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Emmanuel Macron a découvert seulement trois jours avant sa publication que des échanges privés avec la journaliste Françoise Degoy allaient être rendus publics dans un livre. Pendant deux ans, le président de la République lui a confié ses réactions sur la dissolution de 2024, la progression du Rassemblement national et ses relations avec plusieurs responsables politiques. à des conversations qui contrastent avec la distance à l'égard des journalistes qu'il affirmait vouloir maintenir depuis le début de sa carrière politique. L'ouvrage intitulé « Vous êtes tous trop durs avec moi » est publié aux éditions Robert Laffont, rassemble ses échanges par messagerie. Françoise Degoy, ancienne conseillère de Ségolène Royal, reconnaît ne pas redemander l'autorisation d'Emmanuel Macron avant de publier cette correspondance. À l'Élysée, l'entourage présidentiel confirme que le livre a été découvert le lundi précédant sa sortie. Parmi les sujets abordés, la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024 occupe une place importante. Emmanuel Macron revient sur cette décision et défend le bilan qu'il lui attribue face au Rassemblement national. Selon lui, cette dissolution a empêché le parti de Marine Le Pen d'accéder au pouvoir à ce moment-là. Il estime également que le RN n'était pas prêt à affronter une échéance électorale en juin, contrairement à ce qu'il aurait pu être à l'automne. Le président exprime aussi sa détermination à empêcher le parti d'accéder à l'Élysée. Dans un message de juin 2026, il écrit « La machine veut du sang, elle veut le RN ». Interrogé sur ses inquiétudes, il répond avec assurance « Non, haut les cœurs, on les aura, tous ». Il met également en garde contre les conséquences des tensions politiques. Selon lui, les mouvements et les affrontements entre responsables politiques peuvent profiter au Rassemblement national. Il critique notamment une partie de la droite dont plusieurs personnalités seraient, à ses yeux, tentées de se rapprocher du parti. Sa conclusion est claire. Faut baisser la température et pas jouer avec les allumettes. Les échanges révèlent également sa position sur la nomination d'un premier ministre de gauche après la dissolution. Alors que Françoise Degoy lui suggère cette possibilité, Emmanuel Macron lui oppose un argument électoral. Vous n'avez pas gagné. C'est le RN qui a gagné. Il estime par ailleurs que les différentes forces de gauche ne seraient pas capables de s'entendre durablement et qu'un gouvernement reposant sur cette option risquerait de tomber rapidement. Gabriel Attal, qui occupait alors Matignon avant de quitter ses fonctions de premier ministre, fait lui aussi l'objet de commentaires personnels. Emmanuel Macron considère qu'il a bénéficié de trop d'attention et de responsabilité, déclarant « on lui a trop donné, tout le temps, trop ». Dans l'entourage présidentiel, ces révélations sont toutefois présentées comme peu surprenantes. Un proche d'Emmanuel Macron relativise leur portée et estime que les propos publiés correspondent sur le fond aux positions déjà exprimées publiquement par le chef de l'État. Il cite notamment son soutien à la réforme des retraites, ses appréciations sur Gabriel Attal et ses critiques envers certaines personnalités de droite susceptibles de rejoindre le RN. Gabriel Attal a également réagi à la publication sur BFM TV. L'ancien premier ministre a déclaré « Tout cela n'intéresse pas les Français ». Il a ensuite rappelé que chacun était libre de faire ses commentaires et de choisir ses interlocuteurs, y compris parmi les journalistes. Au-delà du contenu politique, cette publication soulève une question sur les rapports entre Emmanuel Macron et la presse. En 2016, alors qu'il préparait sa candidature à l'élection présidentielle, il dénonçait déjà la proximité entre responsables politiques et journalistes. Sur le plateau de Mediapart, il affirmait « Je n'ai pas et pas d'amis journalistes. Je ne fais pas de connivence, je ne fais pas de confidence. » Cette déclaration intervenait après la publication d'un président ne devrait pas dire ça. Un livre consacré aux confidences de François Hollande, aux journalistes Gérard Davé et Fabrice Lhomme. À l'époque, ces révélations avaient plongé le gouvernement dans le désarroi, quelques mois avant la fin du mandat présidentiel. Les réactions politiques à la publication du livre de Françoise Degoy restent limitées. Le député insoumis Aurélien Taché, ancien membre du mouvement macroniste, a exprimé ses doutes sur la possibilité qu'Emmanuel Macron ait ignoré la nature de ses échanges. Il a déclaré sur X ne pas croire une seconde que le président ne savait pas ce qu'il faisait. À l'inverse, Sabrina Roubache, ministre déléguée chargée de l'enseignement et proche du couple présidentiel, a vivement critiqué la démarche de la journaliste sur BFM TV. Elle l'a qualifiée de pratique très bizarre, allant jusqu'à la juger « pire qu'une trahison ». Elle a également estimé que seuls les plus naïfs pouvaient croire que les conversations dites « confidentielles » le restaient systématiquement. Ces révélations mettent ainsi en lumière deux aspects des relations d'Emmanuel Macron avec les médias, ses positions politiques exprimées en privé et la proximité qu'il a entretenue avec une journaliste alors même qu'il avait publiquement affirmé vouloir éviter toute forme de connivence avec la presse.
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