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Renan Le Gleu, vous êtes sénateur à l'air, vous représentez les Français établis hors de France et vous présidez également la commission des affaires européennes du Sénat. On va revenir sur la cinglante défaite de Donald Trump aux élections de mi-mandat qui fait encore ce matin la une de plusieurs de nos journaux régionaux. Une vague démocrate déferle sur les États-Unis. C'est à la une des dernières nouvelles d'Alsace. Comment la vague démocrate va brider la présidence Trump à la une de Ouest-France. Défaite qui fait réagir les leaders européens. Va-t-elle signer l'heure de la revanche européenne ? On va en parler durant cette prochaine demi-heure. L'Arche des fêtes de Donald Trump, on le disait, qui perd donc le Congrès, la Chambre des représentants, le Sénat. C'est une vague bleue qui a déferlé sur les Etats-Unis. Est-ce que vous vous attendiez à de tels résultats
Oui, parce qu'il y avait chez les Américains l'idée que notamment les tarifs douaniers avaient eu un impact sur l'économie américaine et notamment sur l'inflation. Vous prenez par exemple le cas du diesel agricole qui a augmenté de 71% en un an. C'était un électorat très trumpiste, très maga, qui a vu son pouvoir d'achat chuter drastiquement et qui incombe cette... et qui impute cette hausse, si vous voulez, du coût de la vie aux décisions politiques de Donald Trump, que ce soit sur l'Iran... ou sur la politique tarifaire douanière. Donc, ce sont des pans entiers de l'électorat trumpiste qui se sont effondrés à travers cette vague bleue du nom de la couleur du Parti démocrate, qui est un tsunami et que certains appellent le blunami.
ça va changer quelque chose dans les relations internationales, selon vous
Cela va changer dans la mesure où, évidemment, le pouvoir de Trump est affaibli par ses résultats et que c'est le début de la fin de l'ère Trump. Néanmoins, il lui reste les prérogatives qui incombent au président des États-Unis. Et donc, l'espoir est mesuré. Ce que le Congrès... Sénat et Chambre des représentants a comme pouvoir, c'est notamment le vote du budget. Donc ils peuvent, par exemple, décider d'un budget favorable à l'aide financière à l'Ukraine. Mais le président des États-Unis enclenche la dépense. Par conséquent, c'est un espoir mesuré.
Oui, vous êtes très prudent. On va parler des conséquences sur l'Europe, mais un mot, puisque vous parliez de la guerre en Iran, qui est une des raisons de cette défaite de Donald Trump, c'est ce qu'il dit, c'est ce que dit également J.D. Vance. Est-ce que, selon vous, cet affaiblissement de Donald Trump, ça va changer les choses dans la guerre en Iran ? Hier, le chef des démocrates au Sénat disait « la guerre en Iran doit cesser ». Est-ce qu'il peut prendre cette décision ?
il ne peut pas prendre cette décision. En revanche, par exemple, les démocrates vont présider les commissions de la Chambre des représentants et du Sénat, avec un Parlement dans la Constitution américaine qui est très puissant, un congrès qui est très puissant. Il n'en demeure pas moins qu'il reste des marges de manœuvre au président Trump, notamment le pouvoir de veto, le pouvoir d'enclencher les dépenses. sur la politique commerciale, même si la Cour suprême, au mois de février, avait annulé un certain nombre de décisions, il y a eu des contournements depuis, et donc il lui reste certaines marges de manoeuvre. Par contre, évidemment, son pouvoir est affaibli, donc il y a également un signal très fort qui est envoyé. Et j'ajoute, un élément très important que l'on n'a pas entendu, c'est que la victoire démocrate est pérenne, dans le sens où le Sénat est renouvelé par Thiers. tous les deux ans aux Etats-Unis. Et le tiers qui vient d'être renouvelé était un tiers très favorable, normalement, aux républicains. C'est-à-dire que c'était des circonscriptions traditionnellement républicaines. Par conséquent, l'ampleur de la victoire démocrate est pérenne, je la vois pour au moins quatre ans. Ce que je veux dire par là, c'est que même si un président républicain devait gagner dans deux ans, j'affirme ici que le Sénat resterait démocrate malgré tout pour vous signaler l'ampleur de la victoire. qui viennent d'avoir lieu.
