Chargement...
Chargement...
Bonsoir, rebonsoir, bonsoir Robert Ménard. Bonsoir. Merci beaucoup d'être notre invité dans ce format spécial en dialogue avec des Françaises et des Français. C'est la veille de la grande manifestation décisive à Paris et elle débute par une surprise. Elle pourrait revenir au centre de Paris avec tous les risques que cela implique pour les commerçants. On va en parler. Le danger de nouveaux pillages, la restauration d'autorité, la réponse à une crise profonde de sécurité, mais aussi de pauvreté grandissante. Avec nous sur notre plateau, donc, des Françaises et des Français. Vous allez pouvoir interpeller Robert Ménard. questionner, lui soumettre vos remarques. Commençons, puisque les lycéens et les étudiants sont à la source du mouvement par vous, Nathanael. Vous étudiez le Swahili et les relations internationales. Vous êtes adhérent du parti Renaissance, il faut le préciser, vous êtes un des visages aujourd'hui de ce mouvement. Quelques mots sur vous et sur la grande question, est-ce que c'est le temps de continuer ou de reprendre du cours
? Je pense qu'avant tout, ce qui est nécessaire, c'est que les lycéens continuent à se mobiliser. Parce qu'on a eu de premières annonces, de premières quasi-mesures qui ne sont pas toujours dans le sens des lycéens. On l'a vu notamment avec les 4 milliards d'euros qui ont été annoncés pour notre bâtisse scolaire. Donc il y a nécessité de poursuivre la mobilisation. Maintenant, la question, c'est en effet, et je pense qu'il est légitime de la poser, est-ce pertinent de continuer à exprimer notre mobilisation en bloquant nos lycées ? Je ne sais pas.
ne sais pas. C'est vrai que je suis tenté. Moi, je vous rappelle quand j'avais votre âge, j'en ai bloqué des lycées pour emmerder le monde. Oui, et pas dire que je ne l'ai pas fait. Et tu as lévé le sentiment, et j'avais le sentiment, et peut-être j'avais raison à l'époque de croire que si tu ne les bloquais pas, les lycées, il s'en foutait. Donc c'est un des arguments. Le deuxième, c'est qu'aujourd'hui, on est dans une période un peu particulière. On est dans une période où tous les gens qui sont dans l'opposition, tous ceux qui ne sont pas au gouvernement, peuvent te faire toutes les promesses du monde sans que ça leur coûte un rond. Et moi, je pense qu'aujourd'hui, il y a un certain nombre de gens qui disent aux lycéens des craques, qui leur racontent des bobards. Je prends un seul exemple sur Parcoursup. À droite et à gauche, il y a un certain nombre de gens pour te dire qu'il faut supprimer Parcoursup. Je ne sais pas s'il faut l'améliorer, mais quand tu leur dis et tu le remplaces par quoi ? Et là, tu n'as plus l'ombre d'un quart d'une réponse. Et moi, je trouve qu'il n'y a rien de plus méprisant par rapport à... Quel âge avez-vous ? 18 ans. 18 ans. Mes enfants les plus petits sont plus grands que vous. Moi, je n'ai pas envie de leur raconter des mensonges. Je ne le fais pas comme mère. Je n'ai pas envie de dire aux gens, je vais supprimer Parcoursup et qu'est-ce que tu vas faire ? Il ne va plus y avoir de sélection. Comment tu peux mentir aux gens comme ça ? Comment on peut raconter ? On se prend dans la gueule aujourd'hui tous les mensonges, tous les trucs qu'on a inventés. Il y avait 80% par classe d'âge qui allaient avoir le bac. C'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. Mais moi, je le dis tout le temps, je porte une part de responsabilité personnelle là-dessus. Parce que si mes enfants, on m'avait dit « Ah, mais ils ne vont pas faire d'études supérieures, ils vont faire un CAP ou quoi », je l'aurais vécu comme une espèce d'échec pour et tout, alors que c'est une connerie, parce que peut-être qu'ils auraient un métier qui leur permettrait de vivre décemment. Donc, pour répondre à la question, je ne sais pas. Montre pas du doigt ça. La seule chose que j'ajoute, mais je pense qu'on est d'accord, c'est pas parce que tu manifestes que t'es obligé de tout casser. C'est juste un petit détail, mais c'est pas un détail
à
nos dents. C
'est
ce que j
'allais dire. La majorité aujourd'hui des violences qu'on a pu voir, notamment entre des lycéens, ou quand on a vu certains lycées, notamment, se faire casser de différentes manières. Dans la majorité des cas, il faut aussi reconnaître que ce n'était pas des lycéens. Il y avait bien deux mobilisations distinctes, une mobilisation lycéenne et des violences. Je
suis d'accord. Moi, quand je suis allé parler avec les lycéens qui, chez moi, manifestaient et tout, tu pouvais discuter. D'ailleurs, un certain nombre, je leur ai dit, tenez, on va à la mairie, on va voir le sous-préfet, on va voir le proviseur pour discuter. Et les petits cons, pardon de cette expression, tu rigoles, un gamin de 13 ans qui jette un cocktail Molotov sur des policiers, c'est quoi ? C'est quoi ? C'est un pois chiche à la place du cerveau. Il sait ce que ça peut faire. Il se doute de ce que ça peut faire. Lui, évidemment, mais... Pardon, il était collégien, je ne sais pas s'il y allait beaucoup à l'école, mais il était collégien. Mais Dieu merci, vous avez raison, c'est une infime minorité. Sauf qu'aujourd'hui, qu'est-ce que vous retenez ? Qu'est-ce que vous retenez ? Moi, chez moi, il n'y a pratiquement pas eu de problème. Honnêtement, je ne vais pas me plaindre, il n'y a pratiquement pas eu de problème. Vous êtes commerçante, madame, mais même sans problème, samedi dernier, il n'y avait personne dans le centre-ville parce que les gens, ils avaient peur. qui est quelque chose. Je fais les
présentations complètes que tout le monde a été présenté. Ensuite, on entrera plus exactement dans chacun de vos témoignages. Mais Isabelle, vous êtes retraitée, vous étiez vendeuse de chaussures. Et évidemment, vous pouvez comprendre, je crois que votre fille aussi est commerçante.
Je n'étais pas que vendeuse de chaussures, j'avais un magasin de chaussures. Et je suis aussi partie de la Fédération des étayants en chaussures, dont je suis la secrétaire. Donc il est vrai que tout ce que je peux faire pour défendre les commerçants, je le ferai. Et c'est pour ça qu'à cette heure-ci, je serai mieux chez moi, mais je suis là. Parce qu'ils ont besoin d'être défendus. Vous savez, un commerçant, c'est toute sa vie qui est là. Alors si on détruit son travail, on détruit tout. Et on ne peut pas laisser faire n'importe quoi. Et je suis très en colère après l'État. Parce que ces jeunes-là, s'ils sont dans la rue, ce n'est pas pour se faire plaisir. Bon, il y a toujours un ou deux. peut-être, qui n'a pas envie de travailler. Mais la plupart du temps, ils sont là parce que justement, ils se rendent compte peut-être mieux que nous que ça ne va pas. Et donc je dis à l'État qu'il arrête de faire des promesses en l'air comme il en a fait là dernièrement et qu'il fasse nécessaire pour qu'il puisse arrêter.
Et je vous présente aussi Pierre, vous êtes artisan poissonnier, vous vendez sur les marchés toujours maintenant, n'est-ce pas ? Exact. Et vous travaillez depuis combien d'années ? 37 ans. 37 ans. Vous parlerez tout à l'heure de votre situation, vous avez commencé à l'âge de 17 ans, mais la question à Berménard d'abord là-dessus, c'est effectivement, est-ce qu'il est temps de reprendre soit les cours, soit le travail
Moi, je pense qu'il serait temps qu'on ait une trêve, déjà. Mais pour qu'ils aient une trêve, il faut qu'ils aient une solution. S'ils acquittent des promesses en l'air, ça ne marchera pas, et c'est normal. Et je leur dis, surtout, n'acceptez pas des promesses en l'air, parce que ça ne vaut rien, comme là, ce que vous m'avez expliqué tout à l'heure. Donc, il faut... Que l'Etat soit conscient qu'il faut arrêter, au moins qu'il y ait une trêve pour l'instant. Et là, je parle au nom de commerçants qui ont besoin de travailler. C'est les fêtes qui arrivent. S'ils ne travaillent pas, c'est fini. Ils sont morts.
