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Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver avec un nouveau numéro de Parlement Hebdo, l'émission qui vous fait vivre les temps forts de la semaine au Parlement. Vous connaissez la formule, un débat entre un député et un sénateur. Aujourd'hui, je reçois Yann Brossat. Bonjour. Bonjour, vous êtes sénateur communiste de Paris et face à vous, Mathias Renaud, bonjour. Bonjour. Vous êtes député Rassemblement National de la Somme et vous débattrez tous les deux du budget. Alors que l'Assemblée Nationale a rejeté mercredi le projet de loi de finances 2027 sans être allé au bout de son examen. Le gouvernement a critiqué la copie budgétaire des députés qui ont aggravé le déficit. Le budget de la Sécurité sociale arrive sur les bancs du Sénat. La majorité de droite sénatoriale propose de rétablir la réforme de la retraite à 64 ans, dont l'application avait été suspendue l'an dernier par Sébastien Lecornu. On commence avec le rejet du budget à l'Assemblée nationale.
Pour zéro, contre 458, l'Assemblée n'a pas adopté.
Rejeté à l'unanimité. Pas une seule voix pour voter cette première partie du budget consacrée aux recettes de l'Etat. Un résultat sans suspense au fil des amendements et des votes. Le projet de loi initiale du gouvernement a été profondément remanié jusqu'à ne plus convenir à personne.
l'issue de cette première partie, le solde budgétaire s'établirait à 177,1 milliards d'euros de déficit, une dégradation de 20,7 milliards d'euros par rapport au texte déposé par le gouvernement.
gouvernement qui appelle en vain à la responsabilité budgétaire. Car à six mois de l'élection présidentielle, dans un climat social tendu, les esprits sont ailleurs. Sur tous les bancs de l'hémicycle, les oppositions n'ont pas hésité à rejeter certains articles emblématiques de ce budget. Ils ont refusé de raboter l'abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités. Ils ont aussi rejeté la prolongation d'un an de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises.
Le
vote de jeudi à l'Assemblée tombe comme un coup près. La partie consacrée aux dépenses ne sera pas débattue, faute d'adoption des recettes. Le texte ira donc directement au Sénat dans sa version initiale.
Pourquoi les députés du RN ont rejeté ce budget alors qu'ils avaient obtenu certaines victoires dans certains votes, notamment la suppression du coup de rabot sur l'abattement fiscal dont bénéficiaient les retraités ?
Il faut rappeler que tout le monde a rejeté ce budget à l'unanimité. On a même vu les députés suppléants de David Amiel et de Roland Lescure voter contre le budget de leur ministre, qui était censé le défendre. Il faut quand même rappeler que c'est le gouvernement qui tient la plume, qui le tient au début, qui le tiendra à la fin. Ça, je pense qu'il faut bien l'expliquer. Le budget a été remanié profondément par les députés, notamment
avec les votes du RN. Oui, mais en réalité,
c'est sans majorité à l'Assemblée. Vous avez un exercice qui est assez chaotique, dans lequel vous avez... Une copie initiale du gouvernement, il y a des choses qui restent. Vous avez des députés de gauche qui obtiennent des choses, des députés du RN qui obtiennent des choses, et à la fin, une copie. Personne n'est content. Et c'est pour ça que je dis que c'est le gouvernement qui tient la plume au début et à la fin, parce que là, on est un peu au milieu de l'exercice. Qui est un exercice un peu compliqué. Il y a le budget de l'État, il y a le budget de la Sécu, des parties, il y a des retours de textes, etc. Et donc ça peut donner l'impression, et le gouvernement joue là-dessus, que finalement on donnerait la responsabilité au Parlement de refaire un budget. Mais en réalité, au début, le budget est tenu par le gouvernement et à la fin, il est tenu par le gouvernement qui choisira son budget par 49-3 ou par
ordonnance. Mais Yann Brossat, est-ce que la responsabilité est vraiment sur le gouvernement ? Dans cet examen du budget au Parlement, les députés ont obtenu certaines victoires sur certains votes, mais au final, ils ne sont pas contents, ils rejettent cette première partie du budget. Est-ce qu'il y a aussi l'effet de la campagne présidentielle dans ce débat à l'Assemblée
Non, je pense que la situation aurait été la même dans une autre période. La réalité, surtout, c'est que ce gouvernement est illégitime. Et la meilleure preuve, c'est qu'il n'est même pas capable de faire voter un budget, y compris... par les députés de son propre groupe. Et tout ça résulte en réalité du non-respect du suffrage universel, en l'occurrence la dissolution, les dernières élections législatives qui ont battu le camp macroniste à plate couture. Et donc on ne peut pas avoir... Mais il n'y a pas de compromis possible entre les différentes forces de l'Assemblée sur ce budget ? Comment voulez-vous un compromis dès lors qu'on part d'une copie qui est indigne ? On est dans un pays dans lequel on a d'un côté 10 millions de pauvres du fait de la politique macroniste et de l'autre des entreprises du CAC 40 qui versent 60 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires. Et vous avez en plus de ça un gouvernement qui prépare un projet de budget qui va aggraver les inégalités sociales. Et donc si vous partez d'une copie qui est indigne... Nous demander de faire un compromis, c'est absolument ridicule. C'est le gouvernement qui devrait faire un compromis, dès le départ, en prenant en compte ce besoin de justice sociale qui s'est exprimé partout. dans les urnes aux dernières élections législatives et qui s'exprime en ce moment dans la rue avec des mobilisations sociales puissantes qui portent particulièrement sur les enjeux de pouvoir d'achat. On l'a encore vu cette semaine avec 1,6 million de personnes qui se sont rassemblées dans les rues.
