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Et nous accueillons Karim Bouamran, bonsoir.
Bonsoir
madame, bonsoir monsieur. Maire du parti socialiste de Saint-Ouen, candidat à l'élection présidentielle et auteur aussi de l'espoir ou le mépris aux éditions Plon, qui est sorti hier, c'est bien ça ? Absolument. Et vous nous racontiez que vous arriviez à l'instant d'une séance de dédicaces.
À Saint-Ouen au Café 104, après une autre mercredi soir, gros lancement, 1700 personnes, à chaque fois une dédicace personnalisée, un moment. Un
moment d'échange important, j'imagine, que vous allez nous raconter. A Victor Hérault qui est avec moi, évidemment. Bonsoir Alice. Et Nicolas Demenac, éditoriste politique à Challenge. Bonsoir Nicolas, ravi de vous avoir avec nous ce soir sur ce plateau. On va commencer par cette nouvelle journée de mobilisation. Donc ce samedi, il y aura des Gilets jaunes, mais aussi les syndicats, avec un dispositif de sécurité reconnu, parce qu'il y a encore évidemment un enjeu sécuritaire comme chaque semaine. Laurent Nunes d'ailleurs, comme chaque semaine maintenant, a pris la parole. en fin de journée pour détailler, expliquer le dispositif de maintien de l'ordre. Écoutez.
Le dispositif de demain. et reconduit en volume et en doctrine opérationnelle. En volume, ça veut dire qu'on mobilise le même nombre de forces mobiles. On aura 110 forces mobiles qui seront mobilisées pour la gestion de la journée de demain. Et puis, on engage à nouveau, je veux vraiment les en remercier, les policiers et les gendarmes territoriaux, les locaux, qui seront également engagés sur ce dispositif qui sera de nouveau, qui va de nouveau mobiliser 70 000 effectifs. On mobilise également nos centaures, les 25 centaures de la gendarmerie, les 15 engens Le Sardeau qui sont mobilisés et qui ont été répartis sur l'ensemble du territoire national.
Dispositif renforcé, donc contrôle, protection aussi systématique des centres-villes. Ça y est, on a trouvé la bonne recette pour que ça se passe bien quand il y a des mobilisations en France
'espère, mais la bonne recette pour que ça se passe bien, c'est qu'on arrive à trouver une issue favorable. à toutes les revendications de toutes celles et ceux qui manifestent. J'ai aussi une pensée pour les commerçants qui, depuis le 17 octobre, ont vraiment une épée d'amoclès. Ils vivent une période très compliquée. Au-delà des revendications des lycéens, au-delà des revendications de toutes celles et ceux qui se battent pour un meilleur pouvoir d'achat, on est en période trouble. L'objectif, c'est que le gouvernement donne. tout de suite des gages pour pouvoir sortir de cette crise conjoncturelle qui exacerbe la crise systémique. On ne peut pas rester chaque week-end ou tous les deux jours en croisant les doigts en se disant on espère qu'il n'y aura pas de mort, on espère qu'il n'y aura pas de vitrine cassée, on espère qu'il n'y aura pas de pillage. notre pays ne peut plus se permettre d'accepter ce type de situation plus longtemps. C'est
précisément ce que nous a dit ce soir une commerçante. Témoignage très fort. Je voulais vous le faire entendre. Elle s'appelle Solène Amiel. Elle est présidente de l'association de 80 commerçants Village Popincourt. C'est dans le 11e arrondissement. Et elle, clairement, écoutons-la, elle n'en peut plus. Ah, on a un bug, c'est dommage. Bon, en gros, ce qu'elle dit... On a surtout marre que
ça passe par le boulevard Voltaire. On en a marre de cet itinéraire, on n'en peut plus. Les 80 commerçants du village Popincourt sont d'accord pour dire que les mobilisations sont légitimes. Nous aussi, on est les premiers à souffrir. On est des petits entrepreneurs, des petits commerçants, des petits employeurs. On n'en peut plus. Mais on n'en peut plus depuis plusieurs années. Et là, c'est la cerise sur le gâteau, c'est toujours chez nous. La rue devient un no man's land. Il n'y a plus de clients, il n'y a plus de chiffre d'affaires.
