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7h-9h, Europe 1 Matin. L'édito politique sur Europe 1 avec le Figaro. Bonjour Vincent Trémolet de Villers. Bonjour Dimitri, bonjour Amissa, bonjour à tous. Exceptionnellement avec nous le jeudi. Demain, nous retrouvons donc Alexis Brézé à votre place. Aujourd'hui, Vincent, c'est un nouveau jour de manif dans toute la France. Toute la gauche devrait être dans la rue. Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, mais aussi les socialistes et les écologistes. Quelle signification politique, selon vous, a cette manifestation ?
Sur le papier, cette journée intersyndicale a pour objet le pouvoir d'achat. Mais rationnellement, toutes ces manifestations n'ont... Aucun sens. Elle ne s'oppose pas à un projet de loi qui viendrait d'être voté. Elle ne succède pas à un événement qui aurait traumatisé l'opinion. Elle ne tente même pas d'influer sur l'examen du budget qui est en cours dans l'indifférence générale et qui est d'ailleurs rejetée par les députés. Elle ne conteste pas non plus un pouvoir triomphant appelé à durer puisque Sébastien Lecornu est plus faible que jamais et qu'Emmanuel Macron quittera ses fonctions dans six mois. A quoi bon s'épuiser à faire tomber un gouvernement, voire un président en fin de piste alors que le rendez-vous électoral est imminent ? En général, en démocratie, on commence dans le... l'urne et parfois la bataille se poursuit dans la rue. Mais là, c'est exactement le contraire. La bataille de la rue se
fait avant celle des urnes. Et si l'on en croit les sondages, Vincent, cela fait les affaires de Marine Le Pen. Oui, on nous dit que Jean-Luc Mélenchon souhaite sa
victoire pour installer un troisième tour dans la rue. Mais dès le tour préliminaire, alors que personne n'a gagné, que la bataille n'a pas eu lieu, la rue devient déjà le lieu d'expression politique de la gauche. On peut supposer que le candidat insoumis a intégré sa défaite et qu'il veut maintenant fédérer une minorité agissante suffisamment puissante. pour qu'elle soit impossible à arrêter, ce que Mélenchon appelle la révolution citoyenne. L'objectif ne serait donc pas de changer de président, mais d'aboutir à une crise de régime pour changer. complètement, de régime. Il faut lire et écouter Jean-Luc Mélenchon pour bien comprendre que son débouché politique n'est pas celui des urnes, mais celui d'un renversement total. Les préfets qu'il veut mettre au pas, la police qu'il veut désarmer, la presse et les médias qu'il veut museler, les sondages qu'il veut interdire, l'école privée qu'il veut supprimer, la propriété privée dont il dit qu'il faut, comme Maximilien Robespierre, l'aborder comme un droit d'usage. Même la filiation biologique doit disparaître et avec elle la famille. Pour lui, plus rien n'est véritablement légitime dans notre organisation politique et sociale. En toute logique, on doit s'attendre à ce que cette gauche ne reconnaisse pas le résultat des élections, si elle l'aurait défavorable. C'est d'ailleurs ce qu'a déjà laissé entendre. Mathilde Panot, la réplique française de Donald Trump et de Jair
Bolsonaro, c'est la France insoumise. Bien vu. Si je vous comprends bien, Vincent, cette gauche-là n'est plus vraiment démocrate.
Disons que pour elle, la démocratie n'est plus un système politique, mais un mouvement de l'histoire chargé d'émanciper une à une les minorités, le vote, la souveraineté populaire deviennent secondaires. Alors on retrouve cette vieille lune révolutionnaire chez beaucoup de penseurs de l'écologie radicale. Pour eux, l'état d'urgence climatique impose de s'affranchir des lenteurs et des complexités de la délibération et du vote. aussi cette disqualification du vote chez Pierre Rosanvalon, l'un des penseurs phares de la gauche. Rosanvalon considère, je le cite, que les juges incarnent autant que les élus le principe démocratique de la souveraineté populaire. Et il présente aussi la révolte du peuple dans les urnes comme le principal danger. Pour l'éviter, dit Rosan Vallon, écoutez bien, il faut instaurer une vigilance du langage et poursuivre sans relâche les voleurs de mots et les trafiquants d'idées. C'est-à-dire tout ce que propose la gauche liberticide, depuis Ali Rabé, le maire de Trappes qui veut criminaliser la sémantique, jusqu'aux pétitionnaires qui veulent interdire CNews et mettre les médias au pas. La gauche avait abandonné l'école, la laïcité, la frontière, le travail. Elle est en train de se détacher. du vote et du principe majoritaire. La gauche française est aujourd'hui physiquement dans la rue, mais démocratiquement, elle est complètement à
la rue. L'édito politique sur Europe 1, particulièrement important ce matin, je trouve, Vincent, c'est bien d'avoir mis des mots sur des choses que l'on ressent de manière comme ça éparses et que vous avez su concentrer. Il faut relire, Rosan Vallon, il y a deux ans, nous disait ce qui se passe maintenant. Merci Vincent Trémolet de Villers, à la lune du Figaro ce jour, la déroute condamne Donald Trump à une fin de mandat difficile. Merci Vincent, bonne journée.
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