Justement, je voudrais qu'on revienne sur un point précis de ce débat budgétaire à l'Assemblée nationale, la suppression de la surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des grands groupes qui étaient proposés par le gouvernement. Les députés ont rejeté cette surtaxe du côté du Rassemblement national. Mathias Renaud, qu'est-ce que vous dites à ces Français ? qui étaient dans la rue jeudi, qui ont des problèmes de pouvoir d'achat et qui demandaient un effort aux grands groupes qui ont pu faire des bénéfices, notamment du fait de la crise de l'énergie.
Alors déjà, quelle part de Français demande des hausses d'impôts et quelle part demande des baisses d'impôts ? Nous, par exemple, on a défendu un amendement, on était le seul à le poser sur la baisse de la fiscalité sur le carburant. Je pense que ça intéresse quand même beaucoup de gens, ça a été malheureusement rejeté. Oui, mais là, sur les grands groupes qui ont fait
des bénéfices, notamment grâce à la hausse du carburant.
Non, mais alors déjà, c'est une mesure qui a été présentée il y a deux ans, qui était présentée comme exceptionnelle. Dès le départ, on avait dit attention en matière d'imposition, tout ce qui est présenté comme exceptionnel et transitoire finit par être prolongé. Donc là, on voit bien... que la pente, c'est de prolonger indéfiniment cette taxation. D'ailleurs, la gauche, quelque part, assume et a posé des amendements en disant que cette contribution doit devenir permanente. Mais dans le contexte actuel
qui est aussi exceptionnel, elle n'est pas juste cette surtaxation des gros groupes ? Le
contexte actuel est exceptionnel. Ce qui est exceptionnel, c'est les 44% de prélèvements obligatoires en France. C'est-à-dire qu'on est les champions du monde des prélèvements obligatoires. On a une copie du gouvernement qui a encore augmenté les impôts de 17 milliards d'euros, sachant qu'on est déjà le pays le plus taxé du monde. Et donc nous, la priorité, c'est d'abord de baisser la dépense publique, de baisser des prélèvements obligatoires, en particulier pour les travailleurs et en particulier sur le domaine de l'énergie. Et après, on peut commencer à discuter. Mais si vous voulez,
c'est une question aussi de priorité. Est-ce que c'est le moment de ponctionner certaines grandes entreprises alors que la croissance économique est à tonne et que les finances publiques sont dans le rouge et que les prélèvements obligatoires sont
importants ? Ça fait 10 ans. qu'on a un gouvernement qui nous a expliqué en long, en large et en travers, on va baisser les impôts des plus riches, on va baisser les impôts des grandes entreprises, ça va relancer l'économie et ça va nous permettre d'avoir un budget plus équilibré. Quelle est la réalité du pays aujourd'hui ? C'est qu'on a une économie qui est à tonnes, vous l'avez dit vous-même, avec une croissance pathétique au regard de ce qui se passe dans d'autres pays, notamment l'Espagne qui est un gouvernement qui est aujourd'hui dirigé par la gauche où l'économie se porte. beaucoup mieux. Donc la réalité, c'est que cette politique de l'offre est en échec. Et on a un gouvernement qui, cette année, dans le cadre de ce budget, va d'un côté baisser la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises de 30% et de l'autre, ponctionner très lourdement les classes populaires et les classes moyennes. Tout ça est scandaleux. Et je suis un peu étonné d'entendre un... Enfin, étonné. Je suis un peu hypocrite en vous disant ça, pas si étonné que ça, mais je souhaite que chacun remarque que vous qui passez votre temps à dire que vous défendez les classes populaires, vous vous portez en réalité en défense de très grandes entreprises, y compris de très grandes entreprises