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Benjamin Glaze
8h30 sur Sud Radio, bienvenue si vous nous rejoignez. C'est l'heure du grand entretien politique. Et aujourd'hui, Benjamin, vous recevez Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris.
Sandrine Rousseau, bonjour. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio, ce jeudi, journée de grève, de manifestations contre la vie chère à l'appel de l'intersyndical. 500 000 à 700 000 personnes attendues dans la rue en France. Encore une fois, les parcours des manifestations font l'objet de bras de fer avec les autorités. Vous comprenez d'ailleurs la peur de... des commerçants, de voir ces centres-villes et qui sont encore au cœur de ces manifestations, l'inquiétude, une nouvelle fois, le devoir de se barricader.
Là, il y a quand même le service d'ordre des syndicats qui sera là. Il y a les forces de l'ordre, mais il y a aussi une forme d'auto-organisation et de maintien de la paix, du calme dans les manifestations. Et ces grandes manifestations, les grandes formations syndicales savent faire ça. C'est-à-dire qu'en fait, on l'a vu pendant les retraites, on l'a vu à chaque fois. Donc là, pour moi, il y a beaucoup moins de risques pour les commerçants cette fois-ci. les fois précédentes. Et par ailleurs, je rappelle quand même que oui, il y a eu le 17 octobre, mais qu'après le 17 octobre, à chaque fois, ça s'est très bien passé et qu'il n'y a pas eu de... Grâce aux forces de l'ordre,
ça a pu se passer dans le calme. Grâce aussi aux manifestants
qui ont régulé aussi, d'une certaine manière, le cortège le 17 octobre. Je rappelle qu'il y a quand même eu une stratégie de montée en tension avant le départ de la manifestation et avec des jets de lacrymo très intenses place de la République et que ça n'a pas aidé au calme de cette manifestation, loin de là. Donc là, on est dans des conditions différentes. J'entends que Nunez a changé aussi sa doctrine et c'est quand même le minimum. Mais je crois que cette fois-ci, vraiment, venez, venez en nombre. Il n'y aura, à mon avis, aucun débordements parce que personne n'a intérêt à ce qu'il y ait ces débordements.
On l'entend vous appeler tous les Français, Sandrine Rousseau, à manifester cet après-midi. Nous sommes à six mois de la présidentielle, ça ne vous a pas échappé. Quelle promesse pour attenir un gouvernement qui, au mieux, a encore six mois devant lui.
pourrait débloquer des choses. Il pourrait, par exemple, augmenter le SMIC très rapidement. Là, on est quand même dans une situation très critique pour les gens qui sont au SMIC. Et pour les gens qui ont des bas salaires, je rappelle qu'aujourd'hui, travailler ne garantit pas de pouvoir vivre. C'est quand même la base. Elle est envisagée, cette revalorisation du SMIC. On parle à
plus 1,6%. Pour l'instant,
elle n'est toujours pas annoncée. Par ailleurs, 1,6%, ce n'est pas ça qui va changer considérablement les choses. 1,6% de l'inflation, elle est à 3,5%. qu'est-ce que c'est fait ? Et encore, quand on parle de l'inflation, on parle de l'inflation générale des prix. C'est-à-dire qu'on ne parle pas spécifiquement du loyer, de l'énergie et des assurances, par exemple, qui sont les dépenses contraintes de biens des ménages et qui augmentent plus que l'inflation. Donc en fait, vraiment là, il y a besoin de permettre aux gens de vivre, tout simplement, de desserrer la bride. Là, on ne peut pas continuer dans une société où les personnes n'arrivent pas juste à manger trois fois. par jour, à se déplacer, même à aller à des soins. Moi, je vais vous dire, j'ai travaillé avec des médecins sur le cancer du sein, on y reviendra, mais qui disent que les gens n'arrivent même plus à aller à leurs soins et notamment aux soins de suite parce qu'ils n'ont plus l'argent pour payer l'essence dans la voiture. C'est quand même pas possible.
Il devra céder ou pas, écrivait Jean-Luc Mélenchon. C'est votre opinion. S'il y a la mobilisation perdure, Emmanuel Macron devra prendre ses responsabilités et démissionner ?