Je le vois. Je suis le maire d'une ville. Les commerçants, je les vois tous les jours. Ils voient avec panique arriver les fêtes, c'est-à-dire le moment où tu vends. Le chiffre d'affaires, il ne représente pas rien et tout. Et je disais, même s'il n'y a pas d'heure, le climat, il était... C'est l
'angoisse.
En fait, l'être humain est angoissé. Je discutais avec une dame qui représentait les commerciants à Lyon, que je connais, je ne sais plus pourquoi, et elle m'appelait, elle me disait, notre chiffre d'affaires un samedi en ce moment, c'est 90% en moins. par rapport au chiffre d'affaires. Et ils se disent, est-ce que ça va être rattrapé ? Non, on ne peut pas rattraper.
Ce qui est perdu est perdu.
Voilà, et enfin, mes parents étaient commerçants toute leur vie, et donc je pense que ça ne se rattrape pas. Moi, j'ai travaillé à 14 ans, j'ai fait 56
ans de ce métier-là de commerçant. Je peux vous assurer que quelque chose qui est perdu, c'est pour toujours. On ne peut pas réperer dans l'année. Et nous, en plus, en particulier, nous avons un métier qu'on achète 6 mois d'avance. C'est la mode, donc c'est quelque chose d'actuel. Si aujourd'hui, on vient casser la boutique, on enlève tout ce qui... reste qu'il ya dans la boutique je peux pas travailler c'est fini mais
en plus Comment tu peux t'attaquer à des boutiques comme ça ? Tu ne t'attaques pas à un riche, enfin, les gens qui sont commerçants, tout leur argent, il est dans la boutique. Ta boutique, c'est l'économie de ta vie. Je n'arrive pas à imaginer un certain nombre de gens qui le font. Ceci dit, il faut se poser, vous disiez, la question des non-réponses du pouvoir aux demandes des lycéens ou des étudiants. Il faut aussi, quand même, pour être honnête... pas trop démago, se demander qu'est-ce qu'il y a dans la tête d'un certain nombre de ces gamins, qui sont pas forcément des lycéens, mais qui ont 18 ou 20 ans, qui cassent, parce que tu les vois casser. Moi j'en ai vu, je suis allé discuter avec eux. Putain, le mal que t'as à discuter. Qu'est-ce qu'ils réfléchissent ? Moi, je leur ai dit, mais attendez, c'est débile. Vous allez casser les abribus parce qu'ils cassent les abribus. Tu vas casser les abribus, c'est tes parents qui vont les payer parce que les impôts que je vais prendre, moi, pour réparer l'abribus, c'est pas moi seulement qui paye les impôts. La ville, ça n'existe pas. La ville, elle vit avec l'argent des gens. Quelque part, c'est eux qui vont payer, quand même. Oui, c'est ça. C'est leurs parents qui vont payer.
Sur la trêve, oui ou non, j'aimerais que vous répondiez à ça, puisque Isabelle dit que ce serait le moment de faire une trêve. Or, ce n'est pas la trêve, pour l'instant, au contraire, ça va être une très grande manif demain. C'est mal barré pour la trêve, comme dit Robert Ménard.
Je pense qu'encore une fois, il faut que les lycéens se mobilisent, notamment dans des journées comme demain, où on sait que ça va être une journée d'ampleur, où il y aura plein de gens qui seront dans la rue. Maintenant, encore une fois, on a décidé d'adapter notre moyen de mobilisation, parce que je pense qu'il y a aussi... de nécessité, c'est aller en cours. On le sait, au bout d'un moment, il va falloir y aller. Moi, je pense qu'en parallèle de la responsabilité de certains, notamment vis-à-vis des violences, il y a aussi une responsabilité aujourd'hui de certaines organisations lycéennes, de certaines organisations étudiantes qui ne sont pas là pour trouver une sortie de crise. Et qui font de la politique à deux balles. Et on voit ce que ça donne quand on demande l'abrogation de Parcoursup. Vous en avez parlé avant, et c'est vrai. Quand on demande l'ouverture de 250 000 places dans les facs, quand on demande 10 milliards d'euros, c'est complètement démagogique. C'est juste des mesures qui sont politiques et qui nuisent. à l'intérêt des lycéens, ce sont des fausses promesses. Pourquoi ne pas retourner au cours maintenant ? ne pas y aller maintenant ? Parce qu'on a toujours nécessité... d'avoir un rapport de force avec le gouvernement. On attend de voir comment la journée de demain va se passer. C'est
parce que le gouvernement ne sait pas certaines choses qu'il y a ce rapport de force.
En même temps, je ne vais pas défendre le gouvernement, Dieu sait que je ne le défends jamais, donc ça ne va pas arriver ce soir. Mais en même temps, vous le disiez, quand tu dis qu'il faut 10 milliards aujourd'hui... Ce n'est pas ce que les lycéens en demandent, mais c'est ce que certaines... Non, non, je dis les organisations politiques, les lycéens qui disent ça, c'est de la magie, parce que personne n'a les 10 milliards. Tu les sors d'où, les 10 milliards ? C'est exactement qu'ils
existent, mais il faut aller les trouver.
Aujourd'hui, on ne peut pas dire sérieusement qu'on ne va pas augmenter les impôts et qu'on va trouver 10 milliards pour ceci, 10 milliards pour cela. Les mêmes qui, demain, s'ils sont au pouvoir, j'attends de voir d'où ils sortent l'argent.
Et puis d'ailleurs, on demande aujourd'hui les lycéens sur le terrain, ce qu'ils veulent, ce n'est pas l'abrogation de Parcoursup. Ce qu'ils veulent, c'est avoir une licence, un master et après un travail. Si c'est pour ouvrir 250 000 places, que tout le monde ait des diplômes, mais que derrière, la demande d'emploi n'augmente pas, ça ne sert à rien. S'il n'y a pas de débouché professionnel là où on fait des études, finalement, ça ne nous mènera absolument à rien.
Question, les casseurs payeurs, est-ce que les casseurs doivent payer ? Je rappelle pour celles et ceux qui nous rejoignent, on est avec Robert Ménard, émission spéciale en dialogue avec vous, Nathanaël, avec Isabelle, avec Pierre. La question, évidemment, est le parcours de demain qui pourrait, on verra, le recours devrait tomber dans quelques instants, on le suivra en direct. Mais être soit Bastille-Concorde, mais ce n'est pas l'hypothèse dominante, puisque la préfecture refuse, hypothèse dominante. République à Nation donc de nouveau au centre de Paris avec le risque de casse. Est-ce qu'il faut l'assumer ? Est-ce que c'est trop dangereux ? Moi, je ne l'aurais jamais fait.
Moi, je me suis battu pour que chez moi, ça ne passe pas dans le centre historique où il y a les commerces. Je ne suis pas jobard quand même, un tout petit peu, tu vois. Vous prendrez le risque à ma place ? Honnêtement, Pierre, vous ne vous direz pas, je vais laisser passer. Il suffit qu'il y ait trois allumés, pas 50. C'est l
'État qui est responsable dans ce cas-là, parce qu'il laisse passer, justement, il cherche à que les gens fassent des choses
abominables. Je me suis battu et j'ai obtenu que ça ne passe pas dans le cœur de nous. Oui, bien sûr qu'il faudrait faire payer un certain besoin. Moi, je suis hyper dur pour ça. Quand tu prends 15 jours de prison, tu fais 15 jours de prison. Tu les fais. Quand tu prends une amende, tu paies l'amende. Si tu ne peux pas la payer, tes parents la paient. Alors on va me répondre qu'il y a un certain nombre de parents qui ne sont pas responsables. Un parent est toujours
responsable.
C'est exact. On est d'accord. Donc... quand tes gosses font des conneries, pardon, tu règles tes problèmes avec tes gosses, mais tu les payes. Mais l'État aussi
est responsable.
L'État est responsable.
Si, parce que quand il y a une manifestation, par exemple, la première manifestation qu'ils ont cassé les boutiques, on l'a vu, c'était horrible, les gens ne pouvaient pas se défendre, ça ne t'attendait pas à une chose pareille. Mais là, l'État aurait dû être là, il n'y avait personne.