qui, cette année, réalisent des profits absolument considérables, bénéficient d'aides publiques absolument considérables, versent des dividendes absolument énormes à leurs actionnaires, et vous nous expliquez qu'on ne peut pas les ponctionner davantage. Je vais vous dire, il y a une chose qui est certaine, on ne peut pas dire d'un côté... va baisser les impôts à tour de bras et de l'autre, on va améliorer la situation du service public. Ça n'est pas vrai. On peut faire de la démagogie, mais je pense que les Français sont capables de comprendre que si on veut plus d'hôpital, plus de sécurité... Plus d'écoles, on a aussi besoin d'avoir des recettes en face et je préfère qu'on aille chercher ces recettes du côté des grosses fortunes que du côté des classes populaires.
Mathias Renaud, une réponse notamment du point de vue des classes populaires qui font partie de l'électorat du RN. Comment leur expliquer que vous êtes contre un effort supplémentaire des grands groupes comme Total qui font des bénéfices actuellement ? Parce qu'on n'est
pas de marxistes.
–
Voilà, donc on n'est pas dans une logique de lutte des classes, et on considère que ce n'est pas parce qu'on va taxer des grandes entreprises que ça va automatiquement améliorer le pouvoir d'achat des classes populaire et moyenne. – Et donc, vous allez les chercher où ? – Et nous, notre proposition, c'est de baisser la fiscalité sur le carburant. Je note que, par exemple, le Parti communiste ne l'a pas proposé. – Nous sommes favorables à la baisse de la fiscalité, nous
sommes favorables à la TVA. – Ça ne s'est pas vu. – Nous l'avons toujours
dit,
nous avons déposé des amendements à ce sujet depuis des années, encore au Sénat. Fabien Guay en a encore reparlé cette semaine aux questions d'actualité au gouvernement.
– Ça ne s'est pas vu à l'Assemblée. En l'occurrence, ça n'est pas la réalité.
En revanche, il faut bien aller chercher les recettes quelque part et nous l'assumons parfaitement. Vous dites que nous sommes marxistes, je ne le vis pas comme une insulte. Nous considérons que c'est d'abord aux grosses fortunes d'aller être sollicités parce que c'est elle qui, aujourd'hui, empoche beaucoup d'argent pendant que la grande majorité des Français sont.
Parlons de la suite et du compromis politique possible car après ce rejet à l'Assemblée nationale, le texte va aller au Sénat. Les sénateurs, la majorité de droite du Sénat, devraient voter une version de ce budget et ensuite, on entrera dans la négociation entre le gouvernement. avec les députés yann brossat comment comment se profile la suite selon vous est ce qu'on va forcément vers un passage en force du gouvernement que ce soit par l'utilisation du 49 3 ou par l'utilisation des ordonnances pour faire passer le budget
Ce serait doublement irresponsable. Irresponsable sur la forme, parce que ce serait un passage en force supplémentaire. Ce serait irresponsable sur le fond, parce qu'une fois de plus, le pays va très mal du fait de la politique économique menée par le gouvernement depuis 10 ans. Et donc faire ça, alors même qu'on a des centaines de milliers de gens qui descendent dans la rue, alors même qu'on a un pays qui est en ébullition, ce serait une folie furieuse. Et quand je vois les intentions de la majorité de droite sénatoriale qui visent à aggraver encore... copie du gouvernement, le moins qu'on puisse dire, c'est que je pense que ce sont de mauvais choix qui vont aggraver les tensions dans le pays et on n'a vraiment pas besoin de ça en ce moment.
Mathias Renaud, est-ce qu'au Rassemblement National, on est prêt à négocier un compromis politique sur le budget avec le gouvernement ou est-ce que le passage en force, 49-3 ou ordonnance, est inévitable ?
