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Oui, la diplomatie est absente parce qu'on a préféré les armes. Et si les Européens avaient été à la hauteur de leur mission, ils auraient anticipé cette situation et conclu à la nécessité de mettre sur la table des propositions. Il n'y a pas de plan de paix, que je sache, ukraino-européen. Il n'y a pas un plan de paix des Européens pour la stabilisation du Golfe en liaison avec les États arabes. Si l'ensemble des États de cette région avaient proposé un plan de paix et un plan de stabilisation avec... les pays d'Union Européenne, plus la Chine, plus l'Inde, plus le Brésil, je pense qu'on pèserait bien davantage. Donc oui, la diplomatie, elle a baissé les bras, mais il n'est pas interdit de penser qu'on pourrait faire autrement. Donc cette logique...
Vous réussiriez, si vous étiez aux affaires, à faire différemment. Si Donald Trump, demain, décide de refrapper massivement l'Iran, vous auriez la capacité de faire en sorte qu'il hésite à le faire ?
J'aurais la capacité d'engager un combat. Le choix que l'on a à la tête d'une diplomatie, c'est d'engager un combat. Le
combat... Mais à vous écouter, on a le sentiment que tout le monde a baissé les armes et que personne ne mène ce combat-là. Ce n'est pas tout à fait l'écho ou la musique que l'on entend en termes de relations internationales.
parce que vous n'écoutez peut-être pas aux bonnes sources, mais tout le monde s'accorde pour dire que la diplomatie européenne aujourd'hui a un encephalogramme à peu près plat. Alors elle est divisée cette Europe, et c'est là où il faut être capable de constituer sans doute un pôle actif, et c'est pour ça que je préconise un Conseil de sécurité européen qui soit capable de défendre la souveraineté et les intérêts de l'Europe. Ne l'oubliez pas, l'Europe, elle a parié. sur l'idée qu'il valait mieux essayer de garder de bonnes relations avec Donald Trump en espérant qu'on aurait des retombées positives sur l'Ukraine. Ce pari, il a échoué. Et donc à un moment donné, et limite terme, c'est une bonne occasion, il faut faire un trait, faire l'addition et constater que ce qu'on a fait jusqu'à maintenant n'est sans doute pas la bonne solution. On a vu que McCartney était capable de dessiner une autre stratégie. Donc vous voyez bien, pour ceux qui s'intéressent à la diplomatie, il y a une alternative. Et ce qui est vrai en matière internationale, et vrai en matière nationale.
Alors, précisément, il faut qu'on s'intéresse à ce qui se passe en France, à ces multiples crises que nous traversons, à commencer par la mobilisation des lycéens qui était en baisse hier. Est-ce que vous dites, comme le gouvernement, ça suffit maintenant, il est temps de reprendre le chemin des classes et des cours ?
Oui, mais dire ça suffit, ça ne permet pas de faire rentrer le dentifrice dans le tube. Une fois qu'il est sorti, nous connaissons tous la loi. Et vous
en savez quelque chose. C'est très difficile,
oui, dans un contexte qui n'avait absolument rien à voir. Je vous rappelle que c'était contre une loi que l'on manifestait. Là, c'est quelque chose de beaucoup plus complexe et sans doute beaucoup plus profond. Donc ça n'a rien à voir. Donc aujourd'hui, il faut être capable de mettre en place une perspective. Pour les six mois qui viennent, ne l'oublions pas, il y a des élections présidentielles qui aujourd'hui télescopent un malaise social extrêmement profond dans notre pays avec une addition des colères. Mais
ça, ça n'a pas été fait, la mise en perspective dans les six mois à venir pour les lycéens ?
Moi j'ai proposé des états généraux de la République, j'ai proposé une plateforme anti-crise, je n'ai pas
vu... Pardon, moi je n'entends pas de lycéens demander des états généraux de la République. Ils demandent très concrètement 10 milliards d'euros de décision tout de suite, davantage sur le bâtisse scolaire, sur les professeurs.
Mais le pouvoir, il a une responsabilité particulière. Il n'est pas interdit que le pouvoir ait de l'imagination. Et être capable de reprendre un certain nombre de colères et de les traiter politiquement, c'est la responsabilité du politique. Mais la question concrète que vous a
été posée Dominique de Villepin, c'est est-ce que vous considérez que maintenant il faut que les blocus cessent et que les lycéens reprennent les cours
? Mais je souhaite bien évidemment que les cours reprennent. Je pense que les longues semaines qui ont été passées se font au détriment de la scolarité. de tous les élèves de notre pays et que l'intérêt collectif, c'est que cela reprenne. L'intérêt aussi du gouvernement, c'est... d'entendre mieux, d'écouter mieux, et d'être capable, jour après jour, d'apporter des réponses. On voit par exemple, pour un certain nombre de situations dans les bâtiments scolaires, que les réponses tardent à venir. Un plan État-région pourrait être assez rapidement mis en
oeuvre. C'est ce qui est annoncé, 4 milliards d'euros de préalisation par les régions. On a eu
les vacances, et je n'ai pas vu bricoler beaucoup, en tout cas dans un certain nombre de lycées, qui sont des lycées où la situation est inacceptable. Donc, ça implique de mettre maintenant les mains à la tâche, d'avoir un calendrier, et... et d'être au charbon pour faire en sorte d'améliorer les choses.