Au lieu de mettre 20 000 policiers, tant mais 70 000 comme ils l'ont fait le week-end d'après, et ça a marché, ça absolument. C'est eux qui sont responsables. Oui, mais les gens qui font des dégâts, tu payes les dégâts. Moi, je suis une ville où, vous savez, les travaux d'intérêt collectif, j'en fais sans arrêt. Parce que quand tu fais une bêtise, tu vas aider chez nous, tu sais ce que tu fais, tu vas aider dans une association où la mairie, tu vas couper les tiges des arbres. D'accord là-dessus, mais
là, si les jeunes sont dans la rue... d'autres personnes et puis bientôt tout le monde sera dans la rue parce qu'on a tous des revendications très importantes c'est aussi un peu à la cause quand même de l'état
Alors Nathanaël, vous êtes très silencieux. Pourquoi vous êtes très silencieux ? Le mouvement s'est endormi, qu'est-ce qui s'est passé ? Vous allez quand même vous défiler demain ? J'écoute ce qu'il s'est dit. Alors vous dites oui ou non à la trêve, mais oui ou non, est-ce que vous êtes pour les casseurs payeurs, c'est-à-dire ce projet où non seulement ceux qui cassent directement, mais ceux qui entoureraient les casseurs après des sommations paieraient eux
aussi ? Moi ce que je pense c'est qu'en tout cas oui, quand on casse quelque chose, il est de nature de le réparer. Maintenant, vous l'avez évoqué, les travaux d'intérêt généraux, je pense qu'aujourd'hui c'est quelque chose qui n'est pas assez fait. Et vous savez, il y a des études qui le montrent. et il y a des jeunes qui le disent pour qui c'est arrivé, quand on fait, quand on casse quelque chose et qu'ensuite on est obligé, entre guillemets, d'aller réparer, d'aller aider le collectif, souvent, à la fin, il y a quand même une certaine forme de gratitude et de reconnaissance dans ce qu'on vit dans notre quotidien, de se rendre compte qu'il y a des gens qui, toute la journée, nettoient ce que nous, on a pu casser. Les parents doivent payer ? Les parents doivent payer ? Les parents des casseurs ? Je pense que la personne qui casse doit casser.
Non, pas dans le casse, elle doit payer.
Comment ? D'un casse-qué ?
Non,
la personne qui casse doit payer ce qu'elle a cassé. Elle doit
réparer, évidemment. Donc vous êtes d'accord avec Robert Mellard
Pour le coup, oui, sur ce point-là. Mais il a le droit, c'est pas parce qu'il a le sens. C'est très bien,
c'est très constatuel.
Et les lycéens sont tous d'accord avec ça ? Je pense. En tout cas, je n'ai pas vocation à m'exprimer au nom des lycéens sur ce sujet-là. Mais ce que je pense, c'est que ça me paraît quelque chose de logique. Quand on abîme quelque chose, il est d'usage de le réparer, oui.
Oui, je suis d'accord aussi. C'est normal, on casse, on paye. C'est logique.
– Pas tout à fait d'accord, parce qu'il y a des circonstances qui ont fait qu'on a cassé, qu'on a profité de casser. Si on est sûr de les prendre, on est sûr que c'est cela, d'accord, mais ce n'est pas tous les autres qui vont payer pour deux ou trois qui ont fait. – Vous
ne pouvez pas dire ça quand même. – Pourquoi ? Si. – Attends, un mec qui est rentré dans les magasins et qui a pillé la marchandise, tu dis, tu fermes les yeux. – Si on les a
arrêtés sur le fait de ce qu'ils faisaient, je suis tout à fait d'accord. – On en a arrêté
plein. Je vous dis, je trouve qu'on ne les condamne pas assez. Enfin, moi, quand mes parents étaient commerçants, si un mec... Vous ne croyez pas que c
'était l'Etat qui
devait être là, qu'il y ait des flics devant moi ? D'accord, mais... Ben alors,
c'est tout. Il n'a pas fait des résultats.
Oui, enfin, c'est pas l'Etat qui reste. S'il n'y a pas assez de flics ou si les flics sont débordés, je ne vais pas dire, ah, ces pauvres chéris pouvaient faire ce qu'ils voulaient. Non, pas ces pauvres chéris, c'est des résurés, là.
Non, mais il faut être conscient que ce n'est pas non plus la faute de tous les jeunes qui a eu une partie.
Personne ne dit que c'est la faute de tous les jeunes. les jeunes qui cassent. C'est de leur faute. Moi, j'arrête de penser qu'on va trouver des excuses à tout le monde. Je pense que si on en est là, honnêtement, moi, je suis un vieux monsieur, ça fait 73 ans, ça fait 60 ans que j'entends un certain nombre de gens passer leur vie à trouver des excuses, y compris moi, mes propres enfants. On va arrêter. Je ne trouve pas d'excuses à l'état non
plus. Non, je suis désolée. Je ne trouve pas d'excuses à l'état non plus. Parce que quand j'ai vu mes collègues, là, devant des vitrines, on venait les casser, il n'y avait
personne. Mais on peut dire les deux choses. On peut dire à la fois qu'il y a une responsabilité de l'Etat parce qu'il n'a pas assuré la sécurité et il y a une responsabilité des casseurs parce qu'ils ont cassé. On sait
très bien que les casseurs viennent là pour casser. Ce ne sont pas des lycéens qui vont casser, ça on le sait. En 68, c'était pareil. On les a payés pour qu'ils viennent casser. Honnêtement,
pour avoir vécu un tout petit peu de 68, je n'ai pas le sentiment qu'il y avait beaucoup de gens dans les manifestations. Mais je ne crois pas qu'il cassait les vitrines pour piquer...
Oui, bien sûr qu'il y a eu.
Objectivement, je crois qu'il y a eu moins. Il y a eu moins d'attaques aux personnes aussi. Là, il y a beaucoup de casseurs, il faut tout à fait les distinguer des lycéens évidemment, mais qui s'attaquent vraiment aux gens. Ce qui est vraiment un cadre incroyable. On ne peut pas commencer à trouver des circonstances
atténuantes à des petites frappes quand même. Je
ne trouve pas des circonstances atténuantes. Je trouve que ces jeunes qui ont fait ça, ils ont été certainement payés pour le faire. Voilà, c'est mon point de vue. Ils ne le regardent que moi. Oui, bien sûr. Mais payé par qui ?
Par qui ?
Va chercher.
Par qui ? Par ceux qui
ont intérêt à mettre justement tout ce qu'on fait, parce qu'ils viennent sérieusement se défendre dans leurs idées et on vient. Moi j'ai vu des événements... Isabelle, pardon, soyons précis,
il n'y a aucune indication qui dit ça. Vous êtes des informations que nous n'avons pas, mais en tout cas il n'y a aucune information. Vous ne pouvez pas dire ça en fait. Mais je le
ressens, voilà. Parce qu'ils sont arrivés, je les ai vus. à la télévision, sauf si la télévision m'a montré n'importe quoi. Je les ai vu arriver, après tous les jeunes qui étaient passés, ils étaient arrivés, cagoulés, habillés pareil, et ils ont cassé. Ils ont volé et cassé. Donc, je dis, ils ont été amenés là pour faire ça. Vous
ne pouvez pas dire ça. Pourquoi
je ne peux pas dire ça ? Parce
que vous n'avez pas la preuve pour le dire. Vous n'avez pas
la preuve non plus que ces jeunes-là étaient des casseurs comme ça, au hasard, non ?
Il y a des comparutions rapides, etc. Mais malheureusement,
il y a de tout. Mais la plupart...
'aimerais vous entendre sur le fait que le contribuable paiera, puisque notamment le contribuable paiera simplement parce que souvent c'est simplement l'État qui paie, et le preneur d'assurance. Il y a déjà cette perspective de la surprime de 0,8%. Donc en réalité, tous ceux qui payent des impôts, tous ceux qui ont des assurances vont payer ce que les casseurs ont payé. Vous aussi Pierre, j'aimerais votre réaction là-dessus.
Ah oui, c'est sûr que là on va payer plus cher. Après, ce qui est compliqué, c'est que c'est ce que je disais, c'est nos politiciens, c'est que des taxes sur taxes sur taxes, ils passent leur temps à taxer. C'est que moi, ce que je veux dire, c'est que j'ai rien contre les maires, parce que les maires, moi, ma mère, elle est impeccable. Ils sont avec nous, ils sont envers les gens et tout, mais nos politiciens sont complètement déconnectés de la Terre et de la planète, c'est pas possible. Ils ne voyaient pas ce qui se passe. Ils passent leur temps à taxer, taxer. Alors, moi, je passe mon temps à taxer, mais moi, je passe mon temps à travailler pour ça. Mon salaire, il part pour eux. C'est qu'à un moment, je commence à en avoir marre. Que ce soit n'importe quel parti, pour moi, ils sont tous pareils. Il n'y a aucun, aucun, aucun qui cherche une solution. Pourquoi ils ne se mettent pas tous à table et ils parlent ? Ils essayent de trouver une solution pour nous, le peuple. Parce que ce qu'ils ont oublié, c'est que nous, on les élu, on vote pour eux. C'est la
moindre des choses. C'est nous leur patron, en fin de compte. Pierre, expliquez bien votre situation. Vous êtes artisan poissonnier. Vous vendez sur les marchés. Sur quel marché actuellement ? Sur Malakoff. Ça fait 37 ans que vous travaillez. Commencez à 17 ans. Et à mes collègues, quand vous expliquiez votre situation... Même 16 ans. Et vous disiez, vous avez de la peine actuellement à payer votre chauffage.
