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Bonsoir François Ruffin, député de la Somme candidat à l'élection présidentielle. Merci de votre présence ce soir alors que vous étiez dans la rue, aujourd'hui dans le cortège parisien et que vous publiez aux éditions les liens qui libèrent au boulot 40 chantiers pour remettre le pays debout qui est disponible depuis hier en librairie. Un livre qui est ce soir l'édito de Patrick Cohen. Le livre que vous avez lu Patrick est le programme d'un candidat qui ne croit pas au programme mais qui s'est mis au travail. C'est pour ça que ça s'appelle...
C'est plutôt parce que notre invité demeure immergé dans le monde du travail que sa doctrine est le travaillisme écologique et son slogan « Travailler tous avec un diagnostic d'ensemble, la faillite des élites » et un verbe omniprésent « protéger ». Le livre compte 36 chapitres thématiques, chacun présenté comme un entretien d'embauche, une question qui vous est posée dans un bistrot, un camping, un parking, d'usine ou un amphithéance-po, puis votre réponse, parfois arrangée, réécrite après coup, une fois vous écrivez. J'aurais aimé répondre cela. Bon, au moins les sujets viennent du terrain.
Quelles sont les solutions préconisées par François Ruffin ?
Alors d'abord un protectionnisme assumé. Importer moins, votre boussole, notre indicateur de référence, écrivez-vous, devrait être le déficit commercial. Vous voudriez donc instaurer des taxes et des quotas sur 100 produits stratégiques avec un Buy French Act et tant pis pour les contraventions européennes. Vous suggérez de mobiliser des pannes populaires, livrets à Assurance Vie, de soumettre les aides aux entreprises à la règle des 3C, contrôle, contrepartie, ciblage. Vous, président, les grandes fortunes pairez la taxe Zuckmann. Les héritages seraient taxés jusqu'à 70%. avec 300 000 euros exonérés par enfant. Le SMIC passera à 1 700 euros, ce qui sera aussi votre salaire, celui du président. Tous les salaires seraient indexés sur l'inflation. Le burn-out reconnu comme une maladie professionnelle. Les loyers seraient encadrés, tous les loyers. Et les agriculteurs retrouveraient des prix planchés, enfin, en matière d'immigration. Droits d'asile inconditionnels et régularisation des travailleurs sans papier, mais refus de l'immigration de travail. Écrivez-vous organisé par le patronat.
Ça ressemble beaucoup au programme de la France insoumise, non ?
Oui, mais non. Il y a plein d'écarts avec la doxa insoumise. D'abord, vous assumez le nucléaire, prolongation des centrales actuelles et construction des EPR2. Vous parlez de la sécurité comme d'une question de gauche et non, répondez-vous à quelqu'un qui vous interpelle là-dessus. La police n'est pas fasciste. Je pourrais encore citer le refus du tout-inclusif pour les enfants handicapés, ce que vous appelez l'inclusion scolaire low cost. Et puis sur la protection de l'enfance, votre hommage. rendu à Edouard Philippe pour une page lumineuse, dites-vous, de son dernier livre.
Est-ce que tout cela compose un programme solide ?
Alors, non, désolé. D'abord, il n'y a pas de chiffrage d'ensemble. Les dépenses s'empilent chapitre après chapitre. 26 milliards pour l'isolation, 10 pour le grand âge, garantie jaune universelle, autoroute gratuite. – Si, autoroute gratuite, un aller-retour par foyer et par an. À la SNCF, billet populaire illimité à 29 euros, protection de l'enfance financée par l'État, etc. Bon, les recettes sont envoyées à des États généraux de la fiscalité sur le modèle de 1789. Plus problématique, vos deux priorités parfaitement contradictoires, déficit commercial. et pouvoir d'achat. Le coût pour le consommateur des mesures protectionnistes et le risque de représailles ne sont jamais abordés. Et comme la politique commerciale est une compétence exclusive de l'Union européenne, votre désobéissance est assumée. Mais vous pensez que la France n'aura que des contraventions, ce qui apparaît hasardeux. Enfin, vous voulez libérer le travail des... Alors ça, c'est intéressant, de ces cadres qui organisent, qui inventent des dispositifs, qui comptabilisent et qui chronomètent, qui sont très présents dans les hôpitaux. On en parle de temps en temps, mais il y en a un peu partout dans l'administration. On se dit, tiens, voilà un ennemi de la bureaucratie. Mais à côté de ça, vous voulez une commission sur chaque vente immobilière, une autorité de la probité, une empreinte de décision pour chaque texte, des états généraux tous les 6 mois. J'en ai sûrement oublié. Reste la grande force de votre livre. comme de vos films et de vos autres livres, les travailleurs, leurs témoignages, le terrain, Dalila, la veilleuse de nuit de l'aide sociale à l'enfance, les charistes qui n'ont plus de liste mais qui obéissent à des commandes vocales désormais, l'explosion des inaptitudes au travail, plus de 100 000 licenciements pour inaptitudes en 2022, ce que vous a révélé votre travail parlementaire, la mutualisation des AESH, etc. Toutes ces questions très humaines et très concrètes. aujourd'hui quasi absente de cette pré-campagne présidentielle.
