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Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
'atelier politique avec Frédéric Rivière.
Bonsoir et bienvenue dans l'atelier politique. Dans cette émission, nous essayons de prendre le temps dont parfois le tumulte de l'actualité nous prive, le temps de la réflexion, de l'analyse, de la mise en perspective avec l'ambition de comprendre ce qui nous arrive et peut-être aussi ce qui s'annonce. Et ce soir, nous sommes avec Diana Badiop, députée socialiste de la 9e circonscription des Yvelines, membre de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale et porte-parole du parti socialiste. Bonsoir.
Bonsoir Frédéric Rivière.
L'émission, je vous le précise, est enregistrée dans les conditions du direct. Nous sommes ensemble pour à peu près 40 minutes. Vous aurez donc du temps pour... Développez vos idées. Vous êtes, je viens de le dire, député des Yvelines et le vendredi 23 octobre, à Trappes et à Laverrière, dans ce département des Yvelines, Pengo Bossio Wangui, 26 ans, a été tué et plusieurs personnes grièvement blessées dans une attaque qualifiée de terroriste et raciste par le procureur. Vous vous êtes rendu sur place très rapidement avec des élus locaux. Quand vous vous êtes rendue sur place, qu'est-ce que vous avez vu, qu'est-ce que vous avez entendu, qu'est-ce que vous avez ressenti
crois qu'on était toutes et tous bouleversés. Moi je l'ai appris par le préfet qui nous a prévenu des événements qui étaient advenus. J'étais en train de déjeuner avec une élue des Mureaux. En fait, j'ai été meurtrie, j'ai été un peu sidérée. Et j'ai choisi d'annuler mes rendez-vous de l'après-midi pour me rendre à la mairie de Trappes. Parce que déjà, je connais le maire de Trappes, Ali Rabé, qui a été mon camarade, puisqu'il était militant socialiste. Et puis, j'ai de la famille à Trappes. J'ai la cousine de ma grand-mère qui vit là-bas. Et donc, j'y ai passé plusieurs après-midi, des vacances plus jeunes. Je crois que c'était la peur qui dominait, bien plus que la colère. C'est que j'ai vu beaucoup de peur dans le regard de celles et ceux que j'ai croisés, beaucoup de sidérations. Quand je suis arrivée sur plage, j'étais là-bas vers 14h45, j'y ai croisé le ministre de l'Intérieur, la ministre Aurore Berger et il y avait le préfet des Yvelines. Et avec Ali, on a échangé assez rapidement. Je lui ai demandé comment ça allait. Il m'a dit, ça fait longtemps que je me disais que ça pourrait arriver, mais quand ça arrive pour de vrai, en fait, on est sonné.
Le président de la République a fait assez rapidement une déclaration qui a été très controversée, puisqu'il a dit que c'était un tournant, car c'était la première fois en France qu'un attentat raciste était commis contre des individus en raison, avait-il dit, de leur couleur de peau ou de leur religion. Puis il est revenu ensuite sur cette déclaration. Comment vous avez interprété cette déclaration d'Emmanuel Macron
crois qu'il était... sous le coup de l'émotion et je crois aussi que dans son esprit quand il a dit c'est la première fois moi je l'ai vécu aussi un peu comme ça c'est qu'en fait c'est la première fois qu'on a quelqu'un qui vise comme ça délibérément des gens qui sont noirs de manière comme ça aussi ostensible en fait. Moi je l'ai vécu un peu comme ça. Noir ou arabe. Ou arabe en fait. C'est ça parce qu'il a dit je suis venu pour tuer des noirs et des arabes et des musulmans. Il l'a redit. Et d'ailleurs quand je suis arrivé très vite ils nous ont dit le caractère raciste de l'attaque ne fait aucun doute puisqu'il a dans ses premières déclarations il a dit je suis venu pour tuer des noirs et des arabes. Je pense que c'est ça qu'il a sidéré. Je pense que c'est maladroit parce que évidemment que c'est pas la première fois. On a... On a en tête Aboubakar Sissé qui a été tué dans une mosquée, on a les victimes de l'hyper-cachère, on a le père Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvrier qui a été égorgé dans son église parce que chrétien. Malheureusement, les exemples sont multiples, mais je crois que c'est la première fois qu'on a quelqu'un qui cherche à faire un crime de masse, comme ça, en ciblant. de manière aussi ostensible des Noirs et des Arabes. Je pense que c'est peut-être ça qui l'a sidéré, parce qu'on a plutôt eu des attentats de type plutôt islamiste dans notre pays. Et je crois que c'est plutôt ça qui l'a... Je crois que c'est ça la...
