouse. Julien Cocoa est-il en ligne ? Bonjour, vous m'entendez ? Oui, très bien. Bonjour, Julien. Vous étiez là il y a quelques jours. On avait été émus par votre témoignage. Allez, on va dire comme ça. Un ancien brigand qui est allé en prison, il a lu des livres et il est devenu un citoyen français exemplaire. Bravo. Pour Naïma, c'est un bel exemple. Julien, vous voyez la situation ? Bon, la souffrance des banlieues, elle existe. La colère des jeunes, c'est une réalité. Vous, vous y prendrez... c'est normal. manifester sa coulère et sa souffrance, la violence, c'est pas trop votre truc. C'est plus trop votre truc.
C'est plus trop mon truc, très bien précisé. En fait, moi, quand j'entends tout ça, je me mets à la place un peu de tous ceux qui foutent un peu le bordel, il faut dire les choses comme elles sont. Et je trouve ça vraiment très dommage. Et j'ai envie de leur passer un message à ces gens-là, parce que j'aurais aimé qu'on me passe un message, moi, à l'époque, où j'étais dans le chemin.
Vous avez été un peu commun. Vous êtes passé par là. Disons que vous êtes passé par cette étape.
Disons-le clairement. Aujourd'hui, il faut que ces jeunes en général et ces autres personnes soient conscients de ce que c'est que d'être enfermés en prison. C'est tous les jours pouvoir supporter 9 mètres carrés, une cour de promenade grillagée, quand on passe une détention normale, on ne parle pas des zones d'isolement et de mitard, qui se répètent tous les jours, tous les jours, tous les jours. Et vu ce qui se passe, vu les incidents, quand on parle d'agression, s'il se passe quelque chose de grave, c'est-à-dire un policier blessé... Une
professeure agressée, une directrice agressée...
Tu rentres dans la procédure criminelle, du coup on parle de peine, pouvant aller de 10 à 20 ans, à 15 ans, c'est très sérieux. Est-ce que ces jeunes et ces gens en général sont conscients de ce qu'ils encourt ? Et moi, c'est pour ça que j'aimerais vraiment leur faire passer ce message, vraiment il vient du cœur. Il faut vraiment qu'ils manifestent tranquillement, qu'ils fassent leur grève tranquillement, car ce n'est pas un jeu. Une fois là-dedans... On regrette, c'est trop tard. Il y a les suicides, il y a le regret, il y a la déprime pour sortir de ce chemin. Aujourd'hui, je suis là, je donne l'impression que tout va bien. C'est parce que j'ai quand même ma force mentale, mais je vous le dis. Si c'était à refaire, jamais de la vie, je repasserais par le chemin dans lequel j'étais. Aujourd'hui, on m'appelle le miraculé. Il faut que ces gens comprennent que la prison n'est pas un jeu. Tous les jours, ils risquent leur vie. Entre les coups de couteau qui peuvent se prendre en train de l'âge... Julien Cocoa,
ils vont vous dire que leur souffrance, que leur colère, que leur indignation les poussent à basculer de l'autre côté ? Est-ce que la France est un pays où la seule réponse que l'on peut apporter quand on est en colère, qu'on est en souffrance, qu'on se sent soit discriminé, soit injustement traité, c'est de casser, c'est de brûler
ne suis pas d'accord. Moi, je pense vraiment qu'en manifestant paisiblement, en sortant dans la rue, en étant dans le calme et dans la paix, en revendiquant leurs droits, ils pourront obtenir gain de cause à un moment donné par rapport à ce qu'ils réclament. Aujourd'hui, ces personnes qui ont ce discours-là, ce sont pour moi des inconscients. Ce sont des gens qui ne connaissent pas la détention, qui ne savent pas ce qui est en cours. Et moi, je suis là pour les alerter. J'ai tout expliqué dans mon livre. J'ai expliqué ce que j'ai vécu de la faute due à mes mauvais choix. J'ai expliqué le nombre de fois que j'ai failli mourir, disons les choses, à l'intérieur comme à l'extérieur. Vraiment, les choses se passent par une manifestation calme. Julien,
je vais vous poser une question très délicate et douloureuse. Vous répondez comme vous le voulez, on est sur le parlant vrai. Est-ce que c'est votre passage en détention, la façon dont vous en êtes sorti, qui vous a permis peut-être une intégration que vous aviez ratée ou une assimilation que vous avez ratée ? Est-ce que c'est là où vous avez pris conscience qu'en France, on pouvait entrer dans ce modèle social sans passer forcément par la fracture ?