Patrick le rappelait, dans ce livre, vous faites des propositions sans jamais les chiffrer. Est-ce que c'est pas une façon de faire rêver les Français sans leur dire combien ça peut coûter et si c'est vraiment réalisable, François Ruffin ? Au
contraire. Puisqu'il y a tout un volet sur où est-ce qu'on va aller chercher le financement de ça. Et dire que l'essentiel de ce que je propose, en fait, ça n'a pas un coût. J'appartiens à une école économique qui s'appelle l'école de la régulation. Et qui considère que pendant les décennies d'après-guerre, on a eu un certain nombre de régulations qui nous ont apporté prospérité et stabilité. Ça a été les prix planchers pour l'agriculture. Ça a été l'encadrement des prix des loyers. Ça a été l'indexation des salaires sur l'inflation. — Mais c'est une économie
administrée, quoi. — Non,
non. Encadrée. — Où le marché est encadré. — Avec une
augmentation des impôts, ça, c'est inévitable.
— Et donc en l'occurrence, quand on produit de la régulation, ce qu'on produit derrière, ce n'est pas plus de dépenses, c'est moins de dépenses. Parce que si, par exemple, vous plafonnez le prix des loyers, eh bien derrière, vous avez moins d'APL à verser. Donc en vérité, aujourd'hui, la grande question qui devrait être posée dans la prochaine campagne présidentielle, c'est est-ce qu'on laisse le marché... libéré, qui pour moi c'est comme un fauve qui est dans la nature, ou bien est-ce qu'on remet des barrières au marché ? Est-ce qu'on le régule, est-ce qu'on l
'encadre ? Mais le marché libéré parfois profite aux consommateurs et au pouvoir d'achat. Les produits importés de Chine, effectivement, ils sont nuisibles pour notre industrie, mais ils sont à bas coût et donc ils permettent à des foyers modestes. À la marge, monsieur
Cohen, vous savez, mais à la marge. Et vous savez, ça fait 40 ans. qu'on nous répète que la mondialisation est heureuse. Et pourquoi on en est dans cette situation démocratique, là, M. Cohen ? Pourquoi on en est à un moment où le pays est en voie de basculer au Rassemblement National ? Parce que pendant 40 ans, on nous a raconté ça. Et parce que les quelques centimes épargnés sur une chaîne IFI, ça produit en vérité des milliers d'emplois détruits. Et c'est la colonne vertébrale des classes populaires qu'on a cassée. Et par ailleurs, le protectionnisme, je ne prétends pas faire du protectionnisme à la Trump en disant on augmente de 20%. La paye
est très chère électoralement. De
20%. 50% ou 100% les taxes sur tous les produits. Il s'agit d'en identifier 100. 100 produits sur lesquels on veut retrouver notre autonomie. L'armement, les aliments. les médicaments, les technologies de l'environnement. En fait, il s'agit de cibler et en revanche, là-dessus, de mettre le paquet. Mais non pas de le généraliser. Par exemple, sur les costumes, sans doute qu'il n'y a pas une nécessité de retrouver une souveraineté demain. Donc il ne s'agit pas de surtaxer ça. Mais en revanche, d'identifier sur quoi on veut retrouver notre souveraineté.
On va revenir sous d'autres chantiers que vous voulez lancer. Mais d'abord, la journée de manifestation qui a eu lieu aujourd'hui en France, on le disait, forte mobilisation, 600 000 manifestants selon... le ministère de l'Intérieur, 1,6 million pour la CGT. C'est un mouvement qui peut durer jusqu'à l'élection présidentielle. C'est ce que vous souhaitez.
