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Bonjour à tous, bonjour Sophie Binet, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Ça y est, c'est le coup d'envoi, on le voit partout en France, de cette journée de mobilisation. On a des images qui nous viennent en direct de Saint-Omer. Ce sont des opérations de tractage de la CGT, justement. Là, on est dans le nord, on sait que dans Paris, ça commence à bouger un peu. On va revenir sur l'ampleur de la mobilisation. Je voudrais juste commencer par ce que j'imaginais être votre colère ce matin, parce que votre parcours, il a été rejeté. On parle que de la capitale pour l'instant. Le tribunal administratif a validé le parcours proposé par la préfecture de police. Vous, vous vouliez Bastille-Concorde. C'est de la colère ?
Non. Dans la dernière ligne droite, le gouvernement a été obligé de modifier le parcours. Nous avons un parcours en centre-ville. Ce n'est pas exactement celui qu'on voulait, mais c'est déjà un parcours en centre-ville. Je donne rendez-vous à toutes celles et ceux qui nous regardent et qui sont franciliens à 14h à République pour aller jusqu'à Nation. Il y a 260 manifestations dans toute la France aujourd'hui. La liste est sur le site cgt.fr. J'appelle toutes celles et ceux qui nous regardent à y être. On a besoin de faire nombre pour être entendus. Donc toutes celles et ceux qui seront en grève aujourd'hui, soit en manifestation, que tous les jeunes, les retraités, etc. soient là. Il faut qu'on se retrouve toutes et tous ensemble en manifestation.
On a entendu des mots très forts de plusieurs organisations, syndicats des avocats de France, Ligue des droits de l'homme, qui dénoncent une bascule autoritaire de l'Etat en raison de l'organisation des manifestations depuis quelques temps et encore aujourd'hui. Vous reprenez ces mots de bascule autoritaire ? Oui, c
'est inédit de telle remise en cause des libertés fondamentales. C'est la première... fois que moins de 12 heures avant une grande journée de grève et de manifestation, nos parcours ne sont pas validés, qui sont remis en cause par les préfectures, etc. C'est la première fois qu'il y a autant d'attaques contre les libertés, autant de garde à vue injustifiée, etc. Donc j'appelle le gouvernement à cesser ces mesures liberticides. D'ailleurs, on le voit bien, la répression ne lui a pas permis d'arrêter la mobilisation. Au contraire, elle l'a fait progresser. Ça n'est pas par une réponse sécuritaire qu'on va mettre fin aux manifestations, c'est en répondant aux revendications. Donc nous attendons des réponses à nos exigences sociales.
Certains, et notamment au gouvernement, vous disent à risque exceptionnel, mesures sécuritaires exceptionnelles. Pour Laurent Nunez, qui a fait le point sur le dispositif encore il y a quelques heures, il dit la volonté des groupes à risque est la même aujourd'hui que lors des précédentes manifestations. Il y a une note des renseignements que nous avons pu également consulter chez TF1 et LCI qui dit ceci, qui parle de présence simultanée dans de nombreuses villes, des métiers sans motivation idéologique et de membres de l'extrême gauche radicale et de l'ultra gauche particulièrement organisée. – Sous-titrage FR – Donc
il faut quoi ? Interdire les manifestations ? Si le gouvernement ne veut pas qu'on manifeste, il suffit qu'il réponde à nos revendications. Ça fait un mois et demi que les jeunes et les travailleurs et travailleuses lui demandent des réponses, que le gouvernement refuse de répondre. Là, il y a une colère, elle doit s'exprimer par les manifestations. Je rappelle que la marque de fabrique d'une démocratie, c'est la liberté de manifester. Quand on n'a plus la liberté de manifester, on n'est plus dans une démocratie. Mais là,
en l'état, le gouvernement ne l'interdit pas. La manifestation, il vous répond, nous on va essayer de l'entendre. pour qu'elle ne soit pas émaillée de violence.