Le plus franchement possible, clairement, on est en plein dedans. C'est en prison qu'à force de fruits d'efforts que j'ai découvert cette passion pour l'écriture, d'auto-interprétation. Aujourd'hui, j'écris mon livre, mais ça a commencé à l'âge de 21 ans. Après un long travail fourni et tout ce qu'il fallait assumer à côté... Rappelez-moi votre
délai d'emprisonnement. Combien de temps vous êtes resté
J'ai fait plus que 17 ans de prison et plus de 12 prisons. dans tout type de compartiment de l'État français.
C'est long, c'est long. Et vous avez lu pendant ce temps. Et vous avez lu.
Moi, j'étais plus dans l'auto-interprétation, c'est-à-dire grâce à un instrumental dans la création de mots et de rimes. Aujourd'hui, je suis l'auteur. Entre-temps, j'ai sorti trois mini-EP en dix ans. Je ne lisais pas trop, j'étais plus dans la création. Voilà, j'ai plus dans la lecture depuis maintenant plus d'un an, on va dire. Aujourd'hui,
en vous entendant, vous êtes venu ici sur Sud Radio, vous vous êtes exprimé ailleurs. Il y a des politiciens, des responsables politiques qui sont venus vous voir. En vous demandant quelque part, pas à l'aide, mais aidez-nous à comprendre, et votre exemple est formidable. C'est ce qu'ils vous ont dit.
Vous êtes au courant de tout, vous avez de bonnes infos, vous faites bien votre travail. Bah, écoutez, franchement, je ne savais pas qu'un livre aurait un tel impact. Je vous dis les choses le plus clairement possible. Des membres de l'équipe de M. Bruno Rotaillot, comme des membres de l'équipe de David Bissnard, m'ont approché. J'ai eu des échanges avec eux. Après que mon livre ait été lu... Rappelez
-nous le titre de votre livre.
livre, c'est « Coco t'inquiète, le chemin du guerrier ». Témoignages autobiographiques. Ils m'ont demandé... des synthèses, ils m'ont demandé des renseignements parce qu'ils savent ce que j'ai vécu, ils savent les erreurs que j'ai faites aujourd'hui, la résilience dans laquelle je suis et les choses que j'ai affrontées. Il y a des échanges qui ont eu lieu et qui ont eu lieu jusqu'à présent avec ces personnes-là et d'autres politiciens également.
Julien, vous restez avec nous. Naïma aussi, bien sûr. On va continuer cet échange passionnant entre la rencontre de deux personnalités. Naïma
M. Fadel est avec nous, experte en politique de la ville, essayiste et auteur du livre « Le peuple sacrifié, la trahison des élites » aux éditions Fayard. On parle des mouvements qui ont lieu aujourd'hui dans tout le pays et de cette grève nationale. Vous pouvez témoigner vos inquiétudes si vous en avez au 0826 300 300. Sud Radio, nous sommes au plus près du terrain pour vous faire vivre cette journée de mobilisation et tout de suite direction Toulouse où la manifestation doit démarrer dans une demi-heure. Mais un imbroglio subsiste autour du trajet. Christine Bouillaud, vous êtes sur place pour Sud Radio. Est-ce qu'on sait finalement par où le cortège va passer ? Et puis est-ce que les manifestants commencent à se rassembler ? Christine ? Alors il y a un petit problème technique. On reprend Christine dans quelques instants.
Nainem Fadel, vous venez d'entendre Julien Cocoa qui raconte son insertion, c'est fait par le passage par la prison, et puis la lecture, l'écriture, et les hommes politiques qui viennent maintenant le voir. C'est très bien que les hommes politiques, il n'est jamais trop tard. Vous, vous avez connu une période où justement les choses allaient plus simplement. Vous dites à la fin des années 70, le problème a commencé à se poser.