Moi, je ne suis ni prophète ni décideur. Vous savez, je suis à ma place de politique. Il y a des organisations syndicales. C'est elles qui ont décidé de cette journée. Et moi, je me tiens à ma place. Et évidemment, quand les gens redressent la tête, je suis toujours avec eux. Qu'il s'agit d'une lutte locale ou d'un grand mouvement national, je suis avec eux. Parce qu'évidemment, quand on a une inflation... qui bondit comme ça. Et que, moi, vous savez... –
Pardon, mais c'est très politique. Est-ce que ça ne dit pas que ces gens, toutes ces foules qui ont manifesté aujourd'hui, ne croient pas que leur vie pourra changer grâce à l'élection présidentielle ? –
Il y a toujours eu une alliance de la rue et des urnes. Moi, je pense que la démocratie... – Non, il n'y a pas
toujours eu.
Il n'y a
même jamais eu de mouvement social avant une élection présidentielle.
– Vous savez, je dis toujours, mon modèle, c'est le Front populaire. Parce qu'on a eu à la fois les urnes... est la rue. Le problème de mai 68, c'est que ça a été seulement la rue. Le problème de mai 80, c'est que ça a été seulement les urnes. Et donc, il faut une conjonction des deux. Mais ça dit surtout que là, on a quoi ? C'est la convergence des pourrissements. C'est toutes les crises qui ont existé pendant le mordat d'Emmanuel Macron. Normalement, la crise doit être un moment de vérité. Et à la place, à chaque fois, il a fait une réponse policière et le blabla du grand débat. La crise des Gilets jaunes qui ressurgit. La crise des banlieues qui ressurgit. La crise du mouvement des retraites qui ressurgit. Je dirais même la crise Covid où on a demandé à la jeunesse de se confiner et où finalement, derrière, on ne lui a rien proposé. Et donc, en fait, on est dans un temps de convergence de toutes les crises qui n'ont pas été... et de résurgence à 6 mois de l'élection présidentielle. Vous savez, il n'y a pas de victoire de gauche sans que ça soit précédé d'un grand mouvement social, d'un dégel de la société. Le débouché politique de mai 68, c'est mai 80. Il y
a eu quand même 17 milliards de lâchés pendant les Gilets jaunes et le quoi qu'il en coûte pendant le Covid.
Le quoi qu'il en coûte pendant le Covid, je ne le remets pas en cause. En revanche, ce que je remets en cause, c'est derrière d'avoir continué à faire des baisses sur les impôts de production et d'avoir mené la France à un déficit qui est quand même record. Dans quelle situation ? C'est une camélamité qu'on a à l'Elysée. Qu'est-ce qui se passe ? On a le taux de pauvreté qui est passé au-dessus de la moyenne européenne. Les inégalités sont passées au-dessus de la moyenne européenne. En revanche, la richesse par habitant est passée en dessous de la moyenne européenne. Oui,
il y a du Macron à toutes les pages, mais il n'est plus candidat. C'est fini. Là, on parle de ce mouvement social. Oui, vous dites qu'il y a toujours eu un mouvement social qui a précédé les victoires de gauche. Mais pardon, la gauche paraît assez loin de la victoire en mai prochain. Je
le constate avec dépit. Maintenant, je m'appuie quand même sur des gens qui viennent poser des questions là. Il y a deux questions qui sont posées, qui sont au fond des réponses, qui appellent des réponses de gauche. L'éducation, l'investissement dans l'éducation. Donc y compris le Conseil d'analyse économique dit que ça devrait être une priorité. Et deuxièmement, le fait que simplement les gens puissent vivre de leur travail, bien en vivre et pas en survivre. Et donc le mouvement social réclame des réponses au présent du gouvernement. Mais il réclame des réponses pour demain, un débouché politique.
Vous étiez dans la rue, Jean-Luc Mélenchon était également présent. Un autre candidat à l'élection présidentielle, Raphaël Glucksmann, n'a pas tout à fait pu battre le pavé comme il le souhaitait, Agathe.
Oui, absent des pavés et des mouvements lycéens, Raphaël Glucksmann qui se tenait jusqu'à présent à l'écart des manifestations, conscient de l'hostilité de militants de gauche radicales qui le prennent régulièrement à partie. Mais en cette grande journée de grève, le candidat a décidé... a essayé de défiler accueilli très vite par des huées
place elle est ici et cela n'impressionne absolument pas le thème du jour c'est pas moi honnêtement c'est compliqué il n'y a aucun sujet il n'y a aucun sujet je n'ai pas peur du tout
Alors on a entendu aussi quelques applaudissements et des Raphaël Président, mais Raphaël Glucksmann est resté bloqué pendant 45 minutes par des militants avant d'être contraint de quitter la manifestation. Toujours objet du même procès, il ne serait pas vraiment de gauche, lui le vainqueur de la primaire de la gauche sociale-démocrate. Bref, un cortège, mais deux gauches.