Oui, mais d'abord, nous, on sait sécuriser nos cortèges. D'ailleurs, à chaque fois que les cortèges sont sécurisés par les organisations syndicales, ça se passe très bien. Par contre, c'est la responsabilité du gouvernement de maintenir le maintien de l'ordre et Laurent Nunez a été obligé de le reconnaître. Le fiasco du 17 octobre, c'est le fiasco du gouvernement, c'est la responsabilité du gouvernement si ça s'est si mal passé le 17 octobre. Voilà, donc ça n'est pas la nôtre. Nous, nous savons... organiser nos manifestations. Et donc, ne cédez pas, je dis à toutes celles et ceux qui nous regardent, ne cédez pas à cette stratégie de la peur. Les manifestations vont très bien se passer aujourd'hui. Il faut venir. Ce ne sont d'ailleurs pas les manifestants qui sont violents
et qui commettent des dégradations. Ces notes de renseignement, pour vous, c'est quoi ? C'est de la construction ? C'est de la manipulation ? C'est du fantasme ? Je ne
sais pas. Moi, je ne suis pas aux renseignements territoriaux. Donc, c'est des notes blanches. On n'a pas les sources. On ne sait pas d'où ça vient. Après, à chacune de nos manifestations, il y a toujours des petits risques mais il n'y a pas plus de risques aujourd'hui qu'hier. Moi je note quand même que le 31 octobre et le 24 octobre le gouvernement nous prédisait le pire et que les manifestations se sont très bien passées parce que nous avons mis toute notre énergie pour que ça se passe bien. Donc aujourd'hui ça va très majoritairement
très bien se passer. Il pointe particulièrement l'ultra gauche dans la responsabilité du 17 octobre dans les risques pour cette journée encore et d'ailleurs interrogé par l'élu LFI Thomas Porte Laurent Nunez affirme ne pas faire de distinguo entre l'ultra-gauche et l'ultra-droite. Est-ce que vous faites, vous, la différence entre ultra-gauche et ultra-droite ? Est-ce que vous dénoncez les violences d'ultra-gauche comme celles de l'ultra-droite ?
Nous, on est très clair, les dégradations nuisent aux mobilisations parce qu'on le voit d'ailleurs depuis le 17 octobre, elles permettent au gouvernement d'occulter les revendications sociales et de se focaliser sur les dégradations. D'ailleurs les dégradations, les premières victimes, ça a été les salariés notamment du commerce, qui d'ailleurs n'ont même pas eu le chômage partiel à 100%, n'ont même pas eu le maintien de leur salaire par le gouvernement. Mais par contre, moi ce qui me choque beaucoup dans le discours du gouvernement, c'est qu'il y a une indignation à géométrie variable. Et donc il passe son temps à condamner les dégradations, etc., etc., qu'il appelle violences. Mais par contre, il n'y a pas un mot sur les violences contre les personnes. Ce qu'on observe depuis six semaines, c'est des violences policières inédites. Il y a eu des enfants qui ont perdu leurs mains, qui ont perdu des yeux, qui ont perdu leurs dents. J'espère. Mais quand même, ça appellerait à des mesures beaucoup plus fortes. Nous avons eu des militantes et des militants qui ont été blessés par les forces de l'ordre. Les forces de l'ordre en France sont... beaucoup trop armés, donc il faut revoir la stratégie de maintien de l'ordre en France, revoir leur formation, revoir leur équipement, qui n'est pas bon. En Allemagne, en Grande-Bretagne, par exemple, ils ne sont pas équipés comme ça, il n'y a pas ce type de violence. Et puis la dernière chose, c'est que je suis quand même très choquée que le gouvernement ne dise rien sur les violences de l'extrême droite. Nous avons recensé 14 cortèges de manifestations qui, le 31 octobre et le 24 octobre, ont été attaqués par des groupuscules d'extrême droite. Pas un mot du gouvernement. Et là, ce sont des violences physiques contre des personnes. Les violences contre les personnes sont quand même plus graves que les dégradations du matériel.
L'ultra-droite, Laurent Nunez a reconnu qu'à chaque occasion, l'ultra-droite essaie d'infiltrer des mouvements comme ceux-ci. Et il a repoussé toute idée de connivence entre les représentants des forces de l'ordre et de l'ultra-droite. Et bien qu'il le montre,
il y a des images extrêmement choquantes qui ont circulé. Et donc toute la lumière doit être... sur ces images et le gouvernement doit condamner et agir contre ces violences de l'extrême droite. Mais je le redis à toutes celles et ceux qui nous regardent, ne cédez pas à cette stratégie de la peur. D'ailleurs, ça n'a pas fonctionné sur les week-ends précédents. Il faut que nous soyons nombreux et nombreuses dans les rues aujourd'hui.
