Chargement...
Chargement...
Et tout de suite, chers auditeurs, nous accueillons Jean-Eud Gana pour sa chronique, qui ne sera pas en vidéo avec nous, mais qui est quand même là par audio. Bonjour Jean-Eud.
Bonjour Maëlys, bonjour chers auditeurs. Je suis désolé, je suis en plein travaux dans la maison et franchement, je suis obligé de couper la vidéo pour vous éviter un sinistre spectacle.
On vous pardonne, cher Jean-Eud, en tout cas. Aujourd'hui, vous allez nous parler de comment politiser la France périphérique, n'est-ce pas
tout à fait, parce que... Surtout depuis les émeutes récentes, je me demande comment faire pour inverser le rapport de force actuel. Alors, je m'explique, on le sait bien, d'ailleurs c'est suffisamment expliqué par les sociologues, Guilly, Fourquet, etc. Mais il y a en France une fracture entre la France périphérique et le reste. Et électoralement, cette fracture se traduit ainsi. Il y aurait donc des banlieues immigrées qui votent majoritairement Mélenchon et des hypercentres de grandes métropoles qui se partageraient entre... les centristes, et pareil, un électorat d'extrême-gauche, donc on peut dire que Mélenchon a deux électorats différents, un électorat gauchiste et un électorat immigré, communautariste. Et puis enfin, il y a la France périphérique qui vote majoritairement Marine Le Pen, même si en son sein, notamment parmi les personnes âgées, on voit beaucoup de gens qui votent encore pour la Macronie ou l'extrême-centre. Sur le papier, cependant, si on regarde la répartition, des habitats en France et des habitants. Sur le papier, on aurait environ 60% de Français qui vivent dans des villes moyennes ou des villages et qui pourraient voter pour Marine Le Pen. C'est d'ailleurs peu ou prou ce que l'on constate lorsque l'on regarde les projections pour les prochaines élections. On voit que Marine Le Pen, au second tour... remporterait entre 55, 60 et peut-être jusqu'à 70% des suffrages en cas de second tour face à Jean-Luc Mélenchon. Notez, chers auditeurs, que je ne partage pas cet optimisme et que je pense que malgré tout, même face à Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen pourrait sinon perdre, encore qu'une défaite serait hélas possible parce qu'il ne faut présumer de rien. face à ce vieux sénateur socialiste rusé et menteur. Mais voilà, sur le papier, il y aurait donc cet électorat de la France périphérique, encore majoritaire en France, de la campagne capable de faire arriver une force patriote au pouvoir. Petit rappel historique. Après les élections de février 1871, qui se sont tenues juste après la défaite contre la Prusse, l'Assemblée nationale en France a été très majoritairement monarchiste et conservatrice, et élue d'ailleurs surtout par les campagnes qui voulaient la paix face à la Prusse. Les grandes villes, elles, Paris en tête, avaient voté plutôt républicain et pour la poursuite de la guerre. Comment ne pas faire un petit parallèle avec les campagnes plutôt rétives à un conflit avec la Russie ? et les boomers centristes qui, eux, sont persuadés que les valeurs des droits de l'homme et de la République se jouent actuellement en Europe de l'Est, alors que ce n'est pas du tout ce qui s'y joue. À ce moment-là, d'ailleurs, le républicain marseillais Gaston Crémieux, depuis les tribunes du public, avait lancé aux députés de droite une phrase restée célèbre « Majorité rurale, honte de la France ». Et durant plusieurs décennies, la gauche a appelé les électeurs de droite avec un peu de mépris les ruraux. Ce clivage, d'ailleurs, s'était accentué, vous voyez, avec l'industrialisation, puisque évidemment la gauche avait des bastions dans les milieux ouvriers, tandis que la droite, dans le monde rural, avait souvent son réservoir de voix et de militants. Le problème, c'est que depuis toujours, on sait que les idées et les modes s'élaborent plutôt en ville et infusent ensuite dans les campagnes. Or, avec l'éradication des cultures régionales par la République, il n'y a plus dans ces campagnes de contre-pouvoir culturel en province. De plus, la quasi-disparition du catholicisme et de l'Église comme éléments structurant des espaces et des mentalités ouvrent encore plus facilement la campagne aux idées de gauche venues des métropoles. Alors, dans ces conditions... Il est à craindre que le réflexe anti-immigration, dernière barrière du système immunitaire français, ne finisse par s'éroder dans les années à venir, même dans les campagnes, qui sont elles aussi submergées par la culture