Ce que vous voulez dire, c'est que lui n'était pas muet par une idéologie, contrairement aux islamistes
Je dis qu'en fait, c'est que l'idéologie n'est pas de la même... On n'a pas le même type d'idéologie. C'est-à-dire que quand on a quelqu'un qui dit « je vais venger ». Les commerçants qui ont vu leur vitrine pillée, parce qu'il a entendu pendant des jours que c'était des hordes arabo-musulmanes, que c'était des racailles issues des quartiers populaires, donc forcément des Noirs et des Arabes qui ont pillé. Ce n'est pas la même chose que quand vous avez un islamiste qui dit tu es au nom d'une religion et qui vient tuer des mécréants, etc. Vous voyez, ce n'est pas le même type d'idéologie. Ce
n'est pas la même démarche. Démarche, voilà. Mais vous ne diriez pas que l'un est plus grave ou moins grave que
l'autre ? Bien sûr que non. Parce que dans les deux cas, c'est du terrorisme. Et dans les deux cas, on ne doit pas mourir en raison de sa couleur de peau ou de ses croix. ou pour ce que l'on est ?
Alors, l'auteur, vous l'avez évoqué, l'auteur présumé a parlé de Trappes comme d'un repère d'islamistes, une expression qu'il a apparemment employée lors de ses premières auditions. Et on a beaucoup entendu la gauche en particulier dénoncer les discours de haine de l'extrême droite ou de certains médias qui, selon elle, selon la gauche, auraient d'une certaine manière armé le bras de l'auteur de cet attentat. Mais quand on regarde... un peu ce qui se dit sur trappe depuis des années, on s'aperçoit que depuis longtemps, il est question de cette ville dans la presse. Et Le Monde, par exemple, en 2003, titrait déjà, 2003, donc il y a 23 ans. Titrait, je cite, sur une association de musulmans qui pèse sur le jeu politique pour faire plier les élus. En 2018, les deux journalistes du Monde, Raphaël Baquet et Ariane Chemin, décrivaient dans leur livre intitulé La Communauté, le basculement progressif d'une partie de la jeunesse de Trappes dans l'islamisme. Et à la même époque, il y avait eu le professeur de philosophie Didier Lemaire qui avait écrit à Emmanuel Macron pour dénoncer une montée de l'islamisme dans les établissements scolaires. Est-ce que vous avez le sentiment que depuis une vingtaine d'années, Trapp a été jugé non pas comme une commune comme les autres, mais comme une espèce de laboratoire supposé du communautarisme et de l'islamisme ?
C'est exactement ça. C'est-à-dire qu'en fait on a... On a fait de trappe une partie de la République totalement à part. Et ce faisant, on a stigmatisé, on a aussi beaucoup décrié les habitants de Trappes. Mais ce que décrivait les
journalistes du monde
a existé. La réalité
des chiffres aussi, par exemple, sur les départs en Syrie, ils sont là ? Tout à fait, c'est
ce que j'allais dire. C'est-à-dire qu'il y a une réalité qu'on ne peut pas occulter. C'est-à-dire qu'il y a eu à Trappes, effectivement, beaucoup de départs. pour la Syrie, pour le djihad, qui se sont opérés parce qu'il y a des islamistes qui ont fait des recrutements, qui ont radicalisé, qui ont recruté des jeunes à Trappes, mais pas seulement à Trappes, ça s'est passé à Mont-la-Jolie, ça s'est passé dans le sud de la France, ça s'est passé à beaucoup d'endroits, mais Trappes a été... vécu comme étant l'un des symboles de cette radicalisation d'une partie de notre jeunesse. Et je crois aussi qu'il faut reconnaître aussi à Trappes et au travail qui a été fait par les élus, même avant Ali Rabbe, le fait de pouvoir justement combattre cette islamisation d'une partie de notre jeunesse. Moi, je l'ai vécu aussi, puisque j'ai été enseignante à Mont-la-Jolie pendant... 23 ans, on a vu qu'il y avait de la bascule et on a beaucoup travaillé justement avec des acteurs locaux. Enseignant d'histoire-géographie. Enseignant d'histoire-géographie et de lettres. Et vous l'avez vécu de l'intérieur. Vous avez senti par moments de
l'hostilité à certains sujets. Bien sûr,
de l'hostilité sur certains sujets. Des jeunes qui reprenaient des propos qu'ils ne comprenaient même pas vraiment en disant de toute façon il faut aller libérer nos frères et sœurs qui sont opprimés à Gaza ou ailleurs. Et quand je leur demandais de me placer... C'est où était la Palestine sur une carte, ils en sont incapables. Mais c'est aussi notre travail. Moi j'estimais qu'en tant que professeur d'histoire, il fallait que je fasse de la pédagogie pour leur expliquer vraiment ce qu'il y avait dans ce conflit qui se passait à des milliers de kilomètres et qu'ils ne maîtrisent pas. Parce qu'ils n'en connaissent que des interprétations. qu'on leur sert sur un plateau d'argent pour nourrir des rancœurs et des rancunes qui n'ont pas lieu d'être et sur lesquelles ils ne sont pas directement concernés. Moi je le dis, et d'ailleurs je l'ai affirmé dans la question que j'ai posée au gouvernement, il y a un racisme d'atmosphère qui s'est installé dans notre pays. Et ce racisme d'atmosphère a été aussi nourri par certains médias qui, matin, midi, soir, ont fait d'une partie de nos concitoyens arabes et noires, et notamment de confession musulmane, des problèmes, des ennemis de l'intérieur, pour... On te fracture en fait.