Juste un mot, parce que vous avez évoqué les commerçants, vous avez dit qu'il n'y a pas eu de chômage partiel, etc. En ce qui concerne l'ouverture des dimanches, parce que le gouvernement Serge Papin, qui est en charge du pouvoir d'achat et des petits commerces, a demandé au préfet d'autoriser trois dimanches. supplémentaire d'ouverture d'ici Noël, ça vous fait déjà souffler. Pourquoi cette réaction ? Mais c'est une honte. Mais les commerçants vous disent souffrir
de la situation. D'accord, les commerçants, ils souffrent de la situation. D'abord, pourquoi ? Parce que nous avons les poches vides et que nous ne pouvons plus aller dans les magasins, nous nourrir, payer des loisirs, des sorties, etc. C'est ça qui fait qu'aujourd'hui, les commerces sont en difficulté. C'est que comme les salaires baissent, la consommation s'effondre. Ensuite, pourquoi est-ce que nous sommes si en colère ? Parce que, encore une fois, c'est les salariés, les travailleurs et les travailleuses qui vont... payé. Le travail du dimanche, c'est quoi ? C'est des travailleurs et surtout des travailleuses, ce sont majoritairement des femmes, qui ne vont pas voir leur famille, leurs enfants et ne pas avoir de loisirs. Le travail du dimanche, il est déjà beaucoup trop autorisé en France. Le gouvernement d'ailleurs contrôle beaucoup trop peu les commerces. Il y en a plein qui ne respectent pas la législation en matière de travail du dimanche. Ça suffit d'élargir les autorisations de travailler. Et enfin, ce sont ces salariés du commerce qui sont parmi les moins bien payés, qui sont scotchés sur des emplois au SMIC et bien souvent... loin du SMIC mensuel puisque ils et elles sont à temps partiel avec des salaires autour de 900 euros. On leur impose de travailler le soir, le week-end et le dimanche. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui il y aura beaucoup de grèves dans le secteur du commerce. C'est la première fois qu'on a recensé autant d'appels à la grève dans le commerce parce qu'ils et elles n'en peuvent plus d'être traités comme des chiens avec des salaires honteux qui ne permettent plus de vivre. On
a encore pas mal de points à voir ensemble sur l'ampleur de la mobilisation puisque vous évoquez justement la... mobilisation de nouveaux secteurs potentiellement. Les services de renseignement prévoient entre 500 000 et 700 000 manifestants en France ce jeudi, 80 000 à Paris. Vous, comment vous voyez cette mobilisation ? Est-ce qu'elle vous semble pour leur sous-estimer ? Est-ce que vous avez vos capteurs, vos radars ? Oui, je pense que
ça va être plus que ça. Ça va être une journée très réussie. Et la réussite, c'est chacune et chacun d'entre nous qui la fera aujourd'hui. Nous avons déjà beaucoup de remontées de grèves. Par exemple, dans le secteur du vert... toute l'industrie du verre va être à l'arrêt aujourd'hui à tel point que les patrons ont déjà annoncé l'ouverture de négociations sur les salaires alors que ça fait des mois qu'ils le refusaient l'annonce de la grève le tract d'appel à la grève a permis de gagner l'ouverture de négociations donc moi ce que je veux dire aussi aujourd 'hui aux salariés c'est la grève c'est payant et rentable faites grève pour gagner des augmentations de salaires dans les entreprises et dans les branches
on voit déjà des avancées sur le terrain Ce n'est pas de gestes suffisants. Est-ce que ce sera grève générale, régrève reconductible ? Est-ce que vous la préparez ?
sont les salariés qui décident de l'action. C'est pour ça que nous appelons les salariés à se réunir en Assemblée générale pour décider de leurs revendications, décider de leurs actions, décider de la grève. Je n'ai pas de bouton rouge qui permette d'appeler... Non, mais par exemple,
je voyais le patron de FO dans le Parisien qui dit qu'il va demander potentiellement mandat pour essayer au moins de préparer un type de mouvement comme celui-ci. Il y a une intersyndicale qui se réunit ce soir à l'issue de la journée. Oui, nous allons nous revoir. Et évidemment
que si le gouvernement ne répond pas à nos revendications, il y aura des suites. Et donc j'appelle le gouvernement à répondre aux revendications. Ça fait six semaines qu'on lui dit qu'il a tout essayé pour mettre fin à la mobilisation. Ça n'a pas marché. Il a essayé la répression, il a essayé la violence, il a essayé les interdictions de manifester, il a essayé les vacances. Ça n'a pas marché. La seule façon de mettre fin à la mobilisation, c'est de répondre aux revendications. Et plus il tarde, plus ça va lui
coûter
cher.