rap, les idées de gauche, et puis hélas, les immigrés. Or le grand paradoxe actuel, c'est que cet électorat rural, qui est donc le plus patriote, qui est pour le moment le plus nombreux, est aussi le moins structuré en termes communautaires et politiques. Les gauchistes tiennent littéralement certains quartiers. L'électorat immigré tient carrément des villes avec parfois des réseaux économiques parallèles et même des embryons de justice propre. Alors que ce soit lors des manifestations pour les gauchistes, des émeutes ou lors des fêtes religieuses islamiques ou au sein d'associations ou dans des locaux identifiés, toutes ces populations-là, qui sont les plus virulentes et les plus ennemies de la France, ont une forme innée de conscientisation politique et identitaire, qu'ils n'ont d'ailleurs aucun souci à revendiquer. Si vous faites une caméra cachée et que vous demandez à des jeunes issus de l'immigration à quel pays va leur allégeance, comment ils se sentent en termes d'identité, etc., ils n'ont aucun problème à vous répondre. Quelle est leur religion ? Ce qu'ils pensent des mœurs modernes ? Ils n'ont aucun souci à vous répondre. J'en ai fait l'expérience. D'ailleurs, dans un reportage avec Vincent Lapierre à Barbès, où je demandais aux gens quelle était leur nationalité et comment ils se sentaient en termes d'identité. Et à chaque fois, bien sûr, même de nationalité française, les gens se sentaient congolais, algériens, etc. Alors, en comparaison, bien sûr, les Français de souche, de la France périphérique, ce n'est pas uniquement la France rurale, c'est aussi les petites villes, 10, 20, 30, 40 000 habitants. Ils ont bien une maîriade d'associations pour le patrimoine, la gastronomie, les fêtes de village, les comités des fêtes, si fameux et si agréables auxquels on aime bien participer. Mais leur dénominateur commun est le suivant. Ces associations-là n'ont aucune visée politique. Il faut faire une petite exception peut-être avec la Corse, parce que c'est vrai que la différence entre une association de défense du patrimoine en Corse ou en Anjou, c'est qu'en Corse, on considère la chose comme éminemment politique. Mais dans le reste de la France, même dans le Sud, dans des régions avec de très fortes identités, la plupart du temps, les gens sont heureux de se retrouver entre eux, de perpétuer des traditions, mais pour la plupart, ils seraient bien en peine de dire exactement qui ils sont, quelle est la continuité historique à laquelle ils aspirent, ou alors, quand ils le savent, quand ils l'ont intériorisé, ils n'oseraient pas le faire devant une caméra, ou ils n'auraient pas, comment dire, l'argumentaire, la conscientisation politique nécessaire pour le faire devant une caméra. majoritairement, ces gens, cette France à laquelle j'appartiens, va voter tous les cinq ans en espérant que ça change. Mais contrairement aux cauchistes ou aux banlieues grands remplacés, ils ont tellement conscience d'être dans leur bon droit et finalement naturellement à leur place, naturellement chez eux, qu'ils ne songent pas à entamer un rapport de force avec l'État, avec la justice ou même avec la police parfois, dont ils sont persuadés que ces institutions sont l'extension de la volonté populaire ou pourraient le redevenir par le vote. Or, chers auditeurs, chers Français de la France périphérique, même si Marine Le Pen prouvait le pouvoir, prenait le pouvoir, le combat ne saurait s'arrêter là. La gauche, comme les banlieues, entamerait un rapport de force et de culpabilisation dont les émeutes récentes ne sont qu'un avant-goût parfaitement inoffensif. Je suis tombé hier sur la vidéo d'un jeune homme à Aix-en-Provence. Je ne sais pas si vous l'avez vu, Maëlys. Dites-moi. Ça commence à buzzer un peu sur Internet. C'est un jeune homme avec un blouson Harrington qui a le style assez jeune patriote et auquel des dizaines de maghrébins dans un micro-trottoir intime de condamner le racisme, le fascisme tout en le filmant, de condamner une ratonnade qui aurait eu lieu à Aix-en-Provence. C'est un véritable rituel de soumission et d'humiliation. C'est délirant. Ça met vraiment en colère quand vous regardez ça. Les jeunes maghrébins se comportent bien, ne l'attaquent pas, ne le frappent pas, etc. Mais tout simplement parce que ce jeune homme se soumet immédiatement, il ne sait pas quoi répondre, il ne sait pas quelle attitude adopter. Si ces hordes déboulaient dans des petites villes de 10, 20 000, 30 000 habitants, qui les contrerait ? Lorsque des