Démissionner à six mois d'une présidentielle, ça j'y crois pas un instant. Enfin, ils devront céder, mais ça c'est tout le bras de fer. Pour moi, ce qu'on retiendra du macronisme... Ça ne sera pas la solution en
tout cas pour vous d'avoir une démission d'Emmanuel Macron comme ça, là, à quelques mois d'une présidentielle. Je ne crois pas
que ce soit ça qui permette véritablement d'avoir des élections. Très bien, mais en fait, ce qui sera la marque du macronisme de ces deux mandats, c'est d'avoir toujours raison contre tout le monde, d'être complètement sourd et aveugle à tout ce qui se passe dans la rue, à tout ce qui se passe à l'Assemblée, à tout ce qui se passe dans les corps intermédiaires. C'est-à-dire qu'en fait, il a raison tout seul et contre tout le monde. Et bien là, on arrive au bout de ce mandat et j'ai l'impression que les Français comptent les jours avant la fin de ce mandat.
Si vous n'êtes pas entendus, vous continuerez à manifester tous les samedis jusqu'à la présidentielle
? Mais vous savez, je pense que les manifestations, là, c'est des manifestations pour la dignité, pour la capacité à vivre, c'est la manifestation pour juste être respecté en tant qu'humain, qui nous débattons dans la vie pour essayer de faire en sorte que nos enfants aient une vie meilleure, etc. Est-ce que
selon vous, le gouvernement Emmanuel Macron ne nous respecte pas ?
Je pense que quand on voit par exemple l'état des lycées, le salaire des enseignants qui a chuté de manière conséquente depuis les années 80, quand on voit... C'est pas
propre à Emmanuel Macron et sa politique en l'occurrence. Si,
parce qu'en fait il a gelé le point d'indice et il a fait en sorte qu'il y ait de plus en plus de précarité dans la fonction publique. C'est lui aussi qui a été le grand faiseur de cette... ubérisation de la société, c'est-à-dire qu'il a favorisé ce statut d'auto-entrepreneur qui ne donne quasiment aucun droit et qui ne permet pas d'être sécurisé quand on tombe malade ou quand on veut changer de métier, etc. En fait, il y a quand même sous Macron une précarisation de la base de la pyramide qui est très conséquente. Le nombre de pauvres a explosé, le nombre de très riches aussi. Donc en fait, ça, c'est son bilan.
Sandrine Rousseau, vous parlez de bilan. six mois, il y aura cette élection présidentielle. Marine Tondulier est toujours candidate, mais elle donne l'impression de vous avoir quelque peu entendu. Elle se dit prête à retirer sa candidature à la présidentielle. S'il y a, je cite, un chemin de victoire pour la gauche, le vote des militants est prévu du 10 au 13 décembre prochain. Est-ce que c'est trop tard, selon vous
Alors moi j'ai toujours dit que ce vote était bien trop tardif et en plus on n'est pas complètement sûr de la question qui va être posée et qu'on a une forme de traumatisme collectif dans ce parti sur les questions qui sont posées. Si la question c'est
est-ce que vous êtes prêt à faire union avec Raphaël Glucksmann et que les militants, les écologistes décident effectivement que les écologistes se regroupent derrière Raphaël Glucksmann, vous serez réunis capable de faire contact derrière lui ?
J'ai toujours voulu qu'il y ait un vote, et après, que chacun prenne ses responsabilités en fonction de ce vote. Simplement, ce vote, il est extrêmement tardif, et moi, je refuse aussi, et je le pose un peu fortement, je refuse aussi qu'on soit dans une stratégie que je qualifie, et le mot est fort, d'opportuniste dans le moment, c'est-à-dire qu'on se greffe à une dynamique qui existe d'un côté ou de l'autre, ou qu'on fasse le choix en fonction du nombre de places qu'il y aura pour les législatives, en fait. Là, il y a deux lignes politiques qui sont assez différentes, et en tant que parti, politique dans un moment aussi crucial que celui que nous vivons, nous devons savoir choisir entre deux lignes politiques. Voilà, c'est pour ça que je me bataille à l'intérieur de mon parti, pour faire en sorte qu'on ait cette espèce de droiture politique.
Jusqu'à quand vous vous battrez dans ce parti ?
C'est la question, on verra.
Vous faites quoi samedi à Sandrine Rousseau ?
Samedi, écoutez, je vais à un salon du livre féministe et je vous invite à venir, je dédicacerai mes livres.
