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'invité de Bonjour Lyon, Léo Gérardin, co-secrétaire Union départementale solidaire Rhône. Bonjour, merci d'avoir accepté ce matin notre invitation quasiment trois heures avant le début de cette manifestation lyonnaise, de cette grande journée de mobilisation interprofessionnelle partout en France. Le cortège à Lyon s'élancera de la manufacture des tabacs jusqu'à la place Jean Massé. Alors que vous souhaitiez une arrivée place Bellecour, votre recours a finalement été rejeté par le tribunal administratif de Lyon. Comment ? Avez-vous accueilli cette décision
vais vous répondre sur le changement de parcours et l'arrivée imposée à la place Jean Massé. Mais avant ça, je ne voudrais pas que les questions de parcours et d'interdiction de manifestation deviennent l'arbre qui cache la forêt. La forêt, c'est qu'aujourd'hui on va avoir une journée de grève interprofessionnelle massive, vous en avez parlé plus tôt ce matin, avec les TCL très fortement perturbés, un certain nombre d'écoles fermées. Mon université où je travaille, Lyon 1, est encore bloquée par des étudiants très fortement mobilisés et c'est exceptionnel et historique. Dans le privé, dans les commerces également, on reçoit régulièrement des appels depuis plusieurs semaines de salariés qui veulent se mettre en grève pour la première fois. On parle beaucoup des commerçants qu'il faudrait protéger et on pourrait aussi parler de leurs employés qui vont... se mettre en grève aujourd'hui. Voilà. Je cherchais ce matin à me remettre à jour sur nos revendications. En fait, j'ai retrouvé un tract de mai dernier, donc elles ne sont pas changées. À Solidaire, on revendique le SMIC à 2000 euros, une hausse immédiate de 400 euros pour tous les salaires. le blocage des prix de l'essence, et je pourrais continuer longtemps. Je dis ça pour dire qu'aujourd'hui, l'important, ce sont ces revendications, c'est ce message-là, la population qui va être en grève, c'est pour défendre ces revendications, la manifestation qui va être énorme, c'est aussi pour cela, et il ne faudrait pas qu'on parle que des petites sautes d'humeur de la préfecture. Maintenant, pour ce qui est de ces sautes d'humeur de la préfecture, effectivement, le parcours que nous nous demandions a été interdit, que l'intersyndical demandait. On finira place Jean Massé. Pourquoi on a demandé à terminer place Bellecour ? Parce que c'est la plus grande place de Lyon et c'est la seule dans laquelle on peut évacuer, disperser une manifestation de dizaines de milliers de personnes. Samedi dernier, on était au moins 20 000 à une manifestation à l'appel de notre union départementale solidaire, de la CNTSO et de l'UNEF. Pas de l'intersyndical au grand complet et pas sur une journée de grève préparée depuis plusieurs semaines. Aujourd'hui, on va forcément être beaucoup plus que 20 000. Combien à peu près ? Je ne peux pas vous dire, c'est trop tôt.
Mais plus que 20 000 en tout cas. On nous l'a annoncé ce matin, on sera à Lyon, il y aura plus de 20 000 manifestants dans les rues.
C 'est
certain,
c'est certain. Jean Massé, samedi dernier, c'était trop petit pour la dispersion. En plus avec des consignes peu claires de la préfecture qui sont arrivées au dernier moment. On arrive par le sud, avenue Bertolo, mais en fait il faut disperser vers le sud. Ce qui a donné lieu aux... scènes un petit peu compliquées qui ont émaillé la suite de l'après-midi autour de la place Jean Massé. Aujourd'hui, malheureusement, ça risque de finir un petit peu de la même manière. Ce ne sera pas notre responsabilité, mais celle de la préfecture qui a l'air de penser que Jean Massé, c'est une bonne place pour disperser une manifestation de cette taille-là. Nous, on maintient que c'est un mauvais choix et que la seule place qui convenait, c'était Belcourt. Hier, pendant l'audience au tribunal administratif... La
préfecture, quand même, pour justifier sa décision... Son refus initial de la place Belcourt met en avant les conditions difficiles de dispersion de plusieurs dizaines de milliers de personnes attendues aujourd'hui. Place Belcourt qui pourrait exposer potentiellement des risques, des débordements. On se souvient de ces scènes de chaos survenues à Lyon le 17 octobre. Est-ce que cette remarque-là, vous l'entendez ou pas ?