Alors on en parlera dans un instant des médias et ce que vous proposez à cet égard. Quand vous dites médias, vous visez précisément, j'imagine, les médias du groupe Bolloré. Oui, du Bolloré, bien sûr. Parce qu'aujourd'hui, LFI accuse aussi d'autres médias, comme BFM par exemple, Jean-Luc Mélenchon notamment, d'être aussi dans une dérive raciste.
Moi je pense qu'après, ce qui peut interroger, c'est quand même la tribune des 160 journalistes de BFM TV, qui alerte sur une dérive qui est toute récente. C'est pour ça que... que moi je suis assez prudente. Mais c'est vrai que la tribune de ces journalistes m'interroge.
Pour vous, le Rassemblement National, dans cette affaire précise, est-ce que vous diriez qu'il a une responsabilité ? Une responsabilité morale, une responsabilité politique ? Et est-ce que vous iriez jusqu'à la responsabilité juridique
? Moi je vais en tout cas sur la responsabilité morale. Et parce que lorsque vous avez Sébastien Chenu, qui continue de dire que Trappes c'est un foyer de djihadistes... Quand Jordan Bardella réitère en disant que, par la voix d'Edwige Diaz, qui est quand même la présidente du groupe Rassemblement National et Sénat, et qu'elle dit, oui, je réitère, Trappes est une république islamiste en miniature, ça veut dire que vous jetez l'opprobre sur toute une population en disant que tous, c'est-à-dire qu'à partir du moment où vous habitez Trappes... Vous êtes un djihadiste, vous êtes un islamiste, si vous êtes de confession musulmane. Vous imaginez la violence et la gravité des propos que ça génère. Et du coup, lorsque Kevin T dit « j'ai visé trap parce que c'est un foyer de djihadistes », c'est parce qu'il l'a entendu. C'est parce que depuis le 17 octobre, on a entendu de la part des élus du Rassemblement national, mais pas seulement, des gens dire qu'avant tout, ceux qui étaient les pilleurs et les casseurs... Ce sont des Noirs et des Arabes issus des quartiers populaires.
Oui, Trapp n'a pas été nommé précisément, mais enfin des quartiers populaires. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui, et c'est en particulier l'ERN d'ailleurs, le Rassemblement National, qui vous accusent d'instrumentaliser cette affaire pour les disqualifier
? On n'instrumentalise rien à partir du moment où c'est... Quand vous avez des propos qui sont tenus, il faut aussi qu'ils prennent la mesure et qu'ils se... Il faut aussi qu'ils assument la responsabilité des propos qu'ils tiennent. Lorsque vous êtes un responsable politique, lorsque vous tenez des propos, il faut pouvoir aussi les assumer. Quand vous mettez des cibles dans le dos des gens parce qu'en raison de leur appartenance... à une ville en raison de leur couleur de peau, de leurs origines ou de leurs confessions, c'est extrêmement grave. Ça s'appelle de la stigmatisation. Et je suis désolée, quelqu'un comme par exemple Éric Zemmour a été condamné parce qu'il fait de l'incitation à la haine, parce qu'il dit qu'en fonction de votre couleur de peau, de votre origine ou de votre apparence, vous êtes forcément un criminel. C'est ce que fait aussi le Rassemblement National. Et moi, je réitère. Ils ont une responsabilité morale dans l'attentat raciste qui a eu lieu à Trappes. Et moi je le dis, on doit, et c'est ce que j'ai demandé au ministre de l'Intérieur, on doit faire en sorte que la prolifération de cette parole raciste s'arrête. Alors
on va parler précisément de ça dans un instant. Vous êtes élu, on l'a dit, des Yvelines, d'une circonscription voisine de Trappes. Est-ce que cette attaque, est-ce que cet attentat va changer votre manière d'exercer votre mandat
ne sais pas si elle va changer ma manière d'exercer mon mandat, mais ça veut dire qu'elle est venue exacerber une crainte que j'avais déjà. Mais du coup, comme disait Ali Rabé, le
maire
de Trappes, on se surprend à surveiller, lorsqu'on est dans un rassemblement, les gens qui sont autour de nous. Et j'ai peur aussi pour mes proches, pour mes filles. Vous l'avez dit à
la tribune de l'Assemblée.