Le SMIC, par exemple. Le ministre de l'économie vous répond, votre demande à vous, la CGT, c'est une hausse de 10% et l'indexation de tous les salaires sur les prix, je le rappelle. Il vous répond, réponse dans les jours qui viennent. On imagine déjà que c'est largement insuffisant pour vous. Bon, voilà, ça ne fait pas mystère. Là, c'est Cyril Chabanier de la CFTC qui dit qu'il nous faut une réponse au plus tard vendredi. Au plus tard vendredi, sinon quoi, Sophie Minet ?
Mais sinon, il y aura des suites. Et sinon, on va continuer. Évidemment que tant que les revendications ne seront pas satisfaites et qu'on n'aura pas de réponse sur la vie chère et les salaires et les moyens pour nos services publics, on va continuer à se mobiliser. Plus 0
,5 ou plus 0,6%, c'est ce qui serait potentiellement dans les tuyaux du gouvernement en termes de hausse du SMIC. Et là, ça ne vous fait pas souffler, ça vous fait sourire. D
'abord, je me félicite qu'enfin le gouvernement parle de coups de pouce au SMIC. Ça fait 14 ans qu'il n'y a pas eu d'augmentation du SMIC et de coups de pouce au SMIC. La France est le pays européen qui a le moins augmenté son salaire minimum depuis 10 ans. Nous sommes maintenant un pays de bas salaire. Plus 0,5 ou plus 0,6, c'est le retour dans la rue garantie. Ah bah, plus 0,5, plus 0,6, on n'est pas là pour une opération pièce jaune. Enfin, quand on voit l'explosion du coût de la vie, c'est pas plus 0,6% sur le SMIC qui va répondre. Et par ailleurs, il faut augmenter tous les salaires. C'est pour ça que nous appelons à l'ouverture immédiate de négociations sur les salaires dans toutes les entreprises et dans toutes les branches. Le patronat doit
prendre ses responsabilités. Alors justement, Nicolas Dose va revenir sur les salaires avec vous dans quelques instants, puisque vous parlez du patronat. Il vous interpelle ce matin, Sophie Binet, enfin vous, les syndicats, dans une tribune publiée dans Les Echos. Ils vous disent augmenter les charges. Il faut choisir, c'est ce que disent les présidents du MEDEF, et de 71 autres fédérations patronales. Je les cite, les premières victimes de cette mesure gouvernementale seront donc inévitablement les salariés. Moi je vous propose d'écouter, là on voit la tribune, moi je vous propose d'écouter Michel Picon, qui est le patron des entreprises de proximité, qui disait face à moi sur ce plateau, ce serait une catastrophe ce que vous demandez, cette hausse, ces 150 euros net par mois, catastrophe, des milliers et des milliers d'entreprises mettrait la clé sous la porte. On l'écoute et puis...
taxation supplémentaire pour les entreprises des licenciements, c'est une augmentation du coût de la cotisation accident du travail, maladie professionnelle, en fait toute une multitude de choses. Au total, c'est près de 10 milliards qu'on va chercher dans les entreprises.
Voilà, le paquet global lui semble insoutenable, celui-ci en particulier. Moi
j'appelle les patrons à la décence. Ce sont les premiers responsables de la situation actuelle. Pourquoi il y a une telle colère dans le pays ? Parce que depuis 10 ans, Emmanuel Macron leur a tout donné sans même qu'il le demande. Les profits des grandes entreprises n'ont jamais été aussi élevés, les dividendes n'ont jamais été aussi élevés. Sur le chantage qu'il nous présente, de toutes les manières, dès qu'on parle d'une avancée pour les salariés, c'est la fin du monde pour les patrons, c'est quand même un problème. Et ensuite, sur la question de l'emploi, je le dis, Il n'y a aucune étude sérieuse qui démontre que quand on augmente les salaires, on supprime des emplois. La preuve ! Le
ministre du Travail affirme qu'une hausse du SMIC de 150 euros, ce que vous proposez, pourrait faire disparaître jusqu'à 250 000 emplois.
