Chargement...
Chargement...
Hier soir, les députés ont rejeté à l'unanimité le volet recette du budget 2027. Comment est-ce que vous qualifiez cette séquence ? C'est un camouflet pour Sébastien Lecornu ?
ce n'est pas un camouflet, ce n'est pas non plus une surprise. Vous savez, ça s'est passé exactement de la même manière l'année dernière. En première lecture à l'Assemblée nationale, le texte avait été rejeté par les députés. Ça a été néanmoins une séquence intéressante, ça nous a permis de voir les amendements qui avaient été déposés par les uns et les autres, parce qu'il y a eu quand même des milliers d'amendements déposés, c'est qu'ils s'y sont quand même intéressés. À la fin de cette première lecture, le texte qui a été construit par les députés était invotable, et même le gouvernement lui-même ne soutenait pas bien sur ce texte.
Mais on a le sentiment que personne n'a fait semblant. Les députés du Bloc central, qui sont quand même censés soutenir le gouvernement, ils ont déserté les bancs pendant les discussions. Est-ce que le gouvernement ne joue tout simplement pas la montre ? 70 jours de débat, tout ça pour finir avec des ordonnances en décembre.
gouvernement respecte le processus constitutionnel, le budget prend un petit peu de temps. Il y a aussi une autre chambre que celle de l'Assemblée nationale, il y a le Sénat qui va démarrer le 9 novembre pour le PLFSS, le budget de la sécurité sociale, pardon, le 20 novembre pour le budget de l'État. Donc pendant un mois, le Sénat va lui travailler sur le budget et je ne doute pas qu'il va nous délivrer deux copies, État, sécurité sociale. Et à partir de ce moment-là, comme l'année dernière, les choses vont en effet devenir assez sérieuses. Et là, nous allons pouvoir commencer à construire cette copie définitive qui fera l'objet ou pas d'un compromis. Mais oui, de toute façon, n'ayons pas de doute, je peux vous le dire aujourd'hui, le moment venu, le gouvernement prendra ses responsabilités. Mais pour l'instant, il laisse travailler les députés, on a vu ce qu'ils ont fait, les sénateurs, et à la fin, il faudra trouver une copie. Laurent Panifou,
ça veut dire quoi, prendre ses responsabilités pour le gouvernement ? Est-ce que ça veut dire prendre des ordonnances ?
y a plusieurs chemins. Il y a le chemin de l'ordonnance, le chemin du 49-3. C'est un petit peu technique, mais en gros, c'est le gouvernement qui dit voilà le budget que nous allons proposer. Nous ne le passons pas au vote puisque le Parlement, les députés en particulier, ne veulent pas le voter. Mais nous voulons bien inscrire, ajouter à notre copie initiale ces mesures qui semblent être importantes pour les uns et les autres pour essayer de trouver un compromis et un accord avec la prise de responsabilité du gouvernement, c'est-à-dire le passage sans vote 49-3 ou ordonnance. Ça, nous verrons bien. Mais de toute façon, ça, ça ne pourra arriver que dans au mieux un mois. Donc, les choses, le budget, la procédure budgétaire, ça prend un petit peu de temps. C'est constitutionnel et les parlementaires doivent prendre patience. C'est ainsi que les choses sont faites.
Est-ce que vous nous confirmez néanmoins que le gouvernement prépare un texte ad hoc pour intégrer notamment les mesures qui ont été promises aux lycéens, mais aussi aux agriculteurs ? en cas d'adoption du budget par ordonnance ?
Je vais vous répondre d'une autre manière. Il y a une copie initiale qui a été déposée par le gouvernement avec un déficit maîtrisé à 5%, pas de hausse d'impôt, ce sont les deux grandes lignes directrices. Et il n'y a pas ces mesures-là ? Pour l'instant, il n'y a pas ces mesures qui, au fil de l'eau, nous avons des conflits, il y en a aujourd'hui, il y a des revendications des lycéens, d'autres, et nous apportons des réponses. Effectivement, il faudra compléter le texte initial par ces mesures. Donc, d'une manière ou d'une autre, ce que le gouvernement fera... Par un projet de loi ? Ça peut être un projet de loi, ça peut être des amendements du gouvernement lui-même au texte initial. Il y a des outils pour ajouter ces mesures qui sont nouvelles au budget initial que nous avons déposé. Mais pour cela, il faut que le budget continue à parcourir son chemin, si je puis dire. Il a commencé par l'Assemblée, il va maintenant au Sénat, on va essayer de trouver un compromis après. Si on n'y arrive pas, il y aura une nouvelle lecture et c'est là. que les choses vont se réaliser.