On
n'est pas d'accord avec cette gauche supposée qui rejette la gauche, la vraie gauche. On n'est pas d'accord avec lui. Et les étudiants, on veut montrer. Vous n'avez pas plus la raison que nous. Nous, on est de gauche. Et moi, je peux vous dire que vous êtes anti-démocratique. Parce que chaque fois qu'on se présente, vous êtes là en train de cri. On peut avoir une autre analyse de la situation et être de gauche.
– Raphaël Glucksmann dénonce le harcèlement de militants insoumis qui videraient l'intimider depuis sa victoire à la primaire. François Ruffin, vous aussi, vous avez été la cible de Jean-Luc Mélenchon et de ses partisans après avoir quitté LFI. Malgré vos désaccords avec Raphaël Glucksmann, est-ce que vous partagez son constat sur ce harcèlement ? Et sinon, comment vous analysez ce rejet qu'il suscite chez cette gauche-là ? – En tout
cas, ce qu'on a à l'image là, c'est ce qui nous conduit à la défaite. Le train de la fatalité qui emmène Marine Le Pen à l'Elysée, ces deux gauches qui choisissent de ne pas se réconcilier, elles nous conduisent à une tragédie pour l'année prochaine. Et donc, moi, je le regrette. Quand je voulais une grande primaire qui aille de Poutou à Hollande, c'était pour emmener tout le monde. Vous vouliez même participer à la primaire. J'étais prêt à ça. Mais vous croyez vraiment que
les C2 gauche, elles peuvent se réconcilier ? Mais oui, là, il y a un...
Vous avez vu... Mais ça, il dit le
contraire. Il dit que c'est la cohérence qui permettra de battre Marine Le Pen, pas la confusion. Ils ont l'intérêt, les
deux ont intérêt à dire que c'est pas possible de se réconcilier. Comme ça, ils se partagent des parts de marché. Voilà ce qui se passe. Et donc, évidemment, là, aujourd'hui... Mais là, c'est pas un problème d'absence de réconciliation,
là.
C'est un
problème d 'invective,
de haine... Je vous dis que pour une manifestation, qu'il s'agit d'une manifestation... pour le pouvoir d'achat, contre le racisme, toutes les voix devraient pouvoir être bienvenues dans ces manifestations. Et qu'on ne peut pas prétendre demain être majoritaire dans le pays, avoir un grand mouvement populaire en étant sectaire.
Malgré ce que vous avez subi de LFI, malgré les insultes aussi. Je viens vous
dire, moi, vous savez, si vous entrez en politique en espérant seulement avoir des pétales de roses sous vos pieds, il faut faire autre chose, d'accord ? Et donc ça veut dire que pour le bien du pays. compte tenu du naufrage dans lequel il se trouve, continue du risque que nous avons l'année prochaine de voir arriver l'extrême droite au pouvoir, je vois la nécessité d'avoir une gauche réconciliée et c'est tout l'inverse qui se joue là sous nos yeux. Alors,
œcuménisme toujours depuis
la rentrée. Vous savez même, je vais vous dire, œcuménisme, je vais aller plus loin. L'amour, l'amour. Tiens, regardez. Mais oui. Je le dis sans ironie, vous savez, on ne gagne pas par la haine. gagne par l'amour. On gagne en embrassant le pays. On gagne en embrassant les gens.
En embrassant celui qui vous insulte et qui vous invective.
Quand bien même, mais surtout en embrassant le pays, en embrassant les gens et en choisissant d'y aller tout entier. On ne gagne pas par la haine. Ce n'est pas la
stratégie de LFP. Je vous
dis juste que je sais, moi, dans la durée, que pour se faire aimer des gens, il faut les aimer.
Puissiez-vous être entendus du
climat
actuel. Donc vous avez effectué un déplacement auprès de lycéens en grève avec Dominique de Villepin. Vous aviez aussi accepté un débat en septembre avec l'ancien Premier ministre. Et voilà comment vous présentiez la rencontre.
Un petit pax. Je ne sais pas si vous avez déjà préparé le pax. Mais disons qu'on se renifle. Moi je... Je ne
voyais pas ça comme ça.