Sur l'Europe, puisqu'on va évidemment plus particulièrement s'intéresser à l'Europe, est-ce que l'Europe, par exemple, avec cet affaiblissement de Donald Trump, elle est un peu plus en position de force pour peser, notamment sur la guerre en Iran ? Parce qu'il y a des conséquences pour les Européens, pour les Français, sur les prix du carburant.
Alors oui, c'est quand même, à Bruxelles, une forme de soulagement qui domine. Mais là encore, il y a une certaine prudence, parce qu'il y a la lame de fond. qui est celle du tournant du pivot asiatique américain qui date déjà de Barack Obama et qui consiste à changer les priorités avec une priorité majeure qui est en fait la compétition pour le leadership mondial avec la Chine. Et ça, c'est... C'est indépendant de l'alternance entre démocrates et républicains. C'est pour ça que je suis assez prudent. Je me souviens du comportement des Européens qui avaient tous salué la victoire de Joe Biden en disant « l'Amérique de Trump est derrière nous, c'est terminé ». Et puis, quatre ans plus tard, Trump est revenu au pouvoir. Par conséquent, il faut être prudent. Ce n'est pas parce qu'il y a cette victoire... qui est certes pérenne pour les quatre prochaines années, que c'est un tournant définitif. Il y a notamment l'idée, si vous voulez, que les démocrates vont contribuer à, sans doute, mettre une certaine pression sur Donald Trump sur l'Ukraine et sur les tarifs, les tarifs douaniers, mais je ne vois pas une bascule de la politique américaine.
ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barraud s'est exprimé hier. C'était lors de la séance de questions d'actualité au gouvernement. Il affirme que les électeurs américains ont marché sur les urnes pour reprendre le contrôle. Mais il estime que ce résultat ne doit pas détourner l'Europe de la nécessité de se prendre en charge et de se renforcer.
Cependant, nous aurions tort et nous commettrions une grave erreur si l'espace d'un instant, nous nous détournions de la nécessité urgente et vitale pour garantir notre indépendance nationale de construire une Europe plus forte, plus prospère et plus démocratique indépendamment des choix qui sont faits. outre-Atlantique. Ça fait longtemps que les Etats-Unis ont réorienté leurs priorités de l'Atlantique vers le Pacifique et ça fait longtemps qu'ils avertissent l'Europe que désormais, le moment est venu qu'elle se prenne en charge.
y a un risque, selon vous, comme le dit Jean-Noël Barraud, un risque que l'Europe se relâche face à la dynamique que l'a poussé à prendre Donald Trump.
je le crains. C'est exactement l'exemple que je vous donnais précédemment sur la victoire de Joe Biden où on avait senti chez les Européens... un affaissement de ceux qui prônent, et j'en fais partie, l'Europe puissance. Les Européens ne doivent pas tout miser sur une victoire des démocrates, notamment parce que la guerre, elle est sur le continent européen, elle est en Ukraine, et la guerre hybride que mène la Russie contre les démocraties européennes, elle est réelle et elle continuera. Par conséquent, nous devons, de façon constante, nous Européens, avancer vers l'Europe puissance. indépendamment des soubresauts de la démocratie américaine.
Puisque vous parlez de la guerre en Ukraine, le Sénat va en débattre ce soir des conséquences du résultat de ces élections de mi-mandat américaines sur la guerre en Ukraine. Stéphane, le nouveau Congrès démocrate pourra-t-il infléchir l'action diplomatique de Donald Trump sur l'Ukraine
Pour poursuivre ce que vous disiez, la réponse est plutôt non. Malgré sa défaite aux élections de mi-mandat, Donald Trump garde la main sur la diplomatie, le domaine militaire. Il reste bien président. Pas de raison. Ils ont donc d'assister à un virage à 180 degrés du président américain qui s'est d'ailleurs ces deux dernières années plutôt rapproché de Vladimir Poutine et a humilié, malmené Volodymyr Zelensky.