Vous cherchez toujours le compromis, mais l'année dernière, vous aviez mis sur la table la suspension de la réforme des retraites pour séduire et obtenir la non-censure des socialistes. Est-ce que vous essayez vraiment de passer un accord avec eux ? Qu'est-ce qui est aujourd'hui sur la table de manière très concrète pour les attendrir ?
Oui, il n'y a pas de mesures totémiques comme étaient celles des réformes des retraites, c'est vrai. Après, je veux redire que dans la coupe initiale, tous les accords que nous avons eus l'année dernière sont reconduits. Dans le texte initial, ça n'est quand même pas neutre. Les mesures sur la CSG, sur le patrimoine, etc., que nous avions discuté, négocié, notamment avec la gauche de l'hémicycle, sont dedans. Donc, on ne redébarre pas de zéro avec ce budget. Nous reconduisons les accords que nous avons eu l'année dernière. Non, mais qu'est-ce qui vous
fait croire aujourd'hui que vous avez un levier sur les socialistes ? Il n'y a rien sur la table.
Moi, je crois à la responsabilité des parlementaires, des socialistes et des autres. Oui, bien sûr. Alors, bien sûr que s'approcher d'un budget, s'approcher d'un gouvernement sortant à l'approche de la présidentielle, c'est un petit peu difficile. Mais je crois au sens de la responsabilité des gens qui sont venus et qui ont fait le choix de venir au Parlement et de voter un budget. Je crois que doter notre pays d'un budget est quelque chose d'éminemment important. Et je crois que les parlementaires le savent. Ça va prendre un petit peu de temps pour construire le compromis. Mais vous savez, l'année dernière, c'était la même chose.
Oui, en attendant la France est dans la rue. Aujourd'hui, une colère sociale sur tous les fronts. Il y a les lycéens, il y a la vie chère et des caisses qui sont vides, je le rappelle. Qu'est-ce que peut faire le gouvernement concrètement pour apaiser cette colère
D'abord, pour commencer, c'est écouter, respecter les revendications. Mais ça, ça ne remplit pas
les poches des Français.
C'est vrai, mais c'est un préalable. C'est-à-dire écouter attentivement ce qui se dit, voir ce que nous pouvons faire, nous gouvernants, aujourd'hui. dans la limite de nos moyens, vous l'avez dit, et ensuite ce qui relève de grandes réformes structurelles. Nous sommes à quelques mois de la présidentielle et les candidats doivent écouter eux aussi ce qui est en train de se passer parce que ces revendications, ce sera pour partie à eux d'y apporter des réponses. On parle du pouvoir d'achat, des salaires, de l'augmentation en général, éventuellement des salaires. Mais là encore, s'il y avait une mesure pour
débloquer, c'est quoi ? C'est augmenter le SMIC de manière drastique ?
Alors, ce que nous avons fait, nous, nous avons déjà commencé, c'est libérer les stocks stratégiques de pétrole de manière à faire baisser, c'est concret, c'est effectif, le prix de l'essence. Quand on va faire le plein de sa voiture, quand on est en diesel, en tout cas aujourd'hui, ça baisse, c'est concret, de figer le prix de l'électricité pour cet hiver. D'où l'importance d'être plutôt dans un pays qui fait l'électricité. Mais ça, c'est une mesure
déjà prise. Qu'est-ce que vous pouvez mettre de plus sur la table
Ah oui, c'est déjà pris, mais c'est important. C'est-à-dire que c'est la question de l'énergie. L'hiver arrive, il faut se déplacer. Quand on vient comme moi d'un milieu rural, le plein de la voiture... pouvoir se chauffer et que le prix n'augmente pas, c'est quelque chose de concret. Il y aura peut-être une mesure sur le SMIC, mais ça je vais laisser mon collègue Roland Lescure l'annoncer, probablement demain. Mais pour la question du pouvoir d'achat, c'est la question de réforme structurelle, de la manière dont est construit le bulletin de salaire, comment on fait en sorte que le net se rapproche du brut. C'est une réforme qui ne relève pas de ce gouvernement, qui relève de l'élection présidentielle. Moi j'ai des idées là-dessus, mais mon rôle aujourd'hui, c'est de vous dire ça. Est-ce
que vous redoutez des violences aujourd'hui ?
Écoutez, j'espère qu'il n'y en aura pas. Je sais que mon collègue Laurent Nunez fait tout et met tous les moyens possibles pour que ça se passe bien, comme la dernière fois. En tout cas, moi, ce que je vous dis, c'est ce qui est important, comme avec les lycéens. Aujourd'hui, ce qui compte pour moi, c'est d'écouter attentivement les revendications pour voir ce que nous, nous pouvons faire à l'échelle du gouvernement tout de suite. Peut-être modifier le budget pour apporter certaines réponses. Et ensuite... et le dire, ce qui relève de réformes structurelles présidentielles. Dans un
entretien au point, Edouard Philippe a créé la polémique en jugeant patente la surreprésentation de jeunes issus de l'immigration lors des pillages du week-end du 17 octobre. Le candidat à la présidentielle lit immigration et vandalisme. Est-ce qu'il a eu tort ?