Écoutez, dans le même arrêté, la préfecture parle de la manifestation de samedi dernier, du 31, et explique que l'arrivée à Jean Massé, finalement, s'est mal passée. Donc elle donne la réponse dans son arrêté. Hier, pendant l'audience, la préfecture a expliqué que la place Belcourt était devenue un symbole. Donc c'est elle qui en fait un symbole. Nous, on considère... juste que c'est la plus grande place de Lyon et c'est la seule suffisamment grande pour une telle dispersion. Donc si c'est devenu un symbole, soit on en prend acte, ça va devenir un symbole de la liberté de manifester et nous on n'acceptera pas de se faire... complètement interdire d'accès à la presqu'île. La presqu'île, c'est là où se trouve le pouvoir économique, le pouvoir politique dans cette ville. Nous, on a des revendications à faire entendre et à les faire entendre de ces personnes-là. On est évidemment toujours très contents et contentes de manifester dans le 7e arrondissement. C'est un quartier où on habite, où on est content de vivre, mais nos revendications, on veut les faire entendre sur la presqu'île et on continuera de demander à aller sur la presqu'île. On s'est déjà fait interdire pendant des années de passer rue de la barre avec le... Le chaos qui s'en suivait à chaque fois, place Antonin-Poncet, là, maintenant, on n'a même plus le droit de traverser le pont, c'est inadmissible. Alors
Léo Girardin, à l'arrivée, se fera finalement place Jean Massé cet après-midi. Est-ce que vous craignez pour la sécurité des manifestants au moment de la dispersion, compte tenu de la taille de la place Jean Massé
Le service d'ordre intersyndical sera déployé. Chaque organisation syndicale dans son cortège aura également son service d'ordre. Il n'y a pas de raison que ça se passe mal. Les manifestations intersyndicales, quand la police fait correctement son boulot, quand elle se tient à distance et quand elle ne fait pas, comme le 1er mai dernier, attaquer la banderole de tête syndicale, le 13 octobre dernier, venir arracher la banderole de l'intersyndicale éducation après avoir coupé la manifestation en deux, La police ne fait pas ça, les manifestations se terminent bien. Donc nous, on souhaite qu'elles se terminent bien. On a déployé nos effectifs de services d'ordre en fonction. Il y a un deuxième potentiel danger et dont on souhaite également qu'il ne se concrétise pas, c'est la présence des groupuscules d'extrême droite qui ont tourné autour de la place Jean Massé samedi dernier avec des bagarres. On l'a vu ces dernières semaines, c'est devenu un peu un leitmotiv un peu partout en France avec la police qui joue parfois dans des eaux troubles vis-à-vis de ces groupes. Qu'est-ce que vous
entendez par là ? C'est grave ces accusations. Vous dites la police joue en eau trouble avec les groupes d'extrême droite. Qu'est-ce que vous dénoncez ?
Ce que je dénonce, c'est toutes ces vidéos qu'on a pu voir à Montpellier, à Nice, dans d'autres villes. police qui laisse des groupes d'extrême droite passer à tabac des manifestants, qui les protègent derrière leur ligne ou qui chargent ensemble. Et il y a un nombre de vidéos incalculables. Vous parlez
des groupuscules d'extrême droite, je suis obligé de vous parler aussi des groupuscules d'extrême gauche. Certains membres du gouvernement, en tout cas le gouvernement, les services de renseignement font clairement les liens entre ces groupes et ces débordements qui ont pu avoir lieu à Lyon ces dernières semaines. Est-ce que vous les faites aussi d'ailleurs ? ces liens, ces rapprochements
Nous, ce qu'on considère, c'est qu'il y a une colère énorme dans la population, du fait de cette vie qui est trop chère, du fait du partage des richesses qui n'est absolument pas au rendez-vous, du fait également des canicules qui se sont suivies de mai à septembre, et qu'on ne peut pas être surpris que la population soit en colère et exprime sa colère. Maintenant, les manières dont la colère s'exprime, évidemment, nous, en tant qu'organisation
syndicale... Vous dénoncez tout acte de violence, qu'on soit clair.