Je pense que de toute façon, il y aura 49-3 ordonnance à la fin. On ne va pas se mentir, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée, je ne vois pas comment il pourrait faire autrement. C'est inévitable. Après, la question, c'est en cas de 49-3, motion de censure ou pas, qui la vote ? Nous, on n'est pas dans des négociations de couloirs avec le gouvernement, qu'on soit très clair. Dans la suite des débats... on dira notre position, quelles sont nos lignes rouges, etc. Là, il est encore beaucoup trop tôt, parce qu'on a bien vu que le gouvernement prenait ça comme une sorte de ballon d'essai. D'ailleurs, il a été extrêmement absent. Moi, je les ai trouvés très passifs et très absents pendant cette première lecture à l'Assemblée. Enfin, je trouve que... Déjà, physiquement, le bloc central était absent beaucoup plus que même l'année dernière. Et puis même le gouvernement ne défendait pas vraiment sa copie. On voit même sur les plateaux de télévision, ils n'y croient pas vraiment. Donc voilà, on sent qu'il y a un exercice fictif. Donc le RN n'est pas
sûr de censurer le gouvernement s'il y a un 49.3 ou des ordonnances ?
On se laisse toutes les possibilités, étant entendu qu'on n'en est pas encore là. Voilà, donc là, clairement, le gouvernement se fiche un peu du budget pour l'instant. Et donc, le moment de vérité arrivera un peu plus tard, dans quelques jours ou quelques semaines.
Yann Brossat, est-ce que censurer le gouvernement dans le contexte actuel du pays, ce ne serait pas rajouter de la crise à la crise et enfoncer le pays dans le chaos
à six mois de la présidentielle ? Ce qui permettrait de sortir du chaos, c'est que ce gouvernement dégage. Une fois de plus, je vous l'ai dit, on a affaire à un gouvernement qui n'est pas légitime. Ce qui donne une légitimité à un gouvernement, c'est le verdict des urnes. Aux dernières élections législatives, ils ont été battus. C'est quand même formidable. On est dans un pays où on finit par s'habituer à n'importe quoi. Des gens qui sont battus aux élections législatives, qui restent en poste, c'est les mêmes ministres, et qui poursuivent la même politique. Et nous, on nous demande d'être gentil avec eux pour leur permettre de rester au pouvoir. Ben non. Et a fortiori, dans un contexte où on a une mobilisation sociale très puissante, qui est majoritairement soutenue par les Français, parce que les revendications qui sont portées par... Les manifestants sont des revendications juste parce qu'elles portent sur le pouvoir d'achat qui est une préoccupation majeure pour les Français. Donc bien sûr que s'il y a demain une censure, nous la voterons et il n'y a aucun doute là-dessus. On va parler
du budget de la sécurité sociale qui est quant à lui arrivé sur les bancs du Sénat et la majorité de droite et du centre du Sénat veut rétablir la réforme de la retraite à 64 ans qui avait été suspendue l'an dernier par Sébastien Lecornu. Flora Sauvage.
Massivement rejeté par les députés, le projet de loi de financement de la sécurité sociale arrive au Sénat dans la version initiale du gouvernement. En commission, les sénateurs ont voté un amendement pour relever l'âge de départ à la retraite à 64 ans afin de rétablir la réforme suspendue par l'exécutif. De quoi soulager les finances sociales de 600 millions d'euros l'an prochain.
Vous avez un taux d'emploi en France qui est autour de 69% quand il est de 79% en Allemagne ou dans les Pays-Bas. que nous devons travailler plus, tout simplement parce qu'on vit plus longtemps et aussi parce qu'il y a moins d'actifs pour payer nos retraites, c'est une évidence.
Une évidence aussi pour les sénateurs de la majorité présidentielle.
Je soutiendrai à titre personnel le rétablissement de cette réforme de 2023 parce qu'elle est nécessaire. Mais je pense qu'il ne faut pas s'arrêter là. Je pense qu'il faut aussi qu'on puisse proposer autre chose et notamment une part de capitalisation que notre groupe proposera lors du débat d'orientation budgétaire. En commission,
les sénateurs ont prévu de geler les pensions à partir de 1 500 euros de retraite. Le gouvernement prévoyait un seuil de 1 260 euros. Pour la gauche, ce seuil est trop bas.