Exactement, chauffage, loyer, là je suis à découvert, et je travaille comme un dingue, je travaille tous les week-ends, je me lève à 1h30 du matin pour aller travailler, je rentre vers les 3-4h de l'après-midi, le lendemain, rebelote, j'ai 2-3 jours de repos, sur les 2-3 jours de repos, je suis obligé de bosser. Et là, en ce moment, il n'y a pas d'intérim poisson, je fais des petits boulots à droite et à gauche, je fais un peu de peinture à tout, mais c'est pareil, tout le monde n'a plus d'argent, plus personne. Et puis là, ça devient très dur, j'ai deux enfants, Normal, il y a un qui a 17 ans, il va au lycée, il demande beaucoup de choses, ce qui est normal, c'est logique. Je commence à avoir vraiment du mal. Et là, j'ai honte de le dire, mais j'emprunte de l'argent à mes amis. Et heureusement que je peux leur rendre à la fin, mais à un moment, quand je ne peux plus le rendre, ça décale le mois prochain. Et à chaque fois que j'arrive à un décalage, à un moment, je n'arrive plus. Et là, ça devient très très très dur. Et quand je vois tout ça, là, je... Je deviens un fou, quoi. Et puis pour nos patrons, c'est pareil. Nos patrons artisans, ils ont du mal. Ils payent trop de charges, ils n'arrivent plus à suivre l'essence augmentée, le matériel, l'électricité, tout a augmenté. Un peu pareil. À un moment ou à un autre, ils ne peuvent plus embaucher. Moi, j'ai peur pour mon boulot, avec tout ce qui se passe, je suis salarié, je ne suis pas patron. Mais vice versa, ils ont besoin de moi comme moi j'ai besoin d'eux. Et comme je disais tout à l'heure, on est une famille. Et moi, je ne peux pas me permettre d'aller manifester. Certes, je suis d'accord avec le pouvoir d'achat, l'essence, je suis entièrement d'accord. Mais je ne peux pas me permettre, le samedi, le week-end, c'est mon travail le plus. Je ne peux pas me permettre d'aller manifester, ce n'est pas possible. Comme tous les
commerçants. C
'est comme tous les commerçants, exactement. C'est ce que je suis en train de dire. Ce n'est pas possible. À un moment, il faut que tout ça, ça s'arrête, et puis là, on arrive sur les fêtes, et puis ça va être compliqué pour nous tous, quoi. Réaction.
Non, hier matin, j'étais chez moi avec des viticulteurs, chez moi, c'est la vigne, évidemment, des viticulteurs, et ils me disaient la même chose que vous, ils me disaient, vous vous rendez compte qu'on a tellement de mal à vivre, et ils le disaient, la mort dans l'âme. qu'on devienne des mauvais payeurs. C'est-à-dire que le matériel, on a de plus en plus de mal à le rembourser parce qu'on n'y arrive pas. Il me racontait que le carburant... Il le payait 60 centimes le litre il y a deux ans, il le paye 1,30€ avec les primes, les réductions et tout. Il me disait un tracteur c'est 350 litres par jour, il me disait on n'arrivait même plus à faire ça. Le vin, le vin de chez moi, je ne parle pas des grandes appellations, le vin de chez moi que t'achètes, il disait il est exactement au même prix. 'en 1990, il me dit mais entre 1990 et aujourd'hui, les prix ils ont explosé, le coût a explosé. Et un type, un jeune mec d'ailleurs, venait me voir et me disait ça va finir, j'espère qu'il se trompe, vous avez bien compris, il me dit ça va finir au bout de corde parce qu'il y en a un certain nombre qui se suicideront parce qu'ils n'arrivent plus. à s'en sortir. Je suis d'accord avec vous. Pourquoi je suis intransigeant sur les gens qui se comportent mal ? Parce que c'est aux honnêtes gens qu'il faut répondre.
Justement, au détail, il faut qu'ils réagissent parce que sinon, on va les tous sur la rue, il ne faut pas arrêter les jeunes. Moi,
je suis maire d'une ville. Toutes les cases qu'il y a, ça va se retrouver dans les impôts. Parce que les assurances, je vais vous donner un exemple, les assurances chez moi, ils vous disent, on continue à vous assurer, vous savez, sur les bâtiments et tout ça. Mais vous savez, on avait des, comment on appelle, des, pas des réserves, pour les assurances, en dessous de telle somme. Oui, on avait un
plafond.
Non, non, en dessous de telle somme, vous n'êtes pas remboursé. franchise. La franchise chez nous, pour les bâtiments, elle était de 30 000 euros. C'est-à-dire qu'on nous remboursait au-delà de 30 000 euros. Vous savez à combien elle est sur les bâtiments aujourd'hui ? Elle est à 2 millions d'euros. Ça veut dire que concrètement, tu as compris, on ne te remboursera jamais rien. Si on ne te rembourse plus jamais rien, pardon monsieur, si vous étiez à Bézier, vous travaillez à Bézier, c'est vous qui allez payer les dégâts.
Est-ce qu'on risque d'arriver au seuil de la révolte quand des gens qui travaillent comme vous, Pierre, et d'autres, sont en réalité ceux qui continuent de devoir, soit par les impôts, soit par les assurances, payer, alors qu'on l'a compris, les casseurs, il y a une infime partie qui vont payer ce qu'ils doivent Bien
sûr, mais moi je vois des gens, des commerçants que je connais, comme il paraît des commerçants, je connais plein de commerçants et tout ça, les commerçants qui me disent... On va s'armer. Alors pour l'instant, vous avez compris, c'est des grenades, c'est des trucs climogènes, c'est des trucs pas létals, on ne tue pas quelqu'un et tout ça. Mais attendez, un jour, un
jour,
si ça continue, ça
finira
mal.
On l'a vu à Montpellier, on l'a vu à Montpellier, il témoignait ici même, un commerçant qui disait, moi je me suis battu à coup de barre de fer quand les casseurs sans les pierres sont entrés dans mon magasin.
J'ai vu des commerçants me dire, mais attends qu'il n'y en ait pas un qui rentre dans... dans mon commerce, ça a mal passé. Et moi, personne d'entre nous ne nous sink ici, il a envie de voir ça. On n'a pas envie... Justement
pourquoi je dis l'État, il faut qu'il réagisse. S'il continue à ne rien faire, à part écouter les jeunes leurs revendications qui sont certes importantes, on va aller à une révolution. Il faut être clair là-dessus.
Et qu'est-ce que vous comprenez ça, Nathaniel, des gens qui sont fâchés de dire, bien sûr, vos revendications sont justes, mais pendant que vous manifestez, ceux qui payent en réalité les conséquences de ça, ce sont des travailleurs, parfois des travailleurs en précarité, et ce sont des contribuables, et ce sont des assurés.
Déjà, pour revenir sur ce que disait Madame, je pense qu'il y a quelque chose de très intéressant, c'est que l'État a beaucoup trop tardé, et d'ailleurs je parle de l'État, mais je pourrais aussi parler de certaines collectivités locales, je pense aux régions sur la question du bâtisse scolaire notamment. On a eu une réponse politique qu'on a attendue pendant des semaines et des semaines. On n'a toujours pas de réponse sur certaines de nos revendications. On parle aussi de, en effet, le fait que certaines personnes aujourd'hui en ont entre guillemets marre des manifestations parce que s'en suit des actes de violence. Mais malheureusement, et nous on le comprend et on en est les premiers concernés, parce qu'aujourd'hui nos revendications se font complètement étouffées par justement les violences qui agrègent les manifestations, les mobilisations, etc. On en est tous conscients. Maintenant je pense qu'il y a une responsabilité. La responsabilité collective de la part de ce qu'on peut appeler les politiques, etc., sur le fait d'avoir tardé sur nous apporter une réponse, et une réponse qui parfois ne répond même pas à nos attentes. Je parlais des collectivités locales tout à l'heure. Les régions, j'en vois beaucoup qui chiffrent aujourd'hui justement les dégâts dans nos lits faits à juste titre, certes, mais j'en vois très peu qui derrière disent qu'on va investir tant dans notre jeunesse parce qu'il y a nécessité d'investir plus dans le bâti scolaire, il y a nécessité d'investir plus dans nos jeunes. on n'a toujours pas ces réponses. Aujourd'hui, c'est très problématique. Déjà,
c'est quand même notre avenir.