Oui, ça c'est faux. Les pays européens qui ont fortement augmenté leur salaire minimum ces dernières années en sont la preuve. L'Allemagne, l'Espagne, la Grande-Bretagne. Dans ces pays, le SMIC a énormément augmenté. Il n'y a pas eu de suppression d'emplois. Au contraire, ça a créé de la... parce que ça a permis aux gens de manger, d'avoir des loisirs, de sortir, et ça, ça crée de l
'emploi. Alors il y a l'URN qui a une contre-proposition qui ne dit pas de hausse du SMIC parce que justement c'est trop de charges pour les petites entreprises et que ça ne concerne selon eux que 2 millions de salariés. L'URN propose une hausse des salaires de 10% pour 15 millions de salariés, 10% sont exonérés de charges, mesure qui selon Jordan Bardella sur le plateau de TF1 encore lundi permettra à l'ensemble des entreprises françaises d'augmenter.
Non. Alors d'abord, nous, nous demandons une augmentation de tous les salaires du SMIC et de tous les salaires de 10%, mais je rappelle aux patrons et au Rassemblement National, je note d'ailleurs que le Rassemblement National reprend exactement les demandes des patrons, encore une fois, que les cotisations sociales, ce qu'ils appellent les charges, les cotisations sociales, c'est notre salaire, ce sont nos droits, c'est nos cotisations en matière de maladie, en matière de retraite, en matière de chômage. Donc baisser les cotisations, c'est baisser nos droits et c'est creuser le déficit. de la sécurité sociale. Donc il faut augmenter les salaires bruts, à la fois le net pour la fin du mois et le brut pour la fin de la vie, pour quand on est malade, à la retraite ou sans emploi, évidemment.
Je voudrais qu'on dise un mot du budget. Je vais vous reparler du RN dans un instant, mais sur le budget, il a été rejeté à l'unanimité hier soir. Ce n'est pas franchement une surprise compte tenu des débats. Mais ce qu'on lit dans Le Monde, c'est que, je cite, devant l'impasse des débats, Sébastien Lecornu explore la voie des ordonnances. S'il passait par ordonnances, comment réagiriez-vous ?
La question, c'est le contenu du budget. Aujourd'hui, ce budget est dangereux pour le pays. Le pays est au bord de la récession. Il y a des millions de ménages qui n'arrivent plus à se chauffer. Ce budget, c'est le coup de grâce, puisqu'il va encore nous faire les poches que le gouvernement et le patronat ont déjà vidé. Ce budget, il va faire baisser la situation, le pouvoir d'achat de plus de 22 millions de ménages en France. C'est l'OFCE qui le dit. Il va prendre à tout le monde, sauf aux riches. Par exemple, pour les retraités, ça serait 250 euros en moyenne de pertes par an pour un ou une retraitée qui touche une pension de 1450 euros par mois on sait qu'on ne peut pas vivre avec 1450 euros par mois pour les familles ça serait moins 150 euros par an d'allocations familiales pour une famille monoparentale par exemple je peux continuer la liste chacune et chacun va y perdre alors
je reviens au RN je voulais juste m'arrêter sur cette question du budget elle est majeure on sait pas d'ailleurs ce que le RN va voter en l'état Le RN menace de couper une partie de vos subventions. Sébastien Chenu qui a déclaré que si Marine Le Pen arrivait au pouvoir, je cite, il n'y aura plus un centime pour la CGT. J'ai interrogé Laurent Jacobelli du même parti. A votre place, c'était vendredi dernier. Je vous propose d'écouter sa justification, sa réponse. Comme ça, vous pourrez réagir juste après.
devraient regarder aussi les comptes des syndicats, c'est-à-dire qu'il y a une part qui est payée pour effectivement faire leur travail de syndicat, c'est le cas de la CGT et d'autres, et parfois ils organisent des meetings très politiques, et là pour le coup il faudrait que ça soit traité comme de la politique.
Et je reçois Sébastien Chenu demain ici à votre place, donc je l'interrogerai sur le sujet. Qu'avez-vous à leur répondre au responsable du RER ? Rien
de neuf sous le soleil, malheureusement. Ça confirme à quel point le Rassemblement national est un danger pour nos démocraties. Je rappelle au Rassemblement national qu'en démocratie, le gouvernement ne choisit pas qui sont les syndicats qui ont droit à des financements. Ça se définit en fonction de la représentativité syndicale et du vote des salariés. Je rappelle au Rassemblement national qu'en démocratie, les syndicats... Les syndicats sont indépendants et ont le droit et même le devoir de critiquer les décisions des gouvernements et des patronats et des employeurs qui vont contre les intérêts des travailleurs et des travailleuses. C'est la base. Et le problème, c'est que le Rassemblement national dit ça pour les organisations syndicales, mais il dit la même chose pour l'audiovisuel public, il dit la même chose pour les associations. Il veut attaquer tous les contre-pouvoirs, toutes celles et ceux qui peuvent le critiquer. L'extrême droite est un danger pour notre... démocratie, à l'image de ce qu'a fait Donald Trump aux Etats-Unis par exemple.
