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9h10, Sud Radio, La Vérité en Face, Benjamin Glaze.
On regarde La Vérité en Face avec nos éditorialistes Elisabeth Lévy qui nous a rejoints. Rebonjour Elisabeth. Bonjour Benjamin. Et avec nous Françoise Degoy. Rebonjour Françoise. On va parler bien évidemment tous ensemble de ce livre que vous sortez qui fait énormément de bruit. Vous êtes tous trop durs avec moi. Conversation libre avec le président de la République aux éditions Robert Laffont. Il est publié aujourd'hui. Il sort aujourd'hui. Le jour de
la grève générale. Avouez quand même que j'ai du nez. C'était un expert. Dites-le. Pas du tout. Je ne suis pas sûr que ce soit
bon pour
le commerce. Non, non, ce n'est pas bon pour le commerce. La sortie a été décidée. Vous êtes
puni par là où vous avez. Je
ne sais pas si c'est une punition. En tout cas, quoi qu'il advienne, c'est assez un clin d'œil. Vous balancez les
textos que vous avez échangés. Je n'aime pas ce mot
balancer. Vous utilisez quel
terme ? Vous dévoilez les textos que vous avez échangés. Mais ça permet de comprendre aussi la psyché, comme vous aimez le dire, d'Emmanuel Macron en l'occurrence. On va en parler dans quelques minutes, si vous le voulez bien. Mais d'abord, j'aimerais qu'on parle tout de même de cette mobilisation sociale, grève, manifestation. Partout en France, avec Félix Mathieu qui nous a rejoint cette grève, ces mobilisations, manifestations du 5 novembre. Est-ce que vous soutenez cette mobilisation ? C'est la question qu'on vous pose sur les réseaux sociaux, ainsi qu'au 0826 300 300. Ça donne quoi les réactions pour le moment, Félix ? Vous nous avez rejoint.
On s'est plutôt partagé pour le moment. Vous nous répondez non à 58%. Il y a beaucoup de commentaires pour nous rappeler qu'il y a des élections à venir et qui renvoient plutôt à ces élections à venir plutôt que... à la mobilisation dans la rue.
Françoise, Elisabeth, à quoi il faut s'attendre aujourd'hui ? Oui, Françoise ? Non, je vous
écoute, je
me grattais juste. Vous
m'avez fait peur. Oui, parce que je n'avais pas pour parler,
ce n'est pas très fréquent. Bon, vous savez quoi ? On commence avec Elisabeth. Avec plaisir. Elisabeth, vous attendez à quoi pour aujourd'hui ? Demandez
-moi demain, je vous dirai à quoi je m'attendais. Franchement, non mais bon, je m'attends, je lis comme tout le monde. qu'on attend quand même 700 000 personnes en France, si j'ai bien compris, probablement plusieurs dizaines de milliers à Paris. Je m'attends à ce que ce soir on fasse les comptes, combien de policiers au tapis, combien de manifestants, combien de... Alors j'ai l'impression quand même que depuis le 17 octobre, il faut être honnête, je crois que le ministre de l'Intérieur a pris la mesure de ce qui se passait. Moi j'ai entendu... des commerçants qui étaient reçus hier à la commission, il y a une commission à l'Assemblée nationale par les députés, de gens qui disaient, nous avons été abandonnés pendant des heures. On n'a pas vu un uniforme pendant des heures. Donc, voilà, après, je trouve la question, puisque nous avons la chance d'avoir une éminente journaliste politique, la question c'est effectivement... -ce que ça a vraiment du sens ? Que peut donner un gouvernement qui finit ? Quel est le sens d'un gouvernement qui déjà n'a pas de majorité ? Qu'est-ce qu'il peut bien donner ? Qui est endetté ? qui se tirent dans quelques mois. Donc là, je ne comprends pas du tout cette logique de la mobilisation maintenant. Françoise ?
C'est une logique de mobilisation, c'est bien le problème, c'est-à-dire que je suis d'accord avec Elisabeth, et on se le redit à chaque fois, on est dans un cas unique, j'ai le sentiment, j'ai beau remonter la mémoire... On est dans le cas unique d'une mobilisation très forte, parce que ça fait quand même la quatrième semaine de mobilisation. Je ne sais pas si vous vous rendez compte. En plus, pendant les vacances... Sans compter
la mobilisation lycéenne, où là, il faut remonter encore un peu plus loin. Oui, bien sûr, et
avec une mobilisation aussi forte, aussi continue, aussi étale sur l'ensemble du pays, avant les élections. Ça, c'est véritablement un sujet, pour moi, qui est un immense point d'interrogation. Comment vous l
'interprétez, vous, ou vous, éventuellement, l'analysez avec, en toile de fond, cette élection présidentielle qui arrive ? C
'est une façon de faire pression, c'est une façon de revendiquer très fort. Il y a tous ceux qui disent que c'est manipulé pour prendre le pouvoir par la rue. Je n'en crois pas un mot de l'histoire de la manipulation. D'ailleurs, pourquoi ? Parce que, juste, je fais un point et je rends la parole à Elisabeth. Vous savez, la gauche, elle est instruite de mai 68. Je rappelle que mai 68, c'est un bouleversement très fort sur les mœurs, c'est le grenelle des salaires, etc. c'est des manifestations ultra-violentes où il n'y a pas un seul mort, et ça c'est gloire au préfet qui a réussi ça. Au préfet Grimaud ! J'ai cherché son nom ! Alors là,
retenez bien ce moment ! Non, mais moi j'ai toujours dit que
gloire au préfet Grimaud, parce qu'il n'y a pas un seul mort, quand on voyait la violence des échauffeliers à Paris, mais la gauche elle sait aussi... que le débouché dans les urnes, c'est une de ses premières grandes raclées électorales, c'est 1969, avec l'échec total des candidates gauche, si vous voulez, parce qu'à un moment donné, il y a le désir d'ordre qui a pris le dessus. Donc, penser que la gauche manipule, etc., c'est une erreur historique, parce que même quelqu'un comme Jean-Luc Mélenchon sait parfaitement le danger qu'il y a. à déborder. Si vous débordez, vous preniez une raclée comme en 1969.