Mais les Européens espèrent tout de même une inflexion des États-Unis.
Oui, c'est ce qu'a dit hier la chef de la diplomatie européenne, Kaya Kalas, lors d'une conférence de presse. Écoutez.
'espère que
le nouveau Congrès et le nouveau Sénat continueront à soutenir l'Ukraine et à exercer davantage de pression sur la Russie. J'espère que ce sera le cas car vous savez, l'Europe et les Etats-Unis sont bien plus forts ensemble.
Il faut également
faire passer clairement ces messages à la Russie en exerçant cette pression pour qu'elle mette fin à cette guerre.
Alors oui, voyons ce qui va se passer maintenant.
Alors, elle n'est pas toute seule à dire cela. Le ministre allemand des Affaires étrangères a aussi déclaré « En ce qui concerne l'Ukraine, je suis plutôt optimiste quant au fait qu'au Congrès, il y aura à nouveau davantage de discussions entre les deux parties sur ce qu'ils peuvent faire ensemble pour soutenir l'Ukraine ». En revanche, Friedrich Merz, le chancelier allemand, a dit que Trump avait toujours fait sans le Congrès, donc il n'y aurait pas de raison que ça change. Vous avez dit, l'optimisme est plutôt… Est-ce qu'il n'y a quand même pas une inflexion à attendre ? On parlera du budget dans un deuxième temps, mais sur le rapport général des États-Unis sur l'Ukraine. Oui, une
inflexion, pas une bascule. C'est-à-dire qu'il faut être raisonnablement optimiste. Il est évident que dans le soutien à l'Ukraine, la victoire démocrate est une bonne nouvelle. C'est une bonne nouvelle, mais cela ne signifie pas encore... que la politique globale des Etats-Unis en termes d'affaires étrangères et de défense change radicalement. Les pouvoirs du président des Etats-Unis restent ceux que la Constitution américaine prévoit, mais c'est notamment la question du budget. qui est aux mains du Congrès. Et donc, oui, les démocrates ont pris la position de soutenir davantage l'Ukraine, même si cela n'a pas été un argument de campagne dans cette campagne. l'objet de discussions véritablement.
on saura très vite, Stéphane, quelle posture prend Donald Trump puisque plusieurs échéances diplomatiques ont lieu bientôt.
Oui, on pourra prendre le pouls d'abord avec la reprise des négociations entre les délégations ukrainiennes et russes. Ce sera mardi et mercredi prochains, le 10 et le 11 novembre, à Abu Dhabi, aux Émirats Arabes Unis. Ces discussions se font sous médiation américaine. Avant cette rencontre, Mélania Trump convie à la Maison Blanche des représentants russes et ukrainiens. Ça, ce sera aujourd'hui. L'autre rencontre qui inquiète les Ukrainiens, c'est celle de Donald Trump et Xi Jinping avec peut-être Vladimir Poutine lors du sommet de la coopération économique pour l'Asie-Pacifique. Ça, c'est le 18 et le 19 novembre. Cette rencontre avec les trois dirigeants est encore en discussion. Et l'Ukraine craint d'ailleurs d'y être sacrifiée et partagée entre ses puissances.
Crainte d'autant justifier que les États-Unis ont drastiquement diminué leur aide à l'Ukraine.
Oui, à tel point. Et on le sait que l'Europe contribue plus à l'aide à l'Ukraine que les États-Unis et de loin. L'Europe, si on prend tous les États du continent, qu'on y ajoute la Commission européenne, l'Europe a fourni 236 milliards d'euros d'aide aux Ukrainiens depuis le début de la guerre, il y a 4 ans et demi. Ce chiffre y prend en compte l'aide militaire, l'aide humanitaire et l'aide... Et si on compare sur la même période, les États-Unis ont envoyé à Kiev 115 milliards d'euros. 99% de cette somme, elle a été envoyée sous Joe Biden et le 1% restant sous Donald Trump depuis son retour en janvier 2025. Vous le disiez, les démocrates n'ont pas vraiment mis au cœur de la campagne cette question du budget. Est-ce que dans le contexte aujourd'hui aux États-Unis où on parle beaucoup de pouvoir d'achat, les démocrates peuvent se permettre quand même de… laisser des marqueurs sur l'Ukraine dans le budget. Est-ce qu'il y a cette latitude-là aux Etats-Unis ?
