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Françoise Degoy, bonjour. Bonjour mon cher ami. Bon, que se passe-t-il ? J'entends parler de vous et de votre livre partout, mais véritablement partout. Il sort aujourd'hui aux éditions Robert Laffont, il est titré « Vous êtes tous trop durs avec moi ». Il fait énormément réagir et merci d'être sur Sud Radio ce matin pour nous en parler.
Vous êtes,
et puis la famille, la famille Sud Radio. Ça dépend,
ça dépend. J'entends certaines émissions, je ne pense pas que c'est la famille.
Tous trop durs avec moi, c'est une phrase que vous avez écrite, Emmanuel Macron, car dans ce livre vous dévoilez deux années d'échange, de confidence avec le chef de l'État, des textos sans filtre, et il vous a confié... ses états d'âme, il vous a donné son avis aussi sur la classe politique, avec des commentaires parfois grinçants. Ça vous gêne pas, comme ça, de balancer toutes ces conversations privées avec le chef de l'État ? Non, parce
que j'entends une toute petite partie qui fait le procès, ça m'a beaucoup plu d'ailleurs hier, parce que j'ai écouté beaucoup de chaînes d'info, j'ai lu des papiers, et en fait, ce procès-là tombe de lui-même. D'ailleurs, vous remarquerez que l'Élysée ne fait même pas ce procès, parce que la réalité, c'est que je suis resté avec Emmanuel Macron dans une sphère. dans une discussion politique, une confrontation politique. Moi, je ne suis pas macroniste, Emmanuel Macron le sait parfaitement. Je suis un industrialiste politique, plutôt spécialiste de la gauche. Et on a commencé à échanger, évidemment, parce qu'une fois, j'ai défendu son épouse, parce que c'était la façon lamentable dont elle était traitée. par les complotistes d'outre-Atlantique. C'est comme ça que ça a commencé. La discussion a commencé comme cela. Emmanuel Macron, il ne faut vraiment pas lui faire injure de son intelligence. Emmanuel Macron, à chaque instant, il sait avec qui il parle. Il sait qu'il parle avec... Et en l'occurrence, il savait qu'il
parlait avec une journaliste de gauche, très critique avec sa politique. Qui est très
critique, je ne me suis jamais caché des critiques, ici même au Vraie Voix, ici même en matinale, enfin on le sait très bien, moi j'ai toujours critiqué, et quand c'était bien, je l'ai toujours dit aussi. Et donc, cette espèce de procès en déontologie, c'est quand même le bal des faux-culs, quand même, globalement, je le dis vraiment, parce que les off en politique, ça n'existe pas. Moi, je n'ai pas craqué du... offre sentimentale ou d'une offre amicale. Emmanuel Macron n'est pas mon ami, il n'est même pas, comment dirais-je, mon modèle politique. Nous avons eu pendant deux ans des conversations serrées sur le plan politique où moi j'ai réussi finalement à voir tout à fait qui il était. C'était assez passionnant et c'est ma décision de les publier parce que je les publie comme un document politique. J'écoutais les copains des Vraies Voix hier soir, j'aurais adoré être là pour me défendre. J'entendais les accusations, j'ai entendu la défense de mon ami Philippe Bidger, et je trouve que c'est lui qui a eu tout à fait les meilleurs arguments. Le off en politique, ça existe, mais ça n'existe pas. Et par ailleurs, je le redis, je n'ai pas révélé... C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron avait conscience,
effectivement, que ça pouvait arriver. Emmanuel
Macron, il est président de la République, il sait très bien... Quand il parle à des gens, il ne sait pas quelqu'un de léger. Quand il parle à des gens, il sait très bien pourquoi il le fait aussi. Vous voyez, il y a des moments extrêmement sincères, mais il est exactement comme ça dans la vie. Emmanuel Macron dit, quand il parle des nazes et des ozos, il parle comme ça avec son cabinet.
Oui, les nazes, en l'occurrence les socialistes, à part Olivier Faure, Gabriel Attal, on lui a trop tout donné et tout le temps. La stratégie de LFI est dingo, mais j'y crois pas. À quel moment vous vous êtes dit, je vais sortir ces SMS ?