Vous avez peur pour vos
filles
? Oui, j'ai peur pour mes filles. Parce que quand j'ai entendu cette petite fille de 12 ans, qui a été la cible... Qui a été très vraiment blessée, qui a reçu 8 balles. Elle a reçu 8 balles, elle est encore dans un état grave. J'ai pu échanger avec des membres de sa famille. Et aujourd'hui, va un peu mieux, elle a été stabilisée, mais elle reste dans un état grave. Moi, j'ai une fille qui a son âge. Et du coup, je me suis dit, ça aurait pu être la mienne. qu'elle aurait pu être passée là parce que j'ai de la famille. En vacances, elle aurait pu aller voir mes cousines qui habitera. Parce que lui, il est passé là pour voir de la famille. Et en fait, ça fait écho à une crainte qu'on a lorsque vous avez ma couleur de peau, quand vous êtes noir, quand vous êtes arabe. Et en plus, quand vous êtes un élu, parce que... Tous les jours, je reçois des tomberons d'injures racistes. J'en ai plein. J'ai même fait un poste là récemment où des gens me menacent parce que je suis une femme politique noire.
Mais tous les jours, vous recevez des tomberons d'injures racistes. Ce phénomène-là, vous l'observez depuis combien de temps
Depuis que je suis porte-parole. Depuis que je suis médiatisée. Depuis 2018. Et en fait, il y a des moments où j'ai des vagues qui sont plus importantes que d'autres. Et vous avez
analysé le contexte social dans lequel les vagues sont plus importantes ? Oui, les
vagues, en fait, à chaque fois que je dénonce, par exemple, je sais que j'avais eu un raid comme ça parce que j'avais dit que la submersion migratoire était un fantasme de l'extrême droite et qu'elle n'existait pas dans notre pays parce que la proportion d'étrangers ne pouvait pas être qualifiée de submersion migratoire. C'est parce que j'ai dénoncé les propos d'Edouard Philippe qui dit que ce sont des jeunes issus de l'immigration qui majoritairement avaient pillé et cassé. Et donc du coup, ça fait depuis 48 heures que j'ai une vague de déferlante raciste.
On va écouter une musique dont vous m'avez dit qu'elle vous faisait du bien. C'est vous qui l'avez choisi. Je ne sais pas si on peut dire le groupe, je ne sais pas. Les auteurs, c'est Lunar Vibes. Et le titre, c'est Grateful for my tribe.
Sous-titrage ST' 501 C'est parti ! Sous-titrage ST' 501
Vibes avec Grateful for my tribe. Alors, je ne l'ai pas très bien dit. Alors, vous me disiez avant l'émission, ah oui, cette musique, elle me fait du bien, elle m'apaise, les paroles sont bienveillantes. Merci à ma tribu, à ma communauté. À ma communauté, à ceux qui sont, à
mon cercle d'amis, à ceux qui sont proches de moi. Parce que je suis quelqu'un qui... qui a la chance d'avoir gardé des amis d'enfance. J'ai tout un cercle de gens comme ça, dont je suis extrêmement proche. Et je trouve que cette chanson traduit assez bien ce que je ressens. Une bulle de bienveillance. Une bulle de bienveillance avec qui je peux être complètement moi-même.
Alors très rapidement, parce que pour être absolument honnête, je vous ai fait observer avant l'émission que cette chanson est une création de l'intelligence artificielle. C'est dingue. C'est très bien fait, c'est dans l'esprit de ce que ça veut être. Mais ça vous déçoit d'apprendre que c'est de l'IA ou pas ?
Oui et non. Ça me déçoit parce que je me dis, je trouvais qu'elle avait vraiment une voix extraordinaire. Et en même temps, je me dis, ça fait aussi partie de cette nouvelle création artistique. à partir du moment où ça me fait du bien, je ne suis pas trop déçue.
Merci d'être avec nous. Vous écoutez l'Atelier politique, émission réalisée par Mathias Golchani. Il est l'heure de faire un point sur l'actualité. On se retrouve dans quelques instants pour la deuxième partie de notre émission.
'atelier politique avec Frédéric Rivière.
'atelier politique avec Diana Badiop, députée socialiste de la 9e circonscription des Yvelines, membre de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale et porte-parole du parti socialiste. Nous parlions et nous étions, avant les informations, toujours sur cet attentat raciste de Trappes. Et quelques jours après l'attentat qui a eu lieu le 23 octobre, donc c'était le 27 octobre, à l'Assemblée nationale, vous avez interpellé le gouvernement sur la propagation, vous en parliez. il y a quelques instants, propagation des discours de haine et du racisme sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux aussi d'ailleurs. Quel était précisément votre message ? Qu'est-ce que vous demandez aujourd'hui ? Une régulation ? Des sanctions ? A quoi voulez-vous aboutir ?
