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Isabelle. Salut Pablo. Merci d'avoir accepté mon invitation. Isabelle, tu es chirurgienne, tu es élue à la vie de Vitry dans le groupe Vitry Insoumise Communiste et Citoyenne. Et tu viens de publier un livre aux éditions Arcane 17. Ça s'appelle Vitry ne brûlera pas pour verdir Paris. En gros, tu pars de la bataille contre le projet d'installation d'un incinérateur à Vitry-sur-Seine pour dénoncer... une injustice territoriale, celle qui conduit les métropoles à concentrer leurs infrastructures, leurs nuisances et leurs pollutions dans les territoires populaires au nom de l'intérêt général et de la transition écologique. Pour moi, dans ton bouquin, tu dépasses la dénonciation simple d'un équipement culturel. Ce qui est aussi l'objet industriel et polluant. Ce qui est aussi l'objet, bien sûr, de ton livre. Pour poser une question politique, à mon sens, très importante, c'est qui décide de l'avenir des territoires ? Qui maîtrise les choix énergétiques et numériques ? Et comment redonner ? le pouvoir aux citoyens de dessiner leur propre ville, leur propre territoire. Ma première question, elle est à propos d'une expression que tu utilises dans tout le livre, c'est celle de « territoire servant ». Qu'est-ce que c'est, selon toi ? Un territoire servant et en quoi c'est particulièrement applicable à la ville de Vitry, à l'aune de l'installation de cet incinérateur polluant sur le territoire de la ville ?
fait, le territoire servant, c'est ce territoire... dont la ville, le cœur de la métropole, considère que c'est normal de mettre ce qui est les nuisances. Je vais partir d'une anecdote, je ne sais pas si c'est une anecdote de quelque chose qui est particulièrement emblématique, même si ce n'est pas très impactant. Il y avait une péniche. qui appartenait au Resto du Coeur, qui permettait d'héberger des gens sans-abri. Et puis cette péniche, elle ne répondait plus à la demande, elle a été abandonnée, elle était au quai d'Austerlitz. Puis finalement, elle s'est retrouvée au quai de Charenton. Et puis quand il y a eu les Jeux Olympiques et qu'on avait voulu voir montrer la ville lumière, et merveilleusement montrer d'ailleurs lors de la sérémonie d'ouverture, la péniche, ça faisait mauvais effet. Et au lieu de s'en débarrasser, etc., qu'est-ce qu'on a fait ? On l'a amenée quelques centaines de mètres en amont. Et depuis, elle est là, à Marais, qu'est de la Révolution Alphori, juste en face du lieu où devrait y avoir ce fameux incinérateur. Cette histoire remonte très loin, c'est le XIXe siècle. La banlieue, c'est le banc de la ville. Et donc, très naturellement, on a installé en banlieue ce qui gênait là où il y avait de la ville haussmanienne et avec tout ce qui s'est passé au moment de la construction de la ville haussmanienne. Et ce qui est terrible, c'est qu'à la fois, ça a fait la force. Parce que le fait d'avoir les usines, ça a produit de la richesse à un moment où les questions écologiques ne se posaient évidemment pas. Et ça a créé des solidarités. Il y a eu les peuples de toute la France, d'abord les bretons, les Audernia, et puis les Italiens, les Portugais, et puis les Asiatiques, les gens d'Afrique subsaharienne et du Maghreb. Et tout ça fait que les villes populaires sont des villes riches. par leur diversité, mais leur créativité également. Donc moi, je ne considère pas qu'il y a d'un côté les pauvres de la banlieue et d'un côté les grands privilégiés de la ville-centre. Néanmoins, les pauvres de la banlieue, ils veulent aussi les aménités et les plaisirs de la ville-centre. Cet été, quand il y a eu... La découverte à Vitry de ce projet d'incinérateur qui est quand même une monstruosité. En même temps, les élus, en particulier les communistes, moi qui suis communiste, ça m'a particulièrement blessée, montraient à quel point c'était super de se baigner dans le canal Saint-Martin. Les
élus communistes de Paris.
C'était super, il se baignait dans le canal Saint-Martin qui inaugurait la baignade. Donc nous, on apprenait que là où on devait avoir une baignade, puisqu'il faut savoir que l'incénérateur doit s'installer là où était prévu un grand parc urbain et la baignade dans la Seine, nous, on annonçait qu'on allait être la poubelle de Paris. Moi, je l'ai décu comme une obsédité.