Bon, on y reviendra et donc le RN aura aussi l'occasion de répondre. Le débat va se poursuivre jusqu'à la présidentielle et bien au-delà, à n'en pas douter. Les questions de français, Sophie Binet, je les découvre avec vous en direct. On regarde juste ici. Nous avons une première question de Aïssa à Beson. Bonjour à vous Aïssa. Quelles actions concrètes la CGT comptent-elles engager pour améliorer le pouvoir d'achat des salariés ?
Il nous faut deux choses. Un, il nous faut des augmentations de salaire à tous les niveaux. Deux, il faut des mesures contre la vie chère. Il faut bloquer les prix des carburants, bloquer les prix des produits de première nécessité en allant taxer les marges des pétroliers et de la grande distribution qui font des marges faramineuses. Et donc, qu'est-ce qu'on compte engager comme action ? Nous appelons les salariés à manifester et faire grève. Et je sais que la grève, ce n'est pas facile parce que quand on fait grève, ça coûte une journée de salaire. les entreprises qui font grève les employeurs sont très rapidement obligés d'ouvrir des négociations et la dernière chose que je veux dire c'est que le problème en france c'est que dans 40% des entreprises privées il n'y a pas de syndicats quand il n'y a pas de syndicats dans une entreprise les salariés n'ont pas l'employeur n'est pas obligé de négocier sur les salaires les salariés n'ont pas le droit à une négociation sur les salaires donc j'appelle toutes celles et ceux qui nous regardent qui sont dans des entreprises sans syndicats à créer un syndicat dans leur entreprise et ça permettra de gagner l'ouverture immédiate d'une négociation sur les salaires
peut-être négociation aussi sur le travail des seniors parce que on m'indique que c'est une question sur les seniors qui nous parvient de Gérard qui est à Tours alors je lis avec vous j'ai 56 ans je cherche du boulot mais je n'en trouve pas que proposez-vous pour l'emploi des seniors oui
c'est un énorme problème le chemin des seniors la france est un bonnet rouge en la matière c'est scandaleux que le patronat ne prennent pas ses responsabilités et que les seniors soient les premiers licenciés des entreprises il ya des plans de licenciement qui se multiplient et donc ce qu'il faut d'abord c'est arrêter de reporter sans fin l'âge de départ en retraite parce qu'on nous dit qu'il faut travailler toujours plus mais en fait on voit bien qu'on licencie les seniors donc nous pensons qu'il faut abroger la réforme des retraites et puis ensuite il faut que les entreprises et des obligations sous peine de sanctions en matière d'emploi des seniors et aussi des obligations en matière de formation. Il est
arrivé, c'est Nicolas
Dauze,
c'était promis. Il est là. La promesse extraordinaire. On l'attendait. On l'attendait. Sophie Binet,
je vous entends dire que... Vous ne voyez pas l'évidence du rapport entre la hausse du salaire minimum et les impacts sur l'emploi. Mais il y a quand même des travaux académiques qui l'ont confirmé, les travaux du groupe d'experts sur le SMIC. Une étude de l'INSEE qui avait indiqué qu'un milliard de hausse sur le SMIC pouvait mettre en péril entre 15 000 et 25 000 emplois. Donc c'est un sujet que vous balayez d'un revers de main encore aujourd'hui.
Ah oui, c'est un sujet qui est extrêmement contesté. Et surtout, il y a des discours théoriques et dogmatiques. Le groupe des experts sur le SMIC, c'est surtout le groupe des experts de la non-augmentation du SMIC. parce que c'est grâce à eux que depuis 14 ans le smic n'a pas été augmenté il
est augmenté régulièrement n'a pas eu de coup de pouce n'a pas eu de coup de
pouce et que la france
politique le coup tout
à fait c'est pas les experts
sur le spa à chaque fois ils ont
préconisé de paris
mais le gouvernement disposait exactement comme pour le taux du livret a c'est le gouvernement qui décide c
'est ça mais c'est eux qui préconise et en tous les cas c'est pour ça que la france et le pays européen qui a le moins augmenté son salaire minimum depuis dix ans et donc mais on est à un
niveau très élevé en europe par rapport aux autres Quand on part de très bas en Espagne, on peut effectivement l'augmenter beaucoup. Quand on est à un niveau très élevé, on ne peut pas non plus aller très très très haut comme par rapport à d'autres.