Mais en même temps, je vais essayer de ne pas être démago et de ne pas donner raison quand je ne le pense pas. D'abord, les politiques, ça n'existe pas. Non,
ce que je veux dire, Ménard, par les politiques, c'est la classe politique de nos élus.
Je ne veux pas être mis dans le même sac.
Vous n'êtes pas au gouvernement. On
ne dit plus les politiques, on dit le gouvernement.
Ce n'est
pas la même chose. Si je ne le dis pas, je ne veux pas vous faire plaisir sur tout. On n'est pas obligé d'être d'accord sur tout. La deuxième chose, je ne parle pas des lycées, parce que les lycées, comme vous venez de le dire, c'est les régions. Moi, j'ai en charge les écoles pour les plus petits et tout. Mais attends, il y a des limites aux travaux qu'on peut faire. Moi, je le dis tout le temps, c'est une formule, je suis épicier à la mairie. Épicier en chef. C'est-à-dire que je regarde l'argent qu'on a et je regarde si on peut faire les travaux ou pas les travaux. Tu ne peux pas faire tout. Moi, c'est comme à la maison. Quand tu achètes une bagnole à la maison, tu regardes si tu as les moyens de payer les traites. Enfin, je ne sais pas comment tu vis. Tous les jours, je fais ça. Tous les jours, je vois, est-ce que oui ou non, on peut restaurer telle école parce que ça coûte un million et demi ? Est-ce qu'on les a ou pas
? Robert Ménard, oui ou non, est-ce qu'on a fait une fausse promesse à une génération ? La génération Nathanael, vous tenez là-dessus des propos assez durs en disant qu'il faudrait plus d'apprentis, plus de gens proches des réalités parce que là, le bac a été dévalorisé et on les envoie au casse-pipe. Je pense qu'on se fout de la gueule
d'un certain nombre de gens. Aujourd'hui, expliquer, que le bac, ça te donne droit à l'entrée comme ça et que le bac est aussi peu, aussi peu, n'a aussi peu de valeur. 96%, 95% de réussite. Hier, ce matin, j'étais avec la rétrice, la présidente, c'est une présidente, la présidente de l'université Paul-Valéry à Montpellier, où j'ai fait mes études. Elle me disait, écoutez bien, qu'il y avait un quart des étudiants en première année, en première année de licence, pas qui ne passaient pas en deuxième année, qui ne passaient même pas l'examen. Attends, il y a un problème, tu ne peux pas dire, on ment aux gens.
Ça veut dire que c'est bidonné, pardon. Si c'est à ce point-là, ça veut dire qu'il y a un stade, il y a un bidonnage. Votre ami Gabriel Attal disait sur ce plateau même, vous êtes membre de renaissance. Adhérent, c'est votre président. C'est votre président ? Non, ce n'est pas votre président. Gabriel Attal, sur ce plateau, disait qu'on a truqué en quelque sorte les résultats du bac en les faisant remonter artificiellement. Mais pourquoi
ils ne l'ont pas dit tous avant ? Oui, tout de suite avant, quand c'était fait. Pourquoi ils ne le disent pas ? Il y a 40 ans, tous qui sont au pouvoir. Comment tu peux expliquer ? Je donne un exemple toujours parce que je trouve ça effrayant. Comme je m'occupe des écoles, tu as compris, mon boulot, c'est les écoles. À la sortie, il y a 40 ans. à la sortie des écoles, les gosses qui étaient en CM2 et qui allaient passer en 6e. Sur un texte de 10 lignes, il y en avait 30% qui faisaient plus de 15 fautes d'orthographe sur un texte de 10 lignes. Combien il y en a aujourd'hui 90% ! Et tu te dis qu'on a réussi ! C'est vrai que c'est
un baissé à ce point ? Oui, on le sait tous. Il y a eu un problème vis-à-vis de notre niveau scolaire. D'ailleurs, j'entends certains qui disaient l'autre jour qu'on a besoin d'avoir une adaptation de nos études parce qu'on n'est pas allé en cours trop longtemps. Mais aujourd'hui, ce que les lycéens demandent, au contraire, c'est justement d'avoir un vrai bac, d'avoir un vrai bac qui pourra nous donner une licence, un master et surtout un travail à la fin. Donc il y en a beaucoup qui ne méritent pas le bac actuellement qui l'ont. Mériter le bac ou pas, j'en sais rien. Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, on a besoin de...
Oui, moi, je le dis. Il y a un certain nombre de gens qui ont donné le bac et on les a trompés. C'est terrible. Ils n'ont pas le niveau et on leur fait croire qu'ils ont le niveau d'être en fac. Pardon, c'est juste qu'il ne faut pas mentir aux gens. C'est un
mensonge, c'est très grave. Le baccalauréat, historiquement, le bac, c'est quand même un grand... La République a créé le bac, déjà avant Napoléon, mais c'est quelque chose d'extrêmement important, le bac. Mais aujourd'hui...
Vous pensez que le bac, il a une telle valeur qu'il l'ouvre, qu'il va te donner demain ou après-demain un boulot. C'est pas vrai. Il y a un certain nombre de gens qui en feraient bien de faire faire d'autres types d'études pour pouvoir avoir un vrai boulot.
Ces études-là ont besoin d'être valorisées. Parce que pourquoi ? Vous l'avez dit tout à l'heure, les parents n'avaient pas envie qu'ils fassent être apprentis ou autre chose. Vous n'étiez
pas pareil, vous ? Comment
?
Vous avez des enfants ? Bien sûr, j'en ai trois enfants. Et moi, je l'aurais mal vécu si on m'avait dit qu'on les envoie. C'est con, mais c'est comme ça. Mais moi, je ne dis pas que j'ai raison. Je dis que je suis un gros abruti d'avoir dit ça. Je les ai
laissés choisir ce qu'ils voulaient faire. Si vous voulez être apprenti, serez apprenti, faire le baf, faire des grandes études, comme vous pouvez, comme vous voulez. Mais une chose qu'il faut dire, c'est qu'aujourd'hui, l'apprentissage n'est pas mise en valeur. 'apprentissage n'est pas du tout mise en valeur. Et deuxième, toutes les aides que l'Etat donnait au patron pour pouvoir prendre des apprentis, elle a été coupée. De moitié. Et donc un patron aujourd'hui qui peut-être prenait 3 ou 4 apprentis, il en prendra qu'un.
Pardon, sur ce point, et Dieu sait que je ne suis pas proche de Macron, je le dis à longueur de temps, la seule mesure... une des rares mesures positives de Macron, du Macron de 1917, c'est le développement de l'apprentissage. Oui,
mais il a sucré.
Non, mais attends, j'essaye de ne pas être mannequin, vous avez compris, de ne pas dire toute la gauche a raison, ou toute la droite a raison, c'est un tout petit peu plus compliqué que ça, on le sait bien. 2017, c'est pas si vieux. Non, mais attends, moi je le vois, il a développé l'apprentissage, c'était une bonne chose, et vous avez raison, même temps comme il n'y a plus de ronds. Comme il y a plus d'argent, on en fait moins. On apprend
toujours à ceux qui sont plus petits. Alors encore un coup, les jeunes qui voulaient faire des apprentissages, ils ne trouvent pas de patrons. Parce que les patrons, ils ne peuvent pas souvenir un salaire, à donner même à l'apprenti. Il y a un minimum, c'est normal. Ils ne vont pas travailler pour rien. Bon, alors c'est triste parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup de jeunes qui vont se trouver sans rien, sans aucun travail. Et le travail manuel est aussi bien que l'autre.