Et elle, en l'occurrence, elle va encore se retrouver demain sur le trajet de la manifestation des syndicats entre République et Nation. Qu'est-ce qu'on peut dire à ces commerçants
qu'on peut dire, c'est qu'on espère vraiment que... Dès la semaine prochaine, les revendications trouveront une issue favorable. Parce que que ce soit dans le vestimentaire, que ce soit dans la restauration, les commerçants actuellement souffrent énormément, énormément. Je ne dis pas plus tard qu'il y a une heure, j'étais au Café 104 à Saint-Ouen, on me disait qu'on n'a jamais eu autant, aussi peu de clients ces deux dernières semaines. Parce
que les magasins, les restaurants se vident en fait.
D'une part, et puis il y a un climat.
justement, vous y voyez un motif d'espoir dans l'ampleur de cette mobilisation, parce que d'une certaine façon, on peut expliquer cette radicalité et l'ampleur de ces manifestations par le dédain vis-à-vis des politiques auxquelles on ne croit plus. Sinon, on attendrait la présidentielle et puis tranquillement, selon le résultat du vote, tandis que là, ils veulent
maintenant. Il y a un mélange, monsieur Domènec, d'espoir. J'en parle dans mon ouvrage. Et je l'ai vu pas plus tard que cet après-midi en inaugurant la première prépa médecine gratuite à Saint-Ouen. Et j'ai vu le regard des lycéennes, parce que c'était la première promotion composée 100% de lycéennes, avec l'espoir, l'espoir de démocratie et d'excellence, l'espoir de se dire, même si je suis issu d'un milieu populaire ou de classe moyenne, je vais pouvoir devenir médecin. Et à côté... Il y a le rejet du mépris. Et ces lycéennes et lycéens, et toutes celles et ceux qui manifestent demain, c'est le mépris. Il y en a assez du mépris, du mépris de toute une classe politique qui expliquait à une partie du peuple. Ça va, ça va aller mieux. Toute une génération de lycéennes et de lycéens, d'étudiantes et d'étudiants à qui on a expliqué, vous allez être bachelier, vous allez être étudiante et étudiant, vous savez quoi, vous allez pouvoir bénéficier d'un avenir radieux si vous arrivez à avoir un bac plus 5. Une grande partie se retrouve au chômage, une partie de toutes celles et ceux qui bénéficiaient d'une formation qualifiante pendant des années et des années qui se sont retrouvées. au banc de la société, stigmatisé, méprisé. Donc à la question est-ce qu'on retrouve de l'espoir ? On doit retrouver de l'espoir. – Alors sur les yeux favorables. – Moi je suis optimiste. –
Vous avez l'air optimiste, mais justement, là où il y a cette grande conférence sociale qui est annoncée dans la foulée, le Premier ministre va recevoir à nouveau les lycéens. Bon, on sent qu'il a quand même pris la mesure de l'urgence. – Enfin.
– Enfin. – Enfin.
Mais du coup, est-ce que ceux qui se mobilisent demain doivent encore le faire alors que ça pénalise encore les commerçants ? Est-ce qu'il ne faut pas attendre ce qui va être annoncé lundi et voir ce qui se dit ? Qu'est-ce que vous leur dites à ceux qui descendent quand même dans la rue ? Monsieur
Doménac l'a évoqué en filigrane. Il y a une rupture de confiance avec toute une partie des politiques. les politiques qui ont le taux de confiance le plus élevé, c'est ceux qui sont ancrés dans le réel, à savoir les maires. quelle que soit leur obédience, à partir du moment où il y a un ancrage républicain fort. Vous voyez aujourd'hui, il y a cette notion, on ne fera pas de chèque en blanc au gouvernement si vous souhaitez que nous sortions de cette crise, malgré les éléments que nous venons de décrire, à savoir les conséquences pour nos commerçants. Des conséquences aussi pour l'intérêt général, parce que ça impacte notre croissance, ça impacte la confiance au niveau des investisseurs, ça impacte le moral des entreprises, ça impacte le moral de toutes celles et ceux qui souhaitent consommer, ça impacte tout un pan de l'économie.
Donc il faut vite sortir de là. Quelle serait selon vous une solution, une issue favorable à cette crise ? Qu'est-ce que le gouvernement doit dire lundi ?
Ça fait depuis trois semaines témoignage à l'appui. dans votre antenne, que j'ai dit la chose suivante. Des états généraux précis avec les jeunes, avec un format précis, avec une délégation précise, avec des attentes précises sur la santé mentale. Un lycéen sur quatre qui est pris de pulsions suicidaires. Un sur sept qui les met à exécution. C'est une violence inouïe. Le bâtimentaire, c'est-à-dire concrètement la cartographie de tous les lycées qui pose problème avec un plan pluriannuel d'investissement.