Je suis à moitié d'accord. D'abord, ce que vous avez dit est clair. En 68, il y a cette grande manif du 30 juin. La descente des Champs-Elysées par la France des familles, la France de l'ordre, si vous voulez. En 68, nous n'avons pas une population aussi âgée que maintenant. Donc, aujourd'hui, il est évident que les gens qui regardent toutes les semaines ces images, les touristes ne sont plus là, vous connaissez tout le... Donc, il est évident que le parti de l'ordre est incomparablement plus fort numériquement que celui du désordre. Là où je ne suis pas d'accord, je ne crois pas que LFI ait allumé l'allumette, ait craqué l'allumette. Je crois en revanche qu'ils sont toujours très forts. Écoutez, Sandrine Rousseau sort de ce plateau, elle allait rejoindre, nous a-t-elle dit, c'est lycéen, si vous voulez, qui était gazé. Donc c'est bien. Et ils ont quand même essayé de faire semblant d'avoir organisé quelque chose qui les dépassait. On peut
dire
qu'ils soutiennent des lycéens qui n'ont pas été surpris. Non, mais je n'ai pas... Est-ce que j'ai dit ? C'est de bonne guerre, c'est de la logique politique. Ils ont fait ça avec les Gilets jaunes. Pareil, un peu à la fin du... Oui, oui, à la fin, parce que les Gilets jaunes ne voulaient pas. Ils ont essayé un moment avec les Gilets jaunes. Bon, les Gilets jaunes, c'était très compliqué. Les lycéens, c'est plus facile. En plus, les mouvements lycéens ont toujours été une pépinière pour les partis de gauche. Bien sûr, et c'est heureux. Qu'ils jouent un rôle là-dedans, qu'ils l'encouragent, qu'ils attisent et qu'ils ne condamnent pas la violence... Vous rejetez tout, je ne suis pas d'accord. Je pose ma question, là où je ne suis pas d'accord en fait. C'est que je pense que Jean-Luc Mélenchon ne peut pas gagner l'élection présidentielle. Je ne crois pas, je ne fais pas partie de ceux qui pensent. Je crois aujourd'hui, je ne vois pas dans quel deuxième tour il gagnerait. J'ai dit je pense. Il n'a pas dit que c'était un oracle, j'ai le droit de le lire. Et je pense que lui le pense aussi. On n'est pas à 45-55, quand même. Et donc, je ne crois pas non plus qu'ils veuillent prendre le pouvoir dans la rue. Mais, évidemment... Si vous voulez, s'il a l'air d'être le grand-père qui, de temps en temps, s'y fait la fin de la récré, etc., ça va asseoir son rôle d'opposant numéro un. En
tout cas, que Jean-Luc Mélenchon, je pense déjà que tout sondeur honnête, c'est parfaitement qu'il le dit, d'ailleurs en off, et va à un moment donné le dire dans ses calculs, si Jean-Luc Mélenchon était au second tour face à Marine Le Pen, on ne serait pas dans du 70-30, on serait plutôt dans du 60-40 ou du 55-45. Donc ça, déjà, ça change tout. Je suis absolument d'accord avec vous. Qu'est-ce qui vous fait dire ça. Il ne peut pas, parce que c'est tout à fait logique, c'est les dynamiques, vous aurez des millions de gens qui vont dire il est impossible de laisser les clés de ce pays, même si Jean-Luc Mélenchon, on le déteste, c'est exactement ce qui s'est passé au Brésil, moi je ne dis pas qu'il gagne comme Lula, mais vous avez des gens de centre-droit et de droite qui ont même voté Lula pour s'éviter le retour de Bolsonaro. Donc ça c'est des dynamiques de campagne, ce sont des dynamiques réelles qui existent. Vous avez Marine Le Pen avec tout le nom que ça porte, ça ne fera pas 70-30 face à Jean-Luc Mélenchon. Ça fera beaucoup plus. Après, vous le
savez, les dynamiques peuvent se casser. Non, non, non, je ne crois pas
du tout une minute. Je dis, Cécile accède au second tour. Nous n'en sommes pas là. Mais nous sommes dans des dynamiques politiques. Mais on n'en est pas loin non plus. Et Jean-Luc Mélenchon, si Jean-Luc Mélenchon, il y a quelques mois, pouvait penser que la présidentielle était une chimère et qu'il fallait entretenir cette chimère, il n'a plus quasiment aucune raison de le penser. Le dernier baromètre avant-hier de l'IFOP devrait alerter tous les républicains de ce pays. Vous avez Jean-Luc Mélenchon qui prend trois points. Vous avez Marine Le Pen qui reste stable, etc. Et puis vous avez tout ce qui s'appelle le bloc central, le ventre mou, ce que j'appelle moi la campagne Tefal, c'est-à-dire qu'on ne retient rien de ce qu'il raconte. C'est Edouard Philippe, c'est Raphaël Glucksmann, c'est Bruno Retailleau, c'est David Lissnard qui fait des jolies vidéos en IA, mais ça ne fait pas plus de 7 points. Donc, vous voyez ce que je veux dire, c'est que ce mouvement social, moi je ne suis pas d'accord avec Elisabeth, je crois qu'il y a une sincérité profonde de la gauche, toujours dont je fais partie. à soutenir les revendications sociales. En revanche, là où je suis d'accord avec elle, en tout cas dans sa question, je ne vois pas comment on aboutit. Je ne vois pas comment on atterrit. C'est
quoi l'issue ?