Du coup, vous ne serez pas au meeting de Jean-Luc Mélenchon ? Non,
je ne vais pas au meeting de Jean-Luc Mélenchon, mais par contre, j'appelle à ce que mon parti prenne une décision qui... permettent de rejoindre la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Il n'y a pas de doute là-dessus. J'ai toujours été très claire là-dessus. Maintenant, je veux encore faire le travail en interne. Jusqu'à quand ? Jusqu'à ce que je n'y arrive plus. Le Conseil
fédéral de votre parti des écologistes est en tout cas très clair avec l'exclusion des membres qui soutiendraient des candidats non investis par le mouvement. Est-ce que vous seriez prête d'ici à décembre ? A soutenir Jean-Luc Mélenchon, quitte à claquer la porte des écologistes.
Non mais je vais vous dire, si vraiment la position des écologistes, alors qu'on est entre 2 et 3% dans les sondages, c'est de virer à peu près toutes les têtes qui dépassent. Enfin vraiment, c'est un signe de faiblesse énorme. Et surtout sans choix de ligne politique. C'est-à-dire qu'on est en incapacité, alors qu'on est un parti politique, de choisir une ligne. politique. Franchement, si la réponse à tout ça, c'est de virer les gens, qu'ils le fassent. Mais je pense qu'ils en payeront le prix.
Vous n'hésiterez pas en tout cas à quitter le parti ? Il
n'y a pas d'intimidation qui me touche. Et qui marche sur moi.
Sandrine, vous souhaitez voir Philippe sous le feu des critiques après avoir parlé d'une, je cite, sur présentation de jeunes issus de l'immigration dans les pièges du 17 octobre. Jean-Luc Mélenchon dénonce des calomnies racistes. Comme lui, vous pensez que les propos de l'ancien Premier ministre sont racistes ?
Je pense que ces propos sont absolument inadmissibles, absolument inadmissibles et que c'est très grave en fait. C'est-à-dire, à partir de quand on n'est plus enfant de l'immigration, à partir de quand on fait partie de la communauté nationale, il faut que ce soit nos parents, nos grands-parents, nos arrière-grands-parents. Et comment il sait que ce sont des gens issus de l'immigration parce qu'il a regardé la couleur de peau ? En fait, c'est scandaleux. C'est scandaleux. et ça suffit. C'est-à-dire qu'on peut dénoncer les pillages, on peut dénoncer cette délinquance qu'est le pillage. Et ça, il faut le dénoncer parce qu'évidemment qu'il y a des commerçants qui ont vu leur vie un peu s'effondrer à cause de ces pillages. Donc on peut dénoncer ça, il n'y a pas de problème. Mais on ne peut pas associer ça... A de l'immigration, de l'immigration de masse, des enfants de l'immigration, etc. Parce qu'alors là, on est racistes et xénophobes.
Mais ça veut dire que parler d'immigration, c'est tabou aujourd'hui ? Non, parler des
enfants, ça veut dire qu'il y a un Français sur trois. qui a au moins un grand-parent qui est né à l'étranger. Un Français sur trois. Ça veut dire qu'il y a un Français sur trois qui ne fait pas partie de la communauté nationale. Et je rappelle quand même que ces enfants d'immigration dont ils parlent, ou ces descendants d'immigration, aujourd'hui, ils occupent tous les emplois de la société. Ils sont autant médecins que travailleurs dans le BTP. En fait, ils ont tous les emplois. Et je rappelle qu'ils font partie de la communauté nationale, mais aussi qu'ils... composent et qu'ils créent cette communauté nationale. C'est-à-dire qu'ils ne sont pas juste... Ils ne sont pas juste tolérés.
Pourquoi ne pas porter plainte dans ces cas-là ? Ils ne
sont pas juste tolérés. Ils sont... Enfin, ces enfants de l'immigration, comme il dit, ne sont pas juste tolérés dans la communauté nationale. Non seulement ils en font partie, mais ils la créent, ils la composent, ils la font évoluer. Et donc, moi, par exemple, quand j'étais sur un
plateau...
Non, mais c'est... Aujourd'hui, le sujet n'est pas l'immigration... Là, dans le 17 octobre, c'est le pouvoir d'achat, c'est la capacité à vivre, c'est l'avenir de nos enfants. C'est ça le sujet. C'est les violences
et les pièges aussi.