Comment sortir de la crise ? J'aimerais vous entendre aussi, Pierre et vous Isabelle et vous Nathanaël. Il y a une crise majeure, quoi qu'il en soit, ça ne peut pas durer comme ça éternellement, en tout cas jusqu'à la présidentielle. Si, question, remarque à Robert Ménard, comment est-ce que vous imagineriez sortir maintenant de la crise ? Pierre, si vous voulez dire quelque chose là-dessus. Alors
là, c'est bien compliqué. Alors là, j'aimerais bien savoir comment ils vont faire. Après, pour les lycéens, ils peuvent trouver des solutions, ils peuvent leur donner ce qu'ils veulent. Ils ne vont pas leur donner 10 milliards, là. Non, 10 milliards, je pense que les lycéens ne
demandent pas 10 milliards. Si, si, si, pardon, le porte-parole d'une des fédérations lycéennes a même demandé
20 milliards. Oui, enfin bon, si on continue à faire des demandes d'autant plus lunaires, les uns... Vous les désavouez pour ça ? Vous désavouez leur demande de 10 milliards ou 20 milliards ? Mais bien sûr, ça ne sert à rien de demander 10 milliards, déjà pourquoi ? Parce qu'on est dans un contexte... Le mouvement commence à se diviser là,
j'ai l'impression. Le
mouvement ne se divise pas, c'est simplement qu'aujourd'hui, je pense qu'on a une responsabilité en tant que représentant lycéen, on dialogue pour trouver une sortie de crise. Le rôle d'une organisation lycéenne, c'est de sortir de la crise et d'apporter surtout, et c'est le plus important, des solutions aux lycéens qui sont sur le terrain. Demander 10 milliards pour demander 10 milliards, ça ne sert à rien si on veut sortir de la crise. Aujourd'hui, c'est très simple. Il suffit d'avoir des mesures très concrètes sur le bâti scolaire, sur la question de parcours sub, d'avoir une vraie considération aussi du sujet de la jeunesse. On a des hommes politiques qui parlent à tort et à travers de la jeunesse, moi, qu'est-ce que je propose, etc. Tant qu'on ne met pas la jeunesse autour de la table des décisions pour parler de son avenir, on n'aura rien.
Comment se faisait de la crise ? Un gouvernement ne peut pas tenir comme ça jusqu'en mai 2027. Comment on sort ? Je ne sais pas. Moi, j'ai dit depuis
longtemps, il faut que Macron démissionne. C'est-à-dire qu'il faut qu'ils partent. Tu ne peux pas. Aujourd'hui, il n'y a rien qui... On est dans un pays où tout remonte à l'Élysée. Tu vois, de tous, tu vois, ministres, tu vois, d'abord, moi, je ne sais même pas qu'ils existent et tout, vous serez capable de faire la liste des ministres. Moi, j'en découvre, je ne sais même pas qui sont... Vous les connaissez tous, moi, je ne connais pas les ministres. Tu sais bien que tout se décide, in fine, et il se mêle de tout, à l'Élysée. Aujourd'hui, le plus grand service... le chef de l'État pourrait nous rendre, c'est nous dire, écoutez, on va éviter encore six mois dans cette situation-là. Ça ne réglera pas tout, mais ça permettrait au moins de se poser des questions. Et ensuite, on va voir qui gagne les élections. Et pardon, là encore, pour moi, ce n'est pas la même chose si c'est la France insoumise, des partis... Je fais attention parce qu'il y a quelqu'un à la Renaissance... Ah, ça va, moi, j'irais contre... Je l'ai trouvé Attal bien quand il a été ministre. Je lui ai dit, la dernière fois que je l'ai lu, le seul moment où je l'ai trouvé formidable, c'est quand vous avez été ministre de l'Éducation nationale pendant quelques mois. Mais ça n'a pas duré
longtemps. Mais qu'est-ce que ça changerait si Emmanuel Macron démissionnerait ? Il est élu jusqu'en mai 2027, c'est le peuple qu'il a choisi. Ce n'est pas les Martiens qui
l'ont apporté. Moi, je le demande, mais s'il n'a pas envie, il ne le fera pas. Je pense qu'il ne le fera pas. Mais un, ça n'empêche pas de le demander. Deux, ça veut dire quoi ? Pourquoi je dis ça ? Parce qu'aujourd'hui, dans la période politique, qui peut prendre... des décisions. Qui ? Qui ? Tu n'as personne, tu n'as pas de majorité à l'Assemblée nationale, il n'y a pas d'argent dans les caisses, comment tu prends des décisions ? Il n'y aura pas de décisions prises. Ou oui, des choses... Ce sera mieux que rien s'il y en a des petites, on ne va pas tracher dessus. Mais il n'y a pas de solution. Aujourd'hui, qui ? Moi, je les entends les uns les autres, de l'extrême droite à l'extrême gauche, faire des propositions. En plus, ils nous font des propositions. Demain, ils arrivent au pouvoir, c'est ce qu'ils font. Mais attends, moi je le sais parce que je les vois dans les communes, quand les majorités changent, ils vont dire hop, on va faire un audit, on va faire un point. Trois mois après, ou deux mois, ou un mois après, ils auront dit « Ah, la situation était bien plus grave, pour ne l'imaginer, et donc, on ne va pas faire tout ce que je vous ai promis.
» Robert Mélenchon, on ne peut pas dire ça. On ne peut pas dire qu'on veut que le président de la République s'en aille, et puis après, de toute façon, on ne sait pas très bien ce qui arrivera. C'est ce que vous dites, Robert Mélenchon. Non, je dis que ça dépend de qui.
Je crois que si c'est M. Mélenchon, Mme Le Pen, est-ce que j'en rêve quelqu'un ? entre les deux, qui est quand même un petit peu de courage, de constance et de volonté, ce n'est pas la même chose. Tout à l'heure, je l'ai dit, je ne crois pas que les politiques existent. Les politiques, ils sont différents. Il y a des maires qui sont différents. Et ceci dit, je crois que les maires, ils ont souvent les pieds un peu plus sur Terre. Parce qu'ils gèrent tous les jours leurs problèmes. Quand tu les gères, les problèmes, de temps en temps, t'arrêtes de dire des conneries. Oui, parce qu'en fait,
l'État, il est dans un château. Il n'est pas conscient de ce qui se passe.
Donc s'il était...
aux côtés de nous tous, ils verraient ce qui se passe, ils comprendraient mieux. Il faut leur demander à nos
députés, nom de Dieu, on les a votés, l'État ça existe pas. Ils sont incapables déjà de se prononcer
sur la question de Parcoursup. On a été à l'Assemblée nationale pour écouter ce qu'ils disaient. Ils étaient tous là à faire justement tout un récital sur leur proposition au moment de la présidentielle, ça n'a rien. Si on veut vraiment sortir d'une crise sociale, et c'est ce que tout le monde demande, il faut aussi en être conscient, on a des milliers de personnes qui aujourd'hui sont dans la rue. Écoutons-les, trouvons des solutions. ça ne me semble pas quelque chose d'inimaginable. On a des revendications qui sont très très simples, des solutions qu'on a mises sur la table et qui sont d'ailleurs mises sur la table par des syndicats de profs qui sont engagés depuis plus longtemps que nous. C'est très très facile, il suffit simplement d'avoir une bonne volonté, d'avoir un plan d'urgence sur le bâti scolaire, des choses qui sont concrètes. Il faut qu'on ait un peu de bon sens. De bon sens, mais surtout au-delà de ça, quelqu'un qui soit capable d'écouter, quelqu'un qui soit capable de, encore une fois sur le sujet de la jeunesse, mettre les jeunes autour de la table pour poser quelque chose de concrètement. pour la jeunesse. On entend encore une fois milliers hommes politiques parler de la jeunesse qui préemptent notre parole en faisant des propositions des plus ubuesques les unes que les autres. Tant que la jeunesse n'aura pas des lieux pour s'exprimer sur son avenir et ne sera pas autour de la table des décisions pour le faire, on n'en sortira pas.
Pourquoi ça marche pas ? Pardon, je pose une question. Dans les lycées, il y a des instances de... Pourquoi ? Parce que j'ai découvert... Honnêtement, il y a longtemps que je n'ai plus allé au lycée, vous avez compris.
Non, je n'avais pas
donc, je ne savais pas où on en était. Mes enfants sont plus grands, donc je ne savais plus où on en était dans les instances de discussion et tout. Et surtout, d'abord, je ne savais pas qu'il y en avait. Et manifestement, les gamins... Parce que moi, je suis allé leur parler aux lycéens, dans ma ville, je parle aux gens et tout. Un, un certain nombre ne le savait même pas. Et les autres disaient, ça ne sert à rien. Vous avez compris, je pose une question, mais je me suis dit, mais ça existe.