Mais ça, ça a été fait non ? Pour le coup, il y a eu des annonces sur le bâti.
Des annonces, mais
le
sujet c'est la confiance. exacerbées par un mépris systémique. Et le troisième élément, pardonnez-moi, des garanties claires sur le système d'orientation et de réorientation. J'ai discuté avec une experte en éducation nationale qui me disait, il ne faut pas que Parcoursup soit remplacé par Sup-Parcours. Comment on arrive à humaniser la relation avec nos lycéens ? Et puis derrière, l'aspect salarial. On est dans un contexte budgétaire très spécifique. On est à six mois des élections présidentielles. Il va y avoir le projet de loi de finances, le projet de loi de finances de sécurité sociale, PLF et PLFSS. Et c'est là où j'en appelle à la responsabilité républicaine. On emprunte à 5%. On est dans une zone de secousse. d'une rare violence, et on a 4 000 milliards de dettes. Il faut qu'on soit en capacité d'avoir, au minimum minimum, un accord avec tous les candidats à la présidence de la République, républicains et responsables, qui se disent « Ok, il y a un budget à voter, on doit sortir d'une crise, on ne veut pas que notre pays soit à la solde du FMI et qui se retrouve dans une situation telle que la Grèce dans les années 2000. » Focalisons-nous. Mais là, ils sont tous d'accord pour ne pas voter le budget. C'est d'une inconscience incroyable, monsieur Doménac. Comment, si vous avez le SMIC du patriotisme, si vous avez le SMIC de la responsabilité politique, vous votez le budget sur la base d'un compromis avec une volonté commune. sauver le pays.
Mais entendez, le budget actuel, c'est ce qu'il est discuté actuellement, on est d'accord qu'il est hors des clous, il est déconnecté de la réalité, non ? Ou vous, vous les appelez à voter cette feuille de route ?
Il n'y aura pas de budget voté s'il n'y a pas de compromis. Il n'y aura pas de compromis si on n'intègre pas les deux mamelles qui font qu'actuellement, nous sommes dans une situation de crise conjoncturelle, à savoir un message clair en termes de pouvoir d'achat. Concrètement, gagner plus d'argent pour ceux qui sont le plus précarisés. Et deuxièmement, apporter des solutions pérennes, sérieuses, dignes de confiance. Ils nous donnent la possibilité de renouer la confiance en direction de
nos... L'ICN et le CIR. Est-ce qu'il est possible, Karim Bouhamran, de trouver un compromis entre des politiques qui sont radicalement opposées ? C'est-à-dire qu'ils ne voient pas du tout le problème de la même façon. Il y en a qui, dans ce pays, considèrent qu'il ne faut pas augmenter davantage les recettes. Je parle là de la taxation des ultra-riches. Il y en a d'autres qui vont vous dire qu'il ne faut pas du tout réduire les dépenses, comme le propose un autre tiers de l'Assemblée. Je veux dire, ces gens-là n'ont pas vocation non plus à trouver une politique commune qui n'existe pas, puisque ce sont des visions radicalement contraires. Vous avez complètement
raison. Si, effectivement, nous étions... dans la même situation que 2024, où le sujet était trouvé un compromis avec des groupes politiques qui s'opposent et qui ont, comme vous l'évoquez, des visions totalement différentes. Mais monsieur, nous sommes à six mois des élections présidentielles. Nous allons avoir probablement une nouvelle majorité avec un nouveau ou une nouvelle présidente de la République. Est-ce qu'on peut se dire qu'à six mois, on peut à minima, à minima, Votez un budget qui évite un. que la crise sociale continue à atteindre son paroxysme, que la capacité de notre pays à emprunter continue à être dans une situation fragilisée et surtout, surtout, continuer à jeter le trouble sur la confiance des ménages et des entreprises.