Fin des années 70, c'est là où ça a commencé, notamment dans ces quartiers qui sont devenus des quartiers où on a logé majoritairement les populations qui arrivaient. Dans le cadre du regroupement familial, petit à petit, il n'y avait plus cette mixité sociale et culturelle. Les amis que j'avais, ils avaient un parcours résidentiel. Souvent, même quand vous étiez ouvrier en ce temps-là, vous pouviez construire votre petite maison. Mais c'est là, dans les fins des années 70, qu'on a connu d'ailleurs les premières émeutes. Je voudrais juste parler des émeutes aux Minguettes, par exemple.
Je vous reprends dans quelques instants, parce que nous avons justement la liaison qui rétabille avec Toulouse, Anissa Christine Bouilloux. est en ligne.
Bonjour Christine, est-ce qu'on sait par où le cortège va passer finalement ?
Alors, je vais vous expliquer. Le cortège, pour l'instant, il est censé partir dans une demi-heure. Je vais vous expliquer le bras de fer et l'ombroglio juridique dans lequel les manifestants toulousains et tous les syndicats qui avaient déposé dès le 26 octobre un tracé pour cette mobilisation du 5 novembre ont vu avec stupeur la décision du préfet tombé il y a 48 heures qui leur interdisait ce tracé dont ils avaient l'habitude et qui avait été effectivement utilisé par trois fois déjà lors des mobilisations toulousaines. 48 heures, les syndicats ont déposé un recours devant le tribunal administratif. La décision du tribunal administratif est tombée tôt ce matin et qui donne raison au préfet en interdisant ce tracé qui passe par les boulevards extérieurs toulousains et impose aux manifestants d'aller vraiment... très à l'extérieur de Toulouse, qui a mis l'ensemble des syndicats, je dis bien l'ensemble des organisations syndicales, hors d'elle, en disant, on nous empêche de manifester aujourd'hui, c'est une atteinte à nos libertés, en tous les cas au droit de manifestation, et nous maintenons le tracé que nous avons déposé le 26 octobre. Du coup, le rendez-vous est ici à Saint-Cyprien, un quartier effectivement très fréquenté par les manifestants et qui a l'habitude d'avoir ce genre de mobilisation. Et je peux vous dire qu'il y a déjà énormément de monde. Combien seront-ils ? Ça, c'est bien la question qu'il faudra se poser. A priori, ce rendez-vous ici à Place Saint-Cyprien est d'ores et déjà illégal. Donc pour l'instant, il y a beaucoup de manifestants. Je ne vois pas la présence de policiers sur ce point de rendez-vous. Les policiers sont positionnés un tout petit peu ailleurs. Rappelons que les chiffres des manifestations et des mobilisations à Toulouse ont toujours été très importants. Le 17 octobre dernier, il y avait près de 35 000 personnes selon la préfecture, 80 000 selon les organisations syndicales. une mobilisation qui ne s'est jamais arrêtée, jamais faiblie. Et là actuellement, les syndicats sont en train de se réunir. sur cette place Saint-Cyprien, avec un cortège qui va s'élancer, on ne sait pas comment, on ne sait pas dans quel sens, et pour l'instant c'est la grande incertitude, mais tout est calme, puisqu'à l'instant on assiste à un concert, tout simplement, un orchestre symphonique s'est installé, et propose de la musique aux manifestants, avec des banderoles aussi, de la part des organisations agricoles aussi, on voit effectivement que la Confédération Paysanne est venue ici en renfort pour cette mobilisation à Toulouse, donc affaire à suivre au courant de l'après-midi. Merci Christine.
Voilà, vous restez avec nous Christine, bien entendu, on voit la subtilité de l'état de droit, Naïm Amfadel et Julien Cocoa, la subtilité de l'état de droit, un tribunal administratif à Paris dément la préfecture de police et dit non, non, les syndicats ont droit, ils iront bien de Bastille à Nation et autres, le conseil d'état dans la nuit dit non, pas du tout, c'est le préfet qui a raison, et là, à peu près pour la même configuration, on n'est pas sur le terrain, le tribunal administratif tout de suite dit, ben non, finalement, c'est le préfet qui a raison, il a le droit de changer le parcours. Je comprends qu'on s'y perde un petit peu, Est-ce qu'il y a des codes ? Est-ce qu'il y a des barèmes ? Ou est-ce que c'est à l'humeur du tribunal administratif ? On se posera toujours la question. Néaima, vous étiez en train de nous expliquer justement...