Parce qu'en fait, je préparais un livre sur la présidentielle et sur la difficulté. comment dirais-je, d'aborder cette élection, etc. Et j'ai changé avec lui, et vraiment, à un moment donné, il m'a dit quelque chose d'assez lumineux, et j'ai dit, mais en fait, c'est ça qu'il faut faire. Et donc, je l'ai fait. C'est-à-dire ? Je n'aime plus quel était le contexte, mais je dis, en fait, ce qui est très intéressant, c'est de voir la présidentielle à travers lui. Là où je m'inscris en faux sur les accusations, ça n'a rien à voir avec David et l'homme, parce que David et l'homme, François Hollande les a reçus 60 fois. Vous pouvez le
rappeler, un président... ne devrait pas dire ça. François Hollande était dans la possibilité de se
représenter, ce qui n'est pas le cas d'Emmanuel Macron. Donc, ce livre a plombé la fin de son quinquennat, ça n'est pas le cas de mon livre. Et troisièmement, si vous voulez, je le redis vraiment, je pense que c'était passionnant de regarder véritablement à travers le prisme de ce président-là. la séquence qui vient. Moi ça m'a passionné, je suis une journaliste politique, je suis passionné par la psyché des politiques, et je l'ai vraiment écrit comme un document politique.
C'est assez cliché de parler de la solitude du pouvoir, mais là vous y a été confronté véritablement ?
Oui, mais je la connais déjà, vous savez, c'est un secret pour personne, je suis très proche de François Hollande, j'ai même participé comme conseillère spécial à son gouvernement, je connais la solitude des présidents. C'est véritablement d'ailleurs ce que je mets en exergue dans mon livre. La première phrase, c'est la phrase de Marguerite Ursenar à propos des mémoires d'Adrien. Un homme seul, mais relié à tout. C'est exactement ça, un président de la République. un homme seul, relié à tout. Donc, il ne s'agit pas de le réhabiliter parce qu'il n'en a pas besoin, pas plus qu'il ne s'agit de le fracasser, il l'est suffisamment comme ça. Je pense qu'Emmanuel Macron, aussi sûrement qu'il n'a pas mérité les louanges qui faisaient de lui quasiment une sorte de demi-dieu pour accéder au pouvoir, ne mérite pas forcément les tombeaux d'injures qu'il reçoit. Je pense que tout cela, je voulais participer, pas à un rééquilibrage, mais à une... Une compréhension un peu plus fine, voyez-vous Emmanuel Macron comme des millions de gens, je fais partie des millions de gens qui ont voté deux fois pour lui, contre Marine Le Pen, je le dis. sans problème, j'ai voté deux fois pour quelqu'un dont je ne supportais pas la politique et même pas le tempérament. Et en plus de ça, que je ne connaissais même pas. J'ai trouvé que c'était intéressant. Vous avez écrit, vous envoyez
un SMS ou pas Emmanuel Macron ? Non, pas du
tout. Vous
avez des échos ou pas ?
Oui, j'ai des échos. Je pense que l'Elysée est dans une forme de dédramatisation. Emmanuel Macron, c'est aussi un homme politique. Et tout ce qui se dit sur lui, et tout ce qui s'écrit sur lui, il y est très, comment dirais-je, il y est très pas sensible, mais en tout cas il y est très attentif, et son équipe y est aussi. J'ai pas le sentiment... Et vous en veux pas
?
Je ne veux pas du tout. Je ne sente pas les cœurs et les reins, et surtout pas la psyché d'Emmanuel Macron. Je ne sais pas s'il m'en veut ou pas, mais notre relation n'est pas sur cette base-là. En tout cas, moi j'ai fait mon travail. de documentation politique. Je veux vraiment... Et il
n'était pas au courant que vous alliez le sortir ? Non,
il n'était pas au courant. Mais à un moment donné, je vous le dis tout de suite, je pense qu'il faut arrêter de prendre les présidents de la République pour des cons.
Il saura aujourd'hui ce livre. Vous êtes tous trop durs avec moi. Conversation libre avec le président de la République aux éditions Robert Laffont. Je ne souhaite pas du succès à ce livre parce que je suis sûr qu'il en aura. Je
ne sais pas. Juste un mot. Si j'avais voulu faire un livre pour faire de l'argent, j'aurais écrit avec l'air du temps. J'aurais fait un truc horrible sur Marine Le Pen ou un truc horrible sur Jean-Luc Mélenchon. Je ne suis pas sûr qu'Emmanuel Macron fasse vendre étant donné son degré de popularité. Mais je m'en fous. Ce qui est très important pour moi, c'est d'avoir donné mon point de vue sur ce président et sur ce que je crois être la beauté de la politique.
Merci beaucoup Françoise de Gouin. On se retrouve tout à l'heure. Avec plaisir ! A 9h pour les débats avec Elisabeth Lévy. On aura l'occasion d'y revenir sur ce livre qui fait beaucoup réagir. Merci d'avoir accordé votre première réaction prise de parole à Sud Radio ce matin.
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