Nous, ce qu'on dénonce, c'est la violence politique du gouvernement et la violence de la préfecture de police qui attaque nos manifestations. Ce n'est pas mon rôle de dénoncer des bris de vitrine. Je rappelle quand même qu'on ne parle pas de violence, on parle d'atteinte aux biens. Les violences, c'est contre les personnes. Il serait peut-être temps que la préfecture de police se rappelle qu'arracher des mains. à coups de flashball ou de grenades de désencerclement, ce n'est pas la même chose que laisser quelques vitrines se faire casser. Les vitrines
cassées, il y a aussi les pertes des commerçants. Certains ne peuvent pas travailler, certains sont obligés de se bagricader, de plonger dans leurs économies, de s'endetter aussi pour faire appel à des services de sécurité. Tout cela, vous êtes muet par rapport à ça ?
Non, je ne suis pas muet. Ce qui empêche les commerçants de la presqu'île de travailler depuis maintenant deux semaines le samedi, c'est les forces de police qui bloquent l'accès à la presqu'île.
Léo et Jardin, aujourd'hui entre 500 000 et 700 000 personnes sont attendues dans les rues. Aujourd'hui en France, plus de 250 rassemblements au total. Pour la première fois depuis la rentrée, les salariés du privé défileront aux côtés du public. Ce suivi très important. Comment vous l'expliquez ?
'est ce que je disais à l'instant, il y a une colère qui est énorme dans la population et qui est partagée. Les lycéens, les lycéennes qui demandent des moyens pour leur lycée, des professeurs présents et présentes, des cours qui ont lieu correctement jusqu'à la fin de l'année, en fait ça rejoint exactement les revendications qui étaient celles de l'intersyndicale de la fonction publique le 29 septembre. Les bâtiments des lycées qui doivent être en bon état pour faire face aux canicules, c'était les revendications de la marche pour le climat et la justice sociale du 26 septembre. L'indignation face aux violences policières depuis il y a quelques semaines rejoignent les revendications de la marche contre le permis de tuer du 20 septembre. Je pourrais continuer longtemps. Évidemment, dans le privé, il y a tout un tas de grèves dont on parle moins dans les boîtes qui ont lieu en permanence, en fait, et qui souvent gagnent, même si on en parle peu, des augmentations de salaire, des améliorations de conditions de travail, des accompagnements aussi de salariés aux prud'hommes. Nous, on fait ça tous les jours. On voit bien que la colère, elle est énorme. Et donc, c'est ce qui explique qu'aujourd'hui, ça va forcément être un succès historique. Une
journée de colère, des grèves aussi. On en a parlé déjà ce matin dans Bonjour Lyon. Le réseau Tessel entièrement paralysé ce jeudi. Aucune ligne de métro. Que dites-vous aux personnes qui ne vont pas pouvoir aller travailler ce matin à leur employeur ou à celles qui ne vont pas pouvoir aller à leurs rendez-vous médicaux ? Du fait de ces grèves des transports
? Celles qui ne pourront pas aller travailler, je les invite à se mettre en grève, à nous rejoindre à la manifestation. La meilleure manière que la grève se termine vite, c'est que le gouvernement et le patronat entendent les revendications et ouvrent des négociations sérieuses, pas ce qu'ils ont proposé aux lycéens et aux lycéennes en les baladant de haut lieu de la République en haut lieu de la République.
Et pour celles qui ne peuvent pas aller acheter le médecin 'est compliqué pour ces personnes-là.
Je l'entends. Ces personnes-là vont devoir faire le trajet probablement à pied ou en taxi.
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