Oui, j'expliquais juste cette évolution. Donc les quartiers ont commencé quand même à rencontrer des difficultés sociales, et notamment de dégradation multiple, de délinquance des mineurs. Je rappelle juste que le critère de la politique de la ville, l'un des critères, c'est la délinquance des mineurs, notamment. Et je fais rebondisser sur ce qu'a dit Julien. quand il dit qu'il aurait certainement voulu qu'à un moment, on l'alerte, qu'il y ait même une butée, ce dont le docteur Maurice Berger, dont j'ai eu le plaisir de faire même une tribune ensemble, dit, c'est-à-dire que le problème qu'on a en France, c'est qu'on a une délinquance des mineurs qui est extrêmement importante, mais on n'a pas la butée qui... qui arrête... Les garde-fous. Mais oui, c'est-à-dire que dès le premier acte de délinquance, on peut se dire bien la responsabilité des parents, parce que je rappelle que c'est eux les premiers responsables de leur enfant, de mettre en place, d'appliquer en tout cas un protocole qui fait qu'à un moment, il y a une putée. Je parle, moi, il n'y a pas de tabou chez moi, c'est-à-dire par exemple, les prestations sociales, nous sommes un pays le plus généreux au monde, on a des droits, mais on a aussi des devoirs. L'État aide à ce qu'on élève son enfant, mais à un moment, l'État est en droit de demander justement qu'on en soit responsable. Et la butée, ça permet tout simplement de porter assistance à enfants en danger et d'arrêter justement cette dérive, enfin cette carrière délinquante. Parce que j'ai malheureusement rencontré trop de gamins qui ont commencé par de la petite délinquance, qui se sont ensuite assis sur une carrière de délinquant. Et parfois, ils en sont même morts.
Julien Cocoa, vous entendez ce que dit Naïma ? Vous êtes passé par là aussi ? Pas de garde-fou, pas d'avertissement. Vous avez découvert le fait que quand on fait des bêtises, on va en prison.
J'ai vraiment suivi cette courbe. Après, le début a commencé vraiment par une injustice qui m'a mis dans une haine contre l'État, mais j'ai eu beaucoup de chance de me rattraper. J'étais vraiment têtu et j'étais dans cet engrenage. Par contre, le seul point où je ne suis pas trop d'accord avec ce que Naïma vient de dire, c'est de mettre toute la responsabilité, ou peut-être une grosse partie, sur les parents. Personnellement, mes parents faisaient tout pour que je me calme. Ils m'ont donné beaucoup de billes pour que je puisse me réinsérer. Mais surtout quand on est mineur avec l'engrainage, les potes à la cité, etc. Ce n'est pas toujours le cas, Julien.
Ce n'est pas toujours le cas. C'est bien qu'il y a des parents qui ne sont pas au rendez-vous quelques fois aussi, hélas.
Bien sûr qu'il y a des parents qui ne sont pas au rendez-vous. C'est une certitude, mais pas tout le temps. Moi, je pense que pour aider ces mineurs-là, la meilleure chose à faire, c'est leur montrer des exemples qui sont passés par ce qu'ils sont en train de vivre et par ce qu'ils risquent de vivre. Vraiment. Après, bien sûr, il faut vérifier au niveau des parents. L'éducation, c'est très important. Il y a des parents qui délaissent ces jeunes.