L'issue, c'est de donner des moyens, plus de moyens, c'est d'attendre que le mouvement s'essouffle. Mais vous savez, Emmanuel Macron a déjà fait ça avec les gilets jaunes. L'issue, c
'est de donner des moyens qu'on n'a pas, si vous voulez. Je suis d'accord avec vous, ça sera la réponse du gouvernement. Ce qu'on peut compter, c'est que l'issue, ça va être un peu l'hiver, parce que c'est vrai qu'ils tiennent là, mais au bout d'un moment, qui a envie de passer tous ces week-ends, d'aller battre le parvet sur les boulevards extérieurs parisiens ? Mais là où je reviens sur votre affaire de dynamique, on peut penser ça, on peut aussi penser quand même qu'il y a une gauche qui restera irréconciliable. Parce que le problème que pose Mélenchon n'est pas un problème de tactique, il est un problème de fond beaucoup plus grave, de rapport aux institutions. J'en ai marre de parler de l'antisémitisme et tout ça. De rapport aux institutions, de rapport à la contradiction. La façon dont Jean-Luc Mélenchon parle aux médias... Non, non, l'intimidation, ça c'est beaucoup plus grave à mon avis, parce que ça dénote quelque chose d'autoritaire et un mépris en réalité des procédures démocratiques. Mais ce que je crois, c'est qu'on peut aussi penser qu'il a solidifié son socle avec son côté « je suis au cœur de la rebellitude des jeunes ». que gratter ailleurs parce qu'il n'y a plus fort que le truc de gauche, il y a l'ordre. Il y a les enjeux
politiques, mais il y a aussi cette question de la vie chère. C'est important d'en parler, on verra cela en tout cas. C'est envisagé, on verra si c'est annoncé aujourd'hui et si ça suffit. 9h17 sur Sud Radio, on revient dans un instant ensemble avec Elisabeth Lévy, Françoise Degoy. On va parler de ce livre, événement. Vous êtes tous trop durs avec moi. Vous aussi, vous êtes tous trop durs avec moi. Je vous le dis tout de suite. Robert Lavon, ça sort aujourd'hui. Et vous publiez des SMS que vous avez échangés avec Emmanuel Macron. On y revient juste après ça. A tout de suite. Oui, La Vérité en face, 9h20 sur Sud Radio avec toujours Elisabeth Lévy et Françoise Degoy pour vous accompagner. Félix Mathieu est là aussi pour lire vos messages sur les réseaux sociaux. Et Manu est là pour répondre à vos appels au standard au 0826 300 300. Non, je n'oublie pas notre réalisateur, John Rakotosafi, qui me fait les gros yeux. Vous êtes tous trop durs avec moi, conversation libre avec le président de la République. C'est l'ouvrage que vous sortez aujourd'hui, Françoise, aux éditions Robert Laffont. Elisabeth, vous avez entendu, on en a parlé tout à l'heure avec Françoise à l'antenne. Elle nous a un peu raconté, vous nous avez raconté, Françoise, les coulisses et la genèse un petit peu de cet ouvrage. Elisabeth, vous allez le lire, ce livre. J'ai commencé,
parce que voyez-vous, je n'étais pas dans la confidence, mais j'ai commencé hier soir et je voudrais quand même dire qu'avant... d'avoir le livre. J'ai cru, avec l'espèce de rumeur parisienne, que Françoise avait fait un livre avec des SMS. Et des échanges de SMS. C'est-à-dire juste des SMS. Oui, mais ça peut être un parti pris. On aurait discuté de ce parti pris. Mais pas du tout. C'est un essai politique. C'est une réflexion, un portrait. fort bien écrit. D'ailleurs, même les sems sont plutôt bien écrits, il faut le dire. Vous avez corrigé les fautes d'orthographe ? Je n'ai rien corrigé, je
les ai mis telles quelles. Il n'y a pas de
faute d'orthographe. Il met des points et des majuscules. Il met des majuscules en début de phrase et des points à la fin. Parce que ça, c'est le combat d'Elizabeth. J'ai entendu votre ligne tout à l'heure. Donc, c'est un juge fini. C'est un essai politique sur Emmanuel Macron. Je vous le dis, François, je ne vais pas faire partie de ceux qui vous donneront des leçons de maintien, c'est évidemment pas la vie privée dans ce sens-là. Je ne sais pas si je l'aurais fait, honnêtement. Je ne sais pas si moi je les aurais publiés sans demander à l'autre partie, parce que je sais que vous ne le feriez pas, par exemple, si c'était moi. Et donc, sans vous faire une leçon de morale, je voudrais que vous me répondiez sur ce point. Est-ce que vous avez hésité ? J'ai entendu vos arguments. Est-ce que vous avez hésité ? consulté ?
Non, alors j'ai vraiment hésité, j'ai rien consulté, si la question est est-ce que j'ai consulté juridiquement pour savoir si je risquais quoi que ce soit. Je n'ai consulté personne, je n'ai consulté personne, j'ai vraiment décidé moi, une petite personne à e, j'ai dit voilà, on a une discussion, c'est une discussion politique, c'est vrai que c'est mon tempérament probablement qui est comme ça, on a une discussion politique, il n'y a aucun secret d'état dans ces SMS, j'étais en fait en train de commencer un livre sur la présidentielle et je tournais en rond, je n'arrive absolument pas, parce que c'est tellement éclaté, tellement boring, c'est tellement ennuyeux, en réalité, cette présidentielle, elle est très ennuyeuse, elle est vraiment, elle est merdique, en fait, vous avez, voilà, vous avez Le Pen, Mélenchon, et puis tout le reste, on n'entend rien. Et donc, j'aurais pu très bien prendre un parti pris très mercantile. C'est-à-dire très bankable. T'en étais quoi ? Ça fait déjà
deux mots anglais. Si je fais un livre en disant
Mélenchon est très méchant, caca boudin. Ou si je fais un livre en disant Marine Le Pen, grosse fasciste, caca boudin. Et j'aurais très bien pu faire ça. Je me suis dit voilà ce président qui est quand même en fin. Je n'ai pas du tout senti que ça pouvait le déranger. Je ne pense pas que, contrairement au Davé et l'homme, ça plombe la fin de son quinquennat, parce que Davé et l'homme sur François Hollande, il peut encore se représenter. François Hollande, il ne le fait pas. Emmanuel Macron, il est en fin de parcours. J'avais envie de dire autre chose et de penser contre moi-même. C'est quelqu'un que j'ai combattu pendant des années. Nous avons commencé à échanger, à nous confronter sur le plan politique. J'ai trouvé ça intéressant et je l'ai dit et je l'ai fait. Est-ce que c'est dramatique ? Jamais je ne ferai ça. Rassurez-vous à tous mes amis. ma famille et les gens que... Emmanuel Macron n'est pas mon amie. Ce n'est pas... Il n'y a rien de sentimental ou d'affectif dans cette relation. Mais par contre, je me suis régalé à discuter avec lui, à me confronter avec lui. Voilà, ça je le dis. Et je voulais vraiment... C'est un document politique presque, j'ai envie, pour l'histoire. Voilà quelqu'un qui a réussi le grand chlem, qui a réussi ce que personne n'a réussi, qui termine dix ans... de présidence comme jamais personne ne l'a réussi sans cohabitation, à l'âge où tout le monde commence à rêver à la présidentielle, il aura à peine 50 ans l'an prochain, et voilà quelqu'un pour lequel j'ai voté deux fois contre Marine Le Pen, dont j'ai détesté la politique et que je ne connais pas. Moi je me suis dit, fonce ma fille, fais un portrait, voilà ce que j'ai fait.