Depuis, il n'y en a pas eu. D'accord ? Et je voudrais juste dire que, parce que vous me posiez la question de déposer plainte, moi j'ai été sur un plateau avec Charles Consigny qui a tenu les mêmes propos et j'ai fait un article 40 parce que j'estime que la justice doit dire ce qui est de l'ordre du débat public et ce qui est de l'ordre de la liberté d'expression. Le racisme n'est pas une liberté d'expression, c'est un délit. Et donc nous devons poser les bases juridiques du fait que le racisme reste un délit. une opinion politique, c'est un délit.
Et c'est le cas, des personnes sont condamnées pour propos d'un juge raciste, en l'occurrence.
Et bien, nous verrons ce qu'il advient de ses parents. Edouard Philippe accuse Jean
-Luc Mélenchon de vouloir imposer une forme de police de la pensée.
enfin, Edouard Philippe, là, il se compromet, il va chercher les voies de Bardella, les voies de Retailleau, alors qu'il avait un chemin qui était le chemin d'une droite gaulliste, un peu qui respecte la République, qui garantit ses institutions, qui se met au-dessus de la mêlée. Il s'est mis non seulement dans la mêlée, mais il s'est mis dans la bout de cette mêlée, alors qu'il ne donne de leçons à personne. Là, vraiment, il n'est pas en état de donner de leçons à qui que ce soit. qu'il revienne dans le champ de la République.
Est-ce qu'il aurait dû, tout de même, Jean-Luc Mélenchon, accepter le débat proposé par Edouard Philippe ? En tout cas, moi, je
ne l'aurais pas accepté. Je n'aurais pas accepté, parce que je pense que ça n'est pas à la hauteur d'un ancien Premier ministre que de tenir ses propos.
Et pourquoi ne pas lui dire en face, tout simplement ?
Je lui dis là, par antenne interposée, mais ce n'est pas...
Mais ça veut dire qu'on ne peut pas débattre aujourd'hui en France ? C'est l'impression qu'on a, ce climat est quand même très tendu, vous reconnaissez ?
Débattre, ça voudrait dire reconnaître, que des positions racistes sont légitimes dans le débat politique.
Ou dire qu'on n'est pas d'accord et argumenté. Non,
ce n'est pas une question de ne pas être d'accord. C'est une question de la loi, du droit. En France, nous n'avons pas le droit d'être racistes. Pourquoi ? Parce que c'est une discrimination. Est-ce qu'Éloire Philippe a été condamné ? Moi, je vous dis, je pense que ces propos peuvent tomber sous le coup de la loi. Absolument. Et donc, ça n'est pas... Possible, voilà. Et surtout pas de la part d'un ancien Premier ministre.
Est-ce que vous êtes favorable à la fermeture de ces deux ? J'ai l'impression de défendre
un truc complètement hyper osé, etc. C'est quand même les bases de notre contrat social. Je suis désolée, les personnes, toute personne qui a la nationalité française, est français. Absolument, totalement, complètement, et qu'il n'y a pas à revenir à sa généalogie. C'est quand même la base que notre constitution dit que tous les humains naissent libres et égaux en droit. La base de notre démocratie, c'est-à-dire qu'on n'est
pas tous d'accord, mais de pouvoir échanger et le dire.
Notre constitution qui garantit cette démocratie, elle garantit aussi les bornes et les limites du débat. Et donc la couleur de peau ne détermine pas la qualité de quelqu'un.
Vous êtes favorable ou pas à la fermeture de CNews, Sandrine Rousseau ?
moi je pense qu'elle n'a pas à avoir de canal public et donc je l'oppose, ça fait aussi partie des positions que je tiens depuis des mois. Elle n'a pas à avoir de canal public parce qu'elle répand des fake news, on l'a vu le jour des manifestations du 17 octobre où je crois qu'il y a eu trois fake news dans la même journée. Donc non seulement elle... promeut, elle met en évidence des fake news avec cette fameuse photo des personnes de 80 ans qui auraient été en slip sur le bord du... Non mais ça c'est une fake news. Ce que je veux dire c'est qu
'ils l'ont reconnue après, ils se sont excusés. C'est le si oui mais pas les deux autres.