Quand on touche 1300 euros de retraite ou même 1500 ou 1600 euros de retraite, on n'est pas quelqu'un de privilégié. Donc n'avoir rien fait pendant 10 ans et d'un coup taper sur des retraités qui ont une retraite de 1500 euros, c'est juste la marque d'un gouvernement qui ose avoir.
Un gouvernement qui regarde de près les futures modifications
du Sénat. L'Assemblée nationale fait un choix. Effectivement, elle a rejeté le budget de la sécurité sociale. Maintenant... Le Parlement, c'est aussi le Sénat et nous allons regarder avec beaucoup d'attention ce mois budgétaire qui va démarrer dès le 9 novembre ici au Sénat, comment les sénateurs vont modifier la copie initiale présentée par le gouvernement pour le budget de la Sécurité sociale. L
'examen du budget de la Sécurité sociale se poursuivra au Sénat jusqu'au 17 novembre, avant un vote solennel sur le texte le lendemain.
Cette suspension de la réforme de la retraite à 64 ans a décidé l'an dernier par Sébastien Lecornu, elle devrait coûter 10 milliards d'euros entre 2026 et 2032 à notre régime de retraite. Est-ce qu'il ne vaut pas mieux rétablir cette réforme pour soulager nos comptes sociaux qui sont à la dérive ?
Si on suspend une année, on désuspend. L'année d'après, on resuspend. Plus personne ne va rien y comprendre. y compris les premiers concernés. Donc là, je pense qu'on est vraiment dans un exercice... Ça fait 600 millions d'euros
en plus pour le régime des retraites. D'accord.
Qui va comprendre parmi les concernés à quelle sauce il va être mangé ? C'est-à-dire que là, déjà, la suspension, c'était compliqué à comprendre. Là, on va plus rien comprendre. Nous, sur la réforme des retraites. On considère qu'il faut faire une réforme juste qui permet pour les gens qui commencent à travailler tôt de partir relativement tôt et à ceux qui commencent à travailler tard de partir relativement tard. C'est, on va dire, mettre comme paramètre principal les 42 années de cotisation, ce qui permet à quelqu'un... notamment dans les travaux manuels qui commencent à 18 ans, avant 20 ans, voire avant 18 ans, de pouvoir partir relativement tôt. Et pour ceux qui font le choix de faire des études longues, ce qui est un investissement à la fois pour le salaire, pour la carrière, et bien à ce moment-là de partir relativement tôt. Sachant qu'on a un problème quand même dans notre pays, c'est que le premier emploi stable en France, c'est 27 ans. C'est extrêmement tardif. C'est deux ans de plus qu'en Allemagne. C'est 25 ans, c'est déjà tardif. Mais on considère que les gens ne travaillent pas assez tôt. Et le problème, ce n'est pas tellement les gens qui travailleraient trop peu tard.
Yann Broussa, il y a plein de promesses du côté du Rassemblement national, de la gauche, 42 annuités du côté du Rassemblement national, retraite à 60 ans pour Jean-Luc Mélenchon et les communistes. Mais la question qui va se poser dans ce débat du budget de la sécurité sociale, c'est comment... On finance ces annonces, ces promesses, alors qu'il y a de moins en moins d'actifs, de plus en plus de retraités et qu'on a un régime par répartition.
Il y a un paramètre qu'on oublie. J'entendais tout à l'heure un sénateur qui expliquait qu'on travaille... On vit de plus en plus longtemps et donc il est logique de reporter l'âge de départ à la retraite. D'abord, c'est un argument qui n'a pas de sens puisque, en l'occurrence, on pourrait considérer que, puisqu'on vit plus longtemps, on doit avoir la possibilité de profiter d'une retraite plus longue et si possible en bonne santé. Mais surtout, la réalité, c'est que chaque travailleur produit... à lui seul, beaucoup plus de richesses qu'il n'en produisait, par exemple, au début des années 80, quand François Mitterrand et la gauche ont mis en place la retraite à 60 ans. Chaque travailleur produit plus de richesses. Et donc, ce sont autant de richesses qui peuvent contribuer au financement des retraites des pensionnaires. Donc, tout ça n'a pas de sens. On ne prend pas en compte ce paramètre. Et puis surtout... Il faut taxer davantage la richesse produite pour financer la retraite. Il faut taxer davantage le capital que nous le faisons aujourd'hui. Nous sommes favorables, pour ce qui nous concerne, nous. la mise à contribution des revenus du capital, bien sûr, et c'est ce qui permettra de financer la retraite, de remettre en cause la réforme Borne. Mais surtout, je voulais revenir sur un mensonge auquel nous sommes confrontés. Quand Mme Borne a fait voter sa réforme, quand on est passé à 64 ans, elle a dit qu'il faut faire ça pour ne pas toucher aux pensions de retraite. Et aujourd'hui, qu'est-ce qu'on constate ? Que non seulement il y a eu la réforme Borne, certes un peu aménagée l'an dernier, mais que cette année... On touche aux pensions de retraite, puisqu'il y a gel des pensions de retraite au-delà de 1 200 euros à la version gouvernementale, au-delà de 1 500 euros dans la version de la droite sénatoriale. Enfin, très honnêtement, même à 1 500 euros de retraite... On a une vie qui est très compliquée, qui est très difficile. Et donc, expliquer qu'on ne va pas aligner sur l'inflation les retraites à 1 500 euros, c'est une injustice qui est terrible. Et ce sont autant de gens qui ont travaillé toute leur vie et qui vont se retrouver en grande difficulté du fait de cette décision gouvernementale. Mais une fois de plus, il y a un mensonge. Parce qu'ils ont dit qu'on ne touchera pas aux pensions de retraite. Et en réalité, ils touchent aux pensions de retraite. Donc c'est la double peine.