Alors moi ce qui me frappe, alors... Je crois quand même que vous n'êtes pas naïve, Françoise, et vous connaissez bien les politiques, donc nous pouvons partir du point que Emmanuel Macron est cynique. On peut penser qu'il est cynique. Et que donc, Emmanuel Macron vous parle, évidemment, c'est toujours intéressant d'avoir un sparring partner comme vous, j'en sais quelque chose, mais il vous parle... Il vous parle, si vous voulez, parce qu'il a un intérêt à le faire. Bien sûr. Et que vous contribuez à ce qu'il appelle, paraît-il, sa legacy. Parce que lui aussi, il est comme vous, il trupe sa conversation du mot anglais. C'est comme vous, pour l'instant. Sa légende. Il paraît qu'il est obsédé. Vous qui écoutez, on
vous fera la traduction. Oui, sa légende, il est obsédé. Comme tous les présidents.
Par sa légende. Mais ce qui me frappe dans ce que j'ai lu, c'est qu'il n'a pas l'air quand même tout à fait conscient de son bilan. Il n'a pas l'air conscient de l'état dans lequel, après dix ans, il laisse ce pays dans l'état de tension. De tension identitaire, sociale, économique... Enfin, franchement, les gens ont le sentiment que ça va très très mal. Oui,
alors moi je suis d'accord avec... Il y a un déni ou pas ? Comment ? Il y a un déni ou pas ?
Comme tous les présidents de la République. Parce que vous savez, quand vous êtes président de la République, de l'autre côté du miroir... Vous avez quand même l'impression que vous passez votre vie matin, midi et soir, que c'est un sacerdoce et que jour et nuit, vous y êtes, en fait. Donc, vous avez ce déni-là. Moi, je l'ai senti chez quelqu'un avec qui j'ai des vrais liens d'amitié, qui est François Hollande. Je l'ai senti même chez Nicolas Sarkozy. Qu'est-ce que j'ai fait de mal, en fait ? L'idée, c'est d'avoir le sentiment, en fait, que 24 heures sur 24, on réfléchit à ce pays, on règle les problèmes, parce que tout commence et tout finit avec l'Elysée dans ce pays. Vraiment, c'est vraiment délirant. fonction centrale qu'occupe le président de la République. Je trouve ça même, c'est trop. Et donc, lui, il est dans un déni, mais pas plus que les autres. Lui, il considère que... Oui, mais le bilan
est peut-être un peu plus catastrophique.
Alors, le bilan, est-ce qu'il est catastrophique ? Ça, l'histoire jugera. Je pense quand même que c'est assez désastreux sur plein de domaines. Je pense que la faute... essentiel d'Emmanuel Macron, la plus grande faute d'Emmanuel Macron, c'est la dissolution. C'est très intéressant
justement ce que vous dites dans votre livre. Racontez, racontez justement. Mais il ne lâche pas là
-dessus. Moi j'ai vu ce passage, il ne lâche jamais. Il a dit ça m
'a coûté quand même, et lui il est persuadé qu'il a bien fait, que peut-être il aurait dû le faire plus tard, que ça aurait été pire s'il l'avait fait plus tard, parce que... Donc, mais ça, c'est vraiment une réflexion de politique, c'est-à-dire que c'est très rare qu'un homme ou une femme politique reconnaissent de toute façon une forme d'erreur, mais il sait que la dissolution, véritablement, c'est ce qui nous a tous plongé dans un trou. noir, c'est une forme d'éclipse de la politique qui explique aussi pourquoi nous en sommes là aujourd'hui. Moi
je crois que ça a commencé avec il n'y a pas de culture française, ça a commencé avec, je ne sais pas si vous le cherchez un peu là-dessus, moi je pense qu'une des grandes faiblesses d'Emmanuel Macron c'est qu'il veut qu'on l'aime à gauche, parce que c'est à gauche qu'il y a les gens bien, c'est à gauche qu'il y a les belles personnes, c'est à gauche qu'il y a France Inter, qu'il y a ceci, qu'il y a cela, et il veut être aimé de ces gens-là. Sarkozy même ! Essentiellement, après avoir épousé Carla Bruni d'ailleurs, lui aussi, il voulait qu'on l'aime à gauche. Des gens s'en foutent qu'on les aime dans les bistrots. Ils veulent ! Et je trouve que ça, c'est une faiblesse terrible. Et il leur a donné des gages, il leur a jeté violences policières, où il n'y a pas de culture française, où c'est la première fois que... Non,
mais ça, moi, je vous trouve un peu... C'est un peu... Vous me trouvez méchante. Vous êtes trop durs avec lui. Parce que c'est pas un syndrome qu'il y a chez Emmanuel Macron, je pense qu'il s'en fout complètement d'être aimé par la gauche. Emmanuel Macron, il a commencé son ascension en prenant la gauche, littéralement. c'est-à-dire en prenant en plus de ça le Parti Socialiste, il a tout fait tomber, il a fait tomber tous les dominos, et quand il a bien ramassé la mise, il est parti à droite et il ne l'a jamais quitté. Que ce soit dans sa politique... Pas culturellement. C'était stratégique ? Oui, bien sûr, c'était parfaitement froid. Culturellement, il est resté de gauche. Oui, d'abord, je crois qu'il n'a jamais été tout à fait de gauche, même pas du tout, je suis absolument certaine de cela, jamais. Progressiste, si vous voulez. Il est progressiste, c'est un progressiste. de bon temps. On ne discute pas avec Mobutu, avec Pol Pot, quand on discute avec Emmanuel Macron. Et par ailleurs, je rappelle qu'il ne m'a pas donné les codes nucléaires français. Donc, quand j'entends... En tout cas, vous ne les avez
pas révélés, ça. Non,
je ne les ai pas révélés. Il y a beaucoup de choses que je n'ai pas dites. Ah, ça y est, je repart. Non, non. Mais je veux dire par là que pas du tout. Je pense qu'il a donné beaucoup de gages à la droite, à l'extrême droite, quand il fait savoir qu'il trouve que Zemmour est un type bien, quand il utilise le langage, quand il utilise des civilisations, etc. Il est... Il n'a jamais été quelqu'un... assassiné par la gauche. S'il discute avec moi, c'est assez simple, parce qu'il est très, comment dirais-je, pragmatique Emmanuel Macron. Il sait très bien que j'ai un bon lien avec, évidemment, la gauche, qu'on est en pleine dissolution, qu'on est en plein remaniement, et il veut comprendre comment marche l'émissaire gauche de ce pays auquel il ne comprend rien. Il faut quand même le savoir.
