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bonjour à tous. Bonjour Dominique de Villepin. Bonjour. Merci d'être l'invité des 4 vérités ce matin. Ancien Premier ministre, probable candidat à l'élection présidentielle, on en parlera. Appel à la mobilisation aujourd'hui dans la rue. 70 000 policiers et gendarmes seront déployés partout en France. Le ministre de l'Intérieur craint de nouveaux débordements. Est-ce que vous comprenez que certains parcours de manifestation soient interdits ?
y a un équilibre à trouver, une ligne de crête entre la liberté de manifester et le respect de l'ordre public, de l'ordre républicain. Qu'est-ce qu'elle est trouvée là aujourd'hui ? Il y a manifestement une volonté d'essayer de trouver un parcours qui ne soit pas invisibilisé, comme ça a pu être le cas pendant quelques semaines. Ce qui est certain, c'est qu'une manifestation, pour qu'elle se passe bien, ça se prépare du côté des forces de l'ordre. Ça se prépare également du côté des commerçants. Et si le parcours change la veille, on est amené à prendre des risques supplémentaires, parce que c'est l'impréparation du côté de la rue. Donc je crois qu'une visibilité sur... les tracer, c'est une bonne chose, à la fois pour ce qui est de la liberté de manifester et en même temps pour ce qui est de la préparation du maintien de l'ordre.
Vous craignez un nouveau 17 octobre,
aujourd'hui ? C'est un risque qu'il faut prendre en compte. Et c'est pour cela qu'il faut, à la fois, d'un point de vue de la politique de maintien de l'ordre, adapter en permanence les réponses, les choix que nous faisons. Mais il faut également, sur le fond, que le gouvernement, le président de la République, ne reste pas sourd aux demandes qui sont faites. Il y a une colère sociale, il y a une inquiétude très profonde et il y a une souffrance. Vous avez dit justement,
le gouvernement n'écoute pas la rue. On vous avait fait cette critique en 2006. Qu'est-ce que vous lui conseillez aujourd'hui ? Par exemple, est-ce qu'il y a une mesure que vous trouvez importante à satisfaire dès aujourd'hui ? Est-ce que vous soutenez une mesure ? L'augmentation des APL, par exemple ?
de remède miracle et encore moins quand les caisses sont vides. Il y a bien sûr le SMIC qui suit l'inflation et qui, malheureusement, ne suit pas toujours la croissance. Mais je crois qu'il faut essayer d'agir autrement et par la redistribution des actionnaires vers les salariés. Et si on décidait, puisqu'il y a eu 100 milliards... d'euros de distribués en dividendes l'année dernière. 100 milliards qui sont touchés par les actionnaires. Si sur 3 euros, il y avait 1 euro distribué aux salariés, ça ferait 35 milliards. pour 33 milliards pour les salariés, c'est-à-dire 1 500 euros pour les salariés à la fin de l'année. Donc c'est une amélioration du pouvoir d'achat tout à fait considérable. Et il y a bien sûr d'autres leviers qui permettraient d'agir, et en particulier en faisant basculer, alors que tout pèse sur le travail en ce qui concerne le financement de la protection sociale, faire basculer cela vers un impôt plus large comme la CSG, ce qui permettrait d'apporter 200 euros par mois au terme de ce bascule. 200 euros par mois pour chaque salarié.
Ça, c'est votre proposition. Après la journée du 17 octobre, Edouard Philippe avait parlé de Français issus de l'immigration pour parler de certains pilleurs. Il s'en est encore justifié hier. Parler de Français issus de l'immigration, est-ce que c'est du délit de faciès ?