Ils ne se sont pas vraiment excusés. Mais en tous les cas c'est passé. Et donc moi j'ai une très haute opinion du métier de journaliste. Une très haute opinion. Et je pense que la presse fait partie du contre-pouvoir. en démocratie. Donc la liberté de la presse, le respect des sources, est absolument fondamentale pour le fonctionnement de notre démocratie. Mais la contrepartie de cela, c'est que les journalistes fassent véritablement leur travail, et que donc ils fournissent des informations vérifiées, qu'il y ait une pluralité, et que ça ne soit pas de la propagande, mais que ça soit de l'information. Ce que vous dites, c'est que
l'ARCOM, le gendarme de l'audiovisuel, ne fait pas son travail ?
Il ne le fait pas assez. Clairement pas. Clairement pas.
y a eu des décisions qui sont tombées tout de même, Sandrine Rousseau.
Mais ce n'est pas nouveau. Je vais vous dire, depuis que l'ARCOM ne fait...
Est-ce que vous pensez, Sandrine Rousseau, que la fermeture de CNews enraillera la montée du racisme en France ?
pense que c'est un acte qui permet de dire que nous avons, encore une fois... comme pour Edouard Philippe, un cadre du débat national où certaines opinions ne sont pas tolérées au titre des lois que nous avons.
Mais c'est à la justice de le dire ça, Sandrine Rousseau. Mais c
'est aussi l'ARCOM, c'est le gendarme du... Ça veut dire que les médias doivent
devancer une décision de justice ?
Non, l'ARCOM est le gendarme de l'audiovisuel. Et donc, à ce titre-là, il a régulé l'espace du débat politique et journalistique. Et donc... Encore une fois, une chaîne d'information. Et parce que c'est très important que la presse reste un pilier de contre-pouvoir. C'est primordial si on n'a plus la presse. Si on n'a plus la presse, je vais vous dire qu'on n'est plus en démocratie. Avec le
pluralisme aussi. Le pluralisme dans les
limites et du métier de journaliste. Et du débat politique. Pour vous, il faut qu'il y ait la pétition à l
'Assemblée nationale. On est près de 900 000 signatures. Il faut un débat dans l'hémicycle, selon vous ?
Oui, il en faut un, bien sûr. Mais enfin, on a eu un débat sur la loi Duplon, on a eu un débat sur Parcoursup, ça ne donne pas grand-chose. Quand on parle de débat à l'Assemblée nationale, c'est une succession de prises de parole, mais derrière, il n'y a pas de vote, nécessairement.
Est-ce que Jean-Luc Mélenchon respecte les journalistes Je vous pose la question.
J'espère en tout cas qu'il défend mordicus la presse libre et indépendante et le métier de journaliste.
Parce que quand il épingle une journaliste de 20h de TF1, quand il s'en prend un journaliste de BFM, c'est respecté la presse selon vous
En tout cas, je peux vous répondre que moi... Je fais vraiment très attention à ce que le métier de journaliste soit respecté. On peut regretter que dans une interview, des journalistes posent ou pas une question, mettent le cadre ou ne mettent pas le cadre. C'est la liberté de
chacun. Oui,
on peut le regretter. Moi, j'ai regretté aussi qu'Anne-Laure Coudray n'ait pas été boue. Anne
-Claire Coudray n
'ait pas été plus
forte.
Et c'est votre avis ? Est-ce que vous
auriez eu les mêmes mots que Jean-Luc Mélenchon ?
Je ne les ai pas eus de fait. Il a eu tort
ou pas ?
Ce qu'il a dit, c'est qu'il a refusé l'invitation. C'est aussi sa liberté de le faire.
Non mais ça, c'est une chose. C'est aussi sa liberté de le faire. Après, il a été très critique à son égard.
Oui, il a critiqué les modalités de l'interview. Moi, je dis, j'aurais aimé que l'interview se déroule aussi différemment. Pour autant, voilà.
On poursuit ensemble. Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris. On reste ensemble. Dans un instant, vous allez nous alerter sur la santé des femmes. Et puis, on parlera d'Emmanuel Macron et des SMS dévoilés dans un livre. A tout de suite.
7h10, le Grand Matin Sud Radio.
Sud Radio.
Parlons vrai. Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Benjamin Glaze. Et nous sommes toujours avec vous, Sandrine
Rousseau, députée écologiste de Paris. Place tout de suite à votre carte blanche. Vous avez voulu nous alerter sur la santé des femmes à travers un rapport parlementaire que vous avez rendu public la semaine dernière avec la députée Priska Thévenot. C'est à vous, Sandrine Rousseau.