'est-ce qui te pose problème dans l'installation de cet incinérateur ? C'est quoi les nuisances ? Ça pose des questions de santé publique
Ça pose évidemment des questions de santé publique parce que les CSR, c'est vraiment du bois avec du vernis, de la peinture, etc. On dit que c'est des super qui brûlent, 'on va brûler. On le dit, c'est super parce qu'il va y avoir des super filtres. ce qui est assez drôle c'est qu'au même endroit ils avaient déjà prévu un incinérateur en 92 Les travaux étaient commencés en 1999 et grâce à la bataille de nos prédécesseurs, des élus de Vitry, mais aussi de tout le Val-de-Marne, contre ce projet épouvantable, alors que les travaux étaient commencés, ça s'est arrêté. Et donc, l'idée d'utiliser la banlieue pour faire brûler et chauffer Paris, ce n'est pas une idée neuve. Mais la résistance n'est pas non plus une idée, une nouveauté. C'est que la résistance a gagné en 1999. Moi, je fais le pari qu'elle gagnera désormais. Et ce qui est choquant, c'est que moi, ce que je crois, c'est que c'est ce qui va sortir des cheminées, malgré les filtres. Maintenant, ce qu'on sait parfaitement bien sur le plan de la santé, c'est deux choses. C'est premièrement que les normes sont toxiques par toxiques. Or, le cocktail a un effet potentialisateur extraordinairement dangereux. Deuxièmement, en santé publique, en médecine, ce qui est très compliqué à établir, c'est ce qu'on appelle le lien de causalité. T'es exposé à l'amiante, t'auras la maladie due à l'amiante. Il faut des années pour ça. Quand il y a un accident d'avion, dire que les morts sont dues à l'accident d'avion, le lien de causalité est évident à établir. En médecine, en santé publique, c'est beaucoup plus compliqué. Ce qui fait qu'il y a eu tant de scandales. L'amiante, le plomb, le tabac, Mediator. Avant de dire que l'exposition à un risque produit une maladie, il se passe beaucoup de temps. Donc c'est là où intervient le principe de précaution. Le principe de précaution, ça ne peut pas être de dire qu'il y a un risque, on ne fait plus rien. Et si on ne prend plus la voiture pour aller en vacances, on va plus baigner dans la... Voilà, la vie, ça comporte des risques. Le principe de précaution, c'est de considérer que... Tant que l'absence de risque n'est pas démontrée, et notamment en matière de développement industriel et de grands projets, alors il faut chercher toujours les alternatives. Et en tout cas, il faut décider démocratiquement, à la fois avec les salariés et à la fois avec les populations exposées, de dire est-ce qu'on va prendre ce risque ou est-ce qu'on ne va pas le prendre. Enfin, ça ne doit jamais être géré par le fric.
J'ai une double question. Tu dis qu'un incinérateur, en soi, pose des problèmes de santé publique. Pour autant, on explique aussi que les incinérateurs, c'est une bonne chose sur les questions de transition écologique parce que ça permet notamment de créer de l'énergie, en l'occurrence pour le chauffage, par le biais du recyclage, etc. Est-ce qu'il faut arrêter avec les incinérateurs ou est-ce qu'il faut trouver d'autres endroits pour placer ces incinérateurs sur le territoire ?
D'abord, moi, je crois qu'il faut arrêter de dire que la combustion, ça produit bas d'effet de serre. C'est totalement faux. Ce qui s'est dit sur le bois, c'est comme l'arbre cap du carbone, le bilan. carbone de l'arbre considéré, il est nul. Sauf que quand on est dans la situation actuelle avec les canicules, etc., d'abord le bilan global est déficitaire, et deuxièmement, quand on crame un arbre aujourd'hui, il faut s'entendre qu'il y a un nouvel arbre. Il y a de plus en plus de publications scientifiques qui vont dans ce sens-là, y compris l'Académie des sciences dans son rapport sur la biomasse. pointe ce sujet. Deuxième chose, les CSR, c'est pas que du bois, c'est du bois et du plastique, c'est des trucs ultra pollués, donc c'est pas la même chose. Donc moi, ce que je crois, c'est que il faut tendre. au maximum à sortir de l'incinération. Et en tout cas, il ne faut pas fabriquer des filières qui n'ont pas besoin de l'être. Il faut savoir que l'incinérateur de Gardanne fait venir des CSR par porte-conteneurs d'Amérique latine. Parce que notre problème, ce n'est pas le traitement des CSR. C'est d'abord des bois pourris, des bois toxiques. Industriel
et travaillé, des bois travaillés.