associations gauchistes se mettent en place dans cette France périphérique, personne ne va les contredire parce que... que ce soit au village ou dans la petite ville, on ne veut pas faire scandale, on ne veut pas faire d'histoire. Or le souci, c'est que les élections d'abord sont loin d'être gagnées, et que quand bien même on les gagnerait, il faut que nous poussions notre peuple, parce que la réalité c'est que le peuple français, ce qu'il en reste la plupart du temps, c'est majoritairement dans cette France périphérique, il faut qu'on le pousse à s'engager à devenir acteur politique, parce que sinon il va se laisser manger par naïveté, par gentillesse. par certitude d'être dans son bon droit. Les associations gauchistes commencent à pulluler partout et il faut aller les contrer, il faut argumenter contre elles. Pour cela, il faut évidemment refaire un peuple, refaire prendre conscience aux gens non seulement de leur bon droit, mais de la manière de l'imposer. et créer des structures communautaires, créer des lieux de sociabilité, ou dans ces lieux de sociabilité, lorsqu'ils existent déjà, ne pas hésiter à politiser les choses. C'est extrêmement important de se présenter sur des scrutins locaux ou de participer aux associations locales, etc., et de politiser les choses, parce que sans cela, peu à peu, on verra les gauchistes prendre en main les associations, prendre en main les initiatives. On l'a vu, par exemple, au moment des Gilets jaunes. où c'est cette France périphérique qui s'est rebellée, ça a été un cri du cœur, un cri de colère, et c'est l'extrême gauche qui est parvenue à phagocyter les mouvements, et à les tuer d'ailleurs, par une véritable stratégie politique. Donc, quelques recettes pour politiser cette France périphérique. D'abord, aller à sa rencontre avec des tracts. Je vois les partis politiques patriotes ou les organisations militantes, nationalistes, identitaires, passent beaucoup de temps en ville à militer. beaucoup trop peu à la campagne. C'est à la sortie des lycées dans les campagnes, c'est à la sortie des supermarchés, c'est dans les centres-bourgs, etc., que nous devons commencer à tracter, à rencontrer les gens, à structurer des groupes militants. C'est évidemment en ouvrant des locaux. Ça existe en Anjou, ça existe en Provence, ça existe dans plein de coins, ça existe à Dijon, etc. Mais ça existe trop peu dans les campagnes. Or, si on parvient à organiser des événements, si on parvient à faire en sorte que les gens sociabilisent, prennent conscience d'eux-mêmes et du fait qu'ils ne sont pas tout seuls et qu'ils sont même majoritaires dans ces coins-là, on pourra contrer les invasions ou les subversions gauchistes. Voilà, en bref, ce que je voulais vous dire. Il convient notamment pour cette France périphérique qui ne veut pas être méchante, parce qu'en fait, on a ce côté bien éduqué, civilisé, naïf, assez naturel, où on est tous pour la rémigration, par exemple, mais où on aurait du mal à l'expliquer parce qu'on a peur de heurter. Eh bien, il faut que nous établissions des argumentaires, que nous donnions des armes idéologiques à cette France-là. pour lui permettre de s'exprimer, non pas de devenir extrémiste, émeutière forcément, etc., mais de s'exprimer et de résister face, d'une part, aux bandes gauchistes et banlieusardes qui vont bientôt déferler, et d'autre part, à un appareil répressif d'État, composé par la presse qui intime aux gens de se taire et qui les culpabilise. composé par la police qui n'hésite pas à obéir aux ordres les plus absurdes, on l'a vu ce week-end pour aller interdire les rassemblements politiques, même pacifiques, et puis composé aussi bien sûr par le bras armé du système, à savoir la magistrature, qui j'ai assisté récemment encore à un procès, un monsieur passé, il était accusé de racisme. et il se décomposait face aux magistrats, parce que quand on vient de la France périphérique et qu'on est respectueux des institutions, parce qu'on croit encore naïvement qu'elles sont là pour nous protéger, lorsque le juge vous en remontre, vous vous aplatissez. Il faut que la peur change de camp et que le rapport de force s'inverse.
Merci beaucoup Jean-Eude Gana pour ce constat que vous nous dressez. On peut dire que vous avez dit les termes comme on dit à l'inverse d'Edouard Philippe et compagnie qui évidemment eux ne nomment toujours pas le réel. Mais merci beaucoup cher Jean-Eude et à jeudi prochain pour une nouvelle chronique.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.