Moi ce que je veux d'abord c'est une régulation. C'est-à-dire qu'on va être très clair, pour moi, quelqu'un comme Éric Zemmour, qui a déjà été condamné pour incitation à la haine et pour propos racistes, il ne doit plus pouvoir s'exprimer sur ces sujets ou systématiquement. Il tient des propos qui sont absolument stigmatisants, discriminants, concernant toute une partie de notre communauté nationale, puisqu'il dit toujours les racailles, les hordes arabo-musulmanes, etc. Il faut aussi que le fait d'avoir des pseudos sur les réseaux sociaux ne soit pas le... comment dirais-je, la possibilité de pouvoir tenir en fait des propos qui tombent sous le coup de la loi sous prétexte parce qu'on est sur les réseaux. Donc moi je veux qu'il y ait une régulation et qu'il faut qu'il y ait des sanctions.
Il faut qu'il y ait des sanctions. Alors je voudrais qu'on s'interroge juste sur un point qui me vient à l'esprit comme ça, de droit. Parce que quand quelqu'un est condamné par exemple à une peine de prison, 5 ans, 10 ans, lorsqu'il sort de prison il a purgé sa peine. Il est réputé être en quelque sorte vierge. Donc, lorsque Éric Zemmour, par exemple, a été condamné, il n'a jamais fait de prison, il a été condamné à des amendes, 'il a payé l'amende. Est-ce qu'il n'a pas d'une certaine manière purgé sa peine ?
Sauf qu'il réitère.
Oui, mais dans ce cas-là, s'il est recondamné, il pourrait être recondamné. Donc ce que vous demandez, c'est plutôt qu'il soit systématiquement condamné, plutôt que de le préventivement privé de parole. Moi,
je veux qu'il soit systématiquement sanctionné. Et ce faisant, je pense que de manière déontologique, on n'invite pas. sur des plateaux, des gens qui tiennent des propos racistes et d'incitation à la haine. Je trouve que c'est juste la déontologie. Rien n
'empêche un choix éditorial qui consisterait à dire que je n'invite pas quelqu'un qui a été déjà condamné pour ça. C'est un sujet extrêmement sensible parce qu'évidemment on touche immédiatement à la question de la liberté d'expression. Quand vous réfléchissez à ce à quoi vous aimeriez aboutir, en fonction de quelle grille d'évaluation ? Faudrait-il considérer qu'un propos deviendrait illégal, pénalisable
vous reprenez des théories racistes, pour moi ça tombe sur le couvert. Oui mais toute la
difficulté est là. Je vais prendre un exemple. Quelqu'un qui dirait sur un plateau de télévision qu'il y a selon lui trop d'immigrés en France. Est-ce que ça, c'est un propos raciste
moi, dire qu'il y a trop d'immigrés en France, ce n'est pas un propos raciste. Par contre, dire que les immigrés sont des délinquants, des tueurs, des pilleurs, etc., ça, c'est un propos raciste. Parce que ça veut dire que vous liez... Dire qu'ils le sont tous. C'est ce qu'avait fait Eric Zemmour.
C'est ce qu'a fait
Eric Zemmour. C'est-à-dire qu'à partir du moment où vous prêtez... A une personne, en fait, le fait d'être un criminel ou d'être un délinquant en raison de ça. Très peu de gens
tiennent ce discours. Très peu vont jusqu'à cette forme de radicalité.
Par exemple, quand vous avez... Moi je suis désolée, mais quand Sébastien Chenu dit « Trappes, c'est un foyer djihadiste », il sous-entend que toutes les personnes qui habitent Trappes... de confession musulmane, sont des djihadistes. Et ça, c'est raciste. Ça, c'est un propos discriminant. Pour moi, ça, ça tombe sous le coup de la loi.
êtes sûr que là, vous n'êtes pas dans une forme d'extrapolation ? Non, on n'extrapole pas. Si on se réfère aux chiffres dont on parlait, par exemple, des djihadistes qui sont partis, des jeunes de Trappes qui sont partis en Syrie, il y a eu, à ce moment-là, en effet, un foyer de djihadisme à Trappes. Mais quand
il dit... Trappe, c'est une république islamiste en miniature.
Là, vous avez l'impression que c'est une stigmatisation de l'ensemble de la communauté, de la ville de Trappe.
La preuve en est, c'est que le tireur a dit, j'ai visé Trappe parce qu'il y a des djihadistes là-bas. J'ai visé Trappe parce qu'il y a des islamistes. Et donc, il a tiré. Sur tous les noirs et les
arabes.