Notre problème, c'est de produire de l'énergie. Après, pour ce qui est de l'incinérateur de vitry, la question c'est de chauffer pour une grande partie les logements parisiens. Peut-être qu'il faut réfléchir aux alternatives. 4 milliards d'investissements, si on considère qu'il y a 250 000 logements concernés, ça fait 16 000 euros par logement pour isoler et faire qu'il faut moins de chaleur l'hiver et qu'il y a moins de difficultés à rafraîchir. La deuxième chose, c'est qu'il faut, dans un même mouvement, penser le rafraîchissement l'été. Et la chaleur hiver, c'est-à-dire que là, on ne pense avec l'incinérateur que chauffer l'hiver. Et on ne répond pas à la question de la prise en charge des périodes de canicule. Donc, il faut vraiment changer de... C'est une réponse. qui, à mains égards, est complètement obsolète. C'est la façon dont c'est construit. On le fait en banlieue et pas à Paris. S'il n'y a pas du tout de nuisance avec un incinérateur, les deux principales villes concernées par le chauffage urbain, c'est Paris et Boulogne. Alors pourquoi ne pas décider de mettre dans le bois de Boulogne l'incinérateur ? Il y a la Seigne, il y a les villes concernées, il y a le circuit. Ben voilà !
En fait, la question que tu poses aussi, c'est plus largement la place de ces infrastructures industrielles dans des zones denses. En l'occurrence, l'île de France en général est une zone dense. Donc toi, tu dis, bon, il y a les bourgeois. Alors tu dis Paris n'est pas un prédateur et Vitry n'est pas une victime. Ça ressemble quand même un peu à ça quand on regarde la question de l'incinérateur. plus globalement, la place de ces industries qui, un peu par définition, sont polluantes, posent des questions de santé publique, etc. Est-ce que, et moi je me souviens, il y a d'autres endroits, et d'ailleurs tu en parles de certains, tu parles d'Ardoine, etc. avec le méga data center, etc. Est-ce qu'on doit dire, bon bah tout ça, ça ne peut pas être dans les villes. Il n'y a pas de place pour les industries. à l'intérieur des villes, est-ce que c'est ça la conclusion ?
Non, moi je ne pense pas du tout ça, d'abord parce que je pense qu'il faut vraiment relocaliser la production industrielle, toute la délocalisation industrielle vers l'Asie qu'on a observée au début, depuis les années 80, on en voit les conséquences de tous points de vue, y compris écologiques, parce que les portes-contonnaires c'est un gouffre écologique, donc moi je crois qu'il faut ré... relocaliser les productions, et il faut relocaliser les productions là où les gens habitent, parce que s'il faut faire trois heures de transport pour aller travailler dans l'usine, ça veut dire qu'il faut penser l'industrie à taille urbaine, l'industrie intégrée dans la ville. Les grandes emprises telles qu'on les a connues, c'est d'un autre moment, ça fait des grandes fractures urbaines, ça fait des grandes... des grandes zones inappropriables par les habitants et surtout quand c'est en bord de Seine. Nous, déjà à Vitry, on a Sanofi et on a les ateliers SNCF. Si on prend cette, ça doit faire 500 mètres au moins de fractures, de barrières entre la ville et la Seine. OK. Chacun doit prendre une part de l'intérêt général, il n'y a pas de problème. Par contre, ça ne peut pas être toute la longueur qui est prise par des industries. Et puis en plus, l'île de France. C'est une région très productive, même s'il y a eu beaucoup de délocalisations, ça a baissé, etc. Et y compris Paris. C'est-à-dire qu'on peut penser la production en ville. Et ça ne veut pas dire seulement des TPE, des PME, des artisans et favoriser le développement. de ces petites entreprises. Laisser penser la logistique. Si on veut faire de l'industrie urbaine, ça veut dire qu'il faut trouver, il faut que le fret soit la solution pour amener et renvoyer les marchandises et pas les camions. On n'en peut plus les camions. Parler du territoire servant, c'est insupportable les poids lourds dans la banlieue. On est colonisés par les poids lourds maintenant.