Moi, je reste convaincu que sur le plan, ce que j'appellerais le plan culturel au sens large, c'est-à-dire, c'est justement cette idée que, vous savez... Il est un peu multiculti sur les bords, vous voyez. Ah, ça c'est sûr, ça il est vraiment. Ça c'est un peu de gauche, excusez-moi. Ouais, mais c'est le libéralisme anglais aussi. Et il a un rapport à la nation française qui est quand même assez... ambivalent et pour moi problématique. Et j'en finis en disant que son obsession antifasciste affichée, alors que je pense qu'il n'y croit pas du tout, justement...
Je ne sais pas, je ne sais pas si... C'est lui qui m'a appelé
!
Non,
non,
j'en ai marre, mais
je pense qu'il sonne à chaque fois. Est-ce que
vous vous êtes beaucoup vus, si je peux poser une dernière question ? Non, très peu,
très peu, on a dû s'apercevoir deux fois, mais voilà, on se parle beaucoup. Mais c'est le mode de communication, j'entendais genre, ouais, quand même, les SMS, on passe... de Madame de Lafayette. C'est des messages télégrammes. Mais c'est le mode de communication moderne et je pense qu'on peut se dire beaucoup de choses par télégramme et qu'on n'a pas besoin de se voir. Et je pense d'ailleurs qu'on n'a pas besoin forcément de se voir beaucoup Emmanuel Macron. Parce que je pense que les deux tempéraments reviendraient très vite si vous voulez à l'assaut. Vous verrez dans le livre, il y a des confrontations très musclées. Il y a des confrontations où vraiment il me charge. J'aurais très bien pu prendre le boron et dire vraiment je vais mettre que les trucs horribles qu'il dit lui mais souvent il a raison sur l'argument et il est assez sévère avec moi et j'ai publié cela aussi vous les avez tous mis ? non j'ai pas tous mis vous
lui avez envoyé un exemplaire ?
Oui, je l'ai fait porter lundi par coursier un exemplaire, ainsi qu'à Jonathan Guémas et à Bruno Roger Petit, ses principaux conseillers. Avec
un petit mot, du coup. Oui, un mot, bien sûr. Et d'ailleurs,
je le remercie à la fin du livre, remerciement à Emmanuel Macron, qui est le héros de ce livre malgré lui. Donc, moi, je pousse jusqu'au bout la provocation comme lui, en fait. Conclusion, Elisabeth. Françoise
me dit une chose, c'est que l'écrit, et je le dis en écho à ce que je le disais ce matin, l'écrit reste un moyen d'échanger. incomparable. Et la preuve, c'est qu'elle n'aurait jamais eu des échanges de cette qualité avec Emmanuel Macron, parce que je me demande lequel des deux n'aurait pas laissé l'autre en placer une. un grand match ! Je suis resté d'accord, c'est exactement ce que je voulais dire. Mais bravo Françoise, franchement c'est un sacré boulot, c'est bien écrit, c'est marrant à lire. Merci beaucoup. Voilà, je vais le finir. Merci Elisabeth.
Eh ben on vous laisse le finir nous aussi, on va le finir ce livre. Merci beaucoup Françoise de Gois, merci Elisabeth Lévy. Je redonne le titre de votre ouvrage qui sort aujourd'hui. Vous êtes tous trop durs avec moi, Conversation Libre avec le Président de la République, c'est de nos éditions. Robert Laffaut, Bon, Félix Mathieu, vous êtes toujours là avec nous, mon cher Félix. Vous regardez ce qui se passe du côté des réseaux sociaux. D'ailleurs, on vous pose cette question sur les réseaux. Sommes-nous vraiment trop durs avec Emmanuel Macron ? On rebondit sur le titre de l'ouvrage de Françoise de Gois et sur les mots, en l'occurrence, d'Emmanuel Macron. Comment réagissent
nos auditeurs ? Sans grande surprise, vous nous répondez non à 94% à cette question. Est-ce qu'on est vraiment trop durs avec Emmanuel Macron ? C'est par exemple ce commentaire. Et puis quoi ? Il veut un câlin et un bisou magique ? un commentaire qui nous dit on a été trop gentil au contraire vu l'état dans lequel il laisse le pays c'est lui qui a été trop dur il y en a pas mal qui nous demandent aussi mais qui sont les 6% qui votent non à cette question alors parole à la défense c'est par exemple Anne-Marie qui dit Emmanuel Macron il a hérité de 50 ans de laisser faire des autres présidents voilà pour ceux qui pensent qu'on a été trop dur avec lui
alors sommes-nous vraiment trop dur avec Emmanuel Macron la parole est à vous 0826 300 300 Manu vos appareils attend au standard, il est en train de décrocher. Ça chauffe, 0826 300 300, ne vous inquiétez pas, il vous répond, à tout de suite.
Charles Gave,
qui s'en est mis plein les fouilles avec l'euro ?