Parce que la démocratie lycéenne qui existe aujourd'hui, les délégués de classe, les conseils de vie lycéenne, académique, national, les élus nationaux, ce n'est pas que ça ne sert à rien, c'est qu'aujourd'hui c'est complètement obsolète. Ça a été créé en mai 68, donc on arrive à des réunions où on nous sert des tartines et où personne ne nous écoute. C'est complètement déconnecté parce que justement on a le problème du fait qu'aujourd'hui la majorité des lycéens ne connaissaient même pas leurs représentants. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'il y a eu moult et moult séquences sur les représentants lycéens qui s'exprimaient en disant qu'on était illégitimes. Il y a besoin de réformer tout ça. Et c'est en cours, d'ailleurs, on est en train de le faire. Dans quelques
instants, un moment très important, on saura quel sera le parcours de la grande manifestation ce jeudi. Évidemment, c'est un enjeu très important pour ce qui est de la casse et de la sécurité. Est-ce que la police doit se montrer plus répressive ? On a eu la conférence de presse tout à l'heure de Laurent Niaise, le ministre de l'Intérieur. Il avait parlé de 10 000 casseurs. le 17 octobre. 10 000 casseurs lâchés dans Paris. Est-ce que cette fois, la police doit et peut, contre eux, pas contre les lycéens, ils ont le droit évidemment de manifester, mais contre les casseurs violents, est-ce qu'elle doit se montrer plus répressive, avec des moyens plus répressifs ? J'aimerais votre avis là-dessus et vous interpeller Robert Ménard.
Qu'est-ce qu'on pense, toi ?
Je pense qu'aujourd'hui, il y a un problème dans la doctrine du maintien de l'ordre vis-à-vis des mobilisations lycéennes, en tout cas. On a eu un jeune qui a perdu sa main, un autre qui a perdu l'usage d'un œil, et on en a parlé justement avec Laurent Nunez quand il nous a reçus. Il y a un problème dans la doctrine du maintien de l'ordre, et puis par ailleurs, je ne comprends toujours pas pourquoi aujourd'hui, on n'a pas des choses qui sont faites pour remettre une question de dialogue entre les jeunes et entre la police. C'est le plus important aujourd'hui, le dialogue. La police est trop violente, d'après vous ? La police n'a pas les bons outils et peut s'avérer violente. vers certains lycéens dans la mobilisation lycéenne. Je ne parle évidemment pas des scènes de violence qu'on a pu voir qui s
'agrégent aux mobilisations. J'ajoute, je suis aussi choqué que vous par ce qui s'est passé pour un certain nombre de lycéens, j'ajoute tout de suite qu'il y a plus de 1000 policiers, gendarmes et pompiers. qui ont été blessés. Et spontanément, là, je ne parle pas. Le problème, c'est qu'on parle de deux choses différentes. Je ne parle pas des manifs de lycéens, je parle des casseurs. Moi, entre un casseur et un policier, spontanément, je suis du côté du policier. Parce que c'est lui... qui assure dans mon pays ma sécurité. J'ai passé ma vie dans le monde entier. Moi, j'étais le patron de Reporters Frontières pendant 20 ans. J'ai vu ce que c'était des policiers dangereux. Et je te garantis, je vous garantis, que les policiers à Béziers, il y en a qui font des gestes qu'il ne faut pas. Il y a des paroles qui sont condamnées et tout. Mais globalement, la police, elle protège les gens. Mais ça veut
dire quoi, Robert Ménard ? Soyez concret. Le policier, le malheureux, je crois que c'est un gendarme, qui a reçu un cocktail Molotov, on voit le type qui lui jette un cocktail Molotov. Moi,
je te le foutrais en prison immédiatement. Un type qui touche un représentant des forces, vous avez vu les images, il lui met le feu. Le type, on a entendu son témoignage, et sa place naturelle, c'est d'aller en prison. prison. Je ne vais pas lui trouver des circonstances atténuantes. Moi, je suis du côté de ce policier qui est là pour assurer la sécurité. Quand il y a la feria à Béziers, chaque été, tu as les CRS, et puis au bout d'un moment, les CRS, ils ne sont pas CRS toute la journée. Ils se changent et tout. Et tu tombes, tu les vois après arriver à faire la fête et tout. C'est des gamins qui pourraient être mes enfants. Et tu t'es dit, moi j'étais assez con, pardon, mais on a dû être deux cons à ce moment-là, pour crier CRSSS à l'époque quand même.
Quand vous étiez de gauche, vous avez été de gauche pendant une petite partie de votre vie, vous criez CRSSS ? Vous regrettez aujourd'hui ? Tu te rends compte la débilité
? C'est la jeunesse. Non mais c'est pas la jeunesse, c'est la connerie à l'état pur. On connaît pas, donc c'est la
jeunesse.
Non mais attends, tu peux pas dire ça rien. Vous étiez
conscient ce que vous disiez ?
Non, j'étais crétin. Mais tu peux être jeune et pas crétin. Hier, je suis allé voir le film sur Jean Moulin où tu vois ce que c'est des SS et je te garantis que c'est pas le CRS. Les CRS, c'est des fils de paysans qui ont ici, des fils d'ouvriers qui deviennent CRS parce que c'est un moyen d'être rentré dans la fonction publique et de s'en sortir. Alors oui. Les types qui s'entraînent aux forces de l'ordre, je ne parle pas, ça ne justifie pas tous les comportements, ceux-là, tu les sanctionnes.
Mais Robert Ménard, l'image qu'on a là sous les yeux, je ne sais pas si on peut la rappeler, ça c'est la question du maintien de l'ordre. Bien sûr, toute personne censée se dit que quand on en est à jeter un engin incendiaire sur un gendarme... La prison semble vraiment nécessaire. Mais sur le moment, comment vous l'appréhendez ? On sait très bien qu'aujourd'hui, les forces de l'ordre, avec raison, ont tellement peur qu'il y ait des blessés graves ou des morts que parfois, non, parfois il y a des violences, mais souvent elles retiennent les coups. Bien sûr. Je suis
toujours stupéfait d'un truc qui va à l'encontre de ce que les gens disent en général. C'est que je suis stupéfait de la... Comment dire ? de la capacité des forces de l'ordre à encaisser sans rien dire. Mais honnêtement, je n'aurais pas cette capacité. Un type, il te jette ça, il te met le feu, et toi, vous l'avez entendu, le témoin du type, le type, après, il n'a pas bronché, il n'a rien dit, mais il est héroïque d'avoir rien dit. En plus, il a un bâton à la main et tu ne dis rien. Ils sont formidables.
Est-ce que c'est dangereux ? Si on laisse filer ça comme ça, c'est-à-dire si ce genre de scène se multiplie, est-ce que c'est dangereux pour la société, pas bien sûr pour le... On ne peut pas accepter
ça. On ne peut pas accepter qu'un pays... On ne peut pas accepter de cette violence-là. Moi, je ne veux pas que ça. On
parlait tout à l'heure de quelque chose qui me paraissait important. Qu'est-ce qu'on peut pouvoir faire pour arrêter tout ça ? Moi, je trouve que les jeunes devraient créer un parti que les jeunes. Parce qu'au fait ils ont des idées qui ne sont pas les mêmes que nous, ils n'ont pas le même vécu et peut-être qu'ils apporteraient plus de solutions à ceux qu'on a déjà vu, qui n'en apportent aucune.
Non mais là il y a des manifs, c'est pour le pouvoir d'achat. Pierre, on écoute Pierre ? Pour l'instant c'est le pouvoir d'achat, l'essence, tout a augmenté. Il n'y a pas beaucoup de solutions. Si il y a une solution c'est pour l'essence, on enlève les taxes déjà pour commencer. Pour le pouvoir d'achat, pour pouvoir augmenter les salariés, moi je parle dans mon secteur, on baisse les charges pour nos patrons. ça va aider tout le monde, pour les commerçants et tout.
Je pense que déjà à partir
de là ça diminuerait un peu moins, un peu plus
les manifs quoi. Vous roulez, vous avez une voiture Pierre ? Dites un mot de ça puisque c'est un des thèmes de la soirée. En réalité si Trump a perdu aux Etats-Unis, c'est en grande partie à cause du prix de l'essence. Vous ce que ça représente dans votre budget ?
Alors moi, comme j'utilise la voiture 4-5 jours, et les jours que je ne travaille pas, je n'utilise pas. J'évite, je préfère prendre des transports. Mais moi, ça me fait du... Au moins, je parle. À peu près 200-250 euros en plus. Sur un budget de combien ? C'est pas... Avant, je payais moins de 200 euros, par exemple, sur 150 euros. Je suis passé à 200 à 250 euros à payer l'essence. Et par mois, vous
vivez sur combien ? Moi ? Votre revenu, c'est 2000 euros. Donc c'est énorme, 200 euros sur 2000 euros,
c'est ça ? Et je suis à découvert de... Enfin, je n'ai pas honte de le dire, je m'en fous. Je suis à découvert de 1600 euros. Et heureusement que j'ai ma banque.