Une large partie de ton livre est consacrée à la question démocratique et politique. Tu fais une chronologie de la construction de ce projet d'incinérateur. C'est vrai que c'est assez choquant d'opacité institutionnelle. Comment est-ce que tu expliques que... On est en 2026 et que c'est encore comme ça que se conçoivent, dans l'opacité totale, que se conçoivent des projets du type de cet incinérateur. Et comment est-ce que tu expliques, tu as commencé un peu à le dire avec les élus communistes de Paris, que le politique, et je pense notamment à la gauche, valide cette façon de construire des projets de cette ampleur
Alors moi, mon hypothèse, ça je ne l'ai pas mis dans mon bouquin, mais le mouvement d'Elysain me conforte dans cette hypothèse, c'est que c'est vraiment la vieille gauche productiviste et l'écologie bourgeoise, c'est cette alliance-là qui est totalement obsolète, qui pense les choses comme avant. Les projets, les territoires, la démocratie comme avant. Et on voit avec le mouvement actuel, il y a quelque chose qui est en train d'éclore et qui échappe totalement à leur champ de vision et à leur approche de la société. C'est comme ça que je comprends les choses. Après, franchement, il y a une énorme manipulation démocratique. Il y a la culture générale de cette vieille gauche, mais il y a une énorme manipulation démocratique. à force de recherche, je me suis aperçue que non seulement les élus parisiens, j'ai lu ce qu'il y a bien à Paris, on peut lire le verbatim, des interventions, elles sont écrites mot à mot, on peut les lire, et c'est assez marrant de voir qu'à leur corps défendant, les élus parisiens, Quand ils parlent de la banlieue, on voit qu'ils parlent d'un territoire inférieur à travers leurs mots.
genre
? Les villes ailleurs. Dans les formulations, on voit que les villes autour de Paris, c'est Paris, c'est le cœur. Et puis nous, on est un petit peu relégués. Et à un moment, il y en a un qui dit, un écolo, il dit, bon, il faut bien chauffer Paris. Il ne faut pas que ce soit trop loin parce qu'il ne faut pas que la chaleur se perde dans les puyaux. S'il ne faut pas que ce soit trop loin, mon gars, fais-le dans ton jardin. Mais ça ne leur vient même pas à l'esprit. Mais, et c'est là où je dis, il n'y a pas que Paris qui est coupable, c'est que j'ai découvert... stupéfaite que le projet, il part de Vitry en réalité. Il part de Vitry et de façon très étonnante, il y a même des gens qui ont exprimé leur proposition dans des réunions où ils se sont retrouvés, et ça paraissait tellement lunaire, ils se sont dit, on va les laisser entre eux discuter de leurs petites affaires. Et
tel
est le gain pour Vitry ?
Ça, j'aimerais bien le savoir.
Est-ce qu'il y a un gain, par exemple, en espace menthe et trébuchante ? Ce
qui est expliqué, c'est que ça va coûter moins cher, le chauffage coûterait moins cher et que ça ferait des emplois.
C'est pareil pour les zones parisiennes qui vont être achetées. Oui, mais ce n'est même pas
sûr que ça va coûter moins cher. D'abord, Deuxièmement, en termes d'emploi, en fait, moi je considère que c'est une perte d'emploi pour Vitry, parce que si on avait développé ce projet de ville, c'est-à-dire qu'il y a à la fois un parc urbain, une promenade culturelle, c'était très possible de faire dans ce parc des... une promenade muséale avec l'histoire d'ouvrières de vitry, et puis tout un réseau de TPE, de PME, d'artisans, comme je l'évoquais tout à l'heure, ça fait énormément plus d'emplois que l'incinérateur. Si on ajoute à ça l'isolation de 250 000 logements, Ça fait des plombiers, des maçons, des architectes, des bureaux d'études, ça fait de l'emploi non délocalisable. Ça n'a aucune commune mesure avec les sans-emploi promis. par l'actuel projet.