Repère d'islamistes. Il a tiré sur tous les noirs et les arabes qu'il a croisés. Parce qu'il a croisé des gens qui étaient blancs et il ne leur a pas tiré dessus. Il a tiré sur des noirs et des arabes. Parce que pour lui, n'importe quel noir et n'importe quel arabe... rentrer dans la catégorie
des djihadistes. Moi, ce que j'entends dans ce que vous dites, c'est qu'il y a des propos qui peuvent être poursuivis, mais il est quasiment impossible d'instaurer une espèce de filtre avant les propos.
Non, il faut les sanctionner après coup.
Voilà, c'est ça, donc on ne peut pas préventivement interdire de parole. Ce à quoi vous appelez, c'est à plus de sévérité, plus de célérité dans les sanctions.
Mais oui, parce que même les gens se plaignent du fait que l'ARCOM... On sait que plusieurs fois, les saisines de l'ARCOM arrivent bien tard. Par exemple, il y a eu une condamnation des propos de Christine Kelly il y a peu par l'ARCOM. Il y a quand même dans cette ligne éditoriale chez CNews, plusieurs fois... des propos qui tombent sous le coup de la loi et moi je veux que systématiquement les personnes qui tiennent ce type de propos soient sanctionnées Il faut qu'il soit sanctionné. Si on le fait systématiquement, ils vont arrêter de le faire.
Est-ce que vous demandez par exemple, comme le maire de Trappes, Alir Abbé, que certaines expressions, certaines idées ne puissent pas trouver de lieu d'expression sur des plateaux de télévision ou dans des studios de radio ? Lui par exemple, il l'a demandé explicitement pour cette théorie dite du grand remplacement.
est qualifiée de complotiste et de raciste. Donc, normalement, à partir de ce moment-là, elle ne doit pas être discutée. Parce que ce qui tombe sur le coup de la loi... Oui, oui, mais j'ai l'artisé,
lui, il a demandé ça. Mais vous, est-ce qu'il y a d'autres thématiques, d'autres courants d'idées ou de théories dont vous dites qu'il faut les proscrire absolument des antennes ?
Sincèrement, je crois que celle qui a le plus pignon sur rue, c'est effectivement celle de la théorie du grand remplacement. Parce que c'est celle qui nourrit les propos d'Éric Zemmour, les propos du Rassemblement National. Pourquoi ils vous parlent de hordes arabo-musulmanes ? Parce que pour eux, ça vient illustrer le fait qu'à terme... les populations blanches dites françaises, en plus je ne sais même pas ce que ça veut dire françaises souches, parce que pour moi ça n'existe pas, vont être progressivement remplacées par des hordes arabo-musulmanes, ou noirs d'ailleurs, parce qu'il y a aussi de la négrophobie, et qu'ils vont perdre leur identité. Ça n'a aucun sens. Et donc je pense qu'effectivement, il n'y a pas d'autre grand concept qui s'installe là, mais celui-là, c'est quand même celui qui, pour moi, est le terreau, de la parole raciste par excellence et qui nourrit les propos du Rassemblement national, d'autres extrémistes comme Zemmour, etc. Vous avez
parlé de l'ARCOM, régulateur de l'audiovisuel, et son président estime que, je le cite, en tant que régulateur audiovisuel, son institution n'a pas à se prononcer sur la responsabilité de certains médias dans cet attentat raciste. Cela, dit-il, appartient au débat politique. Est-ce que vous partagez sa position ? Alors, il ne dit pas qu'il n'a pas à sanctionner, il dit qu'il n'a pas à se prononcer sur la responsabilité des médias dans l'attentat.
suis d'accord. Je pense que c'est politique et c'est judiciaire. Ce n'est pas eux. On ne peut pas faire une police de la pensée. Moi, je ne suis pas pour censurer. C'est-à-dire que moi je suis attachée à la liberté d'expression. Mais par contre, qu'à un moment donné on puisse qualifier et qu'on puisse sanctionner, c'est son rôle. Comme ils l'ont fait déjà. pour Eric Zemmour, pour Christine Kelly et d'autres. Quand vous avez, je ne sais plus comment il s'appelle, cet éditorialiste, je ne sais pas, ce chroniqueur qui, sur CNews, avait parlé de Bali Bagayoko en disant que c'était quand même le mal dominant d'une tribu, en parlant d'un élu de la République, etc. Ça aussi, ce sont des propos qu'on ne peut plus accepter lorsque l'on qualifie un élu de la République de mal. dominant ou de dire que c'est parce qu'il appartient à une tribu parce que il est noir il ya un problème mais
on peut venir à bout d'un climat de haine vous avez dit je ne suis pas pour la censure mais on peut le faire sans malgré tout quelque chose qui serait de l'ordre d'une forme de censure
je crois que sanctionner celles et ceux qui tiennent des propos qui vont à l'encontre des valeurs de notre République, celles et ceux qui tiennent des propos qui tombent sous le coup de la loi, que ce soit sur des plateaux télévisés ou sur des réseaux sociaux, c'est aussi préserver notre vivre ensemble et c'est aussi rappeler que le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit. Et le problème qu'on a aujourd'hui, c'est que sur beaucoup de plateaux et sur des réseaux sociaux, les gens ont... Il y a des personnes qui considèrent qu'aujourd'hui, avoir une parole raciste, ce n'est pas un délit, c'est juste une opinion. Il faut leur rappeler que ça tombe sous le coup de la loi.