Quand on voit les parents qui ne se
lèvent pas le matin pour ne pas les travailler. Je
vais vous dire, j'ai beaucoup d'exemples. Effectivement, il y a des parents qui peuvent être impuissants, mais pour avoir travaillé au département de l'Or et Loire où j'étais chargée de mission politique de la ville, je peux vous dire que tout est fait notamment parce qu'il y a un accompagnement par l'aide sociale à l'enfance. L'aide sociale à l'enfance, ce n'est pas la panacée aujourd'hui par rapport à la prise en charge malheureusement des enfants qui sont placés, mais il y a un accompagnement qui est fait avec des éducateurs. Donc il y a des choses, il suffit que le parent, quand à un moment il sent que malheureusement il perd son enfant, il peut aussi s'adresser à l'aide sociale à l'enfance pour avoir cet accompagnement. Moi j'ai vu trop de gamins, je vais vous le dire. J'ai vu dans une ville, je tairai le nom, où les gamins, c'était eux-mêmes qui se levaient le matin pour aller au centre de loisirs. Et le centre de loisirs était même obligé d'organiser des petits déjeuners pour les enfants. Et j'ai vu aussi des parents. Certains, bien sûr, évidemment, qui disaient même, vous ne pouvez pas les garder le midi pour leur donner le déjeuner. Moi, je ne dis pas qu'il faut tomber sur les parents. Je dis jusqu'à un moment, un État comme la France, un État-providence, doit juste rappeler le rôle, la place des parents. Les parents sont responsables. Il y a un devoir de responsabilité. Vous savez, être parent, c'est facile pour personne. Moi, j'ai connu énormément de familles. monoparentales, où les mamans, vraiment, c'était très difficile, elles devaient travailler en même temps, s'occuper de leurs enfants et les faire garder, etc. Et, elle y allait. Donc moi, je regrette, mais on ne peut pas non plus... Voilà, remettre en cause. Encore une fois, c'est dans le sens de la responsabilité et encore une fois, c'est une main tendue pour empêcher que des gamins tombent dans la délinquance et ils en meurent. Moi, ça me fait mal au cœur de voir tous les gamins que j'ai pu voir qui ont été effectivement, comme vous le dites, Julien, embrigadés dans les différents trafics. Moi, ça m'est insupportable depuis 40 ans où je vois dans les différentes villes où j'ai travaillé des gamins qui font le chauffe, qui font... Un gamin de maternelle qui transportait la drogue, par exemple. Et ça, c'est avec les enseignants qu'on l'avait. Vous restez tous les deux.
Vous restez toute la vie avec nous. On se retrouve dans un instant.
Bien sûr, Naïma Mfadel est avec nous. Elle parle d'un peuple sacrifié. Est-ce que vous trouvez que ces mots décrivent ce que vous vivez ? Racontez-nous un moment peut-être où vous vous êtes dit. Ceux qui décident n'ont aucune idée de mon quotidien. Et puis cette grève, est-ce qu'elle peut faire bouger les choses ? Si vous avez déjà fait grève et obtenu quelque chose aussi, dites-le nous. Pourquoi pas ? On vous écoute au 0826 300 300.
Il est 13h47, vous êtes bien sûr sur Sud Radio Jeu de Soir. Je reçois Naïman Fadel, auteur du Peuple sacrifié, la trahison des élites, et on est en plein dedans. Naïman Fadel parle évidemment d'eux. ces immigrations, ces assimilations ratées qui provoquent aujourd'hui la désolation, la tristesse que l'on sait, alors qu'il y avait des solutions, puisque ça a longtemps bien marché. Nous avons Julien Cocoa qui est là, qui lui, au contraire, après avoir fait des bêtises, il s'est réinséré en prison par l'écriture, et aujourd'hui il est là, il est à sa place en France, et tout le monde est à sa place en France, sauf ceux évidemment qui ne se retrouvent pas. Nous avons Julien qui nous appelle de Viry-Châtillon. Julien, vous soutenez la mobilisation d'aujourd'hui, ou vous êtes un petit peu réticent ?
Alors moi, je fais partie de ceux qui sont plutôt réticents, dans le sens où, à six mois d'une élection présidentielle, quoi qu'il se passe, de toute façon, ça ne sert à rien. Le gouvernement peut promettre mon émerveille, il n'aura pas à tenir sa promesse, il s'en fiche, puisque de toute façon, il ne peut pas se représenter. Et il laissera à ceux qui seront élus le soin de payer la facture, finalement, des promesses qu'il va faire. Et donc, je trouve ça une aberration totale à six mois d'une élection présidentielle. Et d'autant plus qu'on va se retrouver encore à mettre... Paris à feu et à sang parce qu'on ne sait plus faire des manifestations sans être dans le débordement, sans être dans l'excès, sans être dans la recherche d'une révolution à six mois d'une élection présidentielle. C'est une aberration la plus totale et c'est contre-productif. Pour moi, je suis plutôt... réticent à cette idée de manifestation.