À l'évidence, Edouard Philippe s'enfonce et s'enferme quand on dit quelque chose qui peut blesser, qui peut encourager un regard raciste dans notre pays. Eh bien, il faut très vite le corriger. Il a
un
regard raciste ? Et je pense que les propos qu'il tient sont une incitation aujourd'hui au racisme. On ne distingue pas selon les Français. Et encore moins quand on est candidat à la présidence de la République. Qu'est-ce que c'est que la République ? La République, elle est une et indivisible. Donc, distinguer les Français, c'est rentrer dans une logique où on les sépare selon la couleur de peau, selon la religion. Ça veut dire qu'on les assigne. Ça veut dire qu'on rentre dans une logique identitaire. C'est exactement la tentation du Rassemblement national. Alors, voir un candidat comme Édouard Philippe courir après le Rassemblement national, C'est misérable et c'est pour moi un véritable naufrage et moral et politique. Vous dites attention aujourd'hui. Je dis attention parce que nous portons tous une responsabilité. Et les garde-fous, ils sont bien sûr dans l'action publique, dans les politiques publiques. Lui dit c'est la
police de la pensée que de penser que c'est une pensée raciste. Oui, la police
de la pensée. Quand on sort, quand on croit faire preuve de bon sens, quand on croit dire des évidences, à partir de là, justement, si on n'y prête pas garde... On finit par dire des choses qui sont dangereuses pour la République. Et donc on doit être responsable de ce que l'on fait, mais responsable aussi des mots que l'on emploie. On le sait, le racisme tue et on l'a vu attrape. On le sait, l'antisémitisme, de la même façon, il peut tuer. Et cela... en tout état de cause, blesse de très nombreuses consciences dans notre pays. Donc soyons responsables. La nation française, nous en avons besoin pour reconstruire un pays qui aujourd'hui va mal.
Vous avez été le ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac. Vous avez suivi les élections de mid-term, quand on dit de mi-mandat, aux Etats-Unis. Est-ce que vous tirez des leçons nationales de l'échec de Donald Trump aux Etats-Unis ?
Bien sûr, il y a clairement dans la dérive populiste, dans la dérive de Donald Trump, une méconnaissance, une déconnexion des réalités. Il n'a pas pris en compte la souffrance des Américains en termes de pouvoir d'achat. Il n'a pas pris en compte le rejet par les Américains d'interventions militaires totalement débridées. Il n'a pas pris en compte le sentiment de blessure dans l'esprit américain de la vulgarité de la présidence. et de la corruption qui s'est installée à la tête des États-Unis.
Qu'est-ce que son échec va changer concrètement sur la politique étrangère des États-Unis ? Qu'est-ce que la France peut en espérer ?
Alors, en espérer, je crois que ce serait sans doute un marché de dupe. Donc nous n'avons sans doute rien à espérer. Donald Trump continuera tel qu'il est, tel que nous le connaissons. Par décret ? C'est-à-dire agir par exécutive ordre, par décret, vous avez raison, et à mettre son veto sur un certain nombre de propositions ou de lois américaines. Mais nous devons, nous surtout, être beaucoup plus présents. à la fois en disant la situation du monde et en proposant des alternatives. C'est-à-dire que nous devons nous réengager sur la scène internationale, là où la France et l'Europe se sont considérablement effacées. Et cet affaissement français, ce déclassement français, c'est une souffrance, je crois, pour tous nos compatriotes. On
s'en souvient, Donald Trump avait promis de régler la situation entre l'Ukraine et la Russie en quelques heures. C'est son échec aussi. Le président Zelensky donne une interview ce matin à L'Express où il propose très concrètement à Marine Le Pen de... venir à Kiev pour se rendre compte de la réalité. Est-ce que ça peut changer quelque chose ? Est-ce que c'est une façon pour Volodymyr Zelensky de s'adapter à une potentielle victoire du RN en France ? Je ne suis
pas sûr que ça changera le regard de Marine Le Pen sur l'enjeu ukrainien. Ce qui est certain, c'est que nous avons tous... tous ceux qui aspirent à être candidats à la fonction suprême, à mieux connaître le monde, à mieux connaître les réalités du monde. Pourquoi ? Parce que la fonction présidentielle aujourd'hui, elle ne distingue pas entre l'international et le national, nous le voyons en travers les élections américaines. Mais là, il fait de la réale politique en invitant Marine Le Pen ? Mais il invite chacun, et en particulier ceux qui ne connaissent pas bien l'ensemble de ces sujets, à ouvrir les yeux. Ce qui s'est passé aux États-Unis, c'est d'abord un référendum, bien sûr, pour ou contre Trump, mais c'est surtout un référendum. sur la démocratie. Il a commencé au Brésil, il s'est poursuivi en Israël, aux Etats-Unis, demain en Espagne et bientôt en France. L'élection française, elle sera déterminante parce que si la France bascule, toute l'Europe basculera.
Merci beaucoup Dominique de Villepin d'être passé par les 4 vérités ce matin. Vous êtes le bienvenu lorsque vous voudrez annoncer peut-être votre candidature à l'élection présidentielle.
Merci de votre
invitation.
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