c'est leur ligne. C'est-à-dire que c'est la position des démocrates dans leur opposition au président Trump. Ils sont sur une ligne politique d'aide à l'Ukraine. Et ils ont critiqué l'attitude de Trump qui, finalement, a eu une attitude où il a parfois lâché ses alliés. Même si la réalité est souvent plus complexe que les mots chez Trump. Et notamment la question du renseignement militaire qui est indispensable pour les Ukrainiens. Il y a en fait des hauts et des bas. Il y a des moments où le renseignement est indispensable et fonctionne et des moments où brutalement ça s'arrête sans que les Ukrainiens comprennent très bien pourquoi. C'est peut-être aussi ces soubresauts permanents qui seront un peu moins fréquents, espérons-le.
a d'autres questions Stéphane ?
On a une autre question sur l'aide
européenne,
qui sert parfois à acheter du
matériel militaire américain.
Exactement, donc cet argent européen il profite souvent aux entreprises, c'est d'ailleurs dénoncé assez régulièrement en Europe. Sur le plan de l'aide matérielle, le gouvernement américain a approuvé samedi la vente de 500 missiles intercepteurs patriotes à l'Ukraine, qui sont les seuls à pouvoir détruire des missiles russes assez sophistiqués. Mais on parle bien de vente et pas de dons, et d'ailleurs le département d'État américain précise qu'il n'y aura pas d'argent. américain qui sera dépensé pour l'Ukraine, ce sera acheté par des fonds autres, Canada, Norvège notamment, et les aides européennes. Et les livraisons sont très tardives, et vous le disiez, sur la fourniture de renseignements qui est primordiale, Donald Trump a tendance à avoir une politique assez erratique, en tout cas il fait des choix au gré des circonstances. Est-ce que vous pensez aussi que ce nouveau congrès démocrate peut amener Donald Trump à être un peu moins erratique justement
Oui, je le pense, même si son caractère ne changera pas, mais c'est un contre-pouvoir, évidemment, qui est dans les mains des démocrates, un contre-pouvoir puissant. Permettez-moi de faire une remarque par rapport à ce que vous avez dit sur les patriotes. Les franco-italiens, la France et l'Italie, sont capables de faire également d'excellents matériels. Et notamment, ça s'appelle le système Sampte, qui est un concurrent. Donc vous savez, nous savons aussi en européen faire ce type de matériel militaire.
De là à remplacer les États-Unis sur ce... sur cette fourniture d'équipements militaires ? Oui.
Nous n'avons pas aujourd'hui tous les moyens des États-Unis pour remplacer les États-Unis dans l'aide à l'Ukraine sur le renseignement militaire. Et ça, ça doit notamment faire partie de ce projet que je défends parmi d'autres, d'une Europe plus puissante, d'une Europe puissance. à monter en puissance dans la capacité de renseignement des Européens pour pouvoir potentiellement ne pas être finalement tributaire des capacités américaines. Mais pour bien comprendre tout l'enjeu sur l'Europe puissance, un chiffre méconnu et qui est si révélateur. Savez-vous qu'encore aujourd'hui, en 2026, il y a sur le sol allemand entre 35 000 et 40 000 militaires américains ? C'est vertigineux. C'est-à-dire que l'Europe continue encore aujourd'hui de confier sa sécurité aux États-Unis. Tant que nous mettrons notre sécurité collective dans les mains d'un État tiers, de l'autre côté de l'Atlantique, nous serons tributaires de ces décisions. Et ça, ça doit cesser.