Non, mais la métaphore canine est très parlante. Je pense à la fois à un diagnostic partagé et
à un horizon qui a des points
est l'avenir de votre... — Candidature, François Ruffin, est-ce qu'elle passe par un rapprochement avec d'autres candidats, ou avec Villepin, ou avec Roussel, ou en candidature autonome, sachant que, bon, vous êtes... —
2% d'intention. — Oui, ça dépend de
là
où je suis testé. Mais vous savez, d'abord, si je suis pas là aujourd'hui... pour venir parler des accompagnantes d'enfants en situation de handicap, des auxiliaires de filles, des assistantes maternelles, il n'y aura pas un candidat dans la présidentielle pour le faire. Si je ne suis pas là pour parler des 100 000 personnes qui sont broyées physiquement ou psychiquement par le travail checané, il n'y aura personne pour le faire. Donc c'est une candidature de témoignage pour être la voix de ceux dont on ne parle pas. Et même là, il y a un mot qui est posé, qui est le mot horizon. Je considère que parmi toutes les faillites... nos élites. La principale faillite est presque spirituelle. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'horizon pour les Français. C'est compétitivité, marché, concurrence, croissance. Qui a envie de se retrousser les manches pour ça ? Personne. Eh bien, quand je viens dire « travaillisme écologique », c'est de poser un horizon. C'est de dire que oui, on doit se mettre au boulot si on veut relever les grands chantiers qu'il y a. Le chantier, le défi démographique avec de plus en plus de personnes âgées dont il faut s'occuper. Le défi productif, pas de grand pays sans une grande industrie, sans une agriculture qui assure notre autonomie. Et le plus grand des défis pour les Français comme pour l'humanité, qui est le défi climatique. Et il est évident que pour faire ça, il faut embrasser large. Et je vais vous dire, peut-être que le... de notre dialogue. D'abord, que dans un temps d'invective, que dans un temps de rejet, de haine, il y ait deux hommes qui ne sont pas du même bord, mais qui soient capables de passer deux heures à dialoguer et à chercher leurs points communs, y compris pour apporter des solutions au mouvement lycéen. Vous savez, doute qu'on en aura encore davantage besoin demain de ça. de républicains qui sont capables de se parler parce qu'ils voient la gravité de ce qui est en train d'arriver à la France et aux Français.
– Alors vous, vous êtes allé parler aux Français un peu partout dans le pays, Patrick le rappelait. Vous l'avez fait à votre manière dans cette campagne, en auto-stop. Et puis vous vous êtes retrouvé aussi au camping des Flots Bleus à jouer à la pétanque. On va voir les images avec Maureen qui travaille en hôpital psychiatrique.
irez voter quand même à la fin ou pas ? – Non. Vous n'avez pas voté ? Vous ne votez pas non plus ? Non. J'ai arrêté il y a longtemps. Je ne vais même pas vous parler pour voter
pour moi à l'intérieur de tout le bazar aujourd'hui. Mais s'il y a des moyens qui sont donnés à l'hôpital, pas de moyens qui sont donnés à l'hôpital, et en particulier à la psychiatrie, c'est tellement directement lié à un choix politique qui est le budget de la sécurité sociale qui est voté à l'automne. Votre bulletin de vote, vous pouvez être sûr que ça a quand même un rôle.
Oui, je sais pas. Oui, c'est pas ma voix qui va
faire changer le... Votre voix, mais... C'est votre voix plus toutes les Maureen du pays
sent que c'est compliqué quand même de convaincre Maureen. Vous savez, malheureusement, c'est mon
ordinaire et je n'ai pas besoin d'aller jouer aux boules au camping des Flots Bleus pour vivre ce grand désarroi. Donc d'éloignement de la politique, de la vie des gens. Je vous rappelle toujours quand même qu'eux, ils étaient en congé et en congé payé, c'est quand même le fruit à la fois d'une lutte sociale et d'un vote dans les urnes. Quand on a la sécurité sociale qui, à mon avis, une utopie réalisée, qu'on peut se faire rembourser quand on va à l'hôpital, c'est le fruit de lutte sociale. Et donc évidemment, il faut inventer... Vous arrivez
à en convaincre quand même ?
Oui, mais vous savez, là même... Après, ces quatre bulletins, ils vont prendre aussi, parce que le débouché de gauche dans cette élection-là, il ne va pas de soi, y compris pour des fonctionnaires de l'hôpital psychiatrique aujourd'hui.
Merci beaucoup, François Ruffin. Je rappelle cet ouvrage au boulot, 40 chantiers pour remettre le pays debout, qui est disponible depuis hier dans toutes les bonnes librairies. Vous restez avec nous d'autres sujets à vous soumettre, notamment le reportage de C'est à vous. Ici et à maintenant, Louis Amard.
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