Mathias Renaud, pour financer notamment la réforme des retraites de Marine Le Pen et ses 42 annuités de cotisation, est-ce qu'il faut taxer la richesse produite, taxer davantage le capital ? Comment on finance ?
– On est suffisamment taxé dans ce pays, il y a une question d'assiette, c'est-à-dire de taux d'activité globale avec des jeunes qui ne rentrent pas assez tôt sur le marché du travail. et des seniors qui sont sortis précocement du marché du travail. Bon, ça, c'est une question d'assiette. On pourrait aussi parler du taux de natalité. Vous promettez de faire baisser le
chômage financer leur prêve. C'est
évident que le taux d'activité, enfin, à la fois le taux de chômage, le taux d'entrée, l'âge d'entrée et l'âge de sortie effectivement respectés. C'est une façon d'augmenter l'assiette, donc d'augmenter les recettes pour les retraites. Mais effectivement, dans les annonces du gouvernement, le fait de geler les pensions de retraite, le fait de geler les prestations sociales, on voit qu'on fait les fonds de tiroirs, on prend les Français pour des vaches à lait parce qu'on refuse de faire des économies dans ce pays sur de la dépense toxique. Les dépenses sur l'immigration, la contribution à l'Union européenne, le millefeuil administratif, les subventions sur des énergies intermittentes qui ne fonctionnent pas par rapport au nucléaire. Ce sont des économies que nous, on a proposées pendant le budget qui n'ont absolument pas été prises en compte, qui parfois se heurtent à des confrontations idéologiques. Je pense notamment à l'immigration européenne. Là, c'est
idéologique, l'opposition. – Restons sur le gel des pensions de retraite qui est prévu dans ce budget par le gouvernement, qui a été un peu assoupli par la majorité de droite et du centre du Sénat. Quand même, Yann Brossat, est-ce qu'il ne faut pas demander un effet ? aux 50 % des retraités français les plus riches ? Ils payent l'impôt.
Il y a des impôts dans notre pays qui permettait de moins en moins, mais qui, jusqu'à présent, permettait de redistribuer la richesse. Si vous avez une grosse retraite, que vous avez un gros patrimoine, je suis favorable à ce qu'on rétablisse l'impôt de solidarité sur la fortune. En revanche, il y a une règle, c'est l'indexation des pensions. Sur l'inflation. Et cette règle, elle doit continuer à être respectée. Et je suis d'ailleurs même favorable à ce qu'on étende cette règle sur les salaires. Moi, je serais favorable à ce qu'on ait une indexation des salaires sur l'inflation. Parce qu'on a certes une augmentation insuffisante, une augmentation du SMIC. Simplement, les autres salaires ne suivent pas. On n'a plus d'échelle mobile des salaires. Et donc, vous avez beaucoup de gens qui se retrouvent avec des salaires qui n'augmentent pas et une inflation qui est galopante et un pouvoir d'achat qui recule. Donc si, moi, je suis favorable à l'indexation des pensions de retraite et des salaires sur l'inflation. Et certainement pas, ça remet. dans le projet de budget.
Quel que soit le véhicule, faut-il demander un effort aux retraités les plus riches ?