Et face à la menace russe, les alliés européens, les alliés de l'Ukraine s'organisent. Notamment, se prépare aussi un éventuel cessez-le-feu. Il y a un exercice grandeur nature qui sera lancé lundi dans le sud-est de la Pologne. Et on va en parler avec Jefferson Desport. Bonjour Jefferson. Merci beaucoup d'être avec nous, grand reporter pour Sud-Ouest, spécialiste des questions de défense. Et Jefferson, justement, vous voulez revenir sur cet exercice de la coalition des volontaires.
bonjour Auriane, bonjour Renan Legleu. Je reste sur cette question européenne et ukrainienne dont vous venez de parler, parce que dans quelques jours en Pologne, un exercice militaire inédit va débuter. Près de 2800 soldats, en majorité des Français vont être déployés pour tester justement la capacité de cette alliance à se déployer en Ukraine une fois que la paix reviendra. Renan Legleu, est-ce que vous approuvez cette initiative, sachant que le contexte est encore très tendu et que les frappes ont repris en Ukraine, une frappe russe bien entendu. Oui,
bonjour Jefferson Desport. Oui, j'approuve l'engagement français, j'approuve la coalition des volontaires et d'ailleurs cela renvoie à la place du Royaume-Uni dans cette coalition. Vous voyez bien, le premier ministre britannique s'est prononcé récemment à titre personnel pour une réintégration dans l'Union européenne. Ça envoie d'ailleurs un message à tous les eurosceptiques. Vous voyez, 10 ans de Brexit, cela a donné moins de contrôle de l'immigration au Royaume-Uni. Ce sont les propres mots du Premier ministre britannique. Cela a donné une hyperinflation, une baisse du pouvoir d'achat, une augmentation du chômage. Donc, vous voyez, le Royaume-Uni est en train de remettre en cause cette décision funeste du Brexit. Et donc, évidemment, en tant que président de la Commission des affaires européennes, je ne peux que me réjouir de cette remise en cause. Et là, sur les enjeux de sécurité et de défense, on voit bien la place indispensable. du Royaume-Uni. D'ailleurs, je vais me rendre cet après-midi et ce soir à Londres parce que je considère que l'Union européenne doit encore davantage tisser des liens avec le Royaume-Uni et le Canada. C'est-à-dire que quand certains partenaires sont, comment dire, tangents, comme les États-Unis, qui sont erratiques finalement dans leur position, nous voyons que finalement le Royaume-Uni et le Canada sont beaucoup plus proches. Dans la coalition des volontaires, France et Royaume-Uni sont les deux leaders et je considère que c'est une avancée concrète de l'autonomie stratégique européenne via le couple franco-britannique.
Qu'est-ce que vous attendez ? Que le Royaume-Uni réintègre l'Union européenne ? Que le Canada en devienne un membre associé
Je ne crois pas que les Britanniques soient prêts à rouvrir la boîte de Pandore du débat. qui a quand même détruit certaines familles. Il faut savoir que ce débat sur le Brexit a séparé des parents de leurs enfants, des cousins, ça a été d'une brutalité inouïe. Donc je pense qu'il y a encore un traumatisme, si vous voulez, dans débat pour les Britanniques et qu'ils ne veulent pas rouvrir ce débat maintenant. Néanmoins, la position de l'actuel Premier ministre britannique est quand même stupéfiante. Il dit clairement 10 ans de Brexit ont considérablement affaibli le Royaume-Uni et c'est aujourd'hui la position partagée par un très grand nombre de Brexiteurs de l'époque.
Djeperson, vous avez une autre question pour Renan Le Gleu ?
Oui. Restons sur la question ukrainienne parce que fin octobre, les dirigeants finlandais et norvégiens ont appelé Vladimir Poutine. C'est un appel de près de 90 minutes. Cette initiative a été critiquée par la Suède et le Danemark. Renan Le Gleu, est-ce qu'il faut parler avec le président russe ? Sachant que les Suédois ont rappelé dans leur critique que Vladimir Poutine n'avait jamais vraiment fait preuve de vouloir une paix en Ukraine.