Donc du coup, ici, je comprends bien, vous considérez que les politiques doivent faire preuve de responsabilité en intégrant et en se mettant d'accord sur un budget qui donc comprendrait des mesures... Sur les salaires, une mesure sur les salaires, une mesure pour les lycéens, une mesure de plus et une mesure qui tienne compte quand même, en tout cas un équilibre qui tient compte malgré tout des obligations budgétaires. Vous avez parfaitement
résumé les trois axes. Et si on va
concrètement sur chaque sujet, sur les salaires, que faut-il faire
si je vous apporte ma proposition sur... Très concrètement, baisser la CSG et faire en sorte que la différence entre le net et le brut bénéficie à ceux qui ont le salaire les plus bas en France. Vous allez avoir une partie des LR qui vont m'opposer une baisse des charges patronales. C'est la raison pour laquelle il n'y aura pas de compromis s'il n'y a pas une discussion entre les différents groupes parlementaires qui partagent ce sens des responsabilités en se disant, dans six mois, les Françaises et les Français. feront le choix via les urnes. En attendant, nous partageons tous un élément, l'intérêt des Françaises et des Français, qui passe par un compromis minimum pour éviter que la crise nous emmène au fond du gouffre.
Mais cette discussion, elle a lieu. Ce sont les débats à l'Assemblée lorsqu'il y a les amendements, lorsqu'il y a le vote. Le simple vote est une discussion en soi, simplement. Les députés n'ont pas vocation à tomber d'accord. Un député élu... Sauf que là, il y a urgence.
Et ce que dit M. Boimran, c'est qu'il faut qu'il prenne la mesure de la situation.
Mais ils sont d'accord sur le constat. Tout le monde trouve qu'il y a un problème avec les salaires et avec le pouvoir d'achat aujourd'hui en France. Mais ils ne sont pas du tout d'accord avec la façon dont il faut y arriver. Et on n'allait pas convaincre. Les députés n'ont pas vocation à se dire, écoutez, je me couche, puisque je considère que ma solution, finalement, je dois la mettre au tapis et je dois voter pour le groupe d'à côté. Chacun défend sa version, sa
vision de la chose. La France. Lorsqu'on est responsable politique et lorsque vous êtes élu, vous avez une carte, il y a écrit « Bleu, blanc, rouge, liberté, égalité, fraternité ». Vous ne prenez pas serment, mais cette fonction vous oblige, et elle vous oblige à avoir un sens des responsabilités. Mais qui de
celui qui veut baisser les charges patronales, ou qui de celui qui veut augmenter les taxes sur les ultra-riches, est le plus français, ou défend le mieux la France ? Je veux dire, ce sont des visions qui sont radicalement opposées, mais qui défendent un même objectif. C'est ce qu'on appelle
le compromis, et le compromis doit être porté par un intérêt, qui est celui d'assurer... d'assurer la stabilité du pays à l'aune des élections présidentielles. Donc vous
dites aux députés « votez la copie du gouvernement ». Je
dis aux députés « trouvez un accord ». Et je dis au gouvernement « ne cherchez pas à imposer coûte que coûte une vision qui fera que la crise continuera à... » atteindre son paroxysme. Et
intégrer des mesures qui tiennent compte de ce qui se dit dans la rue. Sur le compromis, là en l'occurrence, on a le sentiment que le gouvernement, plutôt que de miser sur les députés, va miser sur les partenaires sociaux. C'est le grand retour des partenaires sociaux. C'est le grand retour
après 10 ans d'absence, si j'ose dire. Mais ça peut marcher
cette fois ?
Alors cette fois, est-ce que ça peut marcher alors qu'on les a méprisés, puisque vous parliez de mépris tout à l'heure, ou pour le moins mésestimés, est-ce que ce rattrapage final peut... Ça peut être
la bonne méthode
ça aurait dû être la bonne méthode, madame, messieurs. Et vous le savez, les corps intermédiaires, les syndicats, la culture de travailler avec les élus locaux, il y a eu du mépris. Il y a eu cette espèce de volonté d'être des annonciateurs de certitude en expliquant avec une vision ascendante ce qui serait bon pour les Françaises et les Français, ce qui serait bon pour les jeunes. Un exemple, vous imaginez-vous qu'aujourd'hui, aujourd'hui, nos jeunes... vivent moins bien en termes de trajectoire que leurs parents et leurs grands-parents. Aujourd'hui, la valeur travaille, le travail ne paie plus. À mon époque, lorsqu'on était issus d'un milieu populaire, il fallait à peine 15 ans pour doubler son pouvoir d'achat. Aujourd'hui, il faut 80 ans. C'est-à-dire que je parle de mépris dans mon livre « L'espoir ou le mépris », mais l'espoir et l'espoir, ça aurait été effectivement... Une façon de gouvernement.