Et la loi manque de fermeté, de diligence, vous trouvez en la matière ?
Le problème, vous savez, c'est que moi, la première, quand vous êtes l'objet d'un jure raciste qualifié, le plus souvent, on ne porte pas plainte. On ne porte pas plainte. Pourquoi
? Par lassitude ? Par lassitude,
parce qu'on se dit que ça ne va pas aboutir. Et je crois que c'est aussi de notre responsabilité, on s'habitue. Je vous dis, depuis 2018, je sais que régulièrement, j'ai des raids racistes, etc. Jusqu'ici, je crois que j'ai porté plainte une fois, parce que j'ai reçu une banane à la mairie des Mureaux, accompagnée d'une lettre avec des propos racistes absolument ignomineux. Et donc là, j'ai porté plainte. Et là, par contre, vu l'ampleur... la gravité de certains propos qui m'ont été adressés depuis 72 heures, je vais porter plainte. Depuis 72 heures ? Depuis 72 heures, là je vais porter plainte.
Et c'est lié à l'attentat de Trappes ? Oui, c'est à l
'attentat de Trappes. Non, c'est lié, pas à l'attentat de Trappes, c'est lié au fait que j'ai dénoncé les propos d'Edouard Philippe en disant que c'était stigmatisant de dire que c'était des jeunes issus de l'immigration qu'il considère comme français. Ben non, s'il les considérait comme français, il dirait juste que c'est des français.
Mais
quand il dit que c'est des jeunes issus de l'immigration, la vérité c'est qu'il décrit, en fait pour lui, c'est les Noirs et les Arabes. qui était présent, selon lui, en surnombre dans les pilleurs et dans les casseurs des vitrines du 17 octobre.
On va parler un petit peu de la présidentielle qui se profile. On peut imaginer que tous ces sujets seront au cœur du débat, de la campagne. En juin 2024, au moment des législatives, vous disiez que Jean-Luc Mélenchon, je vais vous citer, ne pouvait pas être à Matignon parce que la gauche avait besoin d'une incarnation apaisée et rassemblée et qu'il devait donc se mettre, Jean-Luc Mélenchon, en retrait de la campagne. Aujourd'hui, il n'est plus question de Jean-Luc Mélenchon à Matignon, mais il en est question à l'Elysée. Est-ce que vous diriez la même chose
je pense que malheureusement, le constat est le même. Aujourd'hui, il est celui qui, à gauche, au premier tour, recueillerait le plus de suffrages. Sauf que malheureusement... On le sait, au second tour, c'est le plus mauvais candidat à gauche, parce qu'il n'arriverait pas à fédérer et à rassembler autour de lui suffisamment d'électeurs pour que l'extrême droite ne l'emporte pas. C'est un bon candidat. de premier tour, mais ce n'est pas un bon candidat de second tour.
Oui, mais un bon candidat de premier tour, c'est quelqu'un qui pourra être un bon candidat de deuxième tour aussi. Sinon il ne sert à rien.
Oui, et là c'est ça notre problème. C'est qu'en fait le problème qu'on a aujourd'hui, c'est que vous avez dans l'offre politique que vous avez aujourd'hui pour la présidentielle, vous avez des offres qui fracturent, que ce soit celle de Marine Le Pen. Que ce soit celle, on l'a vu depuis quelques jours, d'Edouard Philippe, celle aussi de Jean-Luc Mélenchon, parce qu'en fait... Vous avez des candidats qui estiment qu'il faut qu'ils aillent parler à une certaine partie de la population et de l'électorat pour pouvoir justement atteindre le second tour. Le problème que nous avons, c'est que dans un moment où notre société n'a jamais été aussi fracturée, on le voit nous tous les jours à l'Assemblée nationale dans nos débats, parce que les trois blocs sont matérialisés à l'Assemblée nationale, on a besoin... d'une candidature et d'un projet qui va venir refaire pacte républicain avec avec la société française et le sujet qu'on a aujourd'hui c'est que Jean-Luc Mélenchon à gauche n 'est pas en capacité de refaire pacte républicain parce qu'il a malheureusement l'image de quelqu'un qui est trop dans la fracture. Et moi j'en veux beaucoup au bloc central, à la Macronie et à d'autres qui ont théorisé qu'il y avait deux extrêmes et qui ont mis un signe égal entre l'extrême droite. qui est quand même l'ennemi de la République, de par ce qu'il porte. Mais ils ne l'ont
pas fait lors des législatives.