Oui, c'est au sujet du cancer du sein parce que c'est un fléau assez silencieux. Mais nous avons une très mauvaise place dans le monde, nous sommes numéro 2 mondiaux en termes de cancer du sein et nous sommes les premiers mondiaux, les premiers au monde en termes de cancer du sein chez les femmes jeunes. de moins de 40 ans. Et ce cancer du sein, ce n'est pas une fatalité. C'est-à-dire qu'il y a un peu moins de la moitié de ces cancers qui sont dus à ce qu'on appelle des comportements individuels, c'est-à-dire alcool, tabac, sucre, etc. Mais il y a l'autre moitié qui vient de l'environnement. Et ce que j'ai découvert à l'occasion de ce rapport, c'est que... que les produits chimiques que nous ingérons quand nous mangeons, quand nous respirons, etc. sont des produits chimiques qui ont été testés sur le sang, mais pas sur la glande mammaire, parce que c'était des standards assez masculins de recherche. Et donc, ce que l'on découvre actuellement, c'est que ces produits chimiques s'accumulent dans la glande mammaire. Il y a des chercheurs qui nous ont dit qu'il y avait en moyenne 42 produits chimiques différents dans les tumeurs du sein quand ils les prélèvent. Aujourd'hui il y a énormément de femmes qui sont concernées par ce cancer et je voudrais avoir une pensée pour elles et une parole pour elles en disant que nous avons conscience à l'Assemblée de l'importance de prendre ce sujet en main. Que nous n'allons pas vous laisser toutes seules parce que ce sont des traitements qui sont durs, qui sont lourds, qui sont difficiles, qui sont mutilants pour la plupart. Et en fait les femmes se retrouvent souvent très seules parce qu'en plus une grande partie d'entre elles, 20%. sont quittés par leur mari au moment de maladie comme ça. Et donc, je voudrais vous dire que ça devrait être une cause nationale, qu'on va se battre à l'Assemblée, que c'est la fin du mandat, mais qu'on va continuer le combat. Ne lâchez rien sur tout, et on est avec vous. Ça doit être une cause nationale.
Vous demandez un vaste programme de recherche, d'ailleurs. Absolument.
Parce qu'aujourd'hui, on a des recherches sur la récidive, etc. Mais on a très peu de recherches sur la prévention et sur l'effet de ces produits. Vous savez qu'on est une génération... qui absorbent une quantité de produits chimiques, de produits d'épiphase, des perturbateurs endocriniens. absolument considérable, qu'aucune génération avant nous n'a absorbé autant de produits chimiques, de microplastiques, etc. Et que ça a des effets, et particulièrement sur les seins des femmes. Et que tout cela est quand même beaucoup décidé dans des cercles de pouvoir très masculins. Et qu'en fait, je voudrais le dire, nos corps comptent, notre santé compte, les seins des femmes évidemment comptent. Et donc, c'est une urgence nationale que de prendre soin des femmes et de prévenir ces cancers.
Aujourd'hui, journée de mobilisation, journée également nationale de lutte contre le harcèlement, le cyberharcèlement. On a plusieurs internautes, auditeurs, qui nous ont alertés sur la question de l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans. Il y a urgence, il faut accélérer à ce niveau-là, Sandrine Rousseau.
Je ne suis pas absolument convaincue de l'interdiction des réseaux sociaux en dessous de 15 ans, parce que je trouve que c'est quand même se défausser de notre responsabilité à nous adultes, de se défausser aussi de la responsabilité.
C'est aux parents de faire leur boulot ? Non,
mais c'est déjà les parents de moins les utiliser, de les utiliser convenablement. Et puis derrière, c'est aussi aux plateformes de réguler. C'est-à-dire qu'on ne peut pas juste dire, maintenant qu'il y a les moins de 15 ans, toutes les opinions sont possibles, toutes les images sont possibles, tous les harcèlements sont possibles, puisqu'il n'y a plus les... les moins de 15 ans sur ces réseaux. Donc en fait, je trouve que ça suffit de la part des adultes de se défausser de nos responsabilités sur les enfants, même sur l'environnement, on dit qu'il faut éduquer les enfants, sur le sexisme, on dit qu'il faut éduquer les enfants, etc. Mais c'est à nous de faire les efforts aujourd'hui, c'est à nous de changer nos comportements, ça n'est pas aux enfants d'être interdits de partout, déjà leur avenir est largement compromis par notre légèreté. Donc les parents ne doivent pas interdire l
'accès aux réseaux sociaux aux plus jeunes ?