Je partage cette analyse, c'est-à-dire qu'il n'y a absolument aucun souhait de paix de la part de Vladimir Poutine. Et au-delà, j'insiste, au-delà du conflit en Ukraine, de la guerre d'agression russe en Ukraine, les Russes nous mènent, à nous, Européens, une guerre hybride permanente qui va très loin. Vous savez qu'au mois d'août... C'est un drone sur l'aéroport de Leipzig qui visait les Antonovs de l'aéroport de Leipzig. Et nous, Français, nous sommes attaqués par des cyberattaques, de la guerre informationnelle en permanence. Donc la Russie cherche véritablement à nous déstabiliser en permanence. Donc cette guerre est certes hybride, mais elle est réelle.
Merci Jefferson, merci beaucoup d'avoir été avec nous. La Une de Sud-Ouest est un tout autre sujet, ce sont les déserts médicaux. Allô, docteur Junior, à la Une de votre journal. Un dernier mot pour terminer sur ce sujet, Ronan Lugle et sur les conséquences de sa défaite de Donald Trump sur l'Europe et sur la France. Quel rôle peut jouer là-dedans la diplomatie parlementaire ? Est-ce que vous aurez des contacts avec les parlementaires démocrates pour tenter de peser sur la politique américaine
? Oui, le groupe interparlementaire d'amitié... France-États-Unis joue un rôle important et permet d'avoir des liens permanents. Il y a également, par exemple, l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, qui est un organe où le dialogue est très fluide entre les parlementaires français et les parlementaires américains. Et on peut se dire des choses que l'on ne... qui sont couverts par le secret, mais qui permettent de bien mieux comprendre le processus de décision et de faire passer des messages. très puissant. Donc, oui. Comme quoi,
par exemple, sur quoi vous pouvez peser et quel message vous pouvez faire passer
? Pour avoir participé à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN à Dayton, par exemple, j'ai eu l'occasion avec Mike Turner, qui est le sénateur républicain, chef de la délégation américaine, d'avoir une lecture des positions de Trump au-delà de ses déclarations sur X. qui sont indispensables finalement à la compréhension de la position américaine.
Allez, pour terminer, on regarde les unes de la presse régionale et beaucoup de unes consacrées ce matin, vous vous en doutez, à la colère sociale. On va en regarder trois. La une du Dauphiné, jour de grève. La une du progrès vers une mobilisation massive. Et puis la une du populaire du centre à la croisée des colères. Voilà, trois angles, mais un même thème. Comment vous l'appréhendez, vous, cette journée, Renan Legleu
je souhaite une chose, c'est que, et notamment le Sénat a adopté la loi casseur-payeur, c'est que la casse cesse. Vous savez, je suis sénateur représentant les Français établilleurs de France. Trois millions de Français vivent à l'étranger. Et je peux vous dire que ce qui s'est passé avec ces casses massives, ces mouvements d'émeutiers, on fait le tour du monde. Il n'y a pas un JT dans le monde qui n'a relayé les images. de casse en France. Et ça, si vous voulez, ça fait mal au coeur. Tous les Français qui sont à l'étranger m'ont relayé... ces journaux télévisés à travers la planète, c'est une image dégradée, désastreuse de notre pays. Et donc, c'est mieux protéger le droit de manifester que d'empêcher les casseurs.
Et sur le fond des revendications, parce que les Français qui vont descendre dans la rue aujourd'hui, c'est pas des casseurs, c'est des gens qui ont des problèmes avec leur pouvoir d'achat, avec leur salaire, avec la vie chère. Comment on leur répond ? Vous allez récupérer le budget puisque l'Assemblée nationale l'a rejeté hier. Quelle réponse leur apporter
réponse, c'est la différence entre le brut et le net. Pour faire baisser les charges sociales et donner plus de salaires nets aux salariés français, il faut baisser les dépenses. Et pour baisser les dépenses, il faut s'attaquer à l'agencification, la multiplication incontrôlée du nombre d'agences et de fonctionnaires dans les agences. Il faut s'attaquer en fait à la dépense publique et notamment en suspendant la réforme des retraites, la suspension de la suspension, pour être plus précis. Bref, faire des économies sur les dépenses de l'État pour redonner du pouvoir d'achat aux Français en augmentant le net par rapport au brut.
Merci, Renan Le Gleu. Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin.
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