Maman, heureusement que j'ai mon conseiller qui
m'aide.
C'est énorme ce qu'on entend là. Ça veut dire qu'effectivement le surcoût du carburant dans la vie de tant de gens, la vôtre et d'autres, c'est ça. Mais il n'y a pas que l'essence.
Attends, moi je suis dans une ville à baiser, vous voyez, aussi dans le sud de la France. Pardon, il n'y a pas le métro.
Il n'y a pas
le RER. Qu'est-ce que tu crois ? Si tu n'as pas la voiture, tu vas comment au boulot ? Il n'y a pas d'autre solution. Moi, j'entends des gens expliquer ici, oui, les transports en commun. Et dans toute une partie de ce pays, il n'y a pas de transport. Il y en a chez moi, mais ça ne répond pas aux besoins. Et tu as 30 000 personnes qui, chaque jour, viennent travailler à Bézier. Comment tu crois qu'ils viennent ? Ils viennent en
voiture. Est-ce que ça veut dire que la baisse des taxes, dans quelques instants, Marine Tondelier nous rejoindra parce qu'on va changer. de démission. On entendra des politiques. Marine Tondelier, on entendra aussi Alexandre Jardin plus tard. Est-ce que la baisse des taxes, pour vous, est une nécessité ? Sur l'essence. Oui, il faut baisser les taxes, mais en
même temps... Oui, mais évitons la démagogie. Les taxes, elles servent à quoi ? L'Etat, et elles permettent de payer un certain nombre d'autres choses. Je pense qu'il faut faire des économies, mais il faut surtout, surtout, arrêter de raconter aux gens que demain, on a la solution et que... Je fais ça, il suffit que vous votiez pour moi pour trouver les solutions. Moi, je ne les ai pas, les solutions. On a dit quelques petites idées et tout, mais comme ça, tout, c'est trop facile. Honnêtement, c'est trop facile.
Robert, dites un mot de l'autorité. Vous dites souvent, il y a en France un problème d'autorité. L'autorité, ce n'est pas facile, ce n'est pas un décret, ce n'est pas un truc qu'on signe comme ça. D'où est-ce que ça vient ?
Mais l'autorité, je parle des écoles, parce que moi, c'est les écoles. Chez moi, l'autorité, c'est que quand je rentre dans une classe... Au départ, je me suis maire depuis 12 ans, les gosses ne se levaient pas. Enfin, tu ne vas pas te lever quand je rentre dans la classe. J'ai 70 ans, je suis le maire de la ville et tu restes assis. Et de temps en temps, tu avais l'instinct qui ne se levait pas. Je ne te dis pas la troisième fois. C'est pareil, ils sont tous graves. Un enfant, on peut comprendre, mais un estique... Mais comment ? Vous êtes terrible ! Non, un enfant, il a à se lever quand un adulte rentre dans une classe. Mais si l'adulte
ne se lève pas, pourquoi lui se lèverait ?
Mais attends, c'est pas un ou l'autre. Je veux que l'adulte se lève et que les enfants se lèvent. Justement,
c'est à lui de se lever en premier pour que les enfants puissent se
lever. Madame, c'est exactement ce que je dis. Mais les enfants, pardon pour reprendre, moi, c'est pas parce que t'es jeune que t'as forcément raison. Sur le parti des jeunes, j'y crois pas un instant. Tu peux être jeune et... Ce qu'il faut surtout, c'est encore
une fois, si on veut répondre à la problématique de la jeunesse, mettre les jeunes autour de la table, créer un parti de jeunes. Je ne sais pas si c'est la solution, mais tant qu'on n'arrivera pas à mettre les jeunes autour de la table pour se proposer des choses. On parlait par exemple tout à l'heure, on l'a très rapidement évoqué, la question de la réforme des retraites. Elle aurait été réglée depuis des années s'il y avait plus de jeunes qui étaient députés à l'Assemblée nationale. Je ne comprends toujours pas moi pourquoi dans certaines organisations syndicales, on n'a pas des jeunes ou des quotas de jeunes qui sont autour de la table pour permettre justement à ce que la voix de la jeunesse puisse s'exprimer. Parce que les
syndicats sont hyper politiques et qu'ils ne se battent pas pour un certain nombre de choses en France. Mais si eux ne sont pas force de proposition, justement, c'est à nous de le faire.
Robert Ménard, il y a une fascination, parce que vous êtes libre de parole. Moi, ça me frappe. Chaque fois que vous passez, le nombre de réactions sur les réseaux sociaux, les lettres qu'on reçoit, etc., parce que vous êtes libre. Libre de parole. Parce que je dis ce
que je veux, que je dis des conneries de temps en temps et je le reconnais. Parce que je me suis trompé, que ça ne me gêne pas de le dire. Parce qu'il y a un certain nombre de choses, je ne sais pas ce qu'il
faut faire. Dites un mot de la jeunesse pour eux. Vous avez 70 ans, 70 ans. La jeunesse, souvent, par démagogie, on dit... Allez, 13. Par démagogie, on dit les jeunes ont toujours raison. Non, pardon. Les jeunes ont été 68 ans, ils disaient CRSS. Ils ont été maoïstes souvent dans les années 60. On ne peut pas dire que c'était très heureux comme idée. Alors parfois, ils ont raison, bien sûr, c'est l'avenir. Mais souvent, ils ont tort. Mais non, la jeunesse, ce n'est pas une
qualité en soi. C'est pas vrai. Moi, je suis effrayé par un certain nombre de discours dans un certain nombre de partis tenus par des jeunes qui ont une langue de bois. Mais tu te dis comment tu peux répéter des souvenirs comme ça. Mais parlons pas de cette
jeunesse-là. Parlons justement de la jeunesse qui s'engage, celle qui se mobilise, qui porte des modifications claires et sans
violence. Pardon, si vous saviez le mal qu'on a, par exemple, à trouver des élus. Quand tu fais une liste, nous, il y a plus de 50 élus. Nous, on a gagné largement les lits. Oui, oui, je gagne beaucoup dans ce filet. Mais ça te fait rire, mais c'est comme ça, tant mieux pour moi, je vais pas pleurer. Mais le mal qu'on a à mobiliser des jeunes, on en a quelques-uns, mais pas beaucoup, parce qu'il faut, d'abord parce qu'être conseiller municipal, quand tu travailles, ça te prend du temps quand même. Moi,
je rêve que de ça. Je suis persuadé, monsieur Ménard, et je suis même prêt à faire l'engagement avec vous de chercher des jeunes qui iront s'engager. Il y a des jeunes qui cherchent à s'engager partout et tout le temps. On a toujours la même problématique si aujourd'hui... il y a certains jeunes qui ne s'engagent moins. La jeunesse, quand j'entends la phrase « les jeunes s'engagent plus », c'est faux, c'est pas vrai. Il y a des fois des jeunes qui... habitude n'ose même plus s'exprimer sur leurs conditions parce que justement on préempte leur parole dans tel ou tel débat et on arrive à avoir des revendications qui apparaissent alors qu'elles sont complètement déconnectées sur ce que veulent les jeunes. Je suis persuadé qu'il y a des jeunes à Béziers qui seraient prêts à s'engager dans leur ville.
Pardon, il y en a dans mon conseil municipal et il y en a tout un tas, plein de gens. Moi je suis même, alors moi je suis plutôt de droite à remarquer que je ne suis pas vraiment un militant d'extrême gauche et je vois une jeunesse en particulier par exemple une jeunesse catho. catholiques qui, aujourd'hui, tu ne les voyais pas, ils remplissent les églises. Que tu sois catho ou pas, ce n'est pas le problème. C'est une forme d'engagement. Tu les vois faire des choses qu'ils ne voyaient pas. Mais moi, je suis optimiste. C'est pour ça que je pense... Sinon, j'arrêterais de faire de la politique. Pourquoi, à mon âge, j'ai m'emmerdé à faire de la politique si je ne pense pas qu'on va changer un certain nombre de choses ? Moi, j'ai gardé de mes 20 ans et je sais que je vais changer. Je trouve que le monde est dégueulasse. Et qu'il faut le changer dans ma ville, dans la nuit du 4 ou 5 de chaque mois. Tu sais, c'est la nuit où il y a l'argent à la poste pour avoir les minima sociaux. Les gens, tu as 50 mètres de queue. Tu crois que comme maire, j'ai envie de voir ça ? Vous croyez que ça me fait quoi ? Ça ne me trouble pas de voir ça ? Et je me dis que rien que pour ça, il faut changer le monde. Et il faut s'engager, bien sûr qu'il faut s'engager. Merci.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.