Julien, un gouvernement par définition dans une démocratie et dans une république, ça se modifie, ça se change. Il y a un chef de l'État, il y a un président de la République. Je suggérais dans mon humeur tout à l'heure qu'on ne puisse pas aller dans ces conditions pendant six mois jusqu'à une élection présidentielle qui va être essentielle et qui doit se dérouler contre moi ce qui s'est passé en 2017. Il y avait l'affaire Fillon en 2022, il y avait la guerre en Ukraine. On a besoin d'une vraie campagne présidentielle où on pose les projets et où les citoyens et les citoyennes puissent choisir en conscience les différents programme qu'on va leur proposer pour savoir ce qu'eux veulent pour la France. Dans ces conditions, ce n'est pas possible. Et je suggérais que l'on nomme un nouveau gouvernement de consensus ou de conciliation comme on veut, sans avoir aucune tentation d'angélisme, pour qu'on puisse arriver en ordre et apaisé à cette élection présidentielle, qu'on résolve tout de suite le problème des lycéens et des étudiants qui ont besoin. Le problème énergétique, c'est millions de Français et de Françaises qui ne peuvent pas aujourd'hui payer leur chauffage ou leur carburant. Il y a des mesures à prendre et on peut trouver une formule gouvernementale si la classe politique veut bien faire l'effort de de poser le couteau et le marteau pendant 10 minutes, et de se mettre autour de la table pour dire, voilà, on prend les mesures sur lesquelles on est tous d'accord, des mesures nationales, et puis on se retrouvera dans le débat politique et dans la confrontation pour l'élection présidentielle. C'est une option qui vous semble jouable ou non ?
Ça serait une option qui serait intéressante, effectivement. Je pense que ce n'est pas le couteau, c'est le marteau qu'il faut poser. Le marteau, la faucille, il y
a tellement les symboles. Aujourd'hui, c'est plutôt le cocktail de Molotov et puis la poubelle cribule. On est d'accord. Julien, merci pour votre témoignage. Évidemment, on comprend, vous comprenez qu'il y a plusieurs gens peut-être que de connu manifesté vu l'état du fait. Naïma, cette souffrance populaire, ce genre qui justement, cette jeunesse... qui n'arrive pas à se retrouver dans les valeurs de la République, qui ne s'est pas intégrée, qui n'a peut-être pas été accompagnée, qui n'a pas rencontré les garde-fous, elle est de plus en plus nombreuse et elle est violente quelquefois, elle casse.
alors c'est une minorité qui casse, qui pille, etc. Malheureusement, qui jette l'anathème sur la majorité qui veut s'en sortir. J'ai rencontré énormément de jeunes qui avaient vraiment cette volonté de s'en sortir. J'ai par exemple aussi fait en sorte qu'il y ait un accompagnement vers les grandes écoles de jeunes, notamment sur Mante-la-Jolie, sur l'école militaire de Saint-Cyr où les gamins, ils ont travaillé pendant les vacances scolaires pour se présenter au concours pour rentrer au lycée militaire de Saint-Cyr, pour vous donner cet exemple-là. Donc justement, il n'y a pas eu cette espèce d'excuse. comme s'ils n'étaient pas pareils que les autres. Les gamins, ils peuvent aussi être dans l'effort et la méritocratie à la française. Aujourd'hui, nous avons un challenge. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il faut absolument que la gauche s'excuse du mal qu'elle a pu faire à cette jeunesse, parce que justement, en les confortant dans l'ailleurs... Elle n'est pas la seule, elle n'est pas la seule, parce que justement, j'allais dire, elle les a confortées dans l'ailleurs, malheureusement, et puis la droite n'a pas su... reprendre la main, notamment, en leur disant, et elle ne l'a pas fait, en leur disant tout simplement, non, vous êtes des Français à part entière, avec des droits, mais aussi des devoirs, et notamment des devoirs liés à la citoyenneté. Mais ça, j'en parle dans le livre, comment ça s'est passé, ce processus.
Julien, message que vous avez envers d'adresser à cette jeunesse qui est malheureuse, qui est en fracture, il y a moyen de s'en sortir, quand même, ou non, que de piller des magasins et de brûler des poubelles
Clairement, j'ai 41 ans aujourd'hui, j'en suis la preuve, il y a moyen de s'en sortir avec effort. La culture, pour moi, la culture, l'ambition, c'est vraiment la solution à ce type de problème. Pour avoir un grand pays, pour avoir des jeunes talentueux qui veulent ce qu'ils obtiennent, ce qu'ils recherchent plus tard, il n'y a pas 36 solutions, c'est le travail. et croire en ses ambitions. Aujourd'hui, j'en suis la preuve. Malgré les conditions infernales que j'ai vécues, les choses impensables, en lisant le livre, les gens comparent ce témoignage autobiographique à un film carrément tellement c'est fou, clairement la motivation, pour ceux qui ne l'ont pas, vient instantanément. Si c'est réel, c'est pour tout.