Ce n'est pas normal que des enfants de moins de 15 ans soient tout le temps sur des réseaux. Et moi, je suis même pour que les parents disent non. Mais la puissance publique n'a comme seule réponse sur les réseaux sociaux ultra toxiques que d'interdire pour les moins de 15 ans sans jamais regarder le problème dans sa globalité.
Sandrine Rousseau, Félix Mathieu nous a rejoint pour nous parler d'un sujet qui fait le buzz sur les réseaux sociaux. Félix, sommes-nous vraiment trop durs avec Emmanuel Macron ? C'est la question qu'on se pose ce matin avec... Le livre de notre amie Françoise Degoy qui sort
aujourd'hui. Oui, livre dans lequel on apprend par exemple qu'auprès de Françoise, dans ses messages échangés sur Telegram, Emmanuel Macron justifia son refus de nommer Lucie Casté à Matignon en expliquant que non, le nouveau Front Populaire n'avait pas remporté les législatives de 2024 et de faire le lien sur le ton de la plaisanterie entre la gauche qui se croit première sans l'être selon lui et le mauvais niveau en mathématiques à l'école. C'est le RN qui a gagné ses législatives, répond par exemple le chef de l'État. à Françoise et selon lui l'extrême droite aurait encore fait un meilleur score si à l'époque il avait davantage attendu jusqu'à l'automne pour dissoudre l'Assemblée Nationale. Et puis donc il y a cette fameuse petite phrase qui donne le titre au livre « Vous êtes tous trop durs avec moi ». Allez, je vous propose un petit florilège à ce sujet.
La situation dans laquelle nous sommes dans ce pays est vraiment le résultat de cet an de macronisme pur et de son incapacité de ce roi feignant. Une augmentation de la dette de 1000 milliards d'euros. Zéro stratégie climatique. Il n'y a pas d'autre responsable que lui. Je suis mortifiée par ce qui se passe, mais c'est trop faible parce que je suis très, très, très en colère contre Emmanuel Macron. On ne peut pas humilier impunément le peuple français. Je le dis depuis qu'Emmanuel Macron, je crois, est élu président. J'ai l'impression vraiment qu'il joue avec la démocratie de manière extrêmement dangereuse parce qu'il s'en moque en réalité. Il a voulu rentrer comme un austerlitz, mais qu'il partira comme un Waterloo sans les honneurs. Et je pense qu'il partira tout seul. Sa démission devient inélu.
vos propos au fil des années dans les médias au poste ou chez nos confrères de France Info ou encore ici même sur Sud Radio. Sandrine Rousseau, est-ce que vous êtes trop dure vous avec Emmanuel Macron
Au contraire, je revendique à peu près chaque mot que j'ai entendu là parce que je pense que la crise sociale, la crise écologique, la crise politique dans laquelle nous sommes actuellement est largement de sa responsabilité et qu'il fasse ouin ouin en disant vous êtes trop dure avec moi, franchement qu'il... qu'il regarde en face son mandat et la manière dont il a pris le pays, la manière dont il le laisse. Et je pense qu'alors, il verra que nous avons, au contraire, été très conciliants avec lui.
Vous envoyez pas de texto du coup à Emmanuel Macron ? Je vais
vous dire, c'est une des grandes surprises de ce livre, c'est que je constate qu'en tant que président, il a du temps pour échanger et textoter en permanence avec des journalistes et avec Françoise Degoy en particulier. Qui est de gauche ? Oui, c'est quand même fascinant et donc ça explique aussi... Moi je trouve que ça n'est pas tout à fait la bonne place d'un président de la République, mais ça c'est ma perception des choses. Je crois qu'il y a des conférences de presse, il y a des explications, mais que textoter comme ça en permanence, évidemment on s'expose à ce qu'un jour ça sorte, et par ailleurs le langage texto n'est pas un langage de président de la République.
Merci beaucoup Sandrine Rousseau, députée Les Ecologistes de Paris. Et donc journée de mobilisation, de grève. Vous serez sur le terrain, dans la rue aujourd'hui, contre la vie chère. Merci, bonne journée à vous. Merci d'être passé par Sud Radio. Il est 8h59, on file dans un instant les infos. Et puis Françoise de Goib, on va la retrouver dans la foulée avec Elisabeth Lévy. A tout de suite.
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