Justement, vous racontez dans votre livre ce que vous avez dans le ventre. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Là, pour le coup, on n'est pas à l'Assemblée. Donc, on ne va pas vous opposer les uns, les autres, nos arguments. Vous, candidat à la présidentielle, vous faites quoi pour augmenter le pouvoir d'achat
? J'ai la première résolution et mesure pour augmenter le pouvoir d'achat. Et il n'y a aucun candidat à la présidentielle qui en parle. Le premier poste budgétaire des Françaises et des Français, c'est le logement. C'est donner la possibilité à toutes les Françaises et aux Français d'accéder à un logement, quel que soit son niveau social, quelle que soit son orientation sexuelle, quel que soit le nombre d'années passées en France, quelle que soit sa couleur de peau. Et ça, ça doit être consubstantiel au droit essentiel de la République. Comment je fais ? Il y a une loi exceptionnelle qui s'appelle la loi solidarité et rénovation urbaine, la loi SRU, qui impose 25% de logements sociaux. Une petite
correction, Marine Le Pen en a fait un des éléments de sa campagne présidentielle sur le logement. Mais ça n'imprime pas. Non mais ça n'imprime pas que ce soit, ou peut-être c'est la démonstration que c'est un des sujets essentiels. Elle a
fait quasiment tout un meeting consacré à cette question du logement.
En reprenant mot pour mot. Ma vision du beau, tout est vérifiable. Sauf qu'il y a deux bémols concernant sa copie. La première, c'est mise en œuvre de la loi Solidarité Rénovation Urbaine, la loi SRU, qui impose à tous les maires, tous les maires, minimum 25% de logements sociaux. Ce que je dis, ce que je recommande, ce que j'exige, c'est que si les maires, au lieu de préférer payer l'amende, Si les maires n'ont pas les 25% de logements sociaux, ils deviennent inéligibles. Ça, c'est la première mesure. La deuxième mesure, lorsque vous évoquez Marine Le Pen, Marine Le Pen utilise la préférence nationale pour le logement social. Marine Le Pen a encore un biais digne d'une politique discriminatoire, raciste, en nous faisant croire que le logement social est occupé... majoritairement par des immigrés. Voyez-vous, madame, voyez-vous, messieurs, le logement social est occupé à 90% par des Françaises et des Français.
C'est le premier poste de dépense, c'est la première préoccupation.
C'est la première préoccupation et ce qui donnerait la possibilité d'augmenter très concrètement le pouvoir d'achat des Françaises et des Français. Vous commencez
par là.
Exactement. 60% du budget des foyers fiscaux, c'est le logement.
juste sur le SMIC, puisqu'il y a des débats quand même en ce moment, en particulier sur ce sujet, et après on va parler évidemment de votre livre, mais sur le SMIC, concrètement vous faites quoi
question c'est, sur le plan économique, vous augmentez les minima sociaux, vous augmentez le SMIC, mais si vous augmentez uniquement le SMIC... Il risque d'y avoir une smicarisation de la société. La question, c'est de se baser sur le salaire médian, qui est de 2200 euros, et ensuite, c'est qui le paie. Moi, je suis partisan de baisser une grande partie de la CSG et qu'il n'y ait pas de hiatus entre le brut et le net, avec en plus une vision assez radicale en direction des entreprises, notamment les grosses entreprises. Pas d'aide sociale sans contrepartie. En décorrélant les PME qui démarrent de zéro avec ce que j'appelle le Small Business Act, c'est-à-dire aider très concrètement les petites entreprises à compétence égale, les faire travailler au niveau local. Trop de petites entreprises souffrent de ne pas pouvoir bénéficier de commandes publiques alors que ce sont les grosses entreprises qui en bénéficient. Je le vois tous les jours. Et dernier élément, pour pouvoir faciliter le pouvoir d'achat, peu de personnes en parlent. Mandon, à l'époque, était grand spécialiste de la simplification, et M. Borloo, également dans son ouvrage L'Alarme, en parle de la simplification. Le nombre de chefs d'entreprise de PME qui disent « je pourrais augmenter drastiquement les salaires si je n'avais pas une tonne de tonnes de tonnes de paperasse ». La droite en parle, le centre aussi. La droite en parle, le centre aussi probablement, mais le candidat de la République que je suis aussi. En parlant de
compromis, parlons d'un homme qui peut-être pourrait vous amener à faire des compromis. Il a passé la soirée de jeudi avec vous, c'est Raphaël Glucksmann. Il était à votre séance de dédicace pour votre livre dont je rappelle le nom, l'espoir ou le mépris. Vous avez longuement échangé, vous vous êtes serré la main, vous avez pris la pause aussi. Et vous dites je suis convaincu qu'on va faire campagne ensemble. La question est qui va faire campagne pour qui ? Vous êtes crédité de 0,5 à 1% en moyenne dans tous les sondages. Lui, il est à 10 et 15% dans les sondages. Donc qui entre dans le gouvernement de qui
on est au mois de novembre. on va voir. On va voir dans quelques semaines, quelques mois, où est-ce qu'on se trouvera.