Tu défends l'idée d'un référendum pour avaliser ou ne pas avaliser ce projet. Tout à l'heure, tu as parlé de l'histoire de la résistance à ce projet sur le territoire de Vitry et plus globalement du Val-de-Marne. En gros, c'est quoi les outils dont... Ceux qui sont opposés et dont tu fais partie à ce projet disposent. Je pense notamment au fait que toi, tu as participé d'une liste aux élections municipales, une liste qui n'est pas arrivée en tête, la liste de Saint-Mimi, qui portait l'opposition à ce projet, alors que le maire sortant qui a été réélu, lui, était pour le projet. Ah
non, ce n'est pas tout à fait ça. Il a expliqué pendant les élections municipales... qu'il n'y avait pas de projet, que ça n'était pas vrai, et qu'il allait attaquer en diffamation Mathilde Panot et aussi Mimi, qui alertaient les électeurs sur le fait qu'il y avait un projet et qu'il fallait s'y opposer. C'est-à-dire que non seulement il n'a pas informé les gens du projet, mais il leur a menti, il leur a, il leur, avec un S. l'Alliance communiste, socialiste et écologiste, puisque Marine Tondelier et Yannick Jadot sont venus faire des mini-meetings dans les quartiers pour dire non, non, c'est pas vrai, il n'y a pas de projet d'incinérateur. Je veux dire, c'est quand même une manipulation démocratique invraisemblable.
Et donc, du coup, aujourd'hui, quels sont les recours, en fait, que vous avez ? Tu demandes un référendum, mais franchement, entre toi et moi, il y a peu de chances qu'il y ait un référendum sur ce sujet, ou bien si, est-ce qu'il y a des recours en justice ? Précisément pour les mensonges et toutes les opacités que tu dénonces dans le bouquin. Quels sont les outils démocratiques ? Je trouve que
le principal outil démocratique, c'est la création de ce réseau citoyen acide. Franchement, je suis estomaquée par la capacité des gens à venir en quelques mois des experts. C'est-à-dire que le mot CSR... Qui connaissait le mot CSR il y a six mois en arrière ? Oui, c'est ça, c'est six mois en arrière. Je veux dire, les gens ont acquis un niveau de compétence. politique au sens d'une capacité à porter un message, les affiches,
des
slogans, une capacité à aller dans les quartiers, à défendre un point de vue, etc. Moi, je trouve qu'il y a eu une montée en compétence des vitriaux en quelques mois qui est stupéfiante. Et je pense que cette association y est pour beaucoup. Ça, c'est la première chose. Deuxièmement, le référendum. Moi, je pense que ça dépasse la question de vitrine. Je suis pour la démocratie représentative et je suis une élue et je considère que toutes les décisions ne peuvent pas être de l'ordre pour un oui, pour un non, on convoque un référendum. Il y a quand même des grands projets qui impactent le devenir d'une ville sur des dizaines d'années. C'est un verrou, c'est un verrou écologique, c'est un verrou urbain, c'est un verrou sanitaire, c'est un verrou démocratique pour des dizaines d'années. Moi je considère que... Là, on doit redonner le pouvoir aux citoyens. Et de ce point de vue, la loi sur le référendum local est quand même... absolument étudié pour qu'on ne puisse pas donner notre avis sur ces sujets-là. La loi sur les référendums, on peut donner notre avis sur le nom d'une impasse. C'est vraiment très limité. Je pense qu'il faut réinterroger la place du pouvoir citoyen. Après, il y a ce qui relève des démarches juridiques, notamment sur le plan sanitaire. Sur la remise en cause du plan local d'urbanisme, il y a plein de choses qui sont en train de s'engager par différents créneaux. Il y a notamment parmi les élus parisiens qui se sont opposés au ils ont engagé des démarches, des associations engagent des démarches. Le territoire, quand Torlix-Saint-Bièvre a voté à l'inanimité. Dès présent, puisque je précise que Pierre Bellocq et maire actuel s'est retiré du Conseil territorial parce qu'il a refusé de voter ce vœu. Donc, à l'exception de Pierre Bellocq et de ses proches, il y a eu un vote à l'unanimité du Conseil territorial pour s'opposer à ce projet, notamment parce qu'il heurte le projet de développement du territoire.
aujourd'hui, Pierre Benocq, il est pour le projet. C'est-à-dire que dans un premier temps, il n'en parlait pas. Enfin, il disait que ça n'existait pas. Il est passé
partout. Ça n'existe pas. Ça s'est fait à l'insinion plein gré. J'ai dit oui, mais je ne savais pas. Je ne savais pas ce que c'était que les CSR. Et
aujourd'hui, on en est où ? Aujourd'hui, ils disent que c'est super. Ni
tour ni compte, bien au contraire. Là, ils viennent de publier ce qu'on appelle un cahier d'acteurs dans le truc de la concertation de la commission nationale. du débat public ou en gros il prépare un truc c'est de dire si on nous donne des garanties il n'y a pas de problème non veut d'emploi quoi Et d'ici à ce qu'il nous sorte un projet, au lieu de faire 450 000 tonnes, on en fait 400 000, et puis il s'est battu comme un fou pour obtenir ça, on connaît l'histoire.