Avant de demander des efforts aux travailleurs ou aux retraités dont la pension est le reflet du travail qu'ils ont fourni toute leur vie, il faut s'attaquer aux trains de vie de l'Etat. C'est à l'Etat. de montrer l'exemple, de montrer l'exemple dans son fonctionnement, parce qu'aujourd'hui, vous avez toute une myriade, par exemple, d'opérateurs dans lesquels on veut couper, dont certains ne servent pas à grand-chose. Je pense, par exemple, à l'ADEME. Voilà, c'est quand même 4 milliards d'euros par an. Vous avez des... L'agence de la transition écologique, pour vous,
ça sert à
rien ? Ça sert à rien. C'est pas la totalité des missions qui ne sert à rien, mais enfin, effectivement... On dit très clairement, on remet en cause certaines missions de certains opérateurs. Il faut savoir remettre l'État à sa place. L'État doit s'occuper pas de toute la vie des Français, d'abord le régalien, ensuite la souveraineté économique des secteurs stratégiques. Il y a une partie sécurité sociale, bien sûr, mais on ne peut pas faire de la gabegie sans arrêt. Vous dites
beaucoup qu'il faut faire des économies. Vous avez même proposé un contre-budget qui prévoit 140 milliards d'euros d'économies. C'est-à-dire, en réalité, une politique d'austérité trois fois plus lourde et trois fois plus dure que celle menée par le gouvernement, puisque le gouvernement, c'est 54 milliards d'euros d'économies dans le cadre de ce budget. Vous proposez trois fois plus, c'est-à-dire une politique trois fois plus... dur que celle du gouvernement. Et puis surtout, j'ai eu la curiosité de regarder ce que vous faites dans les collectivités que vous dirigez, puisque vous avez gagné un certain nombre de villes aux dernières élections municipales. A Montargis, votre maire s'est augmenté de 80%. A Carcassonne, il s'est augmenté de 17%. A Menton, elle s'est augmenté de 24%. A Tarascon, de 23%. Ils ne se sont pas augmentés. Et donc, en l'occurrence, je trouve un peu curieux. Vous pouvez faire la liste des économies qui ont été faites dans les collectivités. Ah si, vous avez fait des économies sur le secours populaire, sur le planning familial, sur les cantines. pour les gamins les plus fragiles. En revanche, le Secours populaire, vous expliquez que c'est politisé. Je croyais que ça rendait service à beaucoup de gens, mais surtout faire le choix d'augmenter les indemnités de vos mères. Au moment où vous passez votre temps à expliquer qu'il faut faire des économies dans tous les secteurs, excusez-moi, mais je trouve ça un peu contradictoire. Et je suis pas sûr que ce soit le message à envoyer aux Français en ce moment. Vous voulez mettre tout le monde à la diète, sauf vos mères.
Mathias Renaud, est-ce qu'on sera obligé à partir de 2027 d'avoir une cure d'austérité budgétaire pour le pays ? On ne
peut pas parler d'austérité dans notre pays où on a 57% de la richesse nationale qui part dans la dépense publique. On est le premier pays au monde dans la dépense publique. Même l'URSS, pardon, c'est quand même un pays communiste, au plus fort de l'URSS, il y avait 50% de la richesse nationale en Russie qui était destinée à la dépense publique. On est au-dessus de l'URSS. Donc, franchement, parler d'austérité dans ce contexte, ça me paraît ? Vous n'avez pas l'impression
que l'hôpital souffre ? Vous n'avez pas l'impression qu'y compris dans nos commissariats, on manque de moyens ? Non. Vous pensez qu'on peut continuer ? Est-ce qu'on peut faire des économies sur notre modèle social ? C'est pour ça qu'on parle de mille feuilles administratives. Désolé, je ne pense pas que le service public aujourd'hui soit obèse. Je pense au contraire qu'on manque de services publics et notamment de services publics de proximité. D'administration
administrative, de bureaucratie, là, il n'y a pas de problème. Il n'y a pas de problème de mille feuilles administratives, il n'y a pas de problème de gabegie. Je vous ai parlé de vos maires, en l'occurrence,
manifestement, pour eux, ce n'est pas la viette. Ce sera la fin de ce débat. Merci à tous les deux d'avoir participé à cette émission. Merci de l'avoir suivie et on se retrouve la semaine prochaine pour suivre les temps forts de l'actualité au Parlement. Très bonne semaine.
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