Je suis en désaccord total avec cette affirmation et ce message que nous avons parfois. ... ... ... ... ... Totalement. On peut parler aussi de problèmes d'intégration, mais on a un problème plus globalement avec notre jeunesse, intégration d'associés, et on peut se poser la question, est-ce qu'on s'est donné les moyens tout simplement de faire en sorte que ces jeunes s'intègrent correctement dans notre pays ? Donc il y a des réflexions à voir, là aussi qui relèvent peut-être de la présidentielle, mais en tout cas le lien immigration-délinquance, non, je m'y oppose fermement. Jean
-Luc Mélenchon a dénoncé des calomnies racistes d'Edouard Philippe et l'accuse de tenir un discours dégoûtant. Vous êtes d'accord avec l'insoumis ?
pas ces mots du tout. Je suis en désaccord avec, total, avec cette affirmation. Après les mots de M. Mélenchon, je lui laisse.
Jean-Luc Mélenchon, il utilise lui le terme de raciser. Est-ce que vous êtes à l'aise avec ce terme ?
Non, je ne suis pas non plus à l'aise avec ce terme. En France, il y a des enfants français. On est français ou on n'est pas français, quelle que soit notre couleur de peau. Et moi, ce que j'ai envie, c'est que dans notre pays, enfin, on puisse avoir un petit peu de concorde et que les responsables politiques que nous sommes... Il nous reste quelques mots au gouvernement, mais celles et ceux qui vont nous succéder, fassent en sorte qu'on rassemble tout le monde et qu'un enfant français, c'est un enfant français. Il faut qu'on l'aide, il faut qu'il s'intègre et il faut qu'il ait un avenir. Et peut-être que dans ces manifestations, ils nous expriment aussi une forme d'angoisse et ils attendent de nous des décisions. Et dire
par exemple qu'il y a des Français issus de l'immigration, pour vous, c'est de fait raciste ? C'est indicible ?
Non, ce n'est pas raciste, mais on est français ou on n'est pas français, qu'on soit issu de l'immigration ou pas, ça ne veut plus rien dire. De combien de générations ? Est-ce que c'était papa, est-ce que c'était grand-papa qui était issu de l'immigration ? On est français ou on n'est pas français.
Deux petites dernières questions. Il y a une pétition aussi qui appelle à fermer la chaîne CNews auprès de l'Assemblée nationale. Elle a dépassé les 500 000 signatures. Je crois qu'elle en est à peu près à 800 000 ce matin. Selon le règlement, ça ouvre la voie à un débat à l'Assemblée nationale. Est-ce qu'il va se tenir ? Est-ce que vous, vous souhaitez qu'il se tienne ?
Alors la question se pose actuellement au sein de la commission ad hoc de l'Assemblée nationale, de savoir si le débat va se tenir, puisque c'est le règlement de l'Assemblée. Moi, la réflexion que j'aurai sur ce débat, c'est la qualité de l'information. Dans notre pays, c'est quelque chose d'éminemment précieux, surtout dans un pays qui est dans une phase un peu trouble, c'est le moins qu'on puisse dire en France aujourd'hui. Et moi, ça m'amène à une réflexion, c'est qu'il est en tout cas temps de protéger et de préparer le service public de l'information. Et je sais qu'il y a des messages, parfois, de certains mouvements politiques qui appellent même à privatiser les services publics de l'information. Parlez
du Rassemblement National ? Oui,
par exemple. Écoutez, moi, je suis de celles et ceux qui considèrent que c'est un bien précieux pour notre pays et d'avoir dans notre pays des chaînes d'information. des radios qui délivrent une information juste et désintéressée. Mais ça veut dire que vous, vous souhaitez que
ce débat se tienne. Je rappelle que le texte compare CNews à une machine à propagande. Vous êtes d'accord avec ça et vous dites qu'il faut en discuter en tout cas à l'Assemblée nationale ?
Non, je crois qu'il y a une règle. Il y a une pétition de plus de 500 000 qui a été délivrée. Je crois qu'on est même à 700 000 aujourd'hui. Qu'il y ait un débat au sein de l'Assemblée nationale, je trouve que c'est sain. Ça ne remet pas en cause l'existence ou non de cette chaîne. Mais moi, j'en profite pour dire que nous avons un service public de l'information, c'est précieux. Et aux Françaises et aux Français, leur dire qu'il faudra veiller dans les mois à venir à le garder.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.