En tout cas, aujourd'hui, vous êtes plus que jamais candidat à la présidentielle. Je
suis candidat. Je suis candidat. Il est candidat.
Mais pas plus que jamais.
êtes plus
déterminé que jamais ou vous commencez à vous poser des questions
Déterminé, c'est l'image de ma vie. J'en parle dans mon livre. Si à chaque fois, j'ai regardé la statistique qui me donnait les chances de pouvoir mettre en œuvre ce que je souhaitais mettre en œuvre, ce que nous souhaitions mettre en œuvre, franchement, c'était compliqué. Donc, on fait campagne, on met en avant nos propositions et on se bat avec de l'espoir en étant extrêmement positif. Sur Raphaël, tout d'abord, sa présence lors du lancement de mon ouvrage « L'espoir ou le mépris », l'honore, m'honore, nous honore. Parce que c'est une façon différente de faire de la politique. Ce n'est pas une histoire de marketing, Raphaël Gluckman et moi. On a médité ensemble depuis 2019, à l'époque où il s'est lancé aux Européennes. Ensuite, il est revenu à Saint-Ouen. Il est venu en 2019. En 2024, il est venu au lancement de mon parti « La France humaine est forte ». Sauf que, contrairement à d'autres, moi, je ne suis pas Edouard Philippe avec Gabriel Attal. C'est-à-dire, en off, on se fait des bisous. On prend un café, on parle tactique, on parle stratégie, et en on, devant les médias, devant BFM, on s'envoie des scudes. Je ne fais pas de la politique comme ça, moi, madame. Je déteste ça. J'ai beaucoup de respect. Mais vous restez des
rivaux, aujourd'hui. Pas des rivaux. Vous êtes tous les deux candidats à la présidentielle.
Oui, d'accord. On est à 90% d'accord, il est à 90% d'accord avec moi. Ça va être une histoire d'incarnation. D'incarnation. Et au final, ce qui va prévaloir, ce qui va primer, c'est l'intérêt de la France et des Français. C'est l'intérêt de la social-démocratie. C'est faire en sorte que, parce que c'est ça qui m'anime, je ne veux pas de Le Pen. Mélenchon au second tour. Parce que Jean-Luc Mélenchon, c'est le marche-pied. –
Là-dessus Nicolas Domenac ?
Oui,
est-ce que ça vous gêne ou pas, je pense que ça vous gêne quand même, que Raphaël Glucksmann soit carrément interdit de manif, en tout cas harcelé comme il le dit, comme ils sont pleins, à part les insoumis, encore là, pendant les dernières manifestations, et poursuivis au cri de « les socialistes sont des traîtres », etc. je connais bien
les valeurs qui… vous anime, vous trois. On peut avoir des divergences, mais c'est des valeurs de respect, des valeurs républicaines, des valeurs d'écoute. La manière avec laquelle une partie des militants qui s'autoproclament de gauche, propriétaire du combat de gauche, et qui passe leur temps à huer... que ce soit Glucksmann, que ce soit des camarades socialistes, parce que c'était également Emmanuel Grégoire, il y a de cela quelques semaines, c'est une honte. Vous savez, je vous le disais, monsieur Doménac, vous voulez juste... Donc c'est juste une
histoire de politique, c'est pas parce qu'il a déserté ces manifestations ? Mais vous voulez que je vous
dise du fond du cœur ce que je pense ? Ce sont des petits nantis, des petits bourgeois de la politique qui se prennent pour des grands militants et qui, le jour venu... hésiteront à collaborer avec l'ennemi. Ce sont des dactylographes de la politique. Parce que si jamais ils avaient le minimum minimum de ce qu'est un militant de gauche, on se respecte. L'ennemi, ce serait qui dans votre configuration ? L'ennemi ? Moi, je n'ai pas d'ennemi, j'ai que des adversaires. Vous dites qu'ils ne seraient pas à collaborer avec l'ennemi. L'ennemi ! Pardonnez-moi, vous avez raison. Le Rassemblement National, pour moi, les extrémistes, l'ennemi. Parce que derrière... Je l'ai dit. Je
ne vois pas à quel moment la France Insoumise collabore avec le Rassemblement National.