A cette crise lycéenne s'ajoute une crise sociale, avec une grande mobilisation à venir jeudi, à l'appel de l'intersyndical. Vous avez la CGT qui notamment appelle à une grève généralisée. Est-ce que vous serez dans la rue pour manifester ?
Non, je ne serai pas dans la rue parce que ça ne fait pas partie des modes d'action qui sont les miens. Je pense que je suis plus utile à réfléchir, proposer, agir.
Vous entendez parmi les sujets de discussion qu'il y a notamment entre les organisations syndicales et le gouvernement sur la question du pouvoir d'achat, il y a la question du SMIC. avec des partis de gauche qui, pour certains, demandent l'augmentation du SMIC à 1 700 euros net. Le gouvernement qui réfléchit à un coup de pouce qui serait accéléré, mais sans atteindre ces niveaux-là. Dominique de Villepin, président, et on verra dans un instant si c'est toujours d'actualité, le SMIC y serait à combien
Alors, donner un coup de pouce au SMIC, c'est nécessaire compte tenu de l'inflation, mais ce n'est certainement pas la solution à tout. Donc 1700 euros net, c'est illusoire. Je pense que c'est illusoire dans un contexte de croissance nul et c'est surtout le risque de voir tous les autres salaires mis en difficulté. C'est la fameuse trappe à bas salaires. Donc la solution, c'est la croissance, se battre pour la croissance. On voit bien que depuis 20 ans, c'est 0,5%. point de croissance que nous avons eu dans notre pays, là où il faudrait 1%, 1,5% pour que la situation française s'améliore. Donc il faut remettre les choses dans l'ordre, remettre à plat notre système financier, ça veut dire ouvrir le capot et regarder dans le moteur, c'est pour cela que je propose la mise à plat des niches fiscales et sociales, ce qui nous permettra de dégager un certain nombre de moyens, qui permettra de répondre à la nécessité de combler les déficits, c'est une première exigence. Et puis il faut... Également, sur l'ensemble des chapitres qui touchent le pouvoir de vivre de nos compatriotes, qu'il s'agisse de l'énergie, on a des moyens de raccorder la facture au prix de production. Eh bien, faisons en sorte de faire baisser cette facture. Le gouvernement a décidé de donner un coup de pouce avec la libération d'une partie des stocks stratégiques, 10 millions de barils. C'est un premier pas, mais on voit bien que ce n'est pas suffisant. L'incertitude qui règne dans le goff... continuera de peser, et puis il y a un effort à faire, bien sûr, dans le domaine du logement, dans le domaine de l'alimentation, sur l'ensemble de ces sujets qui... intéressent au premier chef les Français.
Dominique de Villepin, pour parler de votre cas personnel, pourquoi est-ce que vous n'avez toujours pas annoncé votre candidature officielle à la présidence de la République ?
Parce que ce n'est pas le moment. Je ne pense pas qu'au milieu d'une situation de colère générale dans notre pays, ajouter une candidature apporte quelque chose. Mais je vous rassure, soyez
patient. Il y a une autre hypothèse, Dominique de Villepin, dans les sondages et dans les récents, vous êtes testé entre... Dans les hypothèses, les moins favorables 1%, les plus favorables 3%, est-ce que ce n'est pas simplement que vous constatez que votre campagne ne prend pas et que vous n'êtes pas audible ? Et c'est peut-être pour ça que vous hésitez à vous déclarer candidat à l'élection présidentielle ? C'est tout
simplement parce que je ne suis pas encore candidat. Le jour où je suis candidat, les choses changeront peut-être. Ah bon
? Vous pensez que vous passerez de 1 à 3 à tout de suite 10 par le simple fait de vous déclarer candidat ? Nous le
verrons bien. Ma conviction, c'est qu'aujourd'hui... Nous avons deux extrêmes extrêmement forts dans le jeu politique français qui écrasent l'ensemble du débat. Et pour parler des autres candidats, ceux qui sont sur l'espace du bloc central, nous voyons bien qu'ils ne cessent de descendre. Donc dans ce contexte, il faut bien des voies alternatives.
Vous dites quand je serai candidat les autres candidats. Donc en fait, on est bien d'accord ce matin que c'est simplement une question de timing. Il n'y a aucune espèce de doute sur le fait que vous serez candidat à l'élection présidentielle. Il n'y en a
pas en ce qui
me concerne.
Alors si jamais vous ne l'étiez pas, Valentin a une question pour vous au standard de France Inter. Bonjour, bienvenue Valentin.