Justement, c'est ça mon problème. C'est qu'en fait, au moment des législatives, nous avons fait un front républicain qu'ils ont oublié au lendemain des élections, alors que grâce... à des électeurs de LFI, grâce à des candidats de la France insoumise qui se sont retirés, etc. Ils ont eu... Et réciproquement, parfois. Oui, et réciproquement. Moi, j'ai été aussi élu parce que j'ai le candidat qui est arrivé en troisième position, qui s'est retiré à mon profit. Nous avons fait un barrage républicain qui n'existe plus aujourd'hui dans les faits.
il nous reste à peu près trois minutes et il y a trois questions que j'aimerais encore vous poser. Vous avez soutenu Olivier Faure, vous contre Raphaël Glucksmann, lors de cette primaire socialiste. Raphaël Glucksmann a gagné, donc il est désormais le candidat du PS. Est-ce que vous le soutenez sans réserve ? Oui, je le soutiens sans réserve. Alors vous êtes députée des Yvelines, on l'a dit, enseignante, vous l'avez dit, élue des Mureaux. Raphaël Glucksmann lui est un neurodéputé, ce qu'on appelle parfois un intellectuel. venu du mouvement Place Publique. Beaucoup lui reprochent d'être un peu loin des réalités, des quartiers populaires. Certains lui rappellent une phrase qu'il avait vue il y a longtemps, disant qu'il était mieux à Berlin ou à New York qu'en Picardie. Ça peut dénoter un rapport à la France rurale. Est-ce que vous pensez que Raphaël Glucksmann peut parler à vos électeurs les convaincre ?
Oui, je pense qu'il peut parler à nos électeurs et le convaincre, parce que je crois que justement, c'est ce que je vous disais tout à l'heure, il peut être le candidat qui peut faire de nouveau un pacte républicain. Il était à Trappes ce vendredi pour l'hommage. Là où les membres du gouvernement étaient cruellement absents, là où la droite a été absente, dans un moment de concorde nationale, ils ont choisi de ne pas y être. Eh bien moi je crois que Raphaël Glucksmann peut être celui qui porte... Ce pacte républicain est de dire qu'on peut faire société ensemble et ne pas être dans la fracture, mais surtout avoir un projet qui est une véritable alternative et qui dit qu'on peut choisir la République ensemble,
même
si on a des divergences.
Il y a deux sondages qui ont été réalisés récemment pour LCI, dont l'un... voit encore Marine Le Pen un peu progresser, entre 35 et 37% en premier tour. Jean-Luc Mélenchon est conforté, entre 17,5 et 18%. Raphaël Guzman entre 10 et 13%. Et il y a un autre sondage qui montre que Marine Le Pen est la candidate qui convainc le plus de Français sur la question de l'avis cher. 43% de confiance contre 19% pour Raphaël Guzman et 16% pour Jean-Luc Mélenchon. Comment la gauche... dont le social est quand même le cœur de la préoccupation au principe. Comment a-t-elle pu laisser ce terrain-là au Rassemblement national ?
Parce que le Rassemblement national, en fait, il y a ce qu'ils déclarent et il y a ce qu'ils font. Ils ne font
rien puisqu'ils n'ont jamais été au pouvoir. Non, mais par exemple,
si vous regardez leur vote à l'Assemblée, le Rassemblement national a voté contre l'augmentation du SMIC. Le Rassemblement national vote systématiquement contre la taxation des... des très hauts fonds. Par exemple, pour la taxe sur le coin. Raison de
plus pour vous demander comment vous expliquer qu'aujourd'hui, y compris d'ailleurs pour la réduction de la dette publique, Marine Le Pen est jugée la plus crédible parmi les candidats.
Alors que, objectivement... Quand vous analysez son programme économique, les économistes ont tous dit qu'il n'était absolument pas viable et qu'il y a plein de choses qui n'allaient pas. Donc je crois aussi qu'il y a une réalité, ça va être aussi notre devoir dans cette campagne présidentielle, c'est de montrer la réalité de ce que fait le Rassemblement National et aussi le fait que tout ça est une solution en trompe-l'œil parce qu'ils n'ont absolument pas la capacité de répondre aux inquiétudes et aux besoins de notre société et de la France.
Merci Diana Badiop d'être passée à l'atelier politique. Cette émission est à retrouver sur le site internet de RFI ou sur l'application Pure Radio. Bonne soirée, à la semaine prochaine.
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