'ai une dernière question Isabelle. Tu as le droit, vous avez le droit en tant que Vitrio, en tant que Val-de-Marne, en tant que citoyen français, de dire non à un projet. Là, ce que tu expliques, c'est que vous êtes en train de construire un rapport de force pour essayer de mettre fin à ce projet. D'après toi, quelle doit être la place de ces résistances, des intérêts nationaux qui existent aussi, de la place du politique représentatif, tu vois, à la fois les élus de Vitry, les élus de Paris, les élus régionaux, voire les élus nationaux. En fait, comment est-ce que tout cela doit s'articuler ? Au fond, est-ce que tu penses qu'à la fin, C'est quand même celui qu'il aura dans son jardin qui doit pouvoir avoir un droit de veto sur des projets d'ampleur nationale ou régionale.
D'abord, je pense qu'il ne faut pas trop prendre les habitants pour des imbéciles et des irresponsables. L'idée qu'il faut que chacun... prennent une part de l'intérêt général. Et dans l'intérêt général, il y a les rentes et la santé, les centres municipaux de santé et les écoles. Et puis dans l'intérêt général, il y a les nuisances. Et donc, quand ces nuisances sont partagées, je pense qu'elles sont bien mieux vécues. Et elles sont d'autant mieux vécues. si elles sont partagées, qu'elles sont moins impactantes. Je parlais de l'effet cocktail tout à l'heure. Il y a l'effet cocktail des polluants qui sortent des cheminées, mais il y a l'effet cocktail de la multiplication des mises sur un même territoire. Moi, je crois que les gens sont capables, dans un débat démocratique respectueux, avec une réhabilitation de la parole politique. Et la réhabilitation de la parole politique, ça passe d'abord par la sincérité des politiques, et exactement le contraire de ce qui s'est passé sur cette affaire d'incinérateur. et donc moi il me semble que si ces pensées Avec le moins de nuisances possibles urbaines et sanitaires, avec le plus d'égalité possible des territoires et avec le plus de transparence démocratique, je crois qu'on peut arriver raisonnablement à des solutions équilibrées.
J'espère que ça saura se concrétiser dans l'avenir. C'est quoi les prochaines étapes de ton combat, de votre combat contre l'incinérateur
D'abord, j'espère multiplier les débats autour de mon bouquin. Et je suis disponible pour aller n'importe où pour en parler, parce que je crois que ce combat-là, comme celui de Notre-Dame-des-Landes, de l'autoroute A67, sont des combats universels, qui posent des questions qui dépassent vraiment les territoires. Deuxième chose, il y a la votation, parce que malgré tout... Belloc, le maire de Vitry, propose une votation citoyenne qui, même si elle est bidon, autant qu'on soit nombreux à aller dire non. Et donc il faut gagner à ce que les gens aillent massivement exprimer. Je ne dis pas voter parce que c'est mettre un but, un nom dans l'urne. Et puis, on continue à mobiliser le Conseil de Paris. La majorité, elle est en train de basculer. Les Verts ont annoncé qu'ils changeaient de position sur ce sujet. La France insouïse est très clairement opposée. Les communistes ? Les communistes, pour l'instant...
Je dis ça parce que jusqu'à il y a un mois, tu étais encore communiste. Je suis toujours communiste. Par exemple, tu étais encore au Parti communiste. Tu ne l'es plus. Ils m'ont viré. Ce n'est pas moi qui ai décidé. Exactement. Et donc, les communistes parisiens, est-ce qu'il y a une chance qu'ils...
Moi, je pense que chez les communistes parisiens, il n'y a pas de raison qu'on n'arrive pas à convaincre au moins une partie d'entre eux. du caractère pas possible de ce projet. Je veux dire, il n'y a pas le gêne des commises parisiens quand même.
Merci beaucoup Isabelle. Je rappelle le titre de ton livre aux éditions Arcane 17, Vitry ne brûlera pas pour verdir Paris. Merci Tableau.
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