Sauf que certains sont à un niveau élevé et continuent à augmenter les salaires comme en Belgique et au Luxembourg. Mais pour regarder l'impact de l'augmentation des salaires sur l'emploi, il y a une chose nous qu'on fait, c'est d'un point de vue pragmatique. Regardons dans les pays qui ont fortement augmenté le SMIC ces dernières années, l'Espagne, l'Allemagne, la Grande-Bretagne par exemple.
C'est quoi la fiscalité des riches aux Etats-Unis ? Quand on part à des niveaux relativement bas, on a de la marginale.
D'accord, mais d'un point de vue économique, ce qui compte, c'est les dynamiques. Ce n'est pas les chiffres absolus, puisque c'est aussi relatif par rapport au coût de la vie, au coût du travail, etc. Donc, en termes de dynamique, ces pays ont fortement augmenté le SMIC. En Allemagne, le SMIC, il était au niveau français, donc il n'était pas au ras des pâquerettes. Et pour autant, ça n'a pas supprimé les emplois. Au contraire, ça a soutenu la croissance. Et en Espagne, comme en Grande-Bretagne, ils ne sont pas en récession comme en France.
Ça dépend du niveau de départ. Votre avis par rapport à ce que veut Force Ouvrière ? Très bien pour qu'il y ait des aides aux entreprises, mais il faut des hausses de salaire en contrepartie. S'il n'y a pas d'hausse de salaire, il faut remettre en cause les aides aux entreprises. Les conditions que vous partagez ?
Le problème, c'est qu'il y a 211 milliards d'aides sans condition ni contrepartie. Ça, vous reprenez le chiffre
du rapport du Sénat. On a trois chiffres disponibles désormais. Le rapport du Sénat, le rapport qui avait été remis par le Haut-Commissariat au plan juste après, et le dernier chiffre de 166 milliards d'euros qui vient de Bercy, je crois. Donc on est en peu de 211 et 212. Et 112 ? Non, et 170.
C
'était 112 pour le haut commissariat, 211 pour le rapport du Sénat piloté par le communiste Fabien Guay, et 166 milliards d'euros par rapport au chiffre de Bercy. Donc c'est le grand écart sur les aides. Oui,
mais en fait, c'est parce que les périmètres ne sont pas les mêmes. Et donc parce que certains ont décidé que les exonérations de cotisations sociales n'étaient pas des aides aux entreprises. Mais c'est n'importe quoi. Les exonérations de cotisations sociales, c'est 80 milliards.
Même la fois dernière, sur le fait que moi je vous disais que c'était des choix de politique de l'emploi et vous me disiez que c'était des aides aux entreprises.
Oui, c 'est
des choix
de politique d'emploi, mais c'est des aides aux entreprises.
Ça n'a pas été décidé pour aider les entreprises, ça a été décidé pour créer de la dynamique de l'emploi. Oui,
et donc aujourd'hui, les rapports s'amoncèlent pour montrer que les exonérations de cotisations sociales, 80 milliards d'euros chaque année, sont des trappes à bas salaire et tirent les salaires vers le bas. Pourquoi ? Parce que ces exonérations de cotise sont centrées sur les bas salaires.
Donc il y a un impact très négatif. de la trappe à basse à l'air à cause des concentrations d'allègements de cotisations. J'ai fini ? J'ai plus de temps, Amélie ? Je
suis désolée, une dernière question, parce que je vois la CFDT qui dit ce matin qu'il n'est pas idéal de maintenir le second tour de l'élection présidentielle après le 1er mai. Qu'est-ce que vous pensez du calendrier présidentiel ?
n'est pas à nous de définir le calendrier politique. Ce qui est sûr, c'est qu'on va faire une grande manifestation et mobilisation le 1er mai, comme chaque année. Voilà tout ce que j'ai à dire.
Merci beaucoup, Sophie Minet, d'avoir été notre invitée aujourd'hui.
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