Non, non, ça c'était... Je parlais de... Je rebondissais sur la question de Julien. Pour vous, c'est qui l'ennemi ? Et la configuration où je pense qu'une bonne partie de ceux qui se la jouent comme directeur des consciences politiques à gauche... Ils ne sont pas si récalcitrants à l'idée de voir le Rassemblement National, parce qu'ils veulent l'insurrection, ils veulent le chaos. Et nous, issus du peuple, nous qui avons une filiation avec le peuple, nous qui avons une filiation avec les combattants de la démocratie, on sait ce que c'est combattre les extrémistes. et le Rassemblement National.
Un mot quand même sur ce que vous dites aussi dans votre livre, alors qu'on parle beaucoup en ce moment d'intégration, d'intégration réussie ou d'échec de l'intégration, pour revenir sur les propos d'Edouard Philippe. Vous écrivez, je vous cite, je viens de Saint-Ouen, enfant d'immigré, fils d'ouvrier, issu des cités, c'est un fait, ni une qualité, ni un défaut, mais une grande fierté. Et vous ajoutez aussi, j'ai vu des femmes et des hommes renoncer parce qu'ils avaient fini par croire que leur avenir était déjà écrit. Cette fatalité sociale aurait pu nourrir chez moi la colère ou le ressentiment, mais c'est tout. Le contraire. Ce que vous racontez, en fait, d'une certaine manière, vous dites que ça a produit autre chose, une détermination sans faille à agir contre les déterminismes et la résignation. Est-ce que vous diriez, vous, que vous êtes précisément un exemple, un modèle d'intégration réussie
je n'ai pas eu à m'intégrer, madame. Je suis français. J'ai grandi à ce qui allait devenir le village olympique, au 78 rue Saint-Denis. Je suis... Un gars de Saint-Ouen.
pourquoi avez-vous besoin de préciser que vous êtes enfant d'immigrés
? Je suis enfant d'immigrés, mais je n'ai pas eu besoin de m'intégrer. C'est mes parents qui ont eu besoin de s'intégrer parce que leur langue, c'était la Dalija, l'arabe. Parce qu'ils venaient d'un pays qui était le Maroc. Mais moi, je ne viens pas du Maroc. Je suis fier. d'être marocain, parce que je suis binational, grâce à mes parents, mais je suis odonien, français, c'est coignot dionysien. Quand je réfléchis, je réfléchis en français. Quand je suis élu, je suis élu de la République, je ne suis pas élu de la République française qui s'est intégrée. C'est là où il y a un biais cognitif chez Edouard Philippe. C'est là où Edouard Philippe n'a pas réactualisé le logiciel des années 80. Il fait un lien, qui est totalement biaisé, entre pillage, Capuche. Il se dit, tiens, c'est des immigrés. Il n'a rien compris. Il va être président de la République. Il pense qu'on est encore sous Pompidou. Il voit quelqu'un à Capuche. Il arrive à déceler que c'est une personne issue de l'émigration. Bravo. Il n'a pas compris que c'est la Gen Z. La Gen Z, ce sont leurs grands-parents. Leurs grands-parents qui ont émigré. Pour ensuite, nous faire un discours. Allez, on va dire, je suis gentil. je ne vais pas parler des personnes disparues, des personnes qui étaient ministres de l'Intérieur à l'époque de Jacques Chirac, M. Pendreau, M. Pasqua, et nous faire un discours sur l'intégration. Mais M. Doménac, vous avez évoqué tout à l'heure le mépris. Soit il est méprisant, soit il est totalement désinformé, ou soit il balance un petit appel du pied, une main, une petite main tendue, un petit bisou. au Rassemblement national. Et là, il va falloir trancher, il va falloir se déterminer, monsieur Philippe, parce que ça, c'est une faute politique.
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