Vous êtes la démonstration, Julien Kokoa, qu'il y a un espoir, que cet espoir, il peut être mis en oeuvre, et qu'il peut être récupéré, et qu'il peut être proposé à une jeunesse à Nissa. Je voudrais
simplement rebondir sur une chose, parce que là j'entends Julien Kokoa dire qu'il faut travailler, croire en ses ambitions. Naïma qui nous parle de gauche et de droite qui ont un peu laissé à l'abandon, effectivement, depuis quoi ? 30-40 ans finalement ? Plus de 40 ans cette population. J'entends quand même Julien, voilà Cocoa, qui explique qu'aujourd'hui, donc en 2026, 30 ou 40 ans plus tard, il y a quand même des politiques qui viennent toquer à sa porte pour lui demander quelques conseils de dialectique et de communication. Je me dis que bon, au bout de 30 ou 40 ans, peut-être on peut s'en féliciter. Il n'est jamais trop tard, c'est ce qu'on dit.
Par exemple, il y a juste une chose que je voudrais donner comme exemple. Dans tous ces 40 ans d'expérience dans les quartiers, j'ai rencontré beaucoup de jeunes qui veulent être... Ils veulent entreprendre. C'est vraiment dans la majorité, ils veulent entreprendre. J'ai jamais entendu un politique à un moment qui arrête avec tous ces dispositifs d'accompagnement, d'autonomie, blablabla, qui ne donne rien, parce qu'il y a rarement de sorties positives, et jamais ils n'ont proposé une opération. Et pourtant, je vais parler
de propagande d'État, créez votre entreprise en France, mais quand on commence à créer, quand on voit les entraves, les normes, les codes obligatoires administratifs, mais c'est dissuasif, il faut quasiment sortir 100 000 euros quand vous voulez créer votre petite boîte au départ. Exactement, mais ils ont
même créé le RSA jeune, vous vous rendez compte ? Alors qu'il suffit peut-être de dire, eh bien... On vous donne, voilà, un pactole, enfin, je ne sais pas combien, on vous donne, vous faites votre entreprise, et puis, pourquoi pas, vous pourrez rembourser par la suite. On peut même donner, parce que ça vaut le coup quand des jeunes veulent entreprendre.
En tout cas, Naïma M. Fadel et Julien Cocoa, les Français ont, et en votre terminaire, j'en fais partie, ont de quoi réfléchir tranquillement jusqu'au mois d'avril 2027. Ils savent exactement ce qu'il ne faut pas faire, ce qu'il ne faut pas dire, vers où il ne faut pas aller, et quelles sont peut-être les solutions qu'on peut envisager tous ensemble. ensemble, parce qu'on aime ce pays, c'est un pays qui, malgré tout, c'est un pays qui a une capacité de rassemblement formidable, et par sa sociologie, par son train de vie, et ceux qui l'ont abîmé, évidemment, il faut dire qu'ils sont allés dans l'erreur, qu'ils nous font beaucoup de mal aujourd'hui, mais... On est résistant, on est résilient, on est résistant et on est plein d'espoir. Merci Naïman Fadel d'avoir été en studio avec nous. Je vous rappelle le titre de votre ouvrage, Le peuple sacrifiait la trahison des élites chez Fayard. Vraiment, ce sont deux formules. Le peuple sacrifiait la trahison des élites. On est au plein dedans. Vous c'était pour l'immigration, mais aujourd'hui on sait qu'il y a même des Français qui sont sacrifiés et qui sont trahis par les élites. Ah non, non, je parlais justement. Bien sûr. Et merci Julien Cocoa pour ce témoignage toujours émouvant de quelqu'un qui a été dans la mouise et qui par sa force de caractère... Ça en est sorti par la lecture et par la culture. Anissa, on se quitte. On va se retrouver lundi. On va remercier
Pierre Gattaz qui est avec nous aussi un petit peu plus tôt. Voilà l'industriel et ancien patron du Medef. Merci également à lui. Et puis on se retrouve lundi à suivre Brigitte Lahaye.
Qui va nous parler d'amour.
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