Bonjour, merci pour la qualité de vos émissions. Bonjour monsieur de Villepay, j'ai une question justement sur votre candidature, que a-t-il personnage, je tiens à préciser, que je soutiens. Je me pose la question sur les alliances possibles, compte tenu justement... des attraits, des rapprochements que vous avez. On pense notamment à M. Ruffin, où vous étiez, selon l'expression, reniflé lors du débat de libération. Les rapprochements que vous pourriez faire, pourquoi pas, avec le bloc centriste, notamment Gabriel Attal ou Marine Tondelier. Pourquoi pas avoir cette démarche d'alliance ? Voilà ma question aujourd'hui. Merci
Valentin. Merci.
Les grandes figures aujourd'hui du bloc central sont des figures qui sont liées au macronisme. Ce sont les héritiers du macronisme. Je n'ai donc pas de lien. aucun, avec ses représentants. Et c'est une toute autre politique que je veux défendre, une autre conception de la politique, une autre conception aussi de la République. Je crois que donc, dans ce contexte, il n'y a pas d'alliance, ni avec Edouard Philippe, ni avec Gabriel Attal. De qui est-ce que vous vous sentez le plus
proche aujourd'hui, dans l'offre politique et dans l'offre des candidatures ? Mais aujourd
'hui, ce que je veux défendre, c'est une certaine idée de la souveraineté. une certaine idée de la politique étrangère de la France, une certaine idée de la République, et cela passe par la reconstruction d'un État fort dans notre pays. La phrase que vous venez de prononcer
là, je pense qu'il y a à peu près 90% des candidats à l'élection présidentielle qui pourraient y souscrire. Simplement, et je prolonge la question de notre auditeur, on vous a vu parfois parler comme la France insoumise, on vous a vu vous, je cite, renifler effectivement avec François Ruffin, c'est pas nous qui utilisons ce mot, c'est bien vous deux. Vous comprenez qu'on est un peu de mal à vous suivre ? C'est quoi peut-être l'hypothèse ? c'est celle d'être Premier ministre de Jean-Luc Mélenchon, si d'aventure vous n'êtes pas candidat à l'élection présidentielle ?
Monsieur Duhamel, la politique que je veux mener, elle n'a rien à voir avec celle de Jean-Luc Mélenchon, et elle est au contraire soucieuse de reconstruire. Une France, un État, qui soit faite d'équilibre et de mesure. Donc ne caricaturez pas la pensée et l'idée qui est la mienne. Je veux bien croire que je prends mon temps pour définir un calendrier. Vous pouvez, dans cet entre-temps, exprimer toutes sortes. À dire qu'en l'État, ça ne ressemble qu
'à une candidature de témoignage, Dominique de Villepin. C'est votre interprétation. C'est l'interprétation des sondages.
Oui. Et à tout le moins, vous constaterez qu'aujourd'hui, il n'y a pas de figure qui ressorte du jeu politique. Donc entre ceux qui descendent et ceux qui n'ont pas commencé à monter, on peut imaginer qu'il y a un certain espace. Donc une fois de plus, monsieur Duhamel, ne spéculez pas, ça n'est pas aujourd'hui passionnant. Et soyez patient.
Un dernier mot, Dominique de Villepin. Chez nos confrères de Radio Nova, vous avez décrit par le menu vos goûts musicaux. J'en cite quelques-uns. Théodora, Chey, Damso, Mori Kanté. Vous avez fait l'éloge de la chanson « Congolise sous BBL » de Théodora, que nos auditeurs connaissent peut-être, sûrement même. Est-ce que c'est ce qu'il vous reste pour essayer de parler aux électeurs les plus jeunes ? Est-ce que là aussi, peut-être, c'est un levier de croissance que vous cherchez pour progresser dans les sondages ?
Vous avez des expressions qui traduisent une forme de mépris, monsieur Duhamel. Quel mépris ? Le ricanement, c'est un mépris. La dérision, c'est un mépris. Le fait de citer une chanson qui exprime une époque, c'est... toujours pour un responsable politique, la traduction de quelqu'un qui cherche à comprendre. Vous voyez, on a un gouvernement qui n'écoute pas la rue, qui n'écoute pas les lycéens. Moi, je ne prétends pas... Donc Théodora et
Convoly sous BBL, ce n'est pas une construction de communication, c'est une chanson que vous aimez sincèrement. Est-ce que vous
voyez, dans ce que je suis, et dans ce que j'ai été depuis un certain nombre de décennies, la moindre posture ? Est-ce que j'ai une raison d'essayer d'être quelque chose d'autre que ce que je suis ? Non,
mais certains responsables... politiques font parfois mine d'apprécier certaines chansons, certains films pour plaire à leurs électeurs. Ce n'est pas votre cas.
Mais dans quel but ? Dans quel but ? Il y a une société française qui est en ébullition. Il y a une société française qui aujourd'hui a des goûts, des inquiétudes. Et la musique traduit cela. La passion de la culture, ce n'est pas quelque chose que j'ai découvert hier. Et c'est au contraire quelque chose qui nourrit et qui développe et aiguise le regard qui est le mien sur la France. Et on a besoin aujourd'hui de comprendre les mouvements de la société française.
Merci Dominique de Villepin d'être venu au micro de France Inter ce matin. La revue de presse à suivre.
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