Si vous regardez les chiffres, ce n'est pas difficile. C'est toute la haute fonction publique. Vous savez, j'ai fait des travaux savants pour montrer que si vous embauchez un fonctionnaire, en général, ça crée trois chômains. Donc, si vous virez un fonctionnaire, ça crée trois emplois.
Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, Perico-Legas. 9h10, Sud Radio, la vérité en face, Benjamin Glaze.
Et on est ensemble jusqu'à 10h, on est ensemble à l'antenne de Sud Radio avec vous, vos appels au 0826 300 300. Manu continue de vous accueillir au standard et puis vous met directement à l'antenne. Voilà, comme ça on est ensemble et on peut discuter, on peut échanger et débattre. C'est important de débattre dans ce pays, on a l'impression de temps en temps qu'on ne peut plus débattre. On peut débattre sur Sud Radio, on peut dire ce qu'on pense, parlons vrai. Avec Tony Ostondeur, nous sommes avec Paul qui nous appelle de Razimay dans le Lot-et-Garonne. Bonjour Paul.
Bonjour Benjamin, bonjour Emmanuel, bonjour aux auditeurs.
Bienvenue Paul sur Sud Radio. Vous allez comment ? Aujourd'hui en cette journée de mobilisation contre la vie chère pour l'augmentation des salaires. Mobilisation partout en France, appel à la grève. Ça vous inspire quoi Paul ? Est-ce que vous serez vous-même mobilisé dans la rue ?
Oui, moi je suis mobilisé pour travailler parce que moi je suis agriculteur, donc aujourd'hui j'ai pas le luxe de pouvoir faire grève. On n'a pas ce luxe là. Vous faites quoi ? Vous
êtes agriculteur, vous faites quoi exactement Paul ?
On fait du maraîchage, on fait des fraises, des poivrons, des tomates, on fait du garage de canard et un petit peu de céréales. On a une petite exploitation d'une vingtaine d'hectares.
Et il y a du
boulot.
Paul, oui.
Alors moi ce que je dis c'est qu'on peut comprendre certaines revendications, parce que bon aujourd'hui la vie est chère, le coût de l'énergie qui a flammé, La vie est chère, mais aujourd'hui, il y a un problème, c'est que nous, on se bat pour avoir plus de revenus en travaillant, et il y a des gens qui veulent se battre pour avoir du revenu sans travailler. Et là, aujourd'hui, on voit bien que les gens veulent augmenter les minima sociaux, ils veulent faire ci, ils veulent faire là. Ça s'entend parce que la vie augmente, le carburant, l'énergie et tout ça. Enfin, s'ils allaient bosser, il faut que les gens aillent travailler. Avant de partager les richesses, il va falloir les créer. Parce qu'aujourd'hui, la France est en crise économique, et ce qui me fait le plus sourire... c'est que tous les gens qui sont dans la rue aujourd'hui, c'est tous les gens qui ont soutenu le gouvernement actuel, qui ont soutenu Macron, et donc aujourd'hui, ils sont encore responsables. Ah bon ? Ben oui, tout à fait. Toute la gauche a voté pour Macron, ils ont appelé à voter pour Macron. Face à
Marine Le Pen, les syndicats... Face à
Marine Le Pen ou pas, à un moment donné, il y a eu un premier quinquennat qui a été quand même assez cataclysmique. Avec les gilets jaunes, un confinement, début de l'arrêt de la filière nucléaire, démantèlement de Fessenheim et tout et tout. Et puis après, c'est que du zigzag ce gouvernement. Ce qui fait que ça coûte très cher et c'est pas efficace. Aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est baisser les charges contraintes, c'est-à-dire baisser l'énergie, baisser le carburant, regarder ce qu'on peut faire sur l'alimentaire pour que les gens puissent avoir accès à une alimentation saine de qualité. Il y a des prix abordables. Et ensuite, il faut que tout le monde se retrousse les manches. Il y a des droits, mais il y a aussi beaucoup de devoirs. On donne de l'argent sans contrepartie aujourd'hui. Il faudrait que tout le monde ait des contreparties. Moi, j'ai commencé à travailler à 14 ans et demi. 63 ans. Vous savez combien j'ai de retraites ? 1040 euros net. 1040 euros. En ayant travaillé, j'ai une carrière complète. J'ai une carrière complète. Mais comme on est agriculteur, la carrière, c'est l'ensemble de la carrière qui compte pour le calcul de la retraite. Donc nous, on est des sous-citoyens, les agriculteurs. Et aujourd'hui, on n'est pas dans la rue parce qu'on a du travail. Et on veut travailler, on veut essayer de s'en sortir en travaillant. Et vous arrivez à vous en sortir ? On s'en sort en travail. Il faut que tout le monde soit dans cet esprit-là. Il faut construire au lieu de détruire aujourd'hui. Il va falloir construire. Moi, c'est mon message. Il faut construire au lieu de détruire. Avant de partager les richesses et tout, il faut les créer. Il faut que tout le monde se retrouve sur le match. C'est trop facile d'aller dans la rue, de râler. On a des étudiants, ils ne savent même pas ce qu'ils veulent. On a donné le bac à tout le monde. Donc, il ne faut pas s'étonner qu'aujourd'hui, ils se soient engorgés derrière. Il n'y a aucune sélection. Donc, les cancres arrivent à aller jusqu'à l'université. Ce n'est pas légitime à un moment donné. Ce n'est pas normal.
Paul, on est avec... Vous restez avec nous, Paul ? Si vous voulez. Oui, avec plaisir. On est avec Bruno de Draguignon. Bonjour Bruno, dans le Var. Oui, bonjour Paul, bonjour Benjamin, bonjour Elie Kert. Bon, Bruno, vous avez entendu Paul à l'instant. Vous, vous serez mobilisé ou pas aujourd'hui
? Écoutez, moi je travaille, j'ai 62 ans et je travaille encore et j'ai posé une journée de grève parce que moi j'ai beaucoup de respect pour le travail de Paul et des agriculteurs, mais les richesses elles sont créées. Le problème, c'est que les riches ne payent pas leur part à la construction du pays. On voit, comme l'a montré le rapport de Fabien Gué, qu'il y a 211 milliards sans contrepartie qui sont distribués. C un rapport qui était fait avec quelqu'un de droite d'ailleurs aussi. Donc, travailler sans contrepartie, voire même ne pas travailler, gagner de l'argent et ne pas être redevable de contrepartie, c'est exactement ce qui se passe en France. Avec un débat sur ce
chiffre même, pour le coup, parce qu'on se rend compte qu'on n'arrive plus à se retrouver sur quelles sont les aides qu'on a données aux entreprises, à quelles entreprises. On a l'impression que c'est quand même... Même si
on n'est pas à 211, les ultralibéraux, ils vivent, on est à 160 milliards. Moi je vous dis, on fiche la moitié des 160 milliards, 80 milliards, et on regarde qu'est-ce qui gueule.
