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7h, 9h, Europe 1 Matin.
Et place à votre première signature du jeudi. Bonjour Génie Bastier. Bonjour à tous.
Vous
voulez revenir sur les propos d'Edouard Philippe sur l'origine immigrée des pilleurs du 17 octobre. La polémique ne cesse de monter depuis plusieurs jours. La gauche accuse l'ancien Premier ministre de racisme. Pourquoi revenir sur cette polémique ?
Parce que la disproportion entre les propos et le procès est sidérante. Dans le point, je rappelle, Edouard Philippe a jugé patente la surreprésentation de jeunes issus de l'immigration parmi les auteurs de violences et de pillages. Il a invoqué cette phrase de Charles Péguy, il faut... voir ce que l'on voit. Cette timide sortie sur l'intégration a suscité un véritable halali. Aussitôt, Mélenchon a dénoncé des calomnies racistes. Dans le quotidien, la journaliste Salia Braclia s'est livrée à un chef-d'oeuvre de mauvaise foi. Elle a montré des images de pilleurs encapuchonnés en mettant au défi quiconque d'en déterminer l'origine et en accusant Edouard Philippe de délit de faciès. Elle aurait pu, par exemple, prendre les images de Fatma, cette commerçante musulmane de Marseille qui déclarait sur RMC à propos des pilleurs, c'est Malheureux, mais 80% c'est ma communauté et j'ai honte de le dire. Faut-il expliquer aussi à cette dame qu'elle n'a pas vu ce qu'elle a vu ? Faut-il la rééduquer par un cours de sociologie ? Toute cette entreprise médiatique consiste à décourager le citoyen ordinaire de faire confiance à ses yeux, qu'il prenne les transports en commun ou voit son commerce saccagé. Son expérience devient suspecte dès qu'elle contrarie le commentaire autorisé. Il faudrait tout subir et ne rien nommer.
Est-ce que ça n'est pas problématique de déduire de la couleur de la peau une origine immigrée ?
Vous savez, ça me fait penser à cette séquence célèbre où l'on voyait, vous savez, à la télévision, cet homme barbu déclaré très sérieusement « Qu'est-ce qui vous dit que je suis un homme ? » Cette prudence absolue et ce nominalisme abscond disparaissent comme par enchantement lorsqu'il s'agit de promouvoir la diversité. Là, on voit très bien les couleurs. D'ailleurs, l'Arcom, qu'on invoque à tout bout de champ, contre les propos jugés racistes, mesure chaque année dans des rapports la proportion de personnes. perçue comme non blanche à la télévision. Le député insoumis Eric Coquerel expliquait en juin dernier « Si on veut représenter les quartiers populaires, ça ne peut pas être seulement avec une ribambelle de militants blancs. » Ah bon ? Mais qu'est-ce qu'un blanc ? Qu'est-ce qu'un non blanc ? Tout à coup, les insoumis savent répondre quand il s'agit de former des listes. conforme à leur clientélisme électoral. Le racialisme est fustigé lorsqu'il se rapporte à des problèmes, encensé lorsqu'il sert la lutte contre les discriminations et la promotion d'une France multiculturelle. La gauche n'a aucun problème à compter les blagues blancs beurre sur la pelouse d'un terrain de football, mais elle s'offuse qu'on le fasse lorsqu'on regarde des images de pillages d'une boutique de luxe.
Mais pourquoi la référence à Charles Péguy a-t-elle également fait polémique ?
Alors c'est intéressant parce que Charles Péguy utilise dans notre jeunesse son livre, cette formule, il faut voir ce que l'on voit, pour saluer Joseph Rénac, défenseur juif de Dreyfus, mais qui selon lui a été capable de dénoncer aussi les dérives du parti Dreyfusiste. Voici pourquoi ça m'amuse ce qui invoque le Péguy Dreyfusard contre Edouard Philippe, puisque précisément la leçon de ce passage, c'est reconnaître ce qui dérange son propre camp, à savoir l'utilisation de l'affaire Dreyfus contre l'église catholique après l'affaire. Pourquoi interroger les échecs de l'intégration serait raciste ? La gauche française est la plus irresponsable et la plus aveugle du monde lorsqu'elle refuse de les regarder en face. Au-delà du calcul tactique de Jean-Luc Mélenchon, cette polémique révèle l'intimidation morale permanente que la gauche du déni entend exercer sur le centre. Quand pourrons-nous enfin débattre sereinement des impasses de l'intégration et de l'absence de politique migratoire française ? C'est justement le sujet du grand silence. C'est le titre d'un livre, l'enquête événement de Geranil Vosner et de Erwann Sesnek, journaliste au point, une enquête qui sort aujourd'hui, à lire pour sortir de cette hypocrisie française qui fait tant de mal à notre pays.
Signature Europe 1, Eugénie Bastier. Merci beaucoup Eugénie. Dans un instant, Julia De Funès, Olivier Delaguerde et Pascal Praud. A tout de suite.
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