Sauf que vous parlez des grosses entreprises, il n'y a pas que les grosses entreprises, les petites et moyennes entreprises aussi en bénéficie.
Oui, mais les petites entreprises et les agriculteurs sont dans le même camp que les travailleurs. C'est-à-dire que pourquoi est-ce qu'on doit payer beaucoup de cotisations ? C'est parce que l'État, depuis Macron, pour lequel je n'ai jamais voté, donc je suis de gauche, je suis dans la rue, et contrairement à ce qu'a dit Paul, moi je n'ai jamais voté pour Macron parce que j'ai vu venir le danger en 2017, je me suis dit ce gars-là c'est un faux soyeur du peuple, d'accord ? Donc je n'ai jamais voté pour lui. Ce gars-là, il n'a pas arrêté de faire des cadeaux. La flat tax, le développement CICE, etc. Tout ça, c'est des cadeaux. Donc moi, je suis tout à fait d'accord pour dire, comme Paul, OK, allons-y en travaillant, mais reconstruisons le pays en travaillant. C'est ce que disent certains candidats, d'ailleurs, parce que c'est ce qu'on est en train de faire. On met la pression sur les candidats. Vous voyez, en travaillant, c'est exactement ce que dit Ruffin, par exemple. On a un pays à reconstruire, et ce pays, on le reconstruira en travaillant. Donc allons-y, travaillons, moi j'ai aucun problème, mais à ce moment-là, que tout le monde, y compris ceux qui s'enrichissent en se tournant les pouces, comme M. Charles Gave que vous receviez hier, et qui s'enrichissent... Alors attendez, il n'est pas là, il n'est pas
là...
Eh bien oui, mais il faut être transparent aussi. La situation, aujourd'hui... La spéculation aujourd'hui vampirise les Français. La finance mondiale vampirise les Français. Pourquoi est-ce que les Français payent la retraite des Américains ?
Bruno, Bruno. J'aimerais qu'on entende aussi un peu Paul, parce qu'effectivement il est resté avec nous justement pour vous écouter. Si je
prends mon cas personnel, j'emploie 9 salariés pour récolter des fraises,
on
a des exonérations de cotisation. Si je n'ai pas les exonérations de cotisation, ce n'est même pas la peine que j'embauche les personnes, parce que nous on est face à l'Espagne aujourd'hui, face au Maroc, face aux pays de l'Est. On est en concurrence déloyale avec tout le monde. Donc nous, aujourd'hui, le prix de nos produits, on les vend en gros 1 euro de plus que les Espagnols. Nous, ça ne passe pas. Donc si je veux employer du monde, si je n'ai pas les exonérations de cotisation, ce n'est même pas la peine, c'est suicidaire. Il vaut mieux que je laisse les gens à la maison et je ne plante plus rien. Aujourd'hui, on en est là. Donc les exonérations de cotisation, elles sont utiles chez moi. Et moi, j'emploie des gens. qui sont modestes. C'est des gens qui habitent tous en France. Moi, je n'ai aucun étranger à la maison. Les gens d'origine étrangère ne viennent pas de l'étranger. Ils sont tous résidents en France.
Et
j'y mets un point d'honneur. c'est des gens qu'on sort du chômage, mais si on n'a pas ces aides-là, on ne peut pas le faire. On ne le sait pas, ça ne passe pas. Ce n'est pas plus compliqué que ça.
Merci Paul et Bruno d'avoir été avec nous au 0826 300 300 et bonne journée à vous. 9h46, vous voulez continuer à réagir, à nous dire tout simplement si vous avez prévu de vous mobiliser ou pas, si vous avez prévu de vous mobiliser pourquoi, quelles revendications vous avez, dites-le à l'antenne sur Sud Radio. J'attends vos appels, je vois qu'il y en a déjà quelques-uns qui ont vont nous rejoindre. On se retrouve juste après ça, à tout de suite.
9h10, la vérité en face.
Sud Radio.
9h10, Sud Radio, la vérité en face. Benjamin Glaze.
10h moins 10, cette question ce matin sur Sud Radio. Est-ce que vous allez vous mobiliser, manifester, faire grève aujourd'hui pour cette journée nationale de mobilisation contre la Vichère, jusqu'à 700 000 personnes attendues dans la rue selon les autorités. Est-ce que Hicham de Clermont-Ferrand y sera ? Bonjour Hicham.
Oui,
bonjour. Et bienvenue sur Sud Radio Hicham. Alors est-ce que vous avez prévu de vous mobiliser vous aujourd'hui ?
Alors déjà bonjour à tous les auditeurs de Sud Radio. Malheureusement, j'ai été atteint d'une angine de pousserine. C'est pour ça que ma voix est diminuée. Mais je suis du tout cœur avec eux. Je voudrais dire que je ne suis pas contre M. Macron compte tenu de ce qu'il a été banquier chez Rothschild et qu'il est venu en passant se faire croire à la gauche. Et il a vendu tous les bijoux de famille de la France. Moi, je suis fils d'immigré. Mes parents sont venus, ça fait plus de 50 ans. Moi, ma chanson préférée, c'est « Douce France, pays de mon enfance »,
mais
il n'empêche. Tout a commencé avec Nuit Debout, avec les gilets jaunes à qui j'ai dit ouvertement. Certains d'entre vous ont des crédits maison, des crédits voiture, ils ont chargé la barque. Mais là, quand on voit les problématiques de ghettoïsation dans les quartiers populaires, où il y a des rats qui se baladaient en classe. Moi, vous savez, j'ai une maîtrise en droit, donc je sais de quoi ils retournent. À mon frère, on était bien. Mais je suis d'accord avec les manifestants, je ne suis pas d'accord avec la casse. On est bien d'accord.
Je dénonce
la casse.
Hicham, merci. Le temps passe vite. Je suis obligé de poursuivre parce qu'il y a Véronique qui nous attend aussi. Hicham, merci en tout cas d'avoir pris la parole sur Sud Radio ce matin. Je vous souhaite une bonne journée et puis bon courage à vous pour la suite. Véronique, bonjour.
Bonjour à tous. Et bienvenue, vous êtes à Montpellier, vous
?
Montpellier, oui. Alors
parlez bien dans votre téléphone.
Oui, vous m'entendez
Oui, ça va, oui.
Alors, moi je partage complètement la pensée de Paul. On avait avant la pub. Voilà, je suis de ceux qui travaillent pour avoir quelque chose. Effectivement, je ne suis pas agricultrice, mais je travaille, je gagne des salaires. Mais c'est vrai qu'en France, on attend trop qu'on nous donne quelque chose. Alors après, sur la manifestation, je suis déçue parce qu'il y a des préavis de grève, ça va engendrer des problèmes, tout le monde le sait, mais on continue à faire la grève. On ne pense même pas ni à ce qu'on dépense en police, ça c'est pas grave en fait, là on dépense, on casse, on va dépenser encore, et puis c'est commerçant. Ça fait des semaines qu'ils ne peuvent pas ouvrir normalement. Alors quand il y a une grève, bon nous aussi il pleut aujourd'hui, donc il y aura peut-être moins. Il pleut à Montpellier ? il pleut. Les personnes sont obligées de tirer rideaux, parce qu'ils ont peur qu'on les casse. Donc c'est toujours les mêmes en fait. Et puis troisième chose... On dirait des caprices. Ah moi je veux gagner plus, ah moi je veux plus de taxes. Mais qu'on attende, on va avoir des élections avec chance. Si c'est Marine qui pèse, c'est quelqu'un qui... Alors vous êtes
électrice de Marine Le Pen, vous l'appelez Marine ? Oui,
je l'appelle Marine, ça fait plus de 20 ans, j'ai participé à des élections régionales, départementales. Je sais comment on réfléchit dans ce parti, on réfléchit tout simplement. Donc 'ai envie de dire aux auditeurs...
Attendez six mois, alors que ce soit Marine Le Pen ou quelqu'un d'autre. On verra en tout cas la vérité des urnes. Vous, c'est ça Véronique
? C'est ça, puis en plus, ça ne changera pas. C'est pas en descendant dans la rue, en cassant, en disant de plus... Alors
tout le monde ne casse pas, mais oui, oui.
que ça engendre. Et ça, c'est embêtant. Et puis, il faut être intelligent, tout simplement. Il faut savoir penser. Et ce n'est pas en descendant dans la rue qu'on va avoir une inflation moindre, qu'on va trouver des barils de pétrole moins chers. C'est pas comme ça que ça se passe.
Mais c'est comme ça qu'on obtient des choses. Regardez les lycéens, on pourrait vous dire ça aussi. Pardon, Véronique. C
'est facile de dire des choses aux lycéens, alors qu'ils ne sont pas engagés. Ceux qui feront le boulot, c'est les précédents, les futurs. Moi, ça me fait rigoler, en plus, que des lycéens le défendent dans la rue. Je ne suis pas d'accord du tout. Je ne suis pas d'accord du tout.
Merci Véronique d'avoir été avec nous ce matin au standard 0826 300 300. Allez, 9h55, Stéphanie Demiru s'est installée, elle est à côté de moi. Bonjour Stéphanie. Bonjour
Benjamin.
Comment ça va Stéphanie ?
Écoutez, ça va, ça va. J'ai écouté cette auditrice et je me dis vraiment qu'il y a deux France quand même parce que c'est un sujet qui est compliqué. Je pense que l
'analyse est bonne. Absolument.
Et je voyais un sondage où la majorité des Français... vrai qu'ils soutiennent. Évidemment qu'il faudrait être aveugle pour voir qu'il n'y a pas un problème. Un mouvement contre la
vie chère, effectivement, je pense que ça parle à tout le monde. Il y a beaucoup de gens qui
souffrent. Tout le monde ne souffre pas, mais beaucoup de gens, la majorité des Français, je regardais un baromètre, un sur deux, ont vraiment des difficultés à vivre. Évidemment, elle est palpable, cette souffrance dans le pays. Il faut qu'il se passe quelque chose, c'est vrai. Et dans le même temps, moi, je suis toujours un petit peu embêtée parce que je vois des commerçants dans les centres-villes qui se barricadent, dont le chiffre d'affaires va être encore nul aujourd'hui les hôteliers des petits hôteliers pas que des grands groupes qui souffrent aussi d'autres qui n'ont pas le choix ils sont obligés d'aller bosser ils peuvent pas faire la grève donc c'est vrai que c'est un sujet compliqué
et ce bras de fer derrière sur les parcours parce qu'on a pas mal de villes où le parcours de centre-ville a été interdit je citais
ce sondage en l'occurrence et lab hier la majorité des français soutiennent mais la majorité ne soutiennent pas les parcours dans les centres-villes justement parce qu'ils ont peur de la casse donc là aussi il faut l'entendre Donc, on parlera de tout ça, évidemment, à partir de 10h30 avec les débatteurs. Et puis, de 10h à 10h30, on reviendra avec un regard un petit peu plus haut sur cette élection américaine hier, la claque de Donald Trump. Et on se posera la question de savoir si l'Amérique fait toujours rêver. Quand on était petit, on voulait tous y aller, mais maintenant, c'est un peu différent. De toute façon, ça coûte très cher quand on y va. Donc, venez nombreux. Manu vous accueille au standard 0 826 303. Et
oui, Stéphanie Demureux, merci. Restez bien à l'écoute de Sud Radio. Stéphanie Demureux à suivre. Moi, je vous dis à demain. Un nouveau Grand Matin de Sud Radio. Ce sera à partir de 7h. D'ici là, je vous